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CHRONIQUE D’EVARISTE
Villepin est-il laïque et républicain ?
MACHINE A PERDRE
A/ On risque d’aller dans le mur, par Pierre Laporte
B/ Les lambertistes ne changeront décidément jamais, par Lucette Jeanpierre
C/ La défaite de dimanche affaiblit Martine Aubry, par Philippe Allienne
D/ De la paella « sans porc » à la fête de l’Huma, par Jacqueline Guillou
HOLD-UP PETROLIER MONDIAL
Essence : une pénurie artificielle pour doper les prix, par Vincent Larouche
AGRESSIONS CONTRE L’ECOLE PUBLIQUE ET LA LAICITE
A/ Boire le calice jusqu’à la lie, par Jean-Michel Sahut
B/ Catho et laïque, par Didier Vanhoutte
C/ Une insulte à l’égalité républicaine, par Frédéric Massot
INTEGRISME ISLAMIQUE
Procès en appel de l’imam Bouziane à Lyon, par Regards de Femmes
FILLE DE PUB
Ca pue la pub ! par Elise Thiebaut
A LIRE
A/ EDF, Conséquences humaines et sociales d’une privatisation, critique de Jean-François Chalot d’un livre de Dominique Deceze
B/ L’anticommunautarisme sélectif de Philippe de Villiers, par communautarisme.net
AGENDA
CHRONIQUE D’EVARISTE
Villepin est-il laïque et républicain ?
Il est de bon ton, dans le landernau médiatique, d’opposer le communautariste pro-américain Nicolas Sarkozy au gaulliste social Dominique de Villepin, réputé laïque, et défenseur de l’exception française, du modèle hexagonal et républicain.
Dans un univers où règnent ceux que le journaliste du « Monde Diplomatique » Serge Halimi a appelé méchamment, mais avec justesse « Les chiens de garde », tout ce qui permet de noircir de la copie est bon à prendre pour faire croire qu’il y a vraiment un débat politique en France. En ce sens, l’affrontement Sarkozy-Villepin est, à n’en point douter, une aubaine que la pensée unique s’empresse d’exploiter outrageusement. Passons sur les déboires conjugaux du ministre de l’Intérieur, qui font le bonheur de Paris Match (mais Sarko avait médiatisé sa vie privée, il a le retour de baton qu’il mérite), et sur la belle allure svelte du Premier ministre, le côté chevaleresque qu’on lui prête et son footing médiatisé à Royan.
Que Nicolas Sarkozy, fasciné par le modèle anglo-saxon, soit un communautariste qui veut en finir avec le modèle français ne fait de doutes pour personne, et lui l’assume ouvertement. Qu’avec lui à la présidence, la France serait en train de combattre en Irak aux côtés des Américains est fort probable (les socialistes nous auraient-ils évité cela ?), alors que Villepin a été très bon sur cette question.
Mais cela suffit-il pour faire de lui l’anti-Sarkozy, et l’homme qui va nous protéger de ce dangereux libéral clérical ? Rien n’est moins sûr.
Villepin a beaucoup appris de Chirac, dont il partage le cynisme. Dire blanc, et faire noir fait partie de sa panoplie. Il est donc capable de tenir un discours sur la croissance sociale, sur le patriotisme économique, et en même temps de brader GDF et les autoroutes, avant de vendre EDF, ce qui est le contraire d’une politique républicaine au service de tous.
Ainsi, depuis qu’il est au pouvoir, il parle social, et multiplie les cadeaux et avantages fiscaux aux plus aisés, sans parler des remises en cause du code du Travail..
Mais Villepin, pour faire bonne figure face à Sarkozy, se dit également laïque. Pourtant, qu’a-t-il dit quand son ministre Robien a fait la rentrée des écoles dans une école privée ? Qu’a-t-il dit quand il a parlé d’égalité public-privé dans l’enseignement ? Rien, c’est un homme de droite, qui est autant laïque que Charasse est cardinal !
N’est-ce pas lui qui a envoyé tout le gouvernement prier à la Mosquée de Paris, lors de l’affaire des otages Chesnot et Malbrunot ? N’est-ce pas lui qui a envoyé, avec nos sous, les Pieds Nickelés du Conseil Français du Culte Musulman en Irak, où ils n’ont servi à rien. N’est-ce pas lui qui a fait mettre les drapeaux de la République en berne, dès la nuit du dimanche au lundi, lors du décès de Wojtyla ? N’est-ce pas lui qui a ordonné aux Préfets en uniforme d’aller aux offices et de présenter les condoléances de la République aux évêques ?
Tout comme Chirac a su se faire élire sur la fracture sociale, Villepin espère marquer des points sur la laïcité et la République, face à son rival Sarkozy, parce qu’il sait que les Français sont attachés à ces valeurs, et ne se reconnaissent absolument pas dans le discours communautariste de l’agité de la place Beauvau. Il n’y a aucun attachement à nos valeurs chez Villepin, seulement un calcul opportuniste très chiraquien.
Mais quelle gauche va le contrer et le démasquer là-dessus ? La direction du PS ? Oublions Hollande, qui, obscur apparatchik issu de chez Delors (surnommé par un ami à moi le « curé de Bruxelles »), bureaucrate qui n’a jamais été capable de sortir une idée personnelle, et qui doit sa place à sa capacité de godiller au milieu des éléphants. Parlons plutôt de Lang, celui qui a donné des milliards à l’Eglise catholique et à ses écoles. C’est lui qui va attaquer Villepin sur la laïcité ? En parlant de Lang, je vous fais profiter de cette phrase de Michel Charasse : « Je l'imagine à l'Elysée, les gardes républicains dépenaillés, la boum permanente (...), la valse des frais de réception. Lang, comme certains insectes, ne brille que dans la lumière").
Et Martine Aubry, qu’a-t-elle à dire ? Elle qui accorde tout aux demandes de Amar Lasfar, le recteur UOIF de la mosquée de Lille, dont l’avocat est par ailleurs l’époux de Madame le maire (eh oui !). Les piscines communautaristes, c’est elle. Qu’a-t-elle dit quand ce recteur a empêché, juridiquement, un maghrébin athée de se faire incinérer ? Rien, son silence a été assourdissant, parce qu’elle marche avec les communautaristes religieux, dans le Nord, et qu’il n’y a pire ennemie de la laïcité que cette femme, qui, bonne nouvelle, fait l’unanimité contre elle à Lille et qui aura les pires difficultés à se faire réélire.
Ne parlons pas de Strauss-Kahn et de sa complaisance pour les écoles loubavitch, ni de Delanoë, qui est le premier maire à avoir proposé une rue Jean-Paul II à Paris, et qui veut nous coller les Gay Games (Jeux Olympiques homos) en 2010 pour se consoler de sa gamelle face aux Anglais ! Avec tous ceux là, côté PS, on est bordé !
