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Cycles et Rythmes   Liste de messages  
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http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm

CHAPITRE VII

CYCLES ET RYTHMES

Dans un chapitre précédent, nous voyions l’histoire comme un code de
signaux significatifs, comme une symbolique de l’âme des hommes –analogue à
l’âme du monde–, qui se manifeste sous diverses formes dans la vie des peuples.
Et si cette histoire ne se répète pas exactement –ni ne pourrait jamais le
faire, puisqu’il est impossible que l’être se manifeste deux fois ou plus dans
un même état d’existence, tout simplement à cause des lois de l’espace, du
temps, et du mouvement, que les nombres et les figures géométriques symbolisent–
il est cependant évident qu’elle abonde en réitérations et analogies. La raison
en est, sans doute aucun, à la circularité du temps et la théorie des cycles
–qui s’inscrivent les uns dans les autres–, qu’il s’agisse des plus petits,
comme ceux du jour ou de l’année, ou des plus grands, ceux du manvântara et du
kalpa, qui se réfèrent respectivement au cycle de naissance, développement et
fin d’une humanité, en correspondance avec le ciel et la terre de cette période,
et d’un monde et sa condition temporelle.

Il est important de signaler aussi que les événements historiques ont
toujours lieu en un lieu géographique déterminé, certaines régions prenant
parfois la primauté sur d’autres, pour des facteurs très divers, parmi lesquels
ceux qui concernent la nature propre de la terre et ses variations de
développement temporel, qui vont du changement climatologique à la disparition
de continents entiers. L’on a en général tendance à penser à une géographie fixe
et à un espace stellaire solide, quand la terre elle-même est un point de
référence mobile –comme toutes les planètes– et l’espace n’est rien en tant que
tel sinon que c’est le jeu des tensions dynamiques de diverses forces, ou le
permanent déséquilibre et équilibre des éléments qui le composent.

Les rapports espace-temps, et leur correspondance mutuelle, sont clairement
exprimés dans l’histoire et la géographie sacrée des différents peuples, ainsi
que dans leurs mythes, rites et symboles, et par conséquent, dans la légende et
le folklore des sociétés actuelles. Dans le christianisme, l’histoire de Jésus
débute dans un lieu petit, humble, écarté, une crèche ou une grotte, et deux
animaux veillent sur l’enfant, et le réchauffent de leur haleine, deux animaux
qui, telles deux colonnes à ses côtés, symbolisent la rigueur et la justice
(l’âne) et la grâce et miséricorde (le bœuf) ; l’entêtement et la mansuétude qui
seront par la suite homologués par le bon et le mauvais larrons, à la fin de
l’histoire, dans une autre situation géographique, ou en une autre position sur
le même axe, cette fois au sommet d’une colline appelée Golgotha, qui signifie
crâne –symbole de la coupole axiale, caput ou tête–, le faîte où se produit
l’exaltation glorieuse, l’absorption dans le sein du Père, lieu élevé,
spécialement désigné dans toutes les traditions comme un lieu de contact avec
d’autres réalités situées au-delà du cosmos. Nous ne nous étendrons pas à donner
de nombreux exemples illustratifs de traditions ou civilisations où la
correspondance et la complémentarité entre les symboles de temps et d’espace
soient parfaitement significatifs, car cela ne correspond pas à la nature de cet
essai, qui en un certain sens prétend être une synthèse et non pas une
démonstration. Nous dirons seulement qu’à un temps mythique correspond un espace
propre, différencié, et que certains espaces (comme le paradis terrestre et la
Jérusalem céleste), se rapportent à des temps distincts. L’âme humaine vient au
monde par une porte et sort par une autre, et dans l’intervalle –marqué par
l’espace et le temps– elle a l’opportunité de se reconnaître et d’échapper à
cette condition au moyen de l’identification avec d’autres états de l’être
universel, dont elle peut vivre l’expérience par le biais de la conscience
individuelle –semblable à la conscience universelle– et qui constituent la
possibilité de régénération particulière –et aussi universelle–, en prenant
toujours comme support, bien entendu, la génération et la création dans l’espace
et le temps. Cela nous indique que la vie de l’homme –et du monde– non seulement
représente une grande opportunité pour l’intégration avec l’être universel et
ses nombreux états, totalement inconnus du gros de la population, sinon qu’elle
nous signale également que cet être universel se manifeste, ou existe, grâce à
ces coordonnées spatio-temporelles, qui sont comme son corpus sensible –les «
sens » du monde, analogues aux sens des hommes– dans lesquelles nous nous
reflétons aussi bien que lui, prenant ainsi conscience de l’unité originelle ;
ou encore, dit d’une autre manière : que l’esprit se reconnaît lui-même par
lui-même. D’autre part, toute l’histoire et la géographie sacrées ne sont rien
d’autre que des exemples de ces correspondances mutuelles entre espace et temps
et, nous venons de le voir, la manière dont l’être universel s’exprime ou se
manifeste, se reflétant dans ces qualités sensibles, dans ce code symbolique.
Dit en d’autres termes : que le cosmos et ses coordonnées constitutives sont la
manifestation sensible de l’être ou homme universel.

