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Ma mère dans l’enfer des camps khmers rouges

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  • suryaspv
    Lu sur le Bondy Blog un article assez chaud; + de 300 commentaires. Il semble que la nouvelle génération de cambodgiens
    Message 1 de 2 , 20 févr. 2011
      Lu sur le Bondy Blog  un article assez chaud; + de 300 commentaires.
      Il semble que la nouvelle génération de cambodgiens commence à s'intéresser à son histoire.
      Pour notre part, remplacer les mots "Angkar" par "Pathet-lao" (parti communiste lao),
      et "khmers rouges" par "Laodèng" et vous avez la même récit du drame laotien.

      Yahoo actualité titre : "Ce génocide fait avec le sourire"


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      Ma mère dans l'enfer des camps khmers rouges

      Vendredi 18 février 2011 | Posté par Prosith Kong

      Arrivée en France en 1982 en tant que réfugiée politique, la maman de Prosith a survécu à trois ans et demi d'internement dans l'univers concentrationnaire des génocidaires cambodgiens. Elle raconte à son fils cette période funeste où deux millions d'individus ont été exterminés.

      300

      17 avril 1975, à Battambang, province natale de ma mère. Celle-ci avait 19 ans lorsqu'elle et sa famille ont rencontré les Khmers rouges pour la première fois. Vêtus de noir, ils étaient souriants mais armés. Ils venaient de prendre le pouvoir au Cambodge et tenaient des propos de paix réconfortants. C'est en partie ainsi qu'ils ont réussi à vider la capitale et les autres grandes villes de leurs habitants pour les amener vers les campagnes et les forêts. Ma mère se souvient très bien de ce premier contact : « Ils disaient que la paix était revenue et que le roi (Norodom Sihanouk) aussi allait revenir. » La foule était pleine de joie, croyant accueillir ses « libérateurs ».

      Le roi allait certes revenir, mais pour cela il fallait vider les quartiers, les maisons, pour que « l'Angkar », l'organisation révolutionnaire des Khmers rouges, puisse sereinement chercher les derniers « traîtres », « les ennemis du pays ». Ils ont donc dit à la famille de ma mère qu'ils allaient juste, le temps des recherches, partir pendant trois jours. Ils sont partis pendant trois ans. « On ne savait pas ce qui se passait. On a juste pris le strict minimum car on pensait vite revenir. On a laissé notre chien à la maison pour qu'il la surveille », raconte-t-elle.

      300

      Une fois arrivée dans les camps, elle est séparée de sa famille. Les hommes et les femmes sont séparés. Les adultes et les enfants sont séparés. La famille, les amis, tout tissu social doit disparaître. A présent l'Angkar décide pour le peuple. L'Angkar est, à présent, la famille et l'ami du peuple. Mais pour que la jonction se fasse entre la population et l'Angkar, il fallait une épuration. Ce sont les intellectuels qui ont le plus souffert, 90% d'entre eux ont été exterminés. Tous les professeurs, philosophes, ingénieurs, diplomates, et même les bilingues. Tout ceux qui savaient réfléchir et pouvait donc formater une rébellion, était systématiquement tués. Mon grand-père, avocat, fut une de leurs victimes. « Il était grand, fort, courageux et généreux. Quand il a compris que les Khmers rouges étaient mauvais, il a quand même gardé la tête haute. Mais ils nous ont séparés. Il doit être mort à présent. » Sur les dix frères et sœurs que ma mère avait, son grand frère à été tué et son petit frère, qui avait 7 ans, est mort de faim et de fatigue.

      Elle, ma mère, la fille d'avocate qui vivait dans une jolie maison, a été contrainte de creuser des routes, construire des rizières, transporter de la terre à longueur de journée. Elle, la fille d'avocate, a vu des morts, de la souffrance et de la peur. « Il ne fallait pas parler. On se méfiait de tout le monde car l'Angkar avait des yeux et des oreilles partout. Ils enrolaient des enfants pour nous surveiller et dénoncer le moindre geste. Certains enfants dénonçaient même leurs parents. Mais ce n'était pas de leur faute. Ils étaient jeunes et facilement manipulables. »

