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Perinee : halte aux mauvaises habitudes

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  • Poitel Blandine
    L article me semble assez documenté est intéressant, mais ... vraiment incomplet ... comme si on parlait des problèmes de cancer du poumons ... en omettant
    Message 1 de 4 , 4 oct. 02:37
      L'article me semble assez documenté est intéressant, mais ... vraiment incomplet ... comme si on parlait des problèmes de cancer du poumons ... en omettant de parler de l'influence délètére et avérée de la cigarette, ou des morts sur la route en oubliant le facteur alcool.


      Quelques "omissions" remarquables ....

      . La position en décubitus dorsal ...
      Dans "La physiologie du réflexe expulsif" (les Dossiers de l'Obstétrique, n°325 / 03/2004), le Docteur Bernadette de Gasquet démontre bien en quoi la position "décubitus dorsal" est NOCIVE, et est RESPONSABLE de nombreux dégâts périnéaux imputés à tort à l'accouchement par voie basse ... La femme est FAITE pour accoucher par voie basse, et pourtant aujourd'hui en France de nombreux médecins spécialistés (proctologie, périnéalogie, urologie) en viennent à demander que des césariennes soient pratiquées plus souvent pour épargner les périnées. Mais personne ne remet en cause la position décubitus dorsal POURTANT RESPONSABLE de ces dégâts très fréquents.

      Dans le remarquable "A Guide to Effective Care in Pregnancy and Childbirth", malheureusement non traduit a ce jour, et disponible gratuitement en ligne sur http://www.maternitywise.org/guide/ les répercussions négatives sur le travail, la femme et le foetus de la position en décubitus dorsal sont expliquées et détaillées, appuyées de références d'études.
      Concernant la position de la femme durant la seconde phase du travail, l'expulsion, voir plus précisemment sur : http://www.maternitywise.org/pdfs/gecpc3ch32.pdf

      Le Dr C.Lucas et le Professeur Claude Racinet, dans un article "Positions maternelles pour l'accouchement" (publié dans "1998. MISES A JOUR EN GYNÉCOLOGIE OBSTÉTRIQUE. TOME XXII", résumé sur : http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PUMA_98.HTM) signale qu'une analyse récente et "complète" (je mets des guillemets parce que très hétérogène) met en relief que la position verticale est associée a une moins grande fréquence des déchirures périnéales du 3ème degré et une moins grande fréquence des extractions par forceps ... donc à un périnée en meilleur état (sans tenir compte apparemment des dommages intrinsèquement causés sur le long terme par la position en décutibus dorsal tels que signalés par le Dr.B. de Gasquet ci dessus citée).


      . L'_expression abdominale ...
      L'Association Française d'Urologie considère l'accouchement par voie basse comme le plus grand pourvoyeur d'incontinences. Il est précisé que "... les forceps ou l'_expression abdominale (" un geste que l'on devrait proscrire ") peuvent provoquer des dégâts périnéaux importants." (http://www.shf-france.org/iblog/B1888685137/C972079501/E492521768/ )... or il apparait, selon une enquête récente (http://www.institutdesmamans.com/Online/resumPratiquesObst.pdf), que pratiquement une femme sur deux subit l'_expression abdominale !


      . Les forceps :
      L'utilisation de forceps lors de la délivrance est associée à un risque élevé d'altération du plancher périnéal et de son innervation (donc une dégradation logique de la continence urinaire et fécale). (SNOOKS SJ, SETCHELL M, SWASH M, HENRY MM. Injury to innervation of pelvic floor sphincter musculature in childbirth. Lancet. 1984, 2, 546-50. et SULTAN AH, KAMM MA, HUDSON CN ET AL. Anal sphincter damage occurs in 80% of forceps, but only 24% of vacuum deliveries ; a major determinant for the development of faecal incontinence. (Abstract).Br Soc Gastroenterol. 1992 ; S47-T159.)


      Blandine Poitel, maman de trois enfants, auteure, membre du conseil d'administration de l'AFAR, co fondatrice du CIANE, membre du comité de rédaction des Dossiers de l'Obstétrique, France.



      Bernard Bel <bel@...-aix.fr> wrote:Cet article a été publié dans Parents No.428. Vos commentaires sont
      bienvenus.

