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actualites du 21-22 fevrier 2002   Liste de messages  
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Belgique - Tension autour du débat sur l'octroi du droit de vote aux étrangers

Belgique - " Vous ne pouvez pas être à moitié démocrate"

Belgique - La Flandre vote le pardon, pas l'amnistie

Belgique - Simulation électorale: PRL-FDF et démocrates flamands plus forts après le "Lombard"

Belgique - Guy Lalot est sous les verrous à Forest (+ commentaire shaïtanesque)

Belgique - Linkebeek : des conseillers s'expriment en français

Belgique - Wezembeek : on reparle d'un commissaire spécial

Belgique - La Hulpe : décès de celui qui a "fait échapper La Hulpe en 1963 au régime des communes à facilités" (+ commentaire shaïtanesque)

Belgique - Sénat - Quasi-unanimité en commission pour l'égalité hommes - femmes sur les listes électorales

Belgique - Logements sociaux: - Halte au piston (+ commentaire shaïtanesque)

Belgique - Pendant l'avant-guerre, les Allemands n'ont pas lésiné sur les moyens pour séduire les "nouveaux Belges" dans les "Cantons de l'Est"

Belgique - Gaia milite pour une fête du sacrifice " plus humaine " pour les animaux

Belgique - Les "signes extérieurs"

Pays-Bas - L'extrême droite orange séduit les jeunes

Pays-Bas - Poursuite de la polémique sur les écoles musulmanes

Danemark - politique vis-à-vis des étrangers

Finlande - Loi du retour et problèmes d'intégration (suite)

Tchéquie - Zeman soutient Sharon: après les Allemands des Sudètes, les Palestiniens !

Indonésie: décès d'un "porteur de valises" néerlandais

Fidji - Nouvelles tensions ethnopolitiques

Israël - extraits de la revue de presse du 20/02/2002

 

Belgique - Les socialistes au cœur d’une dangereuse alliance politico-religieuse ?

 


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

Immigration Tension autour du débat sur l'octroi du droit de vote aux étrangers

La majorité à hue et à dia

Les déclarations de Louis Michel ont suscité l'hostilité générale. Sur des tons divers, socialistes et écologistes ont répété que la procédure parlementaire irait jusqu'à son terme. L'arc-en-ciel traverse une mauvaise passe...

DAVID COPPI

Imbroglio général hier après les déclarations de Louis Michel sur le droit de vote des étrangers non européens aux élections communales (" Le Soir " de mercredi). Le vice-Premier est descendu subitement sur le terrain en tenue de démineur, en accord avec Guy Verhofstadt, estimant que le zèle des parlementaires à vouloir passer aux voix sur la proposition de loi Nagy-Lozie (Ecolo-Agalev) causerait la perte du gouvernement.

Le VLD de Karel De Gucht s'étant montré intraitable dans son refus de voir advenir le droit de vote aux étrangers par le biais d'une majorité parlementaire alternative, il fallait, a jugé Louis Michel, arrêter à tout prix le fatal compte à rebours. Provoquer l'embardée gouvernementale sur un tel dossier ouvrirait une polémique désastreuse, un boulevard pour le Vlaams Blok.

Geysels : " Il faut voter au parlement, un point c'est tout "

Cette lecture des événements, les partenaires de l'arc-en-ciel ne la partagent pas vraiment. Côté socialiste, Philippe Moureaux a désigné du doigt un PRL rendu, selon lui, aux ukases du VLD.

Elio Di Rupo, président du PS, s'est dit déçu, regrettant qu'on mette en péril la possibilité d'en finir avec une discrimination injuste. En définitive, il appartiendra à chaque parlementaire de se positionner. Les verts d'Ecolo et d'Agalev, irrités, ont fait savoir quant à eux que les sénateurs devaient passer au vote comme prévu, le 12 mars. Jos Geysels, leader des verts flamands, nous confiait hier sa stupeur de voir ainsi le vice-Premier libéral intervenir aussi malencontreusement dans un débat de politique interne. Son attitude est incompréhensible Il ne disait pas ça du tout il y a quelques jours encore Pour moi, il faut voter au parlement, un point c'est tout.

Des réactions que le PSC, dans l'opposition, juge d'ailleurs très peu déterminées, évoquant un déni de démocratie et une gifle au parlement, décochée par un ministre des Affaires étrangères qui manque de courage alors qu'il joue au grand héros interplanétaire des droits de l'homme.

Olivier Maingain lui-même n'a pas vraiment volé au secours de Louis Michel. Le président du FDF dit certes comprendre sa démarche, mais doute sérieusement que les libéraux flamands puissent changer d'avis à la faveur de quelque campagne de sensibilisation; un argument employé par Louis Michel pour réclamer une sorte de moratoire afin, disait-il, de se donner le temps de convaincre en vue de la prochaine législature... Le président du FDF, lui, dit apercevoir d'ores et déjà les desseins communautaires qui prévalent au-delà de la frontière linguistique : Le VLD ne veut-il pas tout simplement régionaliser le dossier ?

Quoi qu'il en soit, le débat parlementaire s'annonce d'autant plus tendu et périlleux pour la coalition qu'il risque bien de se produire en séance publique du Sénat, en plénière. Le règlement d'ordre intérieur de la haute assemblée stipule en effet qu'après un vote en commission - et quelle qu'en soit l'issue -, la discussion déboule automatiquement en séance publique...

En outre, ajoutez qu'en commission, arithmétiquement, sans les voix libérales, la proposition de loi ne peut être adoptée. Et le CD & V ne fera pas l'appoint : Stefaan De Clerck nous confirmait hier que son parti ne jouera pas les arbitres et votera contre l'extension du droit de vote...·


Le Soir en Ligne, le 22/02/2002

Vous ne pouvez pas être à moitié démocrate

Marianne Nimmegeers, Objectif mouvement pour des droits égaux

C'est de la tribune publique que j'ai suivi le débat au Sénat sur le droit de vote pour les communales. De temps à autre, la tension était forte. Certains menaçaient même d'une crise gouvernementale. Le remue-ménage tournait hélas ! surtout autour de petits jeux politiciens et il fut peu question des droits des personnes d'origine immigrée.

En tant qu'orateur invité, Mohammed Chakkar, de la Fédération des associations marocaines (Anvers), fut l'un des rares à mettre le doigt sur la plaie : " Les allochtones ont dépassé la phase de l'émigration; ils constituent une partie de la communauté et ont les mêmes préoccupations. Ils ne peuvent cependant pas participer au pouvoir. Ils veulent les mêmes droits mais sont traités comme des citoyens de second rang. Cela mène à la rancœur. La participation à la démocratie ne constitue pas une faveur mais un droit qui doit valoir à tous les niveaux. "

Vous avez bien lu : " Un droit qui doit valoir à tous les niveaux " !

Et pourtant, les propositions de loi qui sont soumises à discussion ne traitent que du droit de vote aux communal. Pourquoi ? Un lecteur attentif des arguments avancés pour le droit de vote (citoyenneté à part entière, participation politique, intégration, etc.) constatera que ces arguments valent d'autant plus pour le droit de vote supracommunal. Parce que les décisions qui tiennent également fort à cœur des citoyens d'origine immigrée, comme l'emploi, l'enseignement et le logement sont prises en première instance au niveau supracommunal. Pourquoi dès lors tout ce remue-ménage pour une demi-mesure ? Pour des raisons purement tactiques, me direz-vous, comme première étape. Mais je vous ferai alors remarquer que vous ne pouvez être à moitié démocrate et octroyer des demi-droits à vos concitoyens ! Et tactiquement, est-ce bien le bon choix ? Aux Pays-Bas, la discussion sur le droit de vote au niveau supralocal a été complètement bloquée après l'octroi du droit de vote communal.

Supposons que le droit de vote communal soit réalisé. Quelles conséquences cela aura-t-il sur le terrain ? Ce serait un soulagement pour la population d'origine immigrée. Mais que se passera-t-il lors des prochaines élections de 2003, les élections législatives ? Ils en seront à nouveau exclus. 719.676 adultes non Belges (8,9 % des électeurs) ne pourront à nouveau pas voter. On leur montrera une fois de plus qu'ils restent toujours des citoyens de second rang.

L'argument " ils n'ont qu'à devenir belges " n'offre pas non plus de solution à ce problème. Cela part d'une conception (coloniale) qui octroie une plus-value à la nationalité belge que vous devez " mériter ", et vous devez alors en faire la preuve via une demande.

Notre expérience confirme ce que Jacques Van Keymeulen (professeur à l'Université de Gand) constate dans le Morgen du 28/12/01 : " Certains refusent, à juste titre, de s'agenouiller devant un Etat qui les discrimine au quotidien, pour des droits qui sont évidents en tant que droits de la personne. " Un maquignonnage politique qui réaliserait le droit de vote communal en échange d'un renforcement de la législation sur la nationalité serait alors également néfaste.

Mais d'un autre côté, même en retournant le problème dans tous les sens, vous n'obtenez l'égalité totale des droits que si vous avez la nationalité belge, même si vous habitez ici depuis si longtemps déjà. Et le droit de vote sans l'égalité totale des droits pourrait poser problème pour son exercice. Sans doute pas dans les moments de calme mais bien en période de fortes tensions politiques, comme lors de la Question royale ou des grèves de 60-61. Le droit de poser des actes politiques est en effet limité pour les non-Belges : la loi sur les étrangers (du 15 décembre 1980) détermine que les étrangers peuvent être expulsés du pays pour cause d'activités politiques. Les non-Belges peuvent également être expulsés en vertu de la très vague " atteinte à l'ordre public ou à la sécurité nationale ", même s'ils sont venus habiter en Belgique à un très jeune âge. Cette clause a été appliquée à la fin des années quatre-vingt envers quelques manifestants contre les bombardements américains sur Tripoli, la capitale libyenne.

