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2.11 Bulletin d'information de la CSSI sur l'Algérie

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  • Pascal Holenweg
    @@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@@ BULLETIN D INFORMATION SUR L ALGÉRIE Commission socialiste de solidarité internationale Genève, le 2 novembre
    Message 1 de 1 , 2 nov. 2001
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      BULLETIN D'INFORMATION SUR L'ALGÉRIE
      Commission socialiste de solidarité internationale
      Genève, le 2 novembre 2001

      Ce bulletin paraît en fonction du soutien qu'il reçoit. Merci à celles et
      ceux dont le soutien a permis la parution de ce numéro. Pour les modalités
      du soutien, voir en fin de bulletin

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      DECLARATION DU CONSEIL NATIONAL DU FRONT DES FORCES SOCIALISTES

      Le conseil national réuni en session ordinaire les 4 et 5 octobre 2001 a
      procédé à l'analyse de la situation générale du pays et à l'issue d'un long
      débat rend public cette déclaration.

      Notre parti vient de commémorer le 38ème anniversaire de son existence dans
      un climat de violence, de répression, de confusion, de manipulations,
      d'exclusions et de misère sociale.

      Tout en rendant un vibrant hommage aux anciens militants et aux militantes,
      à leur engagement sincère et leurs immenses sacrifices, le FFS s'honore
      d'avoir à perpétuer, dans la fidélité aux idéaux, les luttes politiques
      dont la finalité n'est autre que de briser les carcans qui enferment le
      peuple algérien et l'empêchent de se libérer individuellement et
      collectivement.

      Le Conseil national considère que le devoir de mémoire est essentiel pour
      mieux comprendre le présent et pouvoir envisager l'avenir. Faut-il rappeler
      que la proclamation de la naissance du FFS n'était autre qu'un acte de
      refus de la confiscation de la souveraineté populaire et du non respect des
      promesses du 1er Novembre 1954 ?

      Un déni de justice que les pouvoirs successifs ont reproduit en refusant
      aux Algériennes et aux Algériens leur droit à l'autodétermination à travers
      l'élection d'une Assemblée constituante.

      Le Conseil national met en garde le pouvoir contre cette obstination
      suicidaire à opposer le mépris, la violence et la manipulation aux
      légitimes aspirations des Algériennes et des Algériens.
      La révolte d'une jeunesse humiliée, exclue et marginalisée, mais déterminée
      à arracher ses droits, tous ses droits, est la preuve que le système n'est
      pas parvenu, en dépit de la sophistication de ses instruments de terreur
      politique, idéologique et physique à soumettre la population.

      De la révolte d'octobre 1988 à la dissidence nationale citoyenne et
      pacifique d'avril 2001, les Algériennes et les Algériens ont signé l'acte
      de décès d'un système aux antipodes des exigences du 3ème millénaire et qui
      ne survit qu'en menant la guerre aux civils.

      Le Conseil national du FFS considère qu'il est temps de prendre conscience
      de la nécessité d'une transformation radicale, non violente et démocratique
      et de mettre fin aux stratagèmes dangereux visant à ravaler une façade et
      donner l'illusion du changement.
      L'ère des fausses réformes et des constitutions préfabriquées est désormais
      révolue.
      Les Algériennes et les Algériens ne sont pas dupes : les revendications
      légitimes exprimées sont d'essence démocratique radicale et ne sauraient se
      combiner avec un bricolage constitutionnel et institutionnel dont la
      finalité est de perpétuer le système.
      Le pluralisme linguistique est indissociable des pluralismes politiques et
      syndicaux ; tout comme les droits sociaux sont inséparables des droits
      politiques.
      Par conséquent, la revendication de Tamazight en tant que langue nationale
      et officielle ne peut s'inscrire que dans le cadre d'un processus de
      transition démocratique qui consacre le pluralisme et le respect des droits
      de l'homme et restitue au peuple algérien son droit à l'autodétermination.

      Le Conseil national dénonce les tentatives visant à greffer sur une
      mobilisation citoyenne nationale des projets suspects tels l' " autonomie "
      ou le " fédéralisme " sous couvert de régionalisation qui n'ont pour effet
      que de chercher à briser l'élan politique de notre jeunesse.
      Faut-il d'ailleurs s'étonner que ces projets émanent d'acteurs connus pour
      être inféodés aux clans d'un pouvoir qui excelle dans l'art de la diversion
      et qui a tout mis en œuvre pour régionaliser les revendications et "
      ethniciser " le conflit.

      Le Conseil national appelle les Algériennes et les Algériens à demeurer
      vigilants et à déjouer les manœuvres, d'où qu'elles viennent, qui visent à
      pervertir le sens de la mobilisation.

      L'état d'urgence reste le principal instrument par lequel se maintient un
      système autoritaire à visage pluraliste. C'est par son biais que se sont
      constitués et multipliés les réseaux politico-financiers occultes, dans
      lesquels agissent en toute liberté et dans l'impunité les lobbies maffieux
      qui font main basse sur le pays, s'emploient à liquider le secteur public
      et à brader les richesses nationales.
      Cet état d'exception non proclamé a aboutit à l'extinction de toute vie
      politique, à la confiscation des moyens d'information et à la suppression
      progressive des libertés.
      Il a autorisé et légalisé le crime politique et économique.

      Le Conseil national lance un appel aux forces politiques et sociales
      autonomes, - partis, syndicats, associations, comités de citoyens - pour
      réfléchir et agir ensemble pour mettre fin à cette situation de non droit
      et imposer l'alternative démocratique.

      Par ailleurs, le Conseil national considère que les attentats odieux qui
      ont ciblé les Etats-Unis interpellent la conscience de l'humanité entière.
      La communauté internationale doit faire de la paix un objectif stratégique.
      L'internationalisation de la lutte contre le terrorisme doit permettre dans
      un même mouvement, l'internationalisation de la démocratie et des droits de
      l'Homme.
      Le rempart le plus sûr et le plus durable contre la violence et
      l'insécurité est le renforcement de la démocratie et le respect des droits
      de l'Homme partout dans le monde.


      Front des Forces Socialistes 56, Souidani Boudjema - Alger tel:
      21321694141 fax: 21321484554
      e-mail : ffscom@...

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      POSTFACE DE HABIB SOUAIDIA Ã L'ÉDITION ESPAGNOLE DE "LA SALE GUERRE"

      (source : algeria-watch en francais )

      Habib Souaidia, Paris, 23 octobre 2001

      Après la parution de mon livre en France, le 8 février 2000,
      une polémique médiati-que d'une violence incroyable s'est
      déclenchée dans mon pays, orchestrée par les ser-vices
      secrets algériens. Elle visait à décrédibiliser mon témoignage
      sur cette monarchie militaire qui a confisqué à son profit
      l'héritage colonial de l'Algérie. Et à dévaloriser ma
      dénonciation de la responsabilité des généraux et colonels à
      la tête des forces spé-ciales engagées dans la lutte
      antiterroriste - dont j'ai fait partie pendant trois années - dans
      la guerre effroyable qui ensanglante mon pays depuis 1992.
      Des dizaines d'articles ont été publiées dans la presse
      algérienne, mais aussi française, dans lesquels des
      journalistes et des intellectuels ont utilisé tous les moyens, y
      compris les plus bas, contre moi.

      Le vent du boulet
      Cette offensive n'est que la poursuite logique de la guerre
      médiatique et psycholo-gique menée, depuis le
      commencement de la " lutte antisubversive ", par le service
      d'action psychologique du DRS (l'ex-Sécurité militaire),
      dirigé pendant toutes ces an-nées par le colonel Hadj Zoubir
      (il paraît qu'il a été limogé de son poste quelques mois après
      la parution de mon livre…). Comme je l'ai expliqué, ce
      service a réussi à recru-ter de nombreux journalistes et
      intellectuels algériens pour défendre un régime ma-fieux et
      totalitaire, manipuler l'information de façon à occulter la
      responsabilité des forces de sécurité dans les violences et la
      barbarie, et à l'attribuer uniquement aux ter-roristes
      islamistes. Telle était la stratégie suivie par les " décideurs "
      pour mener une guerre à huis clos contre tout un peuple.

