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Re: avortement
Ayant juste indiqué que je ne souhaitais pas participer à ce débat sur
l'avortement, je voudrais néanmoins apporter une expérience personnelle, et
je regrette qu'il n'y ait pas de femme sur cette liste pour l'infirmer ou
la confirmer.
J'avais quelques amis à dîner l'autre soir, et la conversation portant sur
ce même sujet, j'émis l'avis que l'utérus artificiel serait le moyen de
résoudre le problème. L'embryon y serait transféré aussitôt que détecté
s'il violait la propriété de la femme sur son ventre. Ni meurtre pour ceux
qui le jugent ainsi ; ni transgression, inconfort ou danger pour ceux qui
mettent en avant les droits de la femme ; et incidemment, les droits du
père, dont on ne parle pas dans la question de l'avortement, sont respectés
aussi.
Du moins, le croyais-je. Tollé. Les femmes, et les pères aussi, ne
voulaient pas entendre parler de cette solution. La perspective d'un
enfant, de 'leur' enfant, vivant quelque part, élevé par d'autres, ayant
des enfants à son tour portant leurs gènes, ce fantôme en chair et en os ne
leur permettait pas de 'faire le deuil'. C'est bien la mort qu'ils
réclamaient.
Si c'est ainsi que se pose le problème, on n'est plus en présence de droits
de propriété sur un utérus. On n'est pas en présence d'un amas de cellules
indifférenciées, puisqu'on repère déjà dans cette indifférenciation un
humain sujet de droit, élève, travailleur, citoyen, procréateur à son tour.
Ce fut un peu une révélation pour moi, car j'avais tendance, sans y avoir
réfléchi, de juger l'avortement 'moralement condamnable mais légalement
admissible'. Il me semble qu'il se joue bien autre chose, du moins si j'en
juge par mon échantillon de convives, sans doute nullement représentatif.
Christian
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