Le professeur Van Keymeulen donne un exemple intéressant qui peut nous sortir de l'impasse, celui des Etats-Unis. " C'est l'attitude générale de la population envers le concept d'immigration qui fait que tout nouvel arrivant aux EU se sent en principe le bienvenu et veut s'appeler Américain. Aux EU, il est en outre prouvé que les immigrés et leurs enfants peuvent avoir simultanément plus d'une nationalité, qui peuvent se cumuler. Une identité culturelle étrangère n'exclut pas la loyauté vis-à-vis du nouveau pays " (De Morgen, 28/12/01). Il se réfère ici au fait que toute personne née aux EU reçoit automatiquement la nationalité américaine, en plus de celle de ses parents.

Supposons que nous suivions ce modèle et que nous prolongions les arguments utilisés dans les propositions de loi actuelles de manière conséquente et ne considérions que le séjour durable comme unique critère pour l'octroi des droits égaux. Nous débouchons alors sur l'octroi automatique de la nationalité belge après trois ans de séjour légal (avec possibilité de refus). C'est simple, rapide et efficace. Une modification de la Constitution n'est pas nécessaire, une majorité simple suffit. Cela réalise l'égalité totale des droits politiques et sociaux, le droit de vote à tous les niveaux inclus.

Et nous ne devrons pas répéter les mots de la sénatrice Fatma Pehlivan (SP) dans vingt ans : " Si les décideurs politiques avaient fait preuve de prévoyance, il ne serait aujourd'hui plus question de la problématique des immigrés. Les immigrés auraient alors pu, dès le début, se manifester également au niveau politique en interpellant les politiciens, en tant que citoyens ayant le droit de vote, sur leur politique d'intégration. "·

Marianne Nimmegeers

Objectif, mouvement pour les droits égaux


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

Histoire Unanimité démocratique pour exorciser la période trouble de guerre

La Flandre vote le pardon, pas l'amnistie

Le Vlaams Parlement a écrit une page d'Histoire mardi en réunissant tous les démocrates autour d'une résolution sur les années troubles de la guerre.

CHRISTIAN LAPORTE

Certes, le texte n'a encore été adopté que dans l'ambiance feutrée de la commission des réformes institutionnelles mais l'événement est de de taille : à l'initiative du président Norbert De Batselier (SP.A), tous les partis démocratiques nordistes ont voté comme un seul homme une résolution à propos du passé de guerre controversé de la Flandre.

Une certitude : à moins d'une prise de pouvoir du Blok, il n'y aura jamais d'amnistie en Flandre pour ceux qui ont collaboré avec l'ennemi mais tous les partis, de la gauche à la droite de l'éventail, ont estimé que l'heure était venue de tourner la page sur les années troubles.

Le baroud de Suykerbuyk

Pas question toutefois de pardonner aux traîtres, aux délateurs mais il est temps de réconcilier définitivement ceux qui au nord du pays se sont retrouvés face à face en 40-45. La suite logique d'un long processus qui a démarré en 1981 au sein du Parlement flamand avec la commission Bourgeois-Temmerman qui s'était fixé comme objectif de faire un inventaire aussi précis que possible des suites de la Seconde Guerre. Cela avait débouché sur le dépôt et le vote d'une proposition de décret d'Herman Suykerbuyk qui n'apparut que trop aux yeux des francophones comme une manière détournée d'accorder l'impossible amnistie nationale.

Toutefois, à la suite des recours des anciens combattants et résistants, le texte du parlementaire d'Essen fut cassé par la Cour d'arbitrage. Il y eut encore quelques velléités de relancer le débat mais il apparut clairement que l'on ne trouverait jamais une majorité démocratique pour une matière singulièrement toujours aussi explosive, comme l'a montré le débat autour de la présence de Johan Sauwens à une soirée nostalgique du Sint-Maartensfonds en mai dernier.

Au pied de l'IJzertoren

Entre-temps, il y a cependant eu deux éléments neufs décisifs : lors du pèlerinage de l'Yser de l'an 2000, le comité avait publiquement demandé pardon pour tous ceux qui admettraient s'être fourvoyés, au grand dam des Blokkers. Mais il y eut aussi l'action dynamique du groupe " Voorwaarts " réunissant des militants de gauche comme de droite, soucieux de favoriser ce rapprochement. Le 9 juin 2001, un colloque de haute tenue se tint à leur initiative au Vlaams Parlement. La présente résolution en est une conséquence.

Norbert De Batselier, lui-même fils de résistant, qui a piloté la démarche a expliqué que la collaboration fut le pire moment de l'histoire de l'émancipation flamande mais il y a aussi eu des erreurs dans la répression qui a suivi. Le président refuse toutefois l'amalgame entre les deux : pas question de mettre sur pied d'égalité les fourvoiements des premiers et la réaction parfois sans nuances de la justice. Au contraire, à l'aune de l'Histoire, les générations futures doivent recevoir l'approche historique la plus objective possible de ce passé.

Afin qu'il ne se répète pas : de manière assurément volontaire, la résolution met en garde contre le " eigen volk eerst " (tel quel dans le texte...). Et si la Flandre s'adoptait une constitution, son premier article s'opposerait à toute forme de discrimination... La Flandre démocratique a fait sa catharsis...·


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

" Jamais d'amnistie car c'est effacer le passé ! "

Norbert De Batselier, président du Parlement flamand

Le vote unanime d'une résolution sur le passé de guerre flamand est un moment important pour le Vlaams Parlement ?

Oui, il donne la preuve qu'on peut mener une réflexion adulte sur des événements qui ont profondément divisé les citoyens. Dans l'immédiat après-guerre, les Flamands et les francophones avaient déjà pris la problématique à bras-le-corps et résolu nombre de problèmes. Au début des années soixante, près de 80 % des dossiers de la collaboration avaient même pu être refermés mais une partie de l'opinion a continué à penser que rien n'avait été fait.

Le moment est venu de refermer la page parce qu'il y a de moins en moins de témoins directs des événements mais aussi parce que les positions étaient de nouveau très tranchées. C'est d'autant plus incompréhensible que l'on dispose désormais de recherches scientifiques sérieuses comme celles de Bruno De Wever qui doivent nous amener à revoir les idées reçues...

... Sans pour autant effacer le passé ?

La résolution condamne sans la moindre équivoque la collaboration mais nous avons pensé que l'heure était venue d'apporter certaines nuances à propos des motivations de l'époque. Certains se sont engagés par idéalisme ou par attachement à la cause flamande... mais cela ne justifie pas qu'ils se soient fourvoyés. En même temps, il faut constater que la répression d'après-guerre n'a pas traité équitablement tous les prévenus. Ceux qui se sont retrouvés au tribunal juste après la guerre ont été plus sévèrement punis que ceux qui les ont suivis. Mais là encore, la résolution précise qu'on ne peut mettre sur le même pied les excès de la collaboration et ceux de la répression car il serait inéquitable de comparer les causes et les conséquences.

C'est aussi l'occasion de redresser l'image du mouvement flamand ?

Dans les années trente, les idées antidémocratiques ont fleuri partout en Europe et même dans le monde. Chez nous, cela s'est doublé de grandes frustrations à cause du problème flamand. Et l'amalgame a coûté très cher au mouvement flamand qui fut toujours d'émancipation sociale et démocratique. Or, ses idées avaient été récupérées à des fins non démocratiques. Afin qu'il ne puisse plus se retrouver dans des eaux aussi troubles et parce que le danger se reprofile avec le Blok, il nous a paru important de lancer une mobilisation à tous les niveaux de pouvoir pour que l'histoire ne repasse pas les plats. A travers le travail socioculturel, l'enseignement et l'éducation permanente, il faut étudier les racines du passé pour que l'on ne le retrouve pas un jour. Le " eigen volk eerst " du Blok n'est pas une base pour une société et une région démocratiques. Le refus de toute forme de discrimination est plus que jamais prioritaire. Si la Flandre se dotait d'une charte fondamentale, ce serait son premier article !

Il n'y aura donc jamais d'amnistie pour les collabos ?

Non, car amnistier, c'est effacer le passé, c'est faire comme s'il n'avait jamais eu lieu. Mais le pardon individuel en réponse à l'aveu sincère de ses erreurs doit être possible. Ce que Nelson Mandela a fait en Afrique du Sud doit nous inspirer.

La Flandre a bouclé le dossier mais quid des francophones, toujours très sensibles à cette période ? Quel message leur adresseriez-vous ?

J'ai eu un encouragement très positif de Louis Michel lorsque nous avons organisé notre colloque sur la question en juin dernier. Il est très important de mettre les choses au point. Non, la Flandre n'est pas la Bavière de la mer du Nord. Et tous les Flamands n'étaient pas des collabos. Nous osons espérer qu'une démarche similaire pourra être initiée en Communauté française bien que ce ne soit pas une compétence communautaire au sens premier du terme.

Reste que toutes les initiatives antérieures du parlement flamand et surtout le fameux décret Suykerbuyk ont été vus au Sud comme une forme d'amnistie déguisée...

Je suis très à l'aise pour en parler : je n'ai pas voté ce décret parce qu'il était mauvais. Il était important aussi de rendre hommage à la Résistance.

Justement, les " anciens " ont beaucoup de mal à comprendre votre démarche.

Mon père, qui était dans l'Armée secrète, m'a donné le sens des nuances : il y avait à l'époque beaucoup de raisons pour entrer dans la collaboration comme il y en avait beaucoup pour résister. Pour lui, le régime fasciste devait être condamné à 100 % mais il fallait nuancer les positions individuelles. J'espère que les survivants feront aussi preuve de cette tolérance à opposer à l'intolérance du Blok. J'ai passé beaucoup de temps à l'expliquer aux anciens et aux organisations juives qui croyaient que le Parlement était pour l'amnistie. Soyons clairs : le cordon sanitaire doit être maintenu !

Propos recueillis par

CHRISTIAN LAPORTE


Le Soir en Ligne, le 22/02/2002

Bruxelles Simulation électorale

PRL-FDF et démocrates flamands plus forts après le " Lombard "

Des chercheurs de l'ULB ont appliqué les nouveaux ratios électoraux bruxellois aux régionales de juin 1999.

