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27.2 Bulletin d'information de la CSSI sur l'Algérie

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  • CSSI-Troubles (Pascal Holenweg)
    @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@ BULLETIN D INFORMATION SUR L ALGÉRIE Commission socialiste de solidarité internationale cssi@infomaniak.ch
    Message 1 de 3 , 28 fvr. 2003
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      BULLETIN D'INFORMATION SUR L'ALGÉRIE
      Commission socialiste de solidarité internationale
      cssi@...

      Genève, le 27 février 2003

      Ce bulletin paraît en fonction du soutien qu'il reçoit. Merci à celles et
      ceux dont le soutien a permis la parution de ce numéro. Pour les modalités
      du soutien, voir en fin de bulletin

      ARCHIVES DES BULLETINS PRÉCÉDENTS :
      http://groups.yahoo.com/group/CSSI-Algerie

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      Voir en fin de bulletin :

      - Human Rights Watch, Rapport Mondial 2002
      Algérie : L'évolution de la situation des droits humains

      - The Global IDP Project : DISPLACED IN ALGERIA FACE HOUSING CRISIS AND
      LACK BASIC DAILY NEEDS (rapport, février 2003)

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      VIOLENCES

      (AP 26.2 / AP 27.2) Quatre des neuf personnes interpellées le 26 février à
      Nanterre (région parisienne) et à Paris dans le cadre de l'enquête sur le
      meurtre du député FLN Abdel Kamal Benbara, dont le corps avait été retrouvé
      le 29 janvier dans le coffre de sa voiture à Paris, seront déférées à la
      justice, accusées d'être les auteurs du meurtre. Les quatre personnes qui
      seront inculpes sont la mère, deux soeurs et un cousin de la défunte
      compagne du député, qui, outre son épouse, avait deux maîtresses (une en
      France et une en Algérie), et voulait récupérer la fille qu'il avait et
      avec Louiza Benakli, adjointe au Maire de Nanterre, abattue dans un
      massacre commis en mars 2002 par un déséquilibré, en plein Conseil
      municipal de Nanterre.
      Selon les premiers éléments de l'enquête, le député aurait été tué à coups
      de poêle à frire et de couteau, donnés successivement par la mère et une
      soeur de Louiza Benakli, à qui il annonçait qu'il voulait reprendre sa
      fille et l'emmener en Algérie. La deuxième soeur et le cousin sont accusés
      de complicité. Les accusés ont avoué, et la police dispose en outre
      d'empreintes génétiques accusant l'une des suspectes.

      (El Watan 27.2) le corps d'un homme a été retrouvé, poignardé, dans
      l'enceinte de la mosquée En Nasr de Taoura (Souk Ahras), le 19 février.

      (AP 26.2 / Jeune Indépendant 27.2) Un "émir" d'un groupe armé du GSPC,
      Hassan Taoufik, a été tué et un membre du groupe blessé (il serait ensuite
      mort de ses blessures et son corps aurait été retrouvé, selon "Le Jeune
      Indépendant") le 23 février à Bechloul, dans un affrontement avec la garde
      communale. Un garde communal a également été tué et un civil blessé dans
      l'opération.

      (Le Jeune Indépendant 27.2) Un milicien local (GLD) a été tué par un groupe
      armé le 24 février au douar Guetatcha, près de Theniet El Had, dans la
      région de Khemis Miliana (w. Chlef).

      (AFP 25.2 / AP 26.2 / Liberté, Le Jeune Indépendant, El Watan 27.2) Douze
      personnes, dont deux femmes et une jeune fille, ont été tuées et sept
      autres blessées le 25 février à un "faux barrage" tendu à une dizaine de
      véhicules par un groupe armé à Ahmeur El Aïn (w. Tipaza), dans une région
      d'activité des GIA de Rachid Abou Tourab. Les forces de sécurité ont lancé
      une vaste opération de ratissage après l'embuscade. Selon "Liberté", les
      membres du groupe armé, au nombre d'une quinzaine, portaient des tenues de
      gendarmes, et l'une de leurs victimes serait le chef de la milice locale
      ("patriotes"). "Le Jeune Indépendant" signale en outre que deux personnes
      sont portées disparues.

      (AP 26.2) Deux membres d'un groupe armé du GSPC, dont son "émir", ont été
      tués et un autre blessé par la police, le 25 février à Bordj Menaïel (w.
      Boumerdès).

      (Liberté, Jeune Indépendant 27.2) Au moins deux membres d'un groupe armé
      ont été tués, et plusieurs blessés, dans la nuit du 25 au 26 février dans
      la forêt de Beggas, près de Kadiria (w. Bouira), dans une opération des
      forces de sécurité.

      (AFP 25.2) Au moins 60 personnes, dont une moitié de civils, ont été tuées
      en Algérie depuis le début février, et près de 240 depuis le début de
      l'année, dans des violences impliquant des groupes armés, selon un bilan
      partiel établi à partir des informations rendues publiques par la presse ou
      les autorités.


      GROUPES ARMÉS

      (AP 26.2 / L'Expression 27.2) Le système de communication globale
      d'Interpol sera opérationnel en Algérie début avril, et un groupe de
      travail spécialisé dans la "lutte contre le terrorisme" sera installé à
      Alger en septembre, a annoncé le secrétaire générale de l'"Internationale
      policière", Ronald Noble, dans un entretien accordé à "El Moudjahid" au
      terme d'une visite de deux jours en Algérie, en compagnie de membres du FBI
      américain et de la police française. Ronald Noble s'est félicité de
      "l'excellente relation de coopération qui existe entre l'Algérie et
      Interpol", coopération qui aidera l'Algérie à "lutter efficacement" contre
      le terrorisme. Ronald Noble a indiqué que l'Algérie était le pays qui avait
      procuré "le plus d'informations" sur le GSPC de Hassan Hattab (ce qui
      paraît assez logique, s'agissant d'un groupe algérien), informations qui
      ont permis d'établir les "liens" du GSPC avec la Qaeda. Le Secrétaire
      général d'Interpol a affirmé que l'Algérie était en matière de
      collaboration à la lutte contre le terrorisme l'un des "meilleurs pays" par
      la qualité et l'importance des informations fournies.


      FRANCE-ALGÉRIE

      (AFP 24.2) Selon un sondage publié le 24 février dans "Le Parisien",
      l'image de l'Algérie s'améliore en France, tout en restant globalement
      mauvaise : 62 % des 1000 personnes interrogées ont une mauvaise ou très
      mauvaise opinion de l'Algérie (ils étaient 82 % dans ce cas lors d'un
      sondage de février 2000), et 33 % en ont une bonne ou une très bonne (13 %
      en février 2000). Le bilan du président Bouteflika est cependant jugé
      négatif au plan économique par 62 % des "sondés", au plan de la lutte
      contre le terrorisme par 57 %, de la lutte contre l'islamisme "extrémiste"
      par 62 %, de la lutte contre la corruption par 56 %, et en matière de
      démocratie par 53 %. Par contre, 48 % des "sondés" estiment que ce bilan
      est positif en ce qui concerne les relations franco-algériennes (36 % le
      jugent négatif), et 69 % des "sondés" se déclarent favorables à la
      signature d'un traité d'amitié entre la France et l'Algérie à l'exemple de
      celui signé entre la France et l'Allemagne.


      POLITIQUE

      (Liberté, Le Matin 27.2) La Commission de réflexion de la Coordination
      intercommunale de Bejaïa (CICB) a finalisé le 25 février le document de
      réflexion qui sera soumis à la coordination interwilayas, et qui propose le
      tenue d'une "conférence nationale pour la citoyenneté" ouvertes aux forces
      politiques déémocratiques, à la société civile et aux intellectuels qui
      soutiennent la plate-forme d'El-Kseur en tant qu'"unique alternative au
      système totalitaire", et qui soutiennent également, et "effectivement", le
      "mouvement citoyen". La conférence nationale ainsi proposée aurait à
      débattre de cinq points dont l'élargissement du mouvement au niveau
      national, la "capitalisation de l'élan de solidarité" nationale et
      internationale en faveur du mouvement, ainsi que "le renforcement du
      consensus pour le rejet des échéances électorales présidentielles et
      partielles". La Conférence adopterait un "pacte pour la citoyenneté".
      La Coordination de Tizi Ouzou (CADC) devait quant à elle adopter le 27
      février le texte de la lettre qu'elle veut remettre au président français
      Jacques Chirac, vie l'Ambassadeur de France, à l'occasion de sa visite en
      Algérie. La CADC appelle à un rassemblement des délégués des aârchs le 2
      mars à Alger, pour dénoncer le "soutien" de la France "au pouvoir algérien
      mafieux et assassin", et dénoncer également en l'"Année de l'Algérie en
      France" une manifestation destinée à "soigner l'image terne du Pouvoir de
      Bouteflika".

      (La Tribune, L'Expression 27.2) Le Conseil national du FFS devrait se
      réunir le 28 février pour débattre des perspectives d'activité du parti, de
      son organisation et de la mise en valeur des propositions du FFS pour une
      sortie de crise, contenues dans le mémorandum de 2002.
      A Ouzellagen, le siège de la section locale du FFS a été la cible de coups
      de feu. La section dénonce un "nouvel acte de violence et de l'acheté" qui
      s'inscrit dans "la continuité des pressions qui s'exercent sur le parti
      depuis les élections locales" pour lui faire payer son engagement "aux
      côtés des citoyens (pour) la réalisation de la paix, de la démocratie et de
      la justice sociale".

      (La Tribune 27.2) Le MSP (islamiste) appelle à une marche, le 27 février
      sur la place du 1er Mai à Alger (où ce genre de manifestations sont
      interdites), pour dénoncer la guerre contre l'Irak et soutenir le peuple
      irakien, au nom (notamment) de la "fraternité des musulmans" et du
      "nationalisme". . Le MSP n'avait cependant pas soutenu les manifestations
      publiques auxquelles appelaient le Parti des Travailleurs, sur le même
      thème et avec les mêmes objectifs, alors que le PT l'avait contacté dans ce
      sens.

      (AP 26.2 / Le Monde, La Tribune, AAI, Liberté, Jeune Indépendant 27.2) Pour
      la troisième fois depuis l'indépendance, l'Algérie a été paralysée les 25
      et 26 février par une grève générale, lancée par la centrale syndicale
      UGTA, avec l'appui critique de plusieurs syndicats autonomes, et même le
      soutien du patronat, mais dénoncée par d'autres syndicats autonomes comme
      une grève "politicienne". La grève s'est déroulée sans incidents.
      Selon l'UGTA, l'activité économique du pays, tous secteurs confondus, était
      paralysée à 90 % (à 100 % en Kabylie) le 25, à 95 % le 26, et la grève a
      été presque totale dans la fonction publique et dans les sociétés
      contrôlées par l'Etat, mais également dans de grandes sociétés privées
      (Coca-Cola, Pepsi-Cola) privatisées (comme le complexe sidérurgique d'El
      Hadjar) ou menacées de l'être. Le syndicat autonome de l'administration
      publique (SNAPAP) a donné, pour le secteur public, des chiffres plus
      modestes (entre 20 % et 95 % selon les secteurs).
      Le secteur des hydrocarbures n'était en principe pas touché par la grève,
      mais les secteurs qui assurent la distribution en Algérie (camions,
      stations-services, par exemple) et l'exportation des hydrocarbures
      (notamment les ports) l'étaient. Selon le ministre de l'Energie, Chakib
      Khelil, "les pertes sont énormes", dans une période où le prix du baril
      atteint 33,5 dollars et où la production algérienne est au maximum.
      Le Secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, a dénoncé ceux qui
      "veulent vendre les entreprises à la criée, comme au souk" et sont prêts "à
      les brader sans tenter au préalable de les remettre à niveau". Sidi Saïd
      estime que le succès de la grève démontre que "la politique des réformes
      doit être modifiée aussi bien dans son aspect économique que social", ce à
      quoi le Premier ministre a répondu que "le gouvernement est pleinement
      conscient de l'impératif d'un consensus" sur les réformes, notamment sur
      les privatisations, et donc d'un "dialogue permanent et responsable". Les
      syndicats autonomes, qu'ils aient ou non soutenu la grève, contestent
      cependant un "dialogue" qui se limite, côté syndical, à impliquer la seule
      UGTA sans prendre en compte les autres syndicats. Le Syndicat autonome de
      l'administration publique SNAPAP a par ailleurs dénoncé un "jeu politique"
      dans lequel l'UGTA n'est qu'un pion, et accusé les pouvoirs publics d'être
      les véritables initiateurs de la grève, pour canaliser la colère des
      travailleurs, et favoriser l'UGTA en créant "une sorte de pluralisme
      dirigé". Le SNAPAP a cependant lui aussi appelé à la grève, mais avant
      l'UGTA, et sur ses objectifs propres : "Nous ne sommes pas contre l'UGTA
      mais contre sa politique monolithique et ses cadres corrompus. On ne peut
      pas demander à des rentiers qui habitent Club-des-Pins, qui ont des gardes
      du corps et à qui on donne de l'argent, de faire du syndicalisme", a
      déclaré Rachid Malaoui, qui a appelé l'ensemble des syndicats algériens,
      UGTA comprise, à "s'unir pour créer un pôle syndical ayant pour charge la
      défense de l'intérêt de l'ensemble des travailleurs".
      La grève générale a reçu le soutien de plusieurs partis politiques, dont le
      MSP (islamiste), qui appelle cependant à ne pas "politiser" les
      revendications des travailleurs.


      ECONOMIE

      (AFP 27.2) Trois collaborateurs, dont un "très proche", du millardaire
      Abdelmounène Khalifa, ont été arrêtés le 24 février à l'aéroport d'Alger,
      porteurs d'une forte somme d'argent (2 millions d'Euros), pour infraction
      au contrôle des changes, alors qu'ils embarquaient pour Paris. La somme
      aurait été changée sur le marché parallèle d'Alger, où le cours de l'Euro
      est de 100 dinars (contre 85 au cours officiel). Une somme comparable
      aurait en outre été saisie au domicile de l'un des collaborateurs de Khalifa.


      DROITS DE L'HOMME

      (Reuters, AFP, La Tribune 27.2) Après deux semaines d'enquête sur le
      terrain, la délégation d'Amnesty International en visite en Algérie (la
      première du genre depuis 2000) a accusé le 27 février les forces de
      sécurité de pratiquer systématiquement la torture, et a exhorté le
      gouvernement à faire toute la lumuère sur le sort des "disparus". Amnesty a
      toutefois salué l'attitude du gouvernement, qui accepte désormais d'évoquer
      la question des violations des drois de l'Homme : "il y a une amélioration
      au niveau des insitutions" et "une relative ouverture pour discuter des
      droits de l'Homme", a reconnu le chef de la délégation d'Amnesty, Roger
      Clark, qui a cependant regretté le refus de l'armée de rencontrer sa
      délégation.
      Pour autant, "la torture est une pratique systématique" et "répandue" en
      Algérie, a déclaré Roger Clark. La délégation d'Amnesty considère que la
      situation des droits de l'Homme "n'a pas avancé" et rappelle notamment que
      la question des "disparus" n'est pas résolue, pas plus d'ailleurs que celle
      de la violence : "l'impunité de ceux qui sont responsables (des)
      enlèvements et (des) tueries et des autres violations (des droits humains)
      est aussi grave qu'avant, et le restera jusqu'à ce que justice soit faite".
      En ce qui concerne la Kabylie, la situation y reste "grave", et de
      véritables enquêtes pour faire la lumière sur les émeutes et sur la
      répression "n'ont toujours pas eu lieu". La délégation s'est rendue à Tizi
      Ouzou, où elle a rencontré les responsables de la branche régionale de la
      Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), la "Maison des
      droits de l'Homme et du citoyen".
      Dans le même temps, Human Rights Watch rendait public son rapport annuel
      pour 2002, dont le chapitre consacré à l'Algérie relève également la
      persistance du problème des "disparus"; un rapport spécifique de l'ONG
      américaine, consacré aux disparitions, et les évaluant à "au moins 7000
      personnes" depuis dix ans, soit plus que dans n'importe quel autre pays
      (Bosnie exceptée), rappelle que les autorités algériennes avaient promis de
      mener des enquêtes et de donner des réponses aux familles -promesses non
      tenues, constate HRW, qui qualifie les bureaux d'accueil, les procédures
      judiciaires et les réponses officielles de "parodie cruelle et dilatoire".
      Pour HRW, les responsables des disparitions (forces de sécurité ou groupes
      armés "qui se proclament ilamistes") sont coupables de "crimes contre
      l'humanité" et ne doivent bénéficier d'aucune amnistie ni prescription.
      L'ONG a adressé le 21 février une lettre au président français Jacques
      Chirac, lui demandant d'exhorter le gouvernement algérien "à créer une
      commission indépendante capable de résoudre le mystère entourant le sort
      (des) victimes" de "disparitions". HRW regrette que "le travail
      diplomatique fait jusqu'à présent auprès de l'Algérie n'ait porté aucun
      résultat tangible", et demande à jacques Chirac de profiter de sa visite en
      Algérie pour inciter son homologue algérien à "prendre des mesures
      spécifiques (...) qui aideront les autorités algériennes à respecter la
      promesse faite de traiter sérieusement le problème".

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      * COURS (officiel et approximatif) DU DINAR ALGÉRIEN le 27 février à Paris
      100 DA =
      1,15 Euro (au cours parallèle, 100 dinars valent 1 Euro)
      1,68 Franc suisse

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      Human Rights Watch

      Rapport Mondial 2002

      Algérie : L'évolution de la situation des droits humains

      La violence politique a diminué dans l'ensemble mais elle a
      continué à faire en moyenne 125 morts par mois,
      essentiellement des civils. De fréquentes manifestations
      tenues dans la région à majorité Berbère de Kabylie qui n'ont
      pas toujours été pacifiques, ont conduit à des arrestations et,
      parfois, à une répression sévère menées par les forces de
      l'ordre. Des manifestations et des émeutes ont fréquemment
      eu lieu dans d'autres régions. Elles protestaient contre les
      mauvaises conditions de vie, la répression et contre la
      corruption et l'impunité dont jouissent les forces de l'ordre,
      les fonctionnaires et ceux qui exercent une influence
      quelconque. Entre mars et avril, près de cinquante
      prisonniers sont morts dans une série de mutineries et
      d'incendies provoqués par des détenus dans différents
      centres pénitenciers. Ces détenus voulaient s'opposer aux
      mauvaises conditions de détention et au recours fait à la
      détention préventive (qui peut être de très longue durée)
      plutôt qu'à la liberté provisoire.