      Quand ils ont vu l'écho médiatique de La sale guerre, ils ont
      senti le vent du boulet. Et ils ont réagi comme à leur
      habitude : on m'a accusé d'être un " terroriste ", un " ripoux",
      un " voleur " et même un " violeur ". Les services ont
      propagé les calom-nies les plus fantaisistes, certaines
      franchement comiques, comme cet entrefilet du quotidien
      algérien Le Soir, que je ne résiste pas à citer intégralement : "
      L'auteur de La sale guerre, le livre qui tente de laver les
      islamistes de leurs crimes en imputant les massacres de
      citoyens aux forces de l'ordre, est, depuis deux jours, en
      Israël, apprend-on de sources informées. Officiellement,
      Souaïdia est à Tel-Aviv pour la promotion de son livre qui
      vient d'être édité en hébreu par Daniel Bensimo, un éditeur
      connu pour son engagement pur sioniste. Ce dernier s'est,
      d'ailleurs, montré très généreux envers Souaïdia qui a
      touché, en contrepartie des droits du livre, une somme de
      plus de 280 000 FF. Une somme pour le moins inhabituelle
      dans le domaine de l'édition, pré-cise-t-on . " Il s'agit là bien
      sûr d'une invention pure et simple : il n'a jamais été ques-tion
      que mon livre soit traduit en hébreu, et je ne suis
      évidemment jamais allé en Israël (il faut savoir qu'en Algérie,
      comme dans les autres pays arabes, un moyen très
      classi-que pour les régimes en place de déconsidérer leurs
      opposants est de les accuser d'être " complices de sionistes")

      Des relais du pouvoir ont affirmé que j'avais été " acheté
      avec de grosses som-mes ", ou que mon témoignage était "
      tronqué " et qu'il s'agissait de " visions sim-plistes et
      réductrices ". Le ministre de la Justice (ex-Premier ministre),
      Ahmed Ouya-hia, a annoncé le 2 mars 2001 que je serai
      jugé pour ce livre, " une action qui participe d'une agression
      contre l'Algérie par certains milieux et dont les animateurs
      [qu'il n'a pas autrement désignés] sont connus de tous ".
      Dans la même veine grotesque, quinze jours après la sortie
      de mon livre, le Mouvement de la société pour la paix de
      Mahfoud Nahnah (l'un des partis " islamistes " qui
      soutiennent les généraux) a fait savoir que mon livre et celui
      de Nesroulah Yous sur le massacre de Bentalha étaient
      l'émanation de " cercles français qui œuvrent pour une
      galaxie politique connue pour ses orienta-tions et ses
      accointances avec les parties travaillant pour l'envenimement
      (sic) dans le pays " et visant à " faire le procès de l'institution
      militaire et des services de sécuri-té " ; et qu'il allait "
      procéder à l'installation d'un groupe de personnalités pour se
      constituer partie civile contre l'éditeur des deux livres et leurs
      auteurs ". Ce qui n'a évidemment jamais été fait…

      Mais la réaction la plus significative est venue de l'homme le
      plus puissant de l'Algérie, le général de corps d'armée
      Mohamed Lamari. Dans un long " ordre du jour aux
      officiers, sous-officiers et djounoud " (soldats), en date du
      26 février 2001 , il a dénoncé une " campagne médiatique
      délirante " visant à " remettre d'actualité le my-the du "Qui
      tue qui ?" ". Lamari a rappelé aussi ma condamnation à une
      peine de pri-son, pour me déconsidérer. Mais quel crédit
      peut-on accorder à ces commentaires, ve-nant du
      représentant d'un pouvoir qui transforme les mensonges en
      vérité, qui interdit toute enquête, même nationale ? Dans
      quel pays se disant " démocratique " des mas-sacres, parfois
      de centaines de pauvres gens, peuvent avoir lieu sans que
      personne, au sein de l'autorité publique, n'éprouve le besoin
      de diligenter une enquête ?

      J'ai toujours dit que je suis prêt à témoigner en Algérie, du
      moins si une enquête sé-rieuse a lieu. Je me considère
      comme complice des atrocités que j'ai vues. Je n'ai pas
      empêché qu'on massacre des gens. S'il y a une justice sur
      cette terre, je suis prêt à payer. Pourquoi mentirai-je ? On a
      fait le sale boulot et je suis prêt à le dire pour que justice soit
      faite. Mais je sais aussi que, tant que ces généraux sont au
      pouvoir, la jus-tice algérienne est à leur botte et que nos
      magistrats n'ont aucune possibilité de faire mener des
      enquêtes et de prononcer des jugements vraiment
      impartiaux. C'est pour-quoi je demande, avec beaucoup de
      mes compatriotes, une enquête internationale.

      Des " erreurs " qui n'en sont pas
      Je ne dis pas que tous ceux qui ont mis en cause mon
      témoignage sont manipulés ou recrutés par le service d'action
      psychologique du DRS. Certains l'ont fait sans doute par
      conviction. Mais je dois constater que, au-delà des
      convictions et des insultes, les dizaines de faits précis que je
      rapporte dans mon livre n'ont fait l'objet que de très ra-res
      contestations. L'une d'elle est venue d'un journaliste
      anglo-algérien, Francis Ghi-lès, lequel prétend avoir relevé "
      deux erreurs qui créent la suspicion ", dont il affirme pouvoir
      " témoigner " .

      Celui-ci conteste d'abord que le général Ali Boutighane (dont
      je dis, page 127, qu'il était partisan d'une réconciliation avec
      les islamistes ) ait pu être assassiné, en 1995, parce qu'il ne
      bénéficiait pas d'une protection rapprochée : selon lui, le
      général Bou-tighane " a toujours refusé toute protection,
      estimant que le risque zéro n'existe pas ". Mais il n'y a là
      aucune " erreur " de ma part : le jour ou une enquête
      véritablement impartiale sera menée sur cette affaire,
      j'indiquerai qui sont les responsables de son assassinat et les
      témoins absolument fiables dont je tiens que le général
      Boutighane s'était vu refuser, quelques jours avant son
      assassinat une protection armée (et pour-quoi la cause
      immédiate de sa mort a sans doute été l'enquête qu'il menait
      sur une grave affaire de corruption impliquant de hauts
      responsables du commandement des forces navales).

      La seconde " erreur " concernerait la fameuse affaire dite "
      de l'Amirauté ", en fé-vrier 1992, lors de laquelle un
      commando islamiste attaqua le commandement des for-ces
      navales (CFN) à Alger, tuant quatre militaires. J'ai expliqué
      (p. 57) qu'il s'agissait d'une " provocation particulièrement
      tordue " de la Sécurité militaire, qui avait été baptisée "
      Opération pastèque " par le général Mohamed Lamari. Pour
      M. Gilhés, " la vérité est autre ". D'abord, dit-il, parce que
      l'attaque visait la base navale d'Alger et non le siège du CFN,
      distant de 800 mètres (" il est étonnant qu'un officier affecté
      à des rondes régulières au centre d'Alger se trompe ainsi ",
      affirme-t-il, sous-entendant que je parle de ce que je ne
      connais pas) ; mais j'ai expliqué que l'attaque visait "
      L'Amirauté ", lieu qui regroupe, autour du siège du CFN, la
      base navale et d'autres bâtiments de la marine, très proches
      les uns des autres : il est donc parfaitement ridi-cule de voir
      là une contradiction. Ensuite, parce que, selon le même
      journaliste, l'élève-officier Djnouhat qui, avec plusieurs de
      ses camarades, avait été complice de l'attaque, n'a pas été
      arrêté en 1991 comme je le dis (avant d'être relâché, puis
      réin-carcéré plus tard), mais en 1994 : je maintiens
      fermement tout ce que j'ai écris à ce sujet, qui m'a été
      rapporté en détail par Djnouhat lui même, que j'ai connu en
      prison (mais aussi par d'autres témoins et officiers chargés
      de cette affaire dont je n'ai pas parlé et que je pourrai faire
      connaître quand une véritable enquête sera menée).

      J'ajoute que l'article de M. Ghilès comporte des détails et des
      informations (comme le prénom de Djnouhat) dont je ne fais
      pas état dans mon livre et qui, à ma connais-sance, n'ont
      jamais été rendus public dans la presse algérienne : je me
      demande bien, neuf ans après les faits, quelles sont ses
      sources aujourd'hui… Et j'espère un jour avoir des réponses
      à mes questions sur beaucoup d'autres faits étranges de ce
      type sur-venus après la parution de mon livre.

