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CHRONIQUE D’EVARISTE
Crétins d’Allemands !
DEBATS A GAUCHE
A/ Islam : pour une prise de conscience à gauche, par Kebir Jbil
B/ Le programme commun du peuple est très simple, interview de Jean-Luc Mélenchon
C/ Vive l’unité de la gauche du Parti socialiste, par Marc Dolez
MEDIAS
Allemagne, année zero, par Elise Thiebaut
DEBAT EUROPEEN
L’Européisme, ce dogme qui fait tant de mal, par Hubert Védrine
ISLAMOGAUCHISME
Tevanian se fait rouler dans la farine par Dieudonné, par communautarisme.net
LAICITE
A/ Unité des laïques et polémiques, par Evariste
B/ Le maire communiste d’Ivry inaugure l’Eglise de la rue Lénine avec l’évêque de Créteil, par Jocelyn Bézecourt
C/ USA : Le jugement d’allégence jugé inconstitutionnel, transmis par Michel Naud
D/ Procès Bouziane : pour le Procureur, le tribunal correctionnel s’est totalement trompé, par Michèle Vianes
DEBAT SUR L’ENERGIE
A/ Apprendre à se passer du pétrole, par Corinne Lepage
B/ L’aveuglement des soi-disants écolos sur le pétrole, par Olivier Lietard
COMBAT SOCIAL
A/ Le prix de l’incitation au meurtre, par Mireille Popelin
B/ Chaque famille doit pouvoir disposer d’un logement décent, par Jean-François Chalot
AGENDA
CHRONIQUE D’EVARISTE
Crétins d'Allemands !
Et voilà ! C'est le bordel ! Les marchés doutent, l'Europe ne sait plus, la confusion est la plus totale en Allemagne après le vote de dimanche. Tout était pourtant simple. Schröder, social-démocrate bon teint, et Fisher, leader des Verts, ont mené une politique libérale, sous les injonctions de Bruxelles, pour casser l'Etat-providence au nom de la modernité, et pour serrer les boulons au niveau économique, tout en se montrant par ailleurs incapable de respecter le sacro-saint Pacte de stabilité, et d’impulser une croissance créatrice d'emplois.
Bilan : 4,7 millions de chômeurs, une impopularité grandissante, Schröder paraissait condamné. Angela Merkel, mélange de Sarkozy et de Thatcher, était donnée par la presse aux ordres future chancelière il y a quinze jours, probable chancelière il y a huit jours, possible chancelière deux jours avant le scrutin, et aujourd'hui, on ne sait ce qui va suivre. Que s'est-il passé ? On lui a fait des sondages la donnant à 48 %, elle finit à 35 %. Elle a mis en avant un gourou en économie, sorte de professeur Nimbus expert es fiscalité, Paul Kirchhof, mélange, lui, de Madelin sur la conception ultra-libérale, et de Boutin sur le catholicisme et la conception familiale. Tant que le brave homme promettait de la sueur et des larmes au peuple allemand, qui devait se repentir de l'horrible expérience socialiste, cela pouvait encore passer. Mais voilà cet imbécile qui a annoncé qu'il allait leur faire les poches, et notamment augmenter la TVA de 2 % ! Surtout, bien que légitimement mécontents de Schröder-Fischer, les Allemands ont compris que l'alternative ultra-libérale, souhaitée à corps et à cri par les médias et le patronat, allaient être encore plus douloureuse pour eux. Résultat : comme pour le TCE en France et en Hollande, le peuple allemand n'a pas suivi ses élites, et n'en a fait qu'à sa tête, parce que pas plus que le peuple français, il ne souhaite voir le libéralisme transformer le pays en modèle de type anglo-saxon.
Ils ont donc, pour les uns, voter utiles, malgré la rage, en donnant leurs voix à Schröder, ou à Fischer, pensant que les Verts pouvaient infléchir la politique des socialistes. Surtout, pour d'autres, ils ont voté pour la gauche du PS, le Linkspartei, derrière Oskar Lafontaine, socialiste de type Emmanuelli, et les anciens communistes d'Allemagne de l'Est, qui atteint 8 %. Pourtant, les médias se sont déchaîné, sur la fin, contre l'ancien ministre de l'Economie allemande, lui reprochant, avec des articles crapuleux, son train de vie et ses vacances. Bilan du scrutin : malgré la politique libérale de l'axe PS-Verts, malgré le matraquage politico-médiatique en faveur des solutions à la Sarkozy, l'électorat allemand s'est tourné vers la gauche, qui, en regroupant la coalition Schröder-Fisher, et en ajoutant Lafontaine et les siens, dépasse les 50 %. Pour autant, Schröder se refuse à toute alliance avec Lafontaine, préférant, s'il demeurait chancelier, examiner des "combinazione" avec quelques obscurs groupuscules qui vont profiter de la proportionnelle pour se vendre au plus offrant. Il parait que c'est cela la vraie démocratie, autour de la proportionnelle intégrale ! Nous devons voir dans cette réaction du peuple allemand, avec la particularité du contexte, une continuité du vote français et hollandais pour le non au TCE. La bouillie libérale que les élites veulent vendre ne passe plus, nulle part. Sans doute, pour la faire passer, faudra-t-il faire ce que préconisait Strauss-Kahn sur le TCE, et qualifier de démagogique le fait de demander l'avis au peuple, bien trop bête, les Allemands viennent de le montrer, pour comprendre les enjeux d'un scrutin.
On imagine ce qu'auraient été les commentaires des médias français, de July à Colombani en passant par Ockrent et Duhamel, si, comme ils le souhaitaient, Merkel avait atteint les scores qu'on lui prédisait. On aurait alors applaudi au pragmatisme d'un peuple qui a compris qu'on était au vingt-et-unième siècle, qu'il fallait être moderne, et on aurait opposé ce vote à notre vote du 29 mai, qu'ils ne nous ont pas encore pardonné. Ils auraient continué à nous insulter, et à nous traiter de ringards, pour nous imposer leur Merkel, Nicolas Sarkozy. Eh bien, comme pour le TCE, cela est encore raté.
A la niche, July-Colombani !
Alors que les experts libéraux européens et leurs complices socialistes n'ont eu de cesse de casser, l'axe franco-allemand, coupable d'offrir trop d'Etat, trop de protection sociale à leur peuple, pas encore assez de concurrence libre et non faussée, les électeurs et les salariés de ces deux pays, loin de se laisser intoxiquer par la propagande, continuent, par leurs actions, leurs mobilisations et leurs votes, à montrer leur attachement à un modèle que les élites veulent définitivement caduque. A méditer, en France, pour l'échéance 2007.
Pour toute réaction, pour tous ceux qui veulent participer au rassemblement des laïques et des républicains de gauche, contacter evariste@...
DEBATS A GAUCHE
A/ Islam : Pour une prise de conscience à gauche
En entrant en campagne pour les présidentielles de 2007, Philippe de Villiers a astucieusement excité une partie de la gauche bien-pensante, qui se positionne toujours contre, ce qui lui évite de prendre le risque de formuler un projet, que d’ailleurs elle ne détient pas. Comme à son habitude, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples a ouvert les hostilités en citant à comparaître le Président du Mouvement Pour la France pour « incitation à la haine raciale ».
Les uns reprochent à De Villiers d’avoir déclaré que « nous ne pouvons pas continuer à assister à l’islamisation progressive de la France ». D’autres lui reprochent d’avoir dit que « l’Islam est le terreau de l’islamisme et l’islamisme est le terreau du terrorisme ».
Que le lecteur ne s’y trompe pas. Nos propos ne visent nullement un quelconque soutien aux thèses globales du MPF, qui sont à l’opposé des nôtres, mais de pointer le populisme d’une certaine gauche, qui pour ratisser dans l’électorat musulman sacrifie précisément ceux des musulmans qui luttent contre la composante intégriste, au profit des musulmans fanatiques.
Nous ne reviendrons pas sur le MRAP dont la direction nationale s’est transformée en officine de lutte contre le blasphème -exclusivement à l’encontre de l’Islam-, et n’a de loin rien à envier à l’extrême droite en matière de propos dangereux.
ISLAMISATION DE LA FRANCE
La gauche bien-pensante semble moins bien connaître le Coran que Philippe de Villiers. La religion musulmane est en effet prosélyte et c’est même une obligation religieuse que de prêcher la bonne parole auprès des égarés. Tous les exégètes reconnus l’admettent : L’islamisation de la France est une nécessité pour réaliser le projet ultime : la Oumma.
Il n’y a rien de choquant pour un musulman dans ces propos. C’est d’ailleurs l’argument essentiel qui fait que l’électorat musulman ne peut être conquis que par des partis soutenant les islamistes, à savoir, l’extrême droite qui opère depuis 1997 [1] des rapprochements au plan local avec l’islam politique, et depuis quelques années, l’extrême gauche qui a abandonné son athéisme pour grossir ses rangs d’un nouveau prolétariat [2] incarné par les musulmans.