      Aux lendemains des attaques du 11 septembre 2001 contre
      les Etats-Unis, l'Algérie, dans son premier rapport soumis au
      Comité contre-terrorisme de l'Organisation des
      Nations-Unies, a estimé que la nouvelle mobilisation
      internationale reconnaissait le " bien-fondé des positions
      qu'elle a défendues avec constance sur la nature du
      terrorisme… " Selon ce rapport, l'Algérie a " longtemps subi,
      souvent dans l'indifférence et parfois la complaisance de
      certains segments de la communauté internationale, les
      affres du terrorisme. "

      Comme les années précédentes, certains responsables du
      gouvernement ont affirmé que les groupes armés algériens
      vivaient leurs derniers jours. Le Général Mohamed Lamari,
      chef d'état-major de l'armée algérienne, a déclaré en juin au
      journal el-Moushahid as-Siyassi basé à Londres que le
      nombre d'islamistes armés dans le pays avait diminué pour
      atteindre le chiffre de 700 et que " la fin de ces groupes
      criminels " était " pour bientôt ". Les autorités ont toutefois
      refusé de mettre un terme à l'état d'urgence en vigueur
      depuis 10 ans qui accorde au Ministre de l'intérieur des
      pouvoirs spéciaux. Il peut par exemple interdire les
      attroupements publics et mettre en détention administrative
      certaines personnes.

      Même si la sécurité s'est améliorée dans les plus grandes
      villes, les groupes rebelles qui avaient rejeté l'offre
      d'amnistie faite par le Président Bouteflika en 1999 ont
      continué à massacrer des civils dans les zones rurales et les
      villes moins importantes. Ces groupes sont aussi tenus
      responsables de la pose de bombes meurtrières dans des
      lieux publics. La province de Chlef a été particulièrement
      touchée. Cent vingt personnes y sont mortes entre juillet et
      octobre, dont vingt-six le 16 août et vingt et une le 24
      octobre lors d'attaques ayant eu lieu dans des villages isolés.
      L'explosion d'une bombe dans un marché battant son plein à
      Larbâa a tué trente-huit personnes le 5 juillet. Le plus
      souvent, pour ne pas dire à chaque fois, les auteurs de telles
      attaques n'ont ni revendiqué leurs actes ni expliqué leurs
      motivations. Parmi les groupes actifs se trouvent le Groupe
      islamique armé (GIA) qui s'en prend aux civils depuis
      plusieurs années et le Groupe salafiste pour la prédication et
      le combat (GSPC) qui est plus connu pour prendre comme
      cible des militaires.

      Le nombre connu de violations des droits humains commis
      par les forces de l'ordre a baissé de façon notable par
      rapport au milieu des années 90. Mais la fréquence des
      violations et leurs caractéristiques suggèrent que cette
      réduction est plus due à la baisse de la violence politique
      qu'à l'existence de meilleures garanties contre les violations.
      Bien qu'il n'y ait pas eu de nouveau cas confirmé de "
      disparition ", des policiers en civil ont continué à arrêter des
      jeunes gens et à les tenir au secret au-delà du délai de douze
      jours prévu par la loi et sans en informer leur famille. Même
      si le nombre de cas de torture rapportés était en baisse en
      nombre absolu, le risque pour les prisonniers d'être torturés
      par les interrogateurs était toujours important.

      L'impunité est demeurée l'un des sujets d'inquiétude les plus
      importants. Le Président Bouteflika s'est engagé plus d'une
      fois à traduire en justice les membres des forces de l'ordre
      accusés d'avoir recouru à une force abusive dans la
      répression des manifestations berbères de 2001, qui ont fait
      plus de quatre-vingt-dix morts. Le président a tenu sa
      promesse de retirer quelques-unes des unités de gendarmes
      les plus critiquées stationnées en Kabylie, mais peu a été fait
      pour traduire les coupables en justice. De même, à la
      mi-novembre, malgré l'engagement répété de la nouvelle
      Commission présidentielle des droits de l'Homme à résoudre
      le problème des " disparus " avant la fin de l'année 2002,
      aucun progrès n'avait été fait.

      Le mouvement de protestation Berbère avait pour
      principales revendications la reconnaissance de droits
      linguistiques et culturels et la fin du comportement répressif
      et corrompu des forces de l'ordre. Le mouvement est resté
      divisé sur la question de l'autonomie politique régionale.

      Durant les élections qui ont eu lieu le 30 mai, le Front de
      Libération Nationale (FLN), parti qui est resté au pouvoir
      pendant les trois décennies du système de parti unique, a
      obtenu 199 des 389 sièges à l'Assemblée nationale. Trois
      partis islamistes reconnus par l'Etat ont obtenu un total de
      quatre-vingt-deux sièges, bien que le Ministre de l'intérieur
      ait disqualifié dix de leurs candidats sous le prétexte qu'ils
      appartenaient à une " organisation non reconnue ",
      c'est-à-dire le Front Islamique du Salut (FIS). (Les autorités
      ont interdit le FIS en 2002 après son très bon résultat au
      premier tour des élections législatives. Un coup d'Etat
      organisé par les militaires a annulé le second tour de ces
      élections pour empêcher le FIS de disposer de la majorité
      parlementaire.) Le Wafa, parti qui aurait dû obtenir le
      soutien de nombreux électeurs islamistes, n'a pas pu
      participer aux élections de 1992, car le Ministère de
      l'intérieur avait refusé de lui accorder un statut légal deux
      ans auparavant, avançant qu'il était trop proche du FIS.

      Pendant la campagne, les autorités ont empêché deux partis
      politiques à dominance Berbère et favorables à un boycott
      des élections d'organiser des rassemblements et des réunions
      dans des lieux publics en expliquant que ces lieux étaient
      réservés aux partis qui se présentaient aux élections. La
      télévision contrôlée par l'Etat a aussi refusé d'ouvrir son
      antenne au mouvement pro-boycott, mais elle l'a ouverte à
      tous les partis et à tous les candidats participant aux
      élections.

      Dans certaines parties de la Kabylie, le vote a été entravé par
      des actes d'intimidation, de vandalisme, et par des
      perturbations créées par des militants de la Coordination
      pro-boycott Inter-Wilaya, qui est un collectif d'organisations
      militantes locales Berbères et de conseils de plusieurs
      provinces. Le taux de votants a toutefois été très bas même
      dans les parties de la Kabylie où aucun problème n'avait été
      observé et n'a atteint que deux pour cent dans l'ensemble de
      la région.

      Lors des élections locales qui ont eu lieu le 10 octobre, le
      FLN et son allié, le Rassemblement National Démocratique,
      ont obtenu assez de voix pour gagner le contrôle de la
      majorité des assemblées populaires communales et des
      assemblées populaires de wilaya. Les militants pro-boycott
      en Kabylie ont de nouveau essayé de dissuader les électeurs
      par des actes d'intimidation et de violence.

      Dans une allocution à la nation prononcée le 12 mars, le
      Président Bouteflika a répondu à certaines doléances
      berbères tout en ignorant certaines autres. Il a décrété que le
      Tamazight, la langue Berbère, deviendrait une " langue
      nationale ", concession qui n'est pas allée jusqu'à octroyer ce
      qui avait été demandé, c'est-à-dire qu'elle devienne une "
      langue officielle ", comme l'arabe. Le président a aussi
      annoncé que vingt-quatre gendarmes et cinq officiers
      faisaient l'objet " de mandats de dépôt du chef d'homicide et
      pour usage abusif d'armes à feu " pour leur conduite
      pendant les troubles de Kabylie. " Le déroulement des
      procès se fera en toute transparence " a-t-il déclaré " sans
      équivoque, sans zone d'ombre... l'Etat est déterminé à ne pas
      laisser place à l'impunité ". Dans les mois suivants cette
      déclaration ferme, il n'a été possible de vérifier que deux ou
      trois cas dans lesquels des membres des forces de l'ordre
      avaient été jugés. Parmi ces cas, citons la condamnation le
      29 octobre par un tribunal militaire du gendarme Merabet
      Mestari. M. Merabet a été condamné à deux ans de prison
      pour homicide involontaire sur la personne de l'étudiant
      Massinissa Guermah. Cet incident avait entraîné des mois de
      manifestations en Kabylie en 2001. Dans de rares cas, des
      gendarmes, des policiers et des membres des milices de
      défense civile organisées par le gouvernement ont été jugés
      pour violation des droits humains. Cependant, la redoutée
      Sécurité militaire a continué à être au-dessus des lois, ne
      rendant aucun compte au public de sa conduite, notamment
      lors des interrogatoires sous torture des suspects.

      L'agitation et la répression en Kabylie se sont toutes deux
      aggravées en mars malgré l'allocution du Président. De
      fréquents sit-in, des marches, des affrontements et des actes
      de vandalisme commis contre les bâtiments publics ont eu
      lieu. Les habitants se sont plaints des " descentes punitives "
      faites en " représailles " par les forces de l'ordre, qui ont mis
      à sac et pillé les maisons, les voitures et les commerces et
      qui ont roué de coups et matraqué des passants. Sept jeunes
      personnes sont mortes dans divers incidents entre le 21 mars
      et le 1er avril et de nombreuses autres avaient été blessées
      précédemment par des balles réelles ou en caoutchouc, des
      gaz lacrymogènes et des passages à tabac. Les autorités ont
      arrêté près de 300 personnes en mars, dont des manifestants
      et des responsables du mouvement de protestation. Nombre
      d'entre elles ont été jugées très rapidement et condamnées
      jusqu'à deux ans de prison pour, par exemple, "
      attroupement illicite, destruction de biens publics, incitation
      à l'émeute, perturbation de la circulation et de la liberté de
      passage, diffusion de tracts subversifs ". Les arrestations et
      les procès ont provoqué de nouveaux rassemblements et
      sit-in réclamant la libération des prisonniers et cela a
      continué sporadiquement dans la région jusqu'à ce que le
      Président Bouteflika accorde sa grâce le 5 août à tous ceux
      qui avaient été arrêtés dans le cadre des protestations en
      Kabylie jusqu'à cette date. Cependant, les protestations ainsi
      que les arrestations de manifestants et de leurs dirigeants
      présumés ont continué après le mois d'août.

      Le 14 mars, à Alger, la police s'est interposée par la force à
      une marche organisée par le Front des Forces Socialistes
      (parti à prédominance berbère), en faisant faire demi-tour
      aux voitures non immatriculées à Alger et en arrêtant
      brièvement de nombreux participants à la marche. Neuf
      mois plus tôt, les autorités avaient interdit toute
      manifestation dans la capitale " jusqu'à nouvel ordre ".
      Cependant, dans d'autres régions du pays, les manifestations
      politiques ont souvent eu lieu sans incident, comme la
      marche qui a rassemblé le 20 mars près de 100 000
      personnes à Tizi-Ouzou.

      Le 2 avril, une mutinerie dans une prison située près de
      Constantine s'est achevée par la mort de vingt détenus dans
      des circonstances non-élucidés. D'avril à début mai, les
      prisonniers ont organisé des troubles et ont allumé des
      incendies dans plusieurs centres pénitenciers du pays. Près
      de cinquante personnes furent tuées, dont environ vingt
      dans la mutinerie du 30 avril dans la prison de Serkadji. Les
      détenus se sont principalement plaints du recours
      quasi-systématique des tribunaux à la détention préventive,
      ce qui signifie fréquemment un très long séjour en prison
      avant même la tenue du procès. Mohand Issâd, qui présidait
      la commission présidentielle sur les réformes judiciaires, a
      dénoncé " le surpeuplement des prisons algériennes, des
      conditions alimentaires en dessous du minimum et des
      conditions médicales désastreuses ". Dans une interview
      publiée en mai, il a posé la question suivante : " Quand des
      détenus sont entassés les uns sur les autres dans de petites
      cellules, que des mineurs côtoient de grands délinquants,
      que des personnes saines côtoient des malades, à quoi
      doit-on s'attendre ? " Le Président Bouteflika déclara le 30
      octobre que " le cri de détresse des détenus...a été entendu
      par les pouvoirs publics". Il promit l'amélioration des
      conditions de détention et appela les juges à respecter le
      caractère " exceptionnel " de la détention préventive dans la
      loi algérienne.

      Aucun progrès n'a été fait dans l'élucidation du sort des
      personnes dont le nombre est estimé entre 7000 et 10 000 qui
      ont " disparues " entre 1993 et 1998 aux mains des forces de
      sécurité et de leurs alliés paramilitaires. Le 28 octobre, pour
      la première fois, un officier de haut rang reconnut
      publiquement l'existence de ce problème. En effet, le Major
      Général Mohamed Touati, conseiller auprès du président,
      qualifia ces " disparitions " de " dossier douloureux et
      épineux qui doit être pris en charge par les instances
      politiques ", selon La Tribune.

      Le président de la Commission nationale consultative pour
      la promotion et la protection des droits de l'Homme, créée en
      2001, a affirmé à Human Rights Watch le 6 novembre que 4
      743 dossiers avaient été déposés par des familles sur des
      personnes que des membres des forces de l'ordre auraient
      faites " disparaître ", et que de nouveaux dossiers
      continuaient à arriver. Le Président de la Commission
      Moustapha Farouk Ksentini a affirmé qu'il pensait que le
      nombre total des " disparitions " se situait entre " 7000 et 10
      000, peut-être même 12 000. " Dans une interview publiée le
      28 juin dans le journal en ligne Algérie Interface, Me.
      Ksentini a déclaré, " La question des disparitions doit être
      définitivement réglée avant la fin de l'année....Si nous
      arrivons à la conclusion que l'Etat est coupable, nous le
      dirons clairement. Il faut que la vérité soit révélée, quelle
      qu'elle soit ! Il y va de l'honneur du pays et de ses
      institutions. Les choses horribles de ces dernières années ne
      doivent plus jamais se répéter ".

      M. Ksentini a toutefois admis à Human Rights Watch le 6
      novembre que, dans les affaires de " disparitions ", ni le
      gouvernement ni sa propre commission n'avaient jusque là
      réussi à élucider ne serait-ce un seul cas. Les pouvoirs
      publics ont néanmoins continué à prétendre sans preuve tout
      au long de l'année qu'elles avaient " clarifié " des cas que des
      familles leur avaient soumis. Le 10 mars, le Ministre de la
      justice Ahmed Ouyahia a déclaré à la radio algérienne que
      près de 600 " disparus " étaient en fait devenus membres de
      groupes terroristes, sur un nombre total qu'il fixait entre 3
      200 et 3 300. Il n'a pas donné plus de détails.

      Il n'y a pas eu de nouveau cas confirmé de personne enlevée
      ou " disparue " en 2002. Les forces de l'ordre ont cependant
      continué à procéder à des arrestations en violant la loi
      algérienne et en faisant courir le risque aux détenus de "
      disparaître ". Les policiers opérant les arrestations étaient
      souvent en civil et ont refusé de s'identifier. Les détenus ont
      ensuite été gardés en garde à vue au-delà du délai de douze
      jours prévu par la loi dans les cas de " terrorisme " et de "
      subversion ". Les violations flagrantes de cette loi ont
      toutefois été moins courantes qu'au milieu des années 90.
      L'ancien prisonnier Omar Toumi d'Alger est par exemple
      parti faire des courses le 26 janvier et n'est pas rentré chez
      lui. Sa famille a contacté la police mais n'a pas reçu de
      confirmation officielle de sa détention jusqu'à la mi-février.
      M. Toumi a finalement comparu en justice et a été accusé
      d'atteinte à la sécurité intérieure. Le frère d'Omar, Saïd, a "
      disparu " depuis son arrestation en 1994 sur son lieu de
      travail par des hommes armés, dont certains en uniforme.

      Les personnes mises en détention, pour des délits de droit
      commun ou d'atteinte à la sécurité, couraient le risque d'être
      torturées durant les interrogatoires. Les méthodes les plus
      souvent citées par les victimes étaient le passage à tabac et le
      " chiffon " (l'application d'un chiffon imbibé d'eau sale et de
      produits chimiques ménagers sur le nez et la bouche pour
      provoquer l'étouffement). L'utilisation des décharges
      électriques a parfois aussi été mentionnée dans différents
      centres pénitenciers. Ahmed Ouali, son frère Mohamed et
      son oncle Fouad ont tous les trois été arrêtés le 12 janvier
      près de chez eux à el-Harrach et emmenés dans un centre de
      détention sous administration de l'agence de Sécurité
      Militaire. Ces trois hommes ont plus tard affirmé à l'avocat
      de la défense Mahmoud Khelili que leurs interrogateurs
      avaient fait subir le " chiffon " et des décharges électriques à
      Ahmed, ancien militant du FIS, et qu'ils l'avaient attaché à
      une corde attachée au plafond. Fouad fut soumis à des
      violences semblables. Les deux frères ont été inculpés
      d'appartenance à une organisation terroriste et placés en
      détention préventive. Mohamed, qui avait été passé à tabac
      pendant son interrogatoire, a été relâché sans avoir été
      inculpé.

      Hoceine Rachdi habitant à Relizane a été arrêté le 2 octobre
      et torturé par des agents de la sécurité militaire qui lui ont
      brûlé les oreilles avec des décharges électriques, selon un
      membre de sa famille rencontré par Human Rights Watch.
      Cette personne a déclaré que des traces de cette torture
      étaient encore visibles sur le visage et les mains d'Hoceine le
      14 octobre lors d'une visite au prisonnier soupçonné d'aide à
      une organisation terroriste.

      Boubaker Kamaz, ancien détenu pour atteinte à la sécurité
      nationale qui habite à Constantine, a été arrêté le 9 janvier.
      M. Kamaz a confié à ses avocats que pendant ses quatorze
      jours de détention au secret (deux jours de plus que le délai
      prévu par la loi), il a été enchaîné à une chaise, passé à
      tabac, fouetté et étouffé avec un " chiffon ". Le juge chargé
      de l'enquête a rejeté sa demande d'expertise médicale. Cette
      décision a toutefois été infirmée en appel. Quand, le 2 mai,
      un médecin a finalement examiné M. Kamaz, près de quatre
      mois après ces violences, il a observé des traces
      d'égratignures aux poignets et aux chevilles. Contrairement à
      ce qui se passe d'habitude dans ce genre de cas, le juge a, le
      20 octobre, acquitté M. Kamaz, accusé d'appartenance à un
      groupe terroriste. On peut penser que le juge, après avoir
      pris connaissance de l'expertise médicale, a estimé qu'on ne
      pouvait pas prêter foi aux aveux de Kamaz.

      La télévision et la radio, contrôlées par l'Etat, ont continué à
      relayer le point de vue du gouvernement, ignorant ou
      minimisant les grandes manifestations et les massacres qui
      étaient couverts par les chaînes et les stations arabes et
      européennes captées en Algérie. La retransmission en direct
      des débats parlementaires a représenté une exception notable
      à ce mutisme. Malgré les lois restreignant sévèrement la
      liberté de la presse, la presse privé, elle, a souvent critiqué
      les initiatives du gouvernement, publiant les récits de
      témoins oculaires de la répression des manifestations par la
      gendarmerie et accusant les hauts fonctionnaires et les
      pouvoirs publics de corruption, de népotisme et
      d'incompétence. Ces journaux se sont néanmoins
      autocensurés sur la question du rôle de l'armée en politique.