Chez les Verts, c’est presque pire ! Mamère, assiste aux assemblées annuelles de l’UOIF, et joue son rôle d’idiot utile, assis à côté de l’islamiste lyonnaise voilée Saida Kada, en train de raconter que les Français sont islamophobes. Et son ancien rival aux présidentielles Lipietz, relaie, au Parlement européen, les demandes de ces mêmes intégristes musulmans pour rendre caduque les lois laïques françaises, après avoir travailler activement en Corse avec la bande à Talamoni, contre la République.
Evidemment, on retrouve les Verts aux côtés de tout ce qui, Basque, Corse ou Breton, parle de peuple opprimé par le Républicanisme colonial français !
Toute cette gauche communautariste, antilaïque et viscéralement antirépublicaine, était au premier rang de la bataille pour le « oui » au TCE, en compagnie de Villepin et Sarkozy. Normal et cohérent. Ce qui nous étonne, aujourd’hui, c’est d’entendre quelques partisans du « non, notamment au PCF, commencer à nous dire qu’il faut dépasser ce clivage, et qu’il y aurait eu de l’antilibéralisme chez les partisans du « oui ». Il est vrai que la direction du PCF a abandonné, elle aussi, le combat laïque depuis longtemps. Pire, nombre de ses militants a basculé dans le communautarisme, bafouant les racines de ce parti. Il suffit de voir dans ses rangs le nombre de responsables qui ont signé l’appel ahurissant et différentialiste des « Indigènes de la République », et de voir le poids de Braouzec et de la bande du Mrap, autour des Aounit-Levy, dans ce parti.
Donc, Sarkozy est l’ennemi numéro un de la République et de la laïcité, mais ce n’est pas Villepin qui constitue l’antidote de ce poison, pas plus que la gauche incarnée par la majorité actuelle du PS, des Verts et du PCF.
Il faut que la gauche républicaine fasse entendre une autre voix, un autre discours, d’autres perspectives, sinon, la gauche va perdre en 2007, aux présidentielles et aux législatives. Les talents ne manquent pas, on compte sur vous, les vrais laïques, les Mélenchon, Emmanuelli, Dolez, Zuccarelli, Gérin, Chevènement et plein d’autres. Combat laïque, combat social, contre le communautarisme et le libéralisme !
Pour toute réaction, pour tous ceux qui veulent participer au rassemblement des laïques et des républicains de gauche, contacter evariste@...
MACHINE A PERDRE
A/ On risque d’aller dans le mur
Bonjour Evariste
Tout a fait d'accord avec tes commentaires sur la fête de l'Humanité.
Les débats sur la fête concernant la laïcité se font dans la confusion la plus totale et l'humanité parle de Jaurès en évoquant une laïcité ouverte, confusion et bouillie idéologique.
Quant à la déclaration de M.G Buffet sur le fait qu'il n'existe pas deux gauches, elle produit aussi de la confusion, par exemple si MG Buffet pense que Rocard et Kouchner sont de la même gauche qu'elle nous sommes visiblement face à une personne qui confond sa droite et sa gauche.
Si elle signifie qu'il ne faut pas rejeter ceux qui ont voté pour le oui car ils pensaient sincèrement que cela pouvait permettre d'assurer la paix et que dans un deuxième temps on pourrait développer les acquis sociaux, oui bien entendu. Mais ce n'est pas en niant les différences à gauche que l'on permettra un débat clair sur l'alternative et la société que nous voulons.
Le risque de ce type de discours c'est le repli de chacun dans son camp et l'appel pour le deuxième tour au vote pour un candidat socialiste partisan du oui.
L'échec assuré.
Pierre Laporte, militant communiste.
B/ Les lambertistes ne changeront décidément jamais
Le spectacle était assez étonnant, pour qui passait, le jeudi 8 septembre, place de la Reine Astrid, à Paris, entre 12 heures et 14 heures. Pendant qu’une délégation, composée d’Azar Majedi, féministe iranienne, de Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes, de Bernard Teper, président de l’Ufal, et de Fadela Amara, présidente de Ni Putes Ni Soumises, était reçue à l’ambassade du Canada, plusieurs dizaines de femmes et d’hommes étaient regroupés dans une animation commune. C’était les représentants de plus de cinquante associations qui avaient répondu présent à l’appel impulsé par « Regards de Femmes » et sa présidente, Michèle Vianes, contre les tribunaux islamiques en Ontario. La direction nationale de la Libre Pensée, sollicitée, n’avait pas souhaité se joindre à l’appel, mais la Libre Pensée du Nord participait à l’initiative de Lille.
Cinq à six militants parisiens de la Libre Pensée furent pourtant présents, ce jour là, mais se tinrent soigneusement à l’écart, à quelques dizaines de mètres du rassemblement, avec une grande banderole, et leur propre matériel.
La caricature était à son comble quand la délégation revint, et que ses membres firent un compte-rendu : tout le monde était uni, ensemble, fraternisant, et la Libre Pensée se tenait de manière caricaturale à l’écart, préservant sa différence. Aujourd’hui, elle fait encore mieux.
Alors que grâce à toutes les initiatives prises, le gouvernement canadien a reculé sur toute la ligne (lire Respublica 380), la Libre Pensée publie un communiqué s’accaparant la victoire, osant écrire qu’elle fut la seule organisation à se mobiliser en France. Gonflés les camarades !
Une attitude qui ne ressemble que trop à celle du Parti des Travailleurs, (qui a pris le contrôle la Libre Pensée), là où partout, dans les syndicats ou dans le monde politique, cette organisation intervient. Surtout rester seuls, et ne faire l’unité qu’avec soi-même et les satellites du PT, sachant que les autres trahiront obligatoirement. Heureusement qu’il demeure des sections de la Libre Pensée qui échappent encore, grâce à de remarquables militants de terrain, à ce type de pratiques dont il vaut mieux rire, tant tout cela est grotesque.
Lucette Jeanpierre
C/ La défaite de dimanche affaiblit Martine Aubry
L'élimination de la candidate socialiste Martine Filleul, dès le premier tour de la législative partielle de la quatrième circonscription du Nord, dimanche 11 septembre, a atteint la maire de Lille, Martine Aubry.
Le secrétaire de la fédération du Nord, Marc Dolez, partisan du non à la Constitution européenne et opposant à la direction du Parti socialiste, se refuse à parler des conséquences éventuelles pour l'avenir politique de Mme Aubry, qui a défendu le oui et fait partie de l'équipe dirigeante du PS. "La vraie question , dit-il, est de savoir quelles leçons le PS va tirer, lors du congrès du Mans, des scrutins du 21 avril 2002 et du 29 mai."
Mais, pour la maire de Lille, cet échec tombe mal. Même s'il était quasiment impossible d'arracher la circonscription à la droite, une présence au second tour aurait récompensé ses efforts pour afficher une unité avant le congrès.
