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Jour J : tous les gestes "securite"

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  • Bernard Bel
    Cet article est paru dans la revue Parents en vente dans les kiosques depuis début septembre. Vos commentaires (étayés de références) sont bienvenus,
    Message 1 de 3 , 28 sept. 2004
      Cet article est paru dans la revue "Parents" en vente dans les
      kiosques depuis début septembre. Vos commentaires (étayés de
      références) sont bienvenus, de préference sur la liste
      "Re-Co-Naissances" pour les mettre en lien à partir d'autres sites
      web...

      Bernard Bel

      Secrétaire de l'AFAR <http://afar.info>
      Webmaster du portail « Naissance » <http://naissance.ws>

      -----

      Jour J : tous les gestes "sécurité"

      Adeline Laffitte.
      Avec Christine Blanchot-Isola, sage-femme, du Collège national des
      sages-femmes.

      Parents, No. 428, octobre 2004, p.72-78

      Valse de blouses blanches ou bleues, tuyaux, appareils... L'image que
      l'on a d'un accouchement est souvent déroutante, pour ne pas dire
      inquiétante. Pourtant, tout est fait pour assurer sécurité et confort
      à la future maman et à son bébé. Une surveillance minutieusement
      orchestrée par la sage-femme.

      Contractions bien rythmées ou perte des eaux, ces signes vous ont
      poussée, il y a quelques heures, tout droit vers l'hôpital ou la
      clinique. Quelle que soit l'heure et le lieu, une équipe médicale est
      là pour vous accueillir. Ensuite, ce qui va se passer varie d'une
      femme à une autre. D'un accouchement à un autre. Et aussi d'une
      maternité à l'autre chacune fonctionne selon des protocoles, certains
      plus rigides et contraignants que d'autres. Elaborés parle médecin de
      service, ils sont en quelque sorte le reflet de sa personnalité et
      expriment ses convictions medicates. Actuellement, on privilégie
      plutôt la prise en charge, ou "gestion active" de l'accouchement,
      avec des pratiques systématiques monitoring en continu, perfusion
      d'ocytocines, rupture de la poche des eaux, péridurale et délivrance
      dirigée. Dans ces conditions, quelle est votre marge d'initiative?
      Mieux vaut y avoir déjà réfléchi ou avoir, au moins, imaginé un
      "projet d'accouchement" qui trace tes grandes lignes de ce que vous
      aimeriez vivre: avoir ta possibilité de marcher, de bouger durant le
      travail, décider de la pose ou non d'une perfusion, refuser
      l'épisiotomie systématique, etc. Discutez-en au préalable avec
      l'équipe au cours des consultations prénatales, cela vous permettra
      d'apprécier leur degré de souplesse et de disponibilité. Ainsi, le
      jour venu, vous n'aurez pas de surprise ou de déception !

      DES EXAMENS PAS SI ANODINS

      Dans tous les cas, une sage-femme vous reçoit et effectue un premier
      examen pour s'assurer que te travail a commencé et que va bien pour
      vous. La tension, d'abord. Son contrôle est crucial : si elle est
      élevée, c'est le signe d'appel d'une complication grave, la
      pré-éclampsie, une situation d'urgence dans laquelle un accouchement
      rapide, sinon une césarienne, s'impose. Ensuite, votre température. A
      plus de 38°C, la sage-femme demande un bilan infectieux et appelle le
      pédiatre car le bébé pourrait être touché. Dans ce cas, le médecin
      met le nouveau-né sous surveillance, avec un traitement adapté dès sa
      naissance. Il arrive aussi qu'on vérifie votre poids. Des kilos pris
      en trois ou quatre jours peuvent également indiquer une
      pré-éclampsie. Enfin, on recherche dans vos urines les taux de
      glucose, d'albumine, de leucocytes et de nitrites. Les trois derniers
      éléments trahissent une éventuelle infection urinaire. L'albumine
      peut être un signe de pré-éclampsie. Le taux de glucose informe sur
      un possible diabète gestationnel dont l'une des principales
      conséquences est la naissance d'un gros bébé.

      Puis vient l'examen obstétrical. La sage-femme palpe votre ventre
      pour estimer le poids de l'enfant et s'assurer de sa présentation
      (tête en haut ou en bas) et, accessoirement, car cela n'a rien de
      grave, de sa position (dos tourné à droite ou à gauche).

      Le toucher vaginal permet de voir où en est le travail. Avec deux
      doigts, la sage-femme perçoit si le col est déjà mou, raccourci, ou
      même déjà ouvert. Si c'est le cas et que vos contractions sont
      régulières, vous êtes admise en salle de pré-travail.

      Dans certaines maternités, on effectue systématiquement une
      amnioscopie. À l'aide d'un cône doté d'un verre grossissant, on
      observe la couleur du liquide amniotique à travers la membrane de la
      poche des eaux. Il doit être clair. Sinon, c'est que le bébé a
      relâché des selles (du méconium). C'est sa façon de montrer qu'il n'a
      pas été bien à un moment donné. Il n'y a pas nécessairement urgence
      (un bébé sur quatre est entouré de liquide teinté), mais il est
      préférable de le faire naître assez rapidement. Par précaution.

      DES CAPTEURS ULTRASENSIBLES

      L'état du bébé et le vôtre, pendant l'accouchement, sont une
      priorité. On vous place donc rapidement sous monitoring. La
      sage-femme pose les deux capteurs sur votre abdomen. Certains
      appareils disposent de capteurs internes, posés au plus près du bébé
      par voie vaginale, mais seulement dans certains cas. L'un d'eux
      enregistre le rythme cardiaque foetal et l'autre, les contractions
      utérines. La mise en parallèle de ces deux tracés permet d'apprécier
      l'adaptation du bébé aux vagues de contractions. A chaque fois, on
      observe une discrète accélération, d'où des irrégularités de rythme
      cardiaque, parfaitement normales: les bébés sont naturellement faits
      pour supporter ces heures de travail. Ce n'est que lorsque des
      ralentissements se répètent qu'ils deviennent suspects et peuvent
      annoncer une souffrance foetale aiguë.

      Vingt ou trente minutes d'enregistrement suffisent. Ensuite, si vous
      vous trouvez toujours en salle de pré-travail, on vous laissera un
      peu aller et venir. En revanche, si le col est dilaté de 4-5 cm, vous
      passez directement en salle de travail.

      UNE SURVEILLANCE ACCRUE

      Dans la plupart des établissements, il n'est plus question de vous
      débrancher du monitoring. En effet, faute de personnel, il assure la
      surveillance à la place de la sage-femme qui gère plusieurs
      monitorings à la fois.
      Néanmoins, l'Agence nationale pour l'accréditation en santé (ANAES)
      a rappelé récemment qu'un monitoring posé de manière intermittente
      était aussi sûr qu'un monitoring en continu. Cela permet à la femme
      de bouger un peu, car l'accouchement va certainement durer plusieurs
      heures et l'immobilisation sur un lit peut se révéler, à la longue,
      douloureuse et pénible.

