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Turquie - Salopards racistes contre salopards laïcistes...

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  • Pierre-Yves Lambert
    *Réflexions shaïtanesques* Etrange situation quand des politiciens islamistes modérés en viennent à invoquer les origines ethniques et religieuses des
    Message 1 de 1 , 7 nov. 2005
      Réflexions shaïtanesques
       
      Etrange situation quand des politiciens islamistes modérés en viennent à invoquer les origines ethniques et religieuses des grands-parents d'un recteur d'université pour l'accuser de trahison nationale, le tout parce que l'intéressé, kémaliste laïc pur et dur comme la majorité de ses collègues et de l'Etat profond, a voulu maintenir la discrimination vis-à-vis des étudiantes voilées, interdites de séjour dans son université.
      Salopards racistes contre salopards laïcistes, quel beau combat, vraiment !
      A force de nous montrer le hideux visage d'un certain nombre de leurs compatriotes, faisons confiance aux Turcs pour qu'ils réussissent à persuader même les moins turcophobes d'entre nous de reléguer leur pays dans son environnement géographique moyen-oriental, loin de l'Europe politique.
      Ceci dit, celle-ci a déjà admis en son sein les Polonais, qui organisèrent après leur libération du nazisme des pogroms contre les rares Juifs rescapés des camps d'extermination. Les Turcs ne détonneront donc pas beaucoup dans cette Europe-là, n'oublions pas non plus les épurateurs ethniques grecs et les Français si fiers de leur "oeuvre coloniale", pour compléter le tableau...
       
      Pierre-Yves Lambert
       
       
      sources: Veille Media VAN, 26 octobre 2005 et Armenews, 4 novembre 2005
       

      Le racisme anti-arménien reste vivace en Turquie

      Depuis mercredi 20 octobre une nouvelle tension est née entre le parti issu de la mouvance islamiste au pouvoir en Turquie et le corps académique après l'arrestation d'un recteur d'Université farouchement pro-laïque, accusé de corruption.

      En effet le Conseil de l'Enseignement supérieur (YÖK) a violemment pris à partie le gouvernement mercredi après l'arrestation à Van d'un recteur d'université farouchement pro-laïque et accusé de corruption -un "complot", selon le YÖK- contre un fonctionnaire qui s'est opposé à l'infiltration de son établissement par des cadres soupçonnés d'être des islamistes.

      Le YÖK a accusé le gouvernement de faire payer au professeur Yucel Askin, recteur de l'Université de Van (est), "le prix d'avoir défendu la laïcité".

      Ce dernier a été arrêté le 14 octobre. Il lui est reproché par la justice d'être impliqué dans l'achat frauduleux de matériel médical d'une valeur de 25 millions de dollars (20,8 millions d'euros) pour la faculté de médecine de son établissement.

      Mais le YÖK, qui n'en est pas à son premier affrontement avec le gouvernement, a évoqué "un flagrant complot" et a affirmé que le professeur Askin, qui s'est opposé à l'infiltration de cadres supposés être islamistes dans son université, était sanctionné pour ses convictions pro-laïques par le gouvernement qui aurait fait pression sur la justice.

      Le professeur, actuellement incarcéré, s'était opposé au port du voile islamique dans son établissement.

      Le port du voile est strictement interdit dans la fonction publique et les universités en Turquie, pays musulman au régime laïque, et est perçu par les milieux pro-laïques, dont l'armée, comme un signe ostensible de soutien à l'islam politique.

      Le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2003, veut lever cette interdiction et permettre le retour dans les universités des étudiantes exclues pour avoir refusé d'ôter leur voile, mais il se heurte à l'opposition du YÖK et de la hiérarchie pro-laïque.

      Le ministre de la Justice Cemil Cicek a sèchement accusé les recteurs de vouloir "politiser" une affaire judiciaire, tandis que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a lancé un avertissement voilé aux recteurs. "Tout le monde doit savoir (quelle est) sa place, sa fonction", a-t-il notamment dit aux journalistes.