      Angkar, Angkar… « Ils ne parlaient qu'au nom de ça. L'Angkar veut ci, veut ça, il faut le faire pour l'Angkar… On ne savait pas qui était réellement le chef ou les chefs. On ne savait pas pourquoi il fallait travailler. On obéissait, c'est tout. »

      300

      Voici donc quel fut le quotidien de ma mère et des millions de Cambodgiens, durant ce génocide. Travailler et se taire. Près de deux millions de morts, certains sont mort par les armes ou sous la torture. D'autres sont mort par le travail et la famine. « On entretenait des rizières, on cultivait du riz en masse. Il y avait beaucoup de riz sous le régime. Pourtant on mourrait tous de faim. Où passait le riz ? » Ma mère est restée trois ans et demi dans le camp khmer rouge, puis, de 1979 à 1982 elle a vécu dans les camps de réfugiés thaïs. La même année, elle est arrivée en France en tant que réfugiée politique.

      Plus de 30 ans après les faits, le traumatisme est toujours là. Un jour je regardais une émission sur le Cambodge avec ma mère. Soudain, elle se mit à pleurer à la vue de certaines images. « C'est moi qui ai construit ce pont, ce barrage, tout çà… » Quel choc ce fut pour moi.

      Prosith Kong


    • santypha@yahoo.fr
      L histoire d un pays qui reste une royauté inconsciente de l époque de Sihanouk père , Omni-potent ,dieu sur terre. Ce dieu qui jouait au PlayBoy et grand
      Message 2 de 2 , 20 févr. 2011
        L'histoire d'un pays qui reste une royauté inconsciente de l'époque de Sihanouk père , Omni-potent ,dieu sur terre.
           Ce dieu qui jouait au PlayBoy et grand séducteur des film de cinéma . Quand on ne s'occupe pas le sort des pauvres de la campagne  on laisse le  champs libre aux manipulateurs aussi peu éclairés que soi même ,manipulés les pauvres pour se soulever contre votre incompétence contre votre ignorance.
            La mort de la population khmère est liée aux conséquences d'irresponsabilités et aux pillages des pauvres pour enrichir la bourgeoisie Khmère qui soutient l'aveuglement du roi ...
              Au Laos ,la royauté  et la bourgeoisie pro-royale est aussi enfermées dans l'aveuglement absolue et en laissant le pays aux destructeurs internationaux le champs libre pour lâcher les tonnes de bombes et tuer comme des animaux sauvages.
               Ceux qui croit encore qu'ils sont victimes des communistes laotiens, ils n'ont pas encore compris que le régime royal est complice de la plus grande destruction du nord du laos par des Américains .
                Vous inventez votre histoire à force de croire que la royauté a tout fait pour le laos,hélas l'histoire continue ;l'irresponsabilité continue à tuer ,les paroles innocentes sans chercher à comprendre le fond des maux qui nous bloquent encore à aller vers une société civile plus éclairée.
                Tant que vous incitez ceux qui vous lisent à s'enfermer dans Dieu,la royauté ....et continuez à voter les yeux fermés pour ceux qui ignorent royalement les difficultés des français en les traitant que les pauvres et les immigrés sont des paresseux et des parasites , vous aidez Lepen .

                

        De : suryaspv <suryaspv@...>
        À : laos-fr@...
        Envoyé le : Dim 20 février 2011, 22h 09min 32s
        Objet : [www.laofr.net] Ma mère dans l’enfer des camps khmers rouges



        Lu sur le Bondy Blog  un article assez chaud; + de 300 commentaires.
        Il semble que la nouvelle génération de cambodgiens commence à s'intéresser à son histoire.
        Pour notre part, remplacer les mots "Angkar" par "Pathet-lao" (parti communiste lao),
        et "khmers rouges" par "Laodèng" et vous avez la même récit du drame laotien.

        Yahoo actualité titre : "Ce génocide fait avec le sourire"


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        Ma mère dans l'enfer des camps khmers rouges

        Vendredi 18 février 2011 | Posté par Prosith Kong

        Arrivée en France en 1982 en tant que réfugiée politique, la maman de Prosith a survécu à trois ans et demi d'internement dans l'univers concentrationnaire des génocidaires cambodgiens. Elle raconte à son fils cette période funeste où deux millions d'individus ont été exterminés.

