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Media francophones/ Sélection de presse du 12-VII-2004

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  • Carlos Ruiz Miguel
    S O M M A I R E 1. ESPAGNE-FRANCE-MAROC-ALGÉRIE-SAHARA-COMPLOT - LIBERTÉ: Vision - LIBERTÉ: Sahara Occidental: Pressions sur Alger - LIBERTÉ:
    Message 1 de 1 , 12 juil. 2004
      S O M M A I R E

      1. ESPAGNE-FRANCE-MAROC-ALGÉRIE-SAHARA-COMPLOT
      - LIBERTÉ: Vision
      - LIBERTÉ: Sahara Occidental: Pressions sur Alger
      - LIBERTÉ: Décolonisation du Sahara occidental. Une position constante
      - LIBERTÉ: L’ambassadeur de la RASD à Alger l’a déclaré hier à Liberté: “Il ne
      reste à l’Espagne et à la France que le chemin de la légalité”
      - LE JEUNE INDÉPENDANT: Estimant que le référendum sur le Sahara occidental
      devrait être suivi de "solution politique". Moratinos expose la vision espagnole
      sur le Maghreb
      - AFP: Sahara occidental: Nécessité d'un "dialogue direct" entre l'Algérie et le
      Maroc (Barnier)
      - LE QUOTIDIEN D'ORAN: Michel Barnier, ministre français des Affaires
      étrangères, au Quotidien d’Oran
      - LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: L'Espagne, la France et l'énigme maghrébine
      - AFP: Maghreb : Madrid pour une concertation avec Paris

      2. USA-FRANCE-MAGHREB
      - EL WATAN: LA RIVALITE ENTRE WASHINGTON ET PARIS POUR L'ALGERIE SE PRECISE
      Les Américains s’invitent à Alger
      - EL WATAN: LA RIVALITÉ ENTRE WASHINGTON ET PARIS SE PRÉCISE / Le rush des
      ministres français à Alger
      - EL WATAN: Les Américains s’invitent à Alger
      - LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE: Paris - Washington. Guerre d’intérêts en Algérie
      - LA TRIBUNE: Michel Barnier en Algérie pour de nouvelles étapes d’un
      «partenariat d’exception» Le chef de la diplomatie française en visite
      aujourd’hui à Alger

      3. MAROC-ARABIE SAOUDITE-SAHARA
      - TEL QUEL (No. 135): Enquête : Nos amis les saoudiens

      4. SAHARA-FEMMES
      - TEL QUEL (No. 135): Femmes sahraouies: L’avant-garde de l’émancipation

      5. USA-MAROC-SAHARA
      - APS: Sahara occidental: politiques et ONG américaines se mobilisent
      - AUJOURD'HUI LE MAROC: Le Polisario piqué au vif

      6. RASD-UNION AFRICAINE-MAROC
      - TEL QUEL (No. 135): L’Union africaine s’éloigne

      7. ESPAGNE-MAROC
      - LE MATIN (maroc): Maroc-Espagne : Examen des moyens de dynamiser
      l'accord-cadre relatif à la main-d'œuvre

      8. OTAN-MAROC
      - AUJOURD'HUI LE MAROC: Manœuvres au large de Tan Tan
      - L'ÉCONOMISTE: Manoeuvres de l’Otan au large de Tan Tan


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      SÁHARA-INFO EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL:
      http://es.groups.yahoo.com/group/sahara-info/

      SAHARA-INFO SEULEMENT EN FRANÇAIS:
      http://fr.groups.yahoo.com/group/revue-de-presse-sahara-occidental/

      SAHARA-INFO SÓLO EN ESPAÑOL:
      http://es.groups.yahoo.com/group/revista-de-prensa-sahara-occidental/
      ===========================================================


      1. ESPAGNE-FRANCE-MAROC-ALGÉRIE-SAHARA-COMPLOT
      http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26326

      Vision

      Par Abdelkamel K.

      L’objectif recherché à travers cette campagne est de pousser le président
      algérien à céder sur cette affaire, dans laquelle Alger a de tout temps refusé
      d’être considérée comme partie prenante.
      L’axe Paris-Madrid-Washington s’active, depuis quelques jours, à accélérer le
      processus de règlement de la question du Sahara Occidental. Un véritable ballet
      diplomatique a été mis en place dans la perspective de forcer la main à Alger,
      dont la position invariable depuis 29 ans, a bloqué toute initiative visant à
      résoudre ce conflit hors du cadre des Nations unies. Abdelaziz Bouteflika est
      acculé de partout pour apporter son concours à une sortie de crise. Il est
      clair, que la visite en Algérie du chef de la diplomatie française, aujourd’hui,
      et celle du Premier ministre espagnol, mercredi, entrent dans ce cadre. C’est à
      un pressing constant qu’est soumis le président algérien dans l’espoir de
      l’amener à opter pour la “solution négociée” préconisée par la France et
      l’Espagne avec le soutien des États-Unis. Il faut admettre, que les changements
      constatés sur la scène internationale, avec la mise en place des grands
      ensembles, nécessitent un règlement du dossier sahraoui dans l’intérêt des pays
      de la région. Cette épineuse affaire a empêché toute avancée dans la
      concrétisation de l’Union du Maghreb arabe, qu’Américains et Européens veulent
      avoir comme interlocuteurs à la place des cinq pays maghrébins actuellement. La
      solution à la question sahraouie est perçue, de l’autre côté de la Méditerranée,
      comme “un projet de modernité”, qui permettra l’unification du Maghreb.
      L’objectif recherché à travers cette campagne est de pousser le président
      algérien à céder sur cette affaire, dans laquelle Alger a de tout temps refusé
      d’être considérée comme partie prenante. C’est dire la position inconfortable
      dans laquelle se retrouve Bouteflika. Combien de temps résistera-t-il encore aux
      assauts de la diplomatie occidentale apparemment déterminée à voler au secours
      de Rabat, un de ses plus sûrs alliés. Reste à savoir maintenant, si l’Algérie,
      intraitable depuis 1975, est disposée à reconsidérer sa vision des choses.

      ------------>
      http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26324

      Sahara Occidental
      Pressions sur Alger

      Par Samia Lokmane

      La visite aujourd’hui à Alger du locataire du Quai d’Orsay, Michel Barnier,
      intervient 48 heures avant celle qu’effectuera le nouveau Chef du gouvernement
      espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Ces déplacements presque simultanés
      sont-ils le fruit d’un simple hasard du calendrier ou émanent-ils d’une action
      diplomatique concertée entre Paris et Madrid ?
      Dans une interview du ministre ibérique des Affaires étrangères, Miguel Angel
      Moratinos, parue hier dans le quotidien El Mundo, préfigure une convergence de
      vue des deux pays dans leurs relations avec l’Algérie. “Le rapprochement (de
      l’Espagne) vers la France est aussi un rapprochement pour esquisser
      conjointement une stratégie à l’égard de l’Afrique du Nord et que le message
      reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu’il vienne de Paris ou de Madrid”,
      a préconisé le chef de la diplomatie espagnole. Le but étant selon lui
      “d’impulser un projet de modernité de l’autre côté de la Méditerranée” et
      contribuer à la construction d’un espace communautaire. Néanmoins, Moratinos
      pose une condition. À ses yeux, la réalisation d’une unité maghrébine dépend
      essentiellement de la solution du conflit du Sahara occidental. Le mot est lâché
      ! L’ancienne colonie de Sakia El-Hamra et Rio de Oro constitue un problème pour
      Madrid. Le contentieux y référant hypothèque ses ambitions de partenariat avec
      le Maghreb. Quelle est donc la solution ? Longtemps, le royaume espagnol s’est
      montré solidaire avec la cause de sa province séculaire en appuyant le plan de
      règlement onusien sur la base d’un référendum. Mais force est de constater que
      cette position a subi quelques réajustements depuis l’avènement des socialistes
      au pouvoir, au printemps dernier. En se rendant en avril à Rabat — un mois à
      peine après sa nomination à la tête du gouvernement -, José Luis Zapatero a fait
      preuve d’un empressement singulier. Il s’est attelé, durant son séjour, à faire
      oublier l’incartade de son prédécesseur, qui, en 2002, avait provoqué une
      brouille diplomatique à propos “d’un petit caillou”, du nom de Persil, cette île
      minuscule dont les deux voisins se disputent la propriété. Le Premier ministre
      espagnol fera mieux que de normaliser les relations avec le Maroc. En guise de
      présent, il offrira à ses hôtes une concession de taille. Si Madrid tient
      toujours à ce que les Nations unies fassent valoir leur rôle dans le règlement
      du problème du Sahara Occidental, elle prône surtout une solution négociée entre
      ceux qu’elle considère comme les parties prenantes, à savoir, l’Algérie et le
      Maroc et ce, afin d’instaurer une stabilité durable en Afrique du Nord. Inédit,
      le discours des autorités ibériques rejoint celui défendu par la France. À cette
      différence près, que l’Hexagone a toujours milité pour cette façon de faire.
      Désormais, elle n’est plus seule. Paris a trouvé en Madrid un allié. Pour sa
      part, Rabat peut compter sur ces deux soutiens afin de plaider sa cause dans le
      concert des nations, mais surtout pour infléchir la position de l’Algérie, l’un
      de ses adversaires les plus farouches sur la question du Sahara. Nonobstant le
      resserrement des liens bilatéraux, les visites de Barnier et de Zapatero à Alger
      s’inscrivent assurément dans cette optique. Ce forcing diplomatique aura-t-il la
      chance d’aboutir ? Officiellement, la France évite de se prononcer sur le sujet.
      Au cours de ses derniers déplacements à Alger, le président Chirac a démenti
      avoir entrepris une quelconque médiation entre Alger et Rabat. De telles
      déclarations de foi n’excluent pas le travail en coulisse et les pressions
      constantes, d’autant plus qu’un troisième partenaire et non des moindres, en
      l’occurrence Washington, s’est mis de la partie. En recevant son homologue
      marocain, le roi Mohamed VI, la semaine dernière, le président Bush l’a exhorté
      à “travailler en rapprochement avec le voisin, l’Algérie, afin de créer un
      environnement favorable au règlement de la question du Sahara Occidental”. Pour
      autant, le locataire de la Maison-Blanche s’est dit attaché à l’application du
      plan Baker. Reste-t-il réellement quelque chose de ce plan alors que son
      concepteur a claqué la porte le 13 juin dernier ? Dans les semaines qui ont
      suivi cette démission, le souverain alaouite a entamé une tournée en Afrique
      dans l’objectif de réintégrer l’union continentale dont il est exclu en raison
      de l’affaire sahraouie. Certains chefs d’État, à l’instar du président du
      Sénégal, ont appelé à son retour au sein de l’UE. En fin de compte, ce ne sont
      pas les Sahraouis qui posent problème pour Rabat, mais les Algériens. Motivés
      par l’instauration de la paix en Méditerranée, aux prises avec la menace
      terroriste, et ce, grâce à une parfaite entente maghrébine, les démarcheurs du
      royaume alaouite entendent pousser Alger à sacrifier le Polisario. Son retour
      sur la scène internationale et les avantages économiques qui en découlent,
      seraient les tributs de cette concession. Bouteflika cédera-t-il ?

