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10780v, b, [w] et histoire de la langue

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  • Jean Lafitte
    5 sept. 2014

      Le jeudi 4. Septembre 2014  10:08 "Tederic de Tonens" tederic2 a écrit :

      Adixat Mèste Yan (Jean Lafitte) !

      [Citation d’un passage de mon message précédent] Pour moi, c'est une très bonne idée; car ce que je reçois a des chances d'être lu; mais s'il faut aller chercher, je suis trop occupé par des recherches sur la langue; par exemple, je crois pouvoir montrer qu'au XIVe s. le "W intervocalique"; (que cantaua) était général non seulement sur l'ensemble gascon, Béarn inclus, mais aussi au moins jusqu'à Montpellier, tandis que la prononciation en [b] du _v_, incontestablement gasconne en ces temps, n'existait pas à Toulouse qui prononçait [v] ou Montpellier !

      Merci de votre accueil positif.

      Curieusement, votre message semble avoir été tronqué en consultation web.

      Quant à vos travaux en cours :

      Je crains que la majorité des listaires ne comprennent pas ce dont il s'agit, ni l'enjeu.

      Je vais essayer d'exposer ce que je crois savoir déjà, et ce que je crois comprendre de vos premières conclusions ; il y aura forcément des approximations et des inexactitudes :

      - Il y a (notamment) deux cas où la graphie alibertine emploie le "v" :

      1er cas : en début de mot, exemple "vaca" ("v" actuellement prononcé "b" en gascon)

      2e cas : entre deux voyelles, exemple "cantava" ("v" actuellement prononcé "w" en gascon, mais pas en Béarn, où il est prononcé "b")

      1ère réponse de ma part : bon rappel, encore que la « graphie alibertine » soit plus exactement la graphie I.E.O. définie par une brochure de 8 p. 13,5 x 21 de 1952, écrite par Alibert, mais non signée parce que « Document [officiel] de l’I.E.O. » ; et cette norme adment explicitement le –u- pour représenter [w] entre voyelles ; Jacques Taupiac y est très attaché, l’a écrit, et avec raison !

       Je comprends, Yan, que vous avez trouvé que, à l'époque que vous étudiez :

      - le "v" de "cantava" était prononcé largement "w", en Gascogne Béarn compris, et en Languedoc jusqu'à Montpellier ; là, pas de frontière entre Béarn et reste de la Gascogne, ni entre Gascogne et Languedoc.

      - le "v" de "vaca" se prononçait "b" en Gascogne, et "v" à Toulouse et en Languedoc ; là une frontière entre Gascogne et Languedoc.

      J'arrête ici ma tentative de reformulation.

      2ème réponse de ma part : Vous m’avez parfaitement compris ; je n’ai pas de conclusion définitive, et cherche les jalons dans le temps et l’espace pour confirmer ou nuancer cette première impression ; pour le moment, aucune contre-indication.

      Je suppose que ce point est important pour l'histoire de la langue.

      J'espère, Yan, que vous nous expliquerez pourquoi ultérieurement.

      J'ajoute que pour moi, l'histoire de la langue est importante pour

      l'histoire tout court.

      3ème réponse de ma part : Oui, c’est important pour l’histoire de nos langues d’oc. C’est Roger Teulat qui, il y a bien longtemps, m’avait conseillé de me référer aux textes anciens. Car la graphie « occitane » met toujours en avant la graphie des Troubadours… qui n’a jamais existé, car nous n’en avons aucun écrit, mais seulement des « chansonniers » tardifs, et pour la plupart écrits en Italie ou en Espagne.

      Pour nous, Gascons, ce sont nos archives juridiques et administratives qui sont essentielles ; pour les Leys d’amors toulousaines (1341-1356), et les Thalamus de Montpellier, des manuscrits originaux sont aujourd’hui disponibles en .pdf. Cela évite de raisonner sur des éditions pas toujours fidèles.

      Et je suis bien d’accord avec vous sur l’importance de l’histoire de la langue pour l’histoire tout court, car jadis, on parlait et on écrivait pour la vie de tous les jours, qui a fait l’Histoire, sans se tordre les  méninges sur la graphie ou tout autre problème linguistique.

      De toute façon, seule l’histoire nous reste pour asseoir notre identité, puisque la langue est et restera aux oubliettes.

      Amistats a touts,

      J.L.

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