        300

        17 avril 1975, à Battambang, province natale de ma mère. Celle-ci avait 19 ans lorsqu'elle et sa famille ont rencontré les Khmers rouges pour la première fois. Vêtus de noir, ils étaient souriants mais armés. Ils venaient de prendre le pouvoir au Cambodge et tenaient des propos de paix réconfortants. C'est en partie ainsi qu'ils ont réussi à vider la capitale et les autres grandes villes de leurs habitants pour les amener vers les campagnes et les forêts. Ma mère se souvient très bien de ce premier contact : « Ils disaient que la paix était revenue et que le roi (Norodom Sihanouk) aussi allait revenir. » La foule était pleine de joie, croyant accueillir ses « libérateurs ».

        Le roi allait certes revenir, mais pour cela il fallait vider les quartiers, les maisons, pour que « l'Angkar », l'organisation révolutionnaire des Khmers rouges, puisse sereinement chercher les derniers « traîtres », « les ennemis du pays ». Ils ont donc dit à la famille de ma mère qu'ils allaient juste, le temps des recherches, partir pendant trois jours. Ils sont partis pendant trois ans. « On ne savait pas ce qui se passait. On a juste pris le strict minimum car on pensait vite revenir. On a laissé notre chien à la maison pour qu'il la surveille », raconte-t-elle.

        300

        Une fois arrivée dans les camps, elle est séparée de sa famille. Les hommes et les femmes sont séparés. Les adultes et les enfants sont séparés. La famille, les amis, tout tissu social doit disparaître. A présent l'Angkar décide pour le peuple. L'Angkar est, à présent, la famille et l'ami du peuple. Mais pour que la jonction se fasse entre la population et l'Angkar, il fallait une épuration. Ce sont les intellectuels qui ont le plus souffert, 90% d'entre eux ont été exterminés. Tous les professeurs, philosophes, ingénieurs, diplomates, et même les bilingues. Tout ceux qui savaient réfléchir et pouvait donc formater une rébellion, était systématiquement tués. Mon grand-père, avocat, fut une de leurs victimes. « Il était grand, fort, courageux et généreux. Quand il a compris que les Khmers rouges étaient mauvais, il a quand même gardé la tête haute. Mais ils nous ont séparés. Il doit être mort à présent. » Sur les dix frères et sœurs que ma mère avait, son grand frère à été tué et son petit frère, qui avait 7 ans, est mort de faim et de fatigue.

        Elle, ma mère, la fille d'avocate qui vivait dans une jolie maison, a été contrainte de creuser des routes, construire des rizières, transporter de la terre à longueur de journée. Elle, la fille d'avocate, a vu des morts, de la souffrance et de la peur. « Il ne fallait pas parler. On se méfiait de tout le monde car l'Angkar avait des yeux et des oreilles partout. Ils enrolaient des enfants pour nous surveiller et dénoncer le moindre geste. Certains enfants dénonçaient même leurs parents. Mais ce n'était pas de leur faute. Ils étaient jeunes et facilement manipulables. »

        Angkar, Angkar… « Ils ne parlaient qu'au nom de ça. L'Angkar veut ci, veut ça, il faut le faire pour l'Angkar… On ne savait pas qui était réellement le chef ou les chefs. On ne savait pas pourquoi il fallait travailler. On obéissait, c'est tout. »

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        Voici donc quel fut le quotidien de ma mère et des millions de Cambodgiens, durant ce génocide. Travailler et se taire. Près de deux millions de morts, certains sont mort par les armes ou sous la torture. D'autres sont mort par le travail et la famine. « On entretenait des rizières, on cultivait du riz en masse. Il y avait beaucoup de riz sous le régime. Pourtant on mourrait tous de faim. Où passait le riz ? » Ma mère est restée trois ans et demi dans le camp khmer rouge, puis, de 1979 à 1982 elle a vécu dans les camps de réfugiés thaïs. La même année, elle est arrivée en France en tant que réfugiée politique.

        Plus de 30 ans après les faits, le traumatisme est toujours là. Un jour je regardais une émission sur le Cambodge avec ma mère. Soudain, elle se mit à pleurer à la vue de certaines images. « C'est moi qui ai construit ce pont, ce barrage, tout çà… » Quel choc ce fut pour moi.

        Prosith Kong





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