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ReSPUBLICA N°318
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Paru le 17 décembre 2004
**********************************************************************

LE JOURNAL DE LA GAUCHE REPUBLICAINE, LAÏQUE, ECOLOGIQUE ET SOCIALE

"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire; c'est de ne
pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire
écho..."

Jean Jaurès

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SOMMAIRE
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1- CHRONIQUE D'EVARISTE
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Carlyle contre Otor, un exemple de prédation économique d'un fonds
spéculatif américain

2- FRANCE
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NON DE GAUCHE A LA CONTITUTION EUROPENNE
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A/ Le mot laïcité n'apparaît pas dans le texte, par Joëlle Dupuy,
enseignante et communiste
B/ Osons un « non » européen, par Bernard Wesphaël, député belge
écologiste
C/ Exigeons le droit d'initiative populaire, par le CNGR

EUROPE ET TURQUIE
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A/ Non à cette Turquie au sein de l'Europe, par Hubert Sage

LES LAIQUES SUR LE TERRAIN
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A/ Construire l'unité des laïques, par Jean-François Chalot
B/ Compte rendu réunion Ufal 75 sur le centenaire de la loi de 1905,
par Olivier Bouchard
C/ Motion laïcité, par le Snes de la Réunion
D/ Rejet du financement des JMJ par le Parlement européen, par le CAL
Belgique

LIBERALISME VERSION RAFFARIN
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A/ Le BIP 40 atteint un nouveau record

ISLAMISME ET ALTERMONDIALISME
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A/ Lettre à Pierre Khalfa, par Jean-Paul Damaggio

ANTIFASCISME
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La diffusion d'Al-Manar était incompatible avec la démocratie, par
SOS Racisme

A VOIR
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A/ Tabou, film iranien de Mitra Farahani, critique de Mireille Popelin



1- CHRONIQUE D'EVARISTE
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Carlyle contre Otor, un exemple de prédation économique d'un fonds
spéculatif américain
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Dans le coin gauche aux couleurs rouge et noir, nous avons un
industriel spécialiste du carton ondulé, 3000 salariés, numéro 2
européen : le groupe Otor. Dans le coin droit (et vraiment à droite),
nous avons un fonds spéculatif US proche de la Maison Blanche
républicaine, aux filiales off-shore, qui pèse 16 milliards de
dollars : le Carlyle Group. Mettez-les ensemble sur le ring et voyez
ce qui en sort, ou plutôt qui s'en sort…

Le Carlyle Group : sous le signe de la pieuvre
Le Carlyle Group est un fonds d'investissement américain qui était
dirigé jusqu'en janvier 2003 par Franck Carlucci, ancien Secrétaire
d'Etat à la Défense sous Ronald Reagan et ancien patron de la CIA.
Depuis, en raison des nombreuses pressions médiatiques, Louis
Gerstner, ancien patron d'IBM, l'a remplacé pour donner une image
plus policée, plus business.
Le Carlyle Group s'est fait une spécialité du recyclage des hommes
politiques et influents de la planète. Nous retrouvons ainsi dans ses
conseillers actuels ou passés des hommes tels que le président
Georges H. Bush, Otto Pohl (ancien président de la Bundesbank), John
Major (ancien premier ministre de Grande-Bretagne), Arthur Levitt
(ancien président de la Security Exchange Commission), James Baker
(ancien secrétaire d'état de Bush senior), Karl Fidel Ramos (ancien
président des Philippines)…
Lors des attentats du 11 septembre 2001, le Carlyle Group tenait sa
réunion annuelle à New York avec ses principaux actionnaires, dont
Yeslam Ben Laden, un des frères de Ossama Ben Laden. Les relations du
groupe Carlyle avec l'Arabie saoudite proviennent des réseaux de Bush
père, réseaux très bien reconstitués dans les documentaires de
Michael Moore « Fahrenheit 911 » et de Wiliam Karel « Le monde selon
Bush ».
Onzième fournisseur d'armement du Pentagone, le Carlyle Group est
proche des secteurs de la défense européenne (Bofors Defence,
FiatAvio…). Libération (24 novembre 2004) publiait à cette occasion
un article « Le Pentagone embarqué dans Arianespace ? Voilà comment
on pourrait, avec un brin de provocation, résumer l'arrivée du fonds
d'investissement Carlyle, réputé proche des milieux de la défense
américains et de l'actuelle administration Bush, au tour de table du
lanceur européen. (…) Dans la foulée de l'arrivée de Carlyle, la
ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, appelle "à la
vigilance" des intérêts français et européens et lance un groupe de
travail sur les moyens de protéger l'industrie française de
défense. » Le Carlyle Group a démenti ses volontés de contrôle du
secteur de la défense européenne. Jean-Pierre Millet, DG de Carlyle
Europe, avait à cette occasion déclaré au député Bernard Carayon
(auteur du rapport Intelligence économique, compétitivité et cohésion
sociale) qu'à l'avenir le groupe Carlyle ne s'intéresserait pas au
secteur de la défense en France. Pourtant, dès mars 2004, alors qu'un
décret est en cours de rédaction dans les ministères pour justement
contrôler les investissements des fonds dans les secteurs
stratégiques et sensibles, Jean-Pierre Millet au nom du Carlyle
Group, intervient au côté du Ministre de la Défense, Michèle Alliot-
Marie, dans une conférence sur… « L'Europe de la défense : des
prémices à la réalisation concrète ».

L'affaire Otor ou le grain de sable
En 2000, le groupe Otor, numéro 2 du carton en Europe, a des
difficultés de trésorerie et c'est ainsi que Clinvest, une filiale du
Crédit Lyonnais, introduit le Carlyle Group. Par à un système de LBO
(Leverage Buy-Out), le groupe Carlyle investit dans Otor et reçoit
des obligations convertibles en actions. Le fonds aura la possibilité
de convertir ses obligations si Otor ne remplit par des critères
stipulés dans un pacte d'actionnaire tenu secret. L'un de ces
critères est un certain niveau d'EBITDA (normes comptables non
reconnues) à atteindre par le groupe.
Le Carlyle Group décide dès 2001 de convertir ses obligations en
actions prétextant que le niveau de l'EBITDA ne serait pas atteint,
ce qui donnerait à Carlyle le contrôle du groupe Otor. Les dirigeants
d'Otor contestent cette conversion et suivent la procédure prévue par
le pacte d'actionnaires en faisant appel au tribunal arbitral.

Le tribunal arbitral ne peut pas prendre sa décision car les
dirigeants d'Otor contestent la validité de la notion d'EBITDA.
Michèle Bouvier, une des dirigeantes d'Otor, déclara à ce sujet au
Monde (10 septembre 2004) « Carlyle a monté un « business model »
pour faire main basse sur des entreprises grâce à des règles non
normées fondées sur le seul Ebitda. » Le tribunal est contraint de
nommer des experts pour statuer sur cette notion d'EBITDA avant de
pouvoir rendre son avis. Le premier expert du cabinet
PriceWaterhouseCooper (PWC) est récusé après que les dirigeants
d'Otor aient découvert qu'il avait été conseil du Carlyle Group.
D'autres experts du cabinet Mazar sont ensuite nommés. Ces derniers
reprennent des pages entières issues du travail de PWC bien que
l'expert ait été récusé pour conflit d'intérêt. Une telle situation
ne semble pourtant pas gêner le tribunal arbitral qui ne récusera pas
le cabinet…
Dans cette affaire, les conflits d'intérêt vont se multiplier, jusque
dans l'enceinte même du tribunal arbitral. Les dirigeants d'Otor
demandent la récusation de deux de ses membres pour conflits
d'intérêt. Le président de ce tribunal, Gilbert Parléani, aurait
travaillé avec le notaire luxembourgeois Joseph Elvinger, du cabinet
Elvinger, Hoss & Prussen, qui a réalisé la plupart des actes de
Carlyle Luxembourg et notamment constitué les sociétés Carlyle
Holding 1 et Carlyle Holding 2, actionnaires de Otor Finance. L'autre
arbitre est Jacques Sales qui fait partie du cabinet britannique
Denton Wilde Sapte dont l'un des associés est Nicholas Keeling.
Depuis mai 2004, ce dernier est l'un des trois directeurs de Menatep
qui a investi 50 millions de dollars dans… le Carlyle Group.

