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N°380 mardi 13 septembre 2005

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CHRONIQUE D’EVARISTE
Au lendemain de la fête de l'Huma
VICTOIRE LAIQUE
Nous avons gagné au Canada, par Michel Vianes
DEBAT REPUBLICAIN
Les ambiguïtés de Stéphane Pocrain et de Clémentine Autain, par Jeanne Bourdillon
AGRESSIONS CONTRE L'ECOLE PUBLIQUE ET LA LAICITE
A/ Le ministre de l'Education nationale n'a pas dérapé, il joue l'école privée contre l'école publique, communiqué de l'Ufal
B/ Le ministre écrit aux enseignants, par Pascal Polisset
C/ Robien est cohérent, lui !, par René Le Coq
D/ Lettre à Glavany, responsable PS de la laïcité, par Pierre Montagnon
E/ Saint'Egidio, une étape lyonnaise pour en finir avec la laïcité, par Mireille Popelin
LOI LAIQUE ET RENTREE SCOLAIRE
Une douzaine de cas recensés à la rentrée, par Luc Bronner
HISTOIRE
A/ Les cents jours, de Roosevelt à Villepin, par Jacques Nikonoff
B/ France et Louisiane, une longue histoire nous lie, par France Louisiane
FEMINISME
Connaître Atalante
PROCHE ORIENT
Le vrai déracinement est à Hébron, par Gédéon Levy
AGENDA


CHRONIQUE D’EVARISTE

Au lendemain de la fête de l'Huma
Malgré le mauvais temps, mais stimulée par la victoire du 29 mai, la fête de l'Huma a réussi à être le plus grand rassemblement du non de gauche depuis le 29 mai. Tous les leaders qui ont contribué à la victoire du 29 mai étaient présents. Même Laurent Fabius fut de la fête malgré une réception plutôt "jaune d'oeuf" de deux groupes de militants qui avaient préparés leur coup. Pourtant son discours fut bien apprécié après une intervention de Marie-George Buffet pour faire respecter le débat. Le manque de préparation de l'entourage fabiusien était patent. Fort heureusement, les camarades de "Pour une république sociale"(PRS), présents dans la fête avec un stand de 100m2 ont montré leur savoir faire en la circonstance. Pour la petite histoire, un haut dignitaire du PCF mettra cet incident sur le dos d'Act up et de la LCR, un dirigeant de la LCR disait quant à lui, que c'étaient des camarades communistes orthodoxes... Rien n'est simple à gauche, mais ce genre d'attitude imbécile et sectaire ne peut que réjouir ceux qui, dans l'establishment, n'ont pas pardonné à Laurent Fabius son engagement pour le non !!! Jean-François Kahn, à l'agora de l'Humanité, a fait une intervention très remarquée sur le fait que tous les éditorialistes radio et télé étaient pour le oui au TCE et que la liberté et le pluralisme d'expression mériteraient des manifestations et des actions de... grève.

Pourtant, malgré la multiplication de nombreux débats sur tous les sujets, on a quand même l'impression que le non de gauche tourne en rond tant on voit la difficulté de passer de la victoire du non au TCE à la présentation de propositions alternatives en matière économique et sociale, propositions qui seraient reprises par ceux et celles qui ont assurés la victoire du 29 mai. Sur la plan de la laïcité, il semble bien que la direction nationale du PCF ait toujours du mal à inviter des orateurs laïques pour débattre, préférant mettre en tribune uniquement des néocommunautaristes patentés. De ce point de vue, elle ne met pas en application le discours de Marie-George Buffet sur le débat contradictoire nécessaire. De même, la volonté de la direction du PCF, épousant le discours de François Hollande, de vouloir dépasser au plus vite les " divergences " apparues lors du débat sur le traité constitutionnel européen, voire même tenant des propos laissant entendre qu'il y aurait eu un " oui " antilibéral, n'augurent rien de bon quant à un débouché politique qui serait dans la continuité de la campagne du 29 mai. Une chose est l'unité sur un programme clair, autre chose est un replâtrage idéologique servant à anticiper la victoire possible de la direction Hollande au Mans, et à sauvegarder le groupe parlementaire, les municipalités et l'appareil. Marie-George Buffet a décidé que tout le monde il était beau, tout le monde il était gentil. Les communautaristes et les laïques, les partisans du " oui " et les partisans du " non ", les défenseurs des éoliennes à pédales et ceux du nucléaire, les fédéralistes et les inconditionnels de l'Etat-Nation, etc.

Pourtant, en politique, deux plus deux, cela ne fait pas toujours quatre. Quand les Français ne comprennent plus rien à un projet politique flou, quand il dit tout et son contraire, ils regardent ailleurs, c'est la grande leçon de l'explosion de Lionel Jospin et de la " gauche plurielle ", avec le résultat du 21 avril 2002. Remettre ensemble, comme si rien ne s'était passé le 29 mai, la gauche du " non " et la direction PS-Verts, c'est jeter dans les bras de Villiers, qui s'est déclaré candidat ce week-end, nombre de partisans sincères du " non " qui ne compendront plus rien au film !

Il restera de cette fête qu'elle est d'abord le fruit de l'investissement des militants du PCF. Elle est unique en France. Beaucoup de stands sont porteurs d'une culture ouvrière qui manque souvent cruellement à d'autres organisations de gauche. On peut y découvrir des chanteurs populaires parfaitement inconnus qui ont un talent qui mériterait une autre reconnaissance, comme nombre d'artistes qui se produisaient sur les différents stands militants.

Elle fut aussi un grand rendez-vous collectif qui permit à beaucoup de militants de parler de l'agenda futur des actions et manifestations et de rencontrer d'autres copains pas vus depuis longtemps ! Cela valait bien le voyage, et les kilomètres de marche à pied effectués !

Pour toute réaction, pour tous ceux qui veulent participer au rassemblement des laïques et des républicains de gauche, contacter evariste@...


VICTOIRE LAIQUE


Nous avons gagné au Canada, par Michel Vianes

Les mouvements européens, le notre en particulier, largement relayé par les médias canadiens, les centaines de messages que nous avons remis, notre entretien à l'ambassade du Canada à Paris. Tout ceci a permis aux femmes canadiennes de confession ou de filiation musulmane, d'avoir les mêmes droits que toutes les autres femmes.
Ce sont bien tous les arbitrages religieux qui sont abolis, donc c'est une immense victoire contre ceux qui veulent enfermer les femmes dans des traditions théocratiques patriarcales.

Amicalement,

Michèle Vianès Courageuse décision prise par le premier ministre de l'Ontario Dalton Mc Quinty
Pas d'arbitrage religieux
Il n'y aura plus de sharia law in Ontario
Il n'y aura plus d'arbitrage religieux en Ontario
La loi sera la même pour tous les Ontariens
Dalton Mc Quinty 11 septembre 2005


DEBAT REPUBLICAIN


Les ambiguïtés de Stéphane Pocrain et de Clémentine Autain, par Jeanne Bourdillon

La Fête de l'Humanité a été l'occasion cette année d'installer un stand PRS (Pour une République Sociale) et d'y organiser trois débats.
Le dernier, sur le thème " Quelle politique républicaine contre les discriminations ? " réunissait autour du vice-président du Conseil Général de l'Essonne, Jérôme GUEDJ (PRS), deux invités : Clémentine AUTAIN, qui s'est signalée naguère par sa signature apposée au bas du manifeste des " Indigènes de la République ", et Stéphane POCRAIN. Cela nous a valu d'entendre quelques énormités qui montrent que la laïcité a encore beaucoup de conquêtes à faire. En dehors d'empoignades autour des questions de la parité, des quotas et du droit à la différence, les deux intervenants invités se sont permis quelques affirmations surprenantes.
Stéphane POCRAIN a eu un discours quelque peu " défaitiste ", même s'il a commencé son intervention en rappelant que la gauche devait s'engager vers la victoire …Constatant l'occasion manquée par JOSPIN, il a surtout semblé penser que la République se confondait avec la Cinquième et que par conséquent on ne pouvait pas en attendre grand-chose... Il a mis en doute que la loi puisse garantir les droits et du coup, malgré sa véhémence, il a demandé le respects des droits a minima. Il a beaucoup parlé de l'égalité, mais sans paraître se souvenir qu'il s'agit, selon les " Immortels Principes de 89 ", d'égalité " en droit ". Cela a conduit à des absurdités par inversion du sens des mots : le " droit " d'être noir (et à ce compte le " droit " d'être blanc, sans doute) qui mène à l'inégalité de traitement.
L'exemple venait de lui-même : les logements squattés et incendiés des Africains du Boulevard Auriol et du Marais, mal logés parce que pauvres et noirs. La dimension urbanistique, économique et sociale concernant l'ensemble de la population laborieuse de Paris et de l'Ile-de-France lui a totalement échappé. Mais le comble a été atteint quand il a péremptoirement proclamé que la cause des femmes était à dissocier de la lutte des classes.
Clémentine AUTAIN, plus calme, et connaissant ses classiques jusqu'à nous citer une autre pensée " défaitiste ", celle de BOURDIEU, s'est empressée de prononcer le mot " communautarisme ", une bonne fois pour toutes, et de la façon la plus neutre possible. Puis elle a abordé les différents angles qui, selon elle, devaient permettre de " réaffirmer les droits et le principe de l'Egalité ", sans se demander le moins du monde si l'essor du communautarisme ne nuisait pas d'emblée à cette réaffirmation !
Un seul exemple de son approche volontariste pour lutter contre les discriminations : sa conception du fonctionnement de l'Ecole.
1/ L'Ecole (de la République) reproduit les injustices sociales.
2/ C'est parce qu'on parle trop de l'égalité des chances (un fils d'énarque a évidemment moins de chance de devenir éboueur qu'un fils d'éboueur né au Mali…)
3/ Il faut désormais se soucier de l' " égalité des résultats " !