      Un certain nombre de journalistes, de dessinateurs
      caricaturistes, et de rédacteurs en chef travaillant dans les
      quotidiens privés algériens ont été convoqués par la police et
      par les juges d'instruction pour des plaintes déposées par le
      Ministre de la défense après la publication d'articles et de
      dessins politiques. Les personnes inculpées encouraient des
      peines de prison plus longues et des amendes plus élevées
      que par le passé en raison des amendements datant de 2001
      au code pénal dans le domaine de la diffamation.
      Cependant, des journalistes qui avaient été condamnés à des
      peines de prison en 2002 ont fait appel de leur jugement et
      aucun d'entre eux n'a, dans les faits, été incarcéré durant les
      dix premiers mois de l'année.

      Khaled Nezzar, Ministre de la défense algérien de 1990 à
      1993, a traîné l'ancien officier de l'armée Habib Souaïdia en
      justice pour diffamation devant un tribunal parisien pour
      avoir déclaré à la télévision française que les " généraux "
      algériens avaient tué des " milliers de gens " pendant les
      violences politiques des années 90. M. Souaïdia, qui vit en
      France, est l'auteur d'un livre, publié dans ce pays en 2001
      sous le titre de La Sale Guerre qui a pour thème les excès de
      l'armée algérienne. Le procès a duré une semaine et a eu lieu
      en juillet. Il a vu la comparution de près de trente témoins,
      dont des personnes torturées par les forces de l'ordre et des
      membres des familles des personnes assassinées par des
      groupes armés. En septembre, le tribunal a débouté la partie
      civile de l'ensemble de ses demandes, affirmant qu'il
      n'appartenait pas " au tribunal de se prononcer sur la
      véracité des thèses soumises à son appréciation, que seule
      l'Histoire pourra déterminer ".

      Dans un autre cas de figure, les tribunaux français ont
      débouté des plaintes contre M. Nezzar déposées par des
      victimes de la torture. Ces dernières affirmaient qu'en tant
      que supérieur hiérarchique, M. Nezzar portait la
      responsabilité des tortures infligées par ses subordonnés.
      Les tribunaux français ont décidé de clore les dossiers après
      que M. Nezzar se soit soumis en avril à un interrogatoire des
      policiers qui menaient l'enquête. La décision du tribunal a
      été motivée par l'absence d'indices graves et concordants sur
      les crimes de torture dont M. Nezzar était accusé. En Algérie,
      le 30 avril un tribunal a condamné M. Souaïdia par
      contumace à vingt ans de prison pour avoir déclaré dans un
      entretien à la presse qu'il était en contact avec un groupe
      dissident d'anciens officiers en exil et que, s'il y avait un
      soulèvement contre les dirigeants de l'Algérie, il était "prêt à
      retourner en Algérie pour porter les armes contre les
      généraux ".

      Dans le nouveau gouvernement formé après les élections
      législatives de mai, cinq ministres étaient des femmes, dont
      la célèbre militante des droits de la femme Khalida
      Messaoudi qui occupait le poste de porte-parole. Aucune
      modification n'a pour autant été apportée au Code de la
      Famille qui date de 1984 et qui confère aux femmes des
      droits inférieurs à ceux des hommes en matière de divorce,
      d'héritage et de garde des enfants, entre autres.

      La défense des droits humains

      Les défenseurs des droits humains ont rassemblé et publié
      des informations de façon ouverte dans les grandes villes
      algériennes. Leur travail a pourtant été entravé par des actes
      ciblés de harcèlement, par des poursuites judiciaires et par la
      peur éprouvée à sortir de l'anonymat et à témoigner de
      nombre de victimes et de témoins.

      Mohamed Smaïn, porte-parole de la Ligue Algérienne de
      Défense des Droits de l'Homme (LADDH) a été condamné le
      24 février dans la ville occidentale de Relizane, a un an de
      prison et à une amende par une cour d'appel pour
      diffamation d'un ancien maire, el-Hadj Fergane, et des
      membres d'un groupe armé d'auto-défense qu'il dirigeait. M.
      Smaïn accusait depuis longtemps M. Fergane et ses
      collègues d'organiser des " disparitions " et des assassinats
      dans la région au milieu des années 90. En février 2001, M.
      Smaïn avait alerté la presse d'une opération d'excavation à
      laquelle M. Fergane était selon lui présent. Cette opération
      aurait visé à transférer ailleurs le contenu d'une fausse
      commune située près de Relizane. M. Smaïn est resté en
      liberté après avoir fait appel de ce verdict auprès de la Cour
      Suprême, qui n'avait pas encore statué sur son cas au
      moment où nous mettions sous presse. En septembre, le
      permis de conduire et le passeport de M. Smaïn qui lui
      avaient été confisqués en 2001 lui ont été rendus. A
      Relizane, en novembre, Human Rights Watch a essayé en
      vain à plusieurs reprises d'avoir les commentaires de M.
      Fergane sur ce point.

      Les organisations travaillant avec les membres des familles
      des personnes " disparues " ont continué à rassembler des
      informations sur de nouveaux cas de personnes " disparues
      " entre 1993 et 1998. Elles ont régulièrement organisé des
      sit-in à Alger, Oran, Relizane et Constantine pour exiger le
      retour des membres de leurs familles ou des informations
      sur leur sort. Ces sit-in ont été parfois tolérés, parfois
      dispersés. Le 18 mars, la police a dispersé les membres des
      familles de " disparus " qui essayaient de se rassembler
      devant le bureau de l'Organisation des Nations-Unies à Alger
      et elles ont arrêté Abderrahmane Khelil, militant de la
      LADDH et de SOS-Disparus, groupe de pression créé par les
      familles des " disparus ". Il a été relâché sans être inculpé
      quelques heures plus tard. La police a aussi utilisé la force
      pour disperser des sit-in des familles des " disparus " devant
      le siège de la Commission présidentielle des droits de
      l'Homme le 23 juin et le 3 juillet, et pour empêcher une
      marche de près de cinquante membres des familles qui se
      dirigeaient vers le bureau du président le 6 novembre.

      M. Khelil et un de ses amis, Sid Ahmed Mourad, ont été
      arrêtés le 19 mai près de l'université d'Alger où ils s'étaient
      rendus pour la LADDH afin d'enquêter sur l'arrestation
      d'étudiants qui avait eu lieu la veille. Ils sont restés
      emprisonnés jusqu'au 26 mai, date à laquelle un tribunal les
      a condamnés à six mois de prison avec sursis pour "
      incitation à attroupement non armé " bien qu'ils ne se soient
      rendu sur les lieux de la manifestation en question que le
      lendemain.

      L'attribution de visas aux organisations étrangères de droits
      humains a continué à être sélective et sporadique. Entre
      février 2001 et août 2002, ni Human Rights Watch, ni
      Amnesty International, ni la Fédération Internationale des
      Droits de l'Homme, ni Reporters sans Frontières n'ont réussi
      à obtenir d'autorisation pour une mission. Il est cependant
      arrivé que, grâce à leurs nationalités, des chercheurs et des
      observateurs dans le domaine judiciaire aient pu entrer en
      Algérie sans visa. En septembre 2002, Human Rights Watch
      et Reporters sans frontières ont obtenu des visas pour la
      première fois depuis mai 2000 et janvier 2001
      respectivement et ces deux organisations ont pu mener des
      missions de recherche en octobre.

      L'Algérie a continué à refuser la demande de mission
      déposée il y a longtemps par le Rapporteur spécial sur la
      torture et par le Rapporteur spécial sur les exécutions
      extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, et n'a pas accepté
      la demande d'invitation faite par le Groupe de travail sur les
      disparitions forcées ou involontaires. Le gouvernement a
      toutefois autorisé la visite en septembre du Rapporteur
      spécial sur la liberté de religion ou de conviction.

      Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a
      continué son programme de visite des détenus dans les
      prisons gérées par le Ministère de la justice et a ouvert un
      bureau dans la capitale. Le CICR a aussi eu le droit de
      rencontrer des prisonniers en garde à vue dans les
      commissariats. Cependant, les détenus emprisonnés dans les
      centres gérés par les militaires (endroits où les violations les
      plus graves semblaient avoir lieu) sont restés hors de portée.

      La communauté internationale

      L'Union Européenne
      Le gouvernement algérien a fait des progrès dans la
      réhabilitation de son image internationale fin 2001 et en
      2002. Des inquiétudes quant à la situation des droits
      humains avaient retenu de nombreux gouvernements
      occidentaux d'approfondir leurs relations avec Alger. Mais
      ces inquiétudes ont été reléguées au second plan à la suite de
      la baisse générale de la violence politique, de l'offre du
      Président Bouteflika d'amnistie partielle aux rebelles, et de la
      position ferme qu'il a adoptée contre la terreur à la suite des
      attaques du 11 septembre contre les Etats-Unis.

      Le Président a rencontré le Président Bush à deux reprises en
      2001. Le 30 novembre de cette année, il a accueilli Jacques
      Chirac qui a ainsi rendu la première visite d'un chef d'Etat
      français à l'Algérie depuis 1988. Un mois plus tard, il s'est
      rendu à Bruxelles pour parapher un Accord d'association
      avec l'Union Européenne.

      L'Europe est restée la principale source des importations
      algériennes et le premier consommateur de ses exportations
      principalement constituées de gaz naturel et de pétrole. La
      France est l'Etat qui a le plus influencé la définition de la
      politique européenne envers l'Algérie. La France a aussi été
      le premier client à l'import de l'Algérie et accueillait la plus
      importante communauté algérienne à l'étranger.

      L'Accord d'association UE-Algérie a été signé le 22 avril,
      après quatre ans de négociations laborieuses. Il porte
      principalement sur les réductions de tarifs mais il comprend
      tout de même un article qui qualifie " le respect des
      principes démocratiques et des droits fondamentaux de
      l'homme " d'" élément essentiel " de l'accord.

      Cet article est le même que celui qui figure dans les autres
      accords de l'UE avec ses partenaires euro-méditerranéens. Le
      pacte algérien a obtenu l'aval du Parlement Européen le 10
      octobre mais, pour rentrer en vigueur, il faudra qu'il soit
      ratifié par les parlements de l'Algérie et des quinze Etats
      membres de l'UE.

      L'UE a été plus discrète sur les questions des droits humains
      qu'en 2001, année durant laquelle les troubles en Kabylie
      avaient provoqué une réponse plus vive. Les corps
      constituants de l'UE n'ont fait aucun commentaire sur les
      élections législatives qui se sont tenues le 30 mai. Mais le 5
      juin, à l'occasion de la première des réunions semestrielles
      entre les responsables algériens et la " troïka " de l'UE, le
      Ministre des affaires étrangères espagnol, Josep Pique, chef
      de la délégation, a déclaré que la troïka avait constaté que
      l'Algérie avait " enregistré une nette amélioration dans ce
      domaine ".

      M. Pique a ajouté que la délégation avait abordé le problème
      des " disparitions ", mais il n'a pas précisé si des progrès
      avaient été faits dans ce domaine. Des membres de la
      Commission Européenne ont déclaré à Human Rights Watch
      que la troïka avait demandé, lors de chaque réunion depuis
      1999, des informations concrètes sur une liste régulièrement
      mise à jour de trente cas de " disparitions ", mais, en octobre
      2002, elle n'avait toujours pas reçu de la part des autorités
      algériennes d'informations vérifiables sur le sort de ces
      personnes.

      Le document de stratégie sur l'Algérie 2002-2006 rédigé dans
      le cadre du partenariat Euro-Med a estimé que "
      l'amélioration de la gestion des affaires publiques [et] la
      consolidation de l'état de droit " étaient une priorité de l'aide
      de l'UE. En janvier, la Commission européenne a signé un
      contrat qui prévoit l'investissement de 8,2 millions d'euros
      sur six ans dans la réforme de la police et l'octroi d'une aide
      à différentes organisations non gouvernementales ainsi qu'à
      des médias indépendants. Le programme de l'UE a
      cependant rencontré de sérieuses difficultés en janvier 2002
      car les autorités algériennes ont refusé d'accorder des visas à
      deux membres de la commission qui s'apprêtaient à réaliser
      une mission technique en Algérie pour identifier d'éventuels
      partenaires au sein de la société civile. L'Algérie, qui a
      déclaré qu'elle n'avait pas été dûment consultée à l'avance, a
      fini par accorder ces visas et la mission a pu avoir lieu en
      avril.

      Lorsqu'il a promulgué l'Accord d'association, le Parlement
      européen a adopté à une forte majorité une résolution
      annexe identifiant des " points de référence pour l'évaluation
      future du respect de la clause des droits de l'homme ". Ces
      points de référence comprenaient la résolution du problème
      des " disparus "; " l'abolition de toute forme d'impunité ", "
      faire en sorte que l'indépendance réelle de la justice
      corresponde aux normes internationales ", et autoriser l'accès
      des rapporteurs de l'ONU et des organisations des droits
      humains au territoire national et aux informations.

      Les Etats-Unis
      Le rapprochement qui a lieu entre les Etats-Unis et l'Algérie
      en 2001 et 2002 est principalement dû à leur plus grande
      coopération dans la lutte contre le terrorisme, au commerce
      bilatéral croissant et aux investissements privés américains
      en Algérie, essentiellement dans le domaine des
      hydrocarbures.

      Bien que l'aide directe américaine à l'Algérie soit restée très
      modeste, les deux pays ont commencé une quatrième série
      d'exercices navals communs en janvier et plusieurs hauts
      responsables américains se sont rendus en Algérie à la suite
      des deux rencontres du Président Bouteflika et du Président
      Bush en 2001. En décembre de cette année-là, le
      sous-secrétaire d'Etat William J. Burns a rencontré le
      Président Bouteflika. Une délégation de la CIA s'est aussi
      rendue en Algérie en février pour parler de coopération dans
      le domaine de la sécurité. Malgré ces occasions, les
      fonctionnaires américains n'ont pas exprimé publiquement
      leurs inquiétudes en ce qui concerne la situation des droits
      humains. Les rares critiques ont été très peu sévères. Le 30
      janvier, William Burns, a appelé de Washington les pays du
      Maghreb à la prudence quant à " la main lourde des
      gouvernements dont le but est de réduire au silence
      l'opposition, mais qui, souvent, ne fait que la faire perdurer
      ". Le porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher fit
      le commentaire suivant le 30 mai : " Nous avons observé des
      progrès en Algérie vers une plus grande démocratisation, et
      nous appelons le Président Bouteflika et son gouvernement
      à continuer leurs efforts pour améliorer et renforcer la
      liberté d'expression, la réceptivité gouvernementale et un
      processus politique transparent ".

      Mais le caractère des relations entre les deux pays en 2002 a
      été encore mieux défini par le chef du contre-terrorisme du
      Département d'Etat Francis X. Taylor, qui a déclaré à son
      arrivé à Alger le 27 juin " L'Algérie est l'un des partenaires
      les plus tenaces et fidèles des Etats-Unis …L'Algérie a
      coopéré avec nous dans tous les domaines ". Le
      sous-secrétaire d'Etat Marc Grossman s'est rendu à Alger le 6
      novembre et a déclaré dans une conférence de presse que les
      Etats-Unis soutenaient la lutte de l'Algérie contre le
      terrorisme par " une formation commune et par tout autre
      aide que nous pourrons fournir. " Marc Grossman a
      rencontré ce jour-là le Premier ministre Ali Benflis et le
      Ministre des affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem.
      Aucun commentaire public ne permettait de dire que le
      problème des droits humains avait été abordé durant ces
      discussions. Cependant, dans une conférence de presse M.
      Grossman a déclaré que les Etats-Unis étaient prêts à aider à
      former des juges algériens qui seraient "
      indépendants…courageux " et qui prendraient des "
      décisions qui reposent sur le droit ".

      Le seul commentaire public énergique que les Etats-Unis
      aient fait sur le thème des droits humains en Algérie est
      contenu dans le Rapport par pays sur les pratiques en
      matière de droits de l'Homme, publié en mars. L'Agence
      américaine pour le développement international a octroyé
      des subventions à quelques programmes de formation en
      droits humains et financé des organisations issues de la
      société civile. Le Democracy Commission Small Grants
      Program (programme de subventions limitées de la
      Commission Démocratie du Département d'Etat) a octroyé
      18 000 dollars à trois organisations de droits humains afin
      qu'elles organisent une conférence portant sur les " disparus
      ". Le National Endowment for Democracy, fondation privée
      recevant des fonds du Congrès, a aussi accordé des
      subventions à des organisations indépendantes des droits
      humains.

      Le 27 mars, le Département d'Etat a ajouté le Groupe
      Salafiste pour la prédication et le combat à sa liste
      d'organisations terroristes étrangères, liste qui contenait déjà
      le Groupe Islamiste Armé.

      La banque d'import-export, contrôlée par le gouvernement,
      qui accorde des prêts et des garanties visant à favoriser les
      investissements américains à l'étranger, s'était engagée à
      garantir les investissements américains en Algérie à hauteur
      de 1,84 milliards de dollars (somme évaluée au 30
      septembre), montant qui vient au second rang après la
      somme de 1,88 milliard de dollars de garanties aux
      investisseurs américains en Arabie Saoudite.

      Selon plusieurs articles publiés dans la presse fin 2001, les
      Etats-Unis ont modifié leur politique et ont concédé des
      licences d'exportation vers l'Algérie à des sociétés
      d'armement privées fabriquant du matériel d'armement
      nocturne. Ce matériel était convoité par l'Algérie qui voulait
      en doter ses unités anti-insurrection. Cet équipement fait
      partie des armes d'impact dont les Etats-Unis avaient interdit
      la vente à cause de leurs inquiétudes sur les pratiques du
      gouvernement dans le domaine des droits humains. Le
      département d'Etat a préféré ne pas faire de commentaires
      lorsque Human Rights Watch a essayé de vérifier cette
      information.