      S. L.

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      http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26322

      Décolonisation du Sahara occidental
      Une position constante

      Par Hafida Ameyar

      L’Algérie s’est toujours prononcée en faveur du droit des peuples à
      l’autodétermination et à l’indépendance.
      Sa position, pourtant constante, a connu des replis, lorsque le réflexe tactique
      a pris le dessus sur celui du stratégique. Cela a été le cas après la mort du
      président Houari Boumediene. Cette position tactique a souvent été justifiée,
      par les autorités nationales, par la situation interne et externe difficile ou
      par le poids des pressions exercées sur l’Algérie, en particulier par la France
      officielle.
      On retiendra néanmoins que l’Algérie, dans les moments les plus critiques de son
      histoire récente, n’a pas tourné le dos ni au droit des Sahraouis de choisir
      librement leur destin ni à la légalité internationale. Pays d’accueil des
      réfugiés sahraouis, l’Algérie n’a pas fléchi, même lorsque le “Qui tue qui ?”
      battait son plein ou quand les islamistes terroristes algériens trouvaient
      refuge sur le sol marocain.
      L’arrivée, en 1999, du président Bouteflika à la magistrature suprême, laissait
      entrevoir des perspectives prometteuses pour le Maghreb. Elle coïncidait, d’une
      part, avec l’entrée en scène, depuis déjà deux ans, de l’Américain James Baker
      en tant qu’envoyé personnel de l’ONU au Sahara occidental et, d’autre part, avec
      le décès du roi Hassan II, promoteur de l’agression du territoire sahraoui en
      1975, qui laissait sa place à son fils aîné, Mohamed VI. À l’époque, la presse
      parlait de “médiations” de certains pays arabes et de tentatives de
      “rapprochement” des points de vue entre Alger et Rabat, sur la question de
      l’ancienne colonie espagnole. Hélas, les déclarations du jeune souverain sur
      “l’intégrité territoriale” du Maroc et le rejet des engagements pris par son
      pays devant la communauté internationale, ont vite fait de maintenir le statu
      quo.
      C’est ainsi qu’en 2000, l’année de la publication de la liste des 86 000
      personnes sahraouies habilitées à prendre part au référendum
      d’autodétermination, les organes décisionnels des Nations unies (secrétariat
      général et Conseil de sécurité) ont changé de cap, acceptant cette fois
      l’éventualité de rechercher d’autres voies, avec le consentement des deux
      parties en conflit, le Maroc et le Polisario. C’est ainsi également que ce
      dernier et l’Algérie, en sa qualité d’observateur officiel du processus de paix
      au Sahara occidental, ont rejeté l’accord-cadre, qui prévoyait une autonomie du
      “territoire non autonome”, sous la souveraineté marocaine. Une autre
      proposition, avancée par Baker, portait sur le partage du territoire sahraoui :
      elle a été refusée par la partie marocaine. Cette situation a poussé le
      diplomate américain à rechercher une solution médiane, en élaborant un plan
      différent, qu’il a intitulé “plan de paix pour un référendum au Sahara
      occidental”. Celui-ci, connu sous le nom de “plan Baker II” fixait une autonomie
      du territoire sahraoui sous l’autorité marocaine pendant une durée de quatre à
      cinq années, ainsi que la participation de 170 000 Marocains à la consultation
      référendaire en plus des 86 000 Sahraouis.
      Mais il laissait une petite chance aux Sahraouis, en leur accordant un scrutin
      attendu depuis les années 1970. À la fin juillet 2003, le plan Baker II a été
      adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité. Mais, une fois passé au stade
      d’application, il a rencontré un niet catégorique de la part du Maroc. Une année
      plus tard, James Baker démissionnait de son poste de l’ONU, devant la
      complaisance de certains membres influents du Conseil de sécurité vis-à-vis de
      Rabat. L’Algérie, devenue membre non permanent de ce même Conseil, a déploré son
      départ. Elle est à présent courtisée par les grands de ce monde. Mais à quelles
      fins ?

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      http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=26323

      L’ambassadeur de la RASD à Alger l’a déclaré hier à Liberté
      “Il ne reste à l’Espagne et à la France que le chemin de la légalité”

      Par Hafida Ameyar

      Les visites de trois ministres français dans la capitale algérienne, en ce mois
      de juillet, sont accueillies favorablement par la diplomatie sahraouie. “Le
      renforcement des relations algéro-françaises vont apporter un équilibre dans la
      position de Paris”, nous a confié, hier, l’ambassadeur de la République arabe
      sahraouie et démocratique (RASD) à Alger, Mohamed Beïssat Islem. Selon lui, “le
      seul obstacle” pour un règlement juste du conflit du Sahara Occidental reste “la
      position française”. “Il y a un problème entre le passionnel et le rationnel
      dans la politique maghrébine de Paris”, a également soutenu M. Beïssat Islem, en
      notant que celle-ci devrait écouter les autres sons de cloche. “Dans la
      politique maghrébine, l’Algérie a son mot à dire, le Maroc a aussi son mot à
      dire et les Sahraouis, même s’ils possèdent un petit pays, ont leur mot à dire…
      La politique maghrébine ne veut pas dire la seule voix du Maroc”, a-t-il dit.
      À propos du “ballet diplomatique” qui s’ouvre aujourd’hui à Alger, avec
      l’arrivée du chef de la diplomatie française, et qui se poursuivra au cours de
      ce mois avec le déplacement des ministres de la Défense et de l’Économie et des
      Finances de l’Hexagone, et du chef du gouvernement espagnol, il a estimé que
      “l’intérêt de la communauté internationale pour la recherche d’une solution
      rapide” est une très bonne chose. “Je n’ai pas d’appréhension, pour la simple
      raison que la France a déjà essayé d’intervenir militairement dans le conflit
      maroco-sahraoui dans les années 1970. Elle a aussi lancé une campagne
      diplomatique contre le Sahara Occidental, en Afrique et au niveau du Conseil de
      sécurité, dans les années 1980, 1990 et même 2000. Les Sahraouis sont une
      réalité irréversible. Ils ont prouvé leur capacité de résistance et leur
      attachement à leurs droits. Personne, pas même la France, ne peut nier cela”, a
      déclaré le diplomate sahraoui. Quant à l’Espagne, il n’a pas caché que les
      accords qu’elle a signés secrètement avec le Maroc et la Mauritanie, le 14
      novembre 1975, “n’étaient pas conformes à la légalité internationale et n’ont
      apporté ni la paix, ni la stabilité, ni le développement”. “L’Espagne a déjà
      fait le pire, elle ne peut pas faire plus que cela. Elle a initié les accords
      tripartites de Madrid, signé des accords stratégiques avec le Maroc, vendu des
      armes et aidé financièrement ce pays. Toutes les mauvaises voies ont été
      explorées par l’Espagne et la France. Il ne reste à l’Espagne et à la France que
      le chemin de la légalité”, a encore révélé notre interlocuteur.
      Interrogé sur l’après-démission de James Baker, l’ambassadeur de la RASD a
      reconnu que son départ “a créé un vide qui est occupé à présent par les autres
      partenaires concernés par la stabilité du Maghreb”, en se référant à la France,
      l’Espagne et les États-Unis. Selon lui, le département d’État américain s’est
      positionné par rapport au dossier sahraoui, le 9 juillet, en invitant le Maroc à
      un règlement du conflit “dans le cadre du plan Baker et le cadre de l’ONU”.
      “Nous espérons que la France et l’Espagne, en tant que partenaires les plus
      proches, adhèreront à la même position et encourageront le Maroc à coopérer avec
      les Nations unies, pour l’application de la résolution 1495 portant sur le plan
      Baker”, a-t-il conclu.