Aïe, aïe, aïe !!!

Clémentine AUTAIN sait-elle qu'elle a plongé sans hésitation dans la LOLF ou Loi Organique des Lois de Finances, héritée de JOSPIN et mise en place au premier janvier prochain, avec toutefois une longueur d'avance pour l'Education Nationale qui l'applique dès cette rentrée ? La LOLF organise la dépense publique par le " résultat " et par la compression de la masse salariale afin d'obtenir ce " résultat " ; elle est malthusienne, anti -services publics et anti-sociale. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir que la LOLF et le nouvel évangile des " résultats " sont des armes affûtées par le libéralisme économique !
Voilà des gens qui ont fait campagne pour le NON de gauche, qui nient la valeur émancipatrice de la lutte des classes et promeuvent la dernière nouveauté au service du Capitalisme !
Heureusement que dans l'assistance, il y avait des débatteurs qui ne se sont pas laisser faire. En particulier, la Présidente de l'UFAL Paris XIII, Françoise Roche, est intervenue pour dénoncer l'amalgame entre le régime politique actuel de la France, qui n'est pas républicain, malgré son nom, et la République à construire en permanence au service de la Cité, et, pour l'heure, à reconstruire.
Evoquant JAURES dont le portrait était accroché dans le stand, elle a rappelé que l'égalité " des droits " et " en droit " exigeait plus que la démocratie : la République qui seule garantit par la loi les droits de chacun, y compris ceux des citoyens minoritaires. Que l'Ecole, instituée par la République devait permettre à tous les enfants vivant sur le territoire, nés de parents natifs ou non de ce territoire, de devenir, par l'instruction qu'ils y reçoivent, ses citoyens. Que sans la laïcité, l'égalité en droit est un vain mot car elle se fracasse sur la disparité des intérêts particuliers.
Le projet du lendemain de la victoire du NON ne doit-il pas être, en effet, de construire, grâce à l'Union des Gauches, ce que JAURES considérait comme l'aboutissement du socialisme, c'est-à-dire la République Sociale ?

Jeanne Bourdillon


AGRESSIONS CONTRE L'ECOLE PUBLIQUE ET LA LAICITE


A/ Le ministre de l'Education nationale n'a pas dérapé, il joue l'école privée contre l'école publique, communiqué de l'Ufal

Et 1, et 2, et 3 !

Le ministre de l'Education Nationale n'a pas dérapé :
il joue l'école privée contre l'école publique !


Mardi dernier, le jour de la rentrée des classes, G. de Robien s'invite dans un collège privé de Cholet et affirme qu'il n'y a qu'une Ecole, l'Ecole de la République !. Jeudi, il donne une interview à la station catholique Radio Notre-Dame et encourage la concurrence entre école privée et école publique ! Gilles de Robien, ministre en exercice de l'Education Nationale ose déclarer que " Le privé, c'est aussi l'Education nationale, l'école de la République " : du jamais entendu sous la Vème république, y compris au moment de l'adoption de la funeste loi Debré en 1959 !. Cette déclaration, loin d'être anodine, s'inscrit dans une stratégie de remise en cause de la laïcité de l'Ecole et constitue une atteinte frontale à la loi de 1905, à l'heure où la République s'apprête à fêter son centenaire. C'est une remise en cause du caractère national de l'Education, à l'heure où le communautarisme tente de supplanter l'Ecole égalitaire pour tous.

Rien n'est dû ni au hasard, ni à la maladresse, tout est voulu et programmé, pour tester la capacité de résistance des citoyens, des familles et des laïques, et ouvrir l' école à la libéralisation et à la disparité de traitement :

- Les écoles privées accueillant des enfants de communes extérieures à leur lieu d'implantation recevront des subventions de la part des communes de résidence de leurs élèves.

- Le ministre s'est fixé comme objectif qu'il y ait une " égalité des moyens entre l'école privée et l'école publique ", la première pouvant ainsi cumuler des fonds publics sans limitation pré-établie et ses fonds privés

- Le projet de transformer toutes les écoles, y compris maternelles et élémentaires en EPLE, Etablissements publics locaux d'éducation, disposant d'un projet propre ouvre la voie à la concurrence entre établissements et la fin, de fait, du caractère national de l'enseignement...Les écoles privées confessionnelles et patronales devenant des établissements parmi d'autres.

L'Union des FAmilles Laïques condamne vigoureusement les propos du ministre et combat résolument, dans l'intérêt des familles, avec les enseignants et les parents d'élèves, le démantèlement de l'Education Nationale.

Le 16 janvier 1994, un million de laïques manifestait dans l'unité contre la politique menée par M. Bayrou, qui dut finalement abandonner son projet d'extension des bases du financement des écoles privées par les collectivités territoriales.

Si la situation l' exige, les citoyens attachés à l'Ecole de la République, laïque, publique, garante de l'égalité des chances, redescendront dans la rue, comme en 1994.

Fait à Paris, le 10 septembre 2005

B/ Le ministre écrit aux enseignants, par Pascal Polisset

Malgré les effusions dignes et rassurantes de monsieur Le Ministre, habité de qualités si rares dans le monde des dirigeants politiques à savoir l'humilité, l'enthousiasme et la détermination (cette dernière exceptée, trop souvent plus proche de l'injonction que du dialogue...), personne n'aura, avec ou sans calculette, omis de faire ce simple constat : 900 000 fonctionnaires de l'Education Nationale auxquels un courrier postal est adressé représente, au plus bas coût : 0,30 centimes de timbre (l'enveloppe en faisant foi) + (au minimum) 0,10 centimes de papier (impression couleur, recto/verso), soit 0,40 centimes. Multiplions cette somme par le dit nombre d'adresses et nous trouvons en haut de la calculette mais aussi en bas de la facture : 360 000 euros, estimation à l'étiage... Soit pour les grincheux, forcément vieux et passéistes : de l'ordre de deux millions trois cent quarante mille francs ... lourds !
Ouahou ! Il apparaît évident que le message se doit d'être de qualité. A ce prix là, vues les restrictions budgétaires, le sujet se doit d'être pertinent, la nécessité absolue et le discours essentiel !
Las, force est de constater que le texte s'appuie sur la forme rhétorique de l'injonction paradoxale. Celle-ci est utilisée dans une visée psychothérapeutique dans certains états anxieux. Sont-ceux du ministre ou ceux éventuels des enseignants ? Dans " l'injonction paradoxale " décrite par V. E. Frankl en 1960 et reprise par les tenants des écoles californiennes de psychothérapie, le thérapeute prescrit à son client, avec un certain humour, de se représenter les circonstances les plus redoutables et le plus souvent invraisemblables qui sont à l'origine de ses appréhensions voire même d'essayer de les provoquer.
" Nous ressentons tous le devoir d'améliorer(...) l'accès des enfants handicapés (...), leur accueil (...) seront facilités.. " Quand ? Comment ? A plus de 27, 28 élèves en CM, où se logent les handicaps ?
" Nous ne devons pas laisser des jeunes au bord du savoir (...), les programmes personnalisés (...) seront expérimentés... " Expérimentés ! Quand le constat de l'échec scolaire apparaît de plus en plus récurrent ! Quand ce discours est tenu depuis des décennies !
(...) " Nous observons (au fait qui observe, quand nous, constatons !) tous l'importance des langues : c'est pourquoi (...) l'enseignement d'une langue étrangère sera généralisé à tous les élèves de CE2. " Quand toute monde sait que cet objectif pour les classes de CM1 et de CM2 ne peut tenter de démarrer qu'aux alentours du mois d'octobre, voire novembre, par le seul fait de la procédure de recrutement des intervenants, changés chaque année, et qui, loin de là, ne sont pas des enseignants (recours aux étudiants en stage en France) !!! Ajoutons que l'impérialisme de la langue anglo-saxonne réduit totalement le pluriel des langues à l'unique voix du marché capitaliste. Et on pourra alors observer la géométrie variable du discours ministériel.
" Pour vous accompagner dans vos missions, j'ai pour objectif que 45 000 " emplois vie scolaire " viennent doubler le nombre d'emplois aidés dans nos écoles (...) " Rappelons que le gouvernement a précédemment supprimé le budget octroyé à l'embauche de tous les aides-éducateurs et de dizaines de milliers d'intervenants qualifiés (sous financement municipal) dont le seul reproche, qu'il faut affirmer, était la précarité de ces emplois. Aujourd'hui, l'Etat recourt à des CDD de six mois, trois fois renouvelables, accentuant cet insupportable marché au provisoire, cette pure négation de la valeur, en matière d'enseignement, de la pérennité, seule garantie du progrès en matière pédagogique que tout le monde réclame : les enseignants, les parents, les personnes concernées, concentrant au final, l'intérêt de l'élève !
Mais aussi et surtout, au fait, monsieur le Ministre De Robien, quel est le produit du doublement de rien ? Sinon rien !
La lassitude qu'impose la lecture de ce type de courrier empêche que l'on puisse même se fâcher quant aux considérations d'un ci-devant, quand il appelle la République au devoir de nous manifester une reconnaissance qu'il dénie, lui et les siens et aussi les passés gouvernements dits de gauche, depuis tant et tant d'années. Surtout quand l'actualité révèle son avis en matière d'égalité de traitement du service public, qu'il a en charge en tant que ministre, avec le secteur privé plus proche de ses convictions, déclaration tonitruée sur une radio catholique intégriste parisienne le 9 septembre 2005 !
Nul doute que l'instit que je suis ne souhaite rien d'autre à ce monsieur qu'il ne " perde pas son âme " et que ce qui relève de son vrai désir, à savoir passer à autre chose grâce à un prochain remaniement ministériel, soit exaucé.
Deux fois rien mais c'est déjà pas mal.