      @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

      DISPLACED IN ALGERIA FACE HOUSING CRISIS AND LACK BASIC DAILY NEEDS

      The Global IDP Project
      www.idpproject.org

      Geneva, 13 February 2003

      Since the electoral crisis in 1991, hundreds of thousands of Algerians have
      been forced to flee armed attacks, massacres and large-scale human rights
      abuses. The precise number of Algerians displaced by the political violence
      is impossible to assess given the "information void" that has pervaded the
      conflict in Algeria since its onset. This said, some estimates have been
      published. The U.S. Committee for Refugees stated that by the end of 2001,
      some 100,000 to 200,000 persons were believed to be internally displaced
      (USCR 2002, p. 52).
      Due to the long-standing problems of access, precise information is often
      not available about the internally displaced. In 1998, there were
      indications that persons were being displaced from Médéa, Blida, Ouled
      Allel and other towns south of Algiers (Dammers 1998). During 2002, local
      media and statements by the authorities gave a scattered image of the
      extent of the problem. What ís known is that some 30,000 IDPs live in
      Tiaret, that more than 5,000 displaced live in Chlef, that over 30,000 IDPs
      live on the periphery of Saïda, that over 650 families fled the threat of
      violence in the region north-east of Ténès, and that over the past 10
      years, some 40,000 people have fled Médéa and Aïn Defla (El Watan 20
      November 2002, 12 November 2002, 6 August 2002, le Quotidien d’Oran 9
      November 2002, El Watan 31 December 2002).
      It is reported that the most recent movements of displaced persons are from
      vulnerable rural areas to the relative safety of metropolitan centers, and
      that most displaced live with family and friends and not in camps or
      shelters (undisclosed source 5 December 2000).

      Causes
      During 2002, violence in the country was once again on the rise. It was
      reported in June 2002 that already some 730 persons had been killed since
      the start of that year (BBC News 28 June 2002). As an indication of the
      seriousness of the situation, the International Federation for Human Rights
      submitted a written report to the 58th session of the UN Commission for
      Human Rights, expressing its concern at the increase in displacement, as
      well as in other human rights violations.
      In many cases, these armed attacks and massacres have led the local
      population to choose the safest option and leave their homes altogether.
      Another direct cause of displacement has been the destruction and theft of
      crops and agricultural property by the terrorist groups. It was reported in
      July 2002, for example, that these incidents led to massive population
      displacements near Relizane (Le Quotidien d’Oran 31 July 2002).
      The Islamic Armed Group (GIA), notorious for its brutality, was said to be
      responsible for the bulk of the violence (HRW 2000). However, government
      security forces were also to blame for direct abuses of human rights as
      well as the repeated failure to protect civilians from attack (HRW 1999;
      Cohen 6 December 1999). The absence of sufficient protection from security
      forces or the lack of street lighting have been cited by the local
      population as serious negligence by the authorities, facilitating terrorist
      attacks on the population. Moreover, the subsequent demands by civilians to
      be allowed to arm themselves against terrorist attacks are often left
      unanswered (El Watan 26 August 2002).

      Subsistence needs
      Displaced fleeing massacres and violence in their home regions have been
      facing serious social and economic difficulties in the areas of refuge.
      Chlef, for example, is one of the worst-hit regions in the country, with an
      unemployment rate of 35 per cent, poverty, social exclusion, malnutrition,
      inaction from the authorities, and bad or degrading overall living
      conditions. A massive influx of people fleeing from terrorism has added
      more pressure on the overall situation, and as a consequence living
      conditions have further deteriorated in the shantytowns.
      What is very clear from reports out of Algeria is that the overall housing
      situation in the country is desperate. According to a report published by
      FIDH in November 2001, some 2.5 million Algerians live in 'hovels'. It is
      also reported that 30 percent of all households are overcrowded with as
      many as 15 to 20 persons per home. The government has launched a recovery
      plan, but it falls short of meeting demand by as many as 1.2 million homes
      (FIDH November 2001). A typical feature of the housing situation has been
      frequent relocations of people by the authorities. In most cases, these
      people have been provided with alternative housing. Internally displaced
      families, however, have often been expelled without having been provided
      with alternative shelter. The authorities often destroyed the shantytowns
      in order to make sure that the sites would not be re-occupied (Le Quotidien
      d’Oran 9 September 2002).
      Even on the countryside, internally displaced people have been facing dire
      living conditions, such as the absence of drinkable water, a defective
      infrastructure, as well as the absence of health centers.
      In general, the security situation in Algeria does not allow for a
      mass-scale return of the displaced populations, since armed attacks and
      massacres are still occurring on a frequent basis. After massacres hit the
      village of Hjar Mefrouche, its inhabitants went to Aïn Kechra in November
      2002 to protest against the authorities. There, they voiced threats to
      abandon their village if their safety would not be guaranteed. This example
      shows the seriousness of the security situation in Algeria and the
      obstacles to a possible return.
      Despite this situation, the government does seem to be stimulating the
      return of displaced to their home villages. The authorities have tried, for
      example, to re-populate the village of Lekouassem in the infamous ‘triangle
      of death’ through the return of displaced populations. Since one and a half
      year, a return has begun through an improvement in security and the
      rebuilding of shelters. Despite these intentions, the actual facilities
      such as water and electricity remain basic or non-existent, hampering a
      real return. Another obstacle for return is the ignorance of the existence
      of agricultural support structures for returning farmers, the majority of
      whom never heard of anything of the kind.

      Access
      Throughout the whole of the conflict, the Algerian government has heavily
      restricted and often censured information about human rights conditions
      (HRW 2000). For years, all major international human rights organizations
      have been prohibited from visiting the country. Though some agencies were
      finally permitted entry in 2000, the visit of the International Federation
      of Human Rights, for one, was reportedly conducted under conditions of
      strict surveillance (FIDH July 2000). In fact, the FIDH made three requests
      to return to Algeria in 2001, but as of October 2001, no response was
      forthcoming from the government (FIDH November 2001). At the same time,
      Algeria continued to refuse visits by the UN Working Group on Enforced or
      Involuntary Disappearances, the UN Special Rapporteur on extrajudicial,
      summary or arbitrary executions, as well as the UN Special Rapporteur on
      the question of torture (El Watan 10 December 2002). A hopeful development
      was the visit of the UN Special Rapporteur on freedom of religion or belief
      in September 2002.
      At the same time, the few human rights NGOs working in Algeria itself face
      continual obstacles and restrictions in the conduct of their work (AI 8
      November 2000). The US Department of State reported that the authorities
      occasionally harass the human rights groups through surveillance and
      obstruction of communications. Moreover, domestic NGO's must be licensed by
      the government and are prohibited from receiving funding from abroad (US
      DOS 4 March 2002, sect.4).

      International response
      Overall, international reaction to the situation in Algeria has been one of
      cautious observation. Certainly, UN and bilateral condemnations of violence
      came following the large-scale massacres of late 1997 and 1998 (Dammers
      1998). However, external support since that time has been markedly absent.
      For the most part, Europe has kept its distance, avoiding involvement or
      the use of influence to direct events within Algeria (ICG 20 October 2000).
      The US has made intermittent public expressions of
      (Message over 64 KB, truncated)
    • CSSI-Troubles (Pascal Holenweg)
      @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@ BULLETIN D INFORMATION SUR L ALGÉRIE Commission socialiste de solidarité internationale cssi@infomaniak.ch
      Message 2 de 3 , 27 fvr. 2004
      Afficher la source
      • 0 Pièce jointe
        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

        BULLETIN D'INFORMATION SUR L'ALGÉRIE
        Commission socialiste de solidarité internationale
        cssi@...

        Genève, le 27 février 2004

        Ce bulletin paraît en fonction du soutien qu'il reçoit. Merci à celles et
        ceux dont le soutien a permis la parution de ce numéro. Pour les modalités
        du soutien, voir en fin de bulletin

        ARCHIVES DES BULLETINS PRÉCÉDENTS :
        http://groups.yahoo.com/group/CSSI-Algerie

        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

        Voir en fin de bulletin : SOLIDARITE CIVILE AVEC LES VICTIMES DU
        TREMBLEMENT DE TERRE D'AL HOCIMA (Maroc)

        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

        Algeria-Watch
        Postfach 360 164, 10997 Berlin, Germany
        21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, France

        Tel.: 00 33 (0) 6 98388144
        Fax: 00 49 (0) 89 14 88 28 11 22
        E-mail: algeria-watch@...
        http://www.algeria-watch.org

        Paris, le 23 février 2004

        Communiqué de presse
        http://www.algeria-watch.org/fr/aw/com_aw_230204.htm

        Le scandaleux harcèlement des services secrets algériens contre Mme Tigha

        Mme Fouzia Mendil, épouse Tigha, mère de deux enfants, est la femme de M.
        Abdelkader Tigha, ancien membre des services secrets de l'armée algérienne,
        la « Sécurité militaire », devenue en septembre 1990 Département du
        renseignement et de la sécurité (DRS). De 1993 à 1997, M. Tigha a été
        adjudant au service Enquêtes du Centre territorial de recherche
        et d'investigation (CTRI) de Blida, ville située à une quarantaine de
        kilomètres
        au sud-ouest d'Alger.

        Le CTRI de Blida
        Le CTRI de Blida est l'antenne dans la 1re région militaire (Algérois) de la
        principale direction du DRS, la Direction du contre-espionnage (DCE),
        dirigée depuis septembre 1990 par le général Smaïl Lamari, dit « Smaïn ».
        Les enquêtes menées auprès de victimes par les organisations internationales
        de défense des droits de l'homme, ainsi que plusieurs témoignages
        d'officiers dissidents de l'armée et du DRS ont établi que le CTRI de Blida a
        été, jusqu'à ce jour, un des principaux centres répressifs utilisé par
        l'armée
        algérienne dans la « sale guerre » déclenchée en janvier 1992. Dirigé
        de juillet 1990 à octobre 2003 par le colonel M'Henna Djebbar, cet important
        centre de torture a été le théâtre de milliers d'exécutions sommaires de
        civils accusés d'islamisme (dont une partie compte parmi les « disparus ») ;
        et il a été aussi l'un des principaux centres de contrôle des groupes armés
        islamistes créés ou manipulés par le DRS dès 1992, responsables notamment de
        massacres de masse dans l'Algérois à l'automne 1997.
        Un rapport très détaillé reprenant l'ensemble des informations disponibles
        sur le CTRI de Blida (et sur d'autres centres de torture et d'exécution du
        DRS) a été publié en octobre 2003 par Algeria-Watch, sous le titre
        «Algérie, la machine de mort » (1).

        Le long périple d'Abdelkader Tigha
        Fin 1999, en raison de différends graves avec ses supérieurs, lui faisant
        craindre pour sa vie, M. Tigha a décidé de déserter et de quitter l'Algérie.
        Suite à diverses péripéties, il est arrivé en janvier 2000 à Bangkok, en
        Thaïlande. Il y restera, détenu, jusqu'en septembre 2003. Au cours de sa
        détention, M. Tigha a fait connaître sa volonté de témoigner des très graves
        violations des droits de l'homme dont il avait été témoin de la part les
        services secrets de son pays. Plusieurs articles de la presse internationale
        ont fait état de ses révélations (2), dont le plus important, publié par le
        quotidien français Libération, concerne l'implication directe des chefs du
        DRS dans l'enlèvement et la mort, au printemps 1996, des sept moines
        français du monastère de Tibéhirine (3).
        Malgré plusieurs demandes, M. Tigha n'a pas obtenu la protection du Haut
        Comité aux réfugiés des Nations unies et, à l'été 2003, il est apparu que sa
        vie était directement menacée par les services algériens. Avec le soutien de
        plusieurs organisations internationales de défense des droits de l'homme,
        soucieuses d'assurer la sécurité d'un témoin essentiel des violations des
        droits de l'homme en Algérie, M. Tigha a pu quitter la Thaïlande en
        septembre 2003, et gagner la Jordanie. Dans ce pays, les mêmes menaces se
        sont répétées et, le 3 décembre 2003, M. Tigha a dû quitter le pays pour les
        Pays-Bas. Il y est depuis lors en détention, dans l'attente d'une réponse à
        sa demande d'asile politique.

        Le dépôt d'une plainte contre X à Paris pour l'assassinat des moines de
        Tibéhirine et ses conséquences pour Mme Tigha
        Le 9 décembre 2003, une plainte contre X avec constitution de partie civile
        a été déposée devant le Procureur de la République de Paris, par les membres
        d'une famille de l'un des moines français de Tibéhirine assassinés en mai
        1996, Christophe Lebreton, et par le père Armand Veilleux, ancien Procureur
        général de l'Ordre cistercien, pour faire toute la lumière sur ce drame. Me
        Patrick Baudouin, ancien président de la Fédération internationale des
        ligues des droits de l'homme, et par ailleurs l'un des conseils de
        Abdelkader Tigha dans ses démarches pour obtenir la protection de l'asile
        politique, a été constitué par la famille Lebreton et par M. Veilleux pour
        défendre leurs intérêts.
        Dans le texte de la plainte, disponible sur le site d'Algeria-Watch (4), Me
        Baudouin s'appuie largement sur le témoignage de M. Tigha.
        Selon des informations parvenues à Algeria-Watch, à Justitia Universalis
        (organisation particulièrement engagée dans la lutte contre l'impunité en
        Algérie) et au Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH), à
        partir de janvier 2004, l'épouse de M. Tigha, qui vit toujours à Blida avec
        ses deux enfants, dans la cité Frantz-Fanon, à proximité immédiate du CTRI,
        a été l'objet de démarches curieuses qui l'ont beaucoup inquiétée, et plus
        récemment, de menaces directes qui lui font craindre pour sa vie.
        Début janvier, un journaliste français se réclamant du Figaro-Magazine, M.
        Didier Contant, s'est présenté à elle, accompagné d'un journaliste algérien,
        M. Achouri. Ils lui ont dit enquêter sur l'affaire des moines assassinés en
        1996, mais ils l'ont surtout interrogée sur une prétendue implication de son
        mari dans un trafic de drogues et de voitures (à l'époque où il était au
        CTRI) et sur le prétendu enrichissement illicite de la famille. Mme Tigha a
        très vivement démenti ces allégations (Mme Tigha et les frères son mari
        vivent dans des conditions très modestes), mais elle en est restée très
        déstabilisée. Les mêmes questions ont été posées par les deux journalistes à
        d'autres membres de la famille de M. Tigha.
        Le 16 février 2004, on apprenait que Didier Contant a trouvé la mort à
        Paris, en sautant du septième étage d'un immeuble. Selon France-Soir du 17
        février, dans un article intitulé « L'ex-rédacteur en chef de Gamma victime
        d'une chute : il enquêtait sur le GIA », il aurait déclaré récemment à ses
        amis : « J'ai l'impression d'avoir mis les pieds dans une histoire que je ne
        maîtrise pas. »
        Le 10 février 2004, Mme Tigha a trouvé dans son appartement vingt-six
        photos, montrant des maisons détruites ou incendiées, et des cierges
        allumés, ce qui lui est apparu comme une menace. De plus, elle a été
        informée par des relations liées au CTRI qu'elle est désormais suivie, que
        son téléphone est sous écoute et que le DRS aurait investi beaucoup d'argent
        pour éliminer son mari ou pour le faire « exfiltrer » des Pays-Bas et le
        ramener en Algérie.
        Dans l'immeuble où habite Mme Tigha, occupé uniquement par des familles
        d'agents du CTRI, ses voisins l'ont mise en quarantaine, ainsi que ses
        enfants.
        Depuis le 18 février 2004, et jusqu'à ce jour, Mme Tigha est harcelée jour
        et nuit par des coups de téléphone, où des interlocuteurs anonymes lui
        tiennent des propos obscènes, la menacent de la violer, ainsi que ses
        enfants.
        Enfin, le 20 février 2004, le quotidien algérien El-Watan publiait un
        article signé « Salima Tlemçani » et intitulé « Le journaliste français
        Didier Contant poussé au suicide/Victime du qui tue qui ». Cet article,
        truffé de mensonges et de calomnies, mettait très gravement en cause Me
        Baudouin, le journaliste de Canal Plus Jean-Baptiste Rivoire et la direction
        du Figaro-Magazine, et laissait entendre clairement que le témoignage de
        Tigha sur l'assassinat des moines n'était pas crédible. Allégations reprises
        sous une autre forme le lendemain par un autre quotidien algérien,
        L'Expression, et, ce 23 février, par le quotidien Le Matin.

        * Algeria-Watch tient à dénoncer très vivement les menaces exercées à
        l'encontre de Mme Tigha, dont l'objectif évident est de faire pression sur son
        mari pour qu'il ne dépose pas dans le cadre de l'instruction ouverte par la
        justice française le 10 février 2004, suite à la plainte déposée par Me
        Baudouin pour faire la vérité sur l'assassinat des moines de Tibéhirine.

        * Algeria-Watch demande aux gouvernements français et hollandais de prendre
        toutes les dispositions nécessaires :
        - d'une part, pour obtenir du gouvernement algérien que cessent
        immédiatement les agissements de ses services secrets contre Mme Tigha,
        - et, d'autre part, pour garantir la sécurité de M. Tigha en Hollande et
        celle de toute sa famille en Algérie, afin de lui permettre d'apporter son
        témoignage décisif au juge Jean-Louis Bruguière, chargé de l'instruction de
        la plainte de la famille Lebreton.

        * Algeria-Watch dénonce enfin la campagne de presse calomniatrice engagée,
        dans la grande tradition du DRS, contre ceux qui s'efforcent aujourd'hui de
        faire la vérité sur les violations des droits de l'homme en Algérie et en
        particulier sur l'assassinat des moines.

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        VIOLENCES

        (AFP 23.2 / El Watan 26.2) Le 22 février, de violentes émeutes avaient
        éclaré à Ouargla lors d'un mouvement de protestation contre le chômage, et
        le recrutement par les entreprises du secteur pétrolier de travailleurs
        venant du nord du pays au détriment des habitants du sud. Des dizaines de
        jeunes manifestations ont attaqué et saccagé des bâtiments publics, érigé
        des barricades enflammées, pillé des magasins et affronté la police
        anti-émeutes, à la veille d'une visite du président Bouteflika. Le 25, les
        émeutes se sont propagées à Touggourt, pendant la visite du président
        Bouteflika.

        (Dépêche de Kabylie, AP 25.2) Deux membres d'un groupe armé (du GSPC selon
        "Le Matin"ont été tués par les forces de sécurité le 23 février à Rouiba
        (w. Boumerdès).

        (AP 25.2) Un membre d'un groupe armé a été tué à Ammi Moussa, dans la
        région de Relizane, le 23 février.

        (AP 25.2) Un agent municipal de la voirie a été tué dans un attentat à la
        bombe, et un autre blessé, le 24 février à Baghlia.

        (Quotidien d'Oran, Liberté 26.2) Une personne a été tuée et deux autres
        blessées le 25 février à Oued Smar, par un gendarme, pris d'une crise de
        démence selon "Liberté", qui a fait usage de son arme dans une décharge
        publique, lors d'une opération de destruction de pétards. Le gendarme
        fautif a été relevé de ses fonctions et déféré devant le parquet.


        GROUPES ARMÉS

        (AP 23.2) Deux ressortrissants algériens soupçonnés d'être liée à la Qaeda
        ont été arrêtés à Torrevieja et Murcia (sud-est de l'Espagne), le 23
        février. Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir fourni de faux documents,
        dont des passeports, à l'un des responsables d'une organisation de la
        Qaeda, le Yéménite Ramzi Ben al Shibh.