WILLIAM BOURTON

A quoi ressemblerait le parlement régional bruxellois si les dispositions arrêtées lors des négociations institutionnelles du Lombard avaient été de mise aux élections de juin 1999 ? Des chercheurs du groupe de recherche en choix publics de l'ULB se sont livrés à l'exercice. Le travail paraîtra dans la prochaine livraison de " L'Année sociale " (1). En voici, en primeur, les grands enseignements.

En avril 2001, l'accord du Lombard (entériné à la Saint-Polycarpe) a rencontré une double revendication : l'accroissement de la représentation parlementaire flamande contre le refinancement des commissions communautaires. Seul le premier point nous importe ici.

Le nombre de députés régionaux bruxellois est porté, pour les scrutins à venir, de 75 à 89. Soit un quota (fixé par la loi) de 72 francophones (+ 12,5 % par rapport à 1999) et 17 flamands (+ 54,5 %).

Les chercheurs de l'ULB ont appliqué ces nouveaux paramètres aux résultats du scrutin de juin 1999. Vous pouvez découvrir les résultats comparatifs complets dans l'infographie ci-jointe. Qu'en retenir ?

Le Vlaams Blok semble bien bloqué

Du côté francophone, toutes choses égales par ailleurs, la fédération PRL-FDF serait la grande bénéficiaire des nouvelles règles électorales. Elle gagnerait 4 des 8 nouveaux sièges à pourvoir (50 %); Ecolo en obtiendrait 2 (25 %) tandis que le PS et le PSC se partageraient les deux derniers.

Du côté néerlandophone, on constate que les grands gagnants seraient les cartels SP-Agalev et VLD-VU : ils gagneraient respectivement 2 sièges (soit le tiers des nouveaux sièges à attribuer). Le CD&V et le Vlaams Blok n'accueilleraient, qu'un député de plus.

Un des objectifs de l'augmentation de la représentation flamande était de diluer la " tache " Vlaams Blok. Encore fallait-il calculer correctement ce nombre de sièges " flamands ", afin de ne pas arriver à l'effet inverse...

A ce titre, le chiffre 17 semble avoir été choisi à propos. L'étude de l'ULB le démontre. Par l'absurde, elle explique que, si 14 sièges auraient pu faire l'affaire pour assurer une meilleure représentation parlementaire flamande, le Blok aurait hérité de 5 sièges, ce qui aurait laissé toute coalition bruxelloise fragile sur son aile néerlandophone.

L'étude de l'ULB pose encore d'autres questions. Ainsi, les négociateurs du Lombard ont prévu la possibilité d'effectuer des regoupements de listes pour la détermination des sièges au conseil (afin d'éviter l'éparpillement des voix des partis démocratiques). Que se passerait-il si le PS et Ecolo se groupaient de la sorte, tout en continuant à se présenter sur des listes distinctes ? Réponse : chaque parti obtiendrait le même nombre de sièges que s'il n'avait pas fait de déclaration de regroupement.

Mais les chercheurs avancent un scénario plus osé : PS, Ecolo et PSC se groupent pour la détermination du nombre de sièges. Dans ce cas, le " cartel " obtiendrait un siège supplémentaire par rapport au PRL-FDF. Ce siège reviendrait aux verts.·

(1) Renseignements : 02-650.33.59.


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

Schaerbeek Après une cavale de cinq ans, l'ex-conseiller régional a été arrêté au Mexique

Guy Lalot est sous les verrous à Forest

 

FRANÇOIS ROBERT

Certains avaient cru l'apercevoir en retraite dorée à Varadero, au pays du vieux Leader Maximo. D'autres affirmaient l'avoir vu quelque part en Uruguay. D'autres souriaient, persuadés que la justice belge ne retrouverait jamais sa trace. Ils se trompaient.

Guy Lalot, 60 ans, ancien conseiller régional et ex-grand manitou du PS à Schaerbeek, en cavale depuis près de trois ans en Amérique latine, a été arrêté vendredi à Cancun, célèbre station balnéaire du Yucatan, au Mexique. Rapatrié samedi matin par avion, il passera désormais ses nuits à la prison de Forest.

L'archétype du politicien magouilleur ? Originaire de Chimay, Guy Lalot a rapidement grimpé dans la hiérarchie du PS dans les années 80, au point d'être un socialiste bruxellois bien en vue : conseiller régional, il fut aussi administrateur délégué à l'office du tourisme de la Communauté française, administrateur de la Smap et conseiller communal à Schaerbeek. Là, le chef de groupe PS força les portes du Foyer schaerbeekois et présida des ASBL et sociétés s'occupant de jeunes et de personnes du troisième âge. Ses ASBL lui assurent un vivier de voix de préférence qui le rendent incontournable dans la cité des ânes...

Il vacilla pourtant de son piédestal le 19 octobre 1989, après les perquisitions menées par la BSR de Bruxelles à son domicile. Dès le lendemain, son épouse et lui étaient placés sous mandat d'arrêt du chef de faux en écriture et détournements de fonds. On soupçonnait le couple d'avoir détourné 250.000 euros sur le dos des ASBL qu'il administrait et d'avoir trafiqué la comptabilité des deux restos japonais (le Shogun et le Samouraï) gérés par Mme Lalot.

Libéré un mois plus tard, Guy Lalot réintégra Schaerbeek où il tenta de reprendre pied politiquement. Pas pour longtemps. Le PS entrait en zone trouble : on était en plein dans les affaires et les trois autres Guy (Spitaels, Coëme et Mathot) remplissaient les journaux. Des quatre, il était le plus petit et le plus fragile. En janvier 1994, le Parlement régional bruxellois levait son immunité tandis qu'il était rayé des listes de la fédération bruxelloise du PS. L'aventure du petit " shogun " schaerbeekois était terminée.

En janvier 96, Guy Lalot était condamné à trois ans de prison dont un ferme pour détournement de fonds et nombreuses irrégularités de gestion. A noter cependant que jusqu'au bout, il clama son innocence. Il alla en appel. En vain. Le 19 mars 1997, sa peine fut alourdie à trois ans de prison ferme, assortie d'une déchéance de ses droits civils et politiques de 5 ans. La Cour ne prononça pas son arrestation immédiate. A la stupéfaction générale, Guy Lalot en profita pour prendre la poudre d'escampette.

Sa cavale a depuis nourri quelques fantasmes exotiques. Volatilisé, on crut retrouver sa trace à Cuba. Mais c'est sous les palmiers mexicains qu'il s'est finalement fait reprendre.· 


commentaires shaitanesques

Guy Lalot fut aussi un des chefs de file (avec Charles Picqué, le bourgmestre de Saint-Gilles) des socialistes xénophobes et islamophobes dans les années 1980, une époque où il ambitionnait de former une majorité communale avec Roger Nols, le Le Pen bruxellois (membre du FDF, puis du PRL).

Rappelons au passage que ce personnage politique peu ragoûtant était un vrai champion pour ce qui est des fausses inscriptions au Parti Socialiste: alors que la fédération bruxelloise du PS créditait sa section schaerbeekoise de plus de 1.500 affiliés (Schaerbneek compte environ 100.000 habitants), la gendarmerie avait, après saisie du fichier en relation avec ses malversations, constaté que la plupart de ces "socialistes schaerbeekois" n'étaient autres que les pensionnaires des homes de personnes âgées gérées par Madame Lalot. Les timbres de cotisation au parti étaient payés via une caisse noire alimentée par lesdites malversations, une pratique connue dans d'autres sections PS. C'est ainsi qu'il avait pu obtenit une place éligible aux premières élections régionales bruxelloises de 1989. L'année qui suivit l'enquête gendarmesque, la section était retombée à... 250 membres.

Vers la même époque, ladite section fut concurrencée par un groupe dissident, "PS-Dune" (Dune était le nom des clubs de réflexion du PS), qui fut finalement reconnu par la fédération comme la section officielle du PS. C'est le "PS-Dunes" qui fit le choix d'inviter Sfia Bouarfa, médiatrice sociale licenciée brutalement par le bourgmestre ex-nolsiste, à figurer en 4ème place sur sa liste aux communales de 1994. Elle fut triomphalement élue, gagnant l'année suivante un siège de conseillère régionale. Elle a été réélue en 1999 (région) et en 2000 (commune), et en 2001 elle est également devenue sénatrice cooptée par le parlement de la communauté française.

Pierre-Yves Lambert


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

Linkebeek : des conseillers s'expriment en français

FABIENNE DEFRANCE

Monsieur le bourgmestre, puisque la loi me le permet, j'aimerais m'exprimer en français. Etrange requête dans un conseil communal ? Pas dans une commune à facilités Lundi soir, elle a été formulée par Jean-Marie Quitin, conseiller francophone à Linkebeek. Et acceptée par le bourgmestre Christian Van Eyken, malgré les récriminations tempérées de l'opposition néerlandophone (étonnée ?) : Nous sommes en Flandre ici, nous parlons flamand

En 1990 déjà, on s'exprimait en partie en français au conseil de Linkebeek, y compris au sein du collège. Ce qui a valu une série d'annulations de décisions par la Région flamande. Nous avons introduit à ce propos un recours au Conseil d'Etat, livre Christian Van Eyken, bourgmestre de Linkebeek. Il a rendu une décision en juin dernier.

Le Conseil d'Etat suit, dans son arrêt, la réponse de la Cour d'arbitrage à la question préjudicielle qu'il lui avait posée en 1998 : si un conseiller intervient en français, cela ne peut avoir pour conséquence l'annulation de la décision concernée.

Je regrette que cela ne puisse être étendu aux membres du collège, commente le bourgmestre. S'exprimer dans sa langue est un droit pour les conseillers, une possibilité confirmée par des arrêts. Je trouve opportun de l'utiliser. Je constate que la population francophone a déserté les conseils communaux. Réinstaurer cette pratique devrait inciter cette frange de la population à revenir suivre les débats et les décisions prises par ses élus.

