Mercredi, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Économie numérique,
a remis à François Fillon ses propositions pour le déploiement de la TMP.
Le rapport de Cyril Viguier sur la TMP a été remis mercredi au gouvernement.
L'avenir de la télévision mobile personnelle (TMP), qui permettra de regarder la
télévision sur l'écran d'un téléphone mobile ou d'un récepteur de poche en
diffusion hertzienne, est désormais entre les seules mains du premier ministre.
Mercredi, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Économie numérique,
a remis à François Fillon ses propositions pour le déploiement de la fameuse
TMP, en panne depuis plus d'un an. Bien que le Conseil supérieur de
l'audiovisuel (CSA) n'ait pas ménagé ses efforts pour attribuer les seize
fréquences disponibles pour ce nouveau mode de diffusion, les opérateurs ont
tellement traîné les pieds pour le développer qu'il s'en est fallu de peu qu'on
le déclare mort-né. Mais désormais les solutions existent, même si Nathalie
Kosciusko-Morizet ne manque pas de rappeler «la difficulté» à trouver un modèle
économique spécifique, même si «tous les acteurs s'accordent à dire que les
services de télévision sur les téléphones mobiles via les réseaux 3G se
développent avec succès».
Un rapport commandé au producteur Cyril Viguier a ainsi été transmis au premier
ministre, par la secrétaire d'État. Celui qui a joué durant plusieurs mois le
rôle délicat de médiateur entre les opérateurs propose donc deux modèles de
développement. L'opérateur de diffusion TDF pourrait être sollicité et se lancer
dans l'aventure de la TMP afin de financer son déploiement - on parle d'un
investissement initial d'une quinzaine de millions d'euros - sur 30 % du
territoire en trois ans. L'opérateur spécialisé en télédiffusion pourrait alors
s'allier à un opérateur de télécommunications qui apporterait son expertise
marketing et commerciale. Cette solution impliquerait la création d'une société
ad hoc qui prendrait les coûts à sa charge durant les trois premières années,
mais déterminerait également les normes techniques et le calendrier de
développement. Cette solution tenterait le gouvernement dans la mesure où TDF
fait face à des difficultés et négocie actuellement un plan de restructuration
prévoyant jusqu'à 550 suppressions de postes.
Mais une autre solution est également préconisée : les opérateurs dits de
«multiplex» ou, si l'on préfère, des opérateurs de télécoms qui financeraient en
grande partie les coûts du réseau, le temps de lancer la TMP. Les chaînes de
télévision sélectionnées, qui n'auraient pas, à ce stade, à consentir un
quelconque investissement, donneraient gratuitement leurs programmes en échange.
Signer les conventions de diffusion
Ce n'est qu'au terme des trois premières années de déploiement que les seize
chaînes seraient alors rémunérées et, de fait, auraient accès à la gouvernance
de la société créée entre les opérateurs.
Les chaînes de télévision doivent cependant s'engager plus avant dans le projet.
Cyril Viguier, Nathalie Kosciusko-Morizet et le CSA leur demandent de signer
leur convention de diffusion d'ici à fin septembre. Dans le cas contraire, elles
risquent de perdre leurs fréquences. Enfin, le rapport insiste sur la création
d'un canal partagé entre différents groupes de médias afin de promouvoir la TMP.
Il ne manque plus désormais qu'à convaincre Orange et SFR de faire cause commune
et de se lancer dans l'aventure puisque Bouygues Telecom fait savoir qu'il ne
souhaitait pas financer le projet.
Paule Gonzalès
09/07/2009
http://www.lefigaro.fr/medias/2009/07/09/04002-20090709ARTFIG00010-nkm-et-fillon\
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