Pascal Polisset, instituteur.

C/ Robien est cohérent, lui !, par René Le Coq

M. de Robien je vous respecte en tant qu' homme et en tant qu'élu politique. Vous êtes de droite et vous vous comportez comme un élu de droite. C'est de l'honnêteté. Vous allez visiter une école catho c'est normal, vous êtes honnête vis a vis de vos électeurs. Vous souhaitez que les écoles cathos soient mieux traitées c'est conforme aux souhaits de vos électeurs. Vous, au moins, vous êtes honnête et sincère !!! je suis obligé de dire BRAVO M. De Robien.

Par contre, je ne peux en dire autant de nos braves élus de gauche qui eux ont affirmé, juré, écrit et signé qu'ils étaient pour, non seulement la défense, mais aussi la promotion de l'Ecole Laïque . Qu'ont-ils faits nos zélus planqués et grassement entretenus ? J'ai bien dit grassement entretenus ! Si encore ils n'avaient rien fait on aurait pensé qu'ils étaient paresseux ! Hélas ils ont bougé et ils n'ont pas fini , et ils continuent et ils vont continuer !!!....Pour des raisons purement électoralistes ils ont osé sous des prétextes minables soit s'abstenir soit carrément voter de substantielles subventions aux établissements qui autrefois s'appelaient privés mais maintenant s'appellent catholiques.

Alors mesdames et messieurs les zélus de la soit-disant gauche dites nous au moins une chose : quand allez vous avoir un comportement de gauche ( c'est à dire au minimum laïque ! ) ? Quand allez vous être honnêtes vis à vis de vos électeurs , quand allez vous laisser la place à des gens non arrogants, non prétentieux,non opportunistes, et rejeter à la poubelle certains véritables clowns médiatiques qui hélas ne nous font pas rire, pour laisser la place à des gens tout simplement sincères ?.....Rassurez vous ils ne feront pas pire !!!

Je sais que ces propos ne feront pas plaisir à tout le monde .
Mais la sincérité , éventuellemnt maladroite , vaut mieux qu'un silence complice .

PS : Je ne me suis pas encombré des adresses e-mail des zélus. Merci de faire suivre .

René LE COCQ citoyen libre ....( pour l'intant ! )

D/ Lettre à Glavany, responsable PS de la laïcité, par Pierre Montagnon

Monsieur le ministre et cher Monsieur,

La loi, toute la loi, rien que la loi, déclariez- vous en décembre 2004 au journal Le Monde. Fallait-il en rire, ou bien en pleurer ? Je regrette que vous n'ayez rien répondu à ma lettre du 21 mai dans laquelle, en vue d'un débat plus que jamais nécessaire, je tentais de cerner le concept de laïcité.

En tout cas, le processus de délaïcisation de notre pays se poursuit inexorablement.

Après l'abandon aux prêtres de l'Alsace-Moselle (1918), après la loi Debré (1963) qui contraint la République " qui ne subventionne aucun culte " à régler les salaires des maîtres de l'enseignement confessionnel, après le contournement de la loi Falloux (1998), après le " renforcement de l'étude du fait religieux ", prôné par le socialiste Jack Lang, voici que Gilles de Robien (lui, parfaitement dans son rôle) demande que l'on établisse une égalité de moyens entre l'Ecole privée et l'Ecole laïque. En d'autres termes que l'on permette à une Ecole partisane d'accomplir, en son nombre d'élèves, un nouveau bond d'environ 25%, au détriment de l'Ecole de tous.les Français.

L'actuel ministre a même eu le culot de déclarer : " Le privé, c'est aussi l'école de la République. " Ainsi, la République perdrait son caractère unitaire et deviendrait une mosaïque d'écoles et de communautés ( chrétiennes, juives, musulmanes, bouddhistes, athées, etc…) Le danger que font courir au pays les amis des prêtres est gravissime.

La nécessité de descendre dans la rue est évidente. J'espère vivement que le P.S y appellera. Laisser l'initiative du mouvement aux syndicats d'enseignants serait une lâcheté, une insulte à la mémoire de Jaurès et de ses compagnons de 1905. La droite ne manquerait pas de crier au corporatisme, alors que la laïcité est bien autre chose qu'une façon d'exercer un métier. C'est le fondement même du concept français de République.

Recevez, Monsieur le ministre et cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Pierre Montagnon

E/ Saint'Egidio, une étape lyonnaise pour en finir avec la laïcité, par Mireille Popelin

L'année de la commémoration de la loi de 1905, la municipalité de lyon a choise d'aider une communauté RELIGIEUSE à organiser des rencontres pour la paix, avec 300 personnalités représentant les religions (le grand Rabbin d'Israeil, l'ayatollah Muhamad Ali Taskhiri, le Catholicos arménien, l'archevèque de Canterbury, Jean Arnold de Clermont (responsable des protestants en France), le cardinal Philippe Barbarin, etc)

Et la photo est parlante ! (Progrès du lundi 12 septembre). On y voit deux dignitaires religieux croisant leurs mains avec... Nicolas Sarkozy, représentant la République Laïque et Gérard Collomb, maire PS de Lyon.

Le ministre de l'intérieur a fait une mise au point sur "la main tendue aux fondamentalistes du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). L'ouverture et le dialogue sont BEAUCOUP plus à même d'aider les fondamentalistes à clarifier leurs positions". Car cette rencontre inter-religion avec l'ARGENT DES CONTRIBUABLES (1 million d'euros) a tous niveaux (commune, communauté urbaine, région, etc...) illustre la politique de ce gouvernement : LA LAICITE OUVERTE, aux religions, aux subventions, à l'egalité de traitement entre l'école privée, y compris CONFESSIONNELLE (propose de Gilles de Robien).

Et quelle est la réponse des syndicats enseignants à cette provocation ?

Les directions syndicales sont restées MUETTES à Lyon, contre ces subventions accordées à une communauté RELIGIEUSE avec l'argent public. C'est le résultat de LEUR politique : depuis des années, elles ont abandonné la défense de la laïcité, place à la laïcité ouverte, à la tolérance. LA LOI SUR LES SIGNES RELIGIEUX ? Elles ne l'ont pas défendue. Complaisantes même envers des mouvements soutenant des filles voilées.

Et c'est Christian Terras (revue GOLIAS) qui dans le même Progrès de ce jour explique le rôle de Sant'Egidio : nouer des liens avec des responsables religieux, y compris INTEGRISTES : ainsi en 1995, avec les islamistes égorgeurs du GIA, responsables de nombreux assassinats (y compris de chrétiens, comme Mgr Claverie) ce qui irrita le pape Jean Paul II et refroidit les bonnes relations avec cette communauté.