      Une autre " erreur " qui m'a été reprochée concerne le "
      massacre de Douar Ez-Zaatria ". J'ai raconté précisément
      (pages 89-90) comment mes supérieurs, une nuit de mars
      1993, m'avaient ordonné d'escorter avec mes hommes un
      camion transportant une vingtaine d'éléments de mon
      régiment et du DRS, déguisés en combattants isla-mistes,
      jusqu'à un carrefour situé à quelques kilomètres de ce
      village, situé à une tren-taine de kilomètres au sud-ouest
      d'Alger ; le camion avait ensuite, seul, poursuivi sa route
      dans sa direction. De retour à la caserne, j'ai compris, par
      l'un des membres du commando, qu'ils venaient de
      commettre un massacre, dont j'avais donc été,
      involon-tairement, le complice.

      Après la parution du livre, des journalistes français et
      algériens sont allés enquêter à Douar Ez-Zaatria et ont
      affirmé qu'ils n'y avaient trouvé aucun témoin d'une telle
      tue-rie . Je ne peux évidemment rien dire du sérieux de ces "
      enquêtes ". Mais ce que j'ai vu de mes yeux - ce commando
      de la mort de militaires se faisant passer pour des islamistes-,
      je le maintiens absolument. Et j'affirme qu'ils ont massacré
      des civils dans les environs de Douar Ez-Zaatria, sinon dans
      le village lui-même. J'ai toujours demandé une enquête
      nationale ou internationale, menée dans le respect des règles
      du droit, pour prouver la véracité de mon témoignage. Sans
      des enquêtes impartiales sur ces faits comme sur beaucoup
      d'autres, que beaucoup d'Algériens et d'Européens
      at-tendent, les massacres continueront à frapper la
      population civile et la vérité restera à jamais enterrée.

      Les mensonges du DRS
      Une autre contestation précise qui m'a été opposée est, de
      façon évidente, une ma-nipulation grossière du DRS, qui a
      montré que ce service est vraiment prêt a tout. Elle concerne
      l'" affaire de la Renault-Express " : j'ai raconté (pages
      151-152) comment, en mai 1995, j'ai arrêté lors d'un
      barrage, près de Lakhdaria, le conducteur d'un véhi-cule de
      ce type, qui y avait caché une importante somme d'argent.
      Et comment le gé-néral Chibane, commandant de notre
      secteur opérationnel, m'a demandé de lui remet-tre le
      véhicule, l'argent et le suspect. J'apprendrai plus tard que ce
      dernier avait été retrouvé égorgé, que l'argent avait disparu et
      que la Renault-Express était devenue un véhicule de
      service… Mais, le 28 février 2001, un homme a tenu "
      spontanément " à témoigner lors d'une conférence de presse
      à Alger que c'était lui l'" homme de la Re-nault-Express ",
      que j'avais donc menti et qu'il allait " m'attaquer en justice "
      (ce qu'il n'a bien sûr jamais fait).

      J'ai pu voir son visage à la télévision : ce n'est pas lui que
      j'avais arrêté. Et je pour-rai, le moment venu, en apporter la
      preuve. En effet, dans mon livre, je n'ai pas donné,
      volontairement, tous les détails de cette affaire et de son
      contexte : j'ai voulu réserver certaines informations pour une
      éventuelle commission d'enquête impartiale. Je peux
      seulement dire ici que l'homme de la Renault-Express était
      très probablement l'un de ces " terroristes non recherchés "
      (sur lesquels nous n'avions pas de fiches) qui se dé-plaçaient
      souvent avec d'importantes sommes d'argent ; on les
      surnommait les " trésoriers de la cause ". A plusieurs
      reprises, nous avons arrêté de tels hommes, tou-jours en
      possession de sommes importantes ; à chaque fois, l'homme
      était exécuté et l'argent était distribué entre les chefs. Là
      encore, je pourrais apporter les preuves de ce que j'avance.

      Le DRS aurait-il la faculté de ressusciter les morts ?
      J'attends en tout cas que l'on me présente Mohamed
      Moutadjer, les frères Boussoufa, les frères Bairi et bien
      d'autres (dont beaucoup de " disparus "), dont j'ai raconté
      comment, en 1994, ils avaient été assassinés par des officiers
      de mon régiment, toujours sur ordre des géné-raux. À moins
      que l'on ne prétende que c'est moi qui les aurais tués… Dans
      ce cas, je suis prêt à comparaître, que ce soit devant une
      juridiction algérienne vraiment indé-pendante (cela n'existe
      pas aujourd'hui) ou devant un tribunal pénal international : je
      donnerai tous les noms des officiers de la chaîne de
      commandement, du général Mo-hamed Lamari aux
      lieutenants assassins, qui ont permis ces crimes ; et
      j'apporterai les preuves de leurs responsabilités.

      Le DRS a réussi à rassembler son armée à l'intérieur du pays
      comme à l'extérieur, en mobilisant notamment des "
      mercenaires de la plume " pour étouffer la vérité. Tel semble
      être le cas de l'officier-écrivain Yasmina Khadra, qui a
      prétendu démolir mon témoignage en affirmant que " durant
      huit années de guerre, [il] n'a jamais été témoin, ni de près ni
      de loin, ni soupçonné le moindre massacre de civils
      susceptible d'être perpétré par l'armée ", et que tous l'ont été
      par les GIA (dont il se garde bien, évi-demment, d'indiquer
      que beaucoup de ces groupes étaient manipulés, voire
      directe-ment contrôlés, par le DRS).

      Il est allé encore plus loin dans une interview donnée à
      l'hebdomadaire français Marianne, où il a dit de moi que
      j'étais un " individu à côté duquel Machiavel passe-rait pour
      un enfant de chœur ", déclarant par exemple : " Comment
      accepter que l'auteur attribue à la Sécurité militaire l'attentat
      du 1er novembre 1994 à Mostaganem. J'étais là, j'ai tout vu..."
      Je ne sais par quel miracle l'officier-écrivain était là.
      Mais admettons qu'il était présent : en quoi le fait d'être
      témoin de l'horreur d'un attentat permet-il de savoir qui en
      est le responsable ?

      J'ignore dans quelle unité a servi le commandant Mohamed
      Moulessehoul, alias Yasmina Khadra. Je sais en tout cas
      qu'il n'a jamais fait partie des forces spéciales et qu'il n'a
      jamais été le témoin des tortures, des exécutions et des
      tueries dont j'ai rendu compte : comment peut-il donc
      affirmer que les militaires ne sont responsables que de
      quelques " dérapages isolés " et faire semblant d'ignorer que
      les GIA sont largement manipulés par le DRS ? Pour moi,
      Yasmina Khadra fait partie de ces nombreux offi-ciers "
      HTM " (haschicha taalba mehisha : une herbe qui ne
      demande qu'à pousser), comme on appelle en Algérie ceux
      qui préfèrent ne se poser aucune question…

      Malheureusement, les officiers de notre armée connaissent
      bien les comportements scandaleux de nos supérieurs, mais
      la plupart d'entre eux n'osent pas protester. Beau-coup de
      ceux qui ont voulu le faire ont été limogés, emprisonnés ou
      assassinés par les services secrets ; les autres n'osent pas
      s'opposer à la volonté du pouvoir.

      Manipulations en Kabylie
      Le flot de calomnies et de mensonges déversé sur mon
      compte par le pouvoir algé-rien et ses relais médiatiques
      montre en tout cas que le clan des généraux qui le dirige a
      été profondément déstabilisé par mon livre : comme on dit, il
      n'y a que la vérité qui blesse. Et comme chaque fois qu'il est
      confronté à une crise grave, il a cherché à dé-tourner
      l'attention de l'opinion nationale et internationale en
      provoquant par la mani-pulation de nouvelles violences.