Christian Van Eyken espère encore que l'initiative de son conseil inspirera les autres communes de la périphérie. Les réactions des conseillers flamands ont été beaucoup moins violentes que par le passé. Quand, en 1998, certains conseillers s'étaient exprimés en français suite à la réponse de la Cour d'arbitrage, leurs collègues flamands faisaient un tel tapage que l'on n'entendait plus l'orateur. Un vrai café du commerce ·


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

Wezembeek : on reparle d'un commissaire spécial

WILLIAM BOURTON

Il y a tout juste un mois, la menace d'envoi d'un commissaire spécial à Wezembeek-Oppem enflammait la classe politique. Depuis, silence radio. Affaire classée ? Absolument pas, a répondu le ministre régional des Affaires intérieures, Paul Van Grembergen (Spirit), hier après-midi, en commission du parlement flamand. Le ministre a par ailleurs révélé que, depuis le 5 février dernier, le ministre de l'Intérieur, Antoine Duquesne (PRL), était en possession du dossier envoyé par ses soins dans le cadre d'une demande de procédure disciplinaire à entamer à l'égard du bourgmestre francophone de Wezembeek-Oppem, François van Hoobrouck (PRL).

La tutelle flamande exige le remboursement d'une taxe environnementale, levée en 1998. Selon le bourgmestre van Hoobrouck, parce qu'elle a été enrôlée en français. Selon l'autorité flamande, parce que le bourgmestre l'a levée lui-même, en l'absence du receveur communal, et a fait appel à une firme privée pour l'impression des bulletins de versement.

François van Hoobrouck a averti son receveur : si celui-ci décidait, d'initiative, comme il en le pouvoir, de rembourser la taxe aux habitants, la somme lui serait personnellement imputée. L'homme s'est donc tenu coi. Quant au mayeur, il a porté l'affaire devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

Que se passerait-il si le tribunal venait à ne pas trancher le litige (se déclarant incompétent) et si, comme il l'a laissé entendre, le ministre Van Grembergen dépêchait un commissaire spécial pour se substituer à l'autorité communale " défaillante " ? En son temps (" Le Soir " du 12 janvier), Philippe Moureaux, le président de la fédération socialiste du PS, avait appelé à une concertation des partis francophones afin de fournir une réponse commune. Des discussions ont eu lieu. Résultat(s) ? Le FDF s'est révélé un obstacle à tout front commun, répond-on chez Philippe Moureaux.·


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

Périphérie Le " politique " compte sur le " judiciaire "...

Eviter le commissaire à Wezembeek

ANALYSE

WILLIAM BOURTON

Mardi, le ministre flamand des Affaires intérieures Paul Van Grembergen (Spirit) a réitéré son intention d'envoyer un commissaire spécial à Wezembeek-Oppem. Simplement attend-il le moment le plus opportun. Hier matin, le bourgmestre François van Hoobrouck (PRL) a reçu du papier timbré allant dans ce sens. Quelle sera la réaction des partis francophones si la menace est mise à exécution ? La plupart des intéressés se refusent à rouler des mécaniques, préférant déminer le terrain à huis clos.

La tutelle flamande reproche à François van Hoobrouck d'avoir, en 1998, levé lui-même (en l'absence du receveur communal) une taxe environnementale. Rien à voir, donc, avec les circulaires Peeters et consorts ? Du côté francophone, on soutient que la Flandre a saisi le premier prétexte pour casser une taxe levée en français. Le tribunal de première instance de Bruxelles est saisi du litige. Premières plaidoiries ce jeudi.

Une décision du juge serait de nature à éteindre le foyer communautaire. Mais, sans préjuger, dans les affaires " politiques ", il n'est pas rare que les tribunaux se déclarent incompétents. Retour à la question de départ : et si un commissaire débarque à Wezembeek ?

Dans nos éditions d'hier, Philippe Moureaux, le patron du PS bruxellois, regrettait que l'attitude du FDF empêche tout front commun des francophones sur la question. Mais Olivier Maingain s'insurge : son parti n'aurait jamais été consulté dans ce cadre. Bras ballants, les francophones ? Non. Des discussions ont lieu. Au niveau fédéral.

Les libéraux francophones tentent de persuader le VLD de jouer les conciliateurs au niveau de la présidence de la Région flamande. Le coup de pouce de Louis Michel au VLD dans le dossier du droit de vote est sans doute de nature à améliorer le climat. Sauf que Van Grimbergen n'est pas VLD : sa formation, Spirit, rejeton de la VU, est créditée de 2 % d'intentions de vote. Elle doit réagir. En musclant son discours ? Le processus est en cours : on s'en est rendu compte mardi, au parlement flamand, en réponse aux attaques du CD & V. En joignant les actes au discours ? Les francophones le redoutent, de plus en plus perplexes face au morcellement du paysage politique flamand.·


Le Soir en Ligne, le 22/02/2002

Wezembeek-Oppem

Pas de commissaire sans menace écrite...

WILLIAM BOURTON

Plaidoiries attendues, hier matin, au tribunal de première instance de Bruxelles. Le receveur communal de Wezembeek-Oppem y avait introduit une action en référé, dans le cadre de " l'affaire de la taxe environnementale 98 ", dont la tutelle flamande exige le remboursement, sous peine d'envoi d'un commissaire spécial (voir nos éditions précédentes).

Après une demi-heure de débats entre les avocats du receveur et ceux de la Région flamande, le juge des référés a fait signer un document par l'avocat de la Région flamande, dans lequel celle-ci s'engage à ne pas mettre en œuvre de mesure contraignante à l'égard du demandeur avant que celui-ci n'ait reçu de document officiel lui enjoignant de rembourser la taxe.

Comme nous l'expliquions hier, le ministre flamand Paul Van Grembergen (Spirit) a pourtant envoyé du " papier timbré " à Wezembeek... Mais au bourgmestre François van Hoobrouck s'y voit prié de faire procéder au remboursement de la taxe d'ici au 2 mars prochain. Il continue toutefois à considérer que ladite taxe a été correctement perçue.

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur Antoine Duquesne (PRL) a affirmé, jeudi à la Chambre, qu'à son avis il n'y avait, pour l'instant, pas de raison d'entamer une procédure disciplinaire contre le bourgmestre de Wezembeek-Oppem. Deux députés flamands (CD&V et Vlaams Blok), qui interpellaient le ministre, ont évoqué la non-application de la circulaire Peeters (qui interdit, d'office l'envoi de documents administratifs en français aux francophones des communes à facilités), ainsi qu'une infraction à la législation fiscale.

Selon eux, la taxe controversée aurait dû être levée par le receveur communal et non par le mayeur. C'est aussi le point de vue du ministre Van Grembergen. (Avec Belga.)·


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

La Hulpe Grâce à lui, la commune ne fusionna pas avec Genval et Rixensart

Pierre Rouelle siégea 55 ans au conseil

L'avocat Pierre Rouelle est décédé à l'âge de 92 ans. Il fut mandataire communal de 1938... à 1993 et bourgmestre de 1952 à 1982. Il fut également député du FDF-RW de 1960 à 1980. La Hulpe lui doit beaucoup.

ÉRIC MEUWISSEN

(...)

Pierre Rouelle siégea sans interruption (sauf les années de guerre) au conseil communal de 1938 à 1993. Après avoir été échevin, il devint bourgmestre en 1952 et le resta trente années durant (1952-1982).

Pierre Alphonse Pélagie Joseph Rouelle était né en 1910. Ses grands-parents tenaient une ferme dans le Condroz et son père était percepteur des postes à La Hulpe. Pierre Rouelle passa son enfance à Marbais (Villers-la-Ville) où il excella dans l'équipe de balle pelote locale. Ses deux sœurs furent successivement directrices de l'école Notre-Dame à La Hulpe.

Enfant de chœur dans sa jeunesse, assidu aux vêpres dominicales, fondateur des jeunes gardes catholiques à La Hulpe, docteur en droit (UCL), Rouelle ne fut cependant jamais affilié au PSC. Et cela à la suite d'une circonstance liée à sa vie privée et notamment à son mariage. Il avait eu l'outrecuidance d'épouser une divorcée et, circonstance aggravante, socialiste à 300 % car sœur d'un maïeur rouge du Brabant wallon. Brûlé au PSC, il allait devenir député FDF-RW (Rassemblement wallon) de 1968 à 1980.

Sa carrière politique, il la mena à La Hulpe en réaction à la toute-puissance du parti libéral, parti qui avait derrière lui les châteaux (Solvay-Janssen).

Dans sa vie politique, trois dates étaient particulièrement agréables à maître Rouelle : 1946 lorsque plus de dix ans avant le pacte scolaire, il réussit à faire adopter les écoles libres de La Hulpe. Sa deuxième satisfaction était d'avoir fait échapper La Hulpe en 1963 au régime des communes à facilités. La troisième étant d'avoir réussi à éviter en 1976 la fusion de La Hulpe avec Rixensart et Genval.(...)


commentaire shaitanesque

Le Soir, dont la ligne éditoriale est traditionnellement très pro-francophone (cf. les éditoriaux pendant les négociations des accords du Lombard voici quelques mois) et attachée au "respect du suffrage universel" quand il s'agit de s'opposer à la représentation communale et régionale garantie des minorités flamandes en région bruxelloise, parle abondamment des persécutions mesquines de la part de certaines autorités et de certains mouvements flamands à l'encontre des francophones de la proche périphérie bruxelloise (Brabant flamand). Il serait plus qu'utile qu'un jour proche ce quotidien prenne la peine de rappeler cet épisode peu glorieux pour les politiciens francophones que furent en 1963 les discussions sur la frontière linguistique. Quand cette période est évoquée, l'insistance se fait essentiellement sur les Fourons et Mouscron-Comines, la première zone ayant été détachée de la province de Liège pour être rattachée à celle du Limbourg, la seconde de la Flandre orientale vers le Hainaut, dans les deux cas avec protection de la "minorité linguistique", sur base du recensement de 1947. On évoque aussi les autres communes "à facilités" de la frontière linguistqiue et de la périphérie bruxelloise.