Une semaine plus tôt, lors de la braderie de Lille, en compagnie de Martine Filleul et de son équipe, elle avait emmené François Hollande et Jack Lang sur le stand des Verts. Quelques jours avant le scrutin, elle avait organisé un meeting de soutien, juste avant celui de Laurent Fabius. Mais lorsque les résultats sont tombés, dimanche soir, c'est le candidat du PRG, Jacques Mutez, qu'elle cherchait à joindre au téléphone.
VALSE DES COLLABORATEURS
Ce dernier, lui aussi élu municipal dans l'équipe Aubry, n'a récolté que 208 voix. Mais, en théorie au moins, elles auraient largement suffi à la candidate socialiste. "Hors de question", cependant, pour Jacques Mutez, de soutenir une candidate favorable au non. Mais, surtout, cet ancien adjoint à la mairie de quartier du Vieux-Lille n'admet pas d'avoir été remplacé en 2004 par un proche de Martine Aubry. "Son actuelle délégation au commerce a été vidée de sa substance" , accusent ses amis. Il en veut au PS, il en veut au "système Aubry". Et il n'est pas le seul dans une ville qui s'est séparée, à la demande de son maire, de nombreux collaborateurs.
"Quand on est de gauche, commente un proche de M. Mutez, il faut laisser la chance à l'humanisme. Or Martine Aubry ne peut s'empêcher de prendre des mesures coercitives et ne fait confiance à personne." Le PRG veut prendre son indépendance et promet une candidature aux prochaines municipales. Les Verts en feront autant. De son côté, Marc-Philippe Daubresse, le candidat de l'UMP au scrutin de dimanche, n'a jamais caché ses ambitions de succéder à Pierre Mauroy à la présidence de la communauté urbaine de Lille, et ne cache pas son appétit pour la mairie de Lille.
"La droite se cherche un candidat pour la ville de Lille depuis trente ans !" , tempère Christian-Marie Wallon-Leducq, professeur de sciences politiques. Pour lui, "on ne peut de toute façon tirer des conclusions à partir d'une élection partielle pour laquelle l'abstention est proche de 70 % et, de surcroît, dans une circonscription aussi marquée à droite" . Encore que, souligne un autre observateur, "cette partielle révèle un affaiblissement du Front national. Si cela venait à se confirmer aux municipales de 2008, nul doute qu'il profiterait à la droite qui aurait alors de véritables chances de l'emporter" .
Philippe Allienne
Article paru dans l'édition du Monde du 14.09.05
D/ De la paella « sans porc » à la fête de l’Huma
Bonjour Evariste,
J'en n'ai pas cru mes yeux, j'ai donc fait une photo, que je tiens à la disposition des sceptiques. ON vendait fête de l'Huma une paella hallal, garantie sans porc. Je ne me rappelais pas qu’il y avait beaucoup de porc dans la paella, peut-être un peu de chorizo, parfois, mais bon ! Bon ap ! mais n'en fais pas tout un plat dans Respublica. A quand les fourchettes et les couteaux garantis vierges de tout contact avec le porc ? L'an prochain, sur, il y aura paella diététique sans huiles saturées mais aux bons acides gras insaturés de l'huile d'olive (pour pas aggraver le trou de la sécu), et aussi au riz sans gluten (pour les allergiques), et sans moules (pour les féministes du mouvement radical culinaire), et sans poulet (pour boycotter les productions inhumaines, enfin inaviaires de l'élevage productiviste breton). Bref il risque fort de ne pas y avoir paella..... mais boudin à l'oignon. D'ailleurs le boudin sera blanc pour ne pas choquer les témoins de Jéhovah, mais cela risque d'irriter les gens de couleur (foncé) et certaines femmes..... boudinées qui n'entendent pas se faire consommer sans façon, même si ça fait plaisir au (singulier à plus d'un titre) légionnaire égaré à la fête de l'Huma. Par ailleurs les oignons, c'est pour rappeler aux gourmands qu'il faut s'occuper des leurs (d'oignons); et que peut être ceux qu'ils dégustent viennent de Tasmanie et les écolos et les altermondialistes ne peuvent pas cautionner ainsi un dumping social et un gâchis écologique qui met dans notre assiette des produits toujours moins chers que ceux de notre production nationale, malgré le prix du carburant à cause de l'exploitation des agriculteurs de là-bas.
En fait ça devient compliqué de se faire une bonne bouffe sans arrière pensée et sans complexes quand on est laïque, féministe, altermondialiste, antiraciste, écolo, soucieux de sa santé de sa ligne et des deniers de la sécu.
Jacqueline Guillou
HOLD-UP PETROLIER MONDIAL
Essence : une pénurie artificielle pour doper les prix
Alors que le prix de l’essence à la pompe atteint des sommets au Québec, Léo-Paul Lauzon, titulaire de la Chaire d’études socio-écnomiques de l’UQAM, vient de rendre publics les résultats d’une étude sur les trois grandes pétrolières canadiennes. Surprise : la hausse des derniers mois n’est pas un phénomène naturel mais plutôt le fruit d’une action concertée visant à réduire l’offre de pétrole pour doper les prix.
L’étude, réalisée avec le professeur Michel Bernard, analyse les résultats des pétrolières Impériale Esso, Shell Canada et Petro-Canada, toutes trois intégrées verticalement et présentes à la fois dans l’exploration, l’extraction, le raffinage, la vente en gros et au détail.
Les chiffres démontrent clairement que les pétrolières profitent de la hausse des prix prolongée des dernières années. Leurs profits ont fait un bond de 157 % en moyenne au cours des cinq dernières années (2000 à 2004) par rapport aux cinq années précédentes (1995 à 1999) qui avaient déjà été rentables, pour atteindre un total combiné de 27,2 milliards $ depuis 1995.
Ces gigantesques multinationales affirment profiter d’une conjoncture favorable sur laquelle elles n’ont aucun contrôle, dénonce Lauzon. « Quand les prix flambent, on nous sert comme excuse la mort d’un Scheik, une tempête dans le Golfe ou une incendie dans une rafffinerie du Texas, comme s’il ne se produisait pas de pétrole au Canada. »
Par exemple, l’Impériale attribue un bond de 560 millions $ dans son profit de 2004 à la simple hausse du prix des ressources sur les marchés internationaux. Pourtant, son approvisionnement vient de Cold Lake et de Syncrude au Canada, pour un total de 180 000 barils par jour. L’entreprise choisit de faire comme si ce brut entrait dans ses propres raffineries au prix mondial et de charger ensuite le tout au consommateur.
« Quand le cartel des onze membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) réduit la production et fait monter le prix du brut, les pétrolières canadiennes jubilent et elles s’empressent de vendre le brut extrait au Canada au prix international », ajoute le professeur.