      Les membres de l'AKP se sont relayés depuis pour soutenir le gouvernement. Parmi ces soutiens celui de Ramazan Toprak n'est pas passé inaperçu au regard de ces relents racistes. Ce dernier représentant de l'AKP à Aksaray a effet déclaré alors qu'il était en Allemagne "le recteur Yucel Askin, est d'origine arménienne. J'entends que cent présidents des universités de toute la Turquie projettent une manifestation à Van" puis M.Toprak a continué "tout ceci est absurde. Nous avons affecté un recteur d'origine arménienne à Van où l'Arménie a toujours des plans".

      Dans son éditorial en date du 25 octobre dans le journal "Turkish Daily News" le journaliste Mehmet Ali Birand a condamné ce racisme anti-arménien en déclarant : "Certains d'entre nous sont très curieux. Quand nous sommes fâchés avec quelqu'un (…), nous pourrions les appeler 'fils d'Arménien.' Certains emploient cette expression car c'est une sorte d'insulte vis-à-vis de quelqu'un avec qui elles sont en désaccord. L'implication est que la cible de l'insulte est envieuse de la Turquie. Mais qu'importe que la personne ciblé soit d'origine arménienne? Quelle attitude étrange et incompréhensible... Qu'est-ce qu'un Arménien qui entendrait ceci pense de nous? Qui sait quels mauvais sentiments surgiraient en lui. Mettons de côté de telles expressions insultantes. Nous sommes irrités quand les gens disent 'les Turcs ne peuvent pas entrer dans l'UE parce qu'elles ne peuvent pas respecter les critères de Copenhague'. Nous nous fâchons contre eux. Nous les accusons d'être des 'ennemis des Turcs'. Qui sait combien les Arméniens sont fâchés contre nous, quelle quantité de rancune ils ressentent. Ce cycle sème les graines de l'inimitié dans nos jeunes cerveaux. Cette approche raciste présente les 'Arméniens sont mauvais' à de jeunes générations comme si cela était quelque chose de normal. Y a-t-il quelque chose de plus toxique que ceci? Si nous considérons de telles expressions normales, alors nous ne devrions pas être fâchés avec les personnes qui disent: les 'Turcs sont des barbares'. (…) Une nation ne peut pas être dispatchés entre 'ces dernières sont bonnes, celles-ci sont dans la mauvaise catégorie'. Dans chaque nation il y a de bonnes pommes et des gâtées. Autant nous nous sentons fiers d'être turc, autant les Arméniens sont fiers de leurs racines arméniennes et d'être arménien. Juste comme nous ne pouvons pas définir chaque Kurde en tant que terroriste du PKK, nous ne pouvons pas définir chaque arménien en tant qu'ennemi absolu des Turcs."

      Puis ce fut le tour de Burak Bekdil de revenir sur cette question dans le journal le Turkish Daily News daté d'aujourd'hui: "Un député du gouvernement a bizarrement défendu l'arrestation de M. Askin en accusant le président de l'université d'être 'd'origine arménienne'. Depuis quand dans ce pays être 'd'origine arménienne' prouve sa culpabilité? S'il y a vraiment une loi (…) et si la constitution n'est pas un texte comique (…) le député devrait être poursuivi pour 'incitation publique à la haine raciale'. Mais il bénéficie d'une protection parlemntaire qui le protège contre toute poursuite. De toute façon, la famille de M. Askin a été obligée d'affirmer qu'il n'est pas d'origine arménienne. (…).Les mentors de l'UE (…) tendent toujours à dénoncer rapidement les cours turques pour des verdicts au sujet des sujets politiquement sensibles comme la poursuite du romancier Orhan Pamuk, ou du journaliste arménien turc Hrant Dink (tous les deux ont été/ sont poursuivis pour insulte à l'identité turque). (…) Les droits de l'homme ne sont-ils pas indivisibles dans l'UE?"