Il n'est par contre jamais question, sauf dans cette nécrologie d'un politicien francophone ("Sa deuxième satisfaction était d'avoir fait échapper La Hulpe en 1963 au régime des communes à facilités") de l'attitude scandaleuse des politiciens locaux de plusieurs communes "wallonnes" du Brabant, soutenus par les fédérations d'arrondissement de leurs partis politiques, attitude de refus de toute reconnaissance officielle, et donc de protection, des minorités flamandes dans ces communes, que ce soit La Hulpe, Braine-l'Alleud ou même Waterloo.

Pierre-Yves Lambert


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

SÉNAT - Quasi-unanimité en commission...

La commission de l'Intérieur du Sénat a adopté, mardi, deux projets de loi prévoyant que les listes électorales ne pourront comporter aux trois premières places que deux candidats du même sexe au maximum. Seul le Vlaams Blok s'est abstenu au moment du vote. Les textes concernent aussi bien les élections au parlement fédéral qu'aux parlements régionaux et au Conseil de la Communauté germanophone.

... pour l'égalité hommes - femmes sur les listes électorales

Les projets prévoient que les listes devront être composées de manière paritaire. Mais le principe de la " tirette " (un homme et une femme en alternance) n'a pas été retenu. (B.)

 

LOGEMENTS SOCIAUX - Halte au piston

Les mandataires publics qui interviennent auprès d'une société de logement en vue de favoriser l'attribution d'un logement social doivent être sanctionnés. Le groupe PSC au parlement wallon le souhaite. Il a donc déposé une proposition de décret allant dans ce sens, qui sera examiné ce mercredi au parlement wallon. Coût de la facture pour les adeptes du piston : de 150 à 1.500 euros. A une époque où l'on préconise la transparence, il est temps de se protéger contre les tentations, déclare Jacques Etienne, parlementaire wallon et président de la société de logement le Foyer namurois. Certes, il reconnaît que, dans les rangs du PSC, on s'est aussi rendu coupable de ce genre de pratique. Toutefois, pas autant que les socialistes. Mais plus qu'un parti, c'est un favoritisme malvenu et injuste que les sociaux-chrétiens critiquent aujourd'hui. (I. B.)


Commentaires shaitanesques

Voilà une excellente initiative, dommage qu'elle n'ait pas été prise depuis longtemps dans tout le pays, notamment à l'époque où, contrairement à aujourd'hui, il n'y avait quasiment pas d'immigrés devenus électeurs, et où les politiciens locaux, comme à Molenbeek ou à Anvers, mettaient tout en oeuvre pour favoriser leurs électeurs et leurs membres, bien sûr tous "Belges de souche", les "bougnoules" étant quant à eux soit relégués dans des logements sociaux vétustes et/ou trop exigus, soit carrément mis sur des listes d'attentes différentes desdits "Belges de souche", lesquels refusaient d'ailleurs bien souvent d'être logés dans des "immeubles peuplés de bougnoules".

voir à ce sujet: http://users.skynet.be/suffrage-universel/bemilogsoc.htm


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

Cantons de l'Est Pendant l'avant-guerre, les Allemands n'ont pas lésiné sur les moyens pour séduire les " nouveaux Belges "

Les ravages de la subversion nazie

Animateur d'une revue littéraire, Bruno Kartheuser a minutieusement démonté la redoutable efficacité de la propagande allemande dans les années trente du côté de Eupen, Malmedy et Saint-Vith.

CHRISTIAN LAPORTE

Walter Schmald, originaire de Saint-Vith, appartenait au Sicherheitsdienst allemand pendant la Seconde Guerre mondiale. A ce titre, il aurait pris une part décisive, le 10 juin 1944, dans ce qu'on a appelé la tragédie de Tulle. L'avant-veille, le maquis avait pratiquement conquis le chef-lieu du département de la Corrèze mais la 2e Division blindée Das Reich avait repris la ville le même soir. En guise de représailles, 99 hommes furent pendus alors que 500 autres habitants furent envoyés en déportation. En septembre 44, la Résistance se vengea en exécutant Schmald.

Une subversion secrète qui fit basculer la région dans le national-socialisme

Comment expliquer qu'un ressortissant de Saint-Vith se retrouva en première ligne ? Et qui était donc vraiment Schmald, présenté tantôt comme l'incarnation du Diable, tantôt comme un garçon discret et gentil qui avait subi une mort injuste ? Bruno Kartheuser (1) a voulu en savoir plus et tout en préparant ses investigations pour une recherche très approfondie sur le drame de Tulle, loin des mythes qui ont surgi à son sujet, il en est arrivé à dresser un portrait passionnant des années trente à Eupen-Malmedy. Avec en point de mire une question qui paraît parfois encore dérangeante aujourd'hui : les cantons de l'Est collaborèrent-ils en âme et conscience avec le nazisme ?

Pendant longtemps, la question était inconvenante. Pour nombre de gardiens de la mémoire locale, il n'y aurait pas eu de national-socialistes aux marches du Reich. Cette protestation d'innocence choqua Kartheuser, bien qu'elle correspondît à la littérature de guerre des cantons qui comprend plusieurs douzaines d'ouvrages qui n'évoquaient jamais une adhésion de fond au régime hitlérien mais plutôt une soumission forcée.

Il est exact que depuis lors, on assiste à une certaine libération des interdits qui dominaient cette période de l'Histoire mais pour l'auteur, il devait être possible d'aller plus loin encore en se penchant directement sur ce qu'on a appelé le réseau de la subversion allemande. Une subversion secrète mais quand même décisive sur les esprits puisqu'elle fit basculer après l'invasion allemande une région belge certes germanophone, mais cela n'explique pas tout, dans le national-socialisme.

Cette propagande, Bruno Kartheuser l'a analysée de manière très pointue et en est arrivé à la conclusion que sous une infrastructure et une action qui paraissaient nationalistes allemandes se cachaient des visées clairement nazies. La propagande et une politique de soutien financier à toute une série d'initiatives culturelles et sociales allaient avoir une influence décisive. Avec un bilan humain terrible : 3.400 hommes périrent en uniforme allemand. Eux comme Walter Schmald n'étaient certainement pas tous " accros " à l'essence idéologique du nazisme mais en étaient devenus des instruments utilisés dans les actions les plus criminelles.

Le Ceges (Centre d'études et de documentation Guerre et sociétés contemporaines), qui a pris le relais du Centre d'études de la Seconde Guerre mondiale, ayant pris connaissance de la qualité de la recherche a décidé de la traduire en français et en néerlandais. Nullement pour stigmatiser à soixante ans de distance une population sous influence mais pour mieux éclairer les mécanismes de la barbarie...·

(1) " Les années 30 à Eupen-Malmedy ", regard sur le réseau de la subversion allemande. Édition Krautgarten, 180 pages. Infos : Bruno Kartheuse, boîte postale 42, 4780, Saint-Vith. Tél. : 080-22.73.76.

 

Pas de chasse aux sorcières

ENTRETIEN.

Nom. Kartheuser.

Prénom. Bruno.

Age. 55 ans.

Formation. Licencié en philologie classique et philosophie.

Fonction. Rédacteur de la revue littéraire germanophone " Krautgarten " basée à Saint-Vith.

DANIEL CONRAADS

Pourquoi publier aujourd'hui, près de soixante après la guerre, un ouvrage consacré à cette vaste entreprise de propagande allemande dans les cantons de l'Est ?

Ce livre a voulu combler une lacune. Jusqu'ici, aucune recherche approfondie n'avait été menée sur cette opération d'influence et d'ingérence allemandes en territoire belge. Si je n'ai pas mené cette enquête plus tôt, c'est tout simplement parce que j'ai découvert ce travail de subversion des Allemands voici une dizaine d'années seulement en entamant mes recherches sur le cas de Walter Schmald.

Dans les cantons de l'Est, les générations antérieures ne se sont pas montrées très loquaces sur cette période. Très peu de témoignages sont arrivés jusqu'à nous.

Ne craignez-vous pas de raviver inutilement des blessures qui s'étaient cicatrisées et de nuire aux descendants de ceux qui ont participé à cette entreprise de déstabilisation ?

Je me suis borné à proposer une vue panoramique de cette opération de subversion. Je ne me suis pas livré à une chasse aux sorcières de ceux qui ont été, plus ou moins consciemment, impliqués dans cette manœuvre. Je n'ai pas cherché à éplinger des coupables. Mon travail est basé sur la consultation d'archives. Les noms que je cite sont ceux de personnalités qui ont joué un rôle majeur dans ce réseau de propagande.

Ceux qui ont participé à cette campagne subversive étaient-ils conscients de leurs actes où ont-ils été intelligemment manipulés par les nazis ?

Mon enquête ne permet pas de faire toute la clarté sur cette question. Sont-ce d'abord des habitants pro-allemands des cantons qui sont allés " mendier " le soutien de la puissance voisine ? Ont-ils pour l'essentiel été embrigadés par la propagande allemande ? J'ai tendance à croire que les responsabilités sont partagées.

La Belgique a réagi trop mollement

Combien de personnes ont-elles été impliquées dans cette opération ?

On peut estimer que leur nombre oscillait, au minimum, entre 500 et 1.000 personnes. J'ai même la conviction, mais elle n'est pas étayée par des preuves irréfutables, qu'elles étaient plus nombreuses. De toute manière, un millier de personnes constitue un pourcentage énorme, malgré les protestations d'innocence collective qui restent de mise dans les cantons de l'Est. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, ces territoires ne comptaient que 60.000 habitants.

Quelle a été la réaction du gouvernement belge ?

La Belgique n'a pas tenu compte de certains signaux d'alarme venant des cantons. Elle a réagi trop mollement. Elle a bien expulsé quelques agitateurs, mais elle n'a pas jugé utile d'interdire les organisations qu'elle considérait comme pro-allemandes.