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      http://www.jeune-independant.com/display.php?articleId=8549

      Estimant que le référendum sur le Sahara occidental devrait être suivi de
      solution politique

      Moratinos expose la vision espagnole sur le Maghreb

      par Mohamed Tayeb

      La visite qu’entreprend à Alger le 14 juillet le chef du nouveau gouvernement
      socialiste espagnol, M. Zapatero, est précédée par de nombreuses montées au
      créneau médiatique de hauts responsables espagnols comme pour préparer le
      terrain à quelques initiatives déterminantes pour l’avenir de la région du
      Maghreb, avec comme toile de fond la question du Sahara occidental.

      Ce sujet, qui figurera à coup sûr au menu des entretiens prévus entre Zapatero
      et Bouteflika, a été évoqué de manière prolixe ces derniers temps, aussi bien
      par Bernardino León, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, que par
      Moratinos, ministre des Affaires étrangères.

      Le premier, rappelle-t-on, avait réitéré la volonté de son pays de contribuer à
      la résolution de cette question «loin du jeu des alliances conjoncturelles», en
      entretenant notamment des relations solides avec les pays du Maghreb. Il a
      également indiqué qu’une résolution constituerait un pas qui favorisera
      l’intégration du Maghreb, surtout si, selon lui, le Maroc et l’Algérie
      décidaient de rouvrir leur frontière commune.

      Quant au second, il vient encore une fois confirmer la détermination de son
      gouvernement à faire le lien entre la réalisation nécessaire et stratégique du
      Maghreb et le règlement de la question du Sahara occidental. Dans ce sens, il a
      soutenu qu’en ce moment, un référendum sans solution politique (rapprochement et
      entente entre les deux pays maghrébins ?) serait générateur, selon des
      déclarations faites à la presse de son pays, de crise généralisée en Afrique du
      Nord, sans dire que par «crise», il faut entendre «embrasement», Moratinos s’est
      étalé inutilement sur des questions d’ordre interne au Royaume, reconnaissant
      implicitement l’instabilité qui guette ce pays sur lequel règne un jeune roi,
      dont le pouvoir pourrait être remis en cause par les militaires au cas où un
      référendum serait organisé coûte que coûte au Sahara occidental.

      Voilà ce qui explique un tant soit peu les efforts entamés par le nouveau
      gouvernement socialiste en Espagne pour régler la question à travers un
      processus ou une formule qui ne prévoirait pas un référendum comme axe
      structurant central.

      La tâche ne semble pas de tout repos pour Zapatero, qui entend convaincre Alger
      et, par extension, les Sahraouis de la viabilité de son plan. Les Sahraouis, par
      le biais de leur ambassadeur en Algérie, ont, d’une certaine manière, donné de
      la voix à ce sujet.

      Mohamed Yeslem Bissat a affirmé que si le gouvernement espagnol a souligné son
      attachement à la légalité internationale, il n’en a pas moins appelé les
      autorités espagnoles à annuler, en guise de bonne volonté, l’accord de Madrid
      qui, dans la pratique, n’a plus aucune signification.

      Pour revenir à la vision d’ensemble que développe le nouveau gouvernement
      socialiste espagnol pour l’Afrique du Nord, celle-ci ne saurait se concevoir,
      selon le MAE espagnol, en-dehors d’une démarche commune avec la France. En
      effet, Moratinos a affirmé à ce niveau de la question que le rapprochement de
      son pays d’avec la France est aussi un rapprochement pour esquisser
      conjointement une stratégie à l’égard de cette région, parler de la voix et
      tenir le même discours.

      Ce faisant, il a annoncé que pour ce qui concerne son pays, «il y aura dans les
      mois et années à venir un pari stratégique fort pour tenter d’impulser un projet
      de modernité de l’autre côté de la Méditerranée». Pour autant, ces déclarations
      s’inscrivent en droite ligne avec celles faites à Alger en mai 2004.

      A l’occasion de sa visite en Algérie, le MAE espagnol avait tenu à peu près le
      même langage, en indiquant que la politique qu’entend mener le gouvernement
      espagnol avec les pays du Maghreb sera «complémentaire avec celle de la France
      et sera basée sur le partenariat».

      D’une manière générale, estime-t-on, Zapatero tend à refonder les relations de
      l’Espagne avec les partenaires de la rive sud dans le sens d’un renforcement de
      sa position, tant envers l’Algérie et le Maroc par un rééquilibrage des
      relations avec les deux pays, qu’envers la France à travers une alliance tacite
      qui participe d’une volonté de freiner et d’atténuer l’offensive des Etats-Unis
      dans cette partie du monde, traditionnellement zone d’influence française.

      Reste à savoir quelle réponse donnera l’Algérie à cette vision des choses, et
      jusqu’où pourra-t-elle aller en termes de concessions en tenant compte de ses
      intérêts suprêmes et sans renoncer à ses principes, encore moins abandonner la
      cause sahraouie.

      ------------>
      Sahara occidental: Nécessité d'un "dialogue direct" entre l'Algérie et le Maroc
      (Barnier)

      ALGER, 12 juil (AFP) - Le ministre français des Affaires étrangères, Michel
      Barnier, a estimé qu'un "dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc" était
      nécessaire, indépendamment d'une solution dans le cadre des Nations unies, pour
      trouver une issue au conflit du Sahara occidental qui dure depuis 1994.

      "La France pense qu'une solution politique réaliste doit être recherchée entre
      les parties au conflit du Sahara occidental, dans le cadre des Nations unies
      (...) mais nous disons aussi qu'un dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc
      est nécessaire", a estimé M. Barnier dans un entretien lundi au journal algérien
      Le Quotidien d'Oran.

      Ce dialogue direct devrait "favoriser l'émergence de cette solution, en prenant
      en compte les impératifs de la stabilité régionale et les intérêts des deux pays
      et des populations concernées", a-t-il précisé, estimant qu'"il y a un travail
      d'imagination et d'audace à faire pour dépasser les blocages hérités du passé".

      L'Algérie, qui soutient le mouvement indépendantiste du Polisario, considère que
      le conflit du Sahara occidental est un problème de décolonisation relevant des
      compétences exclusives de l'ONU.

      Elle est opposée à tout dialogue direct avec le Maroc qui exclurait le
      Polisario, se réservant uniquement un rôle d'"observateur" dans le cadre de
      négociations entre Rabat et ce mouvement.

      ------------->
      http://www.quotidien-oran.com/quot2898/even.htm

      Michel Barnier, ministre français des Affaires étrangères, au Quotidien d’Oran

      «Une rivalité franco-américaine sur l’Algérie est aussi tenace qu’erronée»

      Entretien Réalisé Par Mounir Boudjemaâ

      Le Quotidien d’Oran: Deux mois après votre installation, vous vous rendez à
      Alger pour la première fois. Quel sentiment avez-vous pour votre premier
      déplacement en tant que ministre français des Affaires étrangères en Algérie
      alors que les observateurs assimilent la multiplication des visites françaises
      de haut rang à un forcing, au regard de la concurrence stratégique américaine?

