Re-Bonjour
Ce n'est pas surprenant que les intervenants n'aient pas répondu à l'appel lancé il y a quelques jours pour des contenus à mettre dans l'extranet (site internet réservé aux membres). Beaucoup de raisons peuvent expliquer ce silence :
- La période de fin d'année financière dans les groupes, et dans les institutions;
- période de bilans à faire avant les vacances;
- les archives, et fouiller dans les fonds de tiroirs, c'est pas la tasse de thé de beaucoup de monde...
Mais il y a aussi, sans doute, des raisons plus insidieuses. Comme un certain désabusement à l'égards des efforts collectifs : après les fusions forcées d'établissements, de syndicats, amenant leurs lots de frustration, d'éloignement des centres de décisions, d'alourdissement des procédures bureaucratiques... le contexte ne porte pas nécessairement vers l'engagement et la responsabilisation ! Ainsi, parler de laisser des traces de son action, des leçons tirées de ses 25-30 ans de pratique pour les plus jeunes qui arrivent... c'est faire appel à un certain sens de responsabilité envers l'institution, la profession... un sens qui s'est sans doute émoussé, avec mille bonnes raisons, au cours de quelques décennies de travail.
Pourtant, si nous ne le faisons pas, qui le fera ? Qui devrait être plus que nous sensible et conscient des limites et frustrations associées au travail collectif et à l'engagement volontaire ? Ce qui n'en rend pas moins douloureuses les dites limites, quand elles s'appliquent à soi... mais ne devrions-nous pas avoir, plus que d'autres, réfléchi à cette question et développé des moyens de contrer cette érosion naturelle des processus démocratiques sur les forces sociales ?
Ne sommes-nous pas témoins, chaque jour, de ce découragement du bénévole, du volontaire qui voit des efforts de longue date amener si peu de résultats, quand ce n'est pas de constater ce qui lui semble des reculs... parfois parce que la conjoncture n'a pas été favorable, souvent parce que la stratégie n'était pas au point, ou un peu pressée...
Je n'ai pas de solution miracle, de mot magique qui ferait qu'on prendrait en main les outils qui sont les nôtres, avec un second souffle, malgré une conjoncture qui ressemble à ce printemps pluvieux qui n'en finit pas de grisonner... comme nos tempes ! Je sais seulement que je partirai d'ici peu de temps et que certains intervenants un peu plus jeunes sont en droit de nous demander de laisser quelques traces de notre passage. Non pas des monuments !! Juste des miettes, des travaux pas nécessairement finis, mais réalisés le plus souvent avec attention, passion parfois, des réflexions qui serviront peut-être. Je dis bien peut-être. Mais laissons-leur ce choix, cette possibilité !
Gilles Beauchamp,
webmestre du RQIIAC