La présence de Nicolas Sarkozy est un symbole : Avec l'appui des socialistes de la "laicité ouverte", le gouvernement est en train d'ouvrir l'école à la libéralisation complète, les écoles confessionnelles à égalité avec l'école Publique et Laïque ! Seules la Libre Pensée du Rhône, avec l'UFAL et de nombreux laïques ont agi : - recours contre les subventions
-pétitions sur le net
- protestations, messages vocaux qui sont passés sur France 3
-messages nombreux à la presse locale
-émission à Radio Canut avec la LP et l'UFAL mercredi 14/09/2005 à 12h15

Les organisations syndicales vont-elles laisser faire ?
Le programme de démantèlement du service public a été rejeté par la majorité avec le NON au TCE.
C'est le moment de prendre l'initiative pour faire entendre ce NON, avec la lutte pour garder un service public d'éducation REPUBLICAIN ET LAIQUE !

Mireille Popelin, institutrice retraitée, UFAL Rhône


LOI LAIQUE ET RENTREE SCOLAIRE


Une douzaine de cas recensés à la rentrée, par Luc Bronner

Une semaine après la rentrée scolaire, une douzaine de cas d'élèves portant un signe religieux ostensible ont été recensés, selon nos informations, par le ministère de l'éducation nationale. Pour sa deuxième année d'application, la loi du 15 mars 2004 interdisant à l'école "les signes [manifestant] ostensiblement une appartenance religieuse" connaît ainsi une mise en oeuvre jugée "très satisfaisante" par tous les acteurs de l'éducation nationale.

Le premier jour de la rentrée de septembre 2004, le ministère avait recensé 240 signes. Sur toute l'année scolaire, il en avait comptabilisé 639, selon le bilan établi par l'inspectrice générale, Hanifa Chérifi (Le Monde du 27 août), pour le ministre de l'éducation. Ces signes religieux recensés étaient très majoritairement des voiles islamiques (626). Les établissements avaient également été confrontés à 11 turbans sikhs et 2 grandes croix. En 2003-2004, 1 465 signes religieux avaient été signalés par les écoles, collèges et lycées publics pendant l'année.

UNE LOI "MIEUX COMPRISE"

"Nous sommes revenus à des conditions ordinaires de fonctionnement des établissements scolaires. La rentrée actuelle n'a rien à voir avec celle de l'année dernière" , estime Jean-Claude Lafay, chargé du dossier laïcité au sein du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN). Contrairement à la dernière rentrée, le syndicat n'a été que très peu saisi par ses adhérents sur d'éventuelles difficultés.
"Après une année, la règle générale est maintenant connue de tout le monde. Les jeunes, qui voyaient le texte avec un sentiment d'injustice, ont pu constater que la loi n'était pas discriminatoire" , ajoute M. Lafay. Le SNPDEN considère que ce premier bilan valide le choix d'interdire les signes religieux ostensibles dans les établissements.
"Cela montre que la loi sur la laïcité est mieux comprise et qu'elle n'est pas perçue comme une loi visant telle ou telle religion" , commente Hanifa Chérifi, qui avait coordonné la cellule de veille du ministère de l'éducation nationale pendant l'année scolaire 2004-2005.
Dans son rapport d'évaluation sur la loi du 15 mars 2004, Mme Chérifi avait recommandé au ministre de l'éducation nationale de maintenir sa "vigilance" .
Sur l'ensemble de l'année scolaire 2004-2005, la plupart des signes avaient été enlevés par les élèves. Au total, 143 élèves avaient choisi de quitter leur établissement, volontairement ou après une décision du conseil de discipline, pour ne pas avoir à se conformer à la loi et aux règlements intérieurs des établissements. Parmi eux, 96 s'étaient dirigés vers l'enseignement à distance, le privé, voire des établissements à l'étranger. Les 47 autres avaient été exclus définitivement de leur établissement par les conseils de discipline. A la fin juillet, tous les recours juridiques déposés contre ces décisions, et déjà jugés, avaient été rejetés.

Luc Bronner
Article paru dans l'édition du Monde du 11.09.05


HISTOIRE


A/ Les cents jours, de Roosevelt à Villepin, par Jacques Nikonoff

http://www.france.attac.org/a5382

C'est le 8 septembre que sont venus à leur terme les cent jours annoncés par le Premier ministre, qui devaient " redonner confiance aux Français ". On se demande où Dominique Galouzeau de Villepin avait la tête quand il a lancé ce défi. Il ne pouvait pas penser à Napoléon Ier car les Cent-Jours désignent la dernière période de l'empereur, de son entrée à Paris le 20 mars 1815, à sa seconde abdication le 22 juin. Il ne pouvait pas non plus s'appuyer sur l'expérience du président des Etats-Unis, Franklin Delanoe Roosevelt (FDR) qui, en 1933, au plein milieu de la Grande Dépression, utilisa des méthodes totalement inédites pour s'attaquer au chômage - le New Deal (la nouvelle donne) - et redonner l'espoir à un pays qui n'en avait plus. FDR, en effet, n'est pas resté dans l'abstraction comme l'a fait M. de Villepin avec une notion aussi floue que la " confiance ". Roosevelt a fait preuve d'une volonté politique dont sont aujourd'hui privés nombre de nos responsables rongés par la tumeur libérale. En cent jours beaucoup pouvait être fait, l'exemple de Roosevelt en témoigne.

Le New Deal fut une véritable renaissance des Etats-Unis. Dans la mémoire collective américaine il reste gravé comme une époque mythique, l'équivalent pour la France d'un mélange de 1936, 1945 et 1968. Il a fonctionné comme une véritable " renaissance " de l'Amérique<>[i]. De nouvelles relations humaines se sont établies, plus fraternelles, plus ouvertes, plus vraies. La culture a " explosé ". Les chefs d'oeuvre littéraires - de Dos Passos à Faulkner en passant par Les Raisins de la colère de John Steinbeck - ont abondé. Plus de 3 000 artistes avaient été employés par les agences fédérales chargées de lutter contre le chômage.

Une analyse qui demeure d'actualité

En 1933, 12,8 millions d'américains sont au chômage, contre 1,6 en 1929, soit 25 % de la population active<>[ii]. Entre le crack boursier de 1929 et 1933, le revenu national baisse de moitié ; 27,5 millions d'américains n'ont plus aucun revenu ; un million de sans-abri parcourent le pays. A Washington les chômeurs et leurs familles s'agglutinent dans les incinérateurs municipaux pour se chauffer en hiver et se battent entre eux pour la nourriture qui reste dans les bennes à ordures. L'investissement privé est au plus bas. Alors qu'en 1929 salaires et profits s'élevaient à 15 milliards de dollars, ils tombent à 886 millions en 1932. Les banques sont fermées dans 22 Etats.

La cause principale de cette crise fut une véritable " orgie de spéculation boursière<>[iii] " et la faiblesse des investissements des entreprises.

Roosevelt estimait extrêmement nuisible le système alors en place des indemnités de chômage - d'ailleurs très faibles ou inexistantes - accordées aux chômeurs et aux " nécessiteux ". Laissons-le parler : " Une dépendance continue aux aides publiques induit une désintégration morale et spirituelle fondamentalement destructrice de notre fibre nationale. Donner des aides dans ces conditions est comme administrer un narcotique, un subtil destructeur de l'esprit humain. Je ne veux pas que la vitalité de notre peuple soit sapée plus longtemps par l'octroi d'aides en argent, ou en nourriture, ou par quelques heures de travail hebdomadaires à couper l'herbe, ramasser les feuilles mortes ou nettoyer les papiers gras dans les parcs. Nous devons préserver non seulement le corps des chômeurs de la destruction, mais aussi le respect qu'ils ont pour eux-mêmes, leur courage et leur détermination ".

Roosevelt propose alors un plan d'emplois publics qui va remettre au travail plusieurs millions de personnes. Son objectif est que ces emplois soient utiles à la fois à ceux qui en bénéficient directement - les anciens chômeurs - et à la nation dans son ensemble. La société ne serait plus coupée en deux entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, et entre ceux qui payent (les salariés) et ceux qui reçoivent (les chômeurs et les " indigents "). Tout le monde pourrait se rassembler dans une même volonté de redressement, dans un effort collectif national. Ces travaux publics permirent la disparition de pratiquement tous les bidonvilles, la construction de logements, l'électrification rurale, la construction de grandes infrastructures comme des autoroutes, des ponts et des aéroportsŠ

C'est comme candidat du parti démocrate à l'élection présidentielle que Roosevelt lance pour la première fois l'idée du New Deal : " Je vous promets une nouvelle donne (a new deal). C'est plus qu'une campagne politique. C'est un appel aux armes ". Une époque " sans précédent " nécessite des gestes " sans précédent<>[iv] ".