      -------

      Périnée : halte aux mauvaises habitudes

      Adeline Laffitte

      Avec : les Professeurs Thierry Lebret, urologue, et Jean-Claude Colau,
      gynécologue-obstétricien à l'hôpital Foch (Suresnes) et François Haab,
      urologue à l'hôpital Tenon (Paris).

      Parents No.428, octobre 2004, p.136-138

      Le premier ennemi de notre périnée, c'est notre ignorance. Souvent, on en
      entend parler pour la première fois au cours de la grossesse, voire après
      l'accouchement, lorsqu'il faut le "rééduquer". Or tous les spécialistes
      le disent: il faut s'en occuper bien avant.

      Une femme sur deux ne sait pas bien localiser son périnée, s'inquiète le
      Pr François Haab, urologue. « En cours d'examen, renchérit le Pr Jean-
      Claude Colau, gynécologue-obstétricien, si on demande aux patientes de le
      contracter, certaines non seulement n'y arrivent pas, mais font le
      contraire: elles poussent. »

      Et vous? Que savez-vous réellement de ce muscle bien caché? Le périnée
      est un "hamac" musculaire qui s'accroche en de multiples points du
      bassin: au pubis, sur le devant, et au niveau des vertèbres sacrées, à
      l'arrière. C'est sur lui que reposent les organes et les viscères. Mais
      entre les lattes de ce plancher musculaire se glissent trois "conduits":
      l'urètre, le vagin et l'anus. Les muscles périnéaux qui verrouillent
      l'anus et l'urètre sont appelés sphincters. Ils permettent, lorsque tout
      va bien, de garder le contenu du rectum et de la vessie. Mais si le
      périnée faiblit, on peut souffrir d'incontinences urinaires lorsqu'on
      fait un petit effort (20% des femmes touchées ont moins de 30 ans), ou
      même d'émissions de gaz incontrôlées, et un peu plus tard, de prolapsus
      (ou descente d'organes). Or, avant même d'être enceinte, une prévention
      est tout à fait possible. Elle commence, au quotidien, par abandonner
      tout ce qui va à l'encontre du bien-être périnéal.

      RÉAPPRENDRE LA "BONNE" MICTION

      Depuis qu'on est toute petite, on fait vite et mal, sans le savoir. On
      nous apprend à nous retenir ou à prendre nos précautions. « Les toilettes
      des écoles, remarque le Pr Thierry Lebret, sont souvent peu
      accueillantes, les enfants ressentent une insécurité. Les copines sont
      obligées de "se tenir la porte", c'est honteux », s'insurge ce
      spécialiste. Puis, en grandissant, les situations où il faut faire vite
      se multiplient. Qui n'a pas un jour tiré la chasse d'eau avant même
      d'avoir fini d'uriner, simplement pour masquer un bruit pourtant bien naturel?

      Or il est important de respecter son rythme. Autrement dit, de ne pas se
      retenir ou d'anticiper pour prendre ses précautions. « L'éducation
      mictionnelle, qui devrait être naturelle, ne l'est pas, explique le Pr
      Colau. On frustre les gens en les empêchant d'uriner au moment où ils en
      ont besoin. Et par excès d'hygiène, les femmes se retiennent d'aller dans
      les toilettes publiques. Mais, ce faisant, elles contrarient leur vessie.
      » Résultat: peu à peu, cette dernière ne se vide plus correctement et
      les germes présents dans la région peuvent proliférer et entraîner une
      infection urinaire. Certes, on peut en venir à bout avec des
      antibiotiques. Mais la récidive est probable, puisque tout le système est
      déréglé.

      « Il faut réapprendre à bien faire pipi, précise de son côté le Pr
      Thierry Lebret. C'est indispensable pour protéger l'ensemble périnéal, et
      notamment le sphincter qui verrouille l'appareil urinaire. » Pour cela,
      il faut prendre son temps, être bien détendue: uriner en position assise,
      calée sur la lunette, les genoux bien écartés et non entravés par un
      vêtement (la culotte aux chevilles!). « Une miction normale s'initie par
      de très légères poussées involontaires, poursuit le Pr Lebret. Mais c'est
      la relaxation des muscles du périnée qui provoque l'ouverture du
      sphincter. Si on pousse pour aller plus vite, on force sur tout le
      plancher- la partie antérieure (la vessie), celle du milieu (l'utérus) et
      de l'arrière (anus) - et on dégrade le périnée, explique ce spécialiste.
      Au bruit du jet, confie-t-il, on sait si une femme pousse ou pas.