La dénonciation d'un système
Parti d'un différent assez classique, cette affaire va mettre en
lumière le Carlyle Group encore méconnu en France, et surtout ses
pratiques de business.
« Cette affaire est devenue, pour certains, emblématique de la
défense des intérêts économiques français face aux Américains. (…)
Des personnalités telles que le conseiller pour l'intelligence
économique de Jean-Pierre Raffarin, Alain Juillet, ou Bernard
Carayon, député (UMP) du Tarn, auteur d'un rapport sur ce sujet,
remis en juin 2003 à M. Raffarin, ne cachent pas leur soutien à cette
cause. »
Suite à ces prises de position, la riposte du Carlyle Group est
immédiate. Dans un article paru dans Le Monde (18 septembre 2004), le
député Carayon est aussitôt impliqué dans une affaire de rémunération
pour des « activités de lobbying anti-Carlyle » au profit d'Otor.
Bien qu'aucune preuve n'ait été apportée et que Bernard Carayon ait
immédiatement démenti, de telles accusations dans un quotidien
national tel que Le Monde sont révélatrices de l'influence et de la
force de frappe médiatique du Carlyle Group.

Le Carlyle Group a énormément souffert des retombées de l'affaire
Otor, et notamment à cause de la mise en lumière de ses montages
financiers (disponibles sur le site Stop Carlyle). Le fonds utilise
des cascades de holdings domiciliées dans des paradis fiscaux pour
échapper aux impôts et dissimuler les propriétaires et bénéficiaires
finaux. Le magazine Challenges (décembre 2004) publiait un article
sur ces structures : « Le patron de Carlyle Europe n'est guère plus
troublé lorsque nous lui montrons le schéma de la trentaine de
structures qui ont servi à l'investissement Otor, un écheveau
ésotérique de holdings et de filiales domiciliées au Luxembourg, à
Guernesey ou aux îles Caïmans. » C'est vrai que ces pays sont réputés
pour leur transparence financière…
Autre détail intéressant : le groupe Carlyle n'est pas coté en
bourse. De ce fait, le Carlyle Group n'est pas obligé de divulguer le
nom de ses associés ni de ses actionnaires à la Security Exchange
Commission (la COB française).

Pour restaurer son image de marques auprès de ses actionnaires et
banquiers (Carlyle cherche à restaurer une image détériorée par
l'affaire Otor, Les Echos, 22 septembre 2004), le Carlyle Group a
fait appel à un impressionnant attirail de cabinets de relations
publiques et d'influence. Le premier d'entre eux est DGM Conseil,
spécialiste des notes confidentielles à des hauts fonctionnaires et
des politiques. Son patron, Michel Calzaroni, est un ancien du
service de presse du CNPF (devenu depuis le Medef), l'un des
meilleurs communicants de la place. Selon Le Figaro du 30 avril
2004, « Ca n'est pas un filtre, c'est un bouchon. Sans son accord
vous n'avez pas l'information, ironise un journaliste économique au
sujet de ce conseiller en communication. (…) L'homme est capable de
transformer un ouragan médiatique en tempête dans un verre d'eau. Il
fait des miracles, grâce à son carnet d'adresse et à son réseau
d'influence, visible et invisible. » C'est DGM Conseil qui serait à
l'origine de la diffusion aussi rapide à l'AFP de la nouvelle de la
mise en examen des dirigeants d'Otor « juste à temps pour que le juge
de New York qui devait statuer le même jour sur la plainte déposée
par les dirigeants d'Otor contre Carlyle puisse en prendre
connaissance. » (Intelligence On Line, n° 490).
Dans sa tâche d'influence, DGM est épaulé par le cabinet Boury &
Associés qui a déjà utilisé dans le passé ses réseaux de lobbying
politique au profit du Carlyle Group. Quand le groupe Carlyle prit le
contrôle de KPI (équipementier automobile) en 2001, et qu'il «
dégraissa » en licenciant les salariés, les syndicats de KPI avaient
alerté les pouvoirs publics. Ils provoquèrent la réponse de la
secrétaire d'Etat au Budget, Florence Parly : « Vos préoccupations
sont pleinement partagées par le Gouvernement, et en particulier par
Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie. » C'est ce même
Christian Pierret qui, en 1987, avait été à l'initiative de
l'association « Douze pour l'Europe » du cabinet… Boury & Associés.
Réseaux d'un jour, réseaux de toujours…
Au plus fort de la médiatisation de l'affaire, Didier Cornadeau,
président de l'APPAC (Association des petits porteurs actifs), fait
son entrée. Il porte plainte contre X et s'en prend directement aux
dirigeants d'Otor lors de la présentation des résultats du groupe. Or
le 12 octobre, lors de cette présentation, l'APPAC ne possédait pas
encore une seule action d'Otor. Le bordereau d'achat des 100 actions
acquises par l'association indique la date du 18 octobre… Didier
Cornadeau connaît les dirigeants d'Otor depuis l'époque où il avait
participé en tant que banquier au mariage entre la direction et le
fonds. Il semblerait que ses rancoeurs personnelles contre les
dirigeants datent de cette époque. Décrédibilisé pour ses positions
radicales sur d'autres dossiers (Veolia…), Didier Cornadeau est
maintenant clairement identifié comme un acteur « déstabilisateur »…

Courant 2004, les dirigeants d'Otor ont porté plainte contre le
Carlyle Group et le Crédit Lyonnais devant la cour fédérale de New
York. Les deux établissements se seraient rendus coupables de conflit
d'intérêt leur permettant de faire main basse sur le groupe
industriel. Fin 2003, le Crédit lyonnais était lié à Carlyle tout en
étant conseil d'Otor, ce qui est illégal aux Etats-Unis. C'est Gary
Fontana, l'un des plus redoutables ténors du barreau américain, qui
défend Otor sur ce dossier. C'est lui qui était déjà en charge de la
plainte contre le Crédit Lyonnais dans l'affaire Executive Life. «
Dans le dossier Otor, il demande 200 millions de dollars de dommages
et intérêts. Mais, pour Carlyle, la menace va bien au-delà. Car, si
le juge décide de passer à la phase 2 de la procédure, dite de «
discovery », ce seront toutes les structures « offshore » de Carlyle
Europe qui feront l'objet d'une enquête fédérale. » (Challenges, n°
236).

Les conséquences sociales…
Le tribunal arbitral devrait prendre sa décision courant janvier
2005. S'il rend un avis favorable au Carlyle Group, le fonds prendra
aussitôt le contrôle du groupe industriel, renverra dans la foulée
les dirigeants et installera ses propres administrateurs au conseil
d'administration. Il est très vraisemblable que le Carlyle Group «
optimisera » ensuite le groupe (comprendre « licencier »), et dans ce
domaine, le Carlyle Group est déjà bien rodé. La presse si chère au
Carlyle Group (le fonds avait tenté d'acheter Le Figaro en 1999) a
été l'une des grandes victimes ; le groupe Tests par exemple a subi
quelques 117 licenciements. La région Charentaise, dans laquelle le
Carlyle Group a pris le contrôle de plusieurs entreprises, paie un
lourd tribut sur l'autel du fonds ; pour l'équipementier automobile
KPI, l' « investissement Carlyle » a jusqu'à présent provoqué 142
licenciements boursiers, et ce n'est toujours pas fini ! D'autres
entreprises ont tout simplement été mises en liquidation par le
Carlyle Group. C'est le cas de Digiplex, de Reef, d'OptoSpeed...