      Auparavant le 22 octobre Yusuf KANLI toujours dans le journal le Turkish Daily News avait raconté l'histoire de sa famille dans une tribune "Les différentes libertés sont importantes et le respect des différentes libertés des autres est bien plus important. Mon grand-père était une des personnes les plus riches d'une demi-douzaine de villages (…) à environ 15 milles de Nicosie sur la route de Limassol. Mon grand-père aidait financièrement à élever quelques enfants dans un orphelinat. (…) Lors d'une visite, nous avons découvert qu'un des jeunes garçons à l'orphelinat était d'origine arménienne. Dans nos petits esprits, être grec était désagréable, être un Maronite était mauvais, mais être un Arménien ou un bohémien était le plus mauvais. Nous avons impitoyablement fait quelques plaisanteries sales et nous avons ridiculisé le garçon. Mais un oeil était sur nous et nous l'avons bientôt découvert lors de notre retour à la maison de mon grand-père que nous avions été attrapés la main dans le sac. Après cette claque douce sur ma joue dispensé par ma grand-mère elle nous a expliqué ce qui reste toujours pour moi un guide jusqu'à ce jour: Respectez les différences, ne les laissez pas diviser les personnes; évitez la discrimination de n'importe quelle sorte; (…) la tolérance et le respect des croyances des autres sont les principes fondamentaux de notre religion".

      Devant les réactions hostiles de la presse à ses propos Ramazan Toprak a nié avoir tenu des propos racistes indiquant avoir s'être référé à un article du journal pour indiquer les racines arméniennes d'Yücel Askin puis précisant qu'il n'était pas personnellement intéressé par les origines ethniques des personnes, "lesdits citoyens turcs d'origine arménienne et des autres minorités qui habitent en Turquie seront respectés aussi longtemps qu'ils agissent en conformité avec leurs responsabilités vis-à-vis de l'Etat et du peuple turc".

      Le patriarche arménien en Turquie Mesrob II a répondu à Ramazan Toprak certifiant qu'il montrait une attitude "ouvertement raciste" le patriarche Mesrob également ajouté les "mots de Toprak indiquent qu'être d'une façon ou d'une autre arménien est un crime ou une mauvaise chose. Ce type de mots racistes ne peut pas être accepté dans un pays moderne et démocratique. Peu importe que le député puisse essayer de se cacher derrière l'immunité qui lui est accordée par son statut, il devrait craindre Dieu et avoir honte devant le peuple".

      Polémiques sur l'origine ethnique d'un recteur de l'université

      Le chroniqueur Mehmet Y. Yilmaz écrit dans Hurriyet en date du 26 octobre 2005:

      "Le débat sur l'arrestation du président de l'YYU de Van, Pr. Yucel Askin, devient chaque jour plus intéressant. Un député AKP a dernièrement déclaré que le président [Prof. Askin] était en fait un 'Arménien' nommé à son poste 'pour diviser Van, ville revendiquée par les Arméniens'. Suite à ces commentaires, le [quotidien islamiste turc] Vakit a publié que Mehmet Yakup Bey, grand-père du président [Askin], et sa grand-mère Ayse Huriye Hanim étaient, selon des notations apposées sur les documents administratifs les concernant, 'convertis', ce qui signifie qu'ils auraient changé de religions [ndlr d'anciens chrétiens, seraient devenus musulmans].

      "Je ne sais rien de la véracité de ces allégations. Mais ajoutées aux commentaires de député AKP, ces 'nouvelles' me donnent l'impression d'être en face d'un film d'horreur: un beau jour vous vous réveillez pour découvrir que les nazis ont envahi la Turquie ! Des gens avec une croix gammée sur leurs brassards emportent tous ceux qui ont un jour fréquenté des Arméniens, des Grecs, des Juifs, des Serbes, des Georgiens, des Croates, des Albanais, des Gitans, des Russes, des Bulgares, des Arabes, des Perses [et d'autres encore]!

      "Pendant des siècles, nous avons vécu sur les terres d'un empire [ndlr l'empire ottoman] composé de plusieurs groupes ethniques se mariant entre eux: de voisins, nous sommes devenus parents.

      "Dans un pays où régnaient l'harmonie, la tolérance et les relations pacifiques - un exemple pour les autres pays, qui pourrait prétendre remonter le courant à la recherche de "sang pur" ?

      "Ceux qui sont dernièrement partis chercher à la loupe du sang arménien chez tous ceux qu'ils n'aiment pas me rappellent l'Allemagne nazie. Parce que ce qui s'est terminé là-bas dans les camps de concentration et les chambres à gaz a commencé exactement de la même manière.

      "Nous devons élever la voix contre ce nouveau genre de fascisme".

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