      Michel Barnier: Nous assistons, depuis 1999-2000, à une formidable relance des
      relations franco-algériennes. L’an dernier, à quelques semaines d’intervalle, le
      Président Bouteflika effectuait une visite officielle en France puis le
      Président Chirac se rendait à Alger, en visite d’Etat. Il y a eu aussi ce très
      grand succès de l’Année de l’Algérie en France. Ces derniers mois, les visites
      ministérielles en Algérie se sont succédé presque mensuellement.
      Cette relation, renouvelée avec beaucoup d’enthousiasme, d’idées, de volonté de
      travailler ensemble, s’inscrit dans un cadre euro-méditerranéen et profitera à
      tous. L’idée selon laquelle il y aurait une «rivalité franco-américaine» sur
      l’Algérie est aussi tenace qu’erronée. La refondation de notre relation
      correspond, tout simplement, à l’attente profonde de nos deux peuples.
      Je vais en évoquer, avec mes interlocuteurs algériens, les prochaines étapes
      dans le prolongement du déplacement à Alger du président de la République
      française, le 15 avril dernier: poursuite de la mise en oeuvre de la Déclaration
      d’Alger du 2 mars 2003 et ouverture de nouveaux champs de coopération, visites
      ministérielles, préparation d’un grand traité d’amitié. L’enjeu fondamental,
      c’est de construire un cadre rénové pour l’ensemble de nos relations qui les
      porte à un niveau d’excellence pour les prochaines décennies, car ce que font
      ensemble l’Algérie et la France doit être à la mesure de cette relation si
      singulière.


      Q.O.: Croyez-vous que les relations algéro-françaises peuvent s’accommoder de la
      position française sur le dossier du Sahara Occidental et le parti-pris de Paris
      aux côtés du Maroc, notamment dans les instances internationales, que ce soit à
      l’ONU ou à l’UE. Ceci, alors que les deux pays, semblent défendre des positions
      similaires, notamment sur le Moyen-Orient et l’Irak?

      M.B.: Je ne suis pas de ceux qui se résignent au blocage de l’intégration
      maghrébine. D’une part, parce que le mouvement d’intégration régionale est
      général sur tous les continents. Ce n’est pas par hasard; il y des
      complémentarités à mettre en valeur, des intérêts communs, des solidarités
      naturelles.
      Ensuite, il y a cette nécessité, dans le monde actuel, de s’unir pour être
      mieux entendu: les grands ensembles régionaux sont et seront, de plus en plus,
      les acteurs du monde multipolaire. Enfin, l’Europe a besoin d’un Maghreb uni
      dans le cadre de la relation si importante que nous entretenons à travers le
      processus de Barcelone. Dans ce contexte d’intégration, la France pense qu’une
      solution politique réaliste doit être recherchée entre les parties au conflit du
      Sahara Occidental, dans le cadre des Nations unies, et que rien ne doit leur
      être imposé. Mais nous disons aussi qu’un dialogue direct entre l’Algérie et le
      Maroc est nécessaire pour favoriser l’émergence de cette solution, en prenant en
      compte les impératifs de la stabilité régionale et les intérêts des deux pays et
      des populations concernées. Il y a un travail d’imagination et d’audace à faire
      pour dépasser les blocages hérités du passé.
      La coopération franco-algérienne va continuer à se développer en Afrique, en
      particulier sur des enjeux majeurs comme celui que représente le NEPAD. Nous
      allons approfondir notre dialogue en vue de la stabilité et du développement du
      continent africain, avec un intérêt particulier pour la zone sahélienne.
      Plus généralement, je voudrais souligner cette concertation permanente qui
      s’est établie entre nos deux chefs d’Etat sur les grandes questions régionales
      et internationales, par exemple sur l’Iraq ou le Proche-Orient. Nos vues sont
      d’ailleurs très proches comme on l’a constaté lors du Sommet du G8 à Sea Island.

      (...)

      -------->
      http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=13959&idc=4&PHPSESSID=c7541533306e5f488873d55838078000

      L'Espagne, la France et l'énigme maghrébine

      Après les Etats-Unis d’Amérique qui sont en train de redéfinir leur stratégie
      globale en direction du Moyen-Orient et du Maghreb, c’est au tour de l’Espagne
      de venir concurrencer la France sur son territoire de prédilection: l’Afrique du
      Nord. Le signal à consonance très politique est venu de l’Espagne, à travers son
      ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, qui interpelle la
      France sur la nécessité d’abandonner en quelque sorte la singularité dans
      laquelle la placent ses relations avec les pays du Maghreb, pour façonner, en
      association avec l’Espagne, une stratégie commune dans cette partie de
      l’Afrique. Tout en évoquant ce mode d’approche franco-espagnol de l’espace
      maghrébin, M. Moratinos, n’en a pas moins fait état «d’un pari stratégique
      fort», de la part de l’Espagne dans les mois et les années à venir, «pour tenter
      d’impulser un projet de modernité de l’autre côté de la Méditerranée». Cette
      dernière révélation a pour effet de suggérer que la stratégie que l’Espagne
      appelle aujourd’hui à mettre en œuvre en tandem avec la France sera de toutes
      les façons menée, à défaut d’un accord entre les deux pays européens, par
      l’Espagne. Une manière pour le gouvernement de gauche espagnol de signifier à la
      France gaulliste de Chirac qu’«à défaut d’être des alliés stratégiques en vue du
      Maghreb, nous y ferions cavalier seul et serions des adversaires».
      Ce que Madrid attend aujourd’hui de Paris, ce n’est rien d’autre qu’une
      reformulation des politiques maghrébines de la France et de l’Espagne de manière
      à n’en faire qu’une sur la base de laquelle se fonderait une nouvelle stratégie
      et une nouvelle communication communes à l’Espagne et à la France vis-à-vis
      d’Alger, Rabat et Tunis. Les termes sont clairs : «Le rapprochement (de
      l’Espagne) vers la France est (…) un rapprochement pour esquisser conjointement
      une stratégie à l’égard de l’Afrique du Nord, et que le message reçu à Alger, à
      Rabat et à Tunis soit le même, qu’il vienne de Madrid ou de Paris.»

      A ce titre, l’un des dossiers, pour ne pas dire le dossier, qui divise cette
      entité maghrébine et qui suscite également des divergences de positionnement
      entre les partenaires des pays maghrébins, c’est l’affaire du Sahara occidental.
      Sur ce chapitre, Paris et Madrid ne sont pas près de se mettre d’accord, La
      France penchant du côté du Maroc, et l’Espagne étant connue pour soutenir
      mordicus la RASD. Est-ce uniquement sur ce dossier que la France et l’Espagne
      doivent aligner leurs politiques respectives ? Si effectivement la question du
      Sahara reste le nœud insoluble d’une crise qui a grevé toute possibilité d’essor
      du Maghreb et par la même une politique sud-européenne commune en direction de
      cette région, il reste que les positions géographiques, le poids des communautés
      maghrébines à l’étranger, le volume des échanges et les enjeux d’une coopération
      sécuritaire dans la cadre de l’immigration de transit et de la lutte
      antiterroriste, sans oublier le rôle de l’histoire et donc aussi des liens
      culturels font qu’aujourd’hui la proposition espagnole en direction de la France
      est légitime et justifie un dialogue nord-nord entre ces deux pays, en vue
      d’initier une stratégie maghrébine commune.
      Mais si une politique franco-espagnole envers le Maghreb semble conforter ces
      deux pays européens qui s’intègrent de toutes les manières dans une politique
      unioniste qui infléchit, dans une large mesure, leurs politiques de coopération
      bilatérales avec le reste du monde, en quoi cette nouvelle approche
      profiterait-elle aux pays maghrébins ? Autre question : s’agit-il d’une
      politique commune envers les pays du Maghreb réunis, ou s’agit-il d’une
      politique commune envers des entités nationales séparées ?
      Une chose est sûre, l’Espagne de Zapatero n’est pas l’Espagne d’Aznar. Cette
      dernière ayant oublié qu’elle appartient à un ensemble méditerranéen au destin
      commun, la première semble tenter de redresser la barre, et le fait que ce
      gouvernement, élu dans des circonstances assez tragiques, ait réitéré à maintes
      reprises sa volonté de faire du monde arabe et des pays méditerranéens une des
      priorités de sa politique extérieure, montre assez bien une réorientation de la
      politique régionale de l’Espagne. En tout cas, les visites attendues très
      prochainement dans les capitales algérienne et tunisienne du Premier ministre
      espagnol, et qui devraient achever son périple maghrébin, révéleront bien
      quelques éléments de ce que M. Moratinos a qualifié de «stratégie forte» de
      l’Espagne.

      12-07-2004
      Madjid Bekkouche

      --------->
      Maghreb : Madrid pour une concertation avec Paris

      Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a estimé que
      son pays et la France devaient définir une stratégie commune au Maghreb, dans
      une interview publiée dimanche par le journal El Mundo.