La vraie question pour les quelques 3000 salariés d'Otor ne serait-
elle pas : combien de licenciements faudra-t-il pour que Carlyle
atteigne son fameux retour sur investissement de 30% ? Combien vaut
un licenciement pour le Carlyle Group ? On le saura malheureusement
bien assez tôt…

IB
Collectif Stop Carlyle
http://stopcarlyle.isuisse.com

Quelques références bibliographiques :
François Missen, Le réseau Carlyle, Flammarion, octobre 2004.
Fabrizio Calvi et Frédéric Laurent, France - Etats-Unis : 50 ans de
coups tordus, Albin Michel, mars 2004.
William Karel, Le monde selon Bush, juin 2004.
Michael Moore, Fahrenheit 911, juillet 2004.
Bernard Nicolas et Romain Icard, 90 minutes : Carlyle s'attaque à la
France, octobre 2004.
France 2, JT de 20 heures, Affaire Otor – Carlyle, 27 octobre 2004.
Carlyle Exposed :
http://www.informationclearinghouse.info/article3995.htm
Intelligence On Line, Etroites relations entre Carlyle et le Crédit
Lyonnais, n° 483, septembre 2004
(http://www.intelligenceonline.fr/NETWORKS/FILES/483/483.asp?
rub=networks)

Revue de presse :
Politis, Carlyle la pieuvre, octobre 2002.
Le Point, Carlyle. Un fonds très spécial, mai 2003, n°1600.
Les Echos, Le fonds Carlyle sur la sellette, mai 2003.
Le Canard Enchaîné, L'appétit féroce de l'américain Carlyle", mai
2003, n°4308.
Le Monde, L'offensive américaine dans la défense inquiète les
Européens, décembre 2003.
La Petite Semaine de Cognac, Carlyle : la World Company en
charentaises, janvier 2004.
Entreprendre, Comment des financiers peuvent déstabiliser une
entreprise !, n°183, avril 2004
Le Monde, L'Empire Carlyle, avril 2004
Intelligence OnLine, Le dispositif d'influence du Carlyle Group, n°
476, mai 2004.
Challenges, Chapelle Darblay tourne de plus en plus mal, Bertrand
Fraysse, mai 2004, n° 225.
Le Monde, Carlyle et le Crédit lyonnais sont mis en accusation par
les dirigeants du cartonnier Otor, septembre 2004.
Nouvel Observateur, Qui a peur de Carlyle ?, septembre 2004, n°2082.
Challenges, Cent jours dans...la bataille Otor-Carlyle, décembre
2004, n° 236

Réagissez sur evariste@...


2 FRANCE
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NON DE GAUCHE A LA CONSTITUTION EUROPEENNE
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A/ Le mot laïcité n'apparaît pas dans le texte !
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Voici un texte à diffuser et à défendre par tous ceux qui sont
convaincus que la laïcité ne doit pas disparaître.

Intervention de Josette Dupuy, enseignante syndicaliste, lors d¹une
réunion contre le projet de Constitution Européenne.

Comme communiste et comme enseignante, moi aussi je voterai et
j'appellerai à voter non au projet de Constitution européenne, pour
toutes les raisons qui ont été développées, et pour celle dont je
vais vous parler plus particulièrement maintenant.

Les mots laïcité, laïque, n'apparaissent pas une seule fois dans ce
texte.

Par contre les références au religieux y sont multiples, et ce dès le
préambule, où il est dit que les rédacteurs de la Constitution se
sont inspirés "des héritages culturels, religieux et humanistes" de
l'Europe.


Il est vrai que le texte de la Constitution réaffirme plusieurs fois
le respect des convictions philosophiques. Faut-il deviner sous cette
appellation très vague le respect aussi de la laïcité, qui serait
ainsi ramenée au rang de conviction respectable au même titre mais
pas plus que beaucoup d'autres?


Car la laïcité n'est pas seulement une conception philosophique: elle
est à la fois une exigence très haute et une pratique démocratique,
qui implique et porte en elle entre autres le respect des
convictions philosophiques et religieuses. Mais elle n'est pas neutre
par rapport à ces convictions: de ce point de vue, elle est un
excellent rempart contre les communautarismes et les intégrismes de
tout poil qui fleurissent de nos jours, en France et en Europe.

Ce projet de Constitution est le reflet d'une réalité: il ne fait pas
référence à la laïcité parce que la laïcité n'est pas une
préoccupation essentielle de ceux qui l'ont rédigé.

De nombreux états européens ne sont pas laïques. D'autres confondent
laïcité et oecuménisme, laïcité et coexistence des religions, voire
des intégrismes, laïcité et neutralité (ou soi-disant neutralité)
face à ces phénomènes.

Mais ceux qui ont participé au nom de notre pays à la rédaction de ce
projet ont-ils au moins essayé de porter cette idée de laïcité, de la
faire progresser, de lui gagner une place dans le texte? Au vu de la
personnalité de beaucoup d'entre eux, j'en doute fortement.

Alors je souhaite que cette Constitution soit remise en chantier, que
le principe de laïcité soit enfin débattu, approfondi, enrichi encore
si possible, et pourquoi pas inscrit dans une nouvelle rédaction de
ce texte. Qu'au moins on essaie de le faire! Car si les états
européens ne sont pas laïques, des exigences laïques s'expriment en
de nombreux endroits de son territoire, parmi les peuples. Appuyons-
nous donc sur ces aspirations populaires pour affirmer la nécessité
d'une Europe laïque!

L'Europe n'est pas laïque, et la France l'est de moins en moins. Et
ce n'est sûrement pas le vote de la loi sur les signes religieux qui
me convaincra du contraire.

La laïcité comme pratique démocratique s'intéresse aussi, bien sûr,
aux contenus des enseignements: elle réclame des contenus exigeants,
émancipateurs, à mille lieues du misérable "socle commun" que veulent
nous imposer le rapport Thélot et le projet de loi Fillon. De ce
point de vue, le projet de loi d'orientation que propose le
gouvernement marque un nouveau recul de la laïcité en France! Nous
devons le refuser aussi pour cette raison.

Autrement dit: en France, nous nous battons contre le projet Fillon;
nous votons contre l'actuel projet de Constitution; et nous portons
partout, en France et en Europe, notre exigence de laïcité, jusqu'à
ce qu'elle s'inscrive dans le texte même de la Constitution.

Je vous remercie de m'avoir écoutée.
Josette Dupuy

B/ Osons un « non » européen
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On peut dire « non » au Traité établissant une Constitution pour
l'Europe qu'on nous demande aujourd'hui de ratifier et être néanmoins
un farouche partisan de la construction européenne. On peut même
refuser ce projet de Traité constitutionnel au nom même des idéaux
qui sont à l'origine de cette formidable aventure de réconciliation
des hommes et des peuples qu'est l'entreprise européenne. C'est mon
cas et je revendique cette position de refus comme démocrate, comme
citoyen et comme écologiste.
Nombreux sont les partisans du « oui » au Traité établissant une
Constitution pour l'Europe qui ne reculent pas devant l'amalgame. Ils
n'hésitent pas à dire ou à laisser entendre que ceux et celles qui
s'opposent à la ratification de ce Traité sont des nostalgiques
ringards, peu ou prou intellectuellement proches des partis
nationalistes et de la droite la plus conservatrice ou la plus
extrême.
L'argument est d'autant plus utilisé qu'il a pour but d'éviter le
débat sur le fond en culpabilisant tout vrai démocrate qui s'étonne,
s'inquiète et se culpabilise d'ainsi se retrouver en pareille
compagnie.
L'argument du compagnonnage avec l'extrême droite est aussi puéril
que le fait d'affirmer que les partisans du « oui » sont
nécessairement tous des néolibéraux, des amis ou des vassaux des
milieux financiers et patronaux européens, du MEDEF et du baron
Seillières ! Autant de personnages qui rêvent de l'Europe comme d'un
grand marché ouvert, où la concurrence serait libre et d'où aurait
été éradiquée toute norme sociale ou environnementale.
Le projet européen s'est construit sur l'idée d'édifier un espace
humaniste, solidaire et généreux, s'articulant sur un idéal de paix
et de liberté dans l'égalité et la fraternité.
C'est en Europe que s'est forgée la conviction que les hommes et les
femmes sont libres et autonomes, qu'ils ont des droits individuels
(liberté d'opinion, d'expression, de conviction, d'association, …) et
des droits collectifs (droits à la santé, à l'éducation, à la
culture, au travail, au logement, à la sécurité sociale, …)
inaliénables. C'est la grandeur de l'Europe d'avoir enfanté les
droits de l'Homme et les libertés fondamentales. C'est son devoir de
les concrétiser.
L'idée européenne s'est aussi édifiée sur le postulat que les
pouvoirs publics ont pour mission essentielle et irremplaçable de
créer et d'assurer les conditions dans lesquelles ces droits et
libertés inaliénables peuvent devenir une réalité pour le plus grand
nombre. C'est aujourd'hui encore ma conviction la plus profonde et je
suis de ceux et de celles qui pensent que la nécessaire adaptation
des services publics n'a strictement rien à voir avec leur
démantèlement.
Je suis un Européen convaincu. Je ne veux ni un retour frileux à
l'Etat nation ni un repli régionaliste ou identitaire. Mon combat n'a
donc rien de commun avec les nostalgiques de l'Ancien Régime ou les
tenants d'un retour aux frontières. Je suis un Européen convaincu,
mais je n'ai rien en partage avec les partisans du néolibéralisme les
plus débridé. Je veux une Europe qui soit politique et non pas
seulement économique et financière. Je veux une Europe humaine, une
Europe sociale, une Europe environnementale, une Europe fiscale, une
Europe généreuse, une Europe démocratique et une Europe citoyenne.
C'est de cette Europe humaniste et fraternelle que je rêve. C'est
parce que je me résigne pas à l'Europe des commerçants et des
banquiers qu'on nous prépare, que je refuse le Traité établissant une
soi-disant Constitution pour l'Europe et que j'en appelle aujourd'hui
avec la plus grande énergie à la renégociation du Traité, ainsi qu'à
la mise en marche d'une avant-garde ouverte de pays désireux de
construire cette Europe à laquelle j'aspire pour mes enfants.
C'est dans cet esprit que je vous demande de lire la contribution qui
suit. Même si le Traité constitutionnel devait finalement être
ratifié dans les vingt-cinq pays de l'Union, il faut que les
partisans du « non » se fassent suffisamment entendre et soient assez
nombreux pour que nul ne puisse oser voir dans une victoire du «
oui » un blanc-seing pour la néolibéralisation de l'Europe.
Bernard WESPHAEL, député belge écologiste