Nous ajouterons que le temps est évaluable dans la mesure où il s’exprime
dans une variable divisible, c’est-à-dire l’espace. Le temps est par conséquent
toujours en relation avec l’espace et l’implique obligatoirement. C’est
également ce qu’il se passe avec le mouvement, qui se manifeste aussi dans
l’espace et qui possède un ordre successif du temps, raison pour laquelle on l’y
identifie, au point de pouvoir le considérer comme une représentation spatiale
du temps. En réalité, le mouvement –qui n’est que l’actualisation des potentiels
spatio-temporels– fait coexister en lui-même l’espace, qui est simultané, et le
temps, qui est successif, équilibrant de cette manière l’ordre universel. Temps
et espace se complètent et interagissent. Le temps marque, donne la couleur, et
modifie l’espace, comme cela peut être observé dans la symbolique du paysage et
ses changements et variations au long des quatre saisons de l’année, qui en
définitive ne sont pas autre chose que le reflet direct de symboles cycliques
plus vastes, qui prennent tout leur sens dans la notion du cycle archétypal. Et
c’est selon ce mode cyclique qu’il convient de lire l’histoire et la géographie
–ainsi que les arts et les cultures qui s’y produisent–, car elles constituent
une symbolique –une poétique– du temps et de l’espace.

Le modèle symbolique de la roue exprime et réunit de la façon la plus simple
et la plus claire la coexistence de l’espace (ou plan d’irradiation, où tout est
compris) et le temps que signifie le mouvement (où toutes choses se manifestent
de manière successive). Et si nous nous en tenons au modèle cosmique, nous
comprendrons que le point virtuel, toujours central –reflet d’un axe vertical–,
organise l’espace, qui est en définitive l’actualisation de la puissance de ce
point rabattue sur le plan horizontal et que parcourt, successive et temporelle,
la ligne droite, le rayon, qui établit la relation bipolaire entre le point
originel et le point limite de la circonférence, qui coexistent tous deux sous
forme successive et simultanée, temporelle et atemporelle, quantitative et
qualitative ; et qui sont aussi mobiles et immobiles et, conçus dans le principe
substantiel, détermineront la forme (mode, couleur ou signe) de la vie du
modèle.

Et, répétons-le, la coexistence de ces deux coordonnées qui conditionnent
tout le monde « physique », est possible grâce au mouvement de la roue –qui,
d’un certain point de vue, peut être prise comme la conjonction
spatio-temporelle– qui doit générer la vie et aussi la forme d’expression de ces
principes1 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n1#n1> . Mais
pour pouvoir clairement comprendre ces notions, nous devons obligatoirement nous
situer sur une échelle et traduire ces concepts en termes de magnitudes,
c’est-à-dire les verser sur notre existence ou forme de connaître sensible, en
correspondance stricte avec la nature des choses et le plan architectural de la
création. D’où le rôle fondamental de la quantité –et celui de la manifestation–
qui se convertit cependant, isolée de son principe et sans rapport avec son
contexte, prise de façon littérale, voire divinisée pour ses apparentes
caractéristiques phénoménales, en le principal obstacle pour la connaissance,
lorsqu’elle est considérée comme une déité idolâtrée à laquelle sont rendus
toutes sortes de tributs, débouchant sur le fanatisme aveugle de ses adeptes.