      Je suis convaincu que ce n'est pas un hasard si des
      provocations des forces de sécu-rité (de la gendarmerie dans
      ce cas) se sont multipliées en Kabylie dans les semaines qui
      ont suivi la parution de La sale guerre, au point de
      déclencher des émeutes qui ont été férocement réprimées,
      inaugurant une nouvelle spirale de violence qui durait
      en-core plusieurs mois après. Quand on examine de près
      l'attitude des gendarmes lors de ces événements, il paraît
      évident que certains d'entre eux ont reçu des instructions
      pré-cises pour que les émeutes dégénèrent : l'utilisation de "
      snipers " tirant dans la foule, alors qu'il était parfaitement
      possible de maintenir l'ordre sans tuer, en est une preuve.
      L'intervention attestée de " bérets rouges " (des parachutistes
      des forces spéciales), vêtus d'uniformes de gendarmes de
      façon à leur faire attribuer leurs propres exactions, relève de
      la même logique tordue de manipulation.

      En faisant tout, ensuite, pour convaincre l'Occident que la
      révolte en Kabylie était uniquement fondée sur des
      revendications ethniques, voire séparatistes, les généraux ont
      repris en fait l'une de leurs vieilles recettes. Déjà, en 1980,
      alors que le régime tra-versait une grave crise de succession
      après le décès du président Houari Boumediene, des
      provocations policières furent à l'origine du " printemps
      berbère " : ulcérés, les Kabyles manifestèrent pour la
      reconnaissance de la culture berbère mais aussi pour la
      démocratie. Et le pouvoir réussit à discréditer le mouvement
      en convainquant le reste du pays que les contestataires
      avaient brûlé des drapeaux algériens, craché sur le Coran et
      réclamé leur rattachement a la France… Il s'agissait là de
      pures manipulations des services.

      Vingt et un ans plus tard, ce genre de manipulation ne
      semble plus guère fonction-ner, notamment grâce a ces
      jeunes manifestants, qui, chaque jour, ont insisté sur le
      caractère national de leurs revendications. On a même
      assisté à la naissance d'un très vaste mouvement de solidarité
      nationale avec les revendications légitimes d'une jeu-nesse
      écrasée par un pouvoir criminel, qui a fait la preuve que ce
      dernier n'a pas réussi à étouffer la révolte qu'il avait
      provoquée. La grande marche du 14 juin 2001 a ainsi
      rassemblé plus d'un million de personnes à Alger : elle a
      montré à quel point les jeu-nes Algériens sont déterminés à
      en finir avec un régime totalitaire qui tire à balles réel-les sur
      des adolescents désarmés.

      Ce que j'ai dénoncé dans La sale guerre vient de se répéter
      en Kabylie sous le re-gard d'une presse algérienne qui, cette
      fois, n'a pas hésité à dénoncer la violence de la répression.
      Ce sont pourtant les mêmes intellectuels et journalistes qui
      me traitaient hier de tous les noms, qui niaient farouchement
      que l'armée puisse massacrer des ci-vils, et qui prétendent
      découvrir aujourd'hui que ce pouvoir ne recule devant rien
      pour assurer la sécurité de son empire, que ce soit face aux
      islamistes ou face aux Kabyles. Mais ce qu'ils n'ont pas osé
      dire, c'est que ce sont ces mêmes généraux, ou du moins
      certains d'entre eux, qui sont derrière cette nouvelle
      manipulation de la violence.

      Alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux pour le voir. Ainsi, une
      déclaration vraiment extraordinaire de l'un de ces " officiers
      supérieurs " (rapportée par l'hebdomadaire français Le
      Nouvel Observateur ) à la veille du déclenchement des
      événements de Kabylie, prouve bien que le président
      Bouteflika n'est qu'un " roi sans trône ". Cet officier a en
      effet déclaré : " En cas de troubles sociaux avec
      débordements dans la rue, que le président ne compte pas
      sur nous pour les réprimer. Cette fois, nous reste-rons dans
      nos casernes. Qu'il se débrouille avec sa police. " Ce qui est
      à la fois la preuve que la hiérarchie militaire savait que de
      tels " troubles " allaient avoir lieu (elle a tout fait pour cela)
      et l'affirmation cynique que celui qui est sur le papier le chef
      su-prême des forces armées n'a en réalité aucun pouvoir sur
      elles.

      D'ailleurs, quel aveu d'impuissance de la part du président
      Bouteflika d'en être ré-duit, le 30 avril, à désigner une
      commission d'enquête " indépendante " pour détermi-ner les
      responsables des violences en Kabylie. Un aveu confirmé
      par le rapport de cette commission, rendu public le 7 juillet ,
      qui s'est borné à constater : " La réaction violente des
      populations a été provoquée par l'action non moins violente
      des gendar-mes, laquelle, pendant plus de deux mois, a
      nourri et entretenu l'événement : tirs à bal-les réelles,
      saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos
      obscènes et passa-ges à tabac. La commission n'a pas relevé
      de démenti. […] Les ordres de la gendarme-rie de ne pas
      utiliser les armes n'ont pas été exécutés, ce qui donne à
      penser :

      - où que le commandement de la gendarmerie a perdu le
      contrôle de ses troupes,
      - où que la gendarmerie a été parasitée par des forces
      externes à son propre corps, avec forcément des complicités
      internes, qui donnent des ordres contraires, et assez
      puissantes pour mettre en mouvement la gendarmerie avec
      une telle rudesse pendant plus de deux mois et sur une
      étendue aussi vaste. "

      La commission a été bien incapable d'investiguer plus avant
      sur ces étranges " forces externes "…

      La communauté internationale doit agir
      Cela fait bientôt dix ans que la " sale guerre " a commencé
      en Algérie. Elle a fait plus de cent cinquante mille morts et
      des milliers de disparus. Des dizaines de milliers de
      personnes ont été torturées, violées, massacrées par les "
      groupes islamiques ar-més " (GIA) ou par les forces de
      sécurité. Des centaines de milliers d'orphelins, de mutilés,
      d'exilés, de déplacés sont abandonnés sans que l'État leur
      apporte l'aide psy-chologique ou matérielle nécessaire : une
      véritable catastrophe humanitaire et écono-mique dans un
      pays pourtant suffisamment riche pour secourir une
      population qui ne demande que la paix, la liberté et la
      démocratie.

      Face à un désastre d'une telle ampleur, la communauté
      internationale n'a réagi qu'à travers les organisations non
      gouvernementales, comme Amnesty International ou la
      Fédération internationale des ligues des droits de l'homme
      (FIDH). La crise des droits de l'homme s'est pourtant
      terriblement aggravée en Algérie au cours de ces années, qui
      ont connu la flambée de violence la plus longue et la plus
      intense. La population civile est entraînée chaque jour
      encore plus dans un conflit qui détruit les fondements
      mêmes de notre société. Il touche toutes les couches
      sociales, mais surtout les catégo-ries les plus pauvres, qui
      comptent le plus grand nombre de victimes.

      L'indifférence de la commission des droits de l'homme des
      Nations unies a soi-gneusement évité, année après année,
      d'évoquer sérieusement la situation algérienne. Le rapporteur
      spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires,
      sommaires ou arbitraires n'a pu jusqu'à présent se rendre en
      Algérie, bien qu'ayant été invité offi-ciellement en 1993. Le
      pouvoir continue à tergiverser sur le choix d'une date où il
      pourrait venir visiter le pays… L'Union européenne et le
      Parlement européen ont éga-lement eu tendance, ces
      dernières années, à éviter de parler du problème algérien, se
      contentant, à de rares exceptions près, de " condamner
      globalement la violence " dans des termes très généraux.

      Le gouvernement algérien continue d'affirmer que la
      situation sécuritaire est " maîtrisée ", alors que la politique de
      " concorde civile " des généraux - attribuée au président
      Abdelaziz Bouteflika -, est battue en brèche par l'escalade
      continue de la violence, imputée comme toujours aux
      islamistes : deux ans et demi après le début de la politique de
      " réconciliation nationale " mise en œuvre par le président
      Bouteflika dès son élection en avril 1999, on compte plus de
      dix mille morts. Et contrairement à ce qu'il avait promis, le
      pouvoir a amnistié des islamistes armés notoirement
      coupa-bles de crimes de sang, de viols et d'attentats,
      contribuant ainsi à légitimer les violen-ces les plus atroces.