L'opération a été menée dans la discrétion. Franz Thedieck, son principal instigateur, parlait de déguisement parfait. Certaines organisations pro-allemandes ou pro-nazies se camouflaient derrière des clubs de vol à voile, de gym, des sociétés folkloriques...

Ils ont effectué un boulot typique d'agents secrets tel qu'on le pratique dans le monde entier quand un changement de frontière se profile. L'efficacité de cette propagande explique sans doute l'enthousiasme avec lequel les armées du Reich ont été accueillies dans les cantons de l'Est. Autre conséquence directe et plus dommageable : le nombre de jeunes gens (3.400 morts, soit près de 6 % de la population) qui ont péri sous l'uniforme allemand a été particulièrement lourd dans la région. Les cantons ont été incorporés au Troisième Reich et les jeunes hommes en âge de porter l'uniforme ont été enrôlés dans la Wehrmacht et les organisations paramilitaires allemandes, ce qui n'aurait pas été la cas s'ils avaient seulement eu le statut de territoires occupés.·


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

Cultes Gaia milite pour une fête du sacrifice " plus humaine " pour les animaux

" L'étourdissement respecte la souffrance "

Sacrifier rituellement le mouton après l'avoir étourdi. D'après Gaia, association de défense des animaux, le Coran ne l'interdit pas. Un pavé dans la mare, à 24 heures de l'Aïd.

ALAIN GÉRARD

Ce vendredi, débute pour les musulmans l'Aïd al Adha, la fête du sacrifice. En Belgique, 450.000 fidèles s'apprêtent ainsi à sacrifier rituellement un mouton (en lui tranchant les veines jugulaires) pour commémorer le moment où Dieu éprouva la foi d'Abraham en exigeant de lui la vie de son fils. Populairement dénommée " fête du mouton ", elle dure trois jours et peut aussi s'appeler Aïd el Kebir, " grande fête ".

Ces dernières années, en Belgique, il est de tradition que l'Aïd soit également l'occasion pour l'association de défense des animaux Gaia, de stigmatiser le rite. 2002 ne fait pas exception. Sauf que, cette fois, Gaia propose la réflexion au lieu de l'action.

Nous ne sommes pas contre l'abattage rituel, mais contre la souffrance de l'animal, explique Michel Vandenbosch, président de l'association. Tout en rappelant que la loi belge interdit depuis 1988 l'abattage rituel à domicile. Une loi qui stipule également, à la suite d'une décision européenne, qu'aucun animal ne peut être abattu dans les lieux agréés sans un étourdissement préalable. Sauf quand il s'agit de sacrifice rituel. Par respect des pratiques religieuses.

C'est ce que nous dénonçons, poursuit Michel Vandenbosch. La loi autorise l'égorgement sans évanouissement, alors que le Coran n'interdit pas l'évanouissement. Pour étayer sa position, Gaia a fait appel à Sami Aldeeb, chercheur à l'Institut de droit comparé à Lausanne et spécialiste en droit arabe et islamique. Depuis 1978, la Suisse est le seul pays, en Europe, à interdir le sacrifice rituel sans étourdissement.

Paradoxalement, la loi belge se montre plus " intégriste " que le Coran, confirme Sami Aldeeb. Aucun texte ne fait allusion à une interdiction de l'étourdissement. Ce qui est interdit, c'est de consommer du sang et de manger du cadavre. En n'oubliant pas le respect de l'être humain comme de l'animal et la bonté pour toute chose. Même pour un sacrifice. Or, l'étourdissement, précise encore le juriste, facilite l'évacuation du sang, ne provoque pas la mort de l'animal et respecte sa souffrance - et donc respecte les préceptes sacrés. Mieux, le sacrifice rituel, norme religieuse, n'est pas pour autant un des cinq piliers de l'islam. Dont l'un recommande l'aumône. Un pilier que nombre de musulmans choisissent de suivre en faisant plutôt don de l'argent de l'achat d'un mouton aux pauvres ou à des causes humanitaires.

Au cabinet de Madga Aelvoet, ministre de la Santé publique, on reconnaît que le débat doit être ouvert : En mettant autour de la table les communautés et les associations de défense des animaux. Mais pas à 24 heures de l'Aïd et tout en tenant compte que la loi belge s'inscrit dans un débat européen. En n'oubliant pas enfin qu'une interdiction du rituel risquerait, en stimulant l'importation de moutons, de transformer le problème religieux en problème économique

Du côté de l'Exécutif des musulmans de Belgique, on n'est pas contre l'étourdissement préalable si la science garantit à 100 % que l'animal ne meurt pas. Ce qui n'est pas le cas, ponctue Nordin Maloujahmoum, président de l'exécutif. D'autant qu'il est aussi prouvé scientifiquement qu'un abattage rituel réalisé dans les règles par des professionnels évite toute souffrance à l'animal. Le Comité de théologiens européens est divisé sur la question. Ce n'est pas à nous de trancher, et il ne sera pas facile de changer les habitudes. En attendant, nous ne cessons de répéter : " Allez dans un abattoir agréé pour éviter tout problème d'hygiène. "·

 


Opinion (envoyé par l'auteur en réaction à la carte blanche parue dans Le Soir de mardi)

Les signes extérieurs

Le port de " signes extérieurs " ne plaît pas à l’ULB. C’est au nom de la libre pensée que certains professeurs du corps académique s’attristent de la visibilité de signes extérieurs liés à une confession, une idéologie, ou simplement une manière d’être qui distingue. Un " malaise " s’installe, qui " dérange ", qui " inquiète " les défenseur du libre examen et de l’anticonformisme intellectuel. Et à eux de rappeler, avec justesse qu’ils font sienne, les excès de l’histoire, le prosélytisme aliénant, le statut bafoué de la femme, la mentalité de ghetto et la radicalisation du discours identitaire…tout cela pour dénoncer le petit fichu porté par des femmes alors bornées, sinon manipulées. Ah oui, n’oublions pas la croix chrétienne, la kipa, les brassards, le piercing et autres décors saugrenus, tous destinés à combattre l’égalité et la démocratie d’un microcosme universitaire tolérant et ouvert !

" Mais pourquoi ne leur fiche-t-on pas la paix ? ", pourraient dire ceux pour qui l’ouverture et la tolérance commencent par la liberté individuelle de conscience et de croyance. Si cette liberté s’inscrit dans la possibilité de faire des choix, et par la suite, après réflexion, d’être déterminé à une règle qui découle du choix opéré, pourquoi s’offusquer de quelqu’un qui s’est donné le pouvoir de se déterminer par son interprétation des choses, même si cette interprétation n’est que peu partagée par autrui ? C’est cette dimension du libre arbitre qui est souvent occultée par ceux qui préfèrent s’interroger sur d’autres motivations possibles, elles, emplies de préjugés et de logiques défensives.

Mais le discours accusateur s’aligne aussi sur un sophisme inévitable : comment dénoncer ce qui uniformise la pensée (en la revêtant de marques extérieures) et, en même temps, déclarer que la différence (surtout quand elle se voit) est incompatible avec l’égalité ?

Ou alors, le raisonnement repose sur une supposition fausse  : le symbole détermine l’individu. Mais peut-on enfermer dans un groupe imaginaire, et contre le sacré droit à la liberté individuelle, tous ceux dont on a certifié qu’ils ont fait le même choix, car ils portent le même objet à qui nous prêtons, de l’extérieur, une connotation hautement symbolique ?

De même, l’argumentation utilisée laisse entendre que le droit à la différence est une revendication pour marquer sa différence, alors qu’il signifie, en réalité, la volonté d’être également considéré malgré sa différence.

Quels que soient l’avis personnel que chacun peut porter sur autrui, et sa faculté de sonder l’esprit sur l’apparence, n’est-il pas aussi inquiétant l’inquiétude de ceux qui se disent dérangés par le choix de l’autre différent, en supposant imprudemment que ce choix, de par sa nature, nie la puissance d’être soi-même.

Mais voilà, cette différence-là ne plaît pas à tous. Et dans ce cas, l’appréciation négative reste du domaine de l’opinion privée, vulnérable à la culture des sentiments et de l’alerte qui nous imprègne, et qu’il serait abusif de justifier au nom du respect de la libre pensée.

Dr Didier Beyens DBeyens@...

69 rue du Villageois

1160 Auderghem


N.B. Didier-Yacine Beyens est l'ancien président de l'Exécutif provisoire des Musulmans de Belgique, l'organe désigné par l'Etat belge qui a précédé et organisé l'élection de la Constitutante des Musulmans en 1998.


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

GRANDE-BRETAGNE - Mollah inculpé pour incitation au meurtre

Abdullah el-Faisal, un mollah britannique soupçonné d'avoir appelé à tuer des Juifs dans des cassettes vendues dans des librairies islamiques, a été inculpé mercredi d'incitation au meurtre. Maintenu en détention, el-Faisal sera présenté à la justice jeudi. (AFP.)

IRAN - Assistance consulaire pour Sliti

L'ambassade de Belgique à Téhéran fournit une assistance consulaire à Mohamed Sliti, un Belge détenu en Iran et recherché pour son implication dans l'assassinat du commandant Massoud, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères. Le consul de Belgique l'a vu lundi en prison, a constaté l'authenticité de son passeport et qu'il était bien traité. (B.)


Le Soir en Ligne, le 21/02/2002

Pays-Bas Le populiste extrémiste Pim Fortuyn sape un tabou

L'extrême droite orange séduit les jeunes

Brisant le mythe de la tolérance des Néerlandais, un sondage révèle que 40 % des 18-30 ans sont prêts à voter pour un homme politique raciste.

DIDIER BURG - AMSTERDAM

Pim Fortuyn, membre du parti Leefbaar Nederland - signifiant " Pays-Bas vivables " - défraie la chronique hollandaise par ses propos discriminatoires. Sans perdre pour autant son crédit auprès des jeunes...