Les Cent-Jours
Le jour de sa nomination comme Président des Etats-Unis, le 4 mars 1933, il déclare : " Nous n'avons qu'une chose à craindre, c'est la crainte elle-même, la peur sans nom, irraisonnée, sans justification. Nous ne sommes pas frappés par une invasion de sauterelles (...) Notre première tâche essentielle est de remettre les gens au travail. Ce n'est pas un problème insoluble si nous y faisons face intelligemment et courageusement. Cela peut être accompli en partie par un recrutement opéré directement par l'Etat lui-même, s'attelant à la tâche comme il le ferait face à l'éclatement d'une guerre ".

Ainsi, pendant les cent jours qui suivirent son entrée à la Maison Blanche, du 4 mars au 16 juin 1933, plus de 20 lois ont remis en ordre l'économie et restauré la société<>[v]. Cette période est entrée dans l'histoire américaine sous l'appellation des Cent-Jours.

- Le 5 mars 1933 - le lendemain de son entrée à la Maison Blanche - Roosevelt ferme toutes les banques pendant 4 jours et interdit toute exportation d'or.
- Le 9, le Congrès vote une loi bancaire. En quelques jours le système financier se remet à fonctionner.
- Le 22 mars, la prohibition de l'alcool est abolie.
- Le 31 mars, le Civilian Conservation Corps est créé. Il recrute les jeunes chômeurs de 18 à 25 ans pour des travaux d'utilité collective.
- Le 10 mai est créée la célèbre Tennessee Valley Authority (TVA). Cette administration est chargée de mettre en valeur le bassin de ce fleuve (105 000 Km carrés). Des travaux gigantesques sont alors entrepris pour reboiser, électrifier, construire des barrages et des centrales électriques.
- Le 12 mai, avec le Agricultural Adjustment Act, l'Etat s'engage à verser des indemnités aux fermiers qui consentent à réduire leur production sur certains produits. Ceci a permis de faire face à l'énorme surproduction et à l'effondrement des prix qui avait atteint 50 %.
- Le même jour, la Federal Emergency Relief Administration est créée. Chargée de venir en aide aux collectivités locales, elle accorde des prêts pour tous les projets à caractère social.
- Le 16 juin, une loi décide de réduire les dettes des paysans.
- Le même jour, une nouvelle loi décide la relance de l'industrie<>[vi]Š

Pourtant le New Deal n'a pas de véritable philosophie politique et ne repose pas non plus sur une théorie économique cohérente. C'est simplement un ensemble de mesures destinées à sortir les USA de la crise, fondé sur une grande volonté politique. Une anecdote témoigne bien de cette démarche. Concernant les questions industrielles, Roosevelt avait demandé qu'un projet de loi soit élaboré. Il devait être la synthèse des opinions des économistes, des industriels et des syndicats. Pour atteindre ce but, FDR avait annoncé à la presse, sous forme de boutade, qu'il souhaitait que les gens soient enfermés dans une salle et n'en sortent qu'avec la synthèse demandée<>[vii]. La réunion eut bien lieu et dura une semaine...

Un dispositif totalement inédit

Au départ le New Deal est le lancement de travaux afin de secourir les chômeurs. C'est un outil politique et économique de lutte contre la crise des années 30. Quatre types de mesures sont prises :

1.- Un système de travaux publics, dirigés par l'Etat, et effectués par les chômeurs. Plus de 3,3 millions de chômeurs ont été employés en même temps. Le bilan est impressionnant : 100 000 Km de rues, 40 000 Km de trottoirs, 850 000 Km de routes réparés et modernisés ; 8 000 parcs créés ou rénovés ; 2 500 hôpitaux et 5 900 écoles bâtis ou améliorés ; des aqueducs et des égouts construits<>[viii]. Les salaires versés, plus élevés que l'indemnité de chômage, restaient cependant inférieurs à ceux de l'industrie privée afin d'éviter un " phénomène d'habitude ". Au total, 18 millions d'Américains sont passés par ce système.
2.- Un dispositif visant à faire redémarrer l'industrie et les embauches. Il prévoyait une organisation volontaire des branches industrielles sous la forme d'un code de concurrence loyale, la fixation de fourchettes de prix et de salaires, et la distribution de quotas de production entre fabricants. Le but était d'empêcher la spirale déflationniste. Un label - un aigle bleu autour duquel était écrit " We do our part "<>[ix] - était attribué aux entreprises qui suivaient le code<>[x]. Une campagne permanente de communication engageait les consommateurs à n'acheter qu'auprès des entreprises pouvant arborer ce label. D'abord réticentes, ce sont en fait 96 % des entreprises qui signèrent malgré tout le code. Les salariés ont désormais le droit de se syndiquer, la semaine de travail est ramenée partout à 36 heures contre 38 à 45 avant. Au total, 1,7 millions d'emplois " économiques " sont créés. Le travail des enfants est supprimé, les salaires minima s'appliquent tant aux Blancs qu'aux Noirs.
3.- Une politique de versement de crédits aux Etats, collectivités locales et entreprises est décidée<>[xi]. Ceux-ci avaient la charge de les utiliser dans des travaux publics ou pour accorder des aides aux " nécessiteux ". Son but était, comme on disait alors, " d'amorcer la pompe " et de stimuler l'économie par l'injection de crédits fédéraux.
4.- Des mesures particulières pour les jeunes de 18 à 25 ans. Il s'agissait de travaux d'utilité publique comme la construction de routes et de ponts, le reboisement, la lutte contre l'érosion des sols, l'entretien et le développement de parcs nationaux. Ces jeunes - les filles n'étaient pas admises - étaient groupés dans des camps organisés militairement et encadrés par des officiers. Grâce à des cours du soir, beaucoup sortiront avec un métier. Deux millions de jeunes ont travaillé dans ces camps, de 1933 jusqu'à leur fermeture en 1941.

L'échec relatif du New Deal

L'échec relatif du New Deal - on considère généralement que ce plan a échoué - ne remet pas en cause son caractère exemplaire. Si le chômage diminue, passant de 12 millions en 1933 à 9 millions en 1936 et 7,7 millions en 1937, la crise redémarre en 1938-1939. Le chômage remonte à 10,4 millions et revient à 9,5 en 1939<>[xii]. En fait, l'économie américaine ne sera sauvée que par la guerre en Europe.

Plusieurs reproches sont formulés au New Deal :

1.- L'absence de relance par la consommation. Au début, l'augmentation de la production arrête la déflation et fait remonter les prix, lesquels, compte-tenu du faible pouvoir d'achat des gens, ne permirent pas la poursuite de la relance économique. L'Etat aurait dû montrer l'exemple en fixant un salaire minimum et en augmentant le traitement des fonctionnaires.
2.- Des obstacles légaux. La Cour suprême des Etats-Unis, à majorité conservatrice, déclara inconstitutionnelles plusieurs lois du New Deal, entraînant Roosevelt dans une lutte et un débat qui l'éloignèrent des problèmes concrets et le firent dévier des objectifs initiaux. L'offensive conservatrice des membres de la Cour suprême sema le doute dans les esprits. Viscéralement attachés à leur Constitution, les Américains se mirent à douter du bien fondé du New Deal.
3.- Une très grande lenteur à traiter les dossiers de financement et à évaluer les projets. La médiocrité traditionnelle de l'appareil d'Etat américain, l'absence de sens du service public et de l'intérêt général chez beaucoup de fonctionnaires, coûtèrent cher à Roosevelt. La crainte, l'hésitation à mobiliser les fonctionnaires et les citoyens tua le souffle du départ.
4.- Une profonde méfiance des entreprises qui se sont senties agressées. Des valeurs et des critères comme la conception du droit des entreprises, du droit de propriété, du rôle de l'Etat étaient questionnés, remis en cause, critiqués. Les entreprises ont eu peur. On leur demandait de surcroît de reconnaître les syndicats. Les entreprises considérèrent le remède pire que le mal. Alors que les crédits fédéraux avaient précisément pour objet d'aider les entreprises, celles-ci jugèrent le dispositif comme les menaçant.
5.- Des travaux dont l'utilité fut parfois sévèrement remise en cause. Parce que ce système se développa en dehors d'une véritable mobilisation de la nation, que sa mise en oeuvre était purement technocratique (c'est un Général qui coordonnait l'action), que la démocratie et la concertation à la base étaient totalement absentes, des comportements bureaucratiques se sont évidemment développés.
6.- Un favoritisme et une corruption importants. Là encore, l'absence de décentralisation, de transparence et de mobilisation a permis de nombreux détournements de fonds, jetant la suspicion sur l'ensemble du dispositif.
7.- L'insuffisance d'investissements publics et privés nécessaires pour instaurer le plein emploi. Le programme d'investissements ne fut jamais mis au niveau qui aurait été nécessaire. Le New Deal reposait sur deux piliers. Le premier, à court terme, visait à créer des emplois publics pour remettre les chômeurs au travail. Le second pilier, quant à lui, devait permettre le basculement des personnes en emploi public vers l'emploi marchand, grâce à la relance économique. Or ce deuxième pilier a été insuffisant.
8.- Une trop grande concentration des chômeurs dans les institutions mises en place. Ils représentaient en effet 90 % des effectifs. Cela posa des problèmes d'encadrement, de productivité et de rentabilité des projets. Non seulement les chômeurs, en restant entre eux, ne furent pas " socialisés ", mais ils ne suivirent aucune formation. " L'ardeur au travail " était loin d'être la règle générale. Peu à peu, l'extraordinaire espoir du début se fissura.