      «Le rapprochement (de l'Espagne) vers la France est aussi un rapprochement pour
      esquisser conjointement une stratégie à l'égard de l'Afrique du Nord, et que le
      message reçu à Alger, Rabat et Tunis soit le même, qu'il vienne de Madrid ou
      Paris», affirme le chef de la diplomatie espagnole.
      De la part de l'Espagne, "il y aura dans les mois et les années à venir un pari
      stratégique fort pour tenter d'impulser un projet de modernité de l'autre côté
      de la Méditerranée", assure en outre M. Moratinos. Toutefois, estime-t-il, "pour
      que l'unité du Maghreb se fasse, il faut résoudre la problème du Sahara"
      occidental, ancienne colonie espagnole annexée par le Maroc et revendiquée par
      le front polisario, soutenu par l'Algérie. "En ce moment, un referendum sans
      solution politique pourraient nous mener à une crise généralisée en Afrique du
      Nord", juge-t-il.
      Selon M. Moratinos, la conséquence immédiate serait: "on ne saurait pas comment
      répondrait la monarchie marocaine. Et les forces armées marocaines
      accepteraient-elles la défaite lors d'un referendum ? Deuxième option: le Maroc
      gagne le référendum et alors ?".
      Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, qui s'est rendu au Maroc
      en avril dernier, ira le 14 juillet à Alger où il s'entretiendra avec le
      président Abdelaziz Bouteflika. Une visite prochaine à Tunis est également
      prévue, selon M. Moratinos. Le gouvernement socialiste espagnol élu en mars
      dernier, juste après les attentats islamistes de Madrid qui ont tué 191
      personnes, a réitéré à plusieurs reprises que le monde arabe et les pays
      méditerranéens constituaient une des priorités de sa politique extérieure.
      Le chef de la diplomatie espagnole annonce également dans son interview qu'il a
      l'intention de s'entretenir lundi à Bruxelles avec le ministre britannique des
      Affaires étrangères Jack Straw pour "essayer de récupérer le dialogue" sur
      Gibraltar, colonie britannique revendiquée par Madrid. La récente visite d'Anne
      d'Angleterre à Gibraltar, puis l'arrivée controversée au Rocher du sous-marin
      nucléaire britannique Tireless, malgré les requêtes d'annulation de cette visite
      formulées par Madrid, ont contribué à tendre l'atmosphère entre les deux
      capitales européennes.

      Par : AFP

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      2. USA-FRANCE-MAGHREB
      http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/laune.htm

      LA RIVALITE ENTRE WASHINGTON ET PARIS POUR L'ALGERIE SE PRECISE
      Les Américains s’invitent à Alger

      C'est sur le dossier «des propositions relatives à la promotion de
      l'alphabétisation en Algérie» que s'entretiendra l'Américaine Alina Romanowski
      avec des responsables du ministère de l'Education nationale. Des propositions
      que la délégation algérienne, ayant accompagné le président Bouteflika, avait
      évoquées lors du dernier sommet du G8 tenu récemment à Sea Island (Etats-Unis).
      Occupant le poste de déléguée du secrétaire d'Etat adjointe pour le
      Proche-Orient, chargée de l'Initiative de partenariat au Moyen-Orient (MEPI),
      Mme Romanowski sera en visite à Alger du 14 au 16 juillet. Un séjour qui fait,
      en réalité, partie d'une tournée qui la conduira également au Maroc et en
      Tunisie. C'est pourquoi elle ne manquera pas de s'entretenir avec le chef de
      l'Etat et d'autres responsables algériens sur les dossiers chauds de l'actualité
      régionale et internationale aux côtés des sujets qui intéressent exclusivement
      l'Algérie et les Etats-Unis. D'ailleurs, elle saisira l'opportunité de son
      séjour à Alger pour assister à la rencontre sur le sujet de la «Relation entre
      les femmes politiques et la société civile» qu'organise à partir d'aujourd'hui
      et ce jusqu'au 16 du mois en cours à l'hôtel El Riadh, l'ONG américaine,
      National Democratic Institute (NDI). Il est utile de signaler que le déplacement
      d’Alina Romanowski coïncidera avec celui de José Luis Zapatero, Premier ministre
      espagnol, qui arrivera le même jour en Algérie.

      Par Salah Eddine Belabes

      ------------->
      http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/actualite.htm#LA%20RIVALIT%c3%89%20ENTRE%20WASHINGTON%20ET%20PARIS%20SE%20PR%c3%89CISE%20/%20Le%20rush%20des%20ministres%20fran%c3%a7ais%20%c3%a0%20Alger
      LA RIVALITÉ ENTRE WASHINGTON ET PARIS SE PRÉCISE / Le rush des ministres
      français à Alger

      Le successeur de M. Dominique de Villepin à la tête du ministère français des
      Affaires étrangères, M. Michel Barnier, entame aujourd'hui sa première visite en
      Algérie. Connu surtout pour être un grand connaisseur des dossiers européens, M.
      Michel Barnier ralliera Alger, en fin d'après-midi, à partir de Bruxelles où il
      doit d'abord prendre part à une rencontre des ministres des Affaires étrangères
      des pays de l'Union européenne (UE) membres de l'Organisation internationale de
      la francophonie (OIF).

      Suivie d'une réunion avec le Conseil des affaires générales de l'UE, cette
      rencontre devrait permettre à M. Barnier de se mettre dans le bain africain
      avant son arrivée à Alger puisqu'il rencontrera à Bruxelles M. Abdou Diouf, le
      secrétaire général de l'OIF. Ayant inauguré son baptême du feu en tant que chef
      de la diplomatie française avec une visite au royaume du Maroc, il y a trois
      semaines, M. Michel Barnier vient officiellement à Alger avec pour mission
      d'approfondir le partenariat entre l'Algérie et la France. Il s'agit également
      pour lui d'explorer avec les autorités algériennes la poursuite du dialogue sur
      les questions régionales (Sahara-Occidental et intégration maghrébine) et
      internationales. La visite à Alger de M. Michel Barnier «permettra de définir
      les prochaines étapes de notre relation bilatérale, selon les axes fixés par la
      Déclaration d'Alger du 2 mars 2003, et de nourrir notre dialogue sur les
      questions régionales et internationales», a déclaré, à ce propos, le
      porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point de presse animé vendredi dernier.
      Et d'ajouter que celle-ci (la visite) «s'inscrit dans le prolongement de la
      visite que le président Chirac a effectuée le 2 mars 2003 et son déplacement du
      15 avril dernier». Plus qu'une simple prise de contact, le séjour de deux jours
      de M. Michel Barnier à Alger constituera donc une étape importante dans la
      finalisation du dossier des relations algéro-françaises. Et à ce titre, la
      partie algérienne doit, à l'heure actuelle, se montrer impatiente de connaître
      la position de l'Elysée concernant la proposition de Bouteflika plaidant pour la
      mise en place, parallèlement à la signature d'un traité d'amitié entre les deux
      pays, d'un partenariat global entre Alger et Paris, faite à l'occasion de la
      visite de M. Nicolas Sarkozy en juin dernier. Puisque la langue du business
      semble être devenue, depuis quelque temps, un des canaux préférés des Français
      et des Algériens, M. Michel Barnier, qui a dû se consacrer, ces derniers jours,
      à «potasser» à fond le dossier Algérie, aura aussi l'occasion d'apprécier les
      effets laissés à Alger par la dernière visite de M. Nicolas Sarkozy. Arrivé sur
      le tarmac de l'aéroport d'Alger avec une brochette d'importants hommes
      d'affaires, M. Sarkozy avait confirmé la volonté de Paris de se replacer
      durablement sur le marché algérien. Outre l'objectif de rafler de nouveaux
      grands marchés, il est apparu que le principal souci de Paris était notamment de
      veiller à la pérennité de ses approvisionnements en énergie. Pérennité
      aujourd'hui menacée par la domination exercée sur le secteur par les compagnies
      pétrolières américaines, chinoises, japonaises, espagnoles et italiennes. Reçu
      en grande pompe, M. Nicolas Sarkozy a, selon certaines sources, quelque peu déçu
      les attentes d’Alger qui attendait beaucoup de sa visite. Selon des dires,
      confirmés par des membres de sa délégation, l'offre faite par le ministre
      français de l'Economie concernant par exemple le dossier de la reconversion de
      la dette, aurait suscité un désappointement parmi ses interlocuteurs algériens,
      tant celle-ci est apparue «insignifiante» au regard des ambitions et des
      attentes des deux pays. En ce sens, nombreux sont les observateurs qui ont jugé
      inexplicable que la France consacre plus d'investissements directs colossaux à
      des pays «infréquentables» et se contente toujours de son statut de fournisseur
      lorsqu'il est question de l'Algérie. Certainement informé de la situation, il
      est donc à prévoir que M. Michel Barnier mette à profit son séjour pour mettre
      plus d'ordre dans les dossiers économiques intéressant les deux pays. Au-delà du
      problème crucial du pétrole et du gaz, la France a surtout un motif pour
      s'inquiéter de la présence américaine en Algérie. Décidés à faire du Maghreb un
      partenaire stratégique, les Etats-Unis ont engagé depuis quelques années une
      coopération militaire avec les pays de la région, qui commence à susciter des
      cauchemars aux stratèges français. Les visites régulières d'experts militaires
      américains dans la région et l'installation récemment d'une base américaine au
      Mali confirment l'idée que Washington n'exclut pas, à terme, l'éventualité
      d'intégrer le Maghreb dans son dispositif de défense. Cette hypothèse serait une
      catastrophe pour Paris, qui considère la région comme sa chasse gardée. Déjà
      talonnée de près par les Américains dans de nombreux pays africains, tels que le
      Sénégal et le Mali, réputés être ses fidèles alliés, la France paraît résolue,
      dans le cas du Maghreb, à défendre ses «acquis», quitte à sacrifier sa chasteté
      traditionnellement exprimée à l'égard de la coopération militaire avec
      l'Algérie. C'est ce qui expliquerait, d'ailleurs, le rush des ministres français
      en Algérie. Car juste après la visite de M. Michel Barnier, est attendu le
      retour de M. Nicolas Sarkozy et surtout l'arrivée de la ministre française de la
      Défense, Mme Michelle Alliot-Marie. Une première dans les relations
      algéro-françaises. En attendant les résultats de cette offensive diplomatique,
      Washington ne donne pas, pour le moment, l'impression d'être sur le point de
      réviser ses ambitions. L'envoi le 14 juillet prochain à Alger de sa déléguée
      pour l'Initiative de partenariat au Moyent-Orient (MEPI), Alina Romanowsky,
      prouve au contraire une volonté de sa part de gâcher la fête.