S'exprimant dans le quotidien " De Volkskrant ", Pim Fortuyn a récemment déclaré qu'il voulait fermer les frontières du pays aux islamistes, qualifiant l'islam de culture arriérée. Le pays est plein, ajoutait-il. Et de proposer, ni plus ni moins, d'abroger l'article 1er de la Constitution interdisant toute discrimination entre les citoyens...

Mais - contrairement à la classe politique qui est rapidement montée au créneau - ces idées extrémistes n'émeuvent pas les jeunes. Selon l'enquête (auprès de 645 jeunes) rapportée cette semaine par l'hebdomadaire " Nieuwe Revu ", 46 % des hommes entre 18 et 30 ans et 32 % des femmes voteraient pour un tel candidat aux élections législatives. Plus inquiétant, ils seraient 46 % à approuver la fermeture des frontières aux islamistes.

Cette forte cote de popularité de Pim Fortuyn surprend a priori, puisqu'il y a six mois, cet homme de 53 ans était inconnu du grand public. Après des déclarations marxisantes dans les années septante, son vrai visage est apparu lors de son exclusion du parti de centre-gauche " PvdA ", pour des propos tendancieux sur l'immigration; il est ensuite passé à droite en devenant conseiller du parti chrétien démocrate.

Fort en gueule, ce professeur d'université, journaliste à ses heures et homosexuel déclaré, a toujours essayé de se faire remarquer, vitupérant sans cesse contre l'autorité établie, et dévoilant son ambition de devenir Premier ministre. Mais dans la première partie de sa vie politique, aucun parti ne lui a jamais proposé d'assurer un rôle représentatif ou de mener une liste.

En août 2001, en prévision des élections législatives de mai 2002, Pim Fortuyn annonce, à grand renfort médiatique, sa rentrée sur la scène politique. Il rejoint alors Leefbaar Nederland, un jeune parti créé en mars 1999 par trois hommes, dont un disc-jockey multimillionnaire, désireux de reproduire à l'échelle nationale les succès rencontrés localement.

Leur programme tient en trois idées : réduire l'administration et les fonctionnaires; donner plus de pouvoirs aux citoyens; et stimuler l'utilisation des télécommunications. En phase sur la plupart des dossiers avec Leefbaar Nederland, Pim Fortuyn doit cependant mettre de l'eau dans son vin avant d'être nommé tête de liste pour la région de Rotterdam.

" Les enfermer dans des cages "

L'arrivée de ce personnage haut en couleur va doper les intentions de vote des Néerlandais pour ce parti populiste : créditée, selon les sondages, de deux sièges à la Chambre en septembre, Leefbaar Nederland en obtient six en octobre, dix en novembre et quatorze en décembre, pour aller jusqu'à vingt-deux Le phénomène Pim Fortuyn inquiète la classe politique. D'autant que l'homme est omniprésent, s'exprime sur tout. Par exemple sur des passeurs de drogue arrêtés à Amsterdam : Il faut les enfermer à vingt dans des cages, lance-t-il...

Puis viennent ces propos haineux dans " De Volkskrant "... qui ne remettent pas son avenir politique en jeu : Leefbaar Nederland le maintient tête de liste à Rotterdam. Une première aux Pays-Bas...·


 Presse néerlandaise du mercredi 20 février 2002

Ecoles islamiques

L'ensemble de la presse développe le thème des écoles où l'on inciterait les jeunes musulmans à la haine contre la société occidentale, une allégation que l'organisation des écoles islamiques ISBO réfute catégoriquement, comme le note le Trouw à la une.

"La Deuxième Chambre veut que les autorités interviennent si les écoles poussent à la haine ou à la discrimination", note le même Trouw en page 3. "L'Etat peut mettre fin à leur financement, et fermer l'école, à la limite. La plupart des partis politiques ont approuvé l'annonce de la secrétaire d'Etat à l'Education, Adelmund (PvdA), qu'elle interviendrait sérieusement auprès d'écoles islamiques bénéficiant de fonds saoudiens et incitant dans leurs leçons ou par le biais du matériel pédagogique à la haine contre les impies" (également de Volkskrant p.3, De Telegraaf p.3, Algemeen Dagblad p.3, avec une carte des 35 écoles primaires islamiques des Pays-Bas).

Pour l'éditorialiste du Volkskrant, "c'est à l'Inspection qu'il incombe de veiller à la bonne qualité de l'enseignement". "Dans la pratique, elle ne le fait guère. C'est pour cela qu'Adelmund est manifestement surprise maintenant." Le journal de centre-gauche juge nécessaire d'enquêter sur la possible infiltration des écoles islamiques par "des extrémistes de pays comme le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye, l'Iran et l'Arabie Saoudite". "Car c'est un fait que des fondamentalistes de ces pays essaient d'exercer une influence sur les musulmans des Pays-Bas. Les subventions des pays islamiques mentionnés entravent l'intégration des musulmans dans la société néerlandaise."

"Adelmund a raison", titre l'Algemeen Dagblad au-dessus de son commentaire. "Les règles sont claires. Quand on ne les respecte pas, d'autres mesures s'imposent. Sans réserve."

"Il est grand temps que les autorités renforcent le contrôle exercé sur les organisations musulmanes, comme les écoles islamiques, pour éviter le fondamentalisme", estime aussi le Telegraaf.

jeudi 21 février 2002 Ecoles islamiques

"Selon le BVD [Sûreté de l'Etat, DST], les écoles islamiques n'incitent pratiquement pas à la haine contre le monde occidental", rapporte le Volkskrant (p.3). "Il y a bien des contacts avec des organisations radicales, mais on surestime leur influence."

"Le BVD a étudié les signaux selon lesquels certaines écoles musulmanes inciteraient à la haine contre la société occidentale. Ce n'est pas le cas dans la plupart des écoles, selon le rapport De democratische rechtsorde en islamitisch onderwijs [Etat de droit démocratique et enseignement islamique]. On s'efforce de préserver sa propre identité ethnique et/ou religieuse, mais certaines écoles protestantes en font de même."

"L'enquête s'est concentrée sur les 32 écoles primaires islamiques (six mille élèves au total). Il n'y a pratiquement pas encore d'enseignement islamique secondaire et supérieur" (également Trouw pp.1 et 13, De Telegraaf p.7).

"Les politiques doivent éviter de monter les gens les uns contre les autres, dans la discussion sur les allochtones", relève l'Algemeen Dagblad à la une. "Ils risquent de tomber dans 'l'hystérie de l'islam et de l'intégration des musulmans'. C'est ce qu'a déclaré le ministre Van Boxtel (Grandes villes et Intégration, D66) hier à Leeuwarden, lors de l'inauguration d'un immeuble destiné à diverses instances de promotion de l'intégration. 'D'autres partis jouent maintenant au petit soldat : qui inventera les peines les plus lourdes, quel groupe est notre plus grand ennemi ? C'est comme ça qu'on monte les gens les uns contre les autres. Il ne faut pas balayer notre tolérance de la table parce que les élections approchent, et ne pas profiter de peurs injustifiées en brandissant des épouvantails', a estimé le ministre."


Presse néerlandaise du mercredi 20 février 2002

Petits partis protestants

"Si le SGP ne modifie pas sa position concernant les femmes sur les listes électorales communes formées avec la ChristenUnie (CU), ce dernier parti suspendra toute forme d'association aux prochaines élections municipales", relève le Trouw à la une. "C'est ce que déclare le président de la CU, Thijs van Daalen. Le leader de la ChristenUnie, qui est née de la fusion du RPF et du GPV, réagit à l'échec d'un certain nombre d'associations entre le SGP et la ChristenUnie. Les deux partis nomment la position du SGP concernant les femmes comme raison de ces échecs."

"Le SGP ne tolère les femmes inscrites sur les listes électorales communes que si elles occupent une place inéligible. Ce parti reste d'avis que les femmes ne peuvent pas exercer un pouvoir politique. 'C'est écrit dans la Bible', selon le président du SGP, Wim Kolijn."


Presse quotidienne danoise Mercredi 20 février 2002

Etrangers - Le quotidien Information mentionne que le quotidien américain New York Times a déploré, hier dans un éditorial, que le Danemark, ainsi que l'Australie et les Etats-Unis, ferment leurs portes aux étrangers en renforçant leur politique dans ce domaine, et a expliqué l'hospitalité réduite danoise par le fait que le Danemark a un nouveau gouvernement de centre-droit subissant la pression du PPD. Et New York Times de considérer la nouvelle orientation danoise de particulièrement déplorable, à l'approche de la prochaine Présidence danoise de l'UE.


Presse quotidienne finlandaise Mercredi 20 février 2002

INGRIENS

Déclarations de Mme Halonen

La Présidente, Mme Halonen, affirme qu'elle a confiance dans les décisions du gouvernement en matière de politique concernant les Ingriens. Elle a estimé que le nombre d'arrivants ingriens devrait commencer à diminuer plutôt qu'à augmenter. Mme Halonen s'est exprimée lors d'une visite à Lahti.

Mme Halonen souligne, elle aussi, l'importance de l'acquisition de connaissances linguistiques en finnois ou en suédois, aussi bien pour les immigrants ingriens que pour les autres. Il n'y a aucun autre moyen aussi efficace que l'apprentissage de la langue pour s'intégrer dans notre société, dit-elle.

Elle admet qu'il n'est pas facile de décider de l'octroi d'un permis de séjour. "Il était clair dès le début, que les connaissances linguistiques des arrivants n'étaient pas bonnes, sauf en ce qui concerne les personnes les plus âgées. De plus, il est naturel que, comme les Ingriens ont des époux et épouses "non-Ingriens", il n'y ait pas que des Ingriens qui arrivent en Finlande."