C/ Exigeons le droit d'initiative populaire en Europe
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La construction de l'Europe a permis ,à l'évidence, certaines
avancées ; Il n'en est pas moins vrai que par démission, résignation
voire soumission de certains politiques le principal bénéficiaire de
cette construction a été la finance multinationale. Une réalité
rarement évoquée ,pourtant non contestée puisqu' émanant de
statistiques officielles, caractérise ces vingt dernières années en
Europe : la rémunération du capital a progressée de dix points dans
la valeur ajoutée ,alors que celle du travail diminuait d'autant.

Cette tendance va s'accentuer avec la future « constitution ».La
concurrence à outrance devient la seule règle clairement énoncée. Les
services publics , c'est précisé dans la convention ,basculent dans
le secteur concurrentiel.. C'est leur mort programmée. Les secteurs
profitables iront au privé pour l'essentiel. Les secteurs
déficitaires incomberont aux entreprises publiques( hôpitaux, poste,
S .N.C.F…)qui verront la qualité de leurs services se dégrader au fil
des ans.

Les usagers ,sont très satisfaits de leurs services publics actuels
et sont opposés à cette évolution. C'est la finance multinationale
qui est porteuse de cette exigence pour s'approprier progressivement
tous les secteurs publics et sociaux. C'est la fin de nôtre système
de solidarité, le chômage et la précarité ne pourront que s'aggraver .
Nombre de citoyens notamment de gauche sont fortement inquiets face à
cette perspective Mais
Ils s'apprêtent à voter OUI au projet de constitution par peur de
briser la construction de l'Europe , par résignation.

A nous de les convaincre que le moment de l'action est venu.

Nous proposons à l'ensemble des citoyens de nôtre pays de
s'approprier la construction d'une Europe solidaire et démocratique
en exigeant le droit d'initiative populaire C'est à dire le droit
pour les citoyens de participer pleinement à cette construction
dans le cadre d'une démocratie représentative respectueuse du rôle
des Etats et soucieuse de renforcer les compétences du parlement
européen. Nous vous invitons à signer et à faire signer cet appel.
Pierre Carassus, Maire de Vaux le Pénil, Coprésident Délégué général
de la C.N.G.R.


POUR UNE EUROPE DEMOCRATIQUE ET SOLIDAIRE :
Exigeons le droit d'initiative populaire.

Assourdie par le tohu-bohu médiatique, une information -ô combien
révélatrice- mérite d'être répandue : les dirigeants des quarante
plus grands groupes financiers industriels et commerciaux français
ont vu leurs rémunérations fortement progresser en 2003.
Ils ont touché en moyenne 6,25 millions d'euros à l'année, soit plus
de 400 fois le Smic !
Alors que les Restaurants du Cœur, pour leur vingtième anniversaire,
ne désemplissent pas. Pire : des salariés sont désormais obligés de
faire appel à leurs services.
Scandale, indécence ? Pas pour M. Ernest-Antoine Seillière, baron des
patrons, qui peut ainsi constater l'efficacité de sa politique…La
plupart des pays de l'Union Européenne vivent une situation
identique. Rien d'étonnant quand on sait que 80% des décisions
réglementaires et législatives françaises ne sont que des
transcriptions des directives européennes.
Le traité constitutionnel européen, s'il était adopté, ne ferait
qu'aggraver les choses. On comprend en tout cas le soutien
enthousiaste que Monsieur Seillière lui apporte. Ce texte rappelle
plus de 70 fois le sacro-saint principe du Medef et de ses homologues
européens : « la concurrence est libre et non faussée ». Ce qui en
clair signifie plus de privatisations, plus de délocalisations, plus
de licenciements (nul n'est épargné : cadres, techniciens, employés,
ouvriers) … le pouvoir d'achat des salariés en chute libre (et des
profits toujours plus hauts).
On nous serine que voter non à cette Constitution serait
catastrophique. Assurément, ce serait catastrophique pour Monsieur
Seillière et ses pairs. Les gouvernants européens seraient obligés de
revoir leur copie. L'exigence d'une autre politique, moins soumise
aux marchés financiers et à la finance multinationale, se ferait plus
pressante.

Nous, citoyens de gauche et républicains, voulons construire une
Europe démocratique et solidaire, respectueuse de la volonté des
peuples et de leur souveraineté, capable de lutter contre la
mondialisation libérale et de faire pièce à l'unilatéralisme
américain. Nous voulons promouvoir un modèle de société juste
socialement, laïque, qui privilégie l'homme et ne soit pas fondée sur
la seule loi du marché.
Nous voulons une Europe gérée démocratiquement. C'est pourquoi il
faut rendre transparentes les décisions prises par les gouvernements
au sein de l'union européenne, mettre un terme à la toute puissance
de la Commission, renforcer le rôle du Parlement .
Nous voulons que le droit d'initiative populaire soit reconnu.
Certains osent prétendre qu'il l'est dans le projet dit de
constitution. C'est un leurre : il est prévu qu'un million de
citoyens puissent saisir la Commission …laquelle fera ce qu'elle
voudra de leurs demandes !
Pour nous, le droit d'initiative populaire doit être impératif.
C'est le droit pour un million de citoyens de faire des propositions
législatives, sous réserve qu'elles soient conformes aux valeurs et
principes de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Une
fois la validité des signatures établie par une haute juridiction,
les propositions avancées sont soumises aux suffrages des citoyens,
et acquièrent force de loi si elles obtiennent une majorité de
suffrages dans chaque pays de l'Union.
L'Europe que nous voulons doit reposer sur la démocratie
représentative, mais elle ne se fera pas sans une intervention
massive des citoyens européens. Nous sommes convaincus qu'il y a en
Europe une majorité de citoyens prêts à se battre pour des réformes
économiques et sociales visant à une politique de justice sociale et
de plein emploi alternative au libéralisme financier européen.


EUROPE ET TURQUIE
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A/ Non à cette Turquie au sein de l'Europe
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En ce vendredi 17 décembre 2004, vont converger à Bruxelles des
milliers de citoyens français d'origine arménienne, rejoints pour la
circonstance par des citoyens d'origine arménienne de toute l'Europe,
pour rappeler aux membres des gouvernements formant le Conseil
Européen leur devoir de refuser catégoriquement l'entrée de la
Turquie dans l'Union Européenne malgré les pressions de Bush et de
son factotum Baroso.
En effet, alors qu'il n'y a pas si longtemps, les gouvernements
européens avaient mis en quarantaine le gouvernement autrichien pour
avoir accepté en son sein un leader fascisant et xénophobe, ceux-ci
vont développer le tapis rouge à un gouvernement turc
- qui continue à nier le génocide arménien de i915 et a mis
dans le code pénal turc des peines de prison pour tous ceux qui
oseraient en parler ( !!!)
- qui continue à occuper militairement Chypre en faisant venir
des colons pour prendre la place des cypriotes grecs expulsés, à
terroriser la population kurde après de multiples massacres récents
et avoir ces dernières années fini d'expulser 800.000 turcs chrétiens
connus sous le nom d'Assyriens surtout vers les pays scandinaves
- et qui a l'insigne honneur d'avoir comme premier ministre
Erdogan lequel s'est rendu célèbre il y a plusieurs années comme
auteur d'une pièce de théâtre appelée Maskomya, toute entière écrite
pour dénoncer le « complot universel judéo-maçonnique et
communiste » !!!