Blâmer l’OPEP est d’ailleurs complètement ridicule, explique-t-il. « L’OPEP contrôlait un tiers de la production mondiale quand l’Irak en faisait partie comme pays indépendant. Qui contrôle le reste? Les grandes transnationales. »
Normalement, en situation de concurrence, la hausse des prix incite à produire plus. Or, en Amérique du nord, il ne s’est construit aucune nouvelle raffinerie depuis les 20 dernières années. Les pétrolières intégrées en ont même fermé plusieurs « afin de contrôler l’offre à leur guise et gonfler artificiellement les prix », affirme Lauzon. Il est en effet surprenant qu’au moment où la demande ne cesse de croître, les capacités de rafffinage des grandes multinationales demeurent utilisées à 93 % sans que ces dernières ne réagissent.
« Avec tous ces milliards, les pétrolières auraient été en mesure de construire plusieurs nouvelles raffineries là où des goulots d’étranglement se manifestent », s’insurge Léo-Paul Lauzon. Le chercheur n’hésite pas à parler d’une pénurie artificielle, créée de toutes pièces.
Plus surprenant encore, les pétrolières réduisent carrément leurs investissements au pays. Chez l’Impériale Esso, on enregistre une diminution nette de 2,7 milliards du solde des immobilisations en usage en 2004 par rapport à 1990.
Les transnationales rechignent ausssi à investir dans l’exploration. Pour pallier aux problèmes d’approvisionnement mondiaux en pétrole et en gaz, il aurait été normal qu’elles intensifient de beaucoup leurs frais d’exploration en vue de trouver de nouveaux gisements.
Mais Lauzon démontre que l’Impériale Esso a consacré en 15 ans un gros 4 % de ses immenses profits à l’exploration. Si on enlève les subventions gouvernementales, ce pourcentage tombe à environ 2% seulement. Pour Shell, les chiffres avoisinent environ 6 %. « Ils ne veulent pas faire d’exploration, ironise le professeur, parce qu’ils risqueraient de tomber sur du pétrole! »
Les années 2000 à 2002 montrent par rapport à la période 1995-1999 un recul des budgets d’exploration de l’ordre de 30 % et une baisse des découvertes en volume proche de 50 %.
L’étude démontre donc clairement un manque à investir qui creuse l’écart entre l’offre et la demande pour soutenir des prix élevés. Et que font donc les entreprises avec leur argent? Elles préfèrent l’utiliser pour remplir les poches de leurs actionnaires. Au cours de la même période, l’Impériale a réalisé 12,1 milliards de profits au Canada, mais elle a distribué 12,5 milliards aux actionnaires!
Plutôt que de penser au développement à long terme et à l’investissement, les pétrolières privilégient le rendement maximum dans l’immédiat pour les actionnaires, allant jusqu’à racheter leurs propres actions à ces derniers, ce qui constitue « l’antithèse de la croissance », explique Lauzon.
Depuis le premier programme de rachat d’actions lancé par l’Impériale Esso en 1995, la compagnie a acheté 233 millions d’actions, soit environ 40 % du total des actions qui étaient en circulation. L’opération s’est traduite par la distribution de 6,8 milliards aux actionnaires, qui jouissent de taux de rendement inégalés.
Dans un système de libre-marché, les taux de rendement anormaux sont supposément inexistant car ils attireraient de nouveaux concurrents qui ramèneraient les échanges au juste prix du marché à travers une dure compétition. Mais le secteur pétrolier est dominé par de gigantesques entreprises présentes à toutes les étapes de production et de distribution, et il est pratiquement impossible pour de nouveaux joueurs d’y entrer. « Il me semble que, dans un marché, il est censé y avoir des gagnants et des perdants, souligne Lauzon. C’est drôle, mais avec les pétrolières, il n’y a que des gagnants, et des gros à part ça. »
Conséquence? Chez les trois entreprises étudiées, les taux de rendement après impôt sur l’avoir des actionnaires atteint 23,2 % en moyenne. Un niveau anormal, selon Léo-Paul Lauzon. « Vingt-trois pourcent de taux de rendement, même des Shylocks ne font pas ça! »
L’étude démontre aussi à quel point ces profits faramineux s’envolent vers l’étranger. L’impériale Esso est détenue, au 31 décembre 2004, à 85,4% par des investisseurs étrangers, alors que Shell Canada l’est à 78 %. Les chiffres exposés par Lauzon démontrent que pour l’Impériale Esso, ce sont 84 % (10,2 milliards $) des profits réalisés ici en exploitant le pétrole canadien qui ont été acheminés à l’extérieur du pays sous forme de liquidités au cours des 15 dernières années. Pour Shell Canada, ces liquidités s’élèvent à 3,3 milliards sur 15 ans, soit 42 % des profits réalisés ici.
Le chercheur précise que les profits des multinationales sont sous-estimés car, grâce aux transactions inter-compagnies, elles transfèrent une part importante des bénéfices à leur société mère et à des sociétés apparentées souvent enregistrées dans des paradis fiscaux.
Le Canada et les Canadiens ne profitent pas non plus de la bonne situation financière des pétrolières à travers les emplois. Malgré des hausses de 585 % des profits des trois pétrolières intégrées en 15 ans, c’est une baisse de 54 % des emplois qu’elles affichent au Canada pour cette période, montre l’étude.
Cette situation peu reluisante trouve sa source dans une des particularités du secteur pétrolier canadien, affirme Léo-Paul Lauzon. « Trouvez moi un pays exportateur de pétrole au monde, qui a privatisé son industrie pétrolière, et à des intérêts étrangers en plus. Il n’y a que le Canada! »
« La seule solution, faisons comme tous les pays producteurs et exportateurs de pétrole, et nationalisons tout ça, parce que là on est pris en otages. » Il cite d’ailleurs les importantes mobilisations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs pays comme le Mexique, l’Uruguay, l’Équateur et la Bolivie, pour empêcher la privatisation de ce secteur vital.
Le professeur explique que la nationalisation briserait l’oligopole qui maintient artificiellement les prix à un niveau trop élevé, en plus de permettre aux pouvoirs publics d’utiliser les recettes faramineuses du pétrole dans l’intérêt de la collectivité.
30 août 2005,
Vincent Larouche
AGRESSIONS CONTRE L’ECOLE PUBLIQUE ET LA LAICITE
A/ Boire le calice jusqu’à la lie
Ainsi le ci-devant Gilles de Robien n’aurait jamais mis les pieds dans un école publique au cours de sa scolarité(1) ce qui ne manque pas de le qualifier pour être Ministre de l’Education Nationale. C’est donc tout naturellement et comme par habitude que pour la rentrée scolaire il a pris le chemin du collège Saint-Joseph à Cholet ; ville probablement choisie pour signifier aux partisans de l’Enseignement public qu’était venu le temps de préparer leurs mouchoirs.
Et ça n’a pas manqué lorsque le surlendemain l’ancien élève des bons Pères a choisi Radio Notre-Dame pour dire tout le bien qu’il pense de « L’enseignement privé catholique [qui] n’est pas un refuge mais permet d’exercer un choix… [ce qui nécessite une] …égalité de moyen pour que ce choix puisse s’exercer.» Ce qui signifie la remise en cause d’un accord tacite fixant la concurrence public-privé à un ratio 80 % - 20 %.