Concernant les islamistes et l’extrême droite, libération titrait dans son édition du 17 janvier 2004 « Quand certains extrémistes de droite sont séduits par le look barbu », où l’on peut lire « Une conjonction d’intérêts rapproche aujourd’hui certaines franges (...) issues des milieux islamistes et de l’extrême droite la plus dure ».
Par ailleurs, les propos du Président du MPF sont tièdes en comparaison à la réalité prônée par les prédicateurs. Il s’agit, en parallèle de l’islamisation qui est un devoir de tout musulman et dont le but est d’agrandir la Oumma, de manière pacifique si possible, de réislamiser les populations nées ou de parents nés dans des pays musulmans. Là encore, le terme n’est aucunement choquant pour les exégètes les plus en vogue, puisque le courant musulman le plus actif étant de tendance fondamentaliste -Salafisme, Wahhabisme, et Frères musulmans-, le musulman de filiation maghrébine est considéré comme « mauvais musulman », et devant être ré-islamisé.
Aussi, s’il y’a des propos irresponsables et condamnables, ce sont ceux qui n’osent pas dénoncer « l’islamisation de la France ». Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que l’islamisation est actée de manière générale -l’Islam étant expansionniste, il ne souffre aucune concurrence- depuis 14 siècles par la révélation, ne pas reconnaître son prosélytisme comme essentiel à son existence, revient à tenter de réviser les paroles divines. En d’autres termes, la gauche et l’extrême gauche se positionnent eux-mêmes en négateurs de Coran, et donc en blasphémateurs, qu’en Arabie Saoudite, au Soudan ou en Iran, on aurait promis à la lapidation publique. Il va sans dire que la France ne disposant pas encore de « Charia Court », les lapidations se feront aux urnes.
Ensuite, parce que nier la progression de l’Islam en France depuis 30 ans relève de l’amnésie, du mensonge ou de l’inconscience. La prolifération de burkas en région parisienne ne sont pas le fait du hasard, mais bien d’une stratégie programmée et réalisée avec une haute efficacité.
Il ne s’agit pas ici de condamner les musulmans, mais d’énoncer les faits. En France aucune région n’est épargnée, même si les records sont momentanément détenus par les grandes villes telles que Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Lille, les islamistes avouent d’eux-mêmes travailler afin de répandre l’Islam partout en France.
LA MEME METHODE EST A L’ŒUVRE CHEZ NOS VOISINS EUROPEENS.
Et enfin, ne pas se préoccuper de l’islamisation rampante de la France revient à sacrifier des franges de populations non communautaristes, dans lesquels on trouve pêle-mêle des maghrébins musulmans, athées, agnostiques, sans compter la majorité « française de souche » qui se sentira trahie par cette préférence communautariste. Les français dans leur ensemble sont d’ailleurs choqués de voir nos élites laïques commettre de graves erreurs de spéculations démographiques. Entre les 5 millions de musulmans de Sarkozy et les 8 millions du FN, vient se positionner Delanoë en annonçant dans sa lettre à De Villiers, 10% de musulmans dans la population française [3], soit plus de 6 millions. A ce train là, pour endiguer le chômage, les gauches finiront par adopter le slogan non encore imaginé par l’extrême droite islamiste, mais que je vous livre en exclusivité : « Pour éradiquer le chômage c’est simple. Il y’a 10% de chômeurs et 90% de non musulmans » [4].
ISLAM ET TERRORISME
En tant que musulman, j’affirme que l’islamisme ne peut naître que de l’Islam. C’est même ridicule de penser le contraire.
En tant que musulman, j’affirme que l’intégrisme musulman ne peut naître que de l’Islam, et c’est tout aussi navrant que de savoir qu’il puisse y avoir polémique à ce sujet.
En tant que musulman, j’affirme que l’islamisme est générateur de terrorisme, et je défie quiconque de me démontrer le contraire.
Oui, l’Islam est le terreau de l’islamisme. Oui, l’islamisme est le terreau du terrorisme. Nier cette réalité est avant tout prendre position contre la majorité des musulmans lucides qui n’aspirent pas au jihad, et privilégier la takia largement utilisée par les islamistes : Faire la guerre en feignant de promouvoir la paix.
Aucun des meurtriers, aucun des terroristes au nom de l’Islam ne regrette son geste. La fidélité à la révélation est la règle. « Je suis un moudjahid. J’appartiens au GIA, avec un grand G, un grand I et un grand A. Un moudjahid n’a peur que d’Allah ", lançait Boualem Bensaïd au substitut du procureur, Irène Stoller, lors de son premier procès en juin 1999. » [5]
Plus près de nous, l’assassin de Théo Van Gogh a affirmé que son acte a été commandé par Dieu, et qu’il ne regrettait rien. Refusant de se défendre et menaçant de recommencer s’il était libéré, il a réclamé l’application de la peine de mort à son encontre afin de mourir en martyr.
L’assertion « l’Islam est le terreau de l’islamisme, et l’islamisme est le terreau du terrorisme » est vérifiée par le témoignage des musulmans. Comment peut-on la nier en prétendant défendre ceux qui la soutiennent ?
LA PRISE DE CONSCIENCE S’IMPOSE AUX POLITIQUES
C’est en réalité servir l’extrême droite que de ne pas s’approprier les problématiques concernant l’Islam. De même que pour l’immigration, c’est au contraire rendre service aux musulmans que de dénoncer les dérives liées plus ou moins directement à l’Islam. Nos élites ont l’obligation de prendre à bras le corps ces questions, et s’armer de courage pour leur apporter les réponses adéquates. La tâche n’est pas facile eu égard à l’amalgame entretenu par certains qui associent toute critique de l’Islam ou de l’islamisme au racisme et profèrent des fatwas anesthésiantes.
Le parti socialiste est hautement concerné par cette exigence de prise de conscience s’il ne veut pas reproduire les graves erreurs commises par Mitterrand en manipulant l’immigration pour créer un adversaire, précisément le Front National. L’électorat musulman n’est pas le même que l’électorat immigré des années 80. Moins fiable, il ne résonne pas en termes de racisme, il se positionne en faveur de celui qui lui garantit le plus d’éloignement possible des principes républicains, et le plus de rapprochement possible du communautarisme.
Le PS ne pourra donc que perdre son énergie, puisque cet électorat est une réserve naturelle de la droite dure, de l’extrême droite -à condition que les partis concernés modifient leur discours dans la forme-, ou de l’extrême gauche. Il est d’ailleurs regrettable que le rapport de Malek Boutih ait été enterré sans que la direction du parti socialiste ait pris la peine d’ouvrir un débat autour des questions judicieuses qu’il pose. C’est la gauche de Malek que nous soutiendrons, et non un PS frileux, qui n’ose pas aborder les questions de fond.
samedi 17 septembre 2005, par Kébir JBIL
Ce texte a été communiqué au secrétaire général du parti socialiste
Notes:
[1] Cette année a vu la naissance du Parti Musulman de France à Strasbourg, présidé par Mohamed Latréche, proche des partis néo-nazis, ainsi que l’alliance aux municipales de Tourcoing entre la tête de liste RPR Christian Vaneste et Salim Achiba représentant la communauté musulmane. Voir http://www.mmlf.org/article.php3 ?id_article=219
[2] L’extrême gauche et une partie de la gauche socialiste ont favorisé l’entrisme des islamistes au sein du Forum Social Européen. Ainsi, en 2003 à Paris, l’Islam politique fut consacré. Puis en 2004, à Londres grâce au soutien des gauches et en particulier du Maire de Londres, les islamistes ont transformé le FSE en tribune de propagande où même ATAC, initiateur du projet fut évincée. Voir à ce sujet notre article expliquant la stratégie d’une entre l’extrême gauche et les islamistes http://www.mmlf.org/article.php3 ?id_article=309
[3] « J’éprouve de la colère à l’idée qu’un député de notre République stigmatise publiquement 10% de la population de la France » : extrait de la lettre de Bertrand Delanoë à Philippe de Villiers datant du 25 juillet 2005
[4] Ce slogan ne reflète qu’une pure réal-fiction et n’engage d’aucune façon la gauche
[5] L’Humanité du 1er octobre 2002
B/ «Le programme commun du peuple est plus simple qu'on ne le croit.»
Interview dans La Croix - Jeudi 15 septembre 2005
La Croix : Que se passe-t-il au PS pour que vous, issu de l'aile gauche du parti, vous vous retrouviez à faire alliance avec Laurent Fabius qui a en longtemps incarné l'aile droite ?