        POLITIQUE

        (AP 24.2 / APS, AFP 25.2 / Quotidien d'Oran, Liberté, L'Expression, La
        Tribune 26.2) Neuf candidats (sur les 45 qui avaient annoncé leur
        candidature à la candidature) ont finalement déposé leurs dossiers de
        candidature, le 24 février : le président Abdelaziz Bouteflika (69 ans, né
        à Oujda, au Maroc); le secrétaire général du FLN Ali Benflis (60 ans, né à
        Batna); le président du Mouvement de la renaissance nationale (MRN, Islah),
        Abdallah Djaballah (48 ans, né à Skikda); la porte-parole du Parti des
        Travailleurs, Louisa Hanoune (56 ans, née à Chefka, Jijel); le président du
        Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi (54 ans, né
        à Aghrib, Tizi Ouzou); le président de Wafa, Ahmed Taleb Ibrahimi (72 ans,
        né à Sétif); le président du Front démocratique, Sid Ahmed Ghozali (64 ans,
        né à Tighenif, Oran); le président du Front national algérien, Moussa
        Touati (50 ans, né à Tablat, Médéa); le chef de "Ahd 54", Faouzi Rebaïne
        (49 ans, né à Alger). Le Conseil constitutionnel s'est immédiatement
        attaché à la vérification de la validité des signatures déposées à l'appui
        de ces candidatures. Cette vérification doit être achevée le 3 mars. Les
        candidats ne disposent pas de droit de recours contre la décision
        éventuelle du Conseil de ne pas valider leur candidature. Chaque candidat a
        été invité à désigner des représentants pour accompagner jusqu'au lieu de
        la vérification (le Palais des Nations) les formulaires de signatures (plus
        de deux millions au total, dont plus d'un million pour Bouteflika), et le
        Conseil constitutionnel a invité les candidats à venir constater
        l'opération de contrôle elle-même.
        Un doute subsiste sur la validation finale des candidatures de Sid Ahmed
        Ghozali, Moussa Touati et Faouzi Rebaïne, qui ont certes déposé des
        dossiers avec au moins les 75'000 signatures requises, mais avec des marges
        de sécurité modestes : Rebaïne a déposé 89'000 signatures, Touati et
        Ghozali 80'000. En revanche, Louisa Hanoune et Saïd Sadi ont déposé plus
        de 100'000 signatures, Taleb Ibrahimi près de 200'000. Les formulaires
        portant la signature de personnes n'ayant pas l'âge de voter, ne portant
        pas le nom ou le paraphe de l'électeur, n'ayant pas été légalisés ou
        l'ayant été par d'autres que le maire, un adjoint au maire ou un notaire,
        seront annulés, ainsi que les formulaires signée par un électeur en ayant
        déjà signé un autre pour un autre candidat.
        "Liberté" annonce dans son édition du 26 février que "Bouteflika, Benflis
        et Hanoune, dont les dossiers ont été traités, seraient déjà qualifiés"
        pour l'élection.
        Sept organisations patronales* ont apporté leur soutien "total" en
        "enthousiaste" au président Bouteflika pour l'élection présidentielle
        d'avril, lors d'une réunion commune le 25 février à Alger.
        *La CAP, le CEIMI, CENAF, la CGOEA, la CNPA, la SEVE (femmes chefs
        d'entreprise), le CEFAF (hommes d'affaires algériens en France) et l'UGEA.
        L'Union nationale des étudiants algériens (UNEA) a apporté son soutien au
        candidat du FLN, Ali Benflis, en ajoutant qu'elle ne soutiendra "jamais" le
        président Bouteflika, allusion à un éventuel deuxième tour, et cela quel
        que soit le candidat (ou la candidate) qui se retrouverait "en finale" face
        à l'actuel président.
        La candidate du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, a développé dans
        une conférence de presse le 25 février le programme politique sur lequel
        elle appuie sa candidature : défense de l'économie nationale, encouragement
        de l'investissement public, création d'emplois, SMIG à 24'000 dinars
        (environ 600 FS, 400 euros), recours aux réserves de change pour aider les
        plus démunis, lutte contre les diktats des institutions financières
        internationales et contre l'influence des multinationales, résiliation de
        l'accord d'association avec l'Union européenne, non adhésion à l'OMC.
        Louisa Hanoune a cependant déclaré que pour elle et son parti, le débat
        électoral était secondaire, et qu'il fallait accorder une priorité absolue
        à la défense de l'Algérie contre les dangers qui la menace. La candidate du
        Parti des Travailleurs a en outre dénoncé les accords conclus entre le
        Premier ministre Ouyahia et les aârchs, sur l'invalidation des élus locaux,
        accords qui "consacrent la division du pays sur une base ethnique".
        Le candidat du RCD, Saïd Sadi, a quant à lui présenté le choix électoral en
        ces termes : "l'alternative ou le chaos", et s'est lui-même présenté comme
        le candidat de toute "l'opposition démocratique". Appelant à une "luttre
        contre la fraude", Saïd Sadi en appelle aussi à une "insurrection citoyenne
        pacifique", et se dit persuadé que seule "une infime minorité" du
        mouvement citoyen en Kabylie est partisane du boycott, et que seule "une
        fraude monumentale" pourrait aboutir à la réeltcion du président Bouteflika.
        En Kabylie, la tendance du Mouvement culturel berbère dirigée par Mouloud
        Lounaouci a appelé à empêcher le président Bouteflika à visiter la région.
        Dans la wilaya de Tizi Ouzou, la coordination des aârchs (la CADC) devait
        arrêter le 27 février le programme de ses actions de campagne pour le rejet
        de l'élection présidentielle, campagne que la CADC veut nationale, et non
        pas confinée à la Kabylie. et le Front des forces socialistes, lui aussi
        opposé, du moins dans les circonstances actuelles, à la tenue du scrutin,
        réunit ses élus sur tout le territoire national. La situation du FFS est
        d'ailleurs assez particulière puisque opposé au scrutin du 8 avril, mais
        aux commandes de la plupart des municipalités de Kabylie, et à ce titre
        impliqué, par ses élus locaux, dans l'organisation dudit scrutin. Lors des
        élections législatives de mai 2002, les élus FFS avaient refusé de se
        prêter à l'organisation du scrutin, et avaient pour cela été poursuivis en
        justice.
        La Ligue arabe a désigné un observateur pour l'élection présidentielle
        algérienne, en la personne de Samir Hosni, à l'invitation du président
        Bouteflika.

        (APS 25.2) Le président Bouteflika a désigné le 25 février trois nouveaux
        sénateurs (membres du Conseil de la Nation, Chambre haute du parlement
        algérien), au titre du "tiers présidentiel" (le président désigne le tiers
        des membres du Sénat), en la personnne d'Abdelghani Akbi, Mustapha Cheloufi
        et Bouzid Lazhari, qui remplace Mourad Redjimi, appelé au gouvernement.

        (Quotidien d'Oran 26.2) Le président Bouteflika a mis fin aux fonctions
        ministérielles d'Abdelmalek Sellal, ci-devant ministre des Transports, le
        25 février, et l'a remplacé, ad interim, par le ministre des Travaux
        publics, Amar Ghoul. Selon des "sources généralement crédibles" évoquées
        par "Le Quotidien d'Oran", Abdelmalek Sellal pourrait devenir le directeur
        de campagne du président-candidat Bouteflika pour l'élection présidentielle
        (c'est le poste qu'avait occupé en 1999 l'un des principaux concurrents de
        Bouteflika cette année, le secrétaire général du FLN Ali Benflis). Selon
        d'autres rumeurs, A. Sellal pourrait être le successeur d'Ahmed Ouyahia à
        la tête du gouvernement.

        (Quotidien d'Oran 26.2) Des travailleurs chinois des chantiers AADL à
        Tiaret ont engagé les 24 et 25 février de violentes actions de protestation
        contre le non-paiement de leurs salaires et le retard du transfert de la
        part en devises destinée à leurs familles en Chine. Une centaine de
        travailleurs chinois ont entamé une marche vers l'ambassade de Chine. Le 26
        février, les travailleurs chinois ont bloqué la route d'Alger, lapidé les
        voitures de passage et roué de coups un responsable chinois.


        ECONOMIE

        (El Watan 26.2) Selon une enquête de l'Institut national du travail, les
        salaires des Algériens ont augmenté, en valeur nominale, de 72,95 % entre
        1996 et 2002, mais "El Watan" rappelle que dans la même période, les prix
        des produits de première nécessité ont été "carrément multipliés par trois,
        voire six" et que si, à la fin des années '80, en enseignant du secondaire
        touchait près de quatre fois le salaire minimum, il ne touche plus
        aujourd'hui que 2,5 fois le SMIGV. En outre, entre 1996 et 2002, le dinar a
        perdu 52 % de sa valeur face au dollar, le dollar se dépréciant lui-même
        depuis une année face à l'euro, monnaie des principaux pays exportateurs de
        biens de consommation vers l'Algérie.


        MEDIA

        (Le Matin 26.2) La chaîne privée de télévision du groupe Khalifa, "Khalifa
        News (ou KNews) a repris le 23 février ses émissions, sur un ton très
        offensif, dirigé contre le "clan présidentiel" en général et le directeur
        de cabinet du président Bouteflika, Larbi Belkheir, en particulier. KNews
        dit ambitionner être la chaîne de l'opposition et de tous ceux que la
        télévision publique "censure et exclut", et affirme vouloir combler le vide
        médiatique en matière de débats contradictoires et de pluralisme politique.


        AGENDA

        DIMANCHE 29 FEVRIER, LYON
        meeting de Ali benflis, candidat à l'élection présidentielle algérienne
        à 15 h 00 Salle JOLIOT CURIE
        68 Boulevard Joliot Curie – VENISSIEUX 69200
        Bus Lignes 35 ou 36 arrêt « Carrefour de Venissieux »

        Organisation : Collectif des Algérien de France
        http://site.voila.fr/forum_democratique

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        * COURS (officiel et approximatif) DU DINAR ALGÉRIEN le 25 février 2004 à
        Paris
        100 DA =
        1,17 Euro
        1,84 Franc suisse

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        SOLIDARITE CIVILE AVEC LES VICTIMES DU TREMBLEMENT DE TERRE D'AL
        HOCIMA

        COLLECTIF DE SOLIDARITE ET DE SOUTIEN AUX VICTIMES DU SEISME AU NORD DU MAROC.

        La région dAL HOCEIMA (ville située au Nord du MAROC) a été secouée par un
        séisme qui a causé dénormes dégâts humains et matériels .
        Plusieurs villages(aux alentours de 15 km d'AL HOCIMA) ont été entièrement
        rasé dont celui d'Ait Kamara à densité importante de population. Selon
        plusieurs sources le nombre de victimes dépassent 500 morts et 300 blessés
        en date du 25 février .
        L'insuffisance des moyens humains et matériels (disponibles localement)
        pour venir en aide aux victimes du séisme, l'enclavement de la région d'AL
        HOCIMA dans une zone montagneuse ayant peu dinfrastructures routières rend
        très difficile l'organisation des secours. Le bilan risque de s'alourdir.
        La situation des infrastructures sanitaires et leurs faibles dotations en
        matériels techniques et humains risque d'être dépassée par les besoins de
        soins d'urgence.
        Face à cette catastrophe ,La communauté Marocaine du Nord Pas de Calais
        appelle tous les citoyens ,les associations, les mouvements politiques, les
        associations caritatives et les collectivités publiques ou privées à
        manifester leurs solidarités avec nos concitoyens en détresse.

        Apportons notre solidarité et notre soutien à la population du Nord du
        MAROC face à cette catastrophe naturelle.

        - Dons matériels jusqu'au 10 Mars (pour faciliter l'organisation de la
        collecte envoyer ou déposer seulement des couvertures, des
        tentes et des produits dhygiène, )
        - Dons financiers par chèque ou par virement àl'ordre de solidarité Lille
        al hocima
        Au crédit agricole, agence d'Hèllemes au compte numéro: 161 042 425 08

        ENVOYER Ou DEPOSER VOS DONS

        AU CAP HUMANITAIRE(du lundi au vendredi)
        44 RUE DE VALENCIENNES
        59000 LILLE

        Rendez vous samedi 28 Février de 10h à 18h dans les locaux du cap
        humanitaire: Journée de solidarité avec les sinistrés d'AL HOCIMA
        Pour toute information ,contactez:
        ANNAHJ ADDIMOCRATI (Voie Démocratique): 06 98 22 11 13
        MEMOIRE VIVE : 06 63 27 84 95

        Initiative soutenue par:
        - ANNAHJ ADDIMOCRATI (Voie Démocratique).
        - MEMOIRE VIVE AGIR POUR LA CITOYENNETE.
        - Association MOSAIQUE.
        Ces dons seront acheminés aux victimes par lAssociation Marocaine Des
        Droits Humains (AMDH Section AL HOCEIMA).

        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

        COMMENT NOUS SOUTENIR

        Ce bulletin paraît en fonction du soutien qu'il reçoit. Merci à celles et
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        "Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards, ni patience"
        (René Char)

        COMMISSION SOCIALISTE DE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE
        CP 343
        CH-1211 Genève 4

        Tel + 41 79 462 39 15
        Fax +41 22 735.88.27
        E-mail : cssi@...

        http://membres.lycos.fr/troubles/algerie.htm
        http://site.ifrance.com/troubles/algerie.htm
        http://isuisse.ifrance.com/CSSI-Troubles/algerie.htm
        http://www.perso.ch/troubles/algerie.htm

        AntiSpam :
        http://www.perso.ch/troubles/cgi-bin/adresse.pl
        http://www.monkeys.com/spammers-are-leeches/

        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@
      • CSSI-Troubles (Pascal Holenweg)
        @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@ BULLETIN D INFORMATION SUR L ALGÉRIE Commission socialiste de solidarité internationale cssi@infomaniak.ch
        Message 3 de 3 , 27 fvr. 2005
        Afficher la source
        • 0 Pièce jointe
          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          BULLETIN D'INFORMATION SUR L'ALGÉRIE
          Commission socialiste de solidarité internationale
          cssi@...

          Genève, le 27 février 2005

          Ce bulletin paraît en fonction du soutien qu'il reçoit. Merci à celles et
          ceux dont le soutien a permis la parution de ce numéro. Pour les modalités
          du soutien, voir en fin de bulletin

          ARCHIVES DES BULLETINS PRÉCÉDENTS :
          http://groups.yahoo.com/group/CSSI-Algerie

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          Voir en fin de bulletin :

          FFS -Front des Forces Socialistes :
          Affaire FEKHAR Kamel Eddine et autres Une stratégie de décapitation sociale
          et politique

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          PROCÈS DE KAMEL EDDINE FEKHAR, RÉPRESSION DU MOUVEMENT POPULAIRE DE
          GHARDAIA : DECLARATION ET PÉTITION DU FRONT DES FORCES SOCIALISTES

          Front des Forces Socialistes
          Déclaration et Pétition

          Le 1er novembre 2004, notre camarade FEKHAR Kamel Eddine, membre de la
          direction nationale du front des forces socialistes, a été arrêté à Alger
          par les Services de sécurité Algériens à sa sortie d’une rencontre
          politique animée par Hocine Ait Ahmed, Abdelhamid Mehri et Mouloud
          Hamrouche à l’occasion du 50ème anniversaire du déclenchement de la guerre
          de libération.
          Accusés injustement, avec onze de ses camarades, d’atteinte à l’ordre
          public, d’attroupement illégal et de destruction des biens de l’Etat, ils
          sont incarcérés à la prison de Ghardaïa en attendant leur procès qui aura
          lieu le 27/02/2005.

          Durant l’automne 2004, le Dr FEKHAR, élu local du front des forces
          socialistes et membre de la ligue pour la défense des Droits de l’Homme
          (LADDH), était l’un des principaux animateurs d’un mouvement de
          protestation pacifique mené par la population de Ghardaïa pour s’élever
          contre les descentes punitives, la « hogra » et les injustices que font
          subir les autorités administratives, policières, et judiciaires aux
          militants des Droits de l’Homme, aux petits commerçants et aux citoyens de
          cette région.

          Une fois de plus, face aux revendications citoyennes légitimes, le pouvoir
          répond par la répression et l’intimidation en mobilisant un appareil
          judiciaire aux ordres.

          Nous, militants de la démocratie et des droits de l’homme, dénonçons et
          condamnons avec énergie ce procès politique qui vise à étouffer toute forme
          de liberté et d’expression autonome et à maintenir l’hégémonie du pouvoir
          sur la société algérienne.

          Ce procès politique sous Etat d’urgence ne doit-il pas interpeller la
          communauté internationale sur les illusions d’ouverture et de
          démocratisation qu’entretient le régime d’Alger ?

          A cet effet, nous appelons :
          La communauté internationale à condamner sans faille ces arrestations
          arbitraires.

          Les opinions publiques nationale et internationale à se mobiliser pour la
          libération de nos camarades.

          Nous, militants du FFS-Immigration, assurons nos camarades de notre
          solidarité indéfectible, et exigeons leur libération immédiate et
          inconditionnelle.

          Pour un Etat de Droit en Algérie.
          Pour le respect des libertés individuelles et collectives.
          Pour la levée immédiate de l’Etat d’urgence.

          Le FFS / conseil de section Ile de France
          Paris, le 19/02/2005


          PETITION

          Le 27 février 2005 à Ghardaïa – Algérie - aura lieu le procès politique du
          Dr FEKHAR Kameleddine, membre de la direction nationale du Front des Forces
          Socialistes avec 11 de ses camarades.

          Nous signataires de cette pétition affichons notre solidarité, assurons de
          notre soutien et exigeons leur libération.

          Front des forces socialistes en Ile de France
          ffs-iledefrance@...

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          LETTRE OUVERTE DE SALAH EDDINE SIDHOUM
          à l’opinion publique et aux ONG des Droits Humains

          Mes chers ami(e)s,

          Les putschistes d’Alger tentent encore une fois de me faire taire en me
          harcelant de convocations.

          En effet aujourd’hui, samedi 26 février 2005, aux environs de 11h 30, deux
          civils armés venus à bord d’un véhicule banalisé de type R19 de couleur
          bleue nuit, se sont présentés en tant que policiers à mon domicile à El
          Mouradia, alors que j’étais sur mon lieu de travail et auprès de mes
          patients à opérer. Ils remirent une convocation à ma vieille tante âgée de
          86 ans (celle-là même qui a eu à affronter les escadrons de la mort venus
          m’assassiner en décembre 1994 et les hommes du sinistre PCO d’El Madania en
          décembre 2002 venus intimider ma famille durant ma clandestinité forcée) en
          lui intimant l’ordre de décliner son identité, ce qu’elle refusa avec
          courage et dignité, en les invitant à aller exercer leur « hogra »
          ailleurs. Cette situation a provoqué l’émoi des habitants du quartier qui
          se sont rassemblés devant mon domicile pour réconforter la vieille tante et
          qui sont venus m’informer des faits dès mon arrivée à 16h à mon domicile,
          scandalisés par ce harcèlement mesquin d’un homme qu’ils connaissent depuis
          cinquante ans dans ce quartier, pour sa disponibilité au service des
          humbles et des « mahgourines ».