      Cela ne peut plus durer. Aujourd'hui, je ne peux rester les
      bras croisés en regardant mon pays souffrir et mourir chaque
      jour. Les souffrances inouïes que continue à subir la
      population algérienne me bouleversent. Avec La sale guerre,
      mon unique souhait a été de lever le voile sur la guerre
      secrète menée contre son peuple par un État mafieux, pour
      que les monstres qui dirigent l'Algérie soient bannis à jamais,
      car ils ne valent pas mieux que les terroristes islamistes qu'ils
      combattent tout en manipulant leur vio-lence. Mais un livre à
      lui seul ne peut suffire. C'est pourquoi je continuerai à me
      bat-tre, avec tous les authentiques défenseurs des droits de
      l'homme, pour que la commu-nauté internationale se
      mobilise enfin sérieusement afin que les responsables des
      cri-mes contre l'humanité commis depuis dix ans en Algérie
      soient jugés et condamnés.

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      VIOLENCES

      (Quotidien d'Oran 31.10 / Liberté, Le Matin 1.11) Des affrontements ont
      opposé le 30 octobre à Labiodh Sidi Cheikh (w. El-Bayadh) des manifestants
      à la police, au moment où cette dernière tentait d'interpeller des jeunes
      accusés d'avoir pris part à des émeutes, le 5 octobre. Le siège de la
      police a été attaqué et les accès à la localité ont été bloqués par des
      barricades. La veille (29 octobre), des affrontements se sont produits
      entre deux familles élargies (voire "tribus") de Negrine (w. Tebessa),
      après la suspension du maire et la nomination à sa succession de son
      premier adjoint, issu d'une autre famille élargie. Ces affrontements ont
      fait 24 blessés et provoqué l'intervention de la police anti-émeute. Les
      communes de Morsott, Stah et El Ogla, dans la même wilaya, sont également
      "en effervescence" après la révocation de leurs maires par le wali (préfet)
      pour mauvaise gestion, dilapidation des fonds publics et abus de pouvoir. A
      Morsott également on assiste à la rivalité entre deux familles élargies. A
      El Ogla, la daïra (sous-préfecture) a été prise d'assaut et occupée par les
      partisans du maire de Stah, révoqué. Le 30 octobre, des affrontements se
      sont produits avec la police et douze manifestants ont été arrêtés.
      Lors d'une rencontre avec la presse, le chef de la sûreté nationale, Ali
      Tounsi, a écarté l'idée d'un remplacement de la gendarmerie par la police
      nationale en Kabylie. "Il n'y (aura) pas de mesures exceptionnelles pour la
      Kabylie", a déclaré Ali Tounsi, et la division du travail "à la française"
      entre la gendarmerie (dans les campagnes) et la police (dans les villes) ne
      changera pas. Du moins pas dans l'immédiat. Par contre, le ministre de
      l'Intérieur Yazid Zerhouni a déclaré le 26 octobre à la télévision que la
      police allait réinvestir progressivement le terrain en Kabylie, le
      président Bouteflika évoquant quant à lui une étude de la situation "au cas
      par cas". Le remplacement de la gendarmerie par un corps civil de sécurité
      (comme la police) en Kabylie a été accepté par la dernière réunion de la
      coordination interwilayas des comités locaux.

      (AP 28.10) Au moins deux militaires tunisiens ont été blessés le 21 octobre
      dans ce que les quotidiens algériens "El Watan" et "Liberté" ont présenté
      comme un attentat (commis, à la mine artisanale, par le GSPC ou un GIA)
      ayant fait trois morts et plusieurs blessés, et que l'agence officielle
      tunisienne TAP a présenté comme un accident (le chauffeur d'un véhicule
      militaire ayant perdu le contrôle de son véhicule) n'ayant fait que deux
      blessés.

      (Reuters 27.10) 15 membres des GIA auraient été tués dans une opération
      militaire engagée le 22 octobre, avec l'aide d'hélicoptères, dans les
      monts de Tizi Ouchir, près d'Aïn Defla, selon "El Moudjahid".

      (Reuters, AP 27.10) Cinq membres d'un groupe armé ont été tués dans une
      embuscade tendue par l'armée le 25 octobre dans la forêt de Timixi, près de
      Mascara.

      (Le Matin 1.11) Un membre de la milice locale ("patriotes") a été tué le 28
      octobre dans une embuscade tendue par un groupe armé à Iguer Ouzemmour,
      près de Beni Ksila (w. Bejaïa).

      (Liberté, El Watan 1.11) Un membre d'un groupe armé a été abattu dans la
      nuit du 29 au 30 octobre à El-Ouldja, près de Texenna (w. Jijel) dans une
      opération de ratissage déclenchée par les forces de sécurité contre les
      groupes armés présents dans la région des monts de Bouhench. Selon "El
      Watan" (qui situe l'embuscade dans l'après-midi du 30 octobre), il
      s'agirait d'un membre du GSPC.

      (AP, Quotidien d'Oran, Liberté 31.10) Douze gardes communaux et le
      chauffeur du camion qui les transportait ont été tués le 30 octobre à Aïn
      el Had, près de Mendès, dans la région de Relizane, dans une embuscade
      tendue par un groupe armé d'une quarantaine de membres, selon "Le Quotidien
      d'Oran". Les victimes ont été décapitées, selon "Liberté", qui attribue
      l'embuscade à la katibat "El Ahouel" de l'"émir Salim" (Djafaâr El Afghani)

      (El Khabar, Le Matin 1.11) Le propriétaire d'un bar restaurant de Bellouta,
      près de Kherrata (w. Bejaïa) a été assassiné dans la nuit du 30 au 31
      octobre par un groupe armé qui a investi l'établissement et racketté les
      clients.

      (Le Jeune Indépendant 1.11) "Le Jeune Indépendant" signale plusieurs
      opérations de ratissage et d'encerclement des maquis islamistes dans
      différentes régions, à l'approche du ramadan. Des opérations de ratissage
      ont ainsi été menées dans les régions de Boumerdès, Relizane, Tizi Ouzou et
      Aèin Defla, et un déploiement de forces militaires se ferait à proximité
      des bases du GSPC dans les massifs forestiers de Mizrana, à Takhoukht,
      Yakourène et Sidi Ali Bounab. Six membres d'un groupe du GSPC auraient été
      "éliminés" à une date non précisée dans la zone des monts de Djerrah, dans
      la région de Djerrah (w. Boumerdès) et huit membres d'un autre groupe
      auraient également été "éliminés" dans le maquis de Tizi Ouchir, dans la
      région de Khemis Miliala.

      (AP, Le Soir 31.10 / Le Jeune Indépendant 1.11) Selon la direction générale
      de la Sûreté nationale, 885 attentats "terroristes" ont été commis dans les
      9 premiers mois de 2001, faisant 513 morts et 334 blessés. 28 jeunes filles
      ont été enlevées. La majorité des attentats ont été commis au centre du
      pays, particulièrement dans la wilaya de Médéa, où 13 massacres collectifs
      ont été officiellement enregistrés. "Le Jeune Indépendant" signale que 47
      membres des milices locales et gardes communaux ont été tués en septembre
      et en octobre.