      La constipation est également une cause d'effort chronique qui sollicite
      le périnée. Il faut alors produire d'énormes efforts de poussée qui sont
      franchement déconseillés. Dans ce cas, privilégiez une alimentation riche
      en fibres alimentaires, présentes dans les fruits et légumes, et buvez
      beaucoup d'eau. Mais la constipation peut aussi se traduire par un
      problème de sphincter qui se verrouille trop et ne se relâche pas.

      Du SPORT, OUI, MAIS PAS N'IMPORTE COMMENT

      Outre les mauvaises habitudes aux toilettes, le sport peut aussi causer
      des dégâts côté périnée. Ainsi, 10 à 40% des sportives de haut niveau
      souffrent d'incontinence urinaire d'effort, notamment celles qui
      pratiquent le volley, le tennis et les arts martiaux. Pire encore: 70%
      des jeunes championnes de trampoline sont concernées.

      En effet,« dès qu'il n'est pas pratiqué en apesanteur, explique le Pr
      Haab, le sport sollicite le périnée, crée une hyperpression intra-
      abdominale et peut aussi altérer les ligaments de soutien. » « Cette
      pression intra-abdominale atteint 10 à 20 fois celle que le sphincter
      peut supporter », complète le Pr Lebret. Que les paresseuses ne se
      réjouissent toutefois pas trop vite! L'activité physique reste
      recommandée si l'on respecte un équilibre entre poussée abdominale et
      muscles du périnée. Certaines activités plutôt douces, comme la natation,
      le vélo, le ski ou le patinage sont bénéfiques. En revanche, mieux vaut
      être surveillée si l'on pratique à trop haute dose, l'athlétisme, la
      gymnastique, le basket, le volley, le handball, les sports de combat et
      le body-building. Alors, abdos ou périnée, faut-il choisir? Non, il faut
      simplement privilégier les bons exercices. Pédalages, ciseaux ou même
      relevés de buste qui gonflent les abdos, sont mauvais. Mieux vaut
      privilégier les exercices où l'on creuse le ventre, en expirant et en
      contractant son périnée. Lors de la visite médicale préalable à toute
      activité sportive, informez le médecin d'éventuelles fuites urinaires. Il
      vous faudra apprendre à "verrouiller" votre périnée. Cela devrait
      commencer dès l'enfance.

      ATTENTION AU TABAC

      Le tabagisme peut aussi entraîner des dégâts sur le périnée. Les efforts
      de toux qui en résultent sont violents et fréquents, explique le Pr Haab.
      Et, à chaque fois, la pression est de 50% plus importante que chez une
      personne qui ne fume pas. Par ailleurs, le tabac interfère avec la
      synthèse de collagène, l'un des constituants de la peau mais aussi du périnée.

      Cette altération est pourtant réversible, rassure le Pr Haab, puisque le
      sevrage montre des courbes de risques d'incontinence qui baissent. En
      outre, le tabac agirait par son effet anti-oestrogène, comme à la ménopause...

      Au quotidien, il est également important de ne pas porter de charges trop
      lourdes ou même, de façon plus inattendue, de chausser tous les jours des
      talons hauts qui déséquilibrent la statique pelvienne en modifiant le
      rapport de forces entre les muscles dorsaux et abdominaux, En revanche,
      sachez qu'une vie sexuelle épanouie est excellente pour le périnée,
      puisque c'est lui qui se contracte au moment de l'orgasme. Ouf !

      Adeline Laffitte

      ---

      Encadrés :


      Se préserver pendant neuf mois

      + La grossesse, mais surtout l'accouchement, sont deux événements qui
      fragilisent Ie périnée. Le surplus de poids, l'utérus et le bébé, tout
      cela pèse davantage sur le périnée. Il eat bien sûr difficile de faire
      autrement. Simplement, veillez à ne pas prendre trop de poids.

