Introduction shaitanesque
Suite à cette affaire Bijlhout aux Pays-Bas, la question qui devrait être
posée, surtout en Belgique (vu le nombre d'élus allochtones en France),
c'est celle de l'information de la Sûreté de l'Etat - la DST belge - sur les
nominations à des fonctions publiques ou politiques importantes, en ce
compris des cabinets ministériels ou des postes de représentation
diplomatique ou commerciale à l'étranger, de personnes dont les relations
étroites, passées ou présentes, avec des mouvements politiques,
gouvernements ou représentations diplomatiques étrangères seraient d'un
niveau inacceptable.
Reste à déterminer le degré d'inacceptabilité. Pour avoir une idée du genre
de situations problématiques, voir
http://suffrage-universel.babozor.net/bemidima.htm .
Dans un poste diplomatique belge à l'étranger, il y a par exemple une
attachée belge originaire du pays où elle représente la Belgique, ce alors
qu'elle a travaillé avant d'émigrer vers la Belgique pour le gouvernement de
ce même pays, plus précisément pour le ministère de la "communication", de
la propagande du parti unique plutôt.
Un attaché belge dans un autre poste a fait à plusieurs reprises des
déclarations à la presse de son pays d'origine, où il est actuellement en
poste pour y représenter la Belgique, déclarant qu'il oeuvrait pour que les
associations établies en Belgique et ayant des positions "hostiles"
(c'est-à-dire favorables au respect des minorités et des droits de la
personne) au pays en question soient dorénavant privées de tout subside de
l'une ou l'autre composante fédérale ou fédérée de l'Etat belge.
Dans les deux cas, il s'agit de personnes qui, avant leur nomination à ces
postes, ont été candidates aux élections pour un parti belge qui a, hasard
extraordinaire, décroché le portefeuille des affaires étrangères après
celles-ci, un département dont dépendent les nominations de ces attachés...
Dans les deux cas, il s'agit également de personnes qui avaient annoncé sans
ambages dans des interviews à des médias étrangers, à l'époque de leurs
candidatures aux élections belges, leur souhait de voir se former en
Belgique des lobbies politiques défendant les intérêts de leur pays
d'origine.
Voilà le genre de problèmes auxquels je fais allusion, ils ne relèvent
aucunement du fantasme ou de la malveillance, ni même de la prospective,
mais bien de la réalité observable par tout un chacun qui prend la peine d'y
prêter attention.
A ce jour par exemple, il n'y a à ma connaissance aucune consigne précise au
sein des partis politiques belges quant à l'attitude que doivent observer
les mandataires politiques à l'égard des nombreuses invitations des
ambassades de leurs pays d'origine.
L'année dernière, l'ambassade de Turquie a ainsi invité un certain nombre
d'élus belges originaires de ce pays à une séance d'"information" dont le
but était de les préparer à diffuser la version gouvernementale turque quant
au "prétendu génocide arménien" ou à "la légitime assistance aux Turcs de
Chypre".
L'ambassade du Maroc agit dans un sens similaire, y compris par des voies
détournées, pour faire en sorte que les élus belges d'origine marocaine
défendent la thèse officielle sur le "Sahara marocain".
Ceci sans parler des agissements de l'ambassade d'Israël et de ses
tentacules "communautaires".
Dans tous les cas, il convient de signaler qu'il s'agit là de tentatives pas
toujours couronnées de succès, et que de nombreux élus refusent fermement de
se prêter à ces jeux dangereux.
Pierre-Yves Lambert
site http://www.suffrage-universel.be/
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http://www.ambafrance-nl.org/
Presse néerlandaise du mercredi 24 juillet 2002
Philomena Bijlhout
"Le Service général de renseignement et de sécurité (AIVD) aurait dû voir
immédiatement que Philomena Bijlhout ne disait pas la vérité sur son
adhésion à la Milice populaire de Desi Bouterse", relève le Trouw à la une.
"Elle avait déclaré avoir décroché plus d'un an avant les meurtres de
décembre 1982. Ce n'est pas possible, puisque la Milice populaire n'a été
fondée qu'à l'été 1982. C'est ce qui apparaît après une heure de recherche
dans les ouvrages scientifiques avec la spécialiste R. Höfte, de l'Institut
royal de linguistique, de géographie et d'ethnologie (KITLV).""L'AIVD aurait
peut-être pu trouver aussi cette information. Ce qui est plus difficile,
c'est par exemple de prouver que quelqu'un était membre de la Milice
populaire'."
"Iwan Bottse, rédacteur en chef de la radio AWBC/Tamara, est extrêmement
déçu qu'on ne se rende compte que maintenant que les affirmations de
Bijlhout ne peuvent pas être correctes. 'Nous l'avons constaté sur les ondes
il y a des mois. Mme Bijlhout avait participé à un programme d'une heure et
demie. Elle avait brossé de la Milice populaire un tableau très différent de
celui dont se rappelaient nos auditeurs, qui téléphonaient pour dire qu'il
s'agissait bel et bien de meurtres, de délations, etc... Ils insistaient
aussi sur le fait que ce que Bijlhout disait de son adhésion ne collait pas,
étant donné que la Milice populaire n'a été fondée qu'à la mi-1982.' 'Par
ces révélations, nous voulions éviter qu'on ne discrédite par la suite les
Surinamiens, surtout ceux qui font de la politique. Nous avons diffusé ces
informations au moins quatre fois, mais les Pays-Bas dormaient. Il ne faut
pas oublier que tout le monde avait peur, car il s'agissait de la LPF'."