      Par Zine Cherfaoui

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      http://www.elwatan.com/journal/html/2004/07/12/actualite.htm#LA%20RIVALIT%c3%89%20ENTRE%20WASHINGTON%20ET%20PARIS%20SE%20PR%c3%89CISE%20/%20Le%20rush%20des%20ministres%20fran%c3%a7ais%20%c3%a0%20Alger
      Les Américains s’invitent à Alger

      C'est sur le dossier «des propositions relatives à la promotion de
      l'alphabétisation en Algérie» que s'entretiendra l'Américaine Alina Romanowski
      avec des responsables du ministère de l'Education nationale. Des propositions
      que la délégation algérienne, ayant accompagné le président Bouteflika, avait
      évoquées lors du dernier sommet du G8 tenu récemment à Sea Island (Etats-Unis).

      Occupant le poste de déléguée du secrétaire d'Etat adjointe pour le
      Proche-Orient, chargée de l'Initiative de partenariat au Moyen-Orient (MEPI),
      Mme Romanowski sera en visite à Alger du 14 au 16 juillet. Un séjour qui fait,
      en réalité, partie d'une tournée qui la conduira également au Maroc et en
      Tunisie. C'est pourquoi elle ne manquera pas de s'entretenir avec le chef de
      l'Etat et d'autres responsables algériens sur les dossiers chauds de l'actualité
      régionale et internationale aux côtés des sujets qui intéressent exclusivement
      l'Algérie et les Etats-Unis. D'ailleurs, elle saisira l'opportunité de son
      séjour à Alger pour assister à la rencontre sur le sujet de la «Relation entre
      les femmes politiques et la société civile» qu'organise à partir d'aujourd'hui
      et ce jusqu'au 16 du mois en cours à l'hôtel El Riadh, l'ONG américaine,
      National Democratic Institute (NDI). Il est utile de signaler que le déplacement
      d’Alina Romanowski coïncidera avec celui de José Luis Zapatero, Premier ministre
      espagnol, qui arrivera le même jour en Algérie. A rapprocher également avec
      celui de Michel Barnier, ministre français de l'intérieur qui sera dès
      aujourd'hui à Alger. Ce ballet diplomatique renseigne sur l'intérêt grandissant
      que ne cessent de manifester Washington, Paris, Madrid et d'autres capitales
      occidentales à l'égard des autorités algériennes. Une sorte de challenge semble
      être engagé entre ces capitales ces derniers temps, et ce, en lien avec «les
      bonnes dispositions» qu'affiche aujourd'hui Alger pour intéresser les
      investisseurs étrangers. D'ailleurs, Philo L. Dibble, secrétaire d'Etat adjoint
      pour le Proche-Orient en séjour chez nous, il y a une vingtaine de jours,
      s'était particulièrement exprimé, face à la presse algérienne, sur son souci de
      «faire comprendre aux Etats-Unis la complexité et les progrès réalisés par la
      nouvelle Algérie après dix années de terrorisme».

      Par Salah Eddine Belabes

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      http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=13960&idc=4&PHPSESSID=c7541533306e5f488873d55838078000

      Paris - Washington
      Guerre d’intérêts en Algérie

      «Les Etats-unis soutiennent l’Algérie dans son effort d’adhésion à
      l’Organisation mondiale du commerce», a déclaré récemment l’ambassadeur
      américain à Alger. Ce dernier réagissait à des écrits de presse disant que
      Washington entravait le processus de négociations pour l’accession de notre pays
      à l’OMC. Lors d’une conférence de presse qu’il a animée à la fin des travaux du
      conseil national du RND, Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement, en réponse à une
      question, réfutera tout blocage avec l’OMC et annoncera le début des accords
      bilatéraux à partir d’octobre prochain. Entre temps, les observateurs assistent
      à un véritable ballet diplomatique depuis le début de ce mois.
      Paris semble mener un véritable forcing. Trois grosses pointure du gouvernement
      Raffarin vont se relayer à Alger à partir du 14 juillet. Michel Barnier,
      ministre des Affaires étrangères, sera la première à fouler le tarmac de
      l’aéroport d’Alger. Lui succédera, quelques jours plus tard, Mme Michelle
      Alliot-Marie, ministre de la Défense. Enfin, Nicolas Sarkozy, ministre des
      Finances, bouclera la boucle en effectuant sa deuxième visite dans notre pays en
      l’espace de deux mois. Plus discrets, les Etats-Unis ne sont pourtant pas à la
      traîne. Du 14 au 16 juillet, Alina Romanovski, déléguée du secrétaire d’Etat
      adjointe pour le Proche-Orient, chargée de l’initiative de partenariat au
      Moyen-Orient est attendue à Alger. Tandis que, les 20 et 21 juillet, le conseil
      algéro-américain sur le commerce et l’investissement ( Tifa ) se réunira à
      Washington.

      Qu’est-ce qui fait peur à Paris ?

      Après la récente conclusion d’un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et
      le Maroc, Paris s’est rendu compte que Washington compte bel est bien renforccer
      sa présence économique, politique et militaire au Maghreb. Quelques semaine
      après l’accord conclu avec Rabat, les Etats-Unis finalisent avec Alger un
      accord sur le commerce et l’investissement dit Tifa. La volonté affichée par le
      gouvernement de George Bush de renforcer sa présence en Afrique du Nord a
      coïncidé avec le retards mis dans le paraphement par les parlements des pays
      composant l’Union européenne et de l’Algérie de l’accord d’association. Et la
      déclaration faite à Dublin par Abdelaziz Belkhadem, ministre des Affaires
      étrangères, disant que l’Algérie n’est pas pressée pour parapher cet accord a
      fini par semer le doute sur les intentions de Bouteflika. Ce n’est qu’avant-hier
      que le représentant de l’Union européenne à Alger montera au créneau pour
      rassurer et promettre que les parlements des vingt-cinq pays adopteront
      l’accord d’association avant la fin 2004.
      Pourtant seul le langage des chiffres permettra de mesurer les enjeux.
      L’Algérie est le premier et de loin le plus important partenaire commercial de
      la France en Afrique du Nord. En 2003, les échanges commerciaux entre les deux
      pays se sont élevés à 5,83 milliards de dollars. Avec la France, la balance
      commerciale est en défaveur de l’Algérie qui a accusé l’année passée un déficit
      dépassant les 400 millions de dollars. Avec les Etats-Unis, les échanges ont
      avoisiné les cinq milliards de dollars. Et contrairement avec la France, la
      balance est largement excédentaire au profit de l’Algérie avec plus de 3,5
      milliards de dollars en 2003. Et c’est ce déséquilibre commercial que Washington
      veut faire diminuer. Tandis que Paris n’aspire qu’à maintenir sa place
      privilégiée dans le commerce avec Alger. Mais si la France domine aussi le
      commerce avec le Maroc et la Tunisie, il reste que le poids des Etats-Unis dans
      ces deux pays maghrébins reste minime. En 2003, les échanges commerciaux entre
      le Maroc et les Etats-Unis n’ont pas dépassé les 900 millions de dollars. Alors
      qu’avec la Tunisie, la barre des 300 millions de dollars n’avait même pas été
      atteinte. En clair, le plus grand enjeu économique pour Washington reste
      l’Algérie. Et c’est pour cette raison que les Etats-Unis comptent bel et bien
      faire accélérer le processus de négociations avec l’OMC pour voir le marché
      algérien s’ouvrir de plus en plus à ses produits et réduire ainsi son lourd
      déficit commercial. Evidemment, toute avancée commerciale américaine en Algérie
      se fera au détriment des intérêts français en particulier et européens en
      général. D’autres pays membres de l’Union européenne que sont l’Italie,
      l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Belgique et la Grande- Bretagne vont se
      retrouver dans la même position concurrentielle que les Etats-Unis. Et la
      différence se fera suivant l’importance des investissements et des
      délocalisations que mèneront à l’avenir les entreprises des pays européens et
      américains en Algérie. Les positions acquises sur le marché algériens par
      certains pays risqueraient fort d’être remises en cause après l’adhésion à
      l’OMC.