      En salle de travail, on vous pose souvent une perfusion dans le bras.
      Certaines équipes se contentent de poser un cathéter pour avoir un
      accès rapide à une veine, au cas où. Néanmoins, les maternités où la
      perfusion est systématique estiment que c'est nécessaire (voir
      encadré): cette dernière contient parfois du sérum glucosé pour vous
      fournir de l'énergie, mais surtout un liquide qui a pour effet de
      compenser la baisse de tension consécutive à la péridurale. Via cette
      perfusion, on peut également injecter des médicaments (antibiotiques,
      par exemple). Assez fréquemment, on y trouve aussi des ocytocines de
      synthèse, qui miment l'action des hormones naturelles sécrétées lors
      d'un accouchement. Ce sont elles qui provoquent les contractions.

      Le temps s'écoule. La dilatation du col progresse au rythme moyen
      d'un centimètre par heure. Parfois, c'est plus rapide ou franchement
      plus lent. Au final, il faut en moyenne dix à douze heures pour un
      premier bébé et de six à huit heures pour un second. La sage-femme
      vérifie à peu près toutes les heures l'avancée du travail. Sa seule
      présence assure l'essentiel de la sécurité d'un accouchement. Elle
      sait repérer les signes inquiétants et prendre les bonnes décisions.
      Elle favorise aussi la "physiologie", c'est-à-dire le bon déroulement
      de l'accouchement. En vous aidant, par exemple, à vous installer dans
      la position qui vous convient le mieux puis à en changer - sans
      débrancher tous les capteurs du monito ! L'air de rien, cette
      mobilité est un facteur de sécurité. En bougeant, aucun vaisseau
      sanguin n'est comprimé et le bébé est oxygéné au mieux. Par ailleurs,
      le fait de balancer son bassin, de préférence en position verticale,
      facilite le travail. La dilatation s'effectue plus rapidement, elle
      est moins douloureuse. Le bébé s'engage mieux, même s'il est gros. A
      ce stade, environ 4-5 cm de dilatation, l'anesthésiste peut, si vous
      le souhaitez, poser une péridurale.

      ENTRE DES MAINS EXPERTES

      Une fois la perfusion et, éventuellement, la péridurale posée,
      souvent la sage-femme rompt la poche des eaux. A l'aide d'une pince,
      elle perce les membranes, pour que le liquide amniotique s'écoule. Ce
      geste accélère l'accouchement car les médecins craignent qu'un
      travail trop long soit plus difficile à supporter pour le bébé comme
      pour la maman. Le risque d'hémorragie de la délivrance en serait
      augmenté.

      Jusqu'à la fin, la sage-femme vous accompagne. Lorsque tout va bien -
      la dilatation est complète, le bébé s'engage et descend dans le vagin
      - c'est elle qui assure la naissance, comme dans 80% des
      accouchements. Si elle le juge nécessaire, elle pratique une
      épisiotomie -incision du périnée - pour élargir le passage. Mais
      lorsque le bébé présente des signes de faiblesses ou que le travail
      s'effectue avec irrégularité, la sage-femme appelle l'obstétricien.
      Spécialiste des situations délicates, il possède la maîtrise des
      manoeuvres et des instruments obstétricaux.

      S'il faut sortir un bébé déjà engagé, le plus souvent, il utilisera
      un forceps ou une ventouse. Ces "extractions instrumentales" sont
      aujourd'hui parfaitement maîtrisées. Il s'agit, pour le forceps, de
      caler les deux cuillères de chaque côté du crâne puis de le tirer
      avec douceur mais fermeté vers la sortie, tout en respectant les
      obstacles naturels de l'anatomie féminine. La ventouse, moins
      fréquente en France, se présente comme une cupule souple qui adhère
      par aspiration au sommet du crane foetal. L'obstétricien tire ensuite
      le câble de la ventouse pour extraire le bébé. Des bleus peuvent
      apparaître sur la tête des nouveau-nés qui viennent ainsi au monde,
      qu'il s'agisse d'un forceps ou d'une ventouse, mais ils disparaîtront
      rapidement. Dans certaines situations (un bébé un peu gros ou
      "coincé" ou qui se présente par le siège), l'obstétricien pratique
      des "manoeuvres", c'est-à-dire des gestes très précis qui lui
      permettent d'aller chercher le bébé et de l'aider à sortir. C'est
      tout l'art obstétrical.

      Enfin, l'obstétricien est aussi chirurgien et peut réaliser une
      césarienne au bloc opératoire, souvent tout proche. Notamment quand
      le col n'est pas dilaté ou si le rythme cardiaque foetal est très
      irrégulier, mais aussi en cas de stagnation du travail - rien ne se
      passe depuis au moins deux heures - ou encore si le bébé ne descend
      pas. En France, près de 18 % des bébés naissent ainsi.

      Quand le travail s'est bien déroulé et que le bébé est né par voie
      basse, la délivrance est encore à venir. II s'agit de l'expulsion du
      placenta. Environ dix a trente minutes après la naissance, les
      contractions reprennent afin de le décoller des parois de l'utérus
      auxquelles il est solidement arrimé.

      PRÉVENIR L'HÉMORRAGIE DE LA DÉLIVRANCE

      Au bout d'une demi-heure environ, si le placenta n'est pas sorti, la
      sage-femme ou l'obstétricien vont effectuer une "délivrance
      artificielle", sous anesthésie péridurale ou générale ils vont
      chercher le placenta avec leur main. Les contractions referment peu à
      peu les vaisseaux restés ouverts. Un massage du bas-ventre prodigué
      par la sage-femme peut également accélérer ce processus. Si vos
      pertes sanguines paraissent importantes, ou si le placenta est
      incomplet, il faut effectuer une "révision utérine". Comme pour la
      délivrance artificielle, la sage-femme ou le médecin passe la main
      contre la paroi de l'utérus. De plus en plus, pour prévenir
      l'hémorragie, on réalise des "délivrances dirigées": au moment où la
      tête du bébé apparaît, on injecte, dans votre fesse ou par voie
      intraveineuse, des ocytocines de synthèse puis, dès la sortie du
      bébé, la sage-femme tire fermement sur le cordon. Ce protocole semble
      permettre, d'après les études, une bonne prévention de l'hémorragie.
      Une fois la délivrance effectuée, vous restez encore deux heures en
      salle de travail. Et enfin, vous remontez, avec votre bébé et le
      papa, dans votre chambre. Ça y est, vous aussi vous pouvez dire: «
      Tout s'est bien passé ».