Le lendemain, 9 septembre, le Ministère confirmait les propos du Ministre : « Le privé, c’est aussi l’Education Nationale(2), l’Ecole de la République. La guerre est finie, terminée, enterrée. ». Faisant ainsi savoir aux adeptes de la « Laïcité apaisée » qui avaient, entre deux hoquets de surprise jugé provocateurs les propos du Ministre, que bien entendu il n’était pas question pour le Gouvernement de rallumer la guerre scolaire pour la simple raison que les partisans du dualisme scolaire l’avaient gagnée. Après que François Mitterrand eut obligé en 1984, Alain Savary à saborder son projet d’un « service public unifié et laïque de l’Education Nationale » et que Jack Lang soit allé à Canossa en signant en 1992 avec l’abbé Cloupet un honteux accord de financement public de la formation des maîtres du privé, la messe était dite. Les responsables de l’enseignement catholique à leur habitude ont laissé le temps faire son œuvre émolliente aidés en cela par la rhétorique de la « laïcité ouverte » devenue au goût du jour.
La proposition précipitée de François Bayrou en 1994 d’abroger l’article 69 de la loi Falloux ayant mis un million de laïques dans les rues de Paris aurait pu permettre de remettre en selle un authentique mouvement laïque. Les cléricaux comprenant alors qu’ils avaient été trop pressés surent opportunément tirer parti de la stratégie de l’apaisement choisie par le Collectif du 16 janvier et autre Carrefour laïque.
Sous cette législature, ils reviennent à la charge et obtiennent, le plus souvent avec l’assentiment voire la proposition de la Gauche parlementaire : l’obligation pour les communes mêmes pourvues d’une école publique de participer aux frais de scolarisation des élèves fréquentant une école privée extérieure à la commune (3), l’ouverture des Caisses des écoles aux familles dont les enfants fréquentent une école privée de la commune (2), le statut d’agent public de l’Etat pour les maîtres de l’enseignement privé (4),… à cela il convient d’ajouter la réaffirmation de l’entrée de l’enseignement du fait religieux à l’école publique (4).
Voilà qui ne pouvait qu’autoriser Paul Malartre, responsable national de l’enseignement privé catholique en visite au lycée La Providence du Mesnil-Esnard (Seine-Maritime) le 7 septembre dernier, de faire écho aux propos du Ministre : « La règle des 20 % de postes d’enseignants attribués selon notre poids dans le monde de l’éducation ne fonctionne plus. » et le directeur de l’enseignement catholique du diocèse de Rouen de préciser : « nous sommes en discussion sur ce problème, il faudrait revoir le système et nous doter réellement au prorata de nos effectifs. Mais pour cela, il fait que l’Education Nationale revoit son propre système. »
Semaine forte en déconvenues pour ceux qui depuis des années s’acharnent à faire admettre que la Laïcité est devenue, dans un climat débarrassé de toutes querelles, la référence commune. C’est avec impatience que nous attendons les propositions de ripostes que les grandes organisations se prétendant être porteuses de l’idéal laïque entendent formuler pour stopper, avant qu’il ne soit trop tard, cette nouvelle et pourtant prévisible offensive cléricale.
le 10 / 09 / 05,
Jean-Michel Sahut
Président du CREAL-76
B/ Catho et laïque
Cher Evariste,
Sois sûr qu'il y a plus de cathos (les "cathos de la laïque", rapelle-toi...) que tu ne penses qui ne sont pas formatés style "papolâtre", et 5 associations ont formé il y a 2 ans (aujourd'hui 13) un "Observatoire Chrétien de la Laïcité" pour veiller avec d'autres "laïques" à ce que la laïcité républicaine ne soit pas mise en danger. La laïcité, tu entends bien. Pas la "laïcité ouverte", ou aménagée d'une quelconque manière.
L'une de ces 13 associations vient de publier un communiqué de presse à propos de l'affaire Robien. Cette association, qui existe depuis 22ans, s'appelle le CEDEC: Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle. Tout un programme.
Je te joins le communiqué.
Cordialement (comme dit le ministre aux professeurs..., mais ses mots ont-ils le même sens que quand je les dis?).
Didier Vanhoutte
PS: Christian Terras est un de nos amis.
CEDEC
CHRETIENS POUR UNE EGLISE DEGAGEE DE L’ECOLE CONFESSIONNELLE - 100 rue de la Fuye 37000 TOURS
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le CEDEC considère que les récents propos du Ministre de l’éducation Nationale au sujet de l’école privée en France, sur une radio catholique, qui plus est, sont inadmissibles.
Monsieur de Robien semble en effet oublier qu’il est Ministre d’une République laïque, et qu’à ce titre il lui est interdit de marquer son soutien à l’une quelconque des confessions présentes sur le territoire national, et, l’école privée étant dans ce pays à 97% catholique, de lui promettre un appui financier de l’état excédant les textes en vigueur.
Il marque aussi par là son soutien, et donc celui du gouvernement auquel il appartient, à un secteur du système scolaire très perméable à la marchandisation de l’éducation, ce qui n’est que l’un des aspects, dans le cadre d’une économie globalisée, de la « libéralisation » progressive de tous les secteurs d’activité du pays.
Le CEDEC regrette une fois de plus que les responsables de l’église catholique n’aient pas rejeté ces propos, afin, d’une part, de marquer leur indépendance par rapport au pouvoir politique, comme la laïcité les y invite (pour ne pas sembler faire leurs les objectifs de ce gouvernement), et d’autre part afin de signifier que ce qui compte pour elle c’est de se mettre au service de tous, en particulier des plus pauvres, même s’ils sont violents, de témoigner modestement de l’évangile par des actes, et non pas de protéger ses prébendes et de se tenir à l’abri à l’intérieur de vaines structures.
Pour le CEDEC Monique Cabotte-Carillon, Présidente
C/ Une insulte à l’égalité républicaine, par Frédéric Massot
Je voudrais très simplement et synthétiquement réagir aux propos du Ministre de l’Education Nationale, Mr de Robien.
Je voudrais dénoncer la mauvaise foi intellectuelle ainsi que l’interprétation mensongère à laquelle s’est adonnée Gilles de Robien.
En effet, je suis scandalisé quant à la manière dont celui-ci met sur un pied d’égalité, école laïque et école privée. Car, en affirmant que cette dernière doit pouvoir jouir des mêmes avantages que la première, sous prétexte qu’elle serait lésée et qu’elle représente une alternative légitime, Mr le Ministre oublie de dire que l’école privée est « l’école historique », fière de son fonctionnement, revendiquant son statut et heureuse de son existence. Et qu’en vertu de cela, c’est surtout l’école républicaine, gratuite et laïque qu’il faudrait aider, et non l’inverse.
Ce n’est pas l’école laïque qui porte préjudice à l’existence de l’école privée.