Mme Halonen était ministre de la Justice dans le cabinet de M. Holkeri à l'époque où M. Koivisto a pour la première fois évoqué le retour des Ingriens en Finlande. A la question de savoir si la Finlande avait commis des erreurs dans sa politique à l'égard des Ingriens, Mme Halonen estime qu'en étudiant l'histoire du retour des Ingriens dans les années 90, on peut dire qu'ils ont payé cher "leur côté finlandais". Elle estime que la décision d'inviter les Ingriens au retour était une décision liée à l'époque et à l'Histoire.

Selon la Présidente, l'enseignement du finnois aurait pu être organisé d'une façon plus efficace pour intégrer les arrivants. "Il ne faut pourtant pas oublier que le gouvernement et les autres dirigeants du pays ne sont pas les seuls responsables de l'intégration des immigrés. [...] Plusieurs autres instances font partie du processus qui aide une personne à s'enraciner dans un pays", rappelle Mme Halonen.

(quotidiens Helsingin Sanomat et Aamulehti)

Situation allemande

Keskisuomalainen relève qu'en Allemagne, les Allemands de l'Europe de l'Est ont eu droit au retour à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Selon Mme Neuvonen-Vuojärvi, de l'ambassade de Finlande à Berlin, qui a étudié l'immigration de ces Allemands, il y a beaucoup de ressemblances dans le débat en la matière en Allemagne et en Finlande, même si les chiffres sont beaucoup plus importants en Allemagne qu'ici.

Les Allemands souhaiteraient aujourd'hui diminuer le flux d'arrivants et sont en train de préparer une réforme de la législation en la matière.

(quotidien Keskisuomalainen)


http://www.botschaft-frankreich.de/ffbbactu.htm?aktuelle.php3

Revue hebdomadaire de la presse allemande
Semaine du 14 au 21 février 2002

Visite de M. Fischer à Prague
Il ressort des commentaires consacrés par l'ensemble de la presse au déplacement du Ministre
allemand des Affaires Etrangères, M. Joschka Fischer, en République Tchèque, que Berlin accepte les explications du Premier Ministre tchèque, M. Milos Zeman, sur les propos qu'il a tenus à un journal israélien au sujet du leader palestinien, M. Arafat.
La Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) souligne que M. Zeman n'est revenu sur la teneur de ses propos qu'après les vives condamnations formulées par l'UE. Le journal qui rappelle aussi les récentes déclarations "à l'emporte-pièce" du responsable tchèque sur les Allemands des Sudètes, estime que le "coeur du problème se situe ailleurs": le chef de gouvernement d'un pays qui appartient à l'OTAN et qui désire adhérer à l'UE, est maintenant soupçonné de considérer la déportation de toute une population comme un moyen légitime pour régler un conflit national. Milosevic doit répondre aujourd'hui devant un tribunal d'actes comparables". Le quotidien note qu'à Prague on rappelle que le départ du Premier Ministre tchèque ne saurait tarder, mais pour le journaliste, son retrait de la vie politique ne résoudra pas "les problèmes des relations germano-tchèques". Le commentateur s'étonne du fait que les décrets Beneš (épuration ethnique et spoliations visant les Allemands des Sudètes après la deuxième guerre mondiale) n'aient joué jusqu'à maintenant aucun rôle dans les négociations d'adhésion de la
République tchèque à l'UE. "Il serait nécessaire que l'UE exige de Prague une déclaration sans
ambiguïté sur cette question, mais, constate la FAZ, à Bruxelles comme à Berlin, on ne veut pas
amplifier le problème".


Indonésie: décès d'un "porteur de valises" néerlandais

(Presse néerlandaise du vendredi 22 février 2002 ) L'ensemble de la presse annonce par ailleurs à la une le décès à Jakarta, à l'âge de 76 ans, de Jan "Poncke" Princen, une des personnalités les plus controversées de l'histoire contemporaine des Pays-Bas. Princen avait déserté en 1948 de l'armée néerlandaise engagée dans des "opérations de police" en Indonésie, pour rejoindre les nationalistes indonésiens qui luttaient pour l'indépendance du pays. Il y a par la suite défendu les droits de l'homme, ce qui lui a valu de longs séjours en prison. Le ministre Jan Pronk, qui a beaucoup eu affaire à lui, l'a qualifié hier soir d'"activiste conséquent qui a aussi fait des fautes". Sa désertion durant la guerre coloniale en Indonésie en était une, selon Pronk.


Le Soir en Ligne, le 20/02/2002

Iles Fidji Une grâce présidentielle négociée d'avance

Le président sauve Speight de la corde

Les dés étaient bien pipés. L'instigateur du coup d'Etat en 2000 a vu sa peine de mort commuée quelques heures plus tard en prison à vie par le président de la république.

FRÉDÉRIC THERIN - SYDNEY

Le procès de George Speight, l'auteur du coup d'Etat qui avait retenu en otage du 19 mai au 15 juillet 2000 le Premier ministre fidjien, Mahendra Chaudhry, ainsi qu'une partie de son gouvernement, a encore prouvé que cet archipel perdu en plein cœur du Pacifique Sud n'avait pas renié ses démons du passé. Quelques heures après avoir plaidé coupable au chef d'accusation de haute trahison qui a entraîné sa condamnation à mort par le juge de la Haute Cour, Michael Scott, l'ancien homme d'affaires au crâne chauve a vu, lundi, sa peine commuée en un emprisonnement à vie.

Le président fidjien, Ratu Josefa Iloilo, a justifié sa grâce en expliquant qu'il voulait éviter les violentes émeutes que les nombreux partisans de George Speight ne manqueraient pas de lancer en cas d'exécution de leur leader. Plus le président prendra rapidement une décision, meilleures seront les chances de sauvegarder la stabilité de la nation, avait menacé quelques minutes après l'annonce de la condamnation à mort de son client l'avocat du putschiste, Ron Cannon. Dix des douze coaccusés qui ont participé au coup d'Etat manqué au parlement de Suva, la capitale fidjienne, ont pour leur part plaidé coupable au motif de prise d'otage.

La grâce présidentielle cache en réalité de sombres accords entre George Speight et ses commanditaires. Les spécialistes de la région sont en effet unanimes pour reconnaître que le chef de file des insurgés n'était qu'un homme de paille contrôlé par de puissants politiciens et militaires locaux. La volonté des putschistes était de renverser le gouvernement pour des raisons ethniques. Chaudhry était en effet le premier politicien d'origine indienne - cette minorité représente 44 % des habitants de ce pays pour 51 % de Fidjiens indigènes - à avoir été élu au poste de Premier ministre.

Une mansuétude qui s'explique

Pour mettre fin à la tentative de coup d'Etat, l'armée avait propulsé en juillet 2000 Laisenia Qarase à la tête du gouvernement par intérim. Cet ancien banquier a été reconduit à son poste lors du scrutin législatif organisé du 25 août au 1er septembre dernier. Mais certains de ses proches sont soupçonnés d'avoir été les véritables instigateurs du putsch manqué; ce qui expliquerait la mansuétude présidentielle.

Le gouvernement a de surcroît d'autres problèmes encore plus importants à régler pour se maintenir au pouvoir. La cour d'appel de justice fidjienne a annoncé vendredi que Laisenia Qarase avait enfreint la constitution en refusant de former une coalition avec le parti travailliste de Mahendra Chaudhry. Selon la loi nationale, les vainqueurs des élections doivent proposer des ministères à tous les mouvements ayant plus de huit sièges au parlement. Et M. Chaudhry a été exclu de toute coalition malgré ses vingt-sept députés.

Le leader d'origine indienne est actuellement en négociation avec l'Alliance conservatrice afin de former une union qui mettrait en minorité le gouvernement de Laisenia Qarase.

La période d'instabilité politique qui frappe Fidji depuis de nombreuses années a encore de beaux jours devant elle.·


Revue de la presse israélienne mercredi 20 février 2002

Décision de l’armée israélienne : On ne parle plus publiquement des objecteurs de conscience / Yoav Limor (Maa, p. 9)
§ C’est ce qui a été décidé hier en forum de l’état-major. Le cas de chaque réfractaire recevra un traitement approprié dans son unité. Le but recherché : ne pas offrir de caisse de résonance au mouvement des réfractaires.

Mikhaël Ben-Yaïr, l’ancien Conseiller juridique du gouvernement, a dû démissionner de ses fonctions de juge-arbitre en raison du soutien accordé publiquement aux objecteurs de conscience (Maa, p. 9).
§ Ben-Yaïr avait été choisi pour être l’arbitre d’un conflit financier entre associés. Ses déclarations ont poussé l’une des parties à lui demander de renoncer à cette mission d’arbitrage…

La Cour suprême doit trancher aujourd’hui du problème de la dispense du service militaire pour les élèves des écoles rabbiniques / Shmouel Mittelman (Maa, p. 14).
§ 11 juges vont se prononcer sur les 3 recours en suspens à ce sujet, après plus de 3 ans de " reports " successifs consentis à la Knesset pour régler la question par voie législative. Mais la Knesset n’a toujours pas accepté un texte de loi – et les Juges de la Cour suprême ne peuvent plus ajourner indéfiniment leur arrêt.
§ Cette affaire présente également un autre aspect : celui des rapports entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif, la Knesset étant – sous la pression des partis ultra-orthodoxes – jalouse de ses prérogatives.
Les observateurs estiment également que la décision des juges peut avoir une influence décisive sur l’avenir du gouvernement Sharon – à cause des réactions possibles des partis religieux.

° D’autre part, les 11 juges de la Cour suprême doivent également rendre aujourd’hui leur arrêt sur un autre sujet de discorde avec les institutions religieuses orthodoxes : la reconnaissance des conversions au judaïsme effectuées, à l’étranger ou en Israël, par des rabbins réformés ou conservateurs – dont l’autorité en la matière est niée par les orthodoxes.



Vendredi 22. Février 2002  16:02

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Belgique - Tension autour du débat sur l'octroi du droit de vote aux étrangers Belgique - " Vous ne pouvez pas être à moitié démocrate" Belgique - La...
Pierre-Yves Lambert
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22. Février 2002
16:02
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