      Texte Adeline Laffitte

      Photos Frédérik Astier au centre hospitalier d'Arras

      -----

      Encarts et légendes des photos :


      LE TENSIOMÈTRE

      La sage-femme prend votre tension lorsque vous arrivez à la
      maternité. Puis, si vous êtes sous péridurale, comme c'est le cas
      ici, on la surveille en permanence, car l'anesthésie entraîne une
      baisse de tension.

      LA TEMPÉRATURE

      Si vous avez plus de 38°C, c'est peut-être le signe annonciateur
      d'une infection. Cela peut compromettre la pose de la péridurale. Il
      faut également prévoir des examens complémentaires et trouver le
      traitement adapté.

      LE MONITORING

      Présent dans toute salle de naissance, et de pré-travail, il assure
      la surveillance du foetus en enregistrant son rythme cardiaque. Au
      cours de l'accouchement, il enregistre également les actions de
      l'utérus et permet d'apprécier l'adaptation du bébé au travail.

      LA RUPTURE DES MEMBRANES

      Après la péridurale et la mise en place de la perfusion, la
      sage-femme rompt la poche des eaux à l'aide d'une pince.
      Un geste indolore qui accélère le travail.

      LA PERFUSION

      Reliée à un sachet de sérum glucosé, elle vous apporte nutriments et
      énergie, car la plupart des maternités n'autorisent pas les femmes à
      manger en cours d'accouchement. N'hésitez pas à prendre des forces
      quand vous êtes encore chez vous!

      LA PÉRIDURALE

      Si vous la demandez, un anesthésiste viendra vous la poser. On
      désinfecte d'abord votre dos, puis le médecin insère son aiguille
      dans l'espace péridural. Il installe ensuite un cathéter au travers
      duquel il programme la diffusion continue des produits anesthésiants.

      L'EXPULSION

      Un grand moment pour les parents comme pour l'équipe médicale !

      ----
    • Cécile Loup
      Merci de nous avoir fait passer cet article ;- J ai un peu envie de dire, on pourrait repondre a grand coup de references scientifiques, mais a quoi bon,
      Message 2 de 3 , 1 oct. 2004
        Merci de nous avoir fait passer cet article ;-\

        J'ai un peu envie de dire, on pourrait repondre a grand coup
        de references scientifiques, mais a quoi bon, puisque cet article
        est base sur autre chose.

        A la premiere lecture c'est la forme stylistique qui parle
        le plus. l'article est ecrit au present de l'indicatif dans
        l'affirmatif, du debut a la fin. Il est egalement entierement
        depersonnalise. La femme en couche ne fait rien, strictement rien,
        pas une phrase qui ne lui donne l'occasion d'agir. Par contre "on"
        lui fait ceci-cela, a la rigueur "on" la laisse bouger un peu. "On"
        "la laisse", autrement dit elle a l'autorisation de. Si le mot
        sage-femme apparait un peu timidement au debut du texte, il se
        noit tres vite dans l'impersonnel du "on". "On" ne sait
        plus tres bien si "on" est une personne humaine ou une machine,
        parle-t-"on" de la sage-femme, du monitoring, du tensiometre ?
        Meme la sage-femme semble n'etre plus qu'une machine chargee
        d'interpreter d'autres machines ou tests divers. Dans le texte
        les machines et instruments ont la meme valeur que le "on".
        La femme en couche elle a une valeur moindre puisqu'elle
        n'apparait jamais en sujet d'une phrase. Quant a l'enfant et
        au pere ...

        La seule fois ou une phrase indique une possibilite d'action de
        la femme en couche est qu'elle devrait faire un projet d'accouchement
        pour eviter de devoir se plier entierement au protocole decide
        par le chef de service. Mais il est clair que le jour de
        l'accouchement elle n'a aucun choix, "on" lui fait, sans discussion.

        Pourquoi chercher des references scientifiques (il y en a a la
        pelle) puisque l'article lui-meme dit clairement que les protocoles
        ne reposent pas necessairement sur des donnees de medecine factuelle ?
        Comment l'article dit-il cela ? Simplement en signifiant les
        differences de protocoles d'une maternite a l'autre sans aucune
        justification medicale ...

        Un article somme toute assez fidele a la realite de la pratique
        obstetricale en France, inhumaine, robotisee... sous pretexte de
        sauver des vies, bien entendu.

