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Reponse a : JTA, La controverse sur l'épisiotomie, 1998, Fritel, Pigne, Madelenat.]

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  • loup@caha.es
    Nous avons aussi envoye un petit mot en reponse a une note des JTA (Journees de Technologie Avancees en gynecologie-obstetrique) sur la controverse sur
    Message 1 de 1 , 12 juil. 2004
      Nous avons aussi envoye un petit mot en reponse a une note
      des JTA (Journees de Technologie Avancees en gynecologie-obstetrique)
      sur "la controverse sur l'episiotomie". Ce mot a ete envoye
      aux JTA (adresse contact), a X. Fritel et A. Pigne, avec copie
      a G. Mellier.

      http://www.lesjta.com/article.php?newlg=es&ar_id=406


      Cecile Loup


      --------------------------------------------------------------------

      La note bibliographique de Mrs Fritel, Pigne, et Madelenat, "La
      controverse sur l'épisiotomie, ou faut-il continuer à prévenir les
      déchirures périnéales", date de 1998 et nécessiterait une remise
      à jour.

      Nous avons eu une discussion détaillée à ce sujet avec le Pr. Mellier.
      Plutôt que de la retranscrire à nouveau nous vous invitons à la lire,
      ainsi que les références qui y sont citées :

      http://afar.ws/presse/mellier/


      En résumé, si l'on regarde la globalité des études ayant examiné l'effet
      de l'épisiotomie médiolatérale sur les déchirures du 3e et 4e degré, son
      effet est négligeable, elle ne prévient ni n'en aggrave la fréquence. La
      pratique de l'épisiotomie restrictive comporte beaucoup plus
      d'avantages que d'inconvénients, pour les femmes en premier lieu,
      mais aussi pour les praticiens et la sécurité sociale (moins d'actes de
      suture).

      D'une façon générale dans votre note, ne discuter des déchirures sévères
      qu'à la lumière de l'épisiotomie, sans une vue globale des différents
      facteurs de risque, n'a guère de sens. Les facteurs de risque
      bien identifiés sont : (i) la nulliparité et la taille du bébé,
      caractéristiques foeto-maternelles qui sont ce qu'elles sont; (ii) la
      position lithotomique et les poussées dirigées (voir par exemple
      l'intervention du Dr. B. Maria dans Enfant magazine, No 336, août 2004,
      p.9); (iii) toutes les extractions assistées, forceps, ventouse,
      expression abdominale; (iv) l'usage de syntocinon dans un déclenchement
      ou pour accélérer le travail. Certaines de ces pratiques sont quasi
      systématiques en France, d'autres sont en nette augmentation depuis 40
      ans. Ne pensez-vous pas que pour protéger le périnée des femmes il
      serait plus judicieux de s'interroger sur ces pratiques au lieu de
      couper systématiquement ?

      Vous dites : "il n'est pas prouvé qu'une utilisation restrictive de
      l'épisiotomie n'augmente pas les taux de déchirures du 3e degré".
      C'est prendre la méthodologie scientifique à l'envers. Environ 60% des
      mères françaises ont subi une épisiotomie au moins une fois.
      C'est une intervention chirurgicale, coupant la muqueuse vaginale, la
      fourche, et les faisceaux musculaires. On n'impose pas une
      intervention chirurgicale à une proportion aussi importante de la
      population d'un pays sans avoir prouvé que les bénéfices sont très
      nettement supérieurs aux inconvénients. C'est dans ce sens que la
      preuve doit être faite. Si même cela sauvait quelques pour
      mille femmes de déchirures du 3e et 4e degré, on ne pourrait qu'en
      déduire que l'épisiotomie prophylactique est particulièrement
      inefficace.

      Vous dites aussi qu'il n'a pas été montré de différence à moyen terme
      dans la douleur, la dyspareunie, le tonus du périnée. Une étude
      italienne récente et bien étudiée méthodologiquement vous contredit :

      "Mediolateral episiotomy does not protect against urinanry and anal
      incontinence and genital prolapse and is associated with a lower pelvic
      floor muscle strenght compared with spontaneous perineal lacerations and
      with more dyspareunia and perineal pain." [à 3 mois post-partum].
      (Sartore et al, Obstet Gynecol 2004;103(4):669).

      Quel est le taux de "ratées" des épisiotomies médiolatérales réalisées
      en France ? Par "ratées" nous entendons : sutures sans anesthésie,
      mauvaise incision (sectionnant un nerf par exemple), mauvaise suture
      induisant des nodules ou rétrécissant l'entrée du vagin, douleurs et
      dyspareunie à long terme (des années), difficultés graves dans le
      couple traumatisé par cette intervention extérieure brutale dans leur
      intimité. On ne trouve pas ces chiffres dans les publications. Par
      contre nous entendons trop souvent des témoignages pénibles, le plus
      éloquent d'entre eux étant le silence, l'impossibilité à le dire.
      En parlant avec les générations précédentes, on réalise qu'il n'était
      pas trop question d'anesthésie, et qu'on suturait avec des agrafes, le
      tout avec les mêmes arguments qu'aujourd'hui, et la même minimisation
      des conséquences de l'acte. Ce taux de "ratées" est certainement
      supérieur à celui des femmes qui seraient hypothétiquement protégées
      d'une déchirure du 3e degré. La balance bénéfices-risques penche très
      nettement en faveur de l'abandon de l'épisiotomie prophylactique.

      Pour finir, nous nous permettons de rappeler à nouveau que ce n'est pas
      au praticien de décider si ce périnée-ci doit être coupé ou pas. C'est
      la femme à laquelle ce périnée appartient qui décide. Les
      femmes en couche ne sont pas informées correctement des risques et des
      bénéfices de cet acte dont les conséquences sont très sous-estimées.
      Pire, l'acte est effectué en se cachant de la femme. C'est ainsi que
      obstétriciens et sages-femmes sont formés. Le principe fondamental du
      consentement éclairé semble particulièrement surréaliste dans le domaine
      de l'obstétrique. Pratiquer une intervention chirurgicale, surtout dans
      un endroit aussi sensible et chargé de sens, sans le consentement
      de la personne, est une atteinte à l'intégrité physique et mentale.
      C'est de plus illégal depuis le mois de mars 2002 comme vous le savez
      (article L 1111-4 du code de santé publique).


      Cordialement,


      Cécile Loup pour :

      AFAR, Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté
      http://www.afar.info
      Liste de discussion soutien-episiotomie
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