Nina Jurna, la journaliste qui a trouvé les fameuses photos de Philomena
Bijlhout pour le programme télévisé RLT-Nieuws, estime aussi que l'AIVD
aurait dû être plus performant : "Quiconque se penche sur l'histoire de la
Milice populaire et entend la description que Bijlhout en a faite peut
savoir qu'elle a été active dans la milice après les Meurtres de décembre.
Les parades dont elle parle, par exemple, sont venues après ces meurtres."
"L'AIVD ne veut pas réagir", précise le Trouw.
"La communauté surinamienne des Pays-Bas est divisée sur la démission de la
secrétaire d'Etat Bijlhout", ajoute le journal chrétien progressiste en page
3. "Les larmes qu'on verse sur la perte d'une secrétaire d'Etat allochtone
vont de pair avec un jugement dur sur ces mensonges. Le président surinamien
Ronald Venetiaan estime que Bijlhout est une honte pour son pays."
"Le successeur de la secrétaire d'Etat Philomena Bijlhout, qui a démissionné
lundi, sera de préférence une femme ou un allochtone", souligne le
Volkskrant (p.3). "C'est ce que le leader de la Liste Pim Fortuyn, Herben,
a déclaré mardi. Bijlhout répondait aux deux critères. La LPF espère
présenter aujourd'hui le nouveau secrétaire d'Etat à l'Emancipation et aux
Affaires familiales."
"Pour Bijlhout, cette démission rapide signifie aussi qu'elle quitte la
politique, contre son gré. Elle préférerait réintégrer le groupe
parlementaire, mais ce n'est pas possible, aux termes de la loi électorale.
Bijlhout ne pourra retourner à la Chambre que si quelqu'un quitte
prochainement le groupe."
"Suite au départ rapide de Bijlhout du gouvernement, le parti socialiste
radical SP veut adapter les modalités d'attribution d'un traitement de
disponibilité aux anciens responsables. Selon les dispositions actuelles,
Bijlhout a droit à deux ans de traitement. Le SP estime que six mois
suffiraient largement pour quelqu'un qui a été secrétaire d'Etat pendant
moins d'un jour."
Commentaires
"Après les Meurtres de décembre, il était établi que Bouterse était prêt à
tout pour rester au pouvoir", remarque l'éditorialiste du NRC Handelsblad
d'hier soir. "Une jeune femme s'intéressant à la politique aurait pu s'en
rendre compte à l'époque. Mais c'est en commençant à jongler avec les faits
vingt ans après qu'elle se rend incompétente à servir au niveau
gouvernemental."
"Bijlhout n'est pas la seule responsable de ce fiasco. La direction de la
LPF doit aussi s'interroger. La LPF est un jeune parti qui n'a pas loisir de
puiser dans un réservoir de gestionnaires expérimentés, mais à juger de la
façon dont elle a recruté ses personnels politiques durant les dernières
semaines on peut se demander si l'on en restera à l'affaire Bijlhout. Le
premier ministre Balkenende n'est pas hors de cause non plus. Son argument a
posteriori que le Service général de renseignement et de sécurité ne lui
avait pas fourni d'indications négatives sur Bijlhout n'est pas valable. En
effet, ce n'est pas le nouveau BVD qui détermine la composition du
gouvernement. C'est la tâche du formateur, qui doit employer pour cela ses
propres sources d'information, sa psychologie et son intuition politique."
"Balkenende était trop pressé. Il voulait battre un record en formant son
gouvernement en 19 jours. Il y a réussi à un double égard."
"L'origine surinamienne de Bijlhout rend l'affaire d'autant plus navrante
qu'elle n'est pas la première personnalité politique allochtone à se mettre
en difficulté", souligne l'éditorialiste du Volkskrant. "Même si les causes
varient, il est clair que la société multiculturelle est aussi source de
collision entre les cultures politiques."
"Il était clair d'emblée que la LPF avait beaucoup de mal à trouver des
candidats convenables", rappelle le journal de centre-gauche. "A part
Bijlhout, personne, au sein du groupe parlementaire LPF, n'était considéré
suffisamment compétent pour un poste de ministre ou de secrétaire d'Etat. Le
fait que le leader LPF Herben déclare maintenant disposer de suffisamment de
candidats capables de prendre sa place n'est donc pas rassurant a priori."
"Le formateur Balkenende, qui est maintenant premier ministre, doit aussi
battre sa coulpe. Son souhait d'établir un nouveau record avec cette
formation de gouvernement s'avère avoir son prix. La seule consolation est
que, bien qu'on dépeigne souvent les politiques comme étant des menteurs,
les vrais mensonges tiennent rarement longtemps."
Pour le Trouw, le mot "milice" aurait dû mettre la puce à l'oreille de la
LPF et du formateur Balkenende : "la milice de Bouterse n'était pas un
mouvement scout." "Bijlhout était la première femme noire à faire partie
d'un gouvernement. Elle avait des opinions prometteuses sur l'émancipation
et les affaires familiales. C'est pourquoi il est triste que cela se soit
terminé ainsi."
Le Telegraaf se félicite de la "décision énergique" du nouveau premier
ministre. Le journal populaire estime que "cette affaire suscite des
interrogations sur la façon de choisir les responsables". "On discute
pendant des semaines de l'accord de gouvernement et on pinaille une semaine
sur la répartition des postes entre les partis, pour ensuite chercher en une
après-midi les personnes qui doivent les occuper. C'est solliciter des
problèmes, surtout quand les services de renseignement ne font pas bien leur
travail, comme l'affaire Bijlhout l'a montré."
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[voir aussi à propos d'une autre politicienne allochtone néerlandaise qui
s'était "mise en difficulté", comme l'écrit le Volkskrant:
http://suffrage-universel.babozor.net/nlel98le3.htm ]