        Cecile Loup


        --- Dans Re-Co-Naissances@..., Bernard Bel <bel@l...> a écrit
        > Cet article est paru dans la revue "Parents" en vente dans les
        > kiosques depuis début septembre. Vos commentaires (étayés de
        > références) sont bienvenus, de préference sur la liste
        > "Re-Co-Naissances" pour les mettre en lien à partir d'autres sites
        > web...
        >
        > Bernard Bel
        >
        > Secrétaire de l'AFAR <http://afar.info>
        > Webmaster du portail « Naissance » <http://naissance.ws>
        >
        > -----
        >
        > Jour J : tous les gestes "sécurité"
        >
        > Adeline Laffitte.
        > Avec Christine Blanchot-Isola, sage-femme, du Collège national des
        > sages-femmes.
        >
        > Parents, No. 428, octobre 2004, p.72-78
        >
        > Valse de blouses blanches ou bleues, tuyaux, appareils... L'image que
        > l'on a d'un accouchement est souvent déroutante, pour ne pas dire
        > inquiétante. Pourtant, tout est fait pour assurer sécurité et confort
        > à la future maman et à son bébé. Une surveillance minutieusement
        > orchestrée par la sage-femme.
        >
        > Contractions bien rythmées ou perte des eaux, ces signes vous ont
        > poussée, il y a quelques heures, tout droit vers l'hôpital ou la
        > clinique. Quelle que soit l'heure et le lieu, une équipe médicale est
        > là pour vous accueillir. Ensuite, ce qui va se passer varie d'une
        > femme à une autre. D'un accouchement à un autre. Et aussi d'une
        > maternité à l'autre chacune fonctionne selon des protocoles, certains
        > plus rigides et contraignants que d'autres. Elaborés parle médecin de
        > service, ils sont en quelque sorte le reflet de sa personnalité et
        > expriment ses convictions medicates. Actuellement, on privilégie
        > plutôt la prise en charge, ou "gestion active" de l'accouchement,
        > avec des pratiques systématiques monitoring en continu, perfusion
        > d'ocytocines, rupture de la poche des eaux, péridurale et délivrance
        > dirigée. Dans ces conditions, quelle est votre marge d'initiative?
        > Mieux vaut y avoir déjà réfléchi ou avoir, au moins, imaginé un
        > "projet d'accouchement" qui trace tes grandes lignes de ce que vous
        > aimeriez vivre: avoir ta possibilité de marcher, de bouger durant le
        > travail, décider de la pose ou non d'une perfusion, refuser
        > l'épisiotomie systématique, etc. Discutez-en au préalable avec
        > l'équipe au cours des consultations prénatales, cela vous permettra
        > d'apprécier leur degré de souplesse et de disponibilité. Ainsi, le
        > jour venu, vous n'aurez pas de surprise ou de déception !
        >
        > DES EXAMENS PAS SI ANODINS
        >
        > Dans tous les cas, une sage-femme vous reçoit et effectue un premier
        > examen pour s'assurer que te travail a commencé et que va bien pour
        > vous. La tension, d'abord. Son contrôle est crucial : si elle est
        > élevée, c'est le signe d'appel d'une complication grave, la
        > pré-éclampsie, une situation d'urgence dans laquelle un accouchement
        > rapide, sinon une césarienne, s'impose. Ensuite, votre température. A
        > plus de 38°C, la sage-femme demande un bilan infectieux et appelle le
        > pédiatre car le bébé pourrait être touché. Dans ce cas, le médecin
        > met le nouveau-né sous surveillance, avec un traitement adapté dès sa
        > naissance. Il arrive aussi qu'on vérifie votre poids. Des kilos pris
        > en trois ou quatre jours peuvent également indiquer une
        > pré-éclampsie. Enfin, on recherche dans vos urines les taux de
        > glucose, d'albumine, de leucocytes et de nitrites. Les trois derniers
        > éléments trahissent une éventuelle infection urinaire. L'albumine
        > peut être un signe de pré-éclampsie. Le taux de glucose informe sur
        > un possible diabète gestationnel dont l'une des principales
        > conséquences est la naissance d'un gros bébé.
        >
        > Puis vient l'examen obstétrical. La sage-femme palpe votre ventre
        > pour estimer le poids de l'enfant et s'assurer de sa présentation
        > (tête en haut ou en bas) et, accessoirement, car cela n'a rien de
        > grave, de sa position (dos tourné à droite ou à gauche).
        >
        > Le toucher vaginal permet de voir où en est le travail. Avec deux
        > doigts, la sage-femme perçoit si le col est déjà mou, raccourci, ou
        > même déjà ouvert. Si c'est le cas et que vos contractions sont
        > régulières, vous êtes admise en salle de pré-travail.
        >
        > Dans certaines maternités, on effectue systématiquement une
        > amnioscopie. À l'aide d'un cône doté d'un verre grossissant, on
        > observe la couleur du liquide amniotique à travers la membrane de la
        > poche des eaux. Il doit être clair. Sinon, c'est que le bébé a
        > relâché des selles (du méconium). C'est sa façon de montrer qu'il n'a
        > pas été bien à un moment donné. Il n'y a pas nécessairement urgence
        > (un bébé sur quatre est entouré de liquide teinté), mais il est
        > préférable de le faire naître assez rapidement. Par précaution.
        >
        > DES CAPTEURS ULTRASENSIBLES
        >
        > L'état du bébé et le vôtre, pendant l'accouchement, sont une
        > priorité. On vous place donc rapidement sous monitoring. La
        > sage-femme pose les deux capteurs sur votre abdomen. Certains
        > appareils disposent de capteurs internes, posés au plus près du bébé
        > par voie vaginale, mais seulement dans certains cas. L'un d'eux
        > enregistre le rythme cardiaque foetal et l'autre, les contractions
        > utérines. La mise en parallèle de ces deux tracés permet d'apprécier
        > l'adaptation du bébé aux vagues de contractions. A chaque fois, on
        > observe une discrète accélération, d'où des irrégularités de rythme
        > cardiaque, parfaitement normales: les bébés sont naturellement faits
        > pour supporter ces heures de travail. Ce n'est que lorsque des
        > ralentissements se répètent qu'ils deviennent suspects et peuvent
        > annoncer une souffrance foetale aiguë.
        >
        > Vingt ou trente minutes d'enregistrement suffisent. Ensuite, si vous
        > vous trouvez toujours en salle de pré-travail, on vous laissera un
        > peu aller et venir. En revanche, si le col est dilaté de 4-5 cm, vous
        > passez directement en salle de travail.
        >
        > UNE SURVEILLANCE ACCRUE
        >
        > Dans la plupart des établissements, il n'est plus question de vous
        > débrancher du monitoring. En effet, faute de personnel, il assure la
        > surveillance à la place de la sage-femme qui gère plusieurs
        > monitorings à la fois.
        > Néanmoins, l'Agence nationale pour l'accréditation en santé (ANAES)
        > a rappelé récemment qu'un monitoring posé de manière intermittente
        > était aussi sûr qu'un monitoring en continu. Cela permet à la femme
        > de bouger un peu, car l'accouchement va certainement durer plusieurs
        > heures et l'immobilisation sur un lit peut se révéler, à la longue,
        > douloureuse et pénible.
        >
        > En salle de travail, on vous pose souvent une perfusion dans le bras.
        > Certaines équipes se contentent de poser un cathéter pour avoir un
        > accès rapide à une veine, au cas où. Néanmoins, les maternités où la
        > perfusion est systématique estiment que c'est nécessaire (voir
        > encadré): cette dernière contient parfois du sérum glucosé pour vous
        > fournir de l'énergie, mais surtout un liquide qui a pour effet de
        > compenser la baisse de tension consécutive à la péridurale. Via cette
        > perfusion, on peut également injecter des médicaments (antibiotiques,
        > par exemple). Assez fréquemment, on y trouve aussi des ocytocines de
        > synthèse, qui miment l'action des hormones naturelles sécrétées lors
        > d'un accouchement. Ce sont elles qui provoquent les contractions.
        >
        > Le temps s'écoule. La dilatation du col progresse au rythme moyen
        > d'un centimètre par heure. Parfois, c'est plus rapide ou franchement