Car tandis que l’école dite « libre » se réjouit de ses « règlements », la Laïque lutte pour survivre et faire vivre l’Egalité.
Ce sont donc bien deux visions, deux modes, deux perspectives et deux convictions, opposées, dans leur fondement, dans leur structure et dans leur réalisation.
Et vouloir mettre ces deux écoles sur un pied d’égalité représente, à mes yeux, une insulte à l’Egalité républicaine.
Frédéric MASSOT
INTEGRISME ISLAMIQUE
Procès en appel de l’imam Bouziane à Lyon
le 16 septembre à 13h30
« Regards de Femmes » et FCI, parties civiles, ont interjeté appel du jugement de première instance, relaxant l’imam Bouziane de ses propos incitant à battre la femme adultère, au motif qu’il s’agirait de l’expression d’une conviction religieuse.
Le Ministère Public également. Le procès en appel aura lieu vendredi 16 septembre à 13h30 à la Cour d’Appel de Lyon.
Pour « Regards de Femmes », il ne s’agit pas de l’exercice privé du droit d’exercer sa religion mais de l’atteinte à la liberté d’autrui, les femmes en l’occurrence. Appeler à battre la femme adultère n’est sûrement pas un rite, mais exactement, une infraction au Code pénal.
L’immunité des propos accordée à un religieux de quelque religion que ce soit est absolument contraire à l’égalité de tous devant la loi. La Cour Européenne des Droits de l’Homme rappelle que l’expression religieuse a des bornes. En France, c’est le droit républicain.
Les violences envers les femmes sont intolérables. Elles ne sauraient être justifiées sous prétexte religieux.
Regards de Femmes
FILLE DE PUB
Ca pue la pub ! par Elise Thiebaut
La filière déodorante fait les beaux jours de la publicité sexiste. Dans un monde puant, on nous veut inodores, sans revendications et sans désirs… propres. C’est une idéologie globale, qui veut me soumettre à un ordre marchand, conditionner mes désirs les plus intimes, et tuer en moi non seulement tout désir de révolte, mais tout désir personnel, singulier, original pourrait-on dire. En cela, la publicité est l’ennemie de l’art, qu’elle prétend imiter en invoquant une risible liberté d’expression. Car cette liberté est en réalité une domination. Les images qu’elle impose ne résultent pas d’une libre interprétation personnelle, que je serais moi aussi libre de regarder ou non, d’apprécier ou non, comme je le fais d’une sculpture, d’un tableau, d’un texte, d’un film, d’une pièce de théâtre.
Les images publicitaires n’expriment pas, elles servent. Elles ne m’éclairent pas, elles me manipulent. Dans ce cadre, le sexisme qu’elles véhiculent ne relève pas seulement d’une “maltraitance” envers les femmes. C’est une façon d’humilier un sexe ou l’autre, avec une prédominance historique contre celui qu’on dit beau, et même d’humilier le sexe comme affirmation de ma liberté, de mon désir, de ma singularité. Hier encore, Leclerc fustigeait la sueur des manifestants mâles, et montrait la culotte d’une manifestante femelle. L’apparente parité de traitement ne doit pas nous tromper. Le sexisme y est à l’oeuvre pleinement, et des deux côtés, en cela qu’il met en scène la défaite de nos idéaux : libération sexuelle ou révolution sociale se voient offrir un enterrement de première classe, et nous aimerions pouvoir crier que le cadavre de la lutte bande encore !
A ce propos, la marque “Axe” présente depuis quelques semaines un spot télévisé qui reprend l’offensive sexuelle et odoriférante sur le mode suivant : un homme asperge un porte-manteau de déodorant, pour inciter une femme à danser devant lui, accrochée à la barre de métal comme si elle se trouvait sur une “table danse” façon strip-tease. C’est trop drôle de voir cette gourde se déhancher devant un porte-manteau, pendant qu’il se réjouit du spectacle qui lui est offert. On rit beaucoup également quand l’homme s’asperge à son tour de déodorant, certain que le conditionnement lui profitera personnellement. Le slogan final nous donne la philosophie de ce moment de bonheur et d’humour partagé : “Axe. Plus t’en mets, plus t’en as.” Merveille du vocabulaire publicitaire. Car vous savez tous ce que signifie aussi le verbe “mettre”. Et aussi, je suppose, se faire mettre. J’aimerais croire que ce second degré est savoureux, et qu’il cache un je ne sais quoi d’autodérision qui m’épargnerait le soin d’une nouvelle diatribe. Mais je doute que le second degré soit une réalité publicitaire tangible. C’est au premier degré qu’on séduit, toujours, le second degré n’étant le plus souvent qu’un alibi pour justifier ou masquer la volonté de domination ici à l’oeuvre. Je dirais donc qu’il n’y a rien à sauver de cette publicité. Ni le produit (le déodorant veut éteindre les odeurs intimes). Ni la mise en scène (les femmes sont des idiotes soumises et manipulables à loisir). Ni le slogan, qui nous enjoint à nous faire mettre collectivement “dans l’axe”.
Je n’ai rien contre la nudité. Rien contre le sexe. Rien contre les hommes et leur délicieuse odeur sexuelle. Rien contre la danse, rien contre la musique, rien contre les jeux amoureux, rien contre le cinéma, rien contre les calembours, rien contre la langue (surtout pas !), rien contre l’humour. C’est pourquoi je m’afflige de ne trouver aucune trace de ces succulents produits dans la publicité Axe. En conséquence, qu’il s’agisse de mettre ou de se faire mettre, je choisirai encore de m’en remettre… à d’autres maîtres !
Elise Thiébaut
A LIRE
A/ EDF, Conséquences humaines et sociales d’une privatisation,
critique de Jean-François Chalot d’un livre de Dominique Deceze
« Haute tension à EDF-GDF »
« à vendre »
de Dominique Decèze
Editions Jean-Claude Gawsewitch
275 pages
juillet 2005
18,50 €
Au moment où les services publics sont critiqués, tancés pas uniquement par des libéraux attitrés mais aussi par des personnes qui se réclament parfois de la gauche, ce livre remet les pendules à l’heure.
Cette enquête sur les conséquences de l’ouverture au marché de l’EDF-GDF qui s’appuie à la fois sur de nombreux rapports officiels et à la fois sur des témoignages montre les conséquences pour le personnel, leur moral et leur santé d’une privatisation rampante, décidée aujourd’hui par les gouvernements successifs et mis en oeuvre.
Les gaziers et électriciens, hier fiers d’appartenir au service public, n’ont plus le moral...Aujourd’hui ils doivent, avec moins de personnel, faire plus...Les maladies professionnelles, les suicides, les démissions sont monnaie courante, résultats d’une nouvelle logique, d’un « management » tourné vers la rentabilisation....
Hier, les contacts avec le public étaient personnalisés, l’accueil constituant une fonction essentielle pour l’EDF GDF...Ce temps là est révolu, le nombre de points contacts est limité, les opérateurs téléphoniques doivent répondre vite, ce qui se fait au détriment de la qualité du service.