          Cette convocation émane de la 14e BMPJ (brigade mobile de la police
          judiciaire) de Birkhadem et me demande de me presenter à la dite brigade
          dès réception du document, muni du livret de famille (sic) pour une « étude
          générale » (dirassa aâma) (resic) selon la dite convocation (ci-joint une
          copie).

          Il est clair que ma dénonciation des atteintes quotidiennes aux droits de
          l’homme dans mon pays à travers l’Observatoire des Droits Humains en
          Algérie (ODHA) avec mes ami(e)s d’Algeria-Watch et mes efforts avec de
          nombreux compatriotes de tous les horizons sans exclusion, à rassembler les
          volontés intellectuelles et politiques en vue d’une alternative pour un
          changement radical et pacifique de régime, dérangent ceux qui ont mis le
          pays à feu et à sang pour préserver leurs privilèges mal acquis et qui
          essaient aujourd’hui d’éviter le Tribunal Penal par une
          pseudo-reconciliation et une pseudo-amnistie garantissant en réalité leur
          impunité contre leurs crimes contre l’Humanité.

          Je pense encore une fois que ceux qui veulent me faire taire se trompent
          d’adresse et que leurs méthodes staliniennes archaïques et révolues
          n’ébranleront pas d’un iota mes profondes convictions dans ma lutte pour le
          respect de la Dignité Humaine, pour un changement radical et pacifique de
          régime et pour une Algérie de toutes et de tous, sans exclusion ni
          exclusive, profondément ancrée dans ses valeurs civilisationnelles et
          grandement ouverte sur l’Universel. Et je suis prêt à retourner au sinistre
          bagne de Serkadji pour mes idées et mon combat pour la dignité et la
          liberté. C’est un grand honneur pour moi et une honte pour les putschistes
          tapis dans l’ombre, après leurs méfaits sanglants.

          A ces derniers je rappelerais seulement les sages paroles d’un intellectuel
          tchèque :

          « Un régime ne se caractérise pas par son comportement envers des millions
          de citoyens obéissants, mais par la façon dont il traite une personne
          désobéissante »

          J’en appelle à l’opinion publique nationale et internationale et aux ONG
          pour dénoncer cette campagne d’intimidation et m’apporter leur soutien
          comme ils l’ont toujours fait, dans ma lutte pour la dignité et la liberté
          contre ce régime corrompu et criminel.

          Alger le 26 février 2005
          Dr Salah-Eddine SIDHOUM
          Chirurgien
          Militant des droits Humains

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          VIOLENCES

          (GSPC, AP 21.2) Le GSPC annonce sur son site internet avoir tué le 18
          février 10 militaires, et en avoir blessé un nombre indéterminé, dans une
          embuscade tendue à un convoi militaire dans la région de Batna. Le
          quotidien "L'Expression" annonce pour sa part que quatre militaires et
          plusieurs islamistes armés ont été tués, et sept militaires et miliciens
          locaux (GLD) blessés, dans une embuscade (la même ?) tendue par le GSPC,
          dans le Djebel Akoukar, dans la région de Batna.

          (Liberté 26.2) Deux membres du GSPC ont été tués à une date indéterminée
          dans des opérations de ratissage engagées par l'armée, le 24 février,
          contre les maquis de Mizrana, Sidi Ali Bounab, Si Mustapha et Azeroual (w.
          Boumerdès).

          (DW, Le Matin du Maroc 26.2) Le Président Bouteflika a évalué, dans un
          discours devant des cadres de la centrale syndicale UGTA, à 150'000 le
          nombre des victimes du "terrorisme" en Algérie depuis 1992, et à 30
          milliards de dollars le coût des dégâts sur les infrastructures économiques
          et sociales. Le dernier bilan évoqué par le président Bouteflika date de
          plusieurs années, et faisait état de 100'000 morts et de 20 milliards de
          dollars de dégâts.


          GROUPES ARMÉS

          (Jeune Afrique 20.2) Selon "Jeune Afrique", certains cadres du GSPC
          proposeraient un changement de nom du groupe, qui deviendrait le "Tandhim
          al-Quaïda fi bilad al-Barbar" (Organisation de la Qaeda en pays berbère),
          comme l'organisation du Jordanien Abou Moussab al Zarqaoui, le Tahwid al
          Djihad, est devenue en décembre 2004, avec l'aval d'Oussama Ben Laden,
          l'Organisation de la Qaeda en Mésopotamie (Tandhim al-Qaïda fi bilad
          ar-Radifain).

          (Le Quotidien d'Oran 24.2 / L'Expression 27.2) Un ancien cadre des GIA,
          chef d'une cellule islamiste à Londres, Nadir Remi, a été arrêté le 23
          février avec son fils à l'aéroport de Rome. Recherché depuis 1992 par
          l'Algérie, Remi avait obtenu le statut de réfugié politique en Grande
          Bretagne en 1991, puis la natiuonalité britannique. Il est accusé par
          l'Algérie de gérer les comptes des GIA dans une succursale londinienne
          d'une banque arabe, et d'avoir été responsable de la publication du
          bulletin des GIA, "Al Ansar".
          Un présumé "terroriste" algérien détenu en Espagne, "Abdelkader L.",
          devrait être extradé en Algérie, à la demande, approuvée par le
          gouvernement espagnol, des autorités algériennes. L'Algérie et l'Espagne
          ont signé le 24 février à Madrid un accord de coopération judiciaire dans
          les domaines civils et commerciaux, et échangé les instruments de
          ratification d'un accord de coopération judiciaire en matière pénale. Les
          deux pays ont annoncé l'ouverture de négociations pour un accord
          d'extradition des personnes en situation irrégulière, et évoqué la
          coopération bilatérale dans la lutte contre le terrorisme. L'Espagne a
          proposé à l'Algérie la création d'un groupe de coopération judiciaire et de
          sécurité, du même type que celui créé avec la France en 2001.
          Une conférence sur le terrorisme, organisée en Espagne à l'occasion de la
          commémoration des attentats du 11 mars 2004, devrait se tenir début mars.
          Le président Bouteflika y a été invité, ainsi que le Secrétaire général de
          l'ONU Kofi Annan.


          POLITIQUE

          (L'Expression 21.2 / Liberté 23.2 / Quotidien d'Oran 26.2 / ODHA, LADDH
          27.2) Le procès de Kamal Eddine Fekhar, responsable du Front des forces
          socialistes et militant des droits de l'Homme, et de seize autres personnes
          accusées de divers crimes et délits liés au mouvement populaire de
          protestation qui avait secoué Ghardaïa en octobre 2004, qui devait se tenir
          le 27 février à Ghardaïa, a été reporté à une date ultérieure, en principe
          avant fin mars. Aucun des 17 accusés, détenus au titre de la préventive,
          n'a pu bénéficier d'une mise en liberté provisoire, que demandaient leurs
          défenseurs.
          Le Front des forces socialistes, par la voix de son Premier secrétaire
          national Ali Laskri, a dénoncé la "manoeuvre politico-judiciaire" dont
          Kamal Eddine Fekhar, Premier secrétaire fédéral du parti à Ghardaïa, est la
          victime, et a rendu les autorités de la wilaya, en particulier le wali
          (préfet) responsable des troubles qui ont secoué la Ville, et dont Kamal
          Eddine Fekhar est accusé d'être l'instigateur, alors qu'il n'avait fait que
          dénoncer les "dépassements" des forces de l'ordre, des cas de torture et
          l'"abus d'autorité". Le FFS accuse le pouvoir de vouloir créer une crise
          entre les différentes communautés de Ghardaïa. Les élus locaux du FFS sur
          tout le territoire national ont annoncé qu'ils observeraient deux jours de
          grève, les 26 et 27 février, pour manifester leur soutien au Dr Fekkar.
          Dans les assemblées locales et départementales où le FFS est majoritaires,
          des résolutions seront proposées, pour être adressées au ministre de
          l'Intérieur. Une pétition a également été lancée et les responsables du
          parti ont demandé à être reçus par les ambassadeurs (ou leurs
          représentants) de Belgique, des USA, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, du
          Sénégal, d'Afrique du Sud, du Canada, de Suisse et de Grande-Bretagne, à
          Alger. Les ONG internationales de défense des droits humains, notamment
          Amnesty International et la FIDH ont également été sollicitées. Le FFS
          exige la libération des détenus de Ghardaïa et l'arrêt des poursuites
          judiciaires contre tous les militants du mouvement citoyen. "En vertu de
          l'état d'urgence, les autorités s'arrogent le droit de violer les lois
          qu'elles ont elles-mêmes promulguées, de bâillonner la société et de
          supprimer toutes les libertés fondamentales. Couvert par ce dispositif, le
          pouvoir érige un régime spécial à chacune des régions du pays (afin de)
          museler et immobiliser par une répression sauvage tout élargissement de la
          dissidence citoyenne, nationale et pacifique", constate le FFS, qui ajoute
          que dans ce dispositif, "la justice est instrumentalisée", et qui exprime
          sa crainte que "si on ne se mobilise pas, le pouvoir va éradiquer le
          politique".
          Le Front des forces socialistes a reçu le soutien de l'ancien Secrétaire
          général du FLN Abdelhamid Mehri, qui comme le FFS s'inquiète de l'ampleur
          des restrictions aux libertés d'expression et d'activité partisane.
          Abdelhamid Mehri y voit un obstacle supplémentaire sur le chemin d'une
          réconciliation nationale "parsemée d'entraves et d'épines"

          (ODHA 24.2) Le leader du Front islamiste du Salut, Ali Benhadj, a été
          interpellé le 24 février à Hussein Dey (Alger) alors qu'il se rendait à une
          conférence publique du Parti des Travailleurs. Ali Benhadj a été emmené au
          commissariat central d'Alger, pour une garde à vue.

          (El Watan 24.2 / DW, Le Matin du Maroc 26.2) Le président Bouteflika a
          affirmé, dans un discours devant des cadres de la centrale syndicale UGTA,
          qu'il n'envisageait d'amnistie générale pour mettre un terme à la violence
          que "lorsque les larmes auront séché et que les plaies se seront
          refermées", même s'il avait "le pouvoir d'amnisier". "La société vengera la
          victime et le combat qui prônent un islam qui n'est pas le nôtre
          continuera", a ajouté le Président, s'adressant à la mère d'une victime du
          terrorisme.

          (L'Expression 24.2 / Le Matin du Maroc 26.2) Le gouvernement algérien a
          entériné le 213 février un avant-projet d'ordonnance modifiant le Code de
          la nationalité, et prévoyant notamment la suppression de la condition de
          "répudiation de la nationalité d'origine pour acquérir la nationalité
          algérienne". Le projet rendrait donc possible la légalisation de la double
          nationalité, tolérée par les autorités alors que la loi s'y opposait. Des
          centaines de milliers d'Algériens possèdent une deuxième nationalité, dans
          la plupart des cas la nationalité française. L'avant-projet prévoit
          également la reconnaissance de la nationalité algérienne d'origine "par
          filiation maternelle" (seule la filiation paternelle est actuellement
          reconnue par la loi), la transmission de la nationalité algérienne acquise
          aux enfants, la possibilité d'acquérir la nationalité algérienne "par le
          mariage avec un Algérien ou une Algérienne". Le site internet de la
          présidence algérienne explique que ce projet de réforme vise à mettre "à
          niveau" la législation algérienne et les conventions et traités
          internationaux ratifiés par l'Algérie, et à consacrer "l'égalité entre
          l'homme et la femme (...) la protection des enfants (...) et
          l'assouplissement des conditions d'accès à la nationalité algérienne".
          L'avant-projet adopté par le gouvernement tend donc à substituer
          progressivement, comme base du droit de la nationalité, le "droit du sol" à
          la française au "droit du sang" sur quoi se fonde le code actuel.

          (Liberté 24.2, 26.2) Le Comité national des libertés syndicales (CNLS),
          créé par les syndicats autonome, organisait à Alger le 24 février une
          conférence nationale des cadres syndicaux sur le thème "libertés syndicales
          et droit de grève". Le premier rapport du CNLS sur les libertés syndicales
          en Algérie devrait en outre être présenté à la conférence. Le projet de
          rapport dénonce la volonté du pouvoir de "faire passer des réformes
          douloureuses et impopulaires (en muselant) les syndicats (et) en décrétant
          un monopole syndical à travers le syndicat historique" UGTA. Le CNLS avance
          neuf revendications pour consacrer le respect des libertés syndicales en
          Algérie, et parmi ces revendications celles du respect du droit des
          organisations de travailleurs à constituer des fédérations et des
          confédérations, le respect du droit de toutes les organisations syndicales
          à participer aux négociations collectives, la prise en compte des syndicats
          autonomes en tant que partenaires sociaux.
          La veille de la conférence des syndicats autonomes, le président Bouteflika
          avait quant à lui proclamé (devant des cadres de l'UGTA) qu'il ne
          reconnaissait que l'UGTA comme syndicat représentatif. Le coordinateur du
          CNLS, Tahar Besbas, en a tiré la conclusion que le président est "dérangé
          par les syndicats autonomes".

          (Quotidien d'Oran 26.2) Selon le Comité national des boulangers et
          pâtissiers, la grève a été suivie à 80 % à l'échelle nationale, 90 % à
          Alher, Oran et Constantine, près de 95 % à Tizi Ouzou et M'sila, de 100 % à
          Illizi. Le Comité assure que "les boulangers n'ont jamais revendiqué une
          augmentation du prix du pain", mais seulement celle de leur marge de
          bénéfice.


          ECONOMIE

          (Liberté 21.2) Dans son rapport sur l'économie algérienne publié le 15
          février, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la réelection du
          président Bouteflika en avril 2004 favorisera l'accélération des réformes
          structurelles (que le FMI appelle de ses voeux), et que l'Algérie a
          propgressé dans sa "transition vers l'économie de marché", tout en se
          situant, dans cette transition, en retard par rapport aux autres pays de la
          région. L'Algérie se trouve également en retard, selon le FMI, dans la
          lutte contre la corruption.
          Le FMI encourage les autorités algériennes à "réduire la participation
          directe de l'Etat dans les secteurs productifs" et à engager une
          privatisation "plus rapide et plus étendue des entreprises publiques" et
          une réduction de la taille de la fonction ppublique, mais admet que des
          dépenses "additionnelles" soient engagées pour "atténuer" les coûts sociaux
          des réformes structurelles et institutionnelles.

          (AFP 24.2 / La Tribune 26.2) La dette extérieure de l'Algérie s'est établie
          au 31 décembre 2004 à 21,411 milliards de dollars, selon la Banque
          d'Algérie, soit 1,8 milliard de dollars de moins qu'à fin 2003. Le service
          de la dette (hors remboursements anticipés) était de 4,44 milliards de
          dollars fin 2004, soit 12,6 % de la valeur des exportations, contre 17,7 %
          fin 2003. Ce ratio exprime, selon la Banque d'Alkgérie, la "soutenabilité
          de la dette extérieure de l'Algérie". Les crédits accordés à l'Algérie
          proviennent à 95 % de pays membres de l'OCDE, et à 69 % de pays membres de
          l'Union européenne. La part de la dette libellée en euro a atteint 39,9 %,
          celle en dollar se situe à 39 %, celle en autres monnaies (yen, livres
          sterling, franc suisse etc...) à 21,1 %. C'est la première fois que la part
          de la dette algérienne libellée en euro est plus forte que celle libellée
          en dollars, ce qui a vraisemblablement ralenti le rythme de la réduction de
          la dette, du fait de la forte réévaluation de la monnaie européenne par
          rapport à la monnaie américaine. La Banque d'Algérie prévoit que fin 2005,
          la dette se situerait autour de 18,8 milliards de dollars, et en 2009 à 9,8
          milliards de dollaes, dans l'hypothèse d'un prix du pétrole brut algérien à
          42,7 dollars/baril en 2005 et 43 dollars/baril en 2009.
          Par ailleurs, en janvier 2005 les USA sont devenus le premier client de
          l'Algérie, avec 20,3 % des exportations, pour une valeur de 526 millions de
          dollars), devant l'Italie (19,8 %, 513 millions de dollars) et la France
          (11,51 %, 298 millions de dollars). La France reste de loin le premier
          fournisseur de l'Algérie, avec 20,87 % des importations algériennes, pour
          une valeur de 323 millions de dollars, devant l'Italie (9,11 %, 141 mios)
          et les USA (6 %, 94 mios).