Et ce n'est pas tout : Erdogan , considéré comme un islamiste «
modéré » par notre faune politique de droite et de gauche (de la même
manière que notre célèbre journaliste du Monde Xavier Ternisien
qualifie son ami Tariq Ramadan d'islamiste modéré à cause de sa
proposition de moratoire dans l'application de la lapidation des
femmes adultères), a déclaré pour convaincre ses partisans islamistes
de Turquie qu'il fallait tout faire pour faire adhérer la Turquie à
l'Union Européenne car le traité constitutionnel permettrait à terme
d'abolir l'interdiction actuelle du voile islamique dans les
Universités !! ( Ah, article II-70 quand tu nous fais rêver !)

Alors il ne doit pas y avoir que les européens d'origine arménienne
pour se lever en masse contre cette félonie des gouvernements
européens d'accepter un tel état négationniste du génocide arménien
(il y aurait d'après un défenseur turc des droits de l'homme
actuellement 15 millions d'arméniens sur leur territoire national
confisqué depuis par des colons turcs si le génocide et l'expulsion
des survivants n'avaient pas eu lieu), mais sans état d'ame tous les
défenseurs des droits de l'homme et tous les républicains de gauche.
Le silence de nos médias sur la situation actuelle de la Turquie et
la mainmise de l'islamisme, est commandée , vous l'avez compris, par
l'ensemble des forces financières du néolibéralisme qui veulent par
ce biais, détruire les lois sociales de nos pays par la pression
d'une main d'œuvre fanatisée par l'islamisme (les « laïques turcs »
sont devenus minoritaires), et vous faire croire que la Turquie est
un pays démocrate qui aurait « avancé dans le respect des droits de
l'homme ! ».. D'ailleurs Bush veut pour cela que la Turquie entre
dans l'Union Européenne ! N'est-ce pas un signe probant ?

Et la cerise sur le gâteau, si l'on peut parler de cette manière,
est le silence total de nos grands médias sur l'agression sauvage de
militants français d'origine arménienne de Valence ce 27 novembre
2004 par un groupe d'islamistes turcs (une cinquantaine !) qui, en
hurlant « nos grands-parents vous ont massacrés, nous allons finir le
travail » ont envoyé un de leurs agressés à l'hôpital pour fractures
multiples et traumatisme crânien !
Mais évidemment les islamogauchistes de Ternisien à Tervanian, du
journal Le Monde aux autres grands journaux se sont tus ; d'ailleurs
pour eux, ce sont certainement les victimes qui sont à condamner pour
leur islamophobie ! (air bien connu).

Certes, la Gauche Républicaine Laïque doit être claire : le refus de
l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne n'a pas à être fondée
ni sur un caractère de « club chrétien » qui serait inhérent à
l'Europe, ni sur une frontière théorique de continent européen qui
l'exclurait éternellement, mais sur le fait qu'actuellement c'est un
état « sans foi ni loi » du point de vue des valeurs humanistes.

Notre gouvernement, s'il avait dans cette affaire la moindre
conscience morale pour lui dicter sa conduite poserait comme
condition rédhibitoire pour l'entrée de la Turquie en Europe :
- la reconnaissance du génocide arménien et l'acceptation de
réparations aussi bien financières que territoriales comme les
allemands l'ont fait après la guerre vis-à-vis des juifs et de leurs
voisins polonais et tchèques.
- La fin de l'occupation militaire de Chypre et le rapatriement
de leurs colons arrivés depuis 30ans
- L'acceptation de l'autodétermination du peuple kurde opprimé
- L'acceptation de réparations pour les populations assyriennes
chrétiennes expulsées par harcèlement depuis 1950
- La disparition dans le code pénal turc de toutes dispositions
contre les droits de l'homme et la liberté d'expression

Il y va de notre crédibilité de militants de gauche pour imposer ces
conditions.

Mais nous l'avons bien compris : Ce qui rend possible une telle
complaisance de nos responsables politiques de droite et de la gauche
sociale-libérale vis-à-vis des islamistes turcs, soutenus par Bush,
c'est le Traité Constitutionnel sur l'Europe à faire avaliser.
Aussi un seul mot d'ordre pour les militants de gauche :
Tout faire pour faire triompher le NON au référendum ;
et cela suffira d'ailleurs à faire obstacle à l'entrée de la Turquie
actuelle dans l'Europe !
Que nos amis d'origine arménienne dont les parents et grands-parents
se sont ralliés en masse à la gauche française en arrivant en France
en prennent conscience !
LOS ISLAMISTAS TURCOS NO PASARAN

Hubert Sage


LES LAIQUES SUR LE TERRAIN
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A/ Construire l'unité des laïques
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Le 29 novembre 2004, l'Union des Familles Laïques a adressé un
courrier à toutes les organisations laïques de ce pays, sans
exclusive, y compris à celles qui ont adopté une autre position que
la nôtre à propos de l'opportunité d'une loi d'interdiction du port
de signes religieux à l'école.
Il s'agit, au-delà de nos différences et même de nos différends de
reconstruire le front des laïques afin de faire face aux enjeux qui
se présentent.
Les cléricaux fourbissent leurs armes, Sarkozy et ses amis veulent
balayer la loi de séparation, il est indispensable que les laïques de
ce pays se rencontrent et envisagent des initiatives appropriées pour
renforcer la laïcité de l'école et obtenir l'abrogation des lois anti
laïques.

Notre démarche se veut la plus unitaire possible, il ne s'agit pas de
demander aux différents mouvements de s'aligner, mais de construire
ensemble un texte de référence et un plan de mobilisation unitaire.
Plusieurs organisations ont déjà apporté des réponses positives à
notre demande de rencontre :
l'Association Des Libres Penseurs de France (A.D.L.P.F.) ; L'AME
(Association contre la Mutilation des Enfants", Ensemble pour le
SNUIPP, Emancipation Tendance Intersyndicale, Le SNCA e.i.L., la
Fédération e.i.L.(Efficacité, indépendance, Laïcité), L'Association
des Libres
Penseurs des Yvelines (ALPY),le CREAL, l'association Faire Le Jour,
Lutte
Contre l'Obscurantisme ..
Plusieurs organisations nous ont répondu qu'elles attendaient la
réunion de leurs instances statutaires… Certaines n'ont pas donné
encore de signe de vie !?
j'en appelle à toutes les militantes et militants qui partagent nos
préoccupations pour qu'ils interviennent au niveau qui est le leur,
dans leurs organisations respectives, syndicats, associations de
parents d'élèves, mouvements d'éducation populaire afin que les
différentes organisations se positionnent.
Début janvier, en accord et en concertation avec les mouvements qui
nous ont répondu nous organiserons ensemble une rencontre afin
d'envisager les initiatives unitaires qui s'imposent.

Jean-François CHALOT

B/ Réunion publique de l'Ufal 75
« 100 ans après la loi de 1905, quelle laïcité pour l'Europe ? »
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C'est pour débattre de cette question déterminante pour l'avenir des
peuples que l'UFAL Paris a appelé ce 10 décembre dernier à la Bourse
du Travail, lieu historique s'il en est : l'idée d'une « Bourse du
travailleur » revient à un député de la Loire de la IIe République, à
Joseph Bouvard la conception de celle de Paris lors d'un autre
centenaire en 1889. Cette salle, où a été décidée la grève générale
de 1968, serait idéale pour « renverser une direction syndicale » –
comme le confiait un camarade du Syndicat national de l'enseignement
technique action autonome - Efficacité indépendance laïcité (SNETAA -
EIL) ... Sous les doubles auspices des bustes de la IIIe République
et de Jean Jaurès – offert par les syndicats de la Seine à la mémoire
de celui qui, le 14 juillet 1914, avait appelé à la grève générale
internationale contre la guerre – une soixantaine de participants ont
assisté et débattu lors de cette rencontre.