      GROUPES ARMÉS

      (AP, Reuters 25.10 / AP 26.10 / El Ribat 28.10 / AP 29.10 / AP, Liberté,
      Quotidien d'Oran 31.10) La réunion extraordinaire des ministres des
      Affaires étrangères des 11 pays du "Forum méditerranéen", à Agadir, s'est
      achevée le 26 octobre par un engagement commun à renforcer la coopération
      dans la lutte contre le terrorisme. Une proposition espagnole
      d'"élaboration d'un code de bonne conduite" en matière de lutte contre le
      terrorisme a été retenue. L'Espagne propose notamment une harmonisation des
      législations antiterroristes, un renforcement de la lutte contre le
      blanchiment d'argent et l'intensification des échanges en matière de
      renseignement. La mise en place d'un "comité de suivi" des conséquences
      économiques des attentats du 11 septembre a également été décidée. Les
      ministres turc et algérien étaient cependant absents de cette réunion. Le
      Forum méditerranéen rassemble le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie,
      la Grèce, Malte, la Turquie, l'Egypte, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc.
      Le président américain George Bush a appelé le 29 octobre les pays
      africains à ratifier la Convention d'Alger de 1999 contre le terrorisme,
      afin de se doter d'"outils judiciaires, diplomatiques et financiers
      supplémentaires pour éradiquer le terrorisme". La convention a été signée
      par 36 des 53 Etats africains, mais ratifiée par seuls trois d'entre eux,
      malgré les pressions de l'Algérie et de l'Egypte.
      En France, deux membres présumés d'un réseau de soutien aux GIA algériens
      ont été condamnés le 25 octobre par le tribunal correctionnel de Paris à
      quatre et cinq ans de prison et à l'interdiction définitive du territoire
      français. Les deux hommes, l'Algérien Zoheir Choulah et le Marocain Saïd
      Atmani, de nationalité bosniaque depuis leur participation à la guerre
      contre les Serbes, ont été reconnus coupables d'avoir participé à un réseau
      de faux papiers animé par Fateh Kamel. Ils avaient réfuté cette
      participation. Ils avaient déjà été condamnés en avril 2001 à cinq ans
      d'emprisonnement dans la même affaire mais avaient demandé à être rejugés.
      Le 26 octobre, devant le même tribunal, le procureur a requis des peines de
      prison allant jusqu'à dix ans contre les 24 membres présumés d'un autre
      réseau islamiste de soutien en armes et faux papiers aux GIA algériens, La
      réseau était dirigé par Nacerdine Mamache. Les prévenus sont poursuivis
      pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise
      terroriste". Le réseau serait d'obédience "Takfir" et aurait projeté des
      attentats en France, contre des intérêts américains ou pour venger la mort
      de Khaled Kelkal, abattu par la gendarmerie dans la région lyonnaise.
      En Suisse, la police fédérale a confirmé l'extradition le 24 septembre vers
      la France d'un Algérien de 34 ans, soupçonné d'association criminelle avec
      une entreprise terroriste, de recel et de vol, et le 29 octobre vers
      l'Italie d'un Tunisien de 29 ans, soupçonné d'avoir appartenu à une
      organisation islamiste recrutant des volontaires pour la Bosnie, et les
      envoyant dans des camps d'entraînement en Afghanistan et au Pakistan.
      En Grande-Bretagne, un Algérien soupçonné de liens avec des groupes
      terroristes eux-mêmes liés ou affililiés à la Qaeda a été maintenu en
      détention dans le cadre d'une procédure d'extradition vers l'Italie.
      En Algérie, le président Bouteflika a déclaré au Conseil des ministres le
      30 octobre que la lutte contre le terrorisme devait être "réfléchie et
      coordonnée aux objectifs nettement délimités", et engager la communauté
      internationale entière (et non un seul ou quelques Etats). En outre, pour
      le président algérien, les moyens mis en oeuvre dans la lutte
      anti-terroriste doivent cibler les terroristes et non pas des peuples, et a
      même ajouté qu'"on ne peut parvenir à une éradication" du terrorisme par
      les seuls moyens militaires. Enfin, le président Bouteflika a déclaré que
      l'origine du terrorisme résisait dans "l'injustice de notre monde actuel,
      dans la disparité des modes de vie, dans l'inégal accès à une vie saine et
      digne", toutes situations qui "alimentent les racines de la violence".
      Quant au Front des Forces Socialistes, il dénonce la tentation du pouvoir
      algérien "de profiter du contexte international consécutif aux attentats du
      11 septembre 2001 pou, de nouveau, agiter l'épouvantail islamiste afin
      d'empêcher toute transition démocratique". Enfin, le bulletin de la
      tendance de Rabah Kébir du FIS, "El Ribat", dénonce le "déclenchement de
      haine contre l'islam" après les attentats du 11 septembre aux USA : "L'on
      cherche, en ce moment, à donner de l'islam une image criminelle, de misère
      humaine, et (à) le réduire à une histoire de sang et de violence", alors
      que "l'Occident a fait au moins dix fois plus de mort au cours du seul
      vingtième siècle" que les musulmans en leur quinze siècles d'existence.

      (Reuters, AP 27.10 / Le Quotidien d'Oran 31.10 / Le Jeune Indépendant 1.11)
      Le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni a annoncé à la télévision
      qu'environ 300 à 400 "terroristes armés", soutenus par un réseau de 700 à
      800 militants "non armés", étaient toujours actifs en "sur le territoire
      national" Algérie. Cette estimation est pratiquement la même que celle
      faite en février 2000 par le même ministre. Le ministre a affirmé que les
      groupes encore actifs n'ont pas "d'autre choix que de se rendre ou se
      suicider", et a affirmé, sans plus de précisions, que depuis le début des
      années 1990, les forces de sécurité "ont abattu ou arrêté 20'000
      terroristes", mais a reconnu que la lutte contre les groupes armés était
      rendue difficile par leur action "en petits groupes dans des régions
      isolées, ce qui rend difficile leur anéantissement".
      Le Directeur général de la Sûreté nationale, Ali Tounsi, a annoncé que la
      DGSN allait être dotée de dix (ou douze) hélicoptères français de type
      "Ecureuil" destinés à la lutte contre le banditisme, la criminalité et
      "tout ce qui menace la vie et les biens des citoyens".

      (AP, Quotidien d'Oran 30.10 / MAOL, Le Soir, Liberté 31.10 / Le Matin 1.11
      / corr.) Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie
      (RCD), Saïd Sadi, a déclaré le 29 octobre qu'il avait été la cible d'une
      tentative d'assassinat orchestrés selon lui par les services spéciaux
      algériens : "Un service, dont on a toutes les raisons de croire qu'il est
      subordonné à l'autorité de l'Etat, a enlevé un militant du RCD et tenté
      d'organiser un crime contre moi", a déclaré Saïd Sadi. Selon lui, un
      militant de son parti, Amar Amenouche, aurait été enlevé le 7 octobre près
      d'Azazga par cinq hommes cagoulés qui lui auraient demandé de remettre à
      Saïd Sadi un colis (dont le chef du RCD suppose qu'il aurait été piégé). Le
      militant aurait refusé et aurait pour cela été passé à tabac, torturé et
      menacé de mort. Selon le président du RCD, cette tentative d'attentat
      serait un "message" qui lui aurait été transmis en raison de ses positions
      sur la situation en Kabylie. Saïd Sadi a déclaré avoir informé le président
      Bouteflika et le Premier ministre Benflis de cet "événement
      particulièrement dangereux pour l'avenir des libertés dans notre pays", et
      en accuse la DRS (ex-Sécurité militaire), écartant donc la responsabilité
      des islamistes.
      Du coup, le chef du RCD se met à tenir un discours et à produire une
      analyse qui ressemblent fort à ceux que le RCD avaient jusqu'alors récusés
      : "La DRS ne doit pas être le seul parti politique du pays", le pouvoir a
      utilisé "l'alibi islamiste" pour se maintenir, les services spéciaux
      pourraient être respknsables des assassinats de Mohamed Boudiaf, Abou Bakr
      Belkaïd et Abdelhak Benhamouda... Le MAOL (Mouvement algérien des officiers
      libres) ironise d'ailleurs sur son site internet (sous la signature d'un
      Commandant "C.M. de la DRS, nouvellement membre" du MAOL, sur le caractère
      "surréaliste" de la "découverte" par Saïd Sadi "que le seul parti qui
      gouverne l'Algérie est celui de la DRS", découverte "tardive" qui "remet en
      cause toutes les manigances des pseudo démocrates pour arriver au pouvoir".
      Les déclarations du leader du RCD ont été prises avec quelque
      circonspection par la plupart des journaux algériens (deux quotidiens ont
      cependant donné aux déclarations du président du RCD un relief particulier
      : "Le Soir" et "Liberté"), et la plupart des titres les ont relayées sans y
      accorder un crédit immédiat (ni, pour autant, exprimer une incrédulité
      explicite). On ne voit en effet ni pourquoi les "services" auraient tenté
      d'éliminer le chef d'un parti qui fut gouvernemental jusqu'à ces derniers
      mois, et qui ne représente pas une menace particulière pour le pouvoir en
      place, ni pourquoi ils auraient choisi pour ce faire un moyen aussi
      inefficace que celui évoqué par Saïd Sadi, alors que l'expérience
      historique algérienne indique que lorsque les "services" décident
      d'éliminer quelqu'un, ils y arrivent (ainsi d'Ali Mecili ou de Kasdi
      Merbah). "Après tout, si la DRS veut liquider le chef du RCD, pourquoi ne
      le ferait-elle pas directement sans passer par un élément du RCD" ?, se
      demande d'ailleurs le MAOL... Il pourrait certes s'agir, comme le suggère
      Saïd Sadi lui-même, d'un "message" qui lui aurait été adressé en raison,
      par exemple, de ses positions et de celles du parti à propos des événements
      de Kabylie, mais là encore, on ne voit pas clairement pourquoi le RCD ou
      son chef aurait été particulièrement "ciblé". Il pourrait cependant s'agir
      d'une initiative "incontrôlée" de quelques éléments de le DRS. Le parquet
      d'Azazga a publié le 30.10 un communiqué confirmant qu'Amar Amenouche avait
      bien fait l'objet d'une tentative d'enlèvement par un groupe d'inconnus le
      7 octobre et qu'une enquête avait été ouverte, mais le communiqué du
      parquet précise qu'aucune plainte n'a été déposée, ne fait nullement
      allusion à une tentative d'attentat contre Saïd Sadi. En outre, le
      communiqué du parquet ne fait état d'aucune blessure physique qui aurait
      été causée à Amar Amenouche et déclare que celui-ci a éété évacué à
      l'hôpital pour recevoir les soins nécessités par le "traumatisme psychique"
      qu'il a subi. Le 31.10, c'est le parquet général de Tizi Ouzou qui a publié
      un communiqué annonçant qu'il avait mandaté le procureur d'Azazga afin
      d'ouvrir une instruction judiciaire sur l'enlèvement d'Amar Amenouche,
      qu'il attribue à "des terroristes". Le parquet de Tizi signale à nouveau
      qu'aucune plainte n'a été déposée ni auprès de la police, ni auprès du
      tribunal. Le RCD affirme quant à lui que la plainte sera déposée le 3
      novembre. D'ici là, la parquet s'est donc autosaisi de l'enlèvement.
      Le Premier ministre Ali Benflis, interpellé au sujet de l'"affaire", s'est
      contenté de dire qu'il n'avait "rien à dire à ce sujet" et que son "ami"
      Saïd Sadi était "libre de s'exprimer". Le général Nezzar s'est par contre
      manifesté (par un téléphone au "Soir"), en dénonçant et réprouvant
      "catégoriquement de telles pratiques que nous pensions révolues", et en
      rendant hommage à Saïd Sadi, "qui s'est totalement investi dans la
      sauvegarde de l'Algérie républicaine et dans l'interruption du processus
      électoral"*
      *(CSSI) Entre l'ironie du MAOL et le soutien du général Nezzar, Saïd Sadi
      est gâté...