      12-07-2004
      M. Chermat

      ---------->
      http://www.latribune-online.com/1207/p03.htm

      Michel Barnier en Algérie pour de nouvelles étapes d’un «partenariat
      d’exception»

      Le chef de la diplomatie française en visite aujourd’hui à Alger

      Lundi 12 juillet 2004

      Par Younes Hamidouche

      Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, effectue
      aujourd’hui et demain une visite officielle en Algérie. Cette visite s’inscrit
      dans le prolongement de celles du président de la République française, Jacques
      Chirac, effectuées respectivement le 15 avril dernier et les 2, 3 et 4 mars 2003
      à Alger et Oran. Approfondissement des relations bilatérales et des points de
      vue sur les questions régionales et internationales figure au centre de cette
      visite du chef de la diplomatie française à Alger. La Déclaration d’Alger et le
      «partenariat d’exception» qu’elle suggère constituent à ce propos l’assise de la
      refondation des relations entre les deux pays depuis notamment 1999 comme le
      rappelle le ministère français des Affaires étrangères dans une récente
      déclaration. C’est donc à partir de cette assise-là qu’est attendue la
      définition des «prochaines étapes» dans les relations bilatérales
      algéro-françaises. A Alger, le nouveau patron du Quai d’Orsay, membre de droit
      du bureau politique de l’UMP, sera notamment reçu en audience par le président
      Abdelaziz Bouteflika et aura un entretien avec son homologue Abdelaziz
      Belkhadem. Aussi, le Quai d’Orsay précise que «des contacts avec des
      personnalités de la société civile et des ONG ayant pris part aux secours mis en
      place après le séisme du 21 mai 2003 dans la région d’Alger» sont prévus dans
      l’agenda de Michel Barnier. Au sujet de la question de «l’intégration
      maghrébine», préalablement soulevée comme cela avait été le cas lors de la
      visite de M. Barnier au Maroc, la France relève que «c’est un continuum» et que
      c’est de cette intégration souhaitée que dépend l’avenir de l’espace
      euro-méditerranéen. Cette escale algéroise de M. Barnier pourrait aussi donner
      un aperçu un peu plus clair de la nouvelle vision des relations
      algéro-françaises à laquelle font souvent référence les dirigeants et les hommes
      d’affaires des deux pays.

      Du côté français, on semble conscient de l’offensive américaine, de plus en plus
      large et diverse, dans le pays d’origine de Zidane, ce qui n’a pas l’air de
      plaire à Paris. Mais, dans ce jeu à qui séduira le mieux entre Paris et
      Washington, l’Algérie entend tirer profit maintenant que se dissipe le
      brouillard des années d’isolement et de souffrances induites essentiellement par
      le terrorisme et la crise économique.

      Sur d’autres volets relatifs à la construction maghrébine -tardant à se
      concrétiser-, Paris et Washington voient aussi Madrid, et à un degré moindre
      Rome, Londres, Pékin, Moscou ou Berlin, pointer le nez comme c’est le cas, par
      exemple, du dossier sahraoui en suspens entre Rabat et le Front Polisario.

      Le diplomate français qui se veut défenseur d’une Europe devant passer du statut
      de «puissance du monde» à celui de «puissance mondiale» apte à ne pas se laisser
      distancer par la superpuissance américaine, a récemment inscrit, parmi les
      «priorités» de la diplomatie de son pays durant les années à venir, la mise sur
      pied de ce qu’il a appelé «la communauté euro-méditerranéenne». Persévérant dans
      la revendication d’un «monde multipolaire», la France n’hésite guère à
      développer, par la voie de son actuel ministre -un diplômé de l’Ecole supérieure
      de commerce à Paris-, sa vision de soutien à d’autres «puissances mondiales»,
      comme c’est le cas par exemple de la Chine, membre permanent du Conseil de
      sécurité où siège présentement l’Algérie. Michel Barnier souhaite même que les
      pays émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud…) puissent bénéficier de
      consolidation sur la scène internationale dictée par la «nécessité de plusieurs
      pôles» dans le monde. C’est ce même ministre qui, évoquant les Américains et les
      Français en les qualifiant de «définitivement amis et alliés», estime que
      «l’alliance n’est pas une allégeance», défendant ainsi sa réputation d’acharné
      défenseur de «l’européanisme». Ancien commissaire européen chargé de la
      politique régionale, M. Barnier, gaulliste dès son jeune âge, ne manque aucune
      occasion d’étaler cette vision européenne qu’a la France chiraquienne qui s’est
      récemment résumée à travers l’aboutissement du projet de Constitution
      européenne. Lors de l’élaboration de ce texte de Constitution, M. Barnier s’est
      vu confier la présidence du groupe de travail sur la défense européenne.

      L’ancien député d’Albertville, président du Conseil général puis sénateur de la
      Savoie (1978-1999) et ex-ministre de l’Environnement (1993-1995), puis ministre
      délégué aux affaires européennes (1995-1997), Michel Barnier, l’un des plus
      proches collaborateurs du président français, est un Européen convaincu qui veut
      que l’UE assume pleinement son rôle et son poids même en dehors du Vieux
      Continent. Faire de la sorte admettre que le retour des Etats-Unis à une
      démarche multilatérale se fasse, en Irak sous impulsion onusienne, en Palestine
      dans le cadre du quartette, et partout ailleurs dans le monde sous l’aiguillage
      européen. Le successeur de Dominique de Villepin à la tête des affaires
      étrangères françaises sait qu’Alger est un passage incontournable dans cette
      optique.

      <------------------------------>
      3. MAROC-ARABIE SAOUDITE-SAHARA
      http://www.telquel-online.com/135/couverture_135_1.shtml

      Par Karim Boukhari et Khalid Tritki
      Enquête : Nos amis les saoudiens

      Hassan II avait fait d'eux "nos frères". Marchant dans les pas de l'Amérique,
      Mohammed VI, lui, a changé de Mecque. Chronique d'une brouille qui risque de
      nous coûter cher. Au sens propre.