Mais cet échec fut prometteur. Cette expérience a montré, pour la première fois au monde (après les ateliers nationaux de la Révolution de 1848 en France), qu'on pouvait prendre des mesures de nature politique pour s'attaquer au chômage. L'esprit des Américains est encore plein de cette époque<>[xiii].

Si M. de Villepin, après Napoléon Ier et Franklin Roosevelt veut associer son nom aux Cent-Jours et entrer dans l'Histoire, il lui reste beaucoup de chemin à parcourir. Ce n'est pas par la fuite en avant dans les politiques néolibérales qu'il y parviendra. C'est au contraire par un changement radical de politique, à l'image du New Deal qui devait être théorise par Keynes et donner le keynésianisme, que l'on pourra réellement mettre fin au chômage et à la précarité.

Article publié par Jacques Nikonoff, président d'Attac-France, sur le site Internet de La sociale (http://www.la-sociale.net).

[i] André Kaspi, Les Américains, Seuil, 1986, p. 290.
[ii] André Kaspi, op. cit., p. 290.
[iii] André Kaspi, op. cit., p. 291.
[iv] André Kaspi, Discours d'acceptation à la convention démocrate, Chicago 1932, in Les Américains, p. 305.
[v] Claude Fohlen, L'Amérique de Roosevelt, Imprimerie Nationale, 1982.
[vi] André Kaspi, op. cit., p. 314 à 321.
[vii] André Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988.
[viii] Denise Artaud, L'Amérique en crise, Armand Colin, 1987.
[ix] Il est possible de traduire par : "Nous avons fait notre part" ou "Nous avons fait notre devoir".
[x] Denise Artaud, op. cit.
[xi] Forrest McDonald, The United States in the 20th Century, Addison-Wesley, 1968.
[xii] André Kaspi, Les Américains, op. cit. p. 319.
[xiii] Cabell Philipps, "From the Crash to the Blitz", The New York Times, 1969.


B/ France et Louisiane, une longue histoire nous lie, par France Louisiane

1605
La Cadie, plus tard l'Acadie, est fondé par les Français en ce qui est asteur la Nouvelle-Écosse, ainsi que des morceaux du Nouveau-Brunswick, l'Ile de Prince-Édouard et l'État du Maine. 1682 Robert Cavelier de la Salle réclame la Louisiane pour la France. 1699 Première colonie française permanente en Louisiane est établie à Biloxi. 1713 L'Acadie est cédée à la Grande Bretagne d'après les termes du Traité d`Utrecht. 1718 La ville de la Nouvelle-Orléans est fondée. 1719 Premières arrivées esclaves africains asservis à la Nouvelle-Orléans. Ils sont déportés ici pour travailler dans les champs de riz, d'indigo et de cannes. Ce sont des femmes et des hommes surtout du Dahomey (aujoud'hui le Bénin) et du Sénégal.

1755
Le Gouverneur anglais Charles Lawrence ordonne la déportation des Acadiens. La Cadie devient la Nouvelle-Écosse, c'est ce qu'on appele le "grand dérangement". 1762 La France cède la Louisiane à l`Espagne. 1764 Première arrivée documentée des Acadiens en Louisiane. 1785 Les dernières migrations : sept bateaux de presque 1,600 Acadiens arrivent à la Nouvelle-Orléans. 1789 Les immigrants français arrivent par vagues en Louisiane après la Révolution Française. 1791 Une révolte des esclaves en Haïti fait venir plus de 10,000 Créoles d'origine française en Louisiane. 1800 L`Espagne cède la Louisiane à la France. 1803 Napoléon Bonaparte vend la Louisiane aux Etats-Unis pour $15 million. 1808 Le premier code civil louisianais est adopté par la législature. 1812 La Louisiane devient un état des États-Unis. 1860 La Guerre des Confédérés laisse la Louisiane en ruine. Le Général nordiste Butler désire punir les Louisiana pour s`être alliés avec les États Confédérés en interdisant l`utilisation du français dans les activités publiques. 1915 La suppression de la langue française dans les écoles par le Comité d`Éducation de l'état. Les enfants sont punis quand ils parlent français. 1921 La Constitution Louisianaise interdit l'usage de nul autre langue que l`anglais. 1927 Président Coolidge visite une Louisiane dévastée (déjà) par l`Eau Haute de 27. 1955 Bicentenaire du Grand Dérangement. 1968 Création du CODOFIL par un sénateur francophone pour préserver la francophonie. 1969 L'arrivée des premiers enseignants français et québécois. 1971 On recommence à enseigner le français dans les écoles élémentaires en Louisiane. Élection du premier gouverneur francophone du vingtième siècle, Edwin Edwards. 1975 France-Louisiane est créé en France pour aider à promouvoir et protéger le français en Louisiane. 1976 Publication du premier livre en français cadien, " Lâche pas la patate " de Revon Reed. L'arrivée des premiers enseignants belges. 1980 Dans le procès James Roach contre Dresser Industries, Valve and Industries Division, le juge fédéral Hunter déclare les Cadiens une minorité protegée par l`Acte de Droit Civil de 1964. L'Association Louisianaise des Clubs de Français des Écoles Secondaires (ALCFES) est née.

1984
Les premiers accords entre la Louisiane et la Communauté française de Belgique sont signés. 1990 Le recensement déclare que 668.271 Acadiens/Cadiens habitent aux Etats-Unis; 61 pourcent habite en Louisiane. Il dit aussi qu'il y a 262,000 Francophones en Louisiane, le plus grand nombre des Etats-Unis. L`arrivée du premier enseignant africain de la Côte d`Ivoire. 1991 L'arrivée des premiers enseignants acadiens. 1994 L'Université de Louisiane à Lafayette commence le premier programme de doctorat en Études Francophones en Amérique du Nord. 1997 Pour la première fois, la Louisiane participe dans le Sommet de la Francophonie au Vietnam en tant qu'observateur. 1998 L'Université de l`État de Louisiane commence un programme d`Études de français cadien. Le dictionnaire créole est publié. 1999 La FrancoFête célèbre trois cent ans de l'héritage français en Louisiane. 2000 L`arrivée des premiers enseignants haïtiens. La création de la première section francophone du barreau louisianais. 2001 La maison d'édition Pelican Publishing avec le Consortium CODOFIL des collèges et universités louisianais publie Tante Cydette, le premier livre dans une série (Classiques Pélicans) de littérature française louisianaise du 19ième siècle. 2003 Bicentennaire de la Vente de Louisiane. La création des Éditions Tintamarre, une maison d`édition francophone, à Centenary College. 2004 3ième Congrès Mondial Acadien a lieu en Nouvelle-Écosse, le berceau de l'Acadie.

Devant le drame qui frappe la Louisiane et ses populations, l'association FRANCE-LOUISIANE FRANCO-AMERICANIE a décidé de faire appel à la générosité des Français envers cet Etat américain qui nous est proche de par son histoire et sa langue.
Un compte spécial intitulé: "Pour les défavorisés de la Louisiane", a été ouvert.
Merci d'envoyer vos dons à l'adresse suivante:

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FEMINISME


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1) "Toutes et Tous ensemble pour les droits des femmes "
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2 ) " les Femmes prennent la Bastille "
2000 , VHS 15 mn , couleur , 12 euros

3 ) " Sans - Papières : des papiers et tous nos droits ! "
2000 , VHS 52 mn , couleur , 20 euros

4 ) " AFGHANISTAN : Manifestation à PARIS pour les droits des femmes , pour la paix et la démocratie "
2001 , VHS , couleur , 18 mn , 12 euros

5 ) " 1995 - 2001 : Femmes : Résistances , Combats , Solidarités "
2002 , VHS 18 mn , couleur , 12 euros

6 ) "Le Mouvement de Libération des Femmes en France : 1970 - 2004 "
2004 , couleur , 34 mn , en VHS : 30 euros , en DVD : 36 euros

7 ) " La Marche Mondiale des Femmes à Marseille : 28 et 29 Mai 2005 "
2005 , couleur , 18 mn , en VHS : 15 euros , en DVD : 18 euros

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PROCHE ORIENT


Le vrai déracinement est à Hébron, par Gédéon Levy

Ha'aretz, 11 septembre 2005

Tant que les exactions des colons continuent à Hebron, Israël ne pourra pas être considéré comme une démocratie ou un Etat de droit. Un Etat est jugé en fonction de ce qui se passe dans son arrière-cour, et dans le cas de la "Ville des Patriarches", cette cour est particulièrement sombre. Ce dont il est question n'est pas un sujet lié à l'existence ou à la non-existence d'une colonie en particulier, mais du caractère du régime en Israël. Cet abcès doit être retiré immédiatement, sans conditions préalables, avant que la tumeur ne s'étende.

