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6697Belgique - "Les Belges craignent un meeting d'Erdoga n à Bruxelles" (L'Echo)

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  • Pierre-Yves Lambert
    10 mai

      http://www.lecho.be/dossier/Turquie/Les-Belges-craignent-un-meeting-d-Erdogan-a-Bruxelles/9892572?ckc=1&ts=1494428124

      Les Belges craignent un meeting d'Erdogan à Bruxelles


      Recep Tayyip Erdogan pourrait anticiper d’un jour sa venue au sommet de l’Otan pour rencontrer la communauté turque.


      Quand un indésirable s’invite à un dîner, il y a déjà de quoi plomber l’ambiance, mais si de surcroît, celui-ci arrive à l’avance alors, c’est carrément la tuile.


      C’est le schéma auquel sont aujourd’hui confrontées les autorités belges dans le cadre du prochain sommet de l’Otan à Bruxelles les 24 et 25 mai. Selon des informations recueillies à plusieurs sources au niveau du gouvernement et des services de sécurité, il apparaît que le président turc Recep Erdogan a manifesté son intention d’arriver dans la capitale belge à l’avance. Les services de sécurité estiment que le président turc pourrait débarquer de 12 à 24 heures plus tôt, même s’ils ne disposent d’aucune certitude à ce sujet.


      Rappelons que la communauté belgo-turque est très largement favorable à Erdogan et à ses "réformes" autoritaires – on l’a encore vu lors du dernier référendum.


      La grande crainte des services belges est qu’Erdogan ne mette à profit ses quelques heures avant le sommet de l’Otan à Bruxelles pour mobiliser ses partisans voire, carrément, pour tenir un meeting. Le président turc s’est en effet lancé dans une nouvelle campagne en vue de rétablir la peine de mort dans son pays.


      Il n’est pas question que Monsieur Erdogan vienne faire sa petite fête ici à Bruxelles.
      YVAN MAYEURBOURGMESTRE DE BRUXELLES
      Le niet de Bruxelles

      Du côté de la Ville de Bruxelles, on confirme être au courant de ce problème et s’y préparer activement.

      Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) va même un pas plus loin: "Je suis catégorique, il n’y aura aucun rassemblement ou mobilisation de soutien à M. Erdogan autorisé sur le territoire bruxellois à l’occasion de cette visite, je vais d’ailleurs en informer officiellement les autorités turques. Il n’est pas question que Monsieur Erdogan vienne faire sa petite fête ici à Bruxelles alors que les services de police devront déjà gérer le président américain Donald Trump."


      Au moins deux manifestations hostiles à Donald Trump doivent avoir lieu les 24 et 25 mai en marge du sommet de l’Otan.


      Des milliers de policiers seront mobilisés, mais les services belges refusent de dire précisément combien d’hommes seront déployés à cette occasion. En 2014, quelque 3.000 personnes s’étaient rassemblées devant l’hôtel Steingenberger (ex-Conrad) alors que Recep Erdogan y séjournait afin de lui témoigner son soutien… "Cela ne peut plus se produire", insiste Yvan Mayeur, qui sait que des ressortissants turcs en provenance de toute l’Europe risquent de converger vers Bruxelles pour soutenir leur leader dans son bras de fer avec l’Union européenne. Des associations proches du parti d’Erdogan ont déjà cherché à réserver des salles comme le Palais 12 sur le plateau du Heysel ou même… la Grand-Place, mais à chaque fois, la Ville leur a adressé une fin de non-recevoir.


      De son côté, lundi, le Premier ministre Charles Michel a également fait preuve de la plus grande fermeté à l’encontre d’Erdogan en indiquant que les autorités ne toléreraient aucune mobilisation en lien avec le référendum sur la peine de mort en Turquie. "C’est absolument hors de question de laisser ce genre de mobilisation se produire, nous serons intransigeants sur ce point", assure Charles Michel.


      Sollicités ce mardi par L’Echo, les services consulaires turcs à Bruxelles n’ont pas répondu à nos appels.

      Peine de mort Merkel exclut tout référendum

      La chancelière allemande Angela Merkel a "catégoriquement" rejeté la tenue d’une éventuelle campagne référendaire pour le rétablissement de la peine de mort en Turquie sur le sol allemand.

      "La peine de mort est un sujet que nous refusons catégoriquement, pourquoi y aurait-il une autorisation (de faire campagne) alors qu’on n’y est pas obligé. On ne le fera pas", a déclaré la chancelière allemande dans un entretien à la radio régionale WDR diffusé mardi.

      Le gouvernement allemand avait déjà indiqué vendredi que si la Turquie organisait un référendum sur le rétablissement de la peine capitale, l’Allemagne ne laisserait pas le scrutin se tenir sur son sol où vivent 1,4 million d’électeurs turcs.

      En Belgique, Charles Michel avait tenu des propos similaires il y a quelques jours. "S’il devait y avoir un référendum organisé par la Turquie sur la peine de mort, je ne le tolérerai pas en Belgique!" avait-il dit samedi.

      SourceL'Echo