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15774Re: [archives-fr] Archives du dépôt légal

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  • Sylvie Clair
    10 janv. 09:09

      Bonsoir,

      Je ne connais pas le fond de l'histoire et ne me permettrai pas de juger de l'intérêt ou non de ces archives. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'on ait procédé à l'élimination sans l'accord du service producteur, en l'occurrence la BnF. Il existe en effet une procédure bien simple quand on désire détruire des archives et que le producteur s'y oppose : c'est de lui proposer de les reprendre.

      Si je suis convaincue que la plupart de mes collègues archivistes travaillent en leur âme et conscience et avec rigueur, je crains qu'ils ne soient soumis, aux AN comme ailleurs, à la dictature du "ça prend trop de place, ça coûte trop cher".

      C'est pourquoi nous devons affirmer le plus haut possible que le quantitatif n'est pas le seul critère de la sélection de ce qui fera la mémoire et l'histoire de notre époque.

      Bonne soirée

      Sylvie Clair

      Archives de Marseille


      Le 09/01/2018 à 09:25, Bouju Marie-cecile marie-cecile.bouju02@... [archives-fr] a écrit :
       
      Chers Collègues,

      Depuis plusieurs mois, les archivistes et les usagers d’archives débattent de l’application de directives sur l’élimination d’archives publiques et de la notion d’archives essentielles (je vous renvoie à la page éditée par l’AAF : http://www.archivistes.org/Suivre-le-debat-sur-les-archives-essentielles).
      Afin d’enrichir ces débats de cas concrets, je vous informe que malheureusement les archives du Dépôt légal Editeurs (1925-1968) et Périodiques (1939-1991) ont été détruites le 11 août 2016.

      En apprenant cette catastrophe, des chercheurs en histoire de l’édition contemporaine ont fait part de leur stupéfaction et de leur indignation à la direction des AN, à la BnF et au ministère de la Culture. A ce jour, ils attendent toujours la réponse de la présidence de la BnF et du ministère.
      Cette décision a été prise après consultation d’agents de la BnF (toutefois La BnF n’a in fine pas autorisé la destruction de ces archives), de la mission des archives du ministère de la Culture et des AN, fin 2015. Ces archives ont été jugées sans intérêt administratif – ce qui est exact- et scientifique, ce qui est parfaitement faux.

      Aucun de ces professionnels consultés n’étaient spécialistes de l’histoire de l’édition contemporaine et n’avaient une connaissance même sommaire des rares sources disponibles pour ce champ de recherche. Pourquoi les archivistes qui connaissaient la valeur scientifique de ces fonds et avaient manifesté leur opposition à cette décision n’ont-ils pas été écoutés ? Pourquoi n’ont-ils pas non plus posé la question aux spécialistes de l’histoire de l’édition contemporaine, usagers par ailleurs de leur salle de lecture ?

      La catastrophe qui vient de frapper la recherche en histoire du livre français contemporain doit nous servir à tous de leçon.

      J’ai toujours défendu comme bibliothécaire et je continue de défendre comme enseignant-chercheur l’importance du choix en matière patrimoniale. Le travail de tri, de sélection, d’élimination ou désherbage est essentiel pour assurer à nos collections et fonds une valeur scientifique et une pérennité matérielle.

      Je ne souhaite pas non plus que les professionnels de l’information et du patrimoine travaillent sous tutelle ou contrôle des chercheurs. Ces derniers, qui n’ont pas été formés à la gestion scientifique et technique des fonds et collections patrimoniaux, ont bien d’autres choses à faire. De surcroit, une telle mesure ferait douter de la valeur des formations au patrimoine dispensées par les universités, l’Ecole des chartes, l’INP, l’ENSSIB ou le CNFPT...

      Néanmoins, j’appelle certains professionnels de l’information et du patrimoine à une attitude raisonnable et responsable : il est impossible pour un archiviste, un bibliothécaire ou un professionnel de musée d’être spécialiste de tout. Les chercheurs et enseignants-chercheurs sont, croyez le bien, à votre disposition pour aider à l’enrichissement, la conservation et la valorisation des collections dont vous avez la responsabilité au nom de la collectivité.

      Je trouve navrant, en tant qu’ancienne bibliothécaire et enseignant-chercheur, d’être obligée de rappeler cette évidence.


      Marie-Cécile Bouju
      Archiviste paléographe
      Conservateur des bibliothèques (DCB7)
      Maitre de conférences en histoire contemporaine (Univ. Paris 8)
      Membre de l’AAF et de Bibliopat

      Marie-Cécile Bouju

      Maître de conférences en histoire contemporaine
      Directrice du master Archives
      Département d'Histoire.UFR Textes & Sociétés
      Centre de recherches historiques : histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés (EA 1571)
      Université Paris 8 (Saint-Denis, France)
      marie-cecile.bouju02@...




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