Après la projection de « 2500 ans de pensée libre », sont
intervenus : Guylain Chevrier (docteur en histoire, spécialiste de la
laïcité, collaborateur entre autres des Cahiers d'histoire) qui nous
a retracé les étapes de la laïcité de l'Etat, Jocelyne Clarke
(enseignante, membre de la Coordination féministe et laïque (CFL),
présidente de l'UFAL Paris et organisatrice de la soirée) qui a mis
l'accent sur le contenu anti-laïque – y compris dans le domaine de
l'économie – du traité constitutionnel européen de Valéry Giscard
d'Estaing et de Pierre Moscovici; puis Antoine Peillon (syndicaliste
CGT chez Bayard presse, cofondateur de J'accuse ! – Action
internationale pour la justice (AIPJ), président de France radicale)
a dénoncé les comportements sectaires, y compris de certains
dirigeants syndicaux et a su dire à quel point la laïcité est une
dimension incontournable dans le combat syndical; enfin, Bernard
Teper (président de l'UFAL nationale, responsable d'un secteur
d'Attac), enfonça le clou dans le traité constitutionnel déjà
fortement fustigé.

La parole a ensuite été laissée à la salle qui s'est exprimée sur
plusieurs points : sur l'identité entre les assassins de la
population en Algérie et celle des prêcheurs alter-islamistes en
Europe; sur l'un des slogans de l'UFAL « contre l'Europe
chrétienne »; sur le fait que les consommateurs de banlieue
parisienne n' ont souvent le choix qu'entre viande halal … et
charcuterie halal; sur les rapports entre syndicalistes de
confédérations ou fédérations différentes etc…
La diversité des interventions fut intéressante et également celle
des participants, venus d'horizons associatifs et politiques à la
fois proches et différents: membres de la CNGR (dotn le co-président,
Pierre Carassus, maire de Vaux-le-Penil), un représentant de PRS, des
militant-es féministes, des représentant-es de l'association Africa
93, des militant-es de Convergence démocratique, des syndicalistes,
des participants mobilisés depuis peu , sur le soutien au camp laïque
et le non au traité Giscard pour une Europe sociale.
Il y avait dans l'air ce soir-là la volonté de rassembler la Gauche
autour des valeurs de la République, le désir de militer activement
pour faire barrage à cette Europe anti-sociale que les capitalistes
de droite et de « gauche » veulent faire passer en force !

Olivier Bouchard
UFAL Paris
26 frimaire 213
16 décembre 2004

C/ Motion "laïcité"
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votée par la CA académique du SNES
le lundi 6 décembre 2003 au lycée de Bel Air (Ste-Suzanne)

Le SNES Réunion rappelle que l'école est le lieu emblématique de la
République où l'on apprend à devenir citoyen, où l'on enseigne à tous
les enfants à devenir des femmes et des hommes libres, égaux en
droit, solidaires, quelles que soient leur couleur, leurs origines,
leur sexe, leurs filiations culturelles, philosophiques, religieuses.
C'est là que la liberté, l'égalité et la fraternité prennent tout
leur sens concret.

Le SNES Réunion condamne une conception de la laïcité qui, au nom du
droit à la différence, aboutit à la différence des droits et à une
position qui favorise le développement du communautarisme. La
Laïcité, principe universaliste, doit trouver place à La Réunion
comme sur tous les continents afin de garantir à chaque femme et à
chaque homme la liberté de pratiquer un culte ou d'en changer ou de
n'en pratiquer aucun ou d'en contester le contenu.
C'est pourquoi l'école doit demeurer un lieu protégé dont la laïcité
ne saurait être soumise à la pression d'intérêts dogmatiques,
communautaristes ou marchands. Ni croix, ni kippa, ni voile, ni aucun
signe ostentatoire au sein de l'école doit devenir la règle
impérative, officielle et valable pour tous. Elle seule garantit à
chaque enfant l'égal accès à la citoyenneté en même temps qu'elle
constitue le meilleur outil pour lutter contre le racisme et
l'antisémitisme.
Le racisme au quotidien, les humiliations que subissent certains
jeunes peuvent contribuer à leur enfermement identitaire qui, lui
même, nourrit les intégrismes religieux qui cherchent à imposer leurs
dogmes à la société. La République, si elle doit être intransigeante
dans la défense de la laïcité, doit également faire respecter
l'égalité et les droits de tous les jeunes, ne pas tolérer les
discriminations et leur permettre l'accès à la culture, à la
qualification, à l'emploi et, pour cela, l'école laïque est un bien
public incomparable.

L'article 10 de la loi d'orientation de juillet 1989 et l'avis du
Conseil d'État du 27 novembre 1989 qui en dénaturait le sens devaient
être corrigés par les moyens réglementaires ou législatifs qui
s'imposaient. La loi du 15 mars 2004 ne vient que partiellement y
remédier et le SNES Réunion regrette que des points importants aient
été oubliés, en particulier le régime du Concordat en Alsace Moselle
ou le maintien des aumôneries dans les établissements publics. Mais
malgré tout, le cadre de la loi et sa circulaire d'application
doivent permettre la garantie du principe de la Laïcité de l'École,
principe constitutionnel.

Pour toutes ces raisons, le SNES Réunion :
- exprime son accord avec l'interdiction de tout signe
ostentatoire d'appartenance religieuse dans le sein de l'école de la
République ;
- rappelle que l'assiduité scolaire (en particulier le samedi)
s'applique à tou(te)s et concerne tous les enseignements ;
- regrette que la loi du 15 mars 2004 et, pour l'Éducation
nationale, sa circulaire d'application du 16 mai 2004 ne s'appliquent
ni dans les écoles privées ni à l'université ni dans les services
publics ;
- estime que ce n'est ni aux enseignants ni aux établissements
à négocier les signes religieux (ou autres) qui pourraient être
tolérés dans l'école, et qu'il ne leur revient pas non plus de
négocier le caractère "traditionnel" ou non d'une tenue imposée ou
conseillée par un encadrement religieux quel qu'il soit ;

Le SNES Réunion considère que, pour imparfait que soit le cadre
législatif existant, seul son strict respect, après la nécessaire
phase de dialogue, peut permettre que s'impose à tous la laïcité de
l'école.

D/ Financement des JMJ par le Parlement européen: Rejet de
l'amendement 0573
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Bruxelles, le 17 décembre 2004

Chers amis,
Vous avez été récemment alerté par la FHE et le CAL de l'introduction
d'un amendement au budget 2005 de l'Union européenne. Cet amendement
visait la subvention, à hauteur de 1.500.000 euros, de la journée
mondiale de la jeunesse, organisée en Allemagne, en 2005, par le Pape
Jean Paul II.
Cet amendement a été rejeté ce 15 décembre, lors de la session
plénière à Strasbourg, car il n'a pas recueilli la majorité des deux
tiers nécessaire à son adoption
Il ne fait guère de doutes que notre campagne aura joué un rôle dans
cette décision.
Nous remercions vivement tous ceux qui, répondant à notre appel, se
sont manifestés par la pétition.
Philippe Grollet,
Président
http://www.ulb.ac.be/cal/presse/prisesdeposition/petitions/rejetdelame
ndement0573.html


LIBERALISME VERSION RAFFARIN
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Edition 2005 : le BIP 40 atteint son niveau record
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Au moment où l'Assemblée nationale adopte le plan de « cohésion
sociale » de M. Borloo, la nouvelle édition du Bip 40 (Baromètres des
inégalités et de la pauvreté) indique une aggravation sans précédent
pour l'année 2003. L'indicateur synthétique élaboré par le Réseau
d'alerte sur
les inégalités s'établit à 5,52, en hausse de 5,5% par rapport à
2002.
Il s'agit d'une estimation provisoire, basée sur
l'actualisation de 41 séries sur les 61 que comporte le Bip 40.