Jean-Luc Mélenchon : Laurent Fabius était en effet classé parmi les sociaux-libéraux. Mais il s'est aperçu que l'Europe actuelle est non pas un rempart mais le cheval de Troie de la mondialisation libérale. Sur ce point, sa lecture du référendum et de la Constitution européenne est fondatrice. Les sociaux-libéraux veulent accompagner le mouvement de mondialisation libérale. Les vrais socialistes, eux, veulent rompre avec elle. Cela n'a rien à voir avec une opposition entre réformistes et révolutionnaires : il y a longtemps que cette question a été réglée au PS.
La Croix : Comment définiriez-vous alors le clivage au sein du PS ?
Jean-Luc Mélenchon : Il y a un socialisme d'accompagnement et un socialisme de transformation. Chacun possède sa logique et sa noblesse intellectuelle. Le socialisme d'accompagnement transpose en politique la logique traditionnelle du syndicalisme. Une formule résume leur pensée : « C'est mieux que si c'était pire ». Pour eux, mieux vaut un emploi précaire que pas d'emploi du tout. Dans cette logique vous terminez esclave en remerciant votre maître ! En face, il y a une autre vision qui consiste à transformer la nature même des rapports sociaux. Aujourd'hui, la deuxième gauche sociétale et résignée en économie a complètement submergé au PS la première gauche sociale et partageuse.
La Croix : C'est la victoire de Rocard sur Mitterrand ...
Jean-Luc Mélenchon : Oui, maintenant c'est nous qui devons nous justifier sans cesse d'être partisans d'un Etat stratège, qui intervient fortement dans l'économie. C'est quelque chose d'anti-naturel. Si ceux qui dirigent aujourd'hui le parti disaient vraiment quelle est leur doctrine, en gros celle de Dominique Strauss-Kahn, ils seraient rejetés par le peuple. C'est trop contraire à l'histoire du PS, à l'histoire des Français et à leur tempérament républicain. Cela convient peut-être à d'autres peuples, pas au notre. Les socialistes partisans du «non» ne sont pas parvenus à se rassembler. Cela ne rend-il pas leur défaite inéluctable face aux défenseurs du traité qui, eux, sont restés unis autour de François Hollande ? Les responsables du «non» se sont comportés d'une façon totalement irresponsable. Je n'adhère pas à leur thèse selon laquelle partir séparés permettra de ratisser plus large. C'est du vocabulaire de comice agricole, pas un discours de responsable politique. Le seul regroupement qui s'est fait, c'est celui de la motion dont Laurent Fabius sera le premier signataire et que je signerai aussi. Nous, nous avons fait un effort. Les autres font passer leur courant avant l'intérêt général.
La Croix : La gauche peut-elle se remodeler en proposant deux candidats du PS à l'élection présidentielle de 2007, un partisan de la rupture avec la mondialisation libérale, et un partisan de son accompagnement ?
Jean-Luc Mélenchon : Non, car cette ligne de fracture passe à l'intérieur du PS. Or qui va proposer de détruire le plus grand parti de gauche ? Il faut répondre aux défis en responsabilité, par le débat et l'intelligence politique.
La Croix : Que feriez-vous si en 2007 le candidat du PS était issu du camp du « oui » au référendum ?
Jean-Luc Mélenchon : Il n'y a pas que pour moi que cela serait effroyable. Une telle situation produirait à coup sûr plus d'abstention chez les électeurs socialistes et un plus grand éparpillement. Cela revient à prendre le risque d'un nouveau 21 avril. On a oublié ce qu'il en coûte de croire qu'il suffit d'être candidat socialiste pour que les gens votent pour vous. Voila ce que je dis à mes camarades du PS : détestez-vous Fabius autant que cela pour risquer un nouveau 21 avril ? Au PS, ils ont pourtant été dans la même majorité que lui depuis le congrès de Rennes, ils ont été dans les mêmes gouvernements que lui.
La Croix : Ne pensez-vous pas qu'un candidat du PS qui ferait une campagne très à gauche serait ensuite contraint de décréter une pause ou une parenthèse, comme après l'euphorie de 1981 ?
Jean-Luc Mélenchon : Arrêtons d'être masochistes et de dire que nous ne pourrons pas tout faire, que l'État ne peut rien. Disons plutôt ce que nous pourront faire et pourquoi c'est possible. Personne ne croit que demain on rasera gratis. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un dans les classes populaires qui pense que son salaire va brutalement être multiplié par quatre. Mais j'en connais beaucoup qui disent qu'il n'est pas normal qu'en une nuit on puisse ramasser l'équivalent de 5 000 ans de smic. Ce n'est pas de la jalousie, c'est du bon sens ! Le programme commun du peuple est bien plus simple que ne le croit une gauche « bobocrate » : un logement, que les enfants soient bien éduqués, des vacances, des produits de première nécessités accessibles, pouvoir se soigner. Ces choses simples sont quand même à la portée d'un pays riche comme le nôtre.
Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l'Essonne
RECUEILLI PAR LAURENT DE BOISSIEU ET MATHIEU CASTAGNET
C/ Vive l’unité de la gauche du Parti socialiste !
Avec tous les camarades de Forces Militantes, je me réjouis de l’accord qui est intervenu pour présenter une motion commune de la gauche du Parti Socialiste au prochain congrès du Mans.
Depuis Dijon, nous n’avons cessé d’appeler à cette unité entre Nouveau Monde, NPS et Forces Militantes pour tirer les leçons du 21 avril 2002 et ancrer le Parti Socialiste à gauche, unité d’autant plus nécessaire pour répondre aujourd’hui à l’espérance du peuple de gauche et à son vote du 29 mai.
C’est le sens de l’appel qu’après le référendum nous avons lancé ensemble dès le 18 juin, salle de la Bidassoa à Paris, avec Henri Emmanuelli, Gérard Filoche, Jacques Généreux, Jean-Pierre Masseret et le soutien d’un nombre grandissant de militants dans le pays.
C’est maintenant chose faite et les conditions sont réunies pour gagner le congrès et faire émerger une nouvelle majorité autour d’une nouvelle orientation politique qui permette d’offrir une perspective politique au mouvement social et de construire une véritable alternative au libéralisme.
Le débat va désormais s’engager dans les sections et les fédérations. Forts de la dynamique unitaire créée autour de notre motion commune, nous allons porter haut et fort notre refus d’un congrès qui serait confisqué par les stratégies personnelles et replacer le débat militant sur les questions de fond.
Qu’est-ce qu’être socialiste aujourd’hui ? Que faire pour tirer toutes les leçons du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005 ? Comment construire une alternative socialiste qui réponde aux aspirations des salariés et de la jeunesse ?
C’est l’enjeu de ces prochaines semaines.
Ensemble, dans l’unité, nous allons réussir !
Marc DOLEZ
MEDIAS
Allemagne année zéro
Le traitement, par Libération, des élections en Allemagne donne une fois encore la démonstration du positionnement néo-libéral de ce quotidien. Passe encore qu’aucune enquête sérieuse ait permis de comprendre les tenants et aboutissants de cette campagne. Qu’aucune interview des principaux protagonistes ait été publiée dans les grandes pages de ce quotidien. Que ce journal, comme d’ailleurs le Monde, se soit fait complaisamment l’écho d’une campagne de dénigrement sans précédent menée à l’encontre d’Oskar Lafontaine et Gregor Gysi par des torchons comme la Bild Zeitung, sans le moindre recul critique. Mais parler, à propos de la progression des partis de gauche, d’un “spectre qui hante la social-démocratie”, de “populisme”, et même de “pouvoir de nuisance”… Voilà qui devrait me faire trembler dans mon lit la nuit, si je n’avais pas un petit couteau entre les dents pour me rassurer. Les Allemands ont marqué leur opposition franche aux réformes de Gerhard Schröder, et on les comprend. La deuxième puissance économique du monde affiche des résultats florissants pour ses entreprises, et entend réduire les prestations sociales à un niveau plancher. Allez donc vivre, comme certains chômeurs allemands, avec 343 € par mois, et vous verrez de quel pouvoir de nuisance nous parlons. Le CDU d’Angela Merkel prétend faire pire, et il n’a pas emporté le morceau, si bien que l’on s’oriente vers une coalition droitière CDU-SPD. Un comble, quand on pense que les Allemands ont voté majoritairement à gauche, en accordant 8 % de leurs suffrages au nouveau Linkspartei ! Mais, comme pour le référendum sur le Traité constitutionnel, les médias n’en sont pas à un chiffon rouge près. A force d’agiter ces “spectres” sous nos museaux, on craindrait presque le retour des morts vivants, la grippe aviaire de la social-démocratie, ou la fin du monde enchanté des capitalistes Bisounours. Tout ça à cause de ces méchants petits partis de gauche néo-communistes, véritables Grimlins de la démocratie, qui, parce qu’ils défendent les intérêts des classes populaires, sont traités de populistes. Hélas, la fracture entre les représentants politiques et leur électorat n’est pas liée au “mauvais” choix des électeurs, mais à l’obstination de la classe politique à rester sourde à ses messages. Celui envoyé par les Allemands est pourtant clair : une majorité de gauche s’affirme, qui devrait logiquement conduire les responsables politiques à former une coalition réunissant le SPD, les Verts et le Linkspartei. Le Linkspartei pose comme conditions à un accord “l’abandon des réformes de l’agenda 2010 et le retrait des soldats de la Bundeswher stationnés dans les régions en crises. Autant dire, l’impossible. La partie de poker ne fait que commencer”. (Libération du 19/09/2005). Qui sont donc les journalistes, pour décréter ce qui est possible et impossible, et selon quels critères ? On croirait entendre un videur de boîte de nuit devant un groupe de jeunes trop basanés et mal sapés : “Ah, je crois que ça va pas être possible”. Et comment osent-ils comparer cet enjeu majeur à une partie de poker ? Ce vocabulaire, en vérité, les trahit : ils restent les valets du pouvoir, et face à une nouvelle donne, ils se rangent du côté des rois et des reines qui n'en respectent pas les règles du jeu. Cela doit être ce qu’on appelle... le pouvoir de nuisance des médias !