          (AP 23.2 / El Watan 24.2) L'Office national algérien des statistiques (ONS)
          a annoncé que le taux de chômage en Algérie avait considérablement baissé
          en un an, passant de 23,7 % de la population active (soit 2 millions de
          personnes) en 2003 à 17,7 % (soit 1,7 million de personnes) en 2004, et
          qu'a contrario le taux d'activité de la population algérienne était passé
          de 21,2 % de la population résidente en septembre 2003 à 24,4 % en
          septembre 2004. L'industrie et le bâtiment ont été les secteurs les plus
          créateurs d'emplois, avec une hausse de leurs effectifs de 26 % en un an.
          Les chiffres les plus contradictoires sont fournis quant au taux de chômage
          en Algérie. Le ministre des Finances, Abdelhatif Benachenhou, l'a évalué à
          19 % de la population active (soit 1,3 point de plus que le taux officiel),
          en précisant que son évaluation ne tenait pas compte du "marché informel de
          l'emploi". Devant des cadres de l'UGTA, le 23 février, le président
          Bouteflika l'a situé à 13 %


          SOCIÉTÉ

          (AP 23.2 / Le Temps, L'Expression, El Watan24.2 / Le Monde 25.2) Le
          gouvernement algérien a approuvé le 22 février une partie du projet de
          révision du Code de la famille proposé par la Commission instituée par le
          président Bouteflika en octobre 2003 afin de "remédier aux anomalies et
          carences quii caractérisent la législation de la famille algérienne".
          Le projet initial de la commission manifestait une volonté réformatrice
          mesurée, et dont les aspects les plus importants concernaient d'une part
          l'abolition de la tutelle masculine pour le mariage des femmes majeures et
          d'autre part le divorce, avec l'introduction du principe du droit de garde
          des enfants pour les deux parents et celle du principe du droit au maintien
          du domicile conjugal pour celui des parents qui obtiendra la garde des
          enfants.
          La proposition d'abolir totalement la tutelle masculine pour le mariage des
          femmes majeures a été finalement repoussée par le président, confronté à
          une virulente opposition islamiste sur ce sujet. C'euût été la principale
          avancée de la réforme du Code de la famille.
          Par ailleurs, le projet tend à généraliser le divorce judiciaire au
          détriment de la répudiation (mais il n'abolit pas celle-ci, et impose une
          dizaine de conditions aux femmes pour qu'elles puissent demander le
          divorce), à répartir "équitablement" les biens acquis par le couple, à
          limiter la polygamie en la soumettant à l'accord des épouses et à celui
          d'un juge, et à accorder logement conjugal à celui (dans la plupart des
          cas celle) des deux époux qui aura obtenu la garde des enfants. L'âge du
          mariage est uniformisé à 19 ans (il était de 21 ans pour l'homme et de 18
          ans pour la femme) et le futur époux ne plus donner procuration à une
          tierce personne pour le représenter lors de la conclusion d'un mariage.Le
          projet instaure en outre l'obligation d'un contrat de mariage.
          Au final, la révision du Code de la famille se réduit à une avancée
          technique, dont certaines féministes espèrent qu'elle peut ouvrir la voie à
          une abrogation pure et simple du code, puisqu'il s'avère que ce texte n'est
          plus tabou, mais dont les organisations féministes (notamment l'association
          Femmes en détresse, le collectif "20 ans barakat !", Tharwa n'Fadma
          n'Soummer, la commission des femmes travailleuses de l'UGTA et le
          Rassemblement algérien des femmes démocrates) dénoncent la pusillanimité.
          Reste au président et au gouvernement à faire adopter leurs propositions,
          face à une opposition islamiste qui a promis de toute faire pour bloquer
          cette adoption. Pour éviter une fronde parlementaire, les modifications du
          Code de la famille devraient être promulguées par ordonnance, le président
          ayant, constituionnellement, ce pouvoir. Le "recul" du président et du
          gouvernement sur la question du totorat est interprété par une partie de la
          presse comme un choix politique lié non au contenu du projet de réforme du
          Code de la famille, mais au projet d'amnistie générale, pour lequel le
          président a besoin du soutien islamiste, et de constituer un "bloc
          islamo-nationaliste" solide. Les deux partis islamistes légaux, le MSP et
          Islah, ont d'ailleurs salué le recul gouvernemental, même si Islah regrette
          le contournement du débat parlementaire. De nombreux imams avaient dénoncé
          dans leurs prêches les contradictions entre le projet initial et la charia,
          et les zaouias (confréries religieuses traditionnelles) avaient réclamé le
          maintien du tutorat. Face à l'opposition islamiste au projet initial, les
          associations féministes ne s'étaient que timidement manifestées, et les
          partis laïcs avaient fait preuve de la même discrétion. Les unes et les
          principaux des autres (notamment le FFS, le Parti des Travailleurs et le
          RCD) réclamaient d'ailleurs non la réforme du Code de la famille, mais son
          abrogation, et l'intégration des dispositions légales concernant la
          famille, le mariage, le divorce et les questions connexes et annexes dans
          le Code civil.


          DROITS DE L'HOMME

          (Le Monde 24.2) Le militant tunisien des droits humains Khemmais Chammari,
          mandaté par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH),
          s'est vu interdire le 22 février d'entrer en Algérie, où il se rendait en
          compagnie du président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH),
          Mokhtar Trifi, autorisé lui à entrer en Algérie mais qui a refusé d'y
          entrer en signe de solidarité avec Chammari. Les deux hommes se rendaient à
          Alger pour préparer les interventions des organisations de défense des
          droits humains lors du sommet des Etats arabes, les 22 et 23 mars à Alger.
          Les deux hommes ont passé la nuit dans un poste de police de l'aéroport
          d'Algere, puis sont repartis pour Paris. Ils accusent le régime tunisien
          d'avoir fourni à Alger une liste d'"indésirables" mêlant terroristes
          présumés et militants des droits de l'Homme, et la LTDH a dénoncé
          "l'amalgame délibéré entre terrorisme et défense des droits humains".

          (Le Temps 26.2) La Commission des droits de l'Homme de l'ONU devrait être
          prochainement saisie d'une proposition d'instrument jurudiquement
          contraignant pour la protection des personnes contre les disparitions
          forcées. En 1992, l'Assemblée générale de l'ONU avait adopté une
          déclaration, non contraignante, fixant un cadre et un code de conduite dans
          ce domaine, et s'agit maintenant "d'aller plus en avant, de passer de la
          simple recommandation à la contrainte pour les Etats qui ratifieront le
          texte", explique l'Ambassadeur de France auprès de l'ONU à Genève, Bernard
          Kessedjian. Une session réunissant à Genève 80 représentants d'Etat,
          experts et représentants d'ONG a abouti à une proposition comportant
          notamment une définition claire de la "disparition", l'énoncé de mesures
          préventives et la proposition de créer un organe international de suivi.
          Sur la définition de la "disparition", le projet dit qu'on "entend par
          disparition forcée, l'arrestation, la détention, l'elèvement commis par des
          agents de l'Etat suivis d'un déni de reconnaissance de la privation de
          liberté ou de la dissimulation du sort réservé au disparu, le soustrayant à
          la protection de la loi". *
          S'agissant des mesures préventives, devant éviter qu'une arrestation
          aboutisse à une disparition, il est proposé un texte bannissant les
          détentions au secret, le rétention d'information aux familles, le contrôle
          de la tenue des registres des prisons et leur ouverture aux observateurs,
          notamment ceux du CICR.
          S'agissant du suivi, un organe international est proposé, en charge de la
          supervision du futur traité et de son respect dans les faits, mais
          également d'une fonction d'"alerte précoce", les premières heures d'une
          "disparition" étant cruciales.
          Le texte sipulerait que la pratique généralisée ou systématique de la
          disparition forcée constitue un crime contre l'humanité, ce qui ouvrirait
          la voie à la saisine d'instances judiciaires nationales et internationales
          (la Cour pénale internationale, notamment), et à l'utilisation du principe
          de "compétence universelle" pour poursuivre dans un pays les responsables
          de "disparitions" survenues dans un autre pays.
          Les ONG de défense des droits humains se félicitent de cette avancée, mais
          regrettent que le texte ne proscrive pas clairement toute amnistie et
          reconnaisse le "privilège des Etats et de leur parlement" d'accorder ou non
          une amnistie. Pour les ONG, l'amnistie de responsable de "disparitions"
          équivaut à leur accorder l'impunité.

          *Nacera Yous-Dutour, présidente de l'association algérienne SOS-Disparus,
          résume : "Un disparu se fabrique ainsi : la police embarque quelqu'un pour
          l'interroger, revient chez lui le lendemain pour un complément d'enquête.
          La famille dit : mais il est chez vous, vous l'avez pris hier ! La police
          répond alors qu'il a été libéré dans la soirée et que, s'il n'a pas rejoint
          son domicile, c'est qu'il se cache et qu'il a donc bel en bien quelque
          chose à se reprocher".

          (L'Expression 24.2) Dix ans après la mutinerie de la prison de Serkadji (au
          moins 100 morts, presque tous des prisonniers, ainsi que quatre gardiens)
          en 1995, le procès du principal accusé, l'ex-gardien Hamid Mebarki, devrait
          reprendre le 9 mars. L'avocat de Mebarki annonce "de nouveaux
          rebondissements", sans en préciser la nature, mais en évoquant des
          "révélations graves". Mebarki a été jugé une première fois, avec 37 autres
          accusés, le 14 janvier 1998. En mars 2001, quinze des condamnés de 1998
          avaient été innocentés, et Mebarki condamné à la perpétuité.


          MEDIA

          (UIPF) Dans un entretien accordé à l'organe de l'Union internationale de la
          presse francophone, "La Gazette", le président Bouteflika s'exprime
          longuement sur sa conception de la liberté de la presse, de la
          responsabilité des journalistes et des rapports entre la presse et le pouvoir.
          Le président algérien déclare souscrire "évidemment" à la Déclaration de
          Windhoek, soutenue par l'UNESCO, qui proclame qu'une presse "indépendante,
          pluraliste et libre est indispensable à la démocratie ainsi qu'au
          développement économique". Abdelaziz Bouteflika estime que le cadre
          juridique dans lequel évoluent les media algériens est "aussi libéral,
          sinon plus, que celui qui existe dans d'autres pays, y compris dans les
          pays développés", et que les limites à la liberté de la presse sont celles
          "exigées par la sécurité du pays, la dignité des citoyens et le respect des
          convictions de notre peuple". Mais il ajoute que la liberté de la presse a
          pour "contrepartie la responsabilité des journalistes" et leur respect d'un
          code de déontologie "qui les astreint à un contrôle par eux mêmes et par
          leur profession".
          Le président algérien estime qu'en Algérie "comme partout ailleurs, il y a
          des journalistes qui (...) vont au-delà de ce qui est acceptable au non de
          la liberté d'expression", et que s'agissant de ces cas-là, "il est tout à
          fait légitime de faire appliquer la loi", que les abus de la liberté
          d'expressions "touchent des personnes privées (ou) le pouvoir lui-même". Il
          enjoint aux organisations "étrangères" qui défendent les journalistes de
          "s'assurer (qu'il) n'y a pas eu un dépassement de la part de leurs
          collègues. avant de s'engager dans une action de protestation tout à fait
          infondée", et il ajoute que les cas évoqués par l'UIPF (notamment le cas de
          Mohammed Benchicou, directeur du "Matin") et qui ont "suscité l'émotion de
          ces organisations" ne se rapportent pas à des délits de presse mais à des
          délits de "droit commun", traités "en tant que tels (...) car un
          journaliste est aussi un citoyen qui reste soumis à la loi commune du
          pays". Pour le reste, assure Abdelaziz Bouteflika, "chaque journaliste est
          libre de ses engagements, pourvu qu'il n'outrepasse pas les règles de la
          déontologie", et "une presse indépendante du pouvoir est absolument
          nécessaire" pour diffuser les "règles de la démocratie", même si la
          contradiction est constante entre les hommes politiques qui gèrent "des
          situations réelles jonchées de pesanteurs" et des journalistes qui n'ont
          pas d'autres contraintes que "celles que lui impose la déontologie, quand
          il s'en soucie". Mais, assure le président, le niveau de formation des
          journalistes algérien n'a "rien à envier"à celui de leurs collègues étrangers.
          S'agissant précisément des journalistes étrangers, et des ONG, Abdelaziz
          Bouteflika affirme qu'en "règle générale", depuis son élection en 1999, les
          autorisations d'entrer en Algérie ont été délivrées à ceux et celles qui en
          ont fait la demande, et que leurs visites "se sont faites dans la liberté
          totale des visiteurs", mais il reconnaît que "dans quelques cas
          particuliers", des visas d'entrée ont été refuséeà des organisations ou des
          personnes qui avaient montré "un parti pris flagrant et malveillant à
          l'égard de l'Algérie", car "il nous est difficile de supporter une
          hostilité gratuite supplémentaire" après une "décennie de violence et de
          malheurs".
          Répondant enfin à la question de savoir si les media et les journalistes
          sont pour lui des alliés, des adversaires ou une "entité extérieure" à sa
          démarche, et si les rapports entre le pouvoir et les media se résument en
          un rapport de force ou sont définis dans le cadre d'une "relation plus
          subtile", le président Bouteflika répond que "les journalistes et les
          médias sont des intermédiaires entre le pouvoir et la société", et que la
          presse d'opposition joue le rôle que lui-même "attend d'elle", car sans sa
          critique, "il ne m'est pas possible d'ajuster mes programmes ou de
          rectifier mes orientations". Chacun fait son métier, et il n'y a pas lieu
          "d'inscrire nos relations dans le cadre d'un rapport de force", conclut
          Abdelaziz Bouteflika.
          L'UIPF assure pour sa part qu'elle "continuera de militer, y compris auprès
          du président algérien, pour que, plus jamais, un journaliste ne soit jeté
          en prison pour ses opinions".

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          * COURS (officiel et approximatif) DU DINAR ALGÉRIEN le 26 février 2005 à
          Paris
          100 DA =
          1,06 euro
          1,63 Franc suisse

          @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

          FFS - Front des Forces Socialistes
          Affaire FEKHAR Kamel Eddine et autres : Une stratégie de décapitation
          sociale et politique

          Depuis que les émeutes populaires sont devenues l’ultime recours de la
          société face aux multiples dysfonctionnements de l’administration, à
          l’absence de médiation crédible et à la misère, le pouvoir a adopté une
          politique de répression féroce.

          Cette répression s’appuie sur deux volets. D’une part, la riposte violente
          des forces de police face à tout mouvement social de contestation, cette
          brutalité exacerbe les tensions et fait monter en cadence la confrontation
          entre pouvoirs publics et population.

          D’autre part, des vagues d’arrestation qui, aux cotés de citoyens pris au
          hasard, ciblent les militants associatifs et politiques. Cette stratégie
          met en œuvre au plan policier ce qui a prévalu au niveau militaire durant
          la décennie écoulée :

          * Refus de la voie du dialogue et de l’apaisement.
          * Provocations policières de manifestations pacifiques pour les amener
          à dégénérer en émeutes.
          * Répression indiscriminée extrêmement brutale.
          * Ciblage des militants dont l‘arrestation et l’inculpation pour des
          délits très lourds vise à éradiquer toute contestation pacifique organisée.

          Aujourd’hui, comme lors de la décennie 90, le pouvoir se sent directement
          menacé non par le mécontentement social et la violence qui pouvait en
          découler, mais par toute forme d’auto- organisation de la population. Plus
          que jamais, l’encadrement de la société, la formulation en terme syndicaux,
          politiques ou simplement collectif des doléances des citoyens sont
          combattues avec une extrême vigueur.

          Pour cela, le pouvoir n’hésite pas à mettre en œuvre contre la société, la
          stratégie qu’il a appliquée face à l’insurrection islamiste. Cette
          stratégie de décapitation sociale et politique, outre qu’elle fait des
          brutalités policières, de l’instrumentalisation de la justice et de la
          colère des citoyens de simples pions à manipuler pour le maintien en place
          d’un régime honni, entretient le désespoir et met dangereusement en péril
          l’avenir du pays en rendant proprement insupportable les conditions de
          citoyen algérien.

          Derrière la rhétorique contradictoire des pouvoirs publics qui d’un coté
          annoncent l’amélioration de la situation globale du pays en mettant en
          avant ses réserves financières, et de l’autre coté rendent publics des
          chiffres alarmants concernant divers secteurs sociaux, pour justifier la
          mise en place d’un système encore plus répressif il faut voir l’obstination
          d’un régime décidé à se maintenir coûte que coûte.

          Tous les signaux sont au rouge et le pouvoir le sait :

          * Extension désastreuse de la misère
          * Précarisation multiforme de la majorité de la population
          * Augmentation alarmante de toutes les formes de criminalité
          * Extension du suicide
          * Prolifération des troubles psychiatriques
          * Dépression sociale généralisée ( incivilités, violences familiales…)

          Ceci n’est pas un scénario du pire mais bien l’état des lieux de l’ALGERIE
          d’aujourd’hui tel qu’établi et rendu public par divers secteurs des
          services de l’Etat.

          Dans un tel contexte, il est fondamental pour un régime qui n’a pas encore
          achevé l’opération de dépeçage du pays et du partage de ses richesses entre
          clans, parrains et sponsors d’éviter ABSOLUMENT un scénario à
          l’Ukrainienne, à la Géorgienne ou autre qui viendrait basculer son agenda.

          En violant la société, en réprimant brutalement l’encadrement sociale et
          politique qui ne participe pas à l’opération de prédation, le pouvoir dont
          les institutions sont largement gangrenées étend cette gangrène à la
          société dont les lieus de solidarité et de confiance sont mis à rude épreuve.

          La seule riposte face à cette stratégie destructrice reste une vigilance
          sous failles qui vise la préservation du lieu social sur une base éthique.

          La politique aujourd’hui n’est plus une affaire d’état-major, de
          bureaucratie partisane ou de dénonciation enflammées.

          Elle est affaire de :

          * Solidarité agissante avec les victimes
          * Défense politique des accusés
          * Démystification de la radicalité violente (émeutes…)
          * Construction tant au plan du discours que de l’action d’une
          RADICALITE PACIFIQUE.


          Le Secrétariat national
          Lettre à l’opinion publique nationale et internationale

          Le dimanche 27 février 2005, se déroulera devant la chambre criminelle du
          tribunal de Ghardaïa, le procès des 17 détenus du mouvement de protestation
          de la wilaya de Ghardaïa dont le docteur FEKHAR Kamel Eddine, secrétaire
          national et élu du Front des Forces Socialistes et membre de la Ligue
          Algérienne de Défense des Droits de l’Homme.

          Ils sont poursuivis pour les chefs d’inculpation suivants : attroupement
          illicite, obstruction de la voie publique, destruction de biens de l’Etat,
          utilisation d’armes blanches et incendie volontaire.

          Des accusations disproportionnées et loin de correspondre à la réalité du
          mouvement de protestation pacifique mené par la population de Ghardaïa pour
          protester contre les descentes punitives, la hogra et les injustices que
          font subir les autorités administratives, policières et judiciaires aux
          militants des droits de l’homme, aux commerçants et aux citoyens de cette
          région.

          Cette criminalisation des accusations vise à alourdir les peines des
          prévenus mais surtout à faire renoncer les algériennes et les algériens à
          toute activité politique ou de promotion des droits de l’homme.

          En vertu de l’état d’urgence, les autorités s’arrogent le droit de violer
          les lois qu’elles ont elles même promulgué, de bâillonner la société et de
          supprimer toutes les libertés fondamentales. Couverts par ce dispositif, le
          pouvoir érige un régime spécial à chacune des régions du pays qui consiste
          à museler et à immobiliser, par une répression sauvage, tout élargissement
          de la dissidence citoyenne, nationale et pacifique.

          L’affaire de Ghardaïa démontre également l’instrumentalisation systématique
          de la justice et la culpabilisation de la population. Sensée garantir le
          plein exercice des libertés individuelles et collectives, la justice donne
          aujourd’hui l’image d’une institution aux ordres, fouet entre les mains des
          décideurs qui œuvrent à éradiquer toute forme d’auto-organisation sociale
          et toute formulation politique des revendications de la population.

          Devant les charges qui pèsent sur les détenus et les risques d’un procès
          inéquitable qui impliquerait de lourdes peines, et compte tenu de la
          volonté affichée des autorités à vouloir infliger des sanctions contre les
          protestataires et les militants des droits de l’homme, le Front des Forces
          Socialistes ;

          - Exige la libération des détenus de Ghardaïa et l’arrêt des poursuites
          judiciaires contre tous les acteurs du mouvement de contestation pacifique
          à l’échelle nationale.

          - Appelle l’opinion publique nationale et internationale et les
          organisations non gouvernementales à exprimer leur solidarité agissante en
          faveur de FEKHAR Kamel Eddine et des autres détenus et à veiller à l’équité
          de leur procès.

