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46256Principe et devoir moral

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  • amine bouchenaki
    21 sept.
      Principe et devoir moral
       
      par Moncef Wafi 

      Si la question des musulmans rohingyas commence à sortir de l'anonymat birman, des civils, femmes et enfants particulièrement, continuent de mourir sous les bombes au Yémen. Pratiquement chaque jour, l'innommable guerre qui se déroule, depuis mars 2015, dans l'un des pays les plus pauvres du monde fauche des vies en gros devant l'indifférence internationale. L'Arabie saoudite, en tête de file de la coalition armée arabe, a chèrement payé et soudoyé les gouvernements occidentaux et les médias pour passer sous silence le massacre d'un peuple dont le seul tort est de ne pas appartenir à l'ethnie bédouine. 

      On parle actuellement de 8.400 morts et 48.000 blessés, majoritairement des civils, alors qu'une grave crise humanitaire bat son plein parmi les populations affamées du pays. Signe des temps d'un moyen-âge de retour, le Yémen est frappé par la pire épidémie de choléra. Chaque jour, plus de 5.000 Yéménites tombent malades avec les symptômes de la maladie du pauvre. Depuis fin avril dernier, plus de 368.000 habitants ont été contaminés et plus de 1.800 d'entre eux en sont morts, selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'aide humanitaire reste verrouillée par Ryad qui a mis sous embargo le ciel yéménite empêchant armes et nourritures à l'opposition houtie. 

      Les Yéménites se retrouvent otages d'un bras de fer mortel entre Ryad et Téhéran alors que le reste du monde préfère détourner le regard et se boucher les oreilles. Le Yémen n'étant pas la Syrie et BHL n'ayant aucun intérêt dans le conflit. Le monde arabe, divisé entre complices dans le crime, pour la plupart des pays qui ont rejoint la coalition sous la menace des Saoudiens, et complices par le silence, est coupable et comptable du drame yéménite. Si l'Algérie veut avoir bonne conscience en ne prenant pas part à ce conflit, elle est aussi responsable que ces neuf pays qui envoient leurs soldats servir de chair à canon au Yémen. Le fait de se cantonner dans son sacro-saint principe de «non-intervention» militaire hors de ses frontières et de «non-ingérence» n'absout absolument pas Alger du crime de non-assistance à peuple en danger. 

      Même si cela lui a valu l'animosité des Saoudiens, cette position, minimaliste, n'est pas digne du rang d'un pays comme l'Algérie qui a toujours fait du soutien des peuples opprimés son crédo à l'international. Si Alger privilégie et encourage le dialogue entre les parties en conflit, il est de son devoir moral de tout faire pour que cessent les crimes de guerre perpétrés par les deux antagonistes. Un seul chiffre comme rappel, plus de 7 millions de personnes sont menacées de famine au Yémen, y compris 2,3 millions d'enfants mal nourris âgés de moins de cinq ans.