Ce qui se passe à Hebron n'est comparable à rien d'autre dans les territoires occupés. C'est à Hebron que sont perpétrées les plus graves exactions de l'entreprise de colonisation. Alors que les colons pleurent leur "déracinement" du Goush Katif et que les chevaliers à la larme facile prêchent la réconciliation et l'empathie pour leur souffrance, l'expulsion de Palestiniens de Hebron se poursuit à un rythme alarmant. Il ne peut y avoir avec eux aucune réconciliation, eux qui sont les rejetons de l'entreprise de colonisation, et qui traitent ainsi leurs voisins. Quiconque en appelle à la compassion pour les colons évacués de Gaza mais reste silencieux quand il s'agit des actions des colons de Hebron manifeste une curieuse conception de la morale.

Pourtant, ce n'est pas le comportement brutal des colons qui devrait déclencher une tempête, mais bien celui d'un Etat qui ne fait rien pour les arrêter et qui leur prête même assistance. On parle aujourd'hui d'anarchie à Gaza? Mais, à Hebron, l'anarchie règne sous les yeux (qui regardent ailleurs) d'un Etat qui possède pourtant des moyens très sophistiqués de faire respecter la loi. On souligne aujourd'hui la tragédie qu'il y a à expulser des gens de leurs maisons du Goush Katif? Mais les expulsions à Hebron sont incomparablement plus cruelles. Le nombre d'expulsés est bien plus important, et ils n'ont plus rien. Personne ne se soucie de leur souffrance à eux.

Il est un peu difficile de croire que la situation à Hebron soit cachée des yeux de la plupart des Israéliens, et qu'elle ne bouleverse pas Israël. Depuis 5 ans, environ 25.000 habitants ont été transférés de leurs maisons, à moins d'une heure de voiture de Jérusalem. Le harcèlement quotidien continue, sous les auspices de Tsahal et de la police, et ignoré des médias. Ce harcèlement a pour but d'expulser les habitants qui y demeurent encore d'une zone qui comptait, jusque récemment, 35.000 Palestiniens et 500 Juifs.

Qui n'a pas visité la ville ces dernières années n'en croirait pas ses yeux. Dans le territoire contrôlé par Israël ("H2", ou territoire israélien, d'après l'accord sur Hebron), on découvrira une ville fantôme. Des centaines de maisons abandonnées, comme après une guerre, des dizaines de magasins dévastés, brûlés ou détruits, leurs portes scellées par les colons, et, partout, un silence de mort. D'après des chiffres officieux, il n'y a plus dans cet endroit que 10.000 habitants. Les autres ont fui leurs maisons et leurs biens, incapables de supporter plus longtemps le harcèlement des colons et de leurs enfants. Voilà le grand désengagement de ces dernières années. Voilà la véritable expulsion.

Tous les jours, les colons tourmentent leurs voisins. Pour un enfant palestinien, aller à pied à l'école est devenu un voyage dans le harcèlement et dans la peur. Pour une femme palestinienne, aller faire ses courses à l'extérieur est devenu un voyage dans l'humiliation. Les enfants des colons donnent des coups de pied aux femmes qui portent des paniers, les colons excitent leurs chiens sur les vieux, on jette des détritus et des excréments dans les cours des Palestiniens, on bloque l'entrée de leurs maisons avec de vieux métaux, on jette des pierres aux passants : tout cela est de la routine. Des centaines de soldats et de policiers assistent à ces exactions sans rien faire. A l'occasion, ils échangent des plaisanteries avec les colons, mais se mettent rarement en travers de leur chemin. Si un habitant tente de porter plainte à la police, sa plainte sera rejetée sous des prétextes les plus divers. Même quand il y a une chasse à l'homme, avec des centaines de colons (comme cela a été le cas quand, il y a 4 mois, des centaines de colons ont pénétré dans la maison du Dr Tayser Zahadi à Tel Roumeida et détruit tout ce qui leur tombait sous la main), les forces de sécurité sont restées à l'écart sans intervenir. Cette émeute a été enregistrée sur une cassette vidéo, mais personne n'a pensé à la diffuser sur la télévision israélienne.

Dans le quartier de Tel Roumeida, où ne demeurent que 10% des habitants palestiniens d'origine (50 familles sur 500), cette situation prend des proportions monstrueuses. Les habitants marchent en rasant les murs et chuchotent. Les enfants rentrent chez eux en courant, on se déplace de maison en maison par des échelles. Une vie de ghetto, et tout cela à cause d'une poignée d'émeutiers qui vivent au-dessus d'eux, en haut du quartier.

Ils ont fini par réussir. La violence des colons a fait ses preuves, et Hebron se "judaïse", ou plus exactement, elle se vide de ses habitants. 500 colons violents ont montré qu'ils avaient le pouvoir d'expulser des dizaines de milliers de leurs voisins, avec l'aide de l'Etat. Personne, au Conseil représentatif des colons (Yesha) ne s'est élevé contre ce phénomène, ce qui fait du Yesha un complice du crime. Yitzhak Rabin a commis une terrible erreur en n'ayant pas le courage de démanteler la colonie après le massacre au Caveau des Patriarches [en 1994, par Baroukh Goldstein], et cette erreur continue à produire ses fruits pourris. Depuis cette date, chaque jour qui passe alors que cette colonie de sauvages à Hebron continue à exister est un jour de honte pour l'Etat d'Israël.

par Gideon Levy
Trad. : Gérard pour LPM (1)


(1) Gideon Levy utilise plusieurs fois le mot "pogrom". Or, si les exactions des colons de Hebron sont parfaitement odieuses, il me semble que ce mot de "pogrom" est abusif, car il n'est pas question de massacres. Je me permets donc, en tant que "traducteur/traître", de le remplacer par d'autres, comme "exaction". (ndt)

AGENDA

MARDI 20 SEPTEMBRE
à Paris : Les tables rondes de l'UFAL sur le thème LaÏcité et droits des femmes, avec Mimouna Hadjam
d'Africa 93 et Sihem Habchi vice-présidente de Ni Putes Ni Soumises.
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)

SAMEDI 24 SEPTEMBRE 2005
de 9h30 à 17 heures
RESISTANCE SOCIALE
vous invite à participer à ses " 3èmes Vendémiaires " :
" Après le 29 mai : passer de la résistance à l'offensive "
au Patronage laïque - 72 avenue Félix Faure - 75015 PARIS
(Métro : Boucicaut)
1. Construire une politique de rupture avec le libéralisme
Un code du travail renforcé avec Aurélie DEVAUX juriste à la confédération CGT
Revaloriser les salaires avec Rémi AUFRERE Syndicaliste FO, Administrateur d'organismes sociaux
Un Etat interventionniste avec Patrick QUINQUETON, secrétaire national du M.R.C.
2. Construire un instrument efficace au service du Monde du travail
Analyse de la sociologie du vote NON par Jacques COTTA, grand reporteur à France 2, initiateur de la pétition " le NON censuré dans les médias "
Débat avec des responsables politiques :
Sont annoncés :
Jacques GENEREUX, membre du Conseil National du PS, membre de la direction nationale du courant Alternative socialiste.
André DELUCHAT, animateur de la convention nationale pour une gauche républicaine, ancien responsable confédéral syndical
Gérard Mazet, Secrétaire Fédéral Parisien du PCF
Pierre LEVY, directeur de "Bastille, République, Nation"
Michel VIGNAL, Secrétaire national du MRC

SAMEDI 25 SEPTEMBRE
Forum social libertaire, Salon du livre anarchiste
Merlieux dans l'Aisne (02), à 14 heures.
Femmes, laïcité et religions. avec Pierre Cassen (Ufal), Mimouna Hadjam (Africa) et Hélène Hernandez (Fédération anarchiste).