Elise Thiébaut
DEBAT EUROPEEN
L'européisme, ce dogme qui fait tant de mal
Chacun voudrait que l'Europe soit forte, riche, juste, exemplaire et utile au monde, un monde si troublé et si inquiétant. Mais justement, il ne suffit pas de le souhaiter arcdemment pour que les 450 millions d'Européens et les 25 Etats-Nations qui composent pour le moment l'Union se mettent d'accord sur ses objectifs, ses modes de fonctionnement et que ceux-ci répondent à nos attentes.
Il faut d'abord savoir comment nous interprétons les non français et néerlandais. Comme un accident de parcours ? Ou comme la preuve de la nécessité d'une remise en cause en profondeur du processus européen ? Dans la première hypothèse, on considérera que le traité constitutionnel a été victime de contextes de politique intérieure défavorables en France et aux Pays-Bas et de manoeuvres politiciennes. On se bornera alors à attendre une conjoncture plus clémente pour reprendre à l'identique la démarche européenne.
Ou alors on considère, et c'est mon cas, que ces non ont exprimé aussi le refus d'une certaine façon de construire l'Europe et de l'orientation de celle-ci. Dans ce cas, il faut être prêt à des remises en cause.
Il me semblait, au lendemain de Maastricht, que ce je j'appelle les "élites intégrationnistes" avaient, sans doute sans s'en rendre compte, contribué à ce que se creuse un fossé de plus en plus profond entre elles et la population "normale". D'une part en poussant à un élargissement de 12 à 15 pays membres, puis de 15 à 25, en attendant 27 et plus, adhésions toutes historiquement légitimes, mais mal expliquées, politiquement mal préparées, élargissant l'Union à un tel point queles Français, même sincèrement européens, ne s'y retrouvent plus.
D'autre part, en alimentant une fuite en avant insitutionnelle fébrile et en répétant que les Etats-Nations étaient caducs, incapables ou déconsidérés. Même si ces surenchères étaient insipirées par de bons sentiments, cette perpétuelle incertitude sur le cadre géographique et institutionnel a fini par devenir anxiogène.
Cela s'ajoutait aux attentes sociales déçues, car là où les électeurs de gauche espéraient la consolidation par l'union européenne des protections sociales à la française, ils ont vu au contraire s'étendre à l'Europe la vague mondiale de dérégulation.
Tout cela devait, un jour ou l'autre, se traduire électoralement. Les passagers du train européen, ayant eu le sentiment que la locomotive devenait folle, ont décroché les wagons. Ils ne sont pas devenus pour autant ni xénophobes, ni populistes - à supposer que l'on sache définir ce mot - ni antieuropéens.
Pour en sortir, il faut avant tout calmer ces sources d'inquiétudes. Je le dis avec gravité et préoccupation : le renforcement de l'intégration européenne dans sa formule maximaliste, l"européisme", est devenu pour certains, une idéologie de substitution, un dogme qui ne souffre plus aucune contestation, quels que soient les faits. C'est cela qui nous empêche de voir les positions réelles et constantes des autres Européens, quand il y avait au sein de l'Union 12 gouvernements sociaux-démocrates. C'est cela qui a nous amenés à tout attendre de l'Europe, Europe de nos mythes, Europe sociale, Europe puissance, etc. Ah ! La magie des mots !
Nous nous sommes autopersuadés que nos problèmes ne pouvaient plus être résolus qu'à l'échelle européenne. certains le pensent par analogie avec les grandes masses chinoises, indiennes, russes ou américaines, en confondant agrégats économiques et équation politique.
D'autres, par détestion des Etats-Nations historiques, par volonté d'être modernes, ouverts, et non chauvins ou repliés sur soi.
Tout cela part d'une bonne intention, mais repose sur une confuson. D'où une attente et une dépendance qui nous ont déresponsabilisés au niveau national, et alimentent le risque de l'incantation protestataire.
Pour combler le désastreux fossé actuel élites-populations, une double clarification géographique et politique s'impose.
En premier lieu, l'Europe ne peut pas être uniquement une idée et un programme politique, extensibles à l'infini. Si on veut qu'elle reste intelligible à ses peuples, elle devra être la synthèse de sa géographie, de ses territoires, de son histoire et de ses valeurs politiques. Ayons le courage de le proclamer : l'Union européenn aura des limites géographiques. C'est normal. Un jour l'Union sera définitivement constituée. Au-delà, ses relations avec ses voisins ne se ramèneront pas à tout ou rien, c'est-à-dire à l'adhésion ou non , mais prendra la forme d'une gamme très variée de coopérations plus ou mons étroites.
En second lieu, la question de l'intégration politique. On se réfère, dans les discours, à l'"Union sans cesse plus étroite" des peuples européens inscrite au fronton du traité de Rome. Mais union jusqu'à où ? Il est évident que les peuples d'Europe ne fusionneront jamais en un seul peuple. Même si certains utopistes en ont rêvé, aucun de ces peuples ne le souhaite.
La vérité ? Nous bâtissons une "fédération d'Etats-Nations", ce qui n'est pas une mince ambition. Chaque mot compte dans cette formule ingénieuse, réaliste, juste et toujours valable, de M. Delors. Nous ne créerons pas une fédération européenne à proprement parler dans laquelle les Etats-Nations, comme la France, seraient voués à disparaître.
Si l'Union européenne n'a pas vocation à absorber toutes les compétences nationales, alors il faut arrêter de tout attendre de l'Europe ! Ce n'est pas moi qui y ai consacré tant d'années, qui vais contester la nécessité d'un cadre, de règles, de valeurs et de politiques communes aux peuples européens. Mais il y a eu excès, sous prétexte que le cadre national était ringard et dépassé alors qu'il est évident qu'il gardera une importance majeure dans la vie démocratique et sociale. C'est une question d'équilibre.
Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères
Article paru dans Marianne 439, du 17 au 23 septembre
ISLAMOGAUCHISME
Quand Tevanian se fait rouler dans la farine par Dieudonné
Quand Pierre Tevanian, l'un des principaux adeptes de la dénonciation de la "gestion coloniale des quartiers", rencontre Dieudonné, qui a glissé de la critique du communautarisme juif à une forme de judéophobie d'inspiration conspirationniste, se révèle un certaine psychologie du militant multiculturaliste contemporain : haine de soi (et des "petits blancs"), paranoïa anti-coloniale, misérabilisme victimaire, hyper tolérance à l'altérité confinant au relativisme culturel radical. Un document précieux.
Professeur de philosophie au lycée de Drancy, président du Comité local Paris 20ème du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), animateur du site Internet "Les mots sont importants" (lmsi.net), Pierre Tevanian fait également partie des initiateurs du Collectif "Une école pour tous" et de l'appel "Nous sommes les indigènes de la République !".
Suite à un article à propos des débats autour de la mémoire de l'esclavage que P. Tevanian a publié sur son site internet lmsi.net, intitulé "Un négationnisme respectable", Dieudonné a souhaité rencontrer Pierre Tevanian. Le site Internet des partisans de Dieudonné, intitulé les "Ogres (Ouvertures Géographique Religieuse Ethnique Sociale) - Utopistes concrets" a publié le 14 juillet 2005 la transcription de l'enregistrement audio de cette rencontre. En dépit de plusieurs demandes de l'arroseur arrosé, les animateurs du site des "Ogres" ont refusé de procéder au retrait de la transcription en question. On reste pantois devant la naïveté presque masochiste de ce philosophe de profession, qui veut croire au pouvoir des discussions argumentées et de bonne foi, et qui s’emploie à analyser les argumentaires, à déconstruire les discours, à scruter l’inconscient des mots. Or, devant Dieudonné, qui le prend au mot, le contourne, le détourne, le retourne avec une habileté manifeste, le « déconstructeur » ne sait plus sur quel pied danser, s’enlise à chaque fois qu’il croit devoir se justifier, se retrouve sur un terrain plus que glissant et finalement se voit torpillé avant d’avoir réalisé ce qui lui arrive. « Les mots sont importants », certes ! Mais peut-être faut-il disposer d’un peu plus de flair ?