      + Au moment de la naissance, la distension du périnée est telle que,
      parfois, la tonicité antérieure est difficile à retrouver. Pour préserver
      votre muscle, ii faut vider la vessie en cours d'accouchement. Soit en
      allant aux toilettes, soit en étant sondée. Puis, lors de l'expulsion,
      mieux vaut pousser doucement en soufflant lentement, que bloquer et pousser.

      + Enfin, une rééducation périnéale est souvent prescrite par votre
      gynécologue après l'accouchement. Elle doit être entreprise avant toute
      rééducation abdominale.


      Trois façons de prendre conscience de son périnée

      + Pour une première fois, il peut être utile de partir à la découverte de
      ce muscle avec l'aide de son médecin. Devant lui (ou elle), en position
      gynécologique, il suffira de serrer l'anus. Attention à ne pas mobiliser
      au même moment les muscles fessiers, qui n'ont rien avoir avec le périnée.

      + Pour s'exercer, on peut essayer le "stop pipi" qui consiste à arrêter
      le jet d'urine vers la fin de le miction lorsque le vessie est vide. La
      zone qui se contracte è ce moment-là, c'est justement le périnée Mais le
      "stop pipi" n'est toutefois pas un exercice de rééducation. Il peut
      permettre de localiser le bon muscle mais, è la longue, Il entraîne un
      défaut de synchronisation de la vessie et du sphincter lors de la miction.

      + Vous pouvez également vous installer au sol, face à un miroir. En
      contractant le périnée, vous voyez très nettement que toute la zone
      génitale est comme "aspirée" à l'intérieur du corps.




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    • Poitel Blandine
      En complément du précédent papier .... ce qui abime aussi le périnée, ce sont les épisiotomies, les surdéchirures graves sur épisiotomies et les
      Message 2 de 4 , 5 oct. 05:41
        En complément du précédent papier ....


        ce qui abime aussi le périnée, ce sont les épisiotomies, les
        surdéchirures graves sur épisiotomies et les déchirures graves avec
        atteinte ou non des muqueuses et du sphincter anal, et les problèmes
        qui en découlent ... les différentes techniques de suture - sur
        épisiotomies ou déchirures - utilisées sont très importantes pour
        l'avenir du périnée ... et pour le ressenti de la femme durant la
        période de cicatrisation :
        - une "mauvaise" suture - trop serrée, asymétrique, avec un "point de
        plus" ou des points qui lachent, une suture à "un fil" - au lieu
        d'une suture "un point un noeud,
        - une infection avec ou sans abcès "invisible" enkystés dans les
        tissus,
        - des oedèmes,
        - une cicatrisation avec soudure des plans de tissus, retractations
        musculaire "en boule" ou nerveuse,
        - la coupure nette lors d'une épisiotomie de nerfs, notamment du nerf
        responsable de la continence urinaire ...

        sont des atteintes qui ne sont pas exceptionnelles, et qui peuvent
        mettre en jeu la fonction périnéale : continence urinaire et fécale,
        et soutien des viscères.

        voir sur : http://www.fraternet.org/afar/episiotomie-detail.htm

        qui est une véritable ressource documentaire sur le sujet.


        Blandine Poitel, maman de trois enfants, auteure, membre du conseil d'administration de l'AFAR, co fondatrice du CIANE, membre du comité de rédaction des Dossiers de l'Obstétrique, France.


        Poitel Blandine <searchb@...> wrote:




        L'article me semble assez documenté est intéressant, mais ... vraiment incomplet ... comme si on parlait des problèmes de cancer du poumons ... en omettant de parler de l'influence délètére et avérée de la cigarette, ou des morts sur la route en oubliant le facteur alcool.


        Quelques "omissions" remarquables ....