Dans l’économie divine, l’indéfiniment grand et l’indéfiniment petit se
placent sur une gamme, ou cadre, qui est en correspondance avec l’homme et le
monde, sans quoi tout manquerait de sens et ne pourrait donc pas être
appréhendé, ni exister d’aucune manière. Ce qui nous ramène à l’idée que le
cosmos (macro et micro) constitue une seule « chose » et une seule « matière »,
et par là même un ensemble analogique, composé de lois semblables, encore
qu’elles prennent des formes différentes, comme en sont des exemples le corps
humain, la culture des civilisations et le discours musical. Cette gamme
s’exprime dans et par le mouvement pendulaire des rythmes et des cycles, et se
compte et se comprend en termes dimensionnels. À partir de ce point de vue,
l’espace et le temps peuvent être vus comme indéfinis, en nous situant
précisément nous-mêmes, et le monde, dans un ordre de magnitudes variables et
finies.

Bien connus sont les exemples modernes qui placent le vaisseau de la terre
(et son équipage, l’homme) dans l’immensité de l’espace. Ainsi, nous devons dire
que ce « navire » se déplace dans le ciel à des milliers de kilomètres à l’heure
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n1#n1> 2
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n2#n2> et appartient au
système du soleil, « l’astre roi » étant son centre, comme le cœur l’est du
monde cellulaire. Ce système s’inscrit à son tour dans la Voie Lactée, une
nébuleuse en spirale qui est évidemment un monde plus vaste que le système
solaire et dont ce dernier dépend. Il y aurait donc dans la Voie Lactée un
soleil de notre soleil, ce que la cellule est par rapport à la molécule, et
celle-ci par rapport à l’électron. Ce rôle correspond de même à la nature
relativement à l’homme, ainsi qu’à la terre par rapport à la nature, et au
soleil vis-à-vis de la terre, laquelle lui doit sa causalité, tout comme la
nature doit son existence à la terre, et l’homme à la nature, la cellule à
l’homme, la molécule à la cellule et l’électron à la molécule. En un certain
sens, l’on pourrait dire que chaque monde plus vaste est l’origine, ou le père,
du plus restreint, et que celui-ci tient le même rôle en regard de celui qui le
suit. Cet enchaînement, qui est de fait parfaitement normal, possède la
caractéristique de nous surprendre dès que nous nous penchons sur les magnitudes
que nous rencontrons lors de nos tentatives pour nous placer à l’échelle de
l’indéfiniment grand et de l’indéfiniment petit. En effet, l’on suppose que le
soleil tourne autour de son centre galactique en un parcours durant deux cents
millions d’années, ce qui représenterait un « jour » solaire. La Voie Lactée, à
son tour, tournerait autour d’un centre inconnu et mettrait vingt millions de
millions d’années à compléter son parcours, ce qui constituerait un « jour »
galactique <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n2#n2> 3
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n3#n3> . Quant aux
magnitudes du petit, disons que le « jour » d’une cellule sanguine est de
dix-huit secondes et que celui de la molécule dure à peine plus d’une seconde.
Nous n’ajouterons rien au sujet de l’électron et de mondes beaucoup plus petits
(signalons cependant que la micro-électronique produit actuellement des
ordinateurs qui opèrent avec des signaux de trois cents mille millions de cycles
par seconde). D’autre part, tout le monde connaît ces données qui évaluent la
distance nous séparant d’une étoile déterminée, que certaines des plus proches
se trouvent à des magnitudes qui se mesurent en années lumière, ce qui revient à
dire que le temps que l’on mettrait à parcourir la distance qui nous en sépare,
à la vitesse de propagation de la lumière dans l’univers, est tellement long
qu’une étoile visible cette nuit est vue depuis la terre telle qu’elle était il
y a des centaines de millions d’années, et non pas telle qu’elle est
actuellement. L’inverse est tout aussi valable, et si un observateur se trouvait
aujourd’hui sur l’une de ces étoiles « proches », regardant vers la terre au
moyen de quelque appareil, artefact ou méthode, ce qu’il verrait serait, par
exemple, le commencement du kalpa présent. Cela est bien sûr une façon de
s’exprimer, car les magnitudes auxquelles nous nous référons, estimées en temps
chronologique, ne sont pas réellement mesurables et ne gardent pas de
proportions, qu’il faudrait peut-être rechercher seulement à l’échelle du soleil
et de son système, vu que l’antiquité et la tradition font unanimement référence
à cette « mesure ».