L'Observatoire du communautarisme a jugé utile de publier la transcription de cet entretien en ce qu'elle constitue un document particulièrement pertinent. Il révèle simultanément deux psychologies qui s’entretiennent mutuellement. L’une relève sans doute de la psychopathologie, lorsque la veine comique de la satire anticommunautariste vire à l’obsession classiquement judéophobe du complot sioniste international, mais elle montre ici sa redoutable capacité à ratiociner et à manipuler, à créer de prétendues solidarités de persécutés. L’autre relève d’une sensibilité de gauche, lorsque la culpabilité, l’hostilité de principe à la majorité « blanche » et la posture systématique de la dénonciation victimiste deviennent ses principes stucturants. On voit bien par quels procédés Dieudonné prend le dessus : il joue systématiquement de la solidarité des persécutés, et du besoin qu’a son interlocuteur de se justifier. C’est un terrible pas de deux, où la volonté d’être au plus près des opprimés finit par cheminer à côté du plus délirant des racismes.
Pierre Tévanian a acquis une certaine audience dans les courants gauchistes et multiculturalistes, dont les ancrages sont divers : gageons qu’ils vont être surpris de découvrir jusqu’où leur porte-parole peut se laisser glisser… Oui, les mots sont importants.
Lire l'entretien en ligne sur le site "Les Ogres".
Les échanges de courriels entre la rédaction du site "Les Ogres" et Pierre Tevanian figurent à la fin de la transcription de l'entretien.
www.communautarisme.net
PS: Le titre de l’article est de la rédaction
LAICITE
A/ Unité des laïques, et polémiques
L’article de notre collaboratrice Lucette Jeanpierre (Respublica 381), ironisant sur l’attitude de la Libre Pensée quand elle s’attribue seule le succès de l’action unitaire remportée contre les tribunaux islamistes au Canada, a suscité un violent communiqué de presse de la Libre Pensée, signé par son secrétaire Christian Eyschen, s’en prenant vivement à Respublica, et à l’Ufal.
Il appartiendra à l’Ufal de savoir si elle souhaite réagir à ces nouvelles diffamations, qui succèdent à celles parues dans un récent numéro de La Raison.
Pour sa part, la rédaction de Respublica comprend les lecteurs qui nous ont écrit, et nous ont fait savoir qu’ils préféraient voir le mouvement laïque se comporter de manière unitaire, à quelques semaines de la commémoration du centenaire de la loi de 1905, plutôt que se diviser dans de vaines polémiques.
Elle remercie aussi d’autres lecteurs qui, disant bien connaître ceux qui dirigent aujourd’hui la Libre Pensée, nous ont affirmé ne pas avoir été surpris par cette attitude.
Notre journal, en toute indépendance, continuera à œuvrer pour l’unité de tout le mouvement laïque. Quand la Libre Pensée produit des textes intéressants ou mène des actions exemplaires, nous en informerons nos lecteurs, comme d’habitude, en dehors de tout sectarisme, et sans condition de réciprocité.
Quand nous aurons un désaccord avec une action ou une attitude de la Libre Pensée, nous en ferons également part à nos lecteurs, avec la liberté de ton habituelle de Respublica. C’est ainsi que nous sommes, et c’est ainsi que nous resterons...
Evariste
B/ Le maire communiste d'Ivry inaugure l'église de la rue Lénine avec l'évêque de Créteil
La main tendue par Thorez aux chrétiens en 1936 n'est pas seulement entrée dans l'histoire, elle est aussi entrée dans les habitudes. Pierre Gosnat, maire communiste d'Ivry-sur-Seine près de Paris, a inauguré le 17 septembre l'église Sainte-Croix du Port en compagnie de l'évêque de Créteil Daniel Labille. L'église précédente avait été détruite par un incendie accidentel en 2000 et la construction a été financée par les Chantiers du Cardinal.
Les discours d'inauguration ont été prononcés à l'intérieur du nouveau temple de la superstition, situé rue Lénine, et le maire a participé de la mode très actuelle du tout religieux : la construction d'une église nous concernerait tous, croyants et incroyants. L'imposition d'un environnement religieux aux rationalistes n'est pas chose nouvelle mais le fait qu'un communiste s'en fasse le défenseur est caractéristique de la déroute du PCF. Le public qui remplissait l'église a montré une pyramide des âges assez déséquilibrée : très peu de brebis de moins de cinquante ans sont venues écouter la bonne parole de la faucille, du marteau et du goupillon. Quant à l'évêque de Créteil, il a annoncé que les reliques de la bienheureuse Marie Acarie seront conservées dans l'église, une vieille carcasse pour régénérer le catholicisme.
Si on peut reprocher au maire sa curieuse conception de la séparation des cultes et de l'Etat, ce serait une erreur de n'y voir qu'un enthousiasme de circonstance. Dans la revue éditée par Les Chantiers du Cardinal (n° 166 juin 2004), Pierre Gosnat en appelait aux symboles pour justifier la reconstruction de la maison de l'obscurantisme : " L’église : un symbole fort dans ce quartier en pleine mutation." Le symbolisme irrationnel est aussi une dérobade facile pour éviter la confrontation avec un réel moins aisé à manipuler que la crédulité humaine.
La ferveur du maire ne se limite d'ailleurs pas à de pieuses envolées; elle s'est accompagnée d'une participation déguisée au financement de l'opération. L'alibi a été le même que pour le fantomatique musée d'art sacré d'Evry et le couvent des Bernardins à Paris : la sauvegarde de la culture. Et ici, la culture c'est l'orgue. Un instrument a été offert par une communauté religieuse et Pierre Gosnat explique la tromperie sans dissimulation dans le même numéro des Chantiers du Cardinal (page 8) : "notre commune ne pouvait pas faire moins que de participer à ce projet culturel en prenant en charge le démontage, l’entreposage et le remontage de l’orgue".
Il est loin le temps où on nommait à Ivry des rues Blanqui, Marat, Descartes, Francisco Ferrer, Galilée, Ernest Renan et Saint Just, une avenue Spinoza, un rond point Dombrowski et des places Voltaire, Jaurès, Danton et Robespierre. Aujourd'hui, les communistes s'affichent aux côtés des curés et les voiles musulmans comme les commerces halal peuplent la commune.
Jocelyn Bézecourt
C/ USA: nouveau jugement, le serment d'allégeance anticonstitutionnel
Un juge fédéral de Californie (U.S. District Judge Lawrence Karlton) a décrété qu'il était inconstitutionnel de faire réciter à l'école publique le serment d'allégeance à la Nation, prononcé chaque jour par des millions d'écoliers américains, en raison de la référence religieuse qu'elle inclut. Le juge statuait sur une plainte présentée par un ardent défenseur de la laïcité, Michael Newdow et par deux autres familles de libre-penseurs qui estimaient que les mots "une Nation sous Dieu" contenus dans le serment, violaient le droit de leurs enfants à ne pas avoir à exprimer l'existence de Dieu. Le juge a toutefois limité l'interdiction de réciter le serment d'allégeance aux seules écoles fréquentées par les enfants des plaignants. Tous les matins, des millions d'écoliers américains récitent, la main droite posée sur le coeur, la phrase suivante: "Je prête allégeance au drapeau des Etats-Unis d'Amérique et à la République qu'il représente, une Nation sous Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous". En 1954, sous la présidence de Dwight Eisenhower, la mention "under God" avait été rajoutée par le Congrès qui souhaitait marquer son opposition aux communistes américains athées.(VVA)
Transmis par Michel Naud
Source CNN
Prochaine étape: la cour suprême... qui avait déjà cassée un jugement similaire précédent pour des raisons de procédure, procédure avec laquelle les plaignants ont été vigilants cette fois-ci...
D/ Procès de l’imam Bouziane devant la Cour d’Appel de Lyon le 16 septembre
Pour le Procureur, le tribunal correctionnel s’est totalement trompé.
Lors du procès en appel de M. Bouziane, relaxé en première instance de ses propos incitant à battre la femme adultère, au motif qu’il s’agirait de l’expression d’une conviction religieuse, les avocats des parties civiles, « Regards de Femmes » et « Femmes Contre les Intégrismes », ont demandé à la cour de réformer en tout point le jugement du tribunal.
L’avocat de « Regards de Femmes » a rappelé que la question posée à la justice de la République n’est pas de savoir s’il s’agit de l’expression d’un religieux ou si « le droit de correction » est affirmé par le Coran, comme l’a recherché le Tribunal en première instance, mais s’il y a atteinte portée à l’ordre public et aux droits fondamentaux des femmes.
