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Corpus Hermeticum

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  • jbathal
    Le Corpus Hermeticum Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36 525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique,
    Message 1 de 1 , 20 juil. 2008
      Le Corpus Hermeticum

      Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36
      525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique,
      évalue les œuvres d'Hermès à 20 000 livres.

      En réalité, ce qu'on appelle aujourd'hui le Corpus Hermeticum est un
      ensemble de dix-sept traités vraisemblablement écrits entre le IIe
      siècle avant et le IIIe siècle après notre ère : le Poimandrès ou
      Pimandre, l'Asclepius ou Discours parfait, les Fragments de Stobée
      (parmi lesquels on trouve la Koré Kosmou, texte d'une importance
      cosmogonique majeure) et enfin le De castigatione animae (Du
      châtiment de l'âme), texte arabe postérieur datant vraisemblablement
      du IXe ou Xe siècle. Outre ces textes cosmogoniques, une série
      d'écrits hétérogènes peut être classée comme suit : les écrits
      astrologiques, les sciences occultes et les sciences alchimiques.

      La fin de l'antiquité et la destruction de la bibliothèque
      d'Alexandrie font tomber dans l'oubli une partie des manuscrits
      hermétiques. Les ésotéristes médiévaux (c'est-à-dire surtout les
      alchimistes) travailleront sur la base de l'Asclepius et des écrits
      alchimiques. Ainsi, si depuis la Renaissance on s'accorde à dire que
      le Pimandre est l'essence même du Corpus Hermeticum, il fut
      totalement oublié par le Moyen âge. C'est un moine qui le retrouve
      en Macédoine et le rapporte à Florence vers 1450. Dix ans plus tôt
      Cosme de Médicis, dont la réputation d'ami des lettres n'est plus à
      faire, avait confié à Marcile Ficin la création de l'Académie
      néoplatonicienne. Le manuscrit est attribué à Hermès le Trois Fois
      Grand. L'enthousiasme est tel que Cosme demande à Ficin d'abandonner
      la traduction de Platon au profit de celle de ce nouveau manuscrit.

      De fait Platon est alors considéré comme un des derniers maillons de
      la philosophia perennis : « Dans le temps où naissait Moïse,
      florissait l'astronome Atlas, frère du physicien Prométhée, aïeul
      maternel de l'ancien Mercure, de qui le petit-fils fut Mercure
      Trismégiste, tout ensemble le plus grand des prêtres et le plus
      grand des rois. Ensuite succède Orphée puis Aglaophemus, initié au
      savoir secret par Orphée, suivi à son tour par Pythagore, dont le
      disciple fut Philolaos, le maître du divin Platon ». Voilà un
      exemple de « chaîne » initiatique montrant l'origine de la prisca
      theologia. D'après cette conception, le savoir initiatique est
      transmis secrètement de maître en maître au cours des âges depuis la
      plus haute Antiquité. De nos jours, ce type de concept a encore
      cours dans les mouvements ésotériques sous le nom de Tradition
      Primordiale. Cette transmission est non seulement intellectuelle par
      l'apprentissage des connaissances et des textes, mais aussi
      spirituelle par l'initiation.

      En 1471, paraît la première édition latine du Corpus Hermeticum qui
      ne connaîtra pas moins de 25 rééditions jusqu'en 1641. Nous nous
      proposons d'entrer petit à petit dans la pensée hermétique en
      examinant plus en détail les textes, que nous n'allons pas étudier
      en suivant l'ordre chronologique de leur rédaction, mais plutôt en
      tentant de tirer les lignes de force et les idées majeures de la
      pensée hermétique. Toutefois, il faut garder à l'esprit que les
      textes hermétiques ne forment pas un tout cohérent, les textes,
      parfois de qualité très inégale, présentent un certain nombre de
      contradictions doctrinales.

      P. Festugière distingue deux types d'hermétisme. Un hermétisme
      savant et un hermétisme populaire. D'une part les hautes envolées
      mystiques, ésotériques et philosophiques, et d'autre part
      les "recettes de cuisine" visant à acquérir la longévité, à
      fabriquer de l'or ou à se libérer d'un maléfice. Nous ne nous
      intéresserons qu'à la première catégorie de textes. En effet, les
      véritables ésotéristes ne se serviront que de ceux-là, les seconds
      servant aux faiseurs d'or et de « miracles ». à ce propos, nous
      céderons la parole à Paracelse : « Arrière donc, tous les faux
      alchimistes qui prétendent que cette science divine (l'alchimie) n'a
      qu'un but : faire de l'or ou de l'argent ! »
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