        > plus lent. Au final, il faut en moyenne dix à douze heures pour un
        > premier bébé et de six à huit heures pour un second. La sage-femme
        > vérifie à peu près toutes les heures l'avancée du travail. Sa seule
        > présence assure l'essentiel de la sécurité d'un accouchement. Elle
        > sait repérer les signes inquiétants et prendre les bonnes décisions.
        > Elle favorise aussi la "physiologie", c'est-à-dire le bon déroulement
        > de l'accouchement. En vous aidant, par exemple, à vous installer dans
        > la position qui vous convient le mieux puis à en changer - sans
        > débrancher tous les capteurs du monito ! L'air de rien, cette
        > mobilité est un facteur de sécurité. En bougeant, aucun vaisseau
        > sanguin n'est comprimé et le bébé est oxygéné au mieux. Par ailleurs,
        > le fait de balancer son bassin, de préférence en position verticale,
        > facilite le travail. La dilatation s'effectue plus rapidement, elle
        > est moins douloureuse. Le bébé s'engage mieux, même s'il est gros. A
        > ce stade, environ 4-5 cm de dilatation, l'anesthésiste peut, si vous
        > le souhaitez, poser une péridurale.
        >
        > ENTRE DES MAINS EXPERTES
        >
        > Une fois la perfusion et, éventuellement, la péridurale posée,
        > souvent la sage-femme rompt la poche des eaux. A l'aide d'une pince,
        > elle perce les membranes, pour que le liquide amniotique s'écoule. Ce
        > geste accélère l'accouchement car les médecins craignent qu'un
        > travail trop long soit plus difficile à supporter pour le bébé comme
        > pour la maman. Le risque d'hémorragie de la délivrance en serait
        > augmenté.
        >
        > Jusqu'à la fin, la sage-femme vous accompagne. Lorsque tout va bien -
        > la dilatation est complète, le bébé s'engage et descend dans le vagin
        > - c'est elle qui assure la naissance, comme dans 80% des
        > accouchements. Si elle le juge nécessaire, elle pratique une
        > épisiotomie -incision du périnée - pour élargir le passage. Mais
        > lorsque le bébé présente des signes de faiblesses ou que le travail
        > s'effectue avec irrégularité, la sage-femme appelle l'obstétricien.
        > Spécialiste des situations délicates, il possède la maîtrise des
        > manoeuvres et des instruments obstétricaux.
        >
        > S'il faut sortir un bébé déjà engagé, le plus souvent, il utilisera
        > un forceps ou une ventouse. Ces "extractions instrumentales" sont
        > aujourd'hui parfaitement maîtrisées. Il s'agit, pour le forceps, de
        > caler les deux cuillères de chaque côté du crâne puis de le tirer
        > avec douceur mais fermeté vers la sortie, tout en respectant les
        > obstacles naturels de l'anatomie féminine. La ventouse, moins
        > fréquente en France, se présente comme une cupule souple qui adhère
        > par aspiration au sommet du crane foetal. L'obstétricien tire ensuite
        > le câble de la ventouse pour extraire le bébé. Des bleus peuvent
        > apparaître sur la tête des nouveau-nés qui viennent ainsi au monde,
        > qu'il s'agisse d'un forceps ou d'une ventouse, mais ils disparaîtront
        > rapidement. Dans certaines situations (un bébé un peu gros ou
        > "coincé" ou qui se présente par le siège), l'obstétricien pratique
        > des "manoeuvres", c'est-à-dire des gestes très précis qui lui
        > permettent d'aller chercher le bébé et de l'aider à sortir. C'est
        > tout l'art obstétrical.
        >
        > Enfin, l'obstétricien est aussi chirurgien et peut réaliser une
        > césarienne au bloc opératoire, souvent tout proche. Notamment quand
        > le col n'est pas dilaté ou si le rythme cardiaque foetal est très
        > irrégulier, mais aussi en cas de stagnation du travail - rien ne se
        > passe depuis au moins deux heures - ou encore si le bébé ne descend
        > pas. En France, près de 18 % des bébés naissent ainsi.
        >
        > Quand le travail s'est bien déroulé et que le bébé est né par voie
        > basse, la délivrance est encore à venir. II s'agit de l'expulsion du
        > placenta. Environ dix a trente minutes après la naissance, les
        > contractions reprennent afin de le décoller des parois de l'utérus
        > auxquelles il est solidement arrimé.
        >
        > PRÉVENIR L'HÉMORRAGIE DE LA DÉLIVRANCE
        >
        > Au bout d'une demi-heure environ, si le placenta n'est pas sorti, la
        > sage-femme ou l'obstétricien vont effectuer une "délivrance
        > artificielle", sous anesthésie péridurale ou générale ils vont
        > chercher le placenta avec leur main. Les contractions referment peu à
        > peu les vaisseaux restés ouverts. Un massage du bas-ventre prodigué
        > par la sage-femme peut également accélérer ce processus. Si vos
        > pertes sanguines paraissent importantes, ou si le placenta est
        > incomplet, il faut effectuer une "révision utérine". Comme pour la
        > délivrance artificielle, la sage-femme ou le médecin passe la main
        > contre la paroi de l'utérus. De plus en plus, pour prévenir
        > l'hémorragie, on réalise des "délivrances dirigées": au moment où la
        > tête du bébé apparaît, on injecte, dans votre fesse ou par voie
        > intraveineuse, des ocytocines de synthèse puis, dès la sortie du
        > bébé, la sage-femme tire fermement sur le cordon. Ce protocole semble
        > permettre, d'après les études, une bonne prévention de l'hémorragie.
        > Une fois la délivrance effectuée, vous restez encore deux heures en
        > salle de travail. Et enfin, vous remontez, avec votre bébé et le
        > papa, dans votre chambre. Ça y est, vous aussi vous pouvez dire: «
        > Tout s'est bien passé ».
        >
        > Texte Adeline Laffitte
        >
        > Photos Frédérik Astier au centre hospitalier d'Arras
        >
        > -----
        >
        > Encarts et légendes des photos :
        >
        >
        > LE TENSIOMÈTRE
        >
        > La sage-femme prend votre tension lorsque vous arrivez à la
        > maternité. Puis, si vous êtes sous péridurale, comme c'est le cas
        > ici, on la surveille en permanence, car l'anesthésie entraîne une
        > baisse de tension.
        >
        > LA TEMPÉRATURE
        >
        > Si vous avez plus de 38°C, c'est peut-être le signe annonciateur
        > d'une infection. Cela peut compromettre la pose de la péridurale. Il
        > faut également prévoir des examens complémentaires et trouver le
        > traitement adapté.
        >
        > LE MONITORING
        >
        > Présent dans toute salle de naissance, et de pré-travail, il assure
        > la surveillance du foetus en enregistrant son rythme cardiaque. Au
        > cours de l'accouchement, il enregistre également les actions de
        > l'utérus et permet d'apprécier l'adaptation du bébé au travail.
        >
        > LA RUPTURE DES MEMBRANES
        >
        > Après la péridurale et la mise en place de la perfusion, la
        > sage-femme rompt la poche des eaux à l'aide d'une pince.
        > Un geste indolore qui accélère le travail.
        >
        > LA PERFUSION
        >
        > Reliée à un sachet de sérum glucosé, elle vous apporte nutriments et
        > énergie, car la plupart des maternités n'autorisent pas les femmes à
        > manger en cours d'accouchement. N'hésitez pas à prendre des forces
        > quand vous êtes encore chez vous!
        >
        > LA PÉRIDURALE
        >
        > Si vous la demandez, un anesthésiste viendra vous la poser. On
        > désinfecte d'abord votre dos, puis le médecin insère son aiguille
        > dans l'espace péridural. Il installe ensuite un cathéter au travers
        > duquel il programme la diffusion continue des produits anesthésiants.
        >
        > L'EXPULSION
        >
        > Un grand moment pour les parents comme pour l'équipe médicale !
        >
        > ----
      • fbardes@freesurf.fr
        Je pense que ta facon de lire ce texte est extraordinaire!!tu as tout a fait raison!!Bises Francoise
        Message 3 de 3 , 1 oct. 2004
          Je pense que ta facon de lire ce texte est extraordinaire!!tu as tout a
          fait raison!!Bises Francoise