Les violences envers les femmes sont une infraction au Code pénal. Elles ne sauraient être justifiées sous prétexte religieux. L’immunité des propos accordée à un religieux de quelle que religion que ce soit est absolument contraire à l’égalité de tous devant la loi. La Cour Européenne des Droits de l’Homme rappelle que l’expression religieuse a des bornes. En France, c’est le droit républicain.
Regards de Femmes a demandé, à titre symbolique, une indemnité de 8 800 €, correspondant à 1€ par femme victime de violences conjugales dans le Grand Lyon (selon l’enquête nationale envers les violences faites aux femmes, rapportée à la population de l’agglomération lyonnaise).
Le Procureur a affirmé que le tribunal s’est totalement trompé. L’infraction existe et l’élément intentionnel et matériel est caractérisé. Il a alerté la Cour sur la gravité de sa décision puisqu’elle répondra à la question : « Peut-on tout dire sous le prétexte d’appartenance à une religion, un courant de pensée, une option philosophique ? »
Le Procureur a demandé à la Cour de déclarer l’imam Bouziane coupable et « de le condamner à une amende significative ».
L’avocat de M. Bouziane a considéré qu’ « on ne veut pas que des étrangers puissent tenir de tels propos en France » !
Jugement en délibéré au 14 octobre.
Michèle Vianès, Présidente
DEBAT SUR L’ENERGIE
A/ APPRENDRE A SE PASSER DU PETROLE
En mai 2005, l’Agence internationale de l’énergie lançait un cri d’alarme : «Saving Oil in a Hurry !» («Dépêchons-nous d’économiser le pétrole»). Constatant que la consommation de pétrole avait rattrapé les capacités de raffinage, alors même qu’à l’époque la banque Goldman Sachs évoquait un baril à 105 dollars dans un avenir rapproché, l’AIE prônait des mesures immédiates de restriction de consommation : réduction de la vitesse à 90 km/h sur les autoroutes, création de voies dédiées au covoiturage, baisse des tarifs voire gratuité des transports publics, circulation alternée, développement du télétravail, etc. Nous en sommes loin, mais il est probable que d’ici à quelques années ces mesures, aujourd’hui hors de portée en apparence, seront jugées comme des mesurettes.
En effet, une nouvelle révolution économique est en route, d’autant plus nécessaire que le coût centennal de la réparation des dommages liés au changement climatique pourrait atteindre? 15 millions de milliards d’euros, soit 600 fois la valeur de la production mondiale annuelle : 27.000 milliards d’euros. Obligation. Cette révolution économique est celle de l’éco-économie, qui conduit à une révolution industrielle dans trois domaines prioritaires : l’énergie, les matériaux (y compris déchets) et l’agriculture. Ces thèmes ont déjà été développés, même si la France continue malheureusement à afficher en matière d’énergies renouvelables une politique absurde due à la volonté du lobby nucléaire de les laisser dans une marginalité déroutante. Nous continuons à confondre politique énergétique et production d’énergie, production d’électricité et production d’électricité nucléaire. À titre de comparaison, l’Allemagne prévoit la multiplication par 4 de la production d’électricité renouvelable et par 3,5 de l’ensemble des énergies renouvelables d’ici à 2020. Mais il faut aller au-delà. L’obligation dans laquelle vont se trouver les États d’investir massivement sur la recherche et développement et les énergies alternatives va développer de nouveaux secteurs économiques. C’est dans ces nouvelles branches, auxquelles il faut ajouter le renouvellement et l’amélioration de l’habitat ancien pour le rendre éco-efficace, que vont se créer les nouvelles entreprises et les nouveaux emplois. Comme le prévoyait Jeremy Rifkin, voici plusieurs années, dans l’Âge de l’accès, l’économie de services va progressivement se substituer à notre système de propriété, la richesse se créant sur la mise à disposition d’un bien dont la durée de vie devra être la plus longue possible pour assurer sa rentabilité, et non sur la vente d’un bien dont la péremption devra être la plus rapide possible. Ensuite, la question du transport va se poser et renouveler la question de l’aménagement du territoire et des délocalisations. La relocalisation des marchés près des lieux de consommation est inéluctable à terme.
La première évolution sera bien sûr celle de l’agriculture, condamnée à sortir d’un modèle ultra-intensif pour cause de santé publique. Si on cumule les émissions, tous gaz confondus y compris le méthane, dues à la production en amont et en aval (engrais et pesticides fabriqués à partir de pétrole et émettant du protoxyde d’azote, émissions dues au transport de produits, à leur emballage, à l’industrie agroalimentaire), l’agriculture est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France avec 24 % du total. En revanche, le coût du transport rendra moins attrayantes les importations de produits alimentaires, permettant la vente de produits locaux de meilleure qualité. Transports collectifs. Progressivement, la récupération systématique de la matière première secondaire et sa réutilisation avec des distances les plus courtes possibles conduira à repenser les modes et lieux de fabrication des objets et produits, pour réduire au minimum les distances entre production et consommation. L’aménagement du territoire sera repensé en fonction d'une consommation énergétique minimale et la France devra, comme les autres pays, se diriger vers une production d’énergie décentralisée, collective et individuelle, beaucoup moins exposée aux déperditions. Une nouvelle priorité donnée aux transports collectifs (on mesure là le caractère déraisonnable pour ne pas dire absurde de la privatisation des autoroutes qui va interdire le financement d'infrastructures ferroviaires plus qu'urgentes) et un essor indispensable du télétravail, que l'informatique rend très aisé, permettront de désengorger nos grandes villes dont l’extension ne peut se prolonger indéfiniment pour redonner espoir et essor dans les villes moyennes et petites, permettant de réduire le plus possible les trajets domicile-travail. Cette transformation ne pourra s’opérer que pour autant qu’une relocalisation s’avérera économiquement rentable.
C’est donc à une « quatrième révolution industrielle » que nous allons participer. Reste à savoir dans quelles conditions et dans quel délai nos responsables vont orienter différemment leurs choix. Il s’agit de très vite mettre en place cette nouvelle donne et de remonter le temps pour déterminer dans une perspective de long terme les mesures immédiates à prendre, qu’il s?agisse de mesures réglementaires, fiscales ou industrielles. Prenons garde qu’à attendre et regarder le train passer, les choix nous soient imposés. Au contraire, plus vite nous prendrons les mesures de fond, plus nous relancerons notre économie essoufflée, plus nos concitoyens reprendront confiance dans un avenir dont ils pressentent avec juste raison qu’il est en train de leur échapper.
Corinne Lepage, Présidente de Cap 21
B/ L’aveuglement des soi-disants écolos sur le pétrole
Salut Evariste
Depuis le temps que je me bats contre la plupart des Verts (Cochet), verdâtres et vert-de-gris (Silence, Casseurs de Pub, La Décroissance) à propos de cette soi-disant pénurie d'hydrocarbures ("Peak Oil") qui
nous guette, la mention par Vincent Larouche dans le 381 de ResPublica du rapport de Léo-Paul Lauzon sur les pétrolières américaines est pour moi un ballon d'oxygène fort bienvenu, et agréable de surcroît.
Voilà 23 ans que je travaille dans le secteur pétrolier, et cela fait belle lurette que j'ai compris que la logique financière de la recherche du profit maximum dans le minimum de temps a pris le pas sur la logique technique des géologues, pétrophysiciens et autres scientifiques qui
oeuvrent dans ce secteur.
Alors autant le dire tout de suite : il n'y a pas et il n'y aura jamais de manque de pétrole. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est que le résultat de la logique capitaliste bien connue de l'entretien de la rareté. Pour parler cru, quand on veut faire du fric, on ne doit pas vendre l'abondance, sinon le prix de vente est ridicule. Alors, au besoin, on sabote l'abondance pour en faire de la rareté qui, elle, se vend à prix d'or (noir). On connaissait déjà la technique dans le secteur de l'eau, ressource abondante s'il en est
dans nos contrées, du moins tant que les petits copains de la chimie (engrais) et de l'agroalimentaire (lisiers) ne l'ont pas polluée. Dans ce secteur, comment voulez-vous que le pollueur soit le payeur, puisqu'il a justement pollué pour faire plus de fric en dépolluant ?
Pour en revenir aux pétroliers, l'étude canadienne est en ceci exemplaire qu'elle démonte les mécanismes d'entretien de la rareté : on n'investit rien dans la recherche de nouvelles ressources (pas de prospection, pas de raffineries), on sabote allègrement les estimatifs de réserves à la baisse (voir le scandale
Shell l'année dernière). On n'investit rien, et on ramasse d'autant plus que l'on n'a pas investi (rareté = prix de vente en hausse exponentielle).