        . La position en décubitus dorsal ...
        Dans "La physiologie du réflexe expulsif" (les Dossiers de l'Obstétrique, n°325 / 03/2004), le Docteur Bernadette de Gasquet démontre bien en quoi la position "décubitus dorsal" est NOCIVE, et est RESPONSABLE de nombreux dégâts périnéaux imputés à tort à l'accouchement par voie basse ... La femme est FAITE pour accoucher par voie basse, et pourtant aujourd'hui en France de nombreux médecins spécialistés (proctologie, périnéalogie, urologie) en viennent à demander que des césariennes soient pratiquées plus souvent pour épargner les périnées. Mais personne ne remet en cause la position décubitus dorsal POURTANT RESPONSABLE de ces dégâts très fréquents.

        Dans le remarquable "A Guide to Effective Care in Pregnancy and Childbirth", malheureusement non traduit a ce jour, et disponible gratuitement en ligne sur http://www.maternitywise.org/guide/ les répercussions négatives sur le travail, la femme et le foetus de la position en décubitus dorsal sont expliquées et détaillées, appuyées de références d'études.
        Concernant la position de la femme durant la seconde phase du travail, l'expulsion, voir plus précisemment sur : http://www.maternitywise.org/pdfs/gecpc3ch32.pdf

        Le Dr C.Lucas et le Professeur Claude Racinet, dans un article "Positions maternelles pour l'accouchement" (publié dans "1998. MISES A JOUR EN GYNÉCOLOGIE OBSTÉTRIQUE. TOME XXII", résumé sur : http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PUMA_98.HTM) signale qu'une analyse récente et "complète" (je mets des guillemets parce que très hétérogène) met en relief que la position verticale est associée a une moins grande fréquence des déchirures périnéales du 3ème degré et une moins grande fréquence des extractions par forceps ... donc à un périnée en meilleur état (sans tenir compte apparemment des dommages intrinsèquement causés sur le long terme par la position en décutibus dorsal tels que signalés par le Dr.B. de Gasquet ci dessus citée).


        . L'_expression abdominale ...
        L'Association Française d'Urologie considère l'accouchement par voie basse comme le plus grand pourvoyeur d'incontinences. Il est précisé que "... les forceps ou l'_expression abdominale (" un geste que l'on devrait proscrire ") peuvent provoquer des dégâts périnéaux importants." (http://www.shf-france.org/iblog/B1888685137/C972079501/E492521768/ )... or il apparait, selon une enquête récente (http://www.institutdesmamans.com/Online/resumPratiquesObst.pdf), que pratiquement une femme sur deux subit l'_expression abdominale !


        . Les forceps :
        L'utilisation de forceps lors de la délivrance est associée à un risque élevé d'altération du plancher périnéal et de son innervation (donc une dégradation logique de la continence urinaire et fécale). (SNOOKS SJ, SETCHELL M, SWASH M, HENRY MM. Injury to innervation of pelvic floor sphincter musculature in childbirth. Lancet. 1984, 2, 546-50. et SULTAN AH, KAMM MA, HUDSON CN ET AL. Anal sphincter damage occurs in 80% of forceps, but only 24% of vacuum deliveries ; a major determinant for the development of faecal incontinence. (Abstract).Br Soc Gastroenterol. 1992 ; S47-T159.)


        Blandine Poitel, maman de trois enfants, auteure, membre du conseil d'administration de l'AFAR, co fondatrice du CIANE, membre du comité de rédaction des Dossiers de l'Obstétrique, France.



        Bernard Bel <bel@...-aix.fr> wrote:Cet article a été publié dans Parents No.428. Vos commentaires sont
        bienvenus.

        -------

        Périnée : halte aux mauvaises habitudes

        Adeline Laffitte

        Avec : les Professeurs Thierry Lebret, urologue, et Jean-Claude Colau,
        gynécologue-obstétricien à l'hôpital Foch (Suresnes) et François Haab,
        urologue à l'hôpital Tenon (Paris).

        Parents No.428, octobre 2004, p.136-138

        Le premier ennemi de notre périnée, c'est notre ignorance. Souvent, on en
        entend parler pour la première fois au cours de la grossesse, voire après
        l'accouchement, lorsqu'il faut le "rééduquer". Or tous les spécialistes
        le disent: il faut s'en occuper bien avant.