          - Appelle toutes les instances nationales et internationales et en
          particulier les organisations de défense et de promotion des droits de
          l’homme à prendre des initiatives concrètes pour la défense des algériennes
          et algériens déterminés à exercer leurs droits politiques, économiques,
          sociaux et culturels.

          Le Premier Secrétaire

          Ali Laskri


          Arguments juridiques

          Cet argumentaire juridique est une simple confrontation des faits avec les
          dispositions du code pénal algérien. Il met en évidence l’écart entre les
          textes de loi et leur application. La justice est souvent dominée par les
          autorités exécutives qui, en vertu de l’Etat d’urgence, rend subversive,
          toute forme de contestation sociale, économique où politique.

          Les quelques arguments déclinés ci-dessous, montrent l’étendue des
          interférences dans la qualification des délits. La criminalisation de
          l’instruction est une démarche destinée exclusivement à charger les prévenus.

          Violation de la constitution : atteinte au droit à la liberté d’expression
          et au droit de grève pourtant garantis par le texte fondamental du pays

          Des jeunes arrêtés lors d’une mobilisation pacifique revendiquant un
          dialogue avec les autorités sont présentés devant la chambre
          correctionnelle et criminelle du tribunal de Ghardaïa, pour des chefs
          d’inculpation correspondant à un mouvement insurrectionnel.

          Violation de la loi par le premier magistrat de la wilaya

          Lors d’un attroupement non armé, la loi, en vertu de l’article 97 du code
          pénal, exige que le premier magistrat de la localité (wali, le chef de
          daïra ou bien le maire) lance des appels au calme ou des sommations avant
          d’incriminer les gens. Cette procédure n’a pas été suivie puisque le wali a
          refusé catégoriquement de dialoguer avec les représentants des manifestants
          venus demander audience.

          Violation du pacte international relatif aux droits civils et politiques
          ratifié par l’Algérie

          La détention préventive où provisoire ne se justifie pas dans le cas des
          détenus de Ghardaïa. L’Algérie a ratifié le pacte international relatif aux
          droits civils et politiques, ce qui induit l’obligation de respecter le
          principe du droit à la liberté et la présomption d’innocence. La détention
          provisoire doit être une mesure exceptionnelle, les personnes ne sont donc
          détenues provisoirement que si elles représentent un danger pour la société
          et exercent des pressions sur les témoins ou détruisent des preuves.

          Violation du code de procédure pénale

          La détention provisoire des inculpés est en violation avec l’article 123 du
          code de procédure pénale puisque ces derniers ont tous des garanties de
          représentation. La principale étant un domicile fixe. Les inculpés sont
          actuellement en phase d’instruction, après la collecte d’informations par
          le juge d’instruction, il clora le dossier. Il sera alors transféré vers le
          tribunal de Ghardaïa

          Fausse qualification

          Les cinq chefs d’inculpation : destruction de biens de l’Etat, attroupement
          illicite, utilisation d’armes blanches, obstruction de la voie publique et
          incendie volontaire, sont passibles, en vertu des articles 97, 98, 396 et
          396 bis du code pénal à des peines allant de la réclusion à plus de 20 ans
          jusqu’à la condamnation à mort. Ces articles sanctionnent une insurrection
          armée alors qu’à Ghardaïa, il s’agissait d’une protestation pacifique et
          populaire.


          Chronologie des événements

          Dimanche 10 octobre 2004 : Deux jours avant le Ramadhan, des brigades
          composées du service des douanes, des fraudes et de la concurrence du
          commerce organisent une descente inopinée dans la ville de Ghardaïa pour un
          contrôle de factures. Une opération qui suscite l’indignation des
          commerçants qui déplorent le caractère sélectif et les dessous inavoués
          d’une telle opération. Selon ces commerçants, il est de notoriété publique
          que tout le monde travaille sans factures, tant les fournisseurs/barons des
          containers, que les détaillants. Ils soutiennent également qu’un contrôle
          sérieux se doit de commencer par une maîtrise et une surveillance au niveau
          des quais du port d’Alger, pourvoyeur de toutes les marchandises qui se
          retrouvent sur le marché.

          Plus grave, ils dénoncent cette descente “ punitive ” qui épargne les
          innombrables acteurs du marché parallèle qui, eux, sévissent sans la
          crainte d’être appréhendés et n’obéissent à aucun contrôle des services de
          la concurrence.

          Lundi & mardi 11,12 octobre 2004 : Toutes les échoppes de la ville ont
          baissé rideau répondant au mot d’ordre de grève. Des centaines de personnes
          ont ensuite répondu à l’appel des commerçants à un sit-in organisé sur la
          place centrale de la ville.

          Malgré une attente de plus de plus de douze heures (de 07 h matin jusqu’à
          19h), les commerçants ont veillé au caractère pacifique de leur
          manifestation. Aucun incident, ni destruction n’a été enregistrée malgré
          l’attitude arrogante et méprisante du wali qui s’est obstiné à refuser de
          recevoir leur délégation.

          Mercredi 13 octobre 2004 : Une nouvelle fois, les commerçant se sont
          rassemblés dans le calme pour exiger des autorités locales une écoute et
          une prise en charge de leur revendication. Pour seule réponse, les forces
          de l’ordre ont chargé ce rassemblement pacifique et une répression sans
          commune mesure dans la région s’est abattue sur la population. Les bombes
          lacrymogènes ont inondé la place, les domiciles privés, les établissements
          scolaires…avant de passer à des arrestations massives et arbitraires.

          Les service de sécurité, en véritable armée de mercenaires, ont fait subir
          des tortures physiques et morales impensables pour les citoyens de
          Ghardaia. Personnes dénudées qu’on exhibe sur la voie publique, expéditions
          punitives dans les domiciles, agressions de personnes âgées, saccage de
          véhicules particuliers, destruction de compteurs d’eau et d’électricité.

          Jeudi 14 octobre 2004 : Une délégation de la population composée
          d’associations, de notables et d’animateurs de la ligue algérienne de
          défense des droits de l’homme a été reçue par le président de l’Assemblée
          Populaire de Wilaya, le wali et les représentants des autorités locales. La
          délégation a exigé le retrait des renforts policiers pour apaiser la
          situation, la libération des détenus et s’est proposée de mener une
          médiation entre les manifestants et les services de sécurité. Pendant ce
          temps, les détenus étaient auditionnés (pourtant à une heure tardive de la
          soirée !) par le procureur de la république.

          vendredi 15 octobre 2004 : Comme convenu avec les autorités, suite au
          retrait d’une partie des services de sécurité le calme s’est
          progressivement installé dans la ville. Un calme qui n’a duré que quelques
          heures, puisque le procureur de la république ordonne l’arrestation d’une
          quarantaine de jeunes manifestants. Les recherches se sont transformées en
          exhibitions policières qui se sont soldées par l’arrestation et
          l’incarcération dune vingtaine de personnes. Ces provocations ont bien sûr
          déclenché des réactions populaires contre les services de sécurité.

          Samedi 16 octobre 2004 : Le calme mêlé à la terreur règne sur Ghardaïa
          devenue ville morte. Les noms des jeunes arrêtés sont portés à la
          connaissance de la population à travers les relais non-officiels de
          l’administration. Ceux-ci sollicitent les familles de détenus afin de les “
          conseiller ” de retirer leurs proches des structures politiques et de la
          Ligue des Droits de l’Homme, dans l’espoir d’une libération rapide. Des
          mandats d’arrêts sont lancés contre six animateurs du Front des Forces
          Socialistes et de la LADDH : FEKHAR KAMEL EDDINE, MESBAH HAMOU, OUYABA
          MOHAMED, DJELMAMI MOHAMED, GUELTA MOHAMED, DJAADI BAHMED.

          Lundi 18 octobre 2004 : Dans un communiqué rendu public, la LADDH
          s’interroge sur les visées de l’acharnement du pouvoir sur ses militants,
          qui sont d’après la ligue “ quotidiennement présents sur le terrain pour
          dénoncer les multiples violations des droits de l’homme ” . Elle appelle
          également, à une solidarité internationale pour faire échec à la volonté du
          pouvoir de mettre au pas les militants des droits de l’homme et lance un
          appel urgent à l’Observatoire International pour la Protection des
          Défenseurs des Droits de l’Homme pour assurer une protection pour ses
          militants.

          Mardi 19 octobre 2004 : 25 parmi les 36 personnes interpellées pour
          attroupement lors de la manifestation des commerçants ont été jugés au
          tribunal de Ghardaïa. Le verdict prononcé par la chambre correctionnelle du
          tribunal de Ghardaïa est la condamnation de 11 prévenus à 4 mois de prison
          ferme, 10 autres à une peine de 08 mois avec sursis et 4 acquittements. Un
          verdict qui n’a pas agrée les citoyens rassurés par les promesses de
          libération des autorités, notamment celles du président de l’APW et des
          notables. Il n’a pas agréé non plus les avocats de la défense qui décident
          d’introduire un pourvoi en cassation à la cour suprême.

          Mercredi 27 octobre 2004 : Les responsables de la LADDH ont animés une
          conférence de presse, demandant le départ du Wali de Ghardaïa, coupable
          d’avoir contribué aux émeutes violentes en refusant de recevoir les
          commerçants contestataires.

          Dimanche 31 octobre 2004 : A la fin de la conférence – débat, animée à
          Alger par MM. Hocine Ait Ahmed, Mouloud Hamrouche et Abdelhamid Mehri à
          l’occasion du 50ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée pour
          l’indépendance, le docteur Kamel Eddine FEKHAR, premier secrétaire du FFS à
          Ghardaïa et modérateur de la conférence a été appréhendé sur le site d’une
          manière musclée à 00H30 par trois individus armés. Après que le commissaire
          de police de la localité eut nié toute implication de ses agents dans cet
          enlèvement, une délégation du FFS conduite par le Premier secrétaire du
          parti s’est rendue commissariat central d’Alger. Là, l’officier de
          permanence a reconnu l’arrestation du Dr FEKHAR KAMEL EDDINE par ses
          services, qui auraient agit en exécution d’un mandat d’arrêt lancé contre
          lui par le juge d’instruction près le tribunal de Ghardaïa.

          Mardi 02 Novembre 2004 : Le Dr Kamel-Eddine FEKHAR est présenté devant le
          procureur général près le tribunal de Chéraga, qui après l’avoir auditionné
          durant la matinée, décide son transfert vers le commissariat central où
          seront accomplies les formalités de son déplacement à Ghardaïa.

          Lundi 08 Novembre 2004 : Auditionné par le juge d’instruction près le
          tribunal de Ghardaïa, le docteur Fekhar et onze de ses camarades sont
          poursuivis pour cinq (05) chefs d’inculpation : Attroupement illicite,
          incendie volontaire, destruction de biens de l’Etat, utilisation d’armes
          blanches et obstruction de la voie publique. Le jour même, le Dr FEKHAR
          s’est vu refusé une demande de liberté provisoire en dépit des garanties
          données par son collectif d’avocats, son parti le FFS et sa famille.

          Mardi 09 Novembre 2004 : Le Front des Forces Socialistes (FFS), dans un
          communiqué rendu public par sa direction nationale, dénonce
          l’instrumentalisation de la justice et la poursuite des opérations
          d’arrestation et de répression contre les citoyens. Le FFS qui exige la
          libération de tous les détenus des événements qui ont secoués la vallée de
          M’zab, lance un appel à l’opinion publique nationale et internationale pour
          se mobiliser et se solidariser activement avec la population de Ghardaïa.

          Samedi 20 Novembre 2004 : Plusieurs syndicats dont le SNPSP et le SNAPAP,
          ont exprimé dans un communiqué rendu public, leur soutien et leur
          solidarité avec le Dr FEKHAR. Nombre de ses patients diffusent une
          déclaration-témoignage de reconnaissance de bonne conduite et de moralité
          professionnelle de ce dernier. En guise de solidarité avec les détenus, des
          comités de soutien sont constitués et une pétition de témoignage et de
          solidarité est lancée. Plus de sept mille signatures, dont plus cinq cent
          (500) de commerçants, apposant leur cachet-signature, sont collectées
          auprès de toutes les couches de la population. Les commerçants adressent
          une lettre ouverte au chef de l’Etat pour témoigner leur solidarité et
          demander la libération des détenus.

          Lundi 22 Novembre 2004 : Après avoir examiné l’appel introduit par le
          collectif de défense ainsi que le recours déposé par le procureur de la
          république concernant les personnes relaxées lors du premier procès, le
          juge de l’audience à la chambre correctionnelle près la cour de Ghardaïa à
          rendu le verdict de la condamnation de 18 des 25 prévenus à une peine de 8
          mois de prison avec sursis et la confirmation et l’élargissement de
          l’acquittement de 7 autres.

          Samedi 18 décembre 2004 : Le Dr Kamel Eddine FEKHAR et 11 de ses codétenus
          de la prison de Ghardaïa, entament une grève de la faim illimitée pour
          exiger leur libération. Ils ont décidé d’inscrire leur grève de la faim
          dans la durée malgré les promesses verbales du procureur de la République
          et du juge d’instruction quant à une éventuelle libération.

          Mardi 21 décembre 2004 : Au cinquième jour de la grève de la faim et devant
          la dégradation de son état de santé, le docteur FEKHAR Kamel Eddine est
          transféré en urgence à l’hôpital de Ghardaïa. Après avoir subi les soins
          nécessaires, le détenu est reconduit à sa cellule. Dans une déclaration
          rendue public, le FFS déclare que “ cette grève de la faim est l’expression
          de la détermination inébranlable de citoyens qui refusent de se taire et
          qui refusent d’abdiquer devant les multiples injustices et violations des
          droits de l’homme auxquelles est soumise la population de Ghardaïa ”.

          Jeudi 23 décembre 2004 : Sur insistance de sa famille et à la demande de
          son parti, le Front des Forces Socialistes, le docteur Kamel Eddine FEKHAR
          suspend sa grève de la faim.

          Samedi 05 février 2005 : Dans une déclaration de sa direction nationale, le
          FFS dénonce ce qu’il qualifie de “ cabales judiciaires et de persécution
          policière ” qui s’abattent sur ses militants, plus particulièrement à
          l’intérieur du pays. Il affirme en substance que “ le pouvoir s’acharne à
          s’opposer à toute contestation pacifique et démocratique ”. Le FFS soutien
          que le maintien illégal et d’une manière indéfinie de l’état d’urgence,
          vise à légaliser et à prétexter toutes les violations des droits de l’homme.

          Dimanche 06 février 2005 : La chambre d’accusation de la cour de Ghardaïa
          examine une nouvelle fois le dossier du Dr Kamel Eddine FEKHAR. Son avocat,
          Me Benissad affirme que l’instruction est quasiment terminée et que les
          faits ont été “ criminalisés ” par le juge d’instruction. Il déclare que la
          défense plaidera pour la reclassification des faits. Il prévient que les
          sanctions qui peuvent en découler si l’affaire passe devant la chambre
          criminelle peuvent être très graves.

          Lundi 07 février 2005 : Après avoir entendu le Dr Kamel Eddine FEKHAR,
          dirigeant du Front des Forces Socialistes, et son collectif de défense
          composé des maîtres Mustapha Bouchachi, Nourdine Benissad et Nourdine
          Ahmime, la chambre d’accusation décide de renvoyer l’affaire devant le
          tribunal criminel.

          Dimanche 13 février 2005 : La date du Procès du Dr FEKHAR Kamel Eddine et
          de ses co-détenus est fixée au 27 février 2005.


          Témoignage

          . ADDAOUD ABDERRAHMANE B/OMAR

          Etudiant en 4ème Année Chimie Industrielle à l’université de OUARGLA

          La nuit du mercredi 13 au jeudi 14 octobre ; au moment des événements, je
          m’apprêtais à aller à la mosquée ATTAKWA à proximité de chez moi. Une
          mosquée que je fréquente habituellement et régulièrement avec mon ami et
          camarde de l’université Cheikh Salah Salah, pour assister à la prière d’El
          ICHA. Nous constatons des attroupements au niveau de la place BAB EL HADDA.
          Nous évitions la foule et prenions la rue parallèle et adjacente qui
          débouche elle aussi sur la mosquée.

          Arrivés au niveau de la rue perpendiculaire EL KOURTY des agents de la
          police d’intervention au nombre de 07 ou 08 avaient surgit de cette rue et
          nous avaient encerclé, ils nous demandèrent où nous, nous rendions et notre
          réponse était : A la mosquée et nous n’avons rien avoir avec les émeutiers.
          Ils examinèrent nos mains pour voir s’il y avait des traces de pierres. Il
          n’y trouvèrent rien et malgré cela, ils commencèrent à nous tabasser. L’un
          d’eux m’assigna un violent coup en plein visage avec sa matraque et l’autre
          un coup avec son rangers en plein tibia. Même en étant par terre, ils se
          mettaient à me rosser par leur matraques et à l’aide d’un tuyau de caoutchouc.

          Malgré cela j’ai pu m’échapper mais j’ai été arrêté par deux autres agents
          qui bloquaient le bout de la rue. Là encore, j’avais été matraqué et ils
          m’ordonnèrent de ma dévêtir et arrachèrent mes vêtements et me laissèrent
          complètement nu en plain rue et m’ordonnèrent d’aller rejoindre les groupes
          de jeunes. Ils riaient et proféraient des obscénités et des blasphèmes.
          J’étais allé me cacher derrière une voiture puis j’ai pu ramasser mes
          vêtements et enfiler un short et m’éloignais pour remettre mes habits.
          Arrivé au niveau d’un groupe de jeunes, je perdis connaissance pour la
          deuxième fois; car la première fois j’étais entre les mains des policiers
          qui me réveillèrent par des gifles et des coups. Là je me réveillais dans
          une ambulance de la protection civile.

          A l’hôpital TIRICHINE, le médecin me passa plusieurs radios des différentes
          parties de mon corps et me donna un certificat médical avec une incapacité
          de travail de 10 jours et une ordonnance médicale. Depuis je souffre de
          traumatismes d’ecchymoses et des séquelles psychologiques et mentales
          graves et encore plus affligeantes.

          Lu et reconnaît l’authenticité du récit et des faits tels qu’ils se sont
          déroulés.

          M. ADDAOUD ABDERRAHMANE


          Liste des détenus de Ghardaïa

          Djamal Ilias, Boughaloussa Abderahmane, Bahmani Noureddine, Bahaz Hammou,
          Fekhar Fayçal, Boukermouche Aïssa, Kouzrit Omar, Ouyaba Hacène, Dedjal
          Abdallah, Babaz Khoudir, Addoune Fawzi, Fekhar Kamel Eddine Mesbah Hammou,
          Ouyaba Mohammed, Djelmami Mohammed, Guelta Mohammed, Djaadi Bahmed.

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