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6726Genève - «Valoriser la naturalisation soutient la cohésion sociale» (Eric Budry, Tribune de Genève)

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  • Pierre-Yves Lambert
    24 juil.


      «Valoriser la naturalisation soutient la cohésion sociale»

      Citoyenneté Pierre Maudet explique pourquoi il a réformé et facilité la procédure de naturalisation, qui tourne aujourd’hui à plein régime.

      Par Eric Budry Mis à jour à 06h00

      A l’instigation du conseiller d’Etat Pierre Maudet, le Canton de Genève a entièrement revu sa procédure de naturalisation en 2015, la rendant plus rapide, moins chère et mieux accompagnée. Depuis 2016, les demandes sont ainsi traitées en dix-huit mois, au lieu de trente-six auparavant.

      Résultat: Genève naturalise à tour de bras (6235 nouveaux citoyens en 2016, et vraisemblablement autant en 2017). C’est le nombre le plus élevé depuis 1974, à l’exception de 2006. Cela s’explique par un effet de rattrapage, mais également par un afflux provoqué par le prochain durcissement de la Loi sur la nationalité, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018, ainsi que par la campagne de communication menée par l’Etat.

      Seul canton suisse à avoir choisi de booster les naturalisations, Genève est également le premier à être prêt à répondre aux nouvelles exigences de cette loi: restriction aux seuls permis C et niveau de français plus élevé exigé, notamment.

      L’une des particularités du nouveau processus genevois est qu’il prévoit une préparation des futurs citoyens à l’examen de connaissance du pays. Plus novateurs encore, des appuis sont proposés aux personnes analphabètes, très âgées ou affectées dans leur santé. Des cours spécifiques sont proposés par Camarada et La Roseraie, débouchant sur une attestation «intégration et naturalisation».

      – Pierre Maudet, pourquoi Genève reste-t-il l’unique canton à avoir réformé sa procédure de naturalisation de cette manière?

      – La question de la naturalisation est un objet politique de premier plan en Suisse. Il y a autant de manières d’envisager cette thématique que de cantons. Genève est le canton qui a été le plus loin dans la réforme de son dispositif, mais certains autres cantons ont fait quelques ajustements et sont en train d’accélérer les réformes en vue de la mise en œuvre de la nouvelle loi le 1er janvier 2018. A Genève, nous sommes déjà prêts.

      – Le reste de la Suisse n’est-il pas intéressé à naturaliser?

      – Il ne s’agit pas d’être intéressé ou de ne pas être intéressé à naturaliser, mais plutôt d’avoir une attitude proactive en matière d’information, d’accessibilité au processus et de faire évoluer la naturalisation d’un simple processus administratif à une véritable politique publique orientée vers les citoyens. Je ne suis pas certain que cela soit la volonté de beaucoup de cantons d’opérer ce changement.

      – Quels objectifs visez-vous en promouvant ainsi les naturalisations?

      – La naturalisation est un passage très important dans le processus d’ancrage et d’intégration des citoyens car elle permet d’accéder aux droits politiques complets. C’est une vision dynamique de la société basée sur la participation. Valoriser la naturalisation, comme je le fais, participe d’une volonté de soutenir la cohésion sociale.

      – Votre réforme a injecté de l’intégration dans un processus jusque-là essentiellement administratif. Pourquoi?

      – Pour assurer une meilleure accessibilité, de l’objectivité dans les procédures et pour penser cette naturalisation comme un rite de passage important de la construction de la citoyenneté. C’est un moment que je juge très important et, par exemple, lorsque j’ai réformé les cérémonies de prestation de serment, j’ai voulu ajouter à la dimension formelle une dimension émotionnelle et expérientielle. Lorsque les candidats se lèvent pour dire «je le jure» ou «je le promets», ceci devant 500 personnes, il y a une charge émotionnelle et les personnes accèdent précisément à ce moment-là à quelque chose de nouveau.

      – Qu’apporte l’élément d’intégration?

      – L’ajout de la dimension «intégration» a permis de travailler notamment sur le contenu des tests de connaissances, sur la communication et sur l’ensemble du dispositif pour le faire sortir de son carcan administratif et le faire entrer en résonance au sein de la société genevoise. Par ailleurs, l’apport du savoir-faire de mes services en matière d’intégration a aussi permis de rendre la naturalisation accessible aux personnes les plus vulnérables grâce à des projets d’accompagnement novateurs.

      – N’avez-vous pas essuyé des critiques de ceux estimant que la naturalisation ne peut être que l’aboutissement d’une intégration?

      – De mon point de vue, la naturalisation est une étape du processus d’intégration. Ce n’est pas une fin en soi. Il en va de même avec la citoyenneté, il s’agit de processus que l’on construit jour après jour. Certes, c’est une étape très importante, mais qui ne clôt pas ces processus. Je me permets de souligner que les critères d’accès à la nationalité sont très exigeants et que les candidats doivent démontrer la réussite de leur intégration (pour les personnes qui ne sont pas nées en Suisse).

      – Après les pics de naturalisation de 2015 et 2016, que va-t-il se passer en 2017?

      – L’année 2017 sera identique aux années précédentes. Le nombre de personnes qui accéderont à la nationalité sera au moins équivalent à celui de 2016, c’est-à-dire plus de 6000 personnes.

      – Dès janvier 2018, la porte se fermera pour tous ceux qui ne sont pas détenteurs du permis C. Quel sera l’effet d’un point de vue quantitatif?

      – Il y aura très vraisemblablement une baisse du nombre de dossiers qui seront déposés. Ceci en raison de la restriction en lien avec les permis mais aussi avec l’augmentation des exigences au niveau de la langue orale et écrite. Pour rappel, le potentiel de personnes qui pourraient demander la naturalisation à Genève est encore très important et avoisine les 80 000 personnes. (TDG)

      Créé: 23.07.2017, 18h28


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