        Une femme sur deux ne sait pas bien localiser son périnée, s'inquiète le
        Pr François Haab, urologue. « En cours d'examen, renchérit le Pr Jean-
        Claude Colau, gynécologue-obstétricien, si on demande aux patientes de le
        contracter, certaines non seulement n'y arrivent pas, mais font le
        contraire: elles poussent. »

        Et vous? Que savez-vous réellement de ce muscle bien caché? Le périnée
        est un "hamac" musculaire qui s'accroche en de multiples points du
        bassin: au pubis, sur le devant, et au niveau des vertèbres sacrées, à
        l'arrière. C'est sur lui que reposent les organes et les viscères. Mais
        entre les lattes de ce plancher musculaire se glissent trois "conduits":
        l'urètre, le vagin et l'anus. Les muscles périnéaux qui verrouillent
        l'anus et l'urètre sont appelés sphincters. Ils permettent, lorsque tout
        va bien, de garder le contenu du rectum et de la vessie. Mais si le
        périnée faiblit, on peut souffrir d'incontinences urinaires lorsqu'on
        fait un petit effort (20% des femmes touchées ont moins de 30 ans), ou
        même d'émissions de gaz incontrôlées, et un peu plus tard, de prolapsus
        (ou descente d'organes). Or, avant même d'être enceinte, une prévention
        est tout à fait possible. Elle commence, au quotidien, par abandonner
        tout ce qui va à l'encontre du bien-être périnéal.

        RÉAPPRENDRE LA "BONNE" MICTION

        Depuis qu'on est toute petite, on fait vite et mal, sans le savoir. On
        nous apprend à nous retenir ou à prendre nos précautions. « Les toilettes
        des écoles, remarque le Pr Thierry Lebret, sont souvent peu
        accueillantes, les enfants ressentent une insécurité. Les copines sont
        obligées de "se tenir la porte", c'est honteux », s'insurge ce
        spécialiste. Puis, en grandissant, les situations où il faut faire vite
        se multiplient. Qui n'a pas un jour tiré la chasse d'eau avant même
        d'avoir fini d'uriner, simplement pour masquer un bruit pourtant bien naturel?

        Or il est important de respecter son rythme. Autrement dit, de ne pas se
        retenir ou d'anticiper pour prendre ses précautions. « L'éducation
        mictionnelle, qui devrait être naturelle, ne l'est pas, explique le Pr
        Colau. On frustre les gens en les empêchant d'uriner au moment où ils en
        ont besoin. Et par excès d'hygiène, les femmes se retiennent d'aller dans
        les toilettes publiques. Mais, ce faisant, elles contrarient leur vessie.
        » Résultat: peu à peu, cette dernière ne se vide plus correctement et
        les germes présents dans la région peuvent proliférer et entraîner une
        infection urinaire. Certes, on peut en venir à bout avec des
        antibiotiques. Mais la récidive est probable, puisque tout le système est
        déréglé.

        « Il faut réapprendre à bien faire pipi, précise de son côté le Pr
        Thierry Lebret. C'est indispensable pour protéger l'ensemble périnéal, et
        notamment le sphincter qui verrouille l'appareil urinaire. » Pour cela,
        il faut prendre son temps, être bien détendue: uriner en position assise,
        calée sur la lunette, les genoux bien écartés et non entravés par un
        vêtement (la culotte aux chevilles!). « Une miction normale s'initie par
        de très légères poussées involontaires, poursuit le Pr Lebret. Mais c'est
        la relaxation des muscles du périnée qui provoque l'ouverture du
        sphincter. Si on pousse pour aller plus vite, on force sur tout le
        plancher- la partie antérieure (la vessie), celle du milieu (l'utérus) et
        de l'arrière (anus) - et on dégrade le périnée, explique ce spécialiste.
        Au bruit du jet, confie-t-il, on sait si une femme pousse ou pas.

        La constipation est également une cause d'effort chronique qui sollicite
        le périnée. Il faut alors produire d'énormes efforts de poussée qui sont
        franchement déconseillés. Dans ce cas, privilégiez une alimentation riche
        en fibres alimentaires, présentes dans les fruits et légumes, et buvez
        beaucoup d'eau. Mais la constipation peut aussi se traduire par un
        problème de sphincter qui se verrouille trop et ne se relâche pas.

