Chargement ...
Désolé, une erreur est survenue lors du chargement du contenu.

Re: Indocilite des femmes en couches

Agrandir la zone des messages
  • Bernard Bel
    [Ce message a circulé sur une liste privée et son auteure m a autorisé à le diffuser publiquement sous le couvert de l anonymat. C est un commentaire de la
    Message 1 de 1 , 1 mars 2005
      [Ce message a circulé sur une liste privée et son auteure m'a autorisé à
      le diffuser publiquement sous le couvert de l'anonymat. C'est un
      commentaire de la réponse du CIANE au Prof. Maillet, concernant
      "l'indocilité des femmes en couches", <http://naissance.ws/CIANE/
      courrier/maillet250205.htm>. Bernard Bel]

      Je voudrais juste vous remercier, Cécile, Gilles et Bernard, en mon nom
      propre, pour cette lettre qui vient de me faire exploser, je vois des
      petits points blancs partout, j'ai mal.

      Je me revois, allongée, les jambes écartées, mal installée, nue de
      l'extérieur comme de l'intérieur, anesthésiée... et terrorisée C'est
      donc ça ...

      "Finalement, il existe aussi une phase de l'accouchement bien connue qui
      s'appelle la désespérance. Elle se produit en général juste avant la
      sortie du bébé. La femme éprouve à ce moment une très grande angoisse et
      parfois même une peur presque panique de mourir. Il ne sert à rien de
      sortir des forceps ou des spatules pour arrêter cette phase de
      désespérance. La seule chose raisonnable à faire est d'être là
      humainement avec cette femme, de l'accompagner empathiquement, voire de
      verbaliser calmement cette phase de désespérance. Si elle est
      correctement interprétée par l'entourage, cette phase de désespérance se
      résoud d'elle-même par la naissance du bébé, sans besoin d'aucune
      intervention."

      C'est donc ça que j'ai vécu ce [...] 2002. Au moment d'aider mon bébé à
      naître, mes contractions se sont arrêtées alors que cela faisait plus de
      20 heures que mon utérus contractait régulièrement, intensément, de plus
      en plus souvent...

      Je le revois, lui, assis en face de mon intime endroit, regardant
      ailleurs, comme gêné d'être là, attendant que les contractions reprennent :

      - je n'ai plus de contrations ??? C'est normal ?

      - c'est pas grave ça va revenir, on va attendre

      .. et l'autre, elle, celle qui n'a pas pas pu, pas su, pas voulu
      m'accompagner dans cet événement alors que ce jour-là j'en avais besoin,
      mais surtout écouter ma douleur et mon besoin de l'affronter, celle qui
      m'a assurée que je n'y arriverai jamais, celle qui pensait qu'elle
      sait... Elle tâtait mon ventre, elle ne sentait rien alors que le
      monitoring indiquait bien une contraction.

      - je fais quoi ?

      - rien je vous dirai. Dites N. vous êtes sûre que vous n'en n'avez pas
      loupée une là?

      - ben non monsieur D. je crois pas.

      On loupe les contractions comme on loupe un train, un rendez-vous...

      J'entends les battements cardiaques de mon enfant, jamais ils ne
      faibliront, jamais ils ne se modifieront. Il va bien, je le sais, il
      bouge, pourquoi se presser ?

      Ah, je sens une contraction malgré la péridurale, mais N. ne la sent pas,
      ses mains sur mon ventre me gênent, j'ai envie de la repousser mais je
      m'autocensure, je suis docile, hein, c'est bien...

      C'est LE moment, il faut pousser il paraît, mais c'est impossible,
      l'effet de la péridurale s'estompe, je commence à sentir (à peine, si
      peu, presque rien), les contractions reprennent, et là, panique, je n'y
      arriverai pas...

      - je suis nulle !!! et mes larmes coulent, je regarde mon homme, ses yeux
      me disent beaucoup de choses...

      - mais non il ne faut pas dire ça mademoiselle allons ! allez-y c'est
      très bien !

      Non, non c'est pas très bien, j'ai peur, mon bébé va mourir, je vais
      mourir, je ne sais pas faire, je ne mérite pas d'être Mère, j'ai mal...
      non, je n'ai pas mal, je ne sens rien... en fait si j'ai mal, j'ai mal au
      coeur, je sens que je passe à côté DU moment, je sens que je me suis
      faite avoir, je sens que tous mes rêves s'envolent alors que mon fils
      arrive...

      Je ne suis pas déspérée !! Je suis terrorisée, puis en colère, contre lui
      qui ne me laisse pas le temps et qui coupe mon sexe sans rien me dire,
      contre elle qui ne m'écoute pas et qui me harcèle de conseils débiles que
      je n'entends même plus, contre moi car pour la première fois de ma vie je
      ne me suis pas écoutée, pour la première fois de ma vie j'ai donné ma
      confiance à des inconnus qui ne la méritaient pas, pour la première fois
      de ma vie j'ai été une femme soumise et docile, mais plus jamais.

      C'est à cause et grâce à ce jour-là, c'est grâce à mon fils que je suis
      devenue ce que je suis aujourd'hui, que j'ai changé et que je change
      encore, même si je m'en veux encore de lui avoir fait subir tout ça, même
      si je m'en serais bien passée, et je le dis haut et fort : plus jamais
      ils ne me toucheront!

      L.
    Votre message a été soumis avec succès et sera remis aux destinataires brièvement.