      (Le Matin, El Watan 1.11) Le Secrétaire général de la Coordination
      nationale des enfants de chouhada (CNEC), Ahmed Lakhdar Bensaïd, accuse le
      général Larbi Belkheir, chef du cabinet du président Bouteflika, d'avoir
      été l'un des commanditaires de l'assassinat du président Mohammed Boudiaf.
      Dans "Le Matin", Bensaïd explique que Boudiaf se méfiait de Belkheir, et
      que celui-ci détenait l'essentiel du pouvoir. Lors de la visite de Boudiaf
      à Annaba, visite au cours de laquelle il fut assassiné, Larbi Belkheir,
      alors ministre de l'Intérieur, ne l'accompagnait pas, ce qui avait été jugé
      "énigmatique" par une partie de la presse algérienne.


      FRANCE-ALGÉRIE

      (AFP 30.10) L'inventaire des archives de l'armée française de 1945 à 1967,
      incluant donc la Guerre d'Algérie, est achevé et sera dans les jours à
      venir à la disposition des chercheurs et de toute personne intéressée, a
      annoncé le chef du service historique de l'armée de terre (SHAT), le
      général Berlaud, lors de la présentation des quatre tomes (de 1556 pages au
      total) de l'inventaire. Le premier tome est une introduction générale
      permettant de repérer la "localisation" des documents recherchés dans les
      services qui les conservent, les deux tomes suivants dressent un
      "répertoire numérique détaillé" de l'ensemble des documents, le quatrième
      tome est un index alphabétique. Outre cet inventaire, le SHAT publie le
      deuxième tome d'un recueil de témoignages oraux des principaux acteurs ou
      témoins de la période considérée, dont l'ancien ministre Pierre Messmer, le
      préfet Jean Vaufour ou le général (alors commandat) Aussaresses. Les
      dossiers relevant de la justice militaire restent cependant inaccessibles,
      sauf dérogation expresse du ministè¨re de la Défense, pour une période d'un
      siècle (les plus anciens d'entre eux ne pourront donc être librement
      consultés qu'en 2045). Les dossiers de carrière sont quant à eux protégés
      pour 120 ans à partir de la date de naissance de la personne concernée, et
      les dossiers médicaux pour 150 ans, une dérogation ministérielle étant
      également possible (365 dérogations ont été demandées en 2000, et seules 5
      % d'entre elles auraient été refusées.


      POLITIQUE

      (AFP, Liberté 31.10 / Liberté, La Tribune, Liberté, El Watan 1.11) Sur
      fonds de divergences, d'incertitudes et de désillusion, la coordination des
      arouchs et des comités locaux a appelé à la mobilisation populaire pour le
      1er novembre à Ighil Imoula (w. Tizi Ouzou), à l'occasion de la célébration
      du déclenchement en 1954 de l'insurrection armée qui conduira à
      l'indépendance de l'Algérie. La marche du 1er novembre, placée sous le
      signe de la "réappropriation de l'histoire" et de la mémoire par le peuple,
      a pour objectif essentiel le maintien de la mobilisation populaire et de
      la pression sur le pouvoir, alors que la vie quotidienne dans les régions
      en état de quasi-insurrection depuis avril devient de plus en plus
      difficile, face à la quasi désertion des services publics étatiques de la
      région, et au manque de moyen dont disposent les collectivités locales (aux
      mains de l'opposition, et proches du mouvement populaire) pour y pallier.
      Une marche populaire est également prévue à Tizi Ouzou, mais à l'appel des
      organisations de la "famille révolutionnaire" (fédération des fils de
      chahid, organisation nationale des victimes du terrorisme", avec comme mot
      d'ordre "Pour une Kabylie unie dans une Algérie unie", et comme objectif de
      "faire barrage aux séparatistzes, autonomistes et radicalistes". Le 5
      novembre, à l'appel du Mouvement des mères pour la protection des enfants,
      une marche est prévue à Bejaïa pour protester contre les grèves scolaires
      et l'implication forcée des élèves dans le mouvement de protestation en
      Kabylie, sous le slogan "Non à la prise en otage de nos enfants".
      Une centaine d'habitants d'Ouled Rahmoun (w. Constantine) ont manifesté le
      31 octobre devant la municipalité pour protester contre les modalités de la
      distribution de logements sociaux, dont il contestent la régularité. Ils
      dénoncent notamment l'attribution de logements à des parents du maire ou de
      son premier adjoint, par ailleurs président de la commission de
      distribution des susdits logements.
      La coordination interwilayas du mouvement populaire s'est réunie les 30 et
      31 octobre à Larbaa Nath Iraten et a adopté un texte d'"explicitation" de
      la plate-forme d'El Kseur, charte fondamentale du mouvement. La
      coordination interwilayas a également exprimé son soutien à la Coordination
      communale de Tizi Ouzou, confrontée à une "concurrence" au sein même du
      mouvement populaire. A Bejaïa également, la coordination intercommunale
      (CIC) est confrontée à la "concurrence" d'une autre coordination, le
      "comité populaire de la wilaya de Bejaïa" (CPWB), mais les deux
      coordinations seraient en contact... pour se coordonner l'une avec l'autre.
      A Larbaâ Nath Irathen, la coordination interwilaya a adopté à l'égard du
      pouvoir une position radicale : ni négociation, ni dialogue, ni contact, ni
      médiation, mais l'exigence de la satisfaction intégrale et inconditionnelle
      de la plate-forme d'El-Kseur, et sa mise en oeuvre avec les "arouch, daïras
      et communes" comme "partie prenante" (expression suffisamment ambigüe pour
      qu'un débat s'engage sur la question de savoir si elle manifestait une
      volonté de dialogue ou une revendication d'exclusivité). Quant aux
      élections, l'"explicitation" de la plate-forme d'El-Kseur contient certes
      une résolution impliquant un boycott de toutes les échéances électorales
      tant que la plate-forme d'El-Kseur ne sera pas satisfaite, mais plusieurs
      délégations (dont une délégation de Tizi Ouzou) ont refusé d'accepter cette
      "explicitation". Un certain nombre de délégués ont également exprimé leurs
      doutes sur les possibilités mêmes de faire accepter l'intégralité de la
      plate-forme d'El-Kseur par le pouvoir.
      La "Coordination des démocrates algériens" (regroupant l'ANR, le CCDR, le
      FD, le MDS, le MLD et le RCD) appelle le pouvoir à mettre un terme aux
      "méthodes policières souvent substituées au traitement politique des
      problèmes", et accuse le pouvoir d'une "intention délibérée d'isoler la
      région de Kabylie et d'y maintenir le désordre, l'insécurité et la
      dégradation des conditions de vie et de travail". Pour sa part, le FFS a
      salué le mouvement populaire comme "une dissidence pacifique, citoyenne et
      nationale (qui) ouvre un processus de réappropriation par les Algériens de
      leur souveraineté confisquée", et a assuré que "ni les manipulations et
      infiltrations, ni les manoeuvres visant à le ghettoïser et à en pervertir
      le sens ne réussiront à dévoyer ou à briser cette dynamique politique de
      reconstruction démocratique".