        Du SPORT, OUI, MAIS PAS N'IMPORTE COMMENT

        Outre les mauvaises habitudes aux toilettes, le sport peut aussi causer
        des dégâts côté périnée. Ainsi, 10 à 40% des sportives de haut niveau
        souffrent d'incontinence urinaire d'effort, notamment celles qui
        pratiquent le volley, le tennis et les arts martiaux. Pire encore: 70%
        des jeunes championnes de trampoline sont concernées.

        En effet,« dès qu'il n'est pas pratiqué en apesanteur, explique le Pr
        Haab, le sport sollicite le périnée, crée une hyperpression intra-
        abdominale et peut aussi altérer les ligaments de soutien. » « Cette
        pression intra-abdominale atteint 10 à 20 fois celle que le sphincter
        peut supporter », complète le Pr Lebret. Que les paresseuses ne se
        réjouissent toutefois pas trop vite! L'activité physique reste
        recommandée si l'on respecte un équilibre entre poussée abdominale et
        muscles du périnée. Certaines activités plutôt douces, comme la natation,
        le vélo, le ski ou le patinage sont bénéfiques. En revanche, mieux vaut
        être surveillée si l'on pratique à trop haute dose, l'athlétisme, la
        gymnastique, le basket, le volley, le handball, les sports de combat et
        le body-building. Alors, abdos ou périnée, faut-il choisir? Non, il faut
        simplement privilégier les bons exercices. Pédalages, ciseaux ou même
        relevés de buste qui gonflent les abdos, sont mauvais. Mieux vaut
        privilégier les exercices où l'on creuse le ventre, en expirant et en
        contractant son périnée. Lors de la visite médicale préalable à toute
        activité sportive, informez le médecin d'éventuelles fuites urinaires. Il
        vous faudra apprendre à "verrouiller" votre périnée. Cela devrait
        commencer dès l'enfance.

        ATTENTION AU TABAC

        Le tabagisme peut aussi entraîner des dégâts sur le périnée. Les efforts
        de toux qui en résultent sont violents et fréquents, explique le Pr Haab.
        Et, à chaque fois, la pression est de 50% plus importante que chez une
        personne qui ne fume pas. Par ailleurs, le tabac interfère avec la
        synthèse de collagène, l'un des constituants de la peau mais aussi du périnée.

        Cette altération est pourtant réversible, rassure le Pr Haab, puisque le
        sevrage montre des courbes de risques d'incontinence qui baissent. En
        outre, le tabac agirait par son effet anti-oestrogène, comme à la ménopause...

        Au quotidien, il est également important de ne pas porter de charges trop
        lourdes ou même, de façon plus inattendue, de chausser tous les jours des
        talons hauts qui déséquilibrent la statique pelvienne en modifiant le
        rapport de forces entre les muscles dorsaux et abdominaux, En revanche,
        sachez qu'une vie sexuelle épanouie est excellente pour le périnée,
        puisque c'est lui qui se contracte au moment de l'orgasme. Ouf !

        Adeline Laffitte

        ---

        Encadrés :


        Se préserver pendant neuf mois

        + La grossesse, mais surtout l'accouchement, sont deux événements qui
        fragilisent Ie périnée. Le surplus de poids, l'utérus et le bébé, tout
        cela pèse davantage sur le périnée. Il eat bien sûr difficile de faire
        autrement. Simplement, veillez à ne pas prendre trop de poids.

        + Au moment de la naissance, la distension du périnée est telle que,
        parfois, la tonicité antérieure est difficile à retrouver. Pour préserver
        votre muscle, ii faut vider la vessie en cours d'accouchement. Soit en
        allant aux toilettes, soit en étant sondée. Puis, lors de l'expulsion,
        mieux vaut pousser doucement en soufflant lentement, que bloquer et pousser.

        + Enfin, une rééducation périnéale est souvent prescrite par votre
        gynécologue après l'accouchement. Elle doit être entreprise avant toute
        rééducation abdominale.


        Trois façons de prendre conscience de son périnée

        + Pour une première fois, il peut être utile de partir à la découverte de
        ce muscle avec l'aide de son médecin. Devant lui (ou elle), en position
        gynécologique, il suffira de serrer l'anus. Attention à ne pas mobiliser
        au même moment les muscles fessiers, qui n'ont rien avoir avec le périnée.