La vente, la recherche de nouveaux marchés, c’est la culture entreprise privée qui change les habitudes et les comportements.
« L’autre fois, en réunion, l’un de nos chefs nous parlait d’ouverture à la concurrence et du marché de l’électricité. Quand on lui a parlé de la misère et des gens qui ne pouvaient pas payer et qui venaient à l’agence, il nous a dit : « En 2007, c’est pas avec ces gens là, on n’en a rien à foutre, c’est pas eux qui vont nous faire vivre » !
Un excès de langage, un dérapage... dans la forme peut être de la part du chef mais pas sur le fond.
Ce témoignage d’un agent d’EDF-GDF rejoint celui d’usagers du service public, devenus des « clients. »
Certains médias parlent de privilèges des gaziers, électriciens, d’acquis que les agents veulent préserver...
Il ne faut pas confondre les privilèges qui n’existent pas et les acquis sociaux, fruit du combat syndical et contre partie d’un engagement social et humain fort.
Cet engagement reste très fort, ce qui explique la puissance de l’opposition à la privatisation.
Les exemples de liquidation des services publics effectuée dans d’autres pays européens comme la Grande Bretagne sont de réelles leçons de choses : la sécurité est bradée et certains services non rentables sont abandonnés.
La mission de service public est pour les « agents » de cet ex « service public » une priorité, ce qui motive d’ailleurs leur ressentiment et leur colère devant cette nouvelle logique libérale.
Beaucoup se rappellent avec émotion du printemps 2004 et des actions très populaires menées :
« ...des hôpitaux fournis gratuitement... Et des passages en tarif de nuit, des grèves de coupure pour non -paiement, des opérations de remise de courant à des foyers qui avaient été coupés, c’est l’action « Robin des Bois »
Cette oeuvre témoignage nous montre les enjeux humains et sociaux d’une liquidation de cette « ex entreprise de service public » et les dangers déjà perceptibles aujourd’hui pour la santé des gaziers-électriciens et surtout pour l’avenir plus qu’incertain du maintien d’ « une mission de service public » .
Ces évolutions sont inéluctables, à moins qu’une extension de la mobilisation avec la participation massive des citoyens de ce pays fasse avorter cette casse programmée.
B/ L’anticommunautarisme sélectif de Philippe de Villiers, par communautarisme.net
(Extraits) Dans la bouche du président du Conseil général de Vendée, l'anti-communautarisme devient très vite un slogan dont la cible principale, pour ne pas dire exclusive, est constituée de ces populations françaises ou résidant en France dont l'histoire personnelle les relie d'une façon ou d'une autre à la culture arabo-musulmane. Sans méconnaître le prosélytisme de prêcheurs radicaux, héritiers présomptifs des Frères musulmans ou disciples sourcilleux du prophète, ni le repli « communautaire » de quartiers-ghettos - prosélytisme et repli par ailleurs largement encouragés par de nombreux élus et la pratique de certains bailleurs sociaux, on a du mal à se résoudre à son intuition prophétique (auto-réalisatrice ?) d'une « guerre civile ethnique » qu'il conviendrait de circonvenir par des moyens militaires, ceux d'une « garde nationale » à créer.
Article complet sur www.communautarisme.net
AGENDA
MARDI 20 SEPTEMBRE
à Paris : Les tables rondes de l'UFAL sur le thème LaÏcité et droits des femmes, avec Mimouna Hadjam
d'Africa 93 et Sihem Habchi vice-présidente de Ni Putes Ni Soumises.
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)
SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2005
de 9h30 à 17 heures
RESISTANCE SOCIALE
vous invite à participer à ses " 3èmes Vendémiaires " :
" Après le 29 mai : passer de la résistance à l'offensive "
au Patronage laïque - 72 avenue Félix Faure - 75015 PARIS
(Métro : Boucicaut)
1. Construire une politique de rupture avec le libéralisme
Un code du travail renforcé avec Aurélie DEVAUX juriste à la confédération CGT
Revaloriser les salaires avec Rémi AUFRERE Syndicaliste FO, Administrateur d'organismes sociaux
Un Etat interventionniste avec Patrick QUINQUETON, secrétaire national du M.R.C.
2. Construire un instrument efficace au service du Monde du travail
Analyse de la sociologie du vote NON par Jacques COTTA, grand reporteur à France 2, initiateur de la pétition " le NON censuré dans les médias "
Débat avec des responsables politiques :
Sont annoncés :
Jacques GENEREUX, membre du Conseil National du PS, membre de la direction nationale du courant Alternative socialiste.
André DELUCHAT, animateur de la convention nationale pour une gauche républicaine, ancien responsable confédéral syndical
Gérard Mazet, Secrétaire Fédéral Parisien du PCF
Pierre LEVY, directeur de "Bastille, République, Nation"
Michel VIGNAL, Secrétaire national du MRC
SAMEDI 25 SEPTEMBRE
Forum social libertaire, Salon du livre anarchiste
Merlieux dans l'Aisne (02), à 14 heures.
Femmes, laïcité et religions. avec Pierre Cassen (Ufal), Mimouna Hadjam (Africa) et Hélène Hernandez (Fédération anarchiste).
JEUDI 29 SEPTEMBRE
18 heures
Organisée par le Comité 1905 / 2005 de Seine-Maritime
Septième initiative de l'année centenaire de la loi de 1905, il sera question des médias.
Laïcité et Médias à la Maison Pélissier de Maromme
Salle Bergerac, le Jeudi 29 septembre 18 heures.
Deux débats :
Qu'est-il advenu des ordonnances de 44 ?
par le collectif de la région rouennaise d'observation des médias
et Pierre Verbraeken ancien rédacteur en chef des Informations Dieppoises
La campagne référendaire des médias
par Arnaud Rindel
de ACRIMED (Action critique des médias) et de " Pour Lire Pas Lu " (PLPL)
VENDREDI 30 SEPTEMBRE
à la Librairie Violette Co, 102 rue de Charonne, 75011 Paris
Rencontre avec ANNE ZELINSKY-TRISTAN pour la présentation de son livre
Histoire de vivre. Mémoires d'une féministe (Calmann-Lévy)
30 SEPTEMBRE/ 1er 2 OCTOBRE
à DOURDAN, Université du Mouvement Ni putes ni Soumises
Samedi 1er Octobre, 9h00/12h00: Ateliers de formation (workshop)
1. Violences faites aux femmes: les outils de prévention
Latifa Drif : Conseillère au MFPF (planning familial) à Montpellier (Hérault)
Pierre Foldès : médecin urologue, spécialiste en chirurgie
réparatrice du clitoris pour les femmes victimes de mutilations génitales
Luc Frémiot : procureur à la Cour d'Appel de Douai
Isabelle Gilette-Faye : Sociologue et directrice du GAMS (Groupe pourl'abolition des Mutilations Sexuelles)
2. Education et formation : enjeux pour la jeunesse
Rachida Ziouche : Femmes Solidaires
Blandine Barucq : Educatrice spécialisée
Les " Sharaf heros " : collectif suédois qui lutte contre les crimes d'honneurs
Boris Seguin : président de l'association Les Engraineurs
Un représentant du CRAP- cahiers pédagogiques
Un responsable de l'association OZEP
3. Mise en réseau : les outils de solidarité et de combat
Comités locaux Comités internationaux
Ingrid Bellander-Todino : Coordinatrice du programme Daphné
Lydie Cerniglia : Responsable de Solidarité Femmes Grenoble-Isère
Colette de Troy : " Le Lobby Européen des Femmes "
12h30/13h45 : Déjeuner des parrains
14h00/17h00 : Débat N°3 : Intégration, lutte contre les discriminations et les obscurantismes, communautarisme, nouveau combat féministe, égalité des chances. : quel projet ?