          >
          >
          > Merci de nous avoir fait passer cet article ;-\
          >
          > J'ai un peu envie de dire, on pourrait repondre a grand coup
          > de references scientifiques, mais a quoi bon, puisque cet article
          > est base sur autre chose.
          >
          > A la premiere lecture c'est la forme stylistique qui parle
          > le plus. l'article est ecrit au present de l'indicatif dans
          > l'affirmatif, du debut a la fin. Il est egalement entierement
          > depersonnalise. La femme en couche ne fait rien, strictement rien,
          > pas une phrase qui ne lui donne l'occasion d'agir. Par contre "on"
          > lui fait ceci-cela, a la rigueur "on" la laisse bouger un peu. "On"
          > "la laisse", autrement dit elle a l'autorisation de. Si le mot
          > sage-femme apparait un peu timidement au debut du texte, il se
          > noit tres vite dans l'impersonnel du "on". "On" ne sait
          > plus tres bien si "on" est une personne humaine ou une machine,
          > parle-t-"on" de la sage-femme, du monitoring, du tensiometre ?
          > Meme la sage-femme semble n'etre plus qu'une machine chargee
          > d'interpreter d'autres machines ou tests divers. Dans le texte
          > les machines et instruments ont la meme valeur que le "on".
          > La femme en couche elle a une valeur moindre puisqu'elle
          > n'apparait jamais en sujet d'une phrase. Quant a l'enfant et
          > au pere ...
          >
          > La seule fois ou une phrase indique une possibilite d'action de
          > la femme en couche est qu'elle devrait faire un projet d'accouchement
          > pour eviter de devoir se plier entierement au protocole decide
          > par le chef de service. Mais il est clair que le jour de
          > l'accouchement elle n'a aucun choix, "on" lui fait, sans discussion.
          >
          > Pourquoi chercher des references scientifiques (il y en a a la
          > pelle) puisque l'article lui-meme dit clairement que les protocoles
          > ne reposent pas necessairement sur des donnees de medecine factuelle ?
          > Comment l'article dit-il cela ? Simplement en signifiant les
          > differences de protocoles d'une maternite a l'autre sans aucune
          > justification medicale ...
          >
          > Un article somme toute assez fidele a la realite de la pratique
          > obstetricale en France, inhumaine, robotisee... sous pretexte de
          > sauver des vies, bien entendu.
          >
          > Cecile Loup
          >
          >
          > --- Dans Re-Co-Naissances@..., Bernard Bel <bel@l...> a �crit
          > > Cet article est paru dans la revue "Parents" en vente dans les
          > > kiosques depuis d�but septembre. Vos commentaires (�tay�s de
          > > r�f�rences) sont bienvenus, de pr�ference sur la liste
          > > "Re-Co-Naissances" pour les mettre en lien � partir d'autres sites
          > > web...
          > >
          > > Bernard Bel
          > >
          > > Secr�taire de l'AFAR <http://afar.info>
          > > Webmaster du portail � Naissance � <http://naissance.ws>
          > >
          > > -----
          > >
          > > Jour J : tous les gestes "s�curit�"
          > >
          > > Adeline Laffitte.
          > > Avec Christine Blanchot-Isola, sage-femme, du Coll�ge national des
          > > sages-femmes.
          > >
          > > Parents, No. 428, octobre 2004, p.72-78
          > >
          > > Valse de blouses blanches ou bleues, tuyaux, appareils... L'image que
          > > l'on a d'un accouchement est souvent d�routante, pour ne pas dire
          > > inqui�tante. Pourtant, tout est fait pour assurer s�curit� et confort
          > > � la future maman et � son b�b�. Une surveillance minutieusement
          > > orchestr�e par la sage-femme.
          > >
          > > Contractions bien rythm�es ou perte des eaux, ces signes vous ont
          > > pouss�e, il y a quelques heures, tout droit vers l'h�pital ou la
          > > clinique. Quelle que soit l'heure et le lieu, une �quipe m�dicale est
          > > l� pour vous accueillir. Ensuite, ce qui va se passer varie d'une
          > > femme � une autre. D'un accouchement � un autre. Et aussi d'une
          > > maternit� � l'autre chacune fonctionne selon des protocoles, certains
          > > plus rigides et contraignants que d'autres. Elabor�s parle m�decin de
          > > service, ils sont en quelque sorte le reflet de sa personnalit� et
          > > expriment ses convictions medicates. Actuellement, on privil�gie
          > > plut�t la prise en charge, ou "gestion active" de l'accouchement,
          > > avec des pratiques syst�matiques monitoring en continu, perfusion
          > > d'ocytocines, rupture de la poche des eaux, p�ridurale et d�livrance
          > > dirig�e. Dans ces conditions, quelle est votre marge d'initiative?
          > > Mieux vaut y avoir d�j� r�fl�chi ou avoir, au moins, imagin� un
          > > "projet d'accouchement" qui trace tes grandes lignes de ce que vous
          > > aimeriez vivre: avoir ta possibilit� de marcher, de bouger durant le
          > > travail, d�cider de la pose ou non d'une perfusion, refuser
          > > l'�pisiotomie syst�matique, etc. Discutez-en au pr�alable avec
          > > l'�quipe au cours des consultations pr�natales, cela vous permettra
          > > d'appr�cier leur degr� de souplesse et de disponibilit�. Ainsi, le
          > > jour venu, vous n'aurez pas de surprise ou de d�ception !
          > >
          > > DES EXAMENS PAS SI ANODINS
          > >
          > > Dans tous les cas, une sage-femme vous re�oit et effectue un premier
          > > examen pour s'assurer que te travail a commenc� et que va bien pour
          > > vous. La tension, d'abord. Son contr�le est crucial : si elle est
          > > �lev�e, c'est le signe d'appel d'une complication grave, la
          > > pr�-�clampsie, une situation d'urgence dans laquelle un accouchement
          > > rapide, sinon une c�sarienne, s'impose. Ensuite, votre temp�rature. A
          > > plus de 38�C, la sage-femme demande un bilan infectieux et appelle le
          > > p�diatre car le b�b� pourrait �tre touch�. Dans ce cas, le m�decin
          > > met le nouveau-n� sous surveillance, avec un traitement adapt� d�s sa
          > > naissance. Il arrive aussi qu'on v�rifie votre poids. Des kilos pris
          > > en trois ou quatre jours peuvent �galement indiquer une
          > > pr�-�clampsie. Enfin, on recherche dans vos urines les taux de
          > > glucose, d'albumine, de leucocytes et de nitrites. Les trois derniers
          > > �l�ments trahissent une �ventuelle infection urinaire. L'albumine