Le précédent record du Bip 40 remontait à 1998. Entre 1999 et 2001,
les inégalités et la pauvreté avaient reculé en France, à la faveur
de la croissance économique et des créations d'emplois ; mais le Bip
40 est reparti vigoureusement à la hausse en 2002 et 2003. Ce nouveau
cycle d'accroissement des inégalités et de la pauvreté, enclenché à
la fin du gouvernement de M. Jospin, a atteint avec MM. Chirac et
Raffarin un rythme inédit depuis le milieu des années 1980 (voir
graphique).
Ce résultat désastreux ne résulte pas seulement d'une conjoncture
médiocre, il est aussi le fruit d'une politique. Le Bip 40 s'envole
d'abord à cause de la hausse du chômage. Celle-ci résulte pour une
part de la remise en cause des 35 heures et des emplois-jeunes, d'une
politique budgétaire inepte privilégiant la baisse de l'impôt sur le
revenu, ainsi que du feu vert donné aux entreprises en matière de
licenciements. Les chômeurs, plus nombreux, reçoivent moins souvent
une indemnisation : la proportion d'allocataires de l'Unedic parmi
les demandeurs d'emploi diminue. Le chômage de longue durée augmente
lui aussi. D'où un nombre sans précédent de titulaires de minima
sociaux (6 millions de personnes couvertes fin 2003, + 1,2 %),
surtout en raison de l'augmentation du nombre de RMIstes (+ 5 %).

En second lieu la hausse du Bip 40 traduit la dégradation de la
situation du logement. Le prix des loyers flambe, appauvrissant
directement les familles locataires, les moins favorisées. Le nombre
d'expulsions pour loyers impayés n'a jamais été aussi élevé qu'en
2003. En matière de consommation, le nombre de ménages surendettés a
battu des records, et le nombre des incidents de crédit a lui aussi
augmenté.
Enfin la dégradation est particulièrement sensible dans le domaine de
la justice. Les politiques sécuritaires prennent le pas sur les
politiques sociales : on emprisonne les pauvres faute de vouloir
réduire la pauvreté. Le taux d'incarcération n'a jamais été aussi
élevé dans notre pays (133 pour 100 000 habitants). La proportion de
prisonniers en détention provisoire s'est accrue elle aussi. Quant
aux étrangers, leur situation s'est elle aussi dégradée ; le taux de
reconnaissance du statut de réfugié a connu une nouvelle chute,
s'établissant au niveau dérisoire de 15%.

Dans d'autres domaines (santé, éducation, inégalités de revenus,
conditions de travail), les statistiques de l'année 2003 ne sont pas
encore toutes disponibles. L'édition définitive du Bip 40 pour 2003,
qui sera publiée au printemps 2005, ne devrait cependant
malheureusement pas démentir la tendance aujourd'hui observée.
Contrairement à ce que clame le gouvernement, le plan de « cohésion
sociale » de M. Borloo ne pourra en aucun cas inverser la tendance.
Il s'inscrit dans la même politique économique et budgétaire
défavorable à l'emploi et source d'inégalités (baisse de l'impôt sur
le revenu et de l'impôt de solidarité sur la fortune, des droits de
succession, pression sur les dépenses publiques, réduction de
l'emploi public, etc).
Il organise une privatisation du Service public de l'emploi qui ne
peut qu'aggraver la précarité. Il facilite le recrutement de
travailleurs étrangers précaires en privatisant de fait l'Office
national des migrations (rebaptisé ANAM). Il veut multiplier les
contrats aidés précaires dans le secteur marchand (RMA) et non
marchand (« contrat d'avenir »). Il annonce un effort de mise en
chantier de logements sociaux dont une grande partie ne sert qu'à
remplacer des logements détruits, tout en organisant la privatisation
du logement social, source future de nouvelles exclusions.
L'hebdomadaire Le Point publie ce jeudi 16 décembre un article sur
les inégalités basé sur les données du Bip 40. Les données complètes
ainsi que des analyses détaillées du plan Borloo sont disponibles sur
ce site. Le 16 décembre, le Réseau d'Alerte sur les Inégalités vous
invite également à poser vos questions sur le Bip 40 et à débattre en
ligne sur le Forum organisé par nouvelobs.com à l'adresse suivante :
http://permanent.nouvelobs.com/economie/20041126.OBS2498.html

Plus d'informations à l'adresse : www.bip40.org


ISLAMISME ET ALTERMONDIALISME
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A/ Lettre à Pierre Khalfa
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Cher Pierre Khalfa

Le 11 novembre, avec le titre de syndicaliste (je suis adhérent de
ton organisation et je me permets de te tutoyer) et celui de membre
du conseil scientifique d'ATTAC, tu tentes dans Libération un
parallèle entre l'action de la théologie de la libération en Amérique
latine et celle de l'islam politique. Au même moment je diffusais une
chronique clandestine à la gloire d'un théologien de la libération,
qui démontre le contraire.
Pour comprendre, revenons-en au minimum syndical, la lutte des
classes. De 1945 à 1980 le mouvement démocratique sut engranger
quelques conquêtes (appelées à tort des acquis). Le catholicisme de
gauche apporta une pierre précieuse sur des bases claires :
économiquement, une forme de socialisme ; politiquement, une quête de
démocratie, et en matière de théologie une action qui souleva vite
les cris du Vatican. De son côté, la CIA doit pouvoir fournir une
liste des martyrs de la théologie de la libération et la liste des
évangélistes envoyés en mission avec un critère : là où est forte
cette théologie, les évangélistes doivent être les plus nombreux.
Résultat : aujourd'hui 20% de la population brésilienne est
évangéliste. Le tournant historique se produisit autour de 1980 avec,
d'un côté, pour clore les dites années, l'arrivée au pouvoir des
Sandinistes (avec des prêtres dans les ministères) et de l'autre,
pour la naissance d'une nouvelle ère, Reagan président des USA. Au
même moment Khomeyni s'impose et l'URSS commence à s'effondrer entre
le bourbier afghan et les révoltes polonaises ?
Peut-être qu'en 1980, tu étais, Pierre, pro-Khomeyni avec les
communistes et pro-Lech Walesa avec les socialistes. Depuis 1980 le
mouvement démocratique en prend plein la figure dans le monde entier.
La naissance de l'islam politique (l'islam quittant le statut de
religion pour devenir critère de gestion de toute la société) eut le
modèle iranien moins ridicule que le modèle de l'Arabie Saoudite. Le
gouvernement de Khomeyni, en récupérant à son profit la lutte contre
les USA se distingue du glorieux capitalisme familial de l'Arabie
Saoudite à la botte des multinationales. Khomeyni et Reagan ont
cependant un point commun : ils réussissent à introduire ensemble la
lutte des classes dans le dictionnaire en tuant le sens des mots. Le
premier crée la république islamique avec démocratie islamique (un
système qui conduira au retour de l'inquisition en Iran) et le second
la révolution conservatrice comme si les conservateurs pouvaient
faire une révolution ! Quel système économique prône l'islam
politique ? Un néo-libéralisme au service de sa caste. Quel modèle
politique ? La théocratie. Quelle théologie ? La réécriture
réactionnaire du Coran.
Mes propos identifient tous les musulmans aux adeptes de Mgr
Lefebvre ? Pas du tout, vu que je répète partout que la grande
majorité des musulmans refusent l'usage de la religion à des fins
politiques.
Je confonds la France et l'Iran ? Pas du tout, j'étudie le cas de
progressistes très puissants qui voulurent faire alliance avec
l'islam politique et qui y perdirent la vie. L'islam de la libération
a beaucoup existé dans les prisons des Talibans, Mollahs et autres
extrémistes de partout qui, sous couvert des intérêts de LEUR peuple,
soignent surtout leur « légitimité ».
En résumé, les curés de la théologie de la libération affrontèrent
tous les manitous du monde tandis que les islamistes politiques usent
de trois pouvoirs essentiels :
celui offert part les USA qui, en développant le néo-libéralisme,
tuent le lien social à la satisfaction des religions (la fin de la
solidarité sera toujours le retour de la charité),
celui offert par la manne pétrolière (étrange absence de ce point
quand on parle de l'islamisme)
et celui de régimes dictatoriaux puissants.
Dans ce contexte de la lutte des classes revenons en France pour
conclure. L'islam politique c'est l'UOIF, pour le cas où il faudrait
appeler un chat un chat. On le devine par ta référence à la manif du
7 novembre où l'UOIF, qui a d'abord obtenu la caution de Sarkosy, a
obtenu celle du mouvement démocratique. Un ami toulousain remettant
en cause ce raisonnement indiqua qu'à Toulouse, l'UOIF ne participa
même pas à l'organisation du défilé. Je suppose qu'il en fut de même
à Paris car le souci de l'UOIF n'est pas d'organiser des
manifestations. Son souci est celui de Khomeyni : devenir le
représentant essentiel d'une communauté que l'UOIF veut créer car
elle n'existe pas, la communauté musulmane. Tout l'appareil
médiatique travaille dans le même sens en faisant croire qu'entre un
Marocain et un Kosovar, il y a une valeur au-dessus de tout
nationalisme, la religion ; tout comme le capitalisme nous révèle
qu'il y a une valeur au-dessus de la nation, le fric. L'UOIF ne
représente rien si ce n'est un accès aux finances du Golfe, et à
présent un rôle d'interlocuteur majeur avec le gouvernement.
Dans ce contexte quel rôle catalyseur peut jouer le mouvement
ouvrier ? Tu le dis très bien : les organisations syndicales sont
déconsidérées aujourd'hui. A la base, les tentatives de riposte sont
multiples, mais les directions syndicales se sont rendues incapables
de fédérer cette riposte pour la conduire vers de nouvelles
conquêtes. Un jeune syndicat Sud Education du Lot vient de rassembler
80 personnes pour un débat à Figeac. C'est bien, et tout le monde se
demande comment passer le cran au-dessus. Tu vas me répondre qu'il
n'est pas possible de passer le cran au-dessus avec des raisonnements
qui poussent les musulmans vers les extrêmes. Alors écoute mes
propositions et peut-être qu'on se comprendra :
- A la rentrée, profs d'histoires et instits enseignent
pendant un mois l'histoire récente du Maghreb.
- A la rentrée, l'enseignement de l'arabe DANS l'Education
nationale devient une priorité suite à une manifestation monstre
organisée à ce sujet.
- En juin, d'autres manifs partout à la gloire de Mohamed
Benchicou et Hafnaoui Ghoul journalistes emprisonnés en Algérie car
démocrates (pour rendre visible une Algérie autre que celle des
islamistes et du pouvoir).
- Au même moment, une semaine de radio et télé publiques
sans les chroniqueurs habituels dont l'Education nationale vient de
rassembler les bavardages en un beau livre à destination des écoles.
A la place elle invite, Latifa Ben Mansour, Fiammetta Venner,
Caroline Fourest, Mohamed Sifaoui, Youssef Seddik, Chahla Chafiq,
Talisma Nasreen, Paco Ignacio Taibo II, James Petras, Howard Zinn,
Gustavo Gutierrez (je ne prétends pas à l'exhaustivité).
- Enfin, très rapidement notre syndicat Solidaires organise
un stage de formation de trois jours pour présenter la pensée de
Mohamed Mahmoud Taha : un jour sur l'homme, un autre sur son islam de
libération et le troisième pour étudier sa condamnation à mort à
Khartoum au Soudan voici 10 ans par un tribunal islamiste.
Oui, il faut travailler à de nouvelles alliances qui placent au
premier plan les droits des femmes et envoient en quarantaine les
organisations dont nous savons qu'elles jouent dans le camp adverse.
Rappelons à ce sujet que les inventeurs de la juste loi de Séparation
de l'Eglise et de l'Etat furent les mêmes qui refusèrent injustement
de donner le droit de vote aux femmes par crainte d'un vote à droite.
Elles étaient considérées sous influence du clergé ! Peut-être nous
retrouverons nous d'accord le jour où il faudra refuser la création
de partis politiques religieux mais en attendant, prépare un article
pour vanter les mérites du Coran version Youssef Seddik. Côté
théologie de la libération, lit ce qu'en dit Marcos en conversation
avec Vazquez Montalban : la laïcité d'abord car elle n'est pas une
exception française mais tout autant un combat mexicain … salut et
fraternité
Jean-Paul Damaggio