Kofi Annan : Secrétaire général des Nations Unies
Nawal Saadaoui: Figure historique de la défense des droits des
Femmes en Egypte
Benjamin Stora : Historien du Maghreb
Olivier Rousselle : directeur général du FASILD : Fond d'Action et De soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations
Caroline Fourest : rédactrice en chef de la revue Prochoix
Irshad Manji : Ecrivain d'origine indienne, Musulmane mais libre
Pierre de Maret : Recteur à l'Université Libre de Bruxelles
Clarke Jocelyne : secrétaire générale de l'UFAL
Gemma Lienas Massot: Ecrivain et féministe espagnole, Rebels : ni
putas ni soumises
SAMEDI 1er OCTOBRE
Réunion-débat organisée par le groupe Sacco et Venzetti de Chelles (FA)
1bis rue Emilie à Chelles 77500
"Le XXIe siècle sera athée ou ne finira pas".
Animé par Jocelyn Bézecourt (http://www.atheisme.org), auteur d'une brochure qui vient de paraître aux éditions du Monde Libertaire : ³Antireligion : regards sur l'obscurantisme religieux et la nécessité de le combattre".
VENDREDI 7 OCTOBRE 2005
à Achères à 19.30, (Salle Bussières - 68, rue Georges Bourgoin)
Qu'est-ce qu'être laïque au 21ème siècle ?
Accueil par Thierry ROBIN, Vice-Président du PRG 78 et correspondant local du PRG à Achères
Introduction par Eddie AIT, Président du PRG 78, Conseiller Régional d'Ile-de-France
Avec la participation notamment de:
Philippe PASCAL, Secrétaire Générale de la Ligue de l'Enseignement des Yvelines
Pierre CASSEN, Secrétaire National de l'Union des Familles Laïques, Porte Parole de l'UFAL 78
Brigitte BRE-BAYLE, Présidente de la Coordination nationale Féministe et Laïque,
Sam AYACHE, Président de la Libre pensée des Yvelines
Informations : Fédération des Yvelines du PRG
contact@... - 06 88 64 25 38
VENDREDI 14 OCTOBRE
La libre Pensée des Pyrénées -Atlantiques a invité:
Michèle Vianès à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA, à Pau, sur le thème : la laïcité :égalité hommes/femmes
pour tout contact : Sophie Micoud, présidente, 05 59 62 12 99
SAMEDI 15 OCTOBRE
Organisé par l'Ufal de Carrières-sous-Poissy
Conférence aux familles de l'Ufal
Quelle réalité pour l'école publique ?
Rémi ROZIERE, Président du Conseil local de la FCPE de Carrières-sous-Poissy,
Brigitte BRE-BAYLE, Professeur des Ecoles, Membre du Bureau National de l'UFAL,
Pascal-Eric LALMY, Professeur d'Histoire et de Géographie en Collège,
Eddie AIT, Conseiller Régional d'Ile-de-France, Administrateur des lycées Le Corbusier, Charles de Gaulle et Adrienne BOLLAND de Poissy.
DIMANCHE 16 OCTOBRE
A l’invitation de l’association du Chevalier de la Barre,
5e fête de la laïcité, à Paris
Square Nader, 18e, de 14 heures à 18 heures
Sortie du funiculaire, à gauche.
JEUDI 20 OCTOBRE
Brest, à 20 heures 30
Pour le droit à la critique des religions
Avec Bernard Teper, président de l'Ufal, et Jocelyn Bézecourt, site athéisme.
Organisé par l'Ufal 29 et la Libre Pensée du Finistère, dans le cadre du centenaire de la loi de 1905.
VENDREDI 21 OCTOBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
à 18 h à la Maison de la Vie Citoyenne de Polo-Beyris, 28 av. Ursuya à Bayonne, Jo Salamero, Président de la LP nationale et Michel Eliard Sociologue à Toulouse Mirail sur le thème de la défense de la loi de 1905 et de la laïcité
MARDI 25 OCTOBRE :
Les Tables rondes de l'Ufal Paris
"Santé/ Sécu " avec Lucette Guibert rédactrice d'UFAL-Santé et membre de la Commission Santé d' ATTAC-France
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)
VENDREDI 4 NOVEMBRE A VENDÔME
au MINOTAURE pour célébrer le centenaire de la loi de 1905:
JEAN-PAUL SCOT, historien
"L'ACTUALITE DE LA LOI DE 1905"
organisée par le CVDL ( COMITE VENDÔMOIS DE DEFENSE DE LA LAICITE)
association loi 1901, secrétaire: Maryse Haslé
P.S. Jean-Paul Scot a publié en 2005 L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle
SAMEDI 5 NOVEMBRE
Assises de la Gauche Républicaine
A Otis (77)
Organisée par la CNGR
Inscriptions : CNGR, 44, rue Coriolis, 75012, Paris
www.combatrepublicain.info
DU 12 NOVEMBRE AU 28 NOVEMBRE
Célébration du centenaire de la laïcité dans les Yvelines, organisée par l'Ufal et plusieurs municipalités.
JEUDI 25 NOVEMBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
Henri PENA-RUIZ à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA à PAU, sur le thème : la laïcité, valeur du XXIe siècle
SAMEDI 10 DECEMBRE 2005
à Nantes à partir de 14 heures, amphithéatre 9 de la faculté de médecine, colloque "vers un second siècle de laïcité" organisé par le "Comité 1905-2005".
Les intervenants seront Jean Guiffan (historien nantais), Jacques Lemieux (historien ancien directeur d'écoles normales), Lucienne Gouguenheim (Nous Sommes Aussi l'Eglise), Kébir Jbil (Mouvement des Maghrébins Laïques de France), Jean Milon (universitaire militant laïque), Jacques Floch (député de Loire-Atlantique), Jacques Guyard (ancien ministre) Juan-Francisco Gonzalez Baron (association espagnole "Europa Laïca").
Pour plus de renseignement sur ce colloque, ainsi que pour découvrir les thèmes abordés lors de cette journée, consulter le www.comite1905-2005.org