JEUDI 29 SEPTEMBRE
18 heures Organisée par le Comité 1905 / 2005 de Seine-Maritime
Septième initiative de l'année centenaire de la loi de 1905, il sera question des médias.
Laïcité et Médias à la Maison Pélissier de Maromme
Salle Bergerac, le Jeudi 29 septembre 18 heures.
Deux débats :
Qu'est-il advenu des ordonnances de 44 ?
par le collectif de la région rouennaise d'observation des médias
et Pierre Verbraeken ancien rédacteur en chef des Informations Dieppoises
La campagne référendaire des médias
par Arnaud Rindel
de ACRIMED (Action critique des médias) et de " Pour Lire Pas Lu " (PLPL)

VENDREDI 30 SEPTEMBRE
à la Librairie Violette Co, 102 rue de Charonne, 75011 Paris
Rencontre avec ANNE ZELINSKY-TRISTAN pour la présentation de son livre
Histoire de vivre. Mémoires d'une féministe (Calmann-Lévy)

30 SEPTEMBRE/ 1er 2 OCTOBRE
à DOURDAN, Université du Mouvement Ni putes ni Soumises
Samedi 1er Octobre, 9h00/12h00: Ateliers de formation (workshop)
1. Violences faites aux femmes: les outils de prévention
Latifa Drif : Conseillère au MFPF (planning familial) à Montpellier (Hérault)
Pierre Foldès : médecin urologue, spécialiste en chirurgie réparatrice du clitoris pour les femmes victimes de mutilations génitales
Luc Frémiot : procureur à la Cour d'Appel de Douai
Isabelle Gilette-Faye : Sociologue et directrice du GAMS (Groupe pourl'abolition des Mutilations Sexuelles)
2. Education et formation : enjeux pour la jeunesse
Rachida Ziouche : Femmes Solidaires
Blandine Barucq : Educatrice spécialisée
Les " Sharaf heros " : collectif suédois qui lutte contre les crimes d'honneurs
Boris Seguin : président de l'association Les Engraineurs
Un représentant du CRAP- cahiers pédagogiques
Un responsable de l'association OZEP
3. Mise en réseau : les outils de solidarité et de combat
Comités locaux Comités internationaux
Ingrid Bellander-Todino : Coordinatrice du programme Daphné
Lydie Cerniglia : Responsable de Solidarité Femmes Grenoble-Isère
Colette de Troy : " Le Lobby Européen des Femmes "
12h30/13h45 : Déjeuner des parrains
14h00/17h00 : Débat N°3 : Intégration, lutte contre les discriminations et les obscurantismes, communautarisme, nouveau combat féministe, égalité des chances. : quel projet ?
Kofi Annan : Secrétaire général des Nations Unies
Nawal Saadaoui: Figure historique de la défense des droits des Femmes en Egypte
Benjamin Stora : Historien du Maghreb
Olivier Rousselle : directeur général du FASILD : Fond d'Action et De soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations
Caroline Fourest : rédactrice en chef de la revue Prochoix
Irshad Manji : Ecrivain d'origine indienne, Musulmane mais libre
Pierre de Maret : Recteur à l'Université Libre de Bruxelles
Clarke Jocelyne : secrétaire générale de l'UFAL
Gemma Lienas Massot: Ecrivain et féministe espagnole, Rebels : ni putas ni soumises

SAMEDI 1er OCTOBRE
Réunion-débat organisée par le groupe Sacco et Venzetti de Chelles (FA)
1bis rue Emilie à Chelles 77500
"Le XXIe siècle sera athée ou ne finira pas".
Animé par Jocelyn Bézecourt (http://www.atheisme.org), auteur d'une brochure qui vient de paraître aux éditions du Monde Libertaire : ³Antireligion : regards sur l'obscurantisme religieux et la nécessité de le combattre".

VENDREDI 7 OCTOBRE 2005
à Achères à 19.30, (Salle Bussières - 68, rue Georges Bourgoin)
Qu'est-ce qu'être laïque au 21ème siècle ?
Accueil par Thierry ROBIN, Vice-Président du PRG 78 et correspondant local du PRG à Achères
Introduction par Eddie AIT, Président du PRG 78, Conseiller Régional d'Ile-de-France
Avec la participation notamment de:
Philippe PASCAL, Secrétaire Générale de la Ligue de l'Enseignement des Yvelines
Pierre CASSEN, Secrétaire National de l'Union des Familles Laïques, Porte Parole de l'UFAL 78
Brigitte BRE-BAYLE, Présidente de la Coordination nationale Féministe et Laïque,
Sam AYACHE, Président de la Libre pensée des Yvelines
Informations : Fédération des Yvelines du PRG
contact@... - 06 88 64 25 38

VENDREDI 14 OCTOBRE
La libre Pensée des Pyrénées -Atlantiques a invité:
Michèle Vianès à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA, à Pau, sur le thème : la laïcité :égalité hommes/femmes
pour tout contact : Sophie Micoud, présidente, 05 59 62 12 99

SAMEDI 15 OCTOBRE
Organisé par l'Ufal de Carrières-sous-Poissy
Conférence aux familles de l'Ufal
Quelle réalité pour l'école publique ?
Rémi ROZIERE, Président du Conseil local de la FCPE de Carrières-sous-Poissy,
Brigitte BRE-BAYLE, Professeur des Ecoles, Membre du Bureau National de l'UFAL,
Pascal-Eric LALMY, Professeur d'Histoire et de Géographie en Collège,
Eddie AIT, Conseiller Régional d'Ile-de-France, Administrateur des lycées Le Corbusier, Charles de Gaulle et Adrienne BOLLAND de Poissy.

JEUDI 20 OCTOBRE
Brest, à 20 heures 30
Pour le droit à la critique des religions
Avec Bernard Teper, président de l'Ufal, et Jocelyn Bézecourt, site athéisme.
Organisé par l'Ufal 29 et la Libre Pensée du Finistère, dans le cadre du centenaire de la loi de 1905.

VENDREDI 21 OCTOBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
à 18 h à la Maison de la Vie Citoyenne de Polo-Beyris, 28 av. Ursuya à Bayonne, Jo Salamero, Président de la LP nationale et Michel Eliard Sociologue à Toulouse Mirail sur le thème de la défense de la loi de 1905 et de la laïcité

MARDI 25 OCTOBRE :
Les Tables rondes de l'Ufal Paris "Santé/ Sécu " avec Lucette Guibert rédactrice d'UFAL-Santé et membre de la Commission Santé d' ATTAC-France
au café le Progrès angle situé 1 rue de Bretagne (angle rue de Bretagne et de la rue Vieille du Temple) Paris 3ème
métro Filles du Calvaire (près du cirque d'hiver)
VENDREDI 4 NOVEMBRE A VENDÔME
au MINOTAURE pour célébrer le centenaire de la loi de 1905:
JEAN-PAUL SCOT, historien
"L'ACTUALITE DE LA LOI DE 1905"
organisée par le CVDL ( COMITE VENDÔMOIS DE DEFENSE DE LA LAICITE)
association loi 1901, secrétaire: Maryse Haslé
P.S. Jean-Paul Scot a publié en 2005 L'Etat chez lui, l'Eglise chez elle

SAMEDI 5 NOVEMBRE
Assises de la Gauche Républicaine
A Otis (77)
Organisée par la CNGR
Inscriptions : CNGR, 44, rue Coriolis, 75012, Paris
www.combatrepublicain.info

DU 12 NOVEMBRE AU 28 NOVEMBRE
Célébration du centenaire de la laïcité dans les Yvelines, organisée par l'Ufal et plusieurs municipalités.

JEUDI 25 NOVEMBRE
Organisé par la Libre Pensée 64
Henri PENA-RUIZ à l'amphi A de l'UFR des sciences et techniques de l'UPPA à PAU, sur le thème : la laïcité, valeur du XXIe siècle

SAMEDI 10 DECEMBRE 2005
à Nantes à partir de 14 heures, amphithéatre 9 de la faculté de médecine, colloque "vers un second siècle de laïcité" organisé par le "Comité 1905-2005".
Les intervenants seront Jean Guiffan (historien nantais), Jacques Lemieux (historien ancien directeur d'écoles normales), Lucienne Gouguenheim (Nous Sommes Aussi l'Eglise), Kébir Jbil (Mouvement des Maghrébins Laïques de France), Jean Milon (universitaire militant laïque), Jacques Floch (député de Loire-Atlantique), Jacques Guyard (ancien ministre) Juan-Francisco Gonzalez Baron (association espagnole "Europa Laïca").
Pour plus de renseignement sur ce colloque, ainsi que pour découvrir les thèmes abordés lors de cette journée, consulter le www.comite1905-2005.org

ReSPUBLICA est édité par l'association: "Les Amis de ReSPUBLICA", 27 rue de la Réunion, 75020 PARIS

Courriel: respublica@...
Site: http://www.gaucherepublicaine.org
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Mardi 13. Septembre 2005  21:44

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