Mais pour en revenir aux verdâtres (dont on peut se gausser tant ils font preuve de naïveté en relayant comme ils le font le discours "affligé" de leurs pires ennemis productivistes) la conclusion est simple : ils se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude et ça les rend aveugles. Ils en oublient la vraie nature du problème pétrolier, qui n'est pas la rareté (artificielle) mais au contraire l'abondance (réelle) : si le monde entier se met à consommer les hydrocarbures au rythme US, l'équation du désastre Katrina - New-Orleans va s'envoler sur l'exponentielle elle aussi : la vraie rareté, nous la vivrons après
le désastre - demandez aux Cajuns ce qu'ils en pensent !
Sincères amitiés,
Olivier Liétard, Consultant Energies
COMBAT SOCIAL
A/ LE PRIX DE L'INCITATION AU MEURTRE ?
Le 16 Septembre 2005 , France 2 présentait une enquête " Contre-courant " sur l'assassinat de deux inspecteurs du travail le 2/9/2004 en Dordogne.
On revient sur les circonstances du meurtre de Sylvie Trémouille, inspectrice du Travail et Daniel Buffière, agent de contrôle.
" L'assassin a tiré avec un fusil de chasse " une balle de sanglier qui a fait des ravages " dit le mari de Sylvie, la gorge nouée par l'émotion.
Les inspecteurs du travail interrogés expliquent leur rôle :faire appliquer le CODE du TRAVAIL . Les agriculteurs recrutent une main-d'oeuvre suremployée , surexploitée avec l'aide de prestataires de service qui s'enrichissent sur le dos des salariés , en payant moins cher leur main-d'oeuvre . Nous assistons alors à un repas organisé par la coordination rurale ( scission de la FNSEA ), et là , les propos tenus sont ahurissants et absolument révoltants :
Ce sont les pauvres agriculteurs qui sont persécutés , qui subissent des contrôles incessants .. Les contrôleurs? des "shérifs".. En Espagne, le SMIC est à 3 € et nous, à 12€! A la tribune , Serge Bousquet décerne" le prix de l'ours" au fonctionnaire le plus exécrable , le plus nul , un bon à rien ..Je voudrais savoir qui est " le p... d'enc... de fonctionnaire de merde qui a fait la loi .. " Quel est le parti qui hait ainsi les fonctionnaires et l' Etat ?
Voilà un discours qui a des ressemblances troublantes…
Le président de la chambre d' Agriculture, Michel de Lapeyrière ( 100 ha de terres, châtelain ) ironise sur le prix de l'ours "c'est un clin d'oeil , un avertissement"
Mais le pire est à venir .
Un viticulteur, Eric Nicolas dit " ce que TOUT le MONDE disait " ils ont eu ce qu'ils méritaient " - " , ils veulent trop savoir "Ce sont EUX qui ont des torts" Et il ajoute : " ça a apporté du bien " (contrôles suspendus pendant le deuil)
Se rendent-ils compte de ce qu'ils disent ?
Le maire de la commune , sur l'assassin " il n'était pas d'ici "
" Sinon ? " interroge le journaliste
" Sinon , ils auraient manifesté en sa faveur " ( de l'assassin )
Quel prix faut-il donner à ces responsables (syndicats, élus ) ?
Quand les commissariats sont attaqués , des policiers tués, est-ce qu'ils ont eu " ce qu'ils méritaient"?
Alors , la chasse est ouverte , contre les policiers , les inspecteurs des impôts etc.
Gérard Filoche , inspecteur du Travail, venu apporter son soutien:
" Ce n'est pas un fait divers " Il cite un représentant du MEDEF venu la veille du meurtre à l'université d'été du MEDEF : " la société a besoin de durs . Moi, je préfère les assassins aux escrocs, eux, au moins, ils ne sont pas hypocrites "
Et Gérard Filoche conclut : " Les inspecteurs du travail défendent les droits des salariés, de tous les salariés ( ils sont 22 Millions ). Les inspecteurs, les contrôleurs du travail sont des salariés de l ETAT . Ils défendent la LOI par le CODE du TRAVAIL
Jacques Chirac n'a pas eu un mot pour les inspecteurs assassinés.
Mireille Popelin, UFAL- Rhône
B/ CHAQUE FAMILLE DOIT POUVOIR DISPOSER D’UN LOGEMENT DECENT
Des préfets sous injonction du ministre de l’intérieur ont fait procéder à des évacuations de logements jugés dangereux sans se préoccuper du relogement des familles... On a vu même des policiers oser mettre des protections aux sièges des véhicules servant à des personnes d’origines africaines...Et ne parlons pas de racisme ! Ce n’est qu’un hasard si de telles pratiques sont exclusivement réservées à des femmes et hommes d’une certaine origine !?
Les accidents dramatiques avec les incendies survenues dans certains logements vétustes et les évacuations musclées ont révélé au grand public une situation intolérable, inadmissible:
100 à 150 000 personnes sont aujourd’hui sans abri, 400 000 sont logées dans des « appartements » insalubres, des centaines de milliers d’autres sont contraintes à chercher des solutions dites provisoires (chez des proches notamment)...
Cette situation catastrophique a donné lieu à un diagnostic partagé, réalisé par la commission « familles, pauvreté, précarité » mise en place par le gouvernement dans le cadre de la préparation de la conférence de la famille qui, prévue pour juin a été repoussée au 22 septembre 2005 ;
Un certain nombre de propositions a été formulé par cette commission, deux se préoccupent du logement, l’une intitulée: «loger les familles: plus vite, plus résolument, mieux» et l’autre: «éradiquer le saturnisme et réhabiliter les logements indignes»
Toutes les propositions, si elles sont reprises et transformées en projets de lois et en mesures immédiates peuvent permettre de répondre aux besoins en termes de logements.
Pour prendre un exemple, la proposition 2 peut, si elle est traduite en décisions législatives mettre fin au scandale actuel qui conduit certaines municipalités à se moquer des pénalités imposées par la loi de solidarité urbaine.
«Orientation n°2 : Tenir les objectifs de mixité sociale par un renforcement de la loi de solidarité urbaine
La règle de 20% de logements sociaux définie par la loi de solidarité urbaine n’est pas respectée. C’est pourtant l’outil majeur pour améliorer la mixité sociale et pour parvenir aux objectifs de construction de logements sociaux. Il est proposé:
- de renforcer de manière conséquente les pénalités pour les rendre véritablement incitatives.
- de les rendre progressives avec un barème permettant de tenir compte à la fois du niveau de départ et de l’effort réalisé sur une période de cinq ans.
- d’affecter le montant supplémentaire du produit des pénalités au logement social.
- de faire apparaître obligatoirement le montant de la pénalité sur les avis locaux d’imposition: en effet, il est souvent allégué que les quotas ne sont pas respectés à cause de la réticence des riverains ; il serait important que les habitants d’une ville sachent ce que leur coûte personnellement l’insuffisance de logements sociaux.»
Pour loger toutes les familles dans des conditions décentes, il faudrait 300 000 constructions par an, sur trente ans, comme l’affirme dans le parisien du 18 septembre, un cadre d’une des associations ayant participé aux travaux de la commission...
300 000 par an, c’est possible, c’est une question de volonté politique....
Il faut à la fois répondre aux situations d’urgence en réquisitionnant des logements non habités, en réhabilitant les vétustes et à la fois faire voter un plan pluri annuel de constructions...
Jean-François CHALOT
AGENDA
MARDI 20 SEPTEMBRE
à Paris : Les tables rondes de l'UFAL sur le thème LaÏcité et droits des femmes, avec Mimouna Hadjam
d'Africa 93 et Sihem Habchi vice-présidente de Ni Putes Ni Soumises.
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)
SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2005
de 9h30 à 17 heures
RESISTANCE SOCIALE
vous invite à participer à ses " 3èmes Vendémiaires " :
" Après le 29 mai : passer de la résistance à l'offensive "
au Patronage laïque - 72 avenue Félix Faure - 75015 PARIS
(Métro : Boucicaut)
1. Construire une politique de rupture avec le libéralisme
Un code du travail renforcé avec Aurélie DEVAUX juriste à la confédération CGT
Revaloriser les salaires avec Rémi AUFRERE Syndicaliste FO, Administrateur d'organismes sociaux
Un Etat interventionniste avec Patrick QUINQUETON, secrétaire national du M.R.C.
2. Construire un instrument efficace au service du Monde du travail
Analyse de la sociologie du vote NON par Jacques COTTA, grand reporteur à France 2, initiateur de la pétition " le NON censuré dans les médias "
Débat avec des responsables politiques :
Sont annoncés :
Jacques GENEREUX, membre du Conseil National du PS, membre de la direction nationale du courant Alternative socialiste.
André DELUCHAT, animateur de la convention nationale pour une gauche républicaine, ancien responsable confédéral syndical
Gérard Mazet, Secrétaire Fédéral Parisien du PCF
Pierre LEVY, directeur de "Bastille, République, Nation"
Michel VIGNAL, Secrétaire national du MRC
SAMEDI 25 SEPTEMBRE
Forum social libertaire, Salon du livre anarchiste
Merlieux dans l'Aisne (02), à 14 heures.