      8 Avril 2004, le prince Abdellah d'Arabie offre un dîner en l’honneur de Moulay
      Hicham. L’annonce, aux allures de poisson d’avril, donne déjà des sueurs froides
      aux Marocains. Pourquoi un tel dîner ? Pourquoi l’organiser au Maroc, quand les
      deux hommes, qui revenaient de séjours à l’étranger, auraient pu se
      retrouver en Europe ? Dans l’entourage du prince héritier saoudien (et numéro un
      effectif du pays, en l’absence du roi Fahd, malade), on dit que l’invitation
      répond à un "signal fort" venu de Rabat. En langage plus courant, Mohammed VI
      aurait souhaité une médiation du prince Abdellah pour régler ses différends avec
      Moulay Hicham. Mais rien n’est moins sûr. Abdellah accueille Moulay Hicham à
      Bouskoura, dans la luxueuse résidence du Saoudien. Les autorités marocaines, qui
      surveillent tous les faits et gestes de Moulay Hicham, n’apprécient guère. Et
      elles ne seront pas au bout de leurs surprises. Le dîner de Bouskoura se déroule
      en présence du ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud Fayçal et,
      surtout, du patron des renseignements. Même l’agence de presse officielle et la
      télévision saoudienne sont de la partie. Moulay Hicham en est le premier
      surpris. Son dîner chez le "frère" Abdellah a pris, à Ryad, la dimension d’un
      événement politique. Ce qui a le don d’irriter considérablement les officiels
      marocains, convaincus que l’initiative du prince Abdellah avait largement
      dépassé le cadre "familial" (Moulay Hicham est le cousin germain du prince Walid
      Ben Talal) que le cercle diplomatique saoudien voulait bien lui prêter.
      L’anecdote du dîner jette un froid sur les relations maroco-saoudiennes. Le
      Maroc officiel ne bronche pas, mais a du mal à encaisser le coup. Et les
      Saoudiens d’en rajouter. L’ambassadeur Abdelaziz Khoujaâ est rappelé à Ryad
      quelques semaines après le fameux dîner, auquel il avait d’ailleurs pris part.
      Ryad ne désigne personne pour le remplacer à Rabat, se contentant de gérer les
      affaires courantes par un "délégué" de la diplomatie saoudienne. Valeur
      aujourd’hui, l’Arabie saoudite n’a pas d’ambassadeur à Rabat, une situation qui
      fait tâche dans le ciel bleu censé envelopper les relations maroco-saoudiennes.
      La riposte du Maroc ne s’est pas fait attendre. En juin 2004, le royaume a porté
      le Turc Ikmal Eddine Ihsan Ogali à la tête de l’OCI (organisation de la
      conférence islamique), là où les Saoudiens, principaux bailleurs de fonds de
      l’organisation, menaient campagne pour son adversaire direct, le Bengali
      Salauddin Quader Chowdhury. Pour la première fois depuis la création de l’OCI en
      1969, Rabat et Ryad se sont ouvertement opposés. Les Saoudiens, perdants dans
      cette affaire, ont mal encaissé le coup. D’autant que le représentant marocain,
      Abdelouahed Belkziz, ancien S.G de l’OCI, a adressé des critiques acerbes à
      l’organisation islamique. Du jamais vu.
      Ce n’est pas pour rien que la presse saoudienne, y compris la version
      internationale d’"Acharq Al-Awsat", a depuis quelque temps oublié son ton
      traditionnellement fraternel envers le Maroc, pour adopter une neutralité toute
      nouvelle. Exemple : quand le prince Soltane, numéro 3 de la famille régnante,
      rentre du Maroc où il était venu se faire soigner, il y a quelques semaines, les
      médias saoudiens parlent d’un "retour de l’étranger", oubliant étrangement les
      formules de "pays frère" habituellement réservées au Maroc. Et quand, il y a
      quelques jours, une dépêche de l’agence britannique AP a ajouté au trouble en
      évoquant des foyers de tension entre le Maroc et l’Arabie, ni les médias
      saoudiens, ni les officiels n’ont publié le démenti de circonstance.
      Dans des milieux proches de la diplomatie saoudienne, on ne nie pas l’existence
      de la crise, la première de son genre, mais on en minimise la portée. "Notez
      bien, nous dit ce proche de la dynastie régnante, que tant que les princes
      Abdellah, Soltane et Nayef rendent régulièrement visite au Maroc, les relations
      entre les deux pays sont sauves". Soltane, celui que l’on appelle le "prince
      d’Agadir" par référence à son palais dans le sud marocain, a d’ailleurs
      programmé de se rendre au Maroc, courant août. Sans mission officielle mais avec
      l’espoir d’amorcer une "reprise" véritable avec le royaume. L’émissaire saoudien
      aura fort à faire pour effacer les rancoeurs additionnées des deux côtés,
      surtout du côté saoudien. Exemple : En février 2004, le séisme d’Al-Hoceima
      avait provoqué un véritable élan de solidarité internationale. L’Arabie Saoudite
      s’y est jointe en mettant 50 millions de dollars dans la cagnotte. Le Maroc a
      oublié (ou omis) de le mentionner à l’heure des comptes, dressés par le wali de
      Bank Al-Maghrib. Inutile de dire qu’à Ryad, on n’a guère apprécié cette "pudeur
      excessive" des autorités marocaines. Un autre indice, encore plus significatif,
      a eu lieu quelques mois auparavant, à la rentrée 2003. Le prince Abdallah se
      rend alors à Casablanca, encore sous le choc du 16 mai. Le message du prince
      n’est pas difficile à décrypter : "Faisons confiance au Maroc, et soutenons-le
      dans sa crise". Abdallah demande, dans la foulée, "ce qu’il peut faire pour le
      Maroc" et on lui conseille, dans son entourage, "d’offrir sur un plateau la
      reconstruction du quartier de Sidi Moumen". Marché conclu. Deux jours avant le
      départ d’Abdallah pour une visite en Russie, un coup de tonnerre secoue la
      délégation saoudienne : Sylvan Shalom, le ministre des Affaires étrangères
      israélien se déplace au Maroc ! Pendant que Mohammed VI reçoit l’émissaire
      israélien à Tétouan, les accompagnateurs d’Abdallah se mordent les doigts : "Le
      Maroc, protestent-ils en coulisse, aurait pu décaler son calendrier pour éviter
      que Shalom et Abdallah soient présents, dans le même moment, sur le sol marocain
      !". A Ryad, l’incident prend des allures de camouflet infligé au prince
      héritier. Abdallah, sérieusement remonté, oublie ses projets marocains et quitte
      Casablanca dans la précipitation.
      Cet incident, comme d’autres, a réveillé une blessure née dans l’après-Hassan II
      : le Maroc n’a pas véritablement d’interlocuteur à offrir aux "frères" saoudiens
      (lire encadré en page 24). "Les émissaires marocains sont souvent jeunes et
      francophones, ignorant beaucoup des spécificités saoudiennes", observe-t-on à
      répétition à Ryad. Aussi étonnant que cela puisse paraître à ce niveau-là, un
      conflit de génération existe. "Abdellah, ou Fahd, avaient l’habitude de traiter
      avec Hassan II ou ses conseillers Boutaleb et Bensouda, ces gens avaient le même
      âge et se connaissaient parfaitement à force de se côtoyer", explique encore cet
      observateur. La méconnaissance de l’autre a fait son effet dès les obsèques de
      Hassan II où le prince Khaled Ben Soltane, véritable commandant des armées
      saoudiennes (et co-dirigeant de l’opération desert storm avec le général
      Schwarzopf, en 1991), a longtemps attendu d’être reçu par Mohammed VI avant de
      l’être par Moulay Rachid. Le prince saoudien n’a pas apprécié. Plutôt que de
      provoquer un incident diplomatique, il a préféré réagir sur un plan commercial,
      arrêtant l’impression du journal (Al-Hayat) qu’il dirige et dont les dividendes
      restaient, jusque-là, au Maroc.
      Depuis, les frustrations saoudiennes ont basculé vers un autre terrain, encore
      plus sensible : le sécuritaire. Quand Rabat annonce, à l’été 2002, avoir mis la
      main sur trois Saoudiens accusés de terrorisme, Ryad ne comprend plus. La
      coopération sécuritaire entre les deux pays, jusque-là exemplaire, en prend un
      coup. Ryad a été informé après Washington de la prise effectuée par les services
      marocains. Une première concernant des ressortissants de nationalité saoudienne
      ! Déjà fragilisée intérieurement, mal exposée au regard de l’opinion mondiale,
      Ryad n’avale pas la soudaine "real politik" adoptée par Rabat. Malgré les
      efforts du Maroc pour faire avaler la pilule (verdicts cléments pour les
      Saoudiens, extradés finalement vers l’Arabie saoudite en 2004), Ryad se rend à
      l’évidence : sur le plan sécuritaire, l’axe Rabat-Washington a indiscutablement
      relégué la "fraternité inter-arabe" au second plan.
      Les désordres qui émaillent l’amitié maroco-saoudienne viennent, pourtant, après
      une longue lune de miel de quarante années qui se confond avec le règne de
      Hassan II.

      60’s : L'alliance stratégique est née
      L’organisation des services marocains, personnifiés par le CAB 1, a fait le
      bonheur… des services saoudiens. Très tôt en effet, des émissaires marocains,
      choisis parmi les arabisants, investissent régulièrement à Ryad pour aider à
      l’organisation du renseignement et de la sécurité saoudienne, le tout sous le
      parrainage des experts américains. Tous les haut-responsables marocains, de
      Dlimi à Oufkir, ont rendu des visites "amicales" à Ryad, parfois après un détour
      à La Mecque pour effectuer le pèlerinage du Hadj. Les CMI illustrent
      parfaitement cette tendance, eux qui ont assuré une présence quasi permanente
      sur le sol saoudien. L’alliance avec le lointain (géographiquement) frère
      saoudien s’explique par des raisons historiques, Hassan II ayant toujours
      considéré la dynastie saoudienne comme une deuxième "famille". Sur un plan plus
      pragmatique, le monarque avait bien entendu mesuré la montée en puissance de
      Ryad, riche de ses gisements pétroliers depuis les années 30-40. Mais, à
      l’époque, les enjeux restent d’abord politiques. Les deux régimes se sont
      rapidement faits un ennemi commun : la montée progressive du panarabisme,
      incarné par Nasser, qui renversait les monarchies arabes l’une après l’autre.
      Rabat et Riyad, appuyés de loin par Washington, ont pris conscience de cette
      lame de fond. Du coup, il devenait urgent pour leur survie de constituer une
      ligne de défense, passant également par Amman où le roi Hussein se débattait
      entre ses opposants et la pression qu’induisait l’affaire palestinienne. Mais la
      défaite de l’axe Egypte/Syrie dans la guerre de 67 a diminué l’influen<br/><br/>(Message over 64 KB, truncated)
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