      (La Tribune 1.11) Le Front des Forces Socialistes a rappelé, à l'occasion
      de la commémoration du 1er novembre 1954, les principes et les objectifs
      qui fondent son action politique depuis sa création, en 1963, alors que les
      Algériens célèbrent le déclenchement de l'insurrection en s'interrogeant
      sur ce qu'il est advenu des "promesses du 1er novembre" : "un demi-siècle
      s'est écoulé sans que les Algériennes et les Algériens aient recouvré leur
      souveraîneté", constate le FFS, pour qui "le droit des peuples à disposer
      d'eux-mêmes (...) a été ignoré et combattu dès l'indépendance du pays" par
      les forces qui ont construit et maintenu "un système autoritaire contre la
      volonté des Algériennes et des Algériens". Le FFS rappelle que l'Assemblée
      constituante qui devait définir le cadre de l'Etat indépendant a été mise
      au pas, et que "l'alternance, la participation politique et le respect des
      droits de l'homme" sur quoi devait se fonder l'Algérie nouvelle, sont niés
      depuis quarante ans. Néanmoins, "le mensonge, les fausses promesses, les
      diversions successives et les fictions politico-juridiques des clans qui se
      sont relayés au pouvoir n'ont pas réussi à masquer ou à refouler la vérité
      historique", et l'actuelle "dissidence paxifique, citoyenne et nationale a
      ouvert un processus de réappropriation par les Algériennes et les Algériens
      de (leur) souveraîneté confisquée" : il s'agit pour le FFS d'une "dynamique
      politique de construction démocratique de l'Etat et (de) sa restitution à
      la nation". Le FFS accuse enfin le régime algérien de tenter de "profiter
      du contexte international consécutif aux attentats du 11 septembre dernier
      pour de nouveau agiter l'épouvantail islamiste afin d'empêcher toute
      transition démocratique".

      (Quotidien d'Oran 5.11) Le président Bouteflika devrait rencontrer son
      homologue américain George Bush dans le cadre de la visite qu'il entreprend
      aux USA, à la tête d'une large délégation comprenant notamment des hommes
      d'affaires. Abdelaziz Bouteflika et la délégation algérienne participeront
      notamment au forum d'affaires Afrique USA à Philadelphie. C'est le deuxième
      déplacement du président algérien aux USA en moins de deux mois.

      (Le Soir 31.10) Le ministère de l'Intérieur a, selon "Le Soir", rendu une
      décision digne d'un "jugement de Salomon" dans le conflit opposant pour
      l'organisation de son congrès constitutif les deux tendances du nouveau
      parti El Badil/Alternative démocratique et sociale (ADS), formé à partir
      notamment de dissidents du RND et de dissidents du FFS, chacune de ces deux
      dissidences formant l'une des deux tendances du nouveau parti. La tendance
      "Bendrihem" (ex-RND) userait du signe arabe "El Badil", la tendance "Ali
      Rachedi" (ex-FFS) du sigle ADS. Du coup, et faute d'unité entre ces
      tendances, le ministère de l'Intérieur a décidé de ne pas autoriser que se
      tienne le congrès constitutif du parti du 7 au 9 novembre. Le constitution
      officielle du nouveau parti ne devrait donc pas se faire (si elle se fait)
      avant l'année prochaine. D'ici là, une "mise en conformité générale des
      textes" (statuts, programme) aurait été suggérée par le ministère.

      (Le Jeune Indépendant 1.11) L'ancien secrétaire national du RCD, ancien
      ministre des Travaux publics et membre du Conseil national du parti, aurait
      "claqué la porte de la direction du RCD", annonce "Le Jeune Indépendant".
      Le motif de cette prise de distance serait lié aux "revirements politiques
      de Sadi", entre autres par son refus de soutenir le général Nezzar aux
      prises avec la justice française, alors que le RCD avait soutenu
      l'interruption du processus électoral engagée par le même Nezzar en 1992.


      SOCIÉTÉ

      (AAI 30.10) L'interdiction de l'usage du tabac dans les lieux publics a
      fait l'objet d'un décret d'application. Le décret interdit tout usage du
      tabac (qu'il soit fumé, chiqué, prisé, maché ou sucé) dans tous les
      établissements scolaires et de formation et les lieux d'accueil ou
      d'hébergement de mineurs. La fumée est spécialement interdite dans tous les
      lieux fermés, couverts, affectés à un usage collectif, les établissements
      scolaires sans distinction de niveau, les établissements sanitaires, les
      lieux d'activités sportives, culturelles, scientifiques, économiques et de
      loisirs, les lieux de travail collectif, les lieux collectifs de réception,
      d'accueil et de restauration, les lieux et moyens de transport public. Des
      espaces équipés doivent être mis à la disposition des fumeurs dans tous les
      lieux où la fumée est interdite.

      (Liberté 31.10) Le rapport de la commission de réforme du système éducatif
      ("Commission Benzaghou"), dont l'"enterrement" avait pourtant été annoncé,
      pourrait être examiné lors d'un Conseil des ministres spécial, a annoncé le
      président Bouteflika le 30 octobre. Après ce passage au Conmseil des
      ministres, le rapport devrait être soumis au Parlement pour approbation. Or
      les "islamo-conservateurs" sont potentiellement majoritaires à l'APN, et
      une réforme "moderniste" de l'école algérienne ne pourrait obtenir de
      majorité parlementaire que si le président de la République pesait de tout
      son poids pour la faire avaliser par le RND et le FLN (deux partis où le
      courant "conservateur" est présent).

      (La Tribune 1.11) Le Comité de révision du Code civil et du code de
      procédure civile, mis sur pieds en décembre 2000 par le ministre de la
      Justice Ahmed Ouyahia, présidé par le professeur Dib et composé en majorité
      de magistrats, d'avocats et de professeurs de droit, propose d'intégrer le
      Code de la famille au Code civil, comme "tous les textes qui ont un rapport
      avec le code civil" (notamment les codes de l'état civil et de la
      nationalité). Le Comité précise néanmoins que l'intégration du Code de la
      famille dans le Code civil ne signifie pas l'abrogation du premier. Dans
      les changements que le comité envisage de proposer, "La Tribune" évoque
      notamment les questions de la tutelle sur les orphelins, des procédures
      d'absence, d'institution d'un juge des affaires familiales. Les conclusions
      du comité devraient aboutir, en automne 2001, devant le Parlement.


      ENVIRONNEMENT

      (Quotidien d'Oran 31.10) Une épidémie de fièvre typhoïde, transmise par des
      eaux contaminées, frappe Tiaret depuis le début octobre. 36 cas ont été
      déclarés. La wilaya de Tiaret cumule à elle seule la moitié des cas de
      maladies à transmission hydrique conmptabilisées en Algérie. En 2000, 540
      cas de typhoïde avaient été confirmés à Tiaret, dont cinq décès.

      (Liberté 31.10) L'Algérie produit annuellement entre 200'000 et 400'000
      tonnes de déchets spéciaux, issue des activités industrielles, agricoles et
      hospitalières, a annoncé le ministre de l'Aménagement du territoire, Cherif
      Rahmani, le 30 octobre. Les seules hôpitaux produisent environ 120'000
      tonnes de déchets médicaux. La question du stockage se c
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