Message de Louis Sagnières du 19 juin 2008 11:44 PM
Réponse de Pierre B.
Bonjour Louis, Frédéric , la liste,
Sans doute Frédéric est-il assez compétent pour vous répondre lui-même. Mais ce qui attire mon attention dans votre message, c'est le paragraphe suivant:
LS>"Je n'ai malheureusement pas connaissance de beaucoup d'expériences faites par des sceptiques. Il y a certes celles de l'OZ, de Henri Broch etc. Je me demande si elles peuvent vous satisfaire puisqu'il s'agit essentiellement d'expérience d'amateurs. Cela dit ça n'enlève rien à leur sérieux. Je ne me prononcerais moins sur leur pertinence."
Et ce paragraphe me rappelle la position sur la zététique exprimée par Bertrand Méheust dans son "Avertissement au lecteur", page 10, note 1, de son ouvrage : "Devenez savants, découvrez les sorciers", Dervy, 2004 : parlant du terme "zététique", il écrit ceci:
"Par son éthymologie, ce terme nous renvoie à la démarche sceptique au sens noble, philosophique du terme, avec une connotation de recherche ouverte. Le sceptique est celui qui recherche parcequ'il ne sait pas. Mais en France, la zététique tend à se figer en une démarche dogmatique. Je n'aurai de cesse de dénoncer dans ces pages la crispation dogmatique de la zététique à la française."
J'en conclus que , pour vous comme pour l'auteur que je viens de citer, l'effort que mène la zététique, notamment celle que pratique l'Observatoire zététique, pour tester de manière aussi scientifique que possible les assertions desz "sorciers" serait "dogmatique".
Il me semblait pourtant que, depuis Galilée au moins, la recherche scientifique visait à tester les phénomènes indépendamment de toute doctrine, de tout dogme, en évitant tout présupposé extérieur au phénomène lui-même. Et que c'était une telle attitude qui avait permis d'aboutir à l'acquis scientifique que vous connaissez et que d'innombrables applications techniques mettent en application. (Toutes ne sont pas parfaites et de loin, mais l'économie, largement privée et forte de sa prédominace de fait, impose exclusivement ses vues, que les scientifiques ne cautionnent pas nécessairement : question de discernement).
Après cette parenthèse nécessaire, je reviens au problème grave que posent vos affirmations, qui me semblent relativistes ou post-modernes, et qui présentent paradoxalement et faussement l'attitude de recherche scientifique comme dogmatique alors qu'elle est fondée sur des preuves concrètes et -je le dis à nouveau- rejette par principe tout dogmatisme.
C'est sans doute la que le bât blesse, si je puis dire, et qu'une nouvelle théologie du paranormal tente apparemment de s'édifier sur des bases surtout subjectives , intuition, témoignages, conceptions magiques se présentatnt comme intangibles à la manière des dogmes.
Preuve de cette hypothèse : son rejet des résultats de la démarche expérimentale appuyée sur la connaissance scientifique que vous qualifiez arbitrairement (sans apporter aucune preuve contraire crédible) d' "expériences d'amateurs", et sur laquelle se fonde la démarche zététique.
Même le constant souci de rigueur, de cohérence, en matière de paranormal, dont fait preuve Henri Broch, biophysicien reconnu, est bafoué par vous, qui n'avez pourtant, sauf erreur de ma part, aucune formation scientifique approfondie qui, seule, vous permettrait de juger avec sérieux.
Alors vive la nouvelle théologie des paranormalistes ! Vive la parapsy, folle servante de l'imagination, qui tenterait de substituer ses certitudes aux preuves authentiques, rigoureuses.
Frédéric, une bonne lecture : Marcel Boll: L'occultisme devant la science, Que-sais-je?, PUF, (vers 1942). Voilà un vrai sceptique,
qui ne mâchait pas ses mots.
Si vous cherchez bien, vous découvrirez que nous disposons d'innombrables preuves de l'inanité de certaines prétentions ( au moins dès 1784 avec le remarquable rapport de la Commission royale chargée d'étudier le Magnétisme animal de Mesmer, rapport attribué à Bailly mais où siégèrent et expérimentèrent aussi Franklin et Lavoisier , qui débusquèrent la part de l'imagination dans les guérisons et les principes fondateurs allégués; bien plus tard, ca. 1920-25, les expériences du Dr Marcel Rendu, à Lyon, sur les (in)capacités des "sourciers"; tout récemment, l'expérience de l'OZ avec un guérisseur, menée dans des conditions de rigueur parfaitement contrôlées, et qui respecte des règles garantissant sa validité; plus quantité d'autres.
Mais il arrive, hélas souvent, que ces expériences scientifiques rigoureuses soient minimisées ou rejetées par les tenants de la néo-théologie que je viens d'évoquer, qui publie quantité de livres et gère de nombreux sites Internet dédiés, au contraire à leurs fantaisies.
Cdlt
Pierre B.