          > > peut �tre un signe de pr�-�clampsie. Le taux de glucose informe sur
          > > un possible diab�te gestationnel dont l'une des principales
          > > cons�quences est la naissance d'un gros b�b�.
          > >
          > > Puis vient l'examen obst�trical. La sage-femme palpe votre ventre
          > > pour estimer le poids de l'enfant et s'assurer de sa pr�sentation
          > > (t�te en haut ou en bas) et, accessoirement, car cela n'a rien de
          > > grave, de sa position (dos tourn� � droite ou � gauche).
          > >
          > > Le toucher vaginal permet de voir o� en est le travail. Avec deux
          > > doigts, la sage-femme per�oit si le col est d�j� mou, raccourci, ou
          > > m�me d�j� ouvert. Si c'est le cas et que vos contractions sont
          > > r�guli�res, vous �tes admise en salle de pr�-travail.
          > >
          > > Dans certaines maternit�s, on effectue syst�matiquement une
          > > amnioscopie. � l'aide d'un c�ne dot� d'un verre grossissant, on
          > > observe la couleur du liquide amniotique � travers la membrane de la
          > > poche des eaux. Il doit �tre clair. Sinon, c'est que le b�b� a
          > > rel�ch� des selles (du m�conium). C'est sa fa�on de montrer qu'il n'a
          > > pas �t� bien � un moment donn�. Il n'y a pas n�cessairement urgence
          > > (un b�b� sur quatre est entour� de liquide teint�), mais il est
          > > pr�f�rable de le faire na�tre assez rapidement. Par pr�caution.
          > >
          > > DES CAPTEURS ULTRASENSIBLES
          > >
          > > L'�tat du b�b� et le v�tre, pendant l'accouchement, sont une
          > > priorit�. On vous place donc rapidement sous monitoring. La
          > > sage-femme pose les deux capteurs sur votre abdomen. Certains
          > > appareils disposent de capteurs internes, pos�s au plus pr�s du b�b�
          > > par voie vaginale, mais seulement dans certains cas. L'un d'eux
          > > enregistre le rythme cardiaque foetal et l'autre, les contractions
          > > ut�rines. La mise en parall�le de ces deux trac�s permet d'appr�cier
          > > l'adaptation du b�b� aux vagues de contractions. A chaque fois, on
          > > observe une discr�te acc�l�ration, d'o� des irr�gularit�s de rythme
          > > cardiaque, parfaitement normales: les b�b�s sont naturellement faits
          > > pour supporter ces heures de travail. Ce n'est que lorsque des
          > > ralentissements se r�p�tent qu'ils deviennent suspects et peuvent
          > > annoncer une souffrance foetale aigu�.
          > >
          > > Vingt ou trente minutes d'enregistrement suffisent. Ensuite, si vous
          > > vous trouvez toujours en salle de pr�-travail, on vous laissera un
          > > peu aller et venir. En revanche, si le col est dilat� de 4-5 cm, vous
          > > passez directement en salle de travail.
          > >
          > > UNE SURVEILLANCE ACCRUE
          > >
          > > Dans la plupart des �tablissements, il n'est plus question de vous
          > > d�brancher du monitoring. En effet, faute de personnel, il assure la
          > > surveillance � la place de la sage-femme qui g�re plusieurs
          > > monitorings � la fois.
          > > N�anmoins, l'Agence nationale pour l'accr�ditation en sant� (ANAES)
          > > a rappel� r�cemment qu'un monitoring pos� de mani�re intermittente
          > > �tait aussi s�r qu'un monitoring en continu. Cela permet � la femme
          > > de bouger un peu, car l'accouchement va certainement durer plusieurs
          > > heures et l'immobilisation sur un lit peut se r�v�ler, � la longue,
          > > douloureuse et p�nible.
          > >
          > > En salle de travail, on vous pose souvent une perfusion dans le bras.
          > > Certaines �quipes se contentent de poser un cath�ter pour avoir un
          > > acc�s rapide � une veine, au cas o�. N�anmoins, les maternit�s o� la
          > > perfusion est syst�matique estiment que c'est n�cessaire (voir
          > > encadr�): cette derni�re contient parfois du s�rum glucos� pour vous
          > > fournir de l'�nergie, mais surtout un liquide qui a pour effet de
          > > compenser la baisse de tension cons�cutive � la p�ridurale. Via cette
          > > perfusion, on peut �galement injecter des m�dicaments (antibiotiques,
          > > par exemple). Assez fr�quemment, on y trouve aussi des ocytocines de
          > > synth�se, qui miment l'action des hormones naturelles s�cr�t�es lors
          > > d'un accouchement. Ce sont elles qui provoquent les contractions.
          > >
          > > Le temps s'�coule. La dilatation du col progresse au rythme moyen
          > > d'un centim�tre par heure. Parfois, c'est plus rapide ou franchement
          > > plus lent. Au final, il faut en moyenne dix � douze heures pour un
          > > premier b�b� et de six � huit heures pour un second. La sage-femme
          > > v�rifie � peu pr�s toutes les heures l'avanc�e du travail. Sa seule
          > > pr�sence assure l'essentiel de la s�curit� d'un accouchement. Elle
          > > sait rep�rer les signes inqui�tants et prendre les bonnes d�cisions.
          > > Elle favorise aussi la "physiologie", c'est-�-dire le bon d�roulement
          > > de l'accouchement. En vous aidant, par exemple, � vous installer dans
          > > la position qui vous convient le mieux puis � en changer - sans
          > > d�brancher tous les capteurs du monito ! L'air de rien, cette
          > > mobilit� est un facteur de s�curit�. En bougeant, aucun vaisseau
          > > sanguin n'est comprim� et le b�b� est oxyg�n� au mieux. Par ailleurs,
          > > le fait de balancer son bassin, de pr�f�rence en position verticale,
          > > facilite le travail. La dilatation s'effectue plus rapidement, elle
          > > est moins douloureuse. Le b�b� s'engage mieux, m�me s'il est gros. A
          > > ce stade, environ 4-5 cm de dilatation, l'anesth�siste peut, si vous
          > > le souhaitez, poser une p�ridurale.
          > >
          > > ENTRE DES MAINS EXPERTES
          > >
          > > Une fois la perfusion et, �ventuellement, la p�ridurale pos�e,
          > > souvent la sage-femme rompt la poche des eaux. A l'aide d'une pince,
          > > elle perce les membranes, pour que le liquide amniotique s'�coule. Ce
          > > geste acc�l�re l'accouchement car les m�decins craignent qu'un
          > > travail trop long soit plus difficile � supporter pour le b�b� comme
          > > pour la maman. Le risque d'h�morragie de la d�livrance en serait
          > > augment�.
          > >
          > > Jusqu'� la fin, la sage-femme vous accompagne. Lorsque tout va bien -
          > > la dilatation est compl�te, le b�b� s'engage et descend dans le vagin