ANTIFASCISME
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La diffusion d'Al-Manar était incompatible avec la démocratie
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SOS Racisme se félicite de l'annonce d'une modification de l'arsenal
juridique faite ce jour par le Gouvernement dans le domaine de
l'audiovisuel.
La situation créée par la diffusion de la chaîne Al-Manar est pour
nous incompatible avec le respect de la démocratie et de ses règles
puisque La chaîne Al-Manar ne poursuit que deux objectifs : propager
la haine antisémite et l'apologie du terrorisme.
De ce fait, sa diffusion représente un danger conséquent pour des
jeunes déjà fragilisés.
Mais le cas de la chaîne Al-Manar constitue l'arbre qui cache la
forêt de chaînes du même acabit dont nous ne saurions tolérer la
poursuite de la diffusion. C'est pourquoi l'annonce de modifications
législatives dans le domaine de l'audiovisuel ainsi qu'une
concertation au niveau européen nous semblent, au-delà des
déclarations gouvernementales, particulièrement urgentes, comme
l'avait indiqué Dominique SOPO, Président de SOS Racisme, lors de sa
rencontre avec Monsieur Dominique BAUDIS, Président du CSA lundi 29
novembre.
Dans l'attente de la mise en place effective des dispositions
esquissées par Jean-Pierre Raffarin, SOS Racisme n'exclut pas, si
cette dernière venait à durer, d'engager les procédures judiciaires
nécessaires afin de mettre l'opérateur Eutelsat devant ses
responsabilités pénales.


A VOIR
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Tabous, film iranien de Mitra Farahani
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C'était l'avant-première à Lyon ( 14/12/2004) avec la réalisatrice ,
et les organisations féministes invitées ( dont NPNS ) Ce film est un
choc ! Quel courage et quel talent ! Il fait le portrait , à travers
la confession de femmes et d'hommes , de la sociéte iranienne . Les
femmes se livrent à cette confession sur la sexualité en Iran , elles
parlent de l'oppression morale , religieuse et sociale qu'elles
subissent . Avec le discours d'hommes aussi , chargés de maintenir
cet ordre moral et religieux : ils regrettent les "débordements "
d'une jeunesse qui désire s'émanciper . Ils sont effrayants , ces "
gardiens " et leur vision de l'ordre est tout simplement ..
fasciste ! A méditer pour ceux qui se laissent tenter par ces
discours , même hypocritement " nuancés ", en France , et par cet
ordre" islamiste ".. La réalisatrice , timide jeune femme , a été
chaudement applaudie . Elle m'a paru prudente et même effrayée ..
Elle parle de l'éclatement de la société iranienne en " groupes qui
ne se parlent pas , hommes - femmes etc .. de schizophrénie "
Souhaitons qu'elle ne soit pas menacée dans notre pays et allez ,
non , courez voir ce film !

Mireille Popelin - UFAL- Rhöne


AGENDA
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6 janvier 2005
A Calais, Jeudi 6 Janvier 2005 à 18h30, La Fédération du Pas de
Calais de la Libre Pensée vous invite à une conférence-débat sur le
thème : Euthanasie : un droit ? Une liberté ? Présentée par le
Docteur Michèle VINCENT (médecin-spécialiste, Vice-Présidente de la
Fédération Nationale de la Libre Pensée) avec la participation de
Monsieur Jacques POHIER (administrateur de l'Association pour le
Droit de Mourir dans la Dignité) au Musée des Beaux Arts et de la
Dentelle, 25 rue richelieu Calais en partenariat avec la LDH, l'ADMD,
l'UFAL et l'association Faut qu'on s'active.

7 janvier 2005
A Lille, Vendredi 7 Janvier 2005 à 18h30 La Fédération du Nord de la
Libre Pensée vous invite à une conférence-débat sur le thème :
Euthanasie : un droit ? une liberté ? Présentée par le Docteur
Michèle VINCENT (médecin-spécialiste, Vice-Présidente de la
Fédération Nationale de la Libre Pensée) avec la participation de
Madame Edith DEYRIS (Vice-Présidente de l'Association pour le Droit
de Mourir dans la Dignité) dans les locaux de l'UFJ (Union Française
de la Jeunesse) rue Macquart à Lille

27 janvier 2005
Le jeudi 27 à 20h30 « La constitution européenne », avec Raoul Marc
JENNAR, président de l'association URFIG, au Tonneau de Diogène, 6
place Notre Dame, 38000 Grenoble ; tel : 0476 42 38 40. (Tram B :
arrêt Notre Dame), à consulter pour les évolutions du programme :
www.amis.monde-diplomatique.fr


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