Si une cellule sanguine, dont le cycle dure dix-huit secondes par rapport à
son centre, le cœur, prétendait se situer elle-même quant au grand cycle ou «
jour » solaire, qui est la période de précession des équinoxes (vingt-cinq mille
neuf cent vingt ans) ou, sans aller plus loin, avec l’année solaire de trois
cent soixante-cinq jours, ou mieux encore, avec un simple jour de vingt-quatre
heures, elle observerait que ce dernier temps chronologique, dans lequel peuvent
s’écouler quatre mille huit cents générations de son espèce (ce qui, rapporté au
plan humain, équivaudrait à un espace de cent vingt mille ans, si l’on considère
qu’une génération actuelle dure environ vingt-cinq ans), non seulement cela lui
est inutile pour ses calculs, sinon qu’en plus elle se trouve conditionnée
intrinsèquement par les événements propres à son milieu, dans ce cas l’organisme
humain et son centre, le cœur, qui vit en vingt-quatre heures toute sorte de
déplacements et changements spatio-temporels. Le temps, au moyen duquel l’on
mesure l’espace, n’est en aucun cas uniforme. Il est vivant, maintenant, comme
une qualité sensible du cosmos ; et son calcul chronologique, grâce auquel nous
avons l’habitude de dimensionner l’espace, est seulement l’un de ces aspects ou
qualités. Le temps est une catégorie de l’âme, qui naît de l’intérieur du cœur
et se régénère constamment elle-même
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n3#n3> 4
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n4#n4> . D’autre part,
l’espace géométrique est uniforme, le physique ne l’est pas. L’on peut parler
d’un espace quantitatif ou mesurable, supposé homogène, mais l’espace n’est pas
seulement la quantité, c’est aussi la qualité des éléments qui le composent
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n4#n4> 5
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n5#n5> .

Nous voulons aussi insister sur le fait que les cycles et notre position par
rapport à eux, nous donnent une proportion entre les choses, idée proche de
celle d’harmonie –et de justice–, notions qui sont étroitement liées à celle de
« mesure » à laquelle nous nous sommes référés, et qui exprimeraient les
qualités inhérentes à la quantité, et non pas uniquement leur magnitude continue
et successive. Nous avons dit en outre que chaque cycle ou monde est le symbole
d’un autre monde, plus grand ou supérieur ; l’image d’un enchaînement, qui va
au-delà du temps spécifique du cycle, ou monde, pris comme point de référence et
qui pourrait alors être considéré comme extra-temporel vis-à-vis du cycle ou
monde inférieur, ou non assujetti aux mêmes « mesures » si tous deux se réfèrent
à des qualités spatio-temporelles vivantes distinctes, qui constituent les
différentes parties de l’être ou homme universel. Et cette proportion, ce
rythme, cette « magnitude » ou cette « mesure », représente l’ordre du monde, sa
loi, où chacune de ses parties s’articule dans la même proportion que toutes les
autres, mais en conservant une relation que ne peut pas toujours mesurer la
série numérale discontinue, d’abord parce que le cosmos n’est pas un espace
absolument continu, et ensuite parce que ce n’est pas un modèle géométrique ou
mécanique <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n5#n5> 6
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n6#n6> , sinon un
organisme vivant, ou les possibilités que le germe ou l’embryon porte en lui
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n6#n6> 7
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n7#n7> .

