Milquet “soutient la révolution marocaine”
(08/11/2011)

© BELGA

Un speech délivré au festival du film indépendant de Bruxelles a choqué plusieurs Marocains présents dans la salle
BRUXELLES Joëlle Milquet n’a pas fait dans la dentelle, jeudi dernier au festival international du film indépendant de Bruxelles. Lors de son discours introduisant l’excellent film sur la révolution égyptienne (18 Days ), la Vice-Première ministre en affaires courantes a affiché – dans un anglais très fluent – son soutien total aux révolutions tunisienne, libyenne et égyptienne.
Puis a affirmé que si le Maroc entamait sa révolution demain, elle la soutiendrait. Un malaise très perceptible a alors envahi l’assemblée, certains spectateurs ont carrément quitté la salle tandis que les applaudissements de rigueur se sont faits d’une absolue discrétion…
Simple boulette, excès d’enthousiasme ou mauvaise usage de la langue de Shakespeare ? Rien de tout cela selon plusieurs témoins du speech et, surtout, de l’altercation ensuite survenue entre l’ancienne présidente du CDH et une membre du jury du festival : Choumicha, véritable star dans son pays et auprès des Marocains de Belgique. Toujours d’après plusieurs témoins, la présentatrice et productrice télé marocaine a tenté de comprendre la sortie de l’élue bruxelloise.
“Au début, la discussion était courtoise” , raconte un témoin. “Choumicha voulait simplement comprendre pourquoi Madame Milquet avait dit ça. Espérant visiblement qu’il s’agissait d’une boulette. Mais Madame Milquet s’est emportée, estimant que la star marocaine l’agressait. D’après moi, c’est plutôt le contraire…”
Choumicha n’a pas souhaité commenter l’incident, parlant d’un épiphénomène, d’un événement complètement anecdotique. À raison. Sauf que d’autres Marocains présents dans la salle prennent la sortie bien plus au sérieux. “Les propos de Madame Milquet m’ont choqué” , explique cet acteur marocain préférant garder l’anonymat.“Ses propos sont déplacés. D’une part, elle n’est pas mandatée pour dire cela. D’autre part, elle représente le gouvernement belge, elle représente les gens qui ont voté pour elle…”
“Nous sommes en plein processus démocratique et elle vient parler de révolution. Comment peut-elle oser faire un tel amalgame ? Nous sommes fatigués d’entendre des gens, surtout des occidentaux, raconter tout et n’importe quoi sur notre pays. Nous ne sommes pas l’Egypte, nous ne sommes pas la Tunisie. C’est aux Marocains de décider. Nous n’avons de leçon à recevoir de personne.”
M. L.