          > > - c'est elle qui assure la naissance, comme dans 80% des
          > > accouchements. Si elle le juge n�cessaire, elle pratique une
          > > �pisiotomie -incision du p�rin�e - pour �largir le passage. Mais
          > > lorsque le b�b� pr�sente des signes de faiblesses ou que le travail
          > > s'effectue avec irr�gularit�, la sage-femme appelle l'obst�tricien.
          > > Sp�cialiste des situations d�licates, il poss�de la ma�trise des
          > > manoeuvres et des instruments obst�tricaux.
          > >
          > > S'il faut sortir un b�b� d�j� engag�, le plus souvent, il utilisera
          > > un forceps ou une ventouse. Ces "extractions instrumentales" sont
          > > aujourd'hui parfaitement ma�tris�es. Il s'agit, pour le forceps, de
          > > caler les deux cuill�res de chaque c�t� du cr�ne puis de le tirer
          > > avec douceur mais fermet� vers la sortie, tout en respectant les
          > > obstacles naturels de l'anatomie f�minine. La ventouse, moins
          > > fr�quente en France, se pr�sente comme une cupule souple qui adh�re
          > > par aspiration au sommet du crane foetal. L'obst�tricien tire ensuite
          > > le c�ble de la ventouse pour extraire le b�b�. Des bleus peuvent
          > > appara�tre sur la t�te des nouveau-n�s qui viennent ainsi au monde,
          > > qu'il s'agisse d'un forceps ou d'une ventouse, mais ils dispara�tront
          > > rapidement. Dans certaines situations (un b�b� un peu gros ou
          > > "coinc�" ou qui se pr�sente par le si�ge), l'obst�tricien pratique
          > > des "manoeuvres", c'est-�-dire des gestes tr�s pr�cis qui lui
          > > permettent d'aller chercher le b�b� et de l'aider � sortir. C'est
          > > tout l'art obst�trical.
          > >
          > > Enfin, l'obst�tricien est aussi chirurgien et peut r�aliser une
          > > c�sarienne au bloc op�ratoire, souvent tout proche. Notamment quand
          > > le col n'est pas dilat� ou si le rythme cardiaque foetal est tr�s
          > > irr�gulier, mais aussi en cas de stagnation du travail - rien ne se
          > > passe depuis au moins deux heures - ou encore si le b�b� ne descend
          > > pas. En France, pr�s de 18 % des b�b�s naissent ainsi.
          > >
          > > Quand le travail s'est bien d�roul� et que le b�b� est n� par voie
          > > basse, la d�livrance est encore � venir. II s'agit de l'expulsion du
          > > placenta. Environ dix a trente minutes apr�s la naissance, les
          > > contractions reprennent afin de le d�coller des parois de l'ut�rus
          > > auxquelles il est solidement arrim�.
          > >
          > > PR�VENIR L'H�MORRAGIE DE LA D�LIVRANCE
          > >
          > > Au bout d'une demi-heure environ, si le placenta n'est pas sorti, la
          > > sage-femme ou l'obst�tricien vont effectuer une "d�livrance
          > > artificielle", sous anesth�sie p�ridurale ou g�n�rale ils vont
          > > chercher le placenta avec leur main. Les contractions referment peu �
          > > peu les vaisseaux rest�s ouverts. Un massage du bas-ventre prodigu�
          > > par la sage-femme peut �galement acc�l�rer ce processus. Si vos
          > > pertes sanguines paraissent importantes, ou si le placenta est
          > > incomplet, il faut effectuer une "r�vision ut�rine". Comme pour la
          > > d�livrance artificielle, la sage-femme ou le m�decin passe la main
          > > contre la paroi de l'ut�rus. De plus en plus, pour pr�venir
          > > l'h�morragie, on r�alise des "d�livrances dirig�es": au moment o� la
          > > t�te du b�b� appara�t, on injecte, dans votre fesse ou par voie
          > > intraveineuse, des ocytocines de synth�se puis, d�s la sortie du
          > > b�b�, la sage-femme tire fermement sur le cordon. Ce protocole semble
          > > permettre, d'apr�s les �tudes, une bonne pr�vention de l'h�morragie.
          > > Une fois la d�livrance effectu�e, vous restez encore deux heures en
          > > salle de travail. Et enfin, vous remontez, avec votre b�b� et le
          > > papa, dans votre chambre. �a y est, vous aussi vous pouvez dire: �
          > > Tout s'est bien pass� �.
          > >
          > > Texte Adeline Laffitte
          > >
          > > Photos Fr�d�rik Astier au centre hospitalier d'Arras
          > >
          > > -----
          > >
          > > Encarts et l�gendes des photos :
          > >
          > >
          > > LE TENSIOM�TRE
          > >
          > > La sage-femme prend votre tension lorsque vous arrivez � la
          > > maternit�. Puis, si vous �tes sous p�ridurale, comme c'est le cas
          > > ici, on la surveille en permanence, car l'anesth�sie entra�ne une
          > > baisse de tension.
          > >
          > > LA TEMP�RATURE
          > >
          > > Si vous avez plus de 38�C, c'est peut-�tre le signe annonciateur
          > > d'une infection. Cela peut compromettre la pose de la p�ridurale. Il
          > > faut �galement pr�voir des examens compl�mentaires et trouver le
          > > traitement adapt�.
          > >
          > > LE MONITORING
          > >
          > > Pr�sent dans toute salle de naissance, et de pr�-travail, il assure
          > > la surveillance du foetus en enregistrant son rythme cardiaque. Au
          > > cours de l'accouchement, il enregistre �galement les actions de
          > > l'ut�rus et permet d'appr�cier l'adaptation du b�b� au travail.
          > >
          > > LA RUPTURE DES MEMBRANES
          > >
          > > Apr�s la p�ridurale et la mise en place de la perfusion, la
          > > sage-femme rompt la poche des eaux � l'aide d'une pince.
          > > Un geste indolore qui acc�l�re le travail.
          > >
          > > LA PERFUSION
          > >
          > > Reli�e � un sachet de s�rum glucos�, elle vous apporte nutriments et
          > > �nergie, car la plupart des maternit�s n'autorisent pas les femmes �
          > > manger en cours d'accouchement. N'h�sitez pas � prendre des forces
          > > quand vous �tes encore chez vous!
          > >
          > > LA P�RIDURALE
          > >
          > > Si vous la demandez, un anesth�siste viendra vous la poser. On
          > > d�sinfecte d'abord votre dos, puis le m�decin ins�re son aiguille
          > > dans l'espace p�ridural. Il installe ensuite un cath�ter au travers
          > > duquel il programme la diffusion continue des produits anesth�siants.
          > >
          > > L'EXPULSION
          > >
          > > Un grand moment pour les parents comme pour l'�quipe m�dicale !
          > >
          > > ----
          >
          >
          >
          > Accueil : http://fr.groups.yahoo.com/group/Re-Co-Naissances/
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