Femmes, laïcité et religions. avec Pierre Cassen (Ufal), Mimouna Hadjam (Africa) et Hélène Hernandez (Fédération anarchiste).
JEUDI 29 SEPTEMBRE
18 heures
Organisée par le Comité 1905 / 2005 de Seine-Maritime
Septième initiative de l'année centenaire de la loi de 1905, il sera question des médias.
Laïcité et Médias à la Maison Pélissier de Maromme
Salle Bergerac, le Jeudi 29 septembre 18 heures.
Deux débats :
Qu'est-il advenu des ordonnances de 44 ?
par le collectif de la région rouennaise d'observation des médias
et Pierre Verbraeken ancien rédacteur en chef des Informations Dieppoises
La campagne référendaire des médias
par Arnaud Rindel
de ACRIMED (Action critique des médias) et de " Pour Lire Pas Lu " (PLPL)
VENDREDI 30 SEPTEMBRE
à la Librairie Violette Co, 102 rue de Charonne, 75011 Paris
Rencontre avec ANNE ZELINSKY-TRISTAN pour la présentation de son livre
Histoire de vivre. Mémoires d'une féministe (Calmann-Lévy)
30 SEPTEMBRE/ 1er 2 OCTOBRE
à DOURDAN, Université du Mouvement Ni putes ni Soumises
Samedi 1er Octobre, 9h00/12h00: Ateliers de formation (workshop)
1. Violences faites aux femmes: les outils de prévention
Latifa Drif : Conseillère au MFPF (planning familial) à Montpellier (Hérault)
Pierre Foldès : médecin urologue, spécialiste en chirurgie
réparatrice du clitoris pour les femmes victimes de mutilations génitales
Luc Frémiot : procureur à la Cour d'Appel de Douai
Isabelle Gilette-Faye : Sociologue et directrice du GAMS (Groupe pourl'abolition des Mutilations Sexuelles)
2. Education et formation : enjeux pour la jeunesse
Rachida Ziouche : Femmes Solidaires
Blandine Barucq : Educatrice spécialisée
Les " Sharaf heros " : collectif suédois qui lutte contre les crimes d'honneurs
Boris Seguin : président de l'association Les Engraineurs
Un représentant du CRAP- cahiers pédagogiques
Un responsable de l'association OZEP
3. Mise en réseau : les outils de solidarité et de combat
Comités locaux Comités internationaux
Ingrid Bellander-Todino : Coordinatrice du programme Daphné
Lydie Cerniglia : Responsable de Solidarité Femmes Grenoble-Isère
Colette de Troy : " Le Lobby Européen des Femmes "
12h30/13h45 : Déjeuner des parrains
14h00/17h00 : Débat N°3 : Intégration, lutte contre les discriminations et les obscurantismes, communautarisme, nouveau combat féministe, égalité des chances. : quel projet ?
Kofi Annan : Secrétaire général des Nations Unies
Nawal Saadaoui: Figure historique de la défense des droits des
Femmes en Egypte
Benjamin Stora : Historien du Maghreb
Olivier Rousselle : directeur général du FASILD : Fond d'Action et De soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations
Caroline Fourest : rédactrice en chef de la revue Prochoix
Irshad Manji : Ecrivain d'origine indienne, Musulmane mais libre
Pierre de Maret : Recteur à l'Université Libre de Bruxelles
Clarke Jocelyne : secrétaire générale de l'UFAL
Gemma Lienas Massot: Ecrivain et féministe espagnole, Rebels : ni
putas ni soumises
SAMEDI 1er OCTOBRE
Réunion-débat organisée par le groupe Sacco et Venzetti de Chelles (FA)
1bis rue Emilie à Chelles 77500
"Le XXIe siècle sera athée ou ne finira pas".
Animé par Jocelyn Bézecourt (http://www.atheisme.org), auteur d'une brochure qui vient de paraître aux éditions du Monde Libertaire : ³Antireligion : regards sur l'obscurantisme religieux et la nécessité de le combattre".
VENDREDI 7 OCTOBRE 2005
à Achères à 19.30, (Salle Bussières - 68, rue Georges Bourgoin)
Qu'est-ce qu'être laïque au 21ème siècle ?
Accueil par Thierry ROBIN, Vice-Président du PRG 78 et correspondant local du PRG à Achères
Introduction par Eddie AIT, Président du PRG 78, Conseiller Régional d'Ile-de-France
Avec la participation notamment de:
Philippe PASCAL, Secrétaire Générale de la Ligue de l'Enseignement des Yvelines
Pierre CASSEN, Secrétaire National de l'Union des Familles Laïques, Porte Parole de l'UFAL 78
Brigitte BRE-BAYLE, Présidente de la Coordination nationale Féministe et Laïque,
Sam AYACHE, Président de la Libre pensée des Yvelines
Informations : Fédération des Yvelines du PRG
contact@... - 06 88 64 25 38
VENDREDI 14 OCTOBRE
La libre Pensée des Pyrénées -Atlantiques a invité:
Michèle Vianès à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA, à Pau, sur le thème : la laïcité :égalité hommes/femmes
pour tout contact : Sophie Micoud, présidente, 05 59 62 12 99
SAMEDI 15 OCTOBRE
Organisé par l'Ufal de Carrières-sous-Poissy
Conférence aux familles de l'Ufal
Quelle réalité pour l'école publique ?
Rémi ROZIERE, Président du Conseil local de la FCPE de Carrières-sous-Poissy,
Brigitte BRE-BAYLE, Professeur des Ecoles, Membre du Bureau National de l'UFAL,
Pascal-Eric LALMY, Professeur d'Histoire et de Géographie en Collège,
Eddie AIT, Conseiller Régional d'Ile-de-France, Administrateur des lycées Le Corbusier, Charles de Gaulle et Adrienne BOLLAND de Poissy.
DIMANCHE 16 OCTOBRE
A l’invitation de l’association du Chevalier de la Barre,
5e fête de la laïcité, à Paris
Square Nader, 18e, de 14 heures à 18 heures
Sortie du funiculaire, à gauche.
JEUDI 20 OCTOBRE
Brest, à 20 heures 30
Pour le droit à la critique des religions
Avec Bernard Teper, président de l'Ufal, et Jocelyn Bézecourt, site athéisme.
Organisé par l'Ufal 29 et la Libre Pensée du Finistère, dans le cadre du centenaire de la loi de 1905.
VENDREDI 21 OCTOBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
à 18 h à la Maison de la Vie Citoyenne de Polo-Beyris, 28 av. Ursuya à Bayonne, Jo Salamero, Président de la LP nationale et Michel Eliard Sociologue à Toulouse Mirail sur le thème de la défense de la loi de 1905 et de la laïcité
MARDI 25 OCTOBRE :
Les Tables rondes de l'Ufal Paris
"Santé/ Sécu " avec Lucette Guibert rédactrice d'UFAL-Santé et membre de la Commission Santé d' ATTAC-France
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)
VENDREDI 4 NOVEMBRE A VENDÔME
au MINOTAURE pour célébrer le centenaire de la loi de 1905:
JEAN-PAUL SCOT, historien
"L'ACTUALITE DE LA LOI DE 1905"
organisée par le CVDL ( COMITE VENDÔMOIS DE DEFENSE DE LA LAICITE)
association loi 1901, secrétaire: Maryse Haslé
P.S. Jean-Paul Scot a publié en 2005 L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle
SAMEDI 5 NOVEMBRE
Assises de la Gauche Républicaine
A Otis (77)
Organisée par la CNGR
Inscriptions : CNGR, 44, rue Coriolis, 75012, Paris
www.combatrepublicain.info
DU 12 NOVEMBRE AU 28 NOVEMBRE
Célébration du centenaire de la laïcité dans les Yvelines, organisée par l'Ufal et plusieurs municipalités.
JEUDI 25 NOVEMBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
Henri PENA-RUIZ à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA à PAU, sur le thème : la laïcité, valeur du XXIe siècle
SAMEDI 10 DECEMBRE 2005
à Nantes à partir de 14 heures, amphithéatre 9 de la faculté de médecine, colloque "vers un second siècle de laïcité" organisé par le "Comité 1905-2005".
Les intervenants seront Jean Guiffan (historien nantais), Jacques Lemieux (historien ancien directeur d'écoles normales), Lucienne Gouguenheim (Nous Sommes Aussi l'Eglise), Kébir Jbil (Mouvement des Maghrébins Laïques de France), Jean Milon (universitaire militant laïque), Jacques Floch (député de Loire-Atlantique), Jacques Guyard (ancien ministre) Juan-Francisco Gonzalez Baron (association espagnole "Europa Laïca").
Pour plus de renseignement sur ce colloque, ainsi que pour découvrir les thèmes abordés lors de cette journée, consulter le www.comite1905-2005.org