        + Pour s'exercer, on peut essayer le "stop pipi" qui consiste à arrêter
        le jet d'urine vers la fin de le miction lorsque le vessie est vide. La
        zone qui se contracte è ce moment-là, c'est justement le périnée Mais le
        "stop pipi" n'est toutefois pas un exercice de rééducation. Il peut
        permettre de localiser le bon muscle mais, è la longue, Il entraîne un
        défaut de synchronisation de la vessie et du sphincter lors de la miction.

        + Vous pouvez également vous installer au sol, face à un miroir. En
        contractant le périnée, vous voyez très nettement que toute la zone
        génitale est comme "aspirée" à l'intérieur du corps.




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      • Bernard Bel
        Merci, Blandine, pour cette analyse très pertinente, et merci aussi pour les nombreux liens vers de nouvelles sources d information. J avais acheté A Guide
        Message 3 de 4 , 5 oct. 14:39
          Merci, Blandine, pour cette analyse très pertinente, et merci aussi
          pour les nombreux liens vers de nouvelles sources d'information.
          J'avais acheté "A Guide to Effective Care in Pregnancy and
          Childbirth" à un prix exorbitant... C'est une très bonne nouvelle
          que cet ouvrage de référence soit maintenant disponible en ligne:
          <http://www.maternitywise.org/guide/>.

          Ton intervention met en relief, par contraste, l'amateurisme d'un
          travail rédactionnel qui fait l'économie de toute investigation.
          Comme pour l'article (publié dans le même numéro) « Jour J : tous
          les gestes "sécurité" »
          <http://fr.groups.yahoo.com/group/Re-Co-Naissances/message/1810>,
          l'auteure s'est contentée de glaner les opinions de quelques
          professionnels de santé et de les diluer dans l'eau de rose qui sert
          de politique éditoriale à ce magazine. Or il n'était pas nécessaire
          de passer des journées dans une bibliothèque universitaire pour aller
          chercher l'information et la mettre en perspective: comme le montrent
          tes messages, la plupart des sources sont accessibles depuis Internet.

          Je comprends maintenant pourquoi Adeline Laffitte a tenu à faire
          cavalier seul pour la rédaction de ces deux articles "de fond",
          rejetant la proposition d'une rédaction en commun (Cécile et toi, cf
          l'échange téléphonique qu'elle a eu avec nous en juillet) sous
          prétexte qu'elle seule maîtriserait le style journalistique!

          Quand on pense que Nathalie Chahine a été "remerciée" suite aux
          lettres indignées reçues par la rédaction à propos de l'article
          qu'elle avait publié en juin, « La vérité sur l'épisiotomie » (voir
          <http://afar.ws/presse/parents-juillet2004/>)... En lisant « Jour J
          », il ne fait plus aucun doute que la responsable de rubrique
          (Adeline Laffitte) était d'accord avec le style et le contenu du
          dossier de N. Chahine, mais elle n'a pas voulu en assumer la
          responsabilité.

          Je n'ai aucune inquiétude pour l'avenir professionnel de cette
          "militante" (ex présidente de Naissance et Citoyenneté). Pendant ce
          temps, les lectrices de Parents continueront à se faire épisiotomiser
          ou déclencher en croyant à la nécessité de ces actes, et surtout en
          ignorant leurs droits fondamentaux (Code de la santé publique). Les
          pros de l'information infantilisante veillent sur elles...

          Bernard Bel

          PS. Les liens vers ces articles et les commentaires des lecteurs sont
          maintenant sur la page <http://afar.ws/presse/>.

          --
          Secrétaire de l'AFAR <http://afar.info>
          Webmaster du portail « Naissance » <http://naissance.ws>
          Auteur de « Naissance d'une communauté virtuelle »
          <http://naissance.ws/docs/communautevirt.htm>
          et de « Pour une naissance insoumise »
          <http://naissance.ws/docs/naissance-insoumise.pdf>
          Ingénieur de recherche au CNRS
        Votre message a été soumis avec succès et sera remis aux destinataires brièvement.