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Les établissements de santé convolent

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    La FHF publie un Atlas des coopérations hospitalières Tous les hôpitaux se marient Boostées par la loi Bachelot, les stratégies de groupe ont le vent en
    Message 1 de 1 , 11 oct. 2010

       

      La FHF publie un Atlas des coopérations hospitalières

       

      Tous les hôpitaux se marient

       

      Boostées par la loi Bachelot, les stratégies de groupe ont le vent en poupe à l'hôpital. Une fièvre matrimoniale s'empare des 1 000 hôpitaux publics qui s'unissent entre eux, voire, moins souvent, s'acoquinent avec des cliniques privées. Observatrice privilégiée de ce mouvement, la FHF en publie un état des lieux doublé d'un guide pratique à destination des établissements.

       

      LE PHÉNOMÈNE a sauté aux yeux des responsables de la Fédération hospitalière de France (FHF) lorsqu'ils se sont livrés, au cours des deux années écoulées, à des « tours de France » dans leur secteur : sans attendre la mise en œuvre de la loi HPST (Hôpital, patients, santé et territoires) qui leur donne de nouvelles formules pour cela (voir encadré), les hôpitaux se sont rapprochés les uns des autres, mutualisant leurs moyens, montant des réseaux, préfigurant souvent avant l'heure ces fameuses « communautés hospitalières de territoire » (CHT) que la loi leur permet désormais de construire, sur le modèle des communautés de communes. La FHF constate, chiffres à l'appui, l'ampleur du mouvement : « Plus de 25 millions de Français, 1 sur 2 hors Paris et petite couronne, vivent aujourd'hui dans des territoires où des coopérations hospitalières sont à l'œuvre », explique-t-elle. Quand un patient met le pied à l'hôpital, il a de grandes chance d'être pris en charge par une structure beaucoup plus vaste et rémifiée que le bâtiment dont il franchit le seuil.

       

      À l'heure des budgets serrés, des niveaux de soins et des recrutements médicaux difficiles, les stratégies de groupe ont le vent en poupe. Mais pour spectaculaire qu'il soit, l'engouement qu'elles suscitent n'en est qu'à ses débuts. C'est donc dans le but d'accompagner ses adhérents dans l'aventure que la FHF édite un « Atlas des coopérations », document méthodologique de 150 pages mais aussi état des lieux (national puis région par région) des expériences déjà mises en œuvre.

       

      La FHF y comptabilise « plus de 400 établissements engagés dans des projets de coopération » – une dizaine de CHU, 225 centres hospitaliers, 114 hôpitaux locaux et 10 hôpitaux psychiatriques. Elle remarque que « la dynamique des stratégies de groupe des hôpitaux public est très forte mais encore inégale selon les régions » (voir carte). Au total, ces hôpitaux sont impliqués dans 70 CHT et 15 groupements de coopération sanitaire (GCS) ; la FHF estime qu'à terme, le total de CHT et de GCS pourrait atteindre 200 structures qui redessineront considérablement la carte hospitalière française.

       

      › KARINE PIGANEAU

       

       

      Le Quotidien du Médecin du : 11/10/2010

       

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      CHT ou GCS ?

       

      Les Communauté hospitalières de territoires (CHT) ont été instituées par la loi Bachelot (ou HPST), leur accès est réservé aux hôpitaux publics. Les Groupements de coopération sanitaire (GCS) existent depuis 1996 et sont ouverts à tous types d'établissement ainsi qu'aux professionnels de santé libéraux ; ils ont été toilettés par HPST.

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      Jean Leonetti : « Un hôpital isolé n'est pas viable »

       

      Le président de la FHF et député-maire d'Antibes juge que les avantages des coopérations l'emportent largement sur leurs inconvénients, y compris pour les médecins.

       

      LE QUOTIDIEN – Pourquoi publier un Atlas des Coopérations hospitalières ?

       

      Dr JEAN LEONETTI – C'est une opération de pédagogie et de réalisme. La loi HPST [Hôpital, patients, santé et territoires] s'est mise en place et les coopérations, qui avaient commencé à se constituer avant elle, le font plus encore depuis. L'opportunité législative a été saisie. À tel point que 25 millions de Français vivent aujourd'hui dans une zone où il y a une coopération. Cela signifie que discrètement, sans éclats, les choses se sont faites.

       

      À la FHF, quand nous avons vu les initiatives se multiplier – et surtout les interrogations arriver (« Comment on fait, quels outils utilise-t-on… ? ») –, nous nous sommes dit qu'il fallait montrer l'expérience existante et faire un guide pratique.

       

      Peut-on affirmer qu'aujourd'hui, hors la coopération avec d'autres établissements, il n'y a pas de salut pour les hôpitaux ou bien c'est exagéré ?

       

      Ce n'est pas exagéré du tout. Un hôpital isolé n'est pas viable. Il doit trouver une coopération et s'inscrire dans une politique de territoire avec une idée centrale : le patient. Le plus souvent, le choix est fait d'une CHT [communauté hospitalière de territoire], c'est-à-dire d'un rapprochement hôpital-hôpital – nous en avons répertorié 70 –, mais cela peut aussi prendre la forme d'un GCS [groupement de coopération sanitaire, qui peut réunir les secteurs public et privé] puisque ce second dispositif permet d'initialiser un certain nombre de choses qui apparaissaient comme « contre nature » il y a quelques années…

       

      Les coopérations sont-elles une solution aussi pour les hôpitaux géographiquement très isolés ?

       

      Elles sont une solution pour tout le monde ! On ne peut plus raisonner de manière isolée, ni en termes de finances, ni en termes de santé publique. Parce que la télémédecine, les transports modernes… font que nous ne sommes plus à l'époque où le département, c'était l'aller-retour à cheval dans la journée. Avec les coopérations, on adopte une vision très pragmatique de la prise en charge des malades. Elles sont à la fois un bâton (ne pas s'y mettre, c'est ne pas survivre) et une carotte (elles garantissent un mode de fonctionnement plus apaisé, moins tendu, en même temps qu'elles permettent de répondre à une attente de la population).

       

      Est-ce que les hôpitaux ne se précipitent pas bille en tête dans ces coopérations quelle qu'en soit la forme, n'est-on pas en train de griller une étape dans le processus ?

       

      Je ne crois pas. Ce qui est certain, c'est qu'il faut bien regarder l'outil, chaque forme de coopération ayant ses avantages et ses inconvénients. Il ne faut pas non plus se marier à tout prix avec tel ou tel, l'idée n'est pas de créer des communautés de destin défensives ! Mais nous avons tellement vécu l'immobilisme que si la FHF peut jouer un rôle d'aiguillon dans ce mouvement, nous ne nous plaindrons pas que cela aille vite.

       

      Peut-il y avoir un modèle unique de CHT ou de GCS ou bien l'opération nécessite-t-elle de la souplesse ?

       

      Les premiers retours d'expérience nous montrent que les ARS doivent être souples et pragmatiques. Chaque cas est particulier. Les systèmes doivent correspondre au territoire dans lequel ils s'inscrivent, à l'histoire et à la culture des établissements impliqués. Il ne peut pas y avoir de dogme.

       

      Quelle est la place des médecins dans cette évolution ?

       

      Depuis longtemps, ils ont compris que leur splendide isolement présentait d'énormes inconvénients. Alors peut-être voient-ils arriver les coopérations avec une petite réticence – elles obligent, après tout, à travailler avec celui qu'on a longtemps ignoré, éventuellement combattu… – mais ils se rendent compte aussi qu'elles permettent une médecine plus moderne, plus efficace. Je crois qu'ils ont épuisé l'idée du « je fais tout chez moi ».

       

      › PROPOS RECUILLIS PAR K. P.

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