Pour la tradition hindoue, le kalpa est la mesure ou le module du temps,
comparable à un autre niveau au module spatiale du système solaire. Ce kalpa
comprend tout notre monde, et c’est où l’on trouve en fait l’état humain
–exprimé dans les divers manvântaras par les formes correspondant aux
différentes positions des planètes et des étoiles, et leurs changements
corrélatifs sur la physionomie de la terre–, qui est un état de l’être
universel, marqué par le temps et l’ordre successif, qui caractérisent justement
notre monde et son développement. Comme on
le sait, un kalpa contient une série de quatorze manvântaras. Six sont déjà
passés et sept sont à venir, car nous nous trouvons actuellement à la fin du
septième de la série. La durée d’un manvântara est de quatre millions trois cent
vingt mille ans. La durée du kalpa serait alors de quatre millions trois cent
vingt mille multipliés par quatorze, ce qui nous donnerait un total de soixante
millions quatre cent quatre-vingts mille ans, ou un « jour » de Brahma. L’année
de Brahma est obtenue en multipliant ce chiffre par trois cent soixante, soit
vingt et un mille sept cent soixante-douze millions huit cent mille ans. Et la
vie de Brahma dure cent ans, ce qui fait qu’il faut multiplier la quantité
précédente par cent et nous obtiendrons ainsi ce que les hindous appellent un
Para. Il s’agit d’exprimer ainsi l’indéfini, hors de toutes proportions
calculables. Cette chronologie doit être considérée dans son expression
numérique et quantitative, constituant un symbole-magnitude
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n7#n7> 8
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n8#n8> . Et encore
davantage si l’on tient compte que « un Brahma est suivi d’un autre Brahma ;
l’un se couche, l’autre se lève. On ne peut pas les compter. Le nombre de ces
Brahmas n’a pas de fin... » « ...au-delà de la vision la plus lointaine, plus
loin que tout espace imaginable, les univers naissent et s’évanouissent
indéfiniment. Comme de frêles esquifs ces univers flottent sur l’eau pure et
sans fond qui forme le corps de Vishnu. De chaque pore de ce corps un univers
sort à chaque instant et explose. Auras-tu la présomption de les compter ? »
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n8#n8> 9
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n9#n9> .

Évidemment, il s’agit d’un temps indéfini qui progresse ad infinitum. Et qui
cependant se régénère constamment, de manière cyclique, ce qui permet son
actualisation pérenne et le met à notre disposition d’un mode virginal, par la
répétition du rythme fondamental du cosmos : sa destruction et sa reconstruction
périodiques que l’homme expérimente continuellement. Il faut souligner que cela
arrive toujours dans le microcosme avec la fonction respiratoire, intimement
liée aux cycles et aux rythmes. Chaque fois qu’une cellule sanguine est
oxygénée, ses molécules meurent et renaissent. L’on pourrait ainsi dire qu’à
chaque fois que nous respirons, nous naissons, et qu’à chaque expiration, nous
mourons. C’est exactement ce qu’il se passe avec l’aspir et l’expir universel
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n9#n9> 10
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n10#n10> .

En réalité, tout le travail pour se libérer de ce qui s’appelle, en termes
bouddhistes, le samsara –ou faire tourner la roue des existences–, c’est-à-dire
transcender l’espace cosmique et le temps cyclique, se réalise par le biais du
temps, ou mieux encore, avec le temps et dans l’espace. C’est-à-dire avec les
éléments vivants de la création physique, qui ouvre la porte de ce passage, ou
transmutation, qui peut être effectuée de nombreuses manières. Ainsi, sur le
fond prototype d’un processus initiatique, se brode une histoire personnalisée,
dans laquelle le souvenir des origines et la mémoire de soi sont traduits dans
le temps, comme une évocation de l’enfance dans ce qu’elle possédait de plus
pur, ou comme la remémoration d’expériences passées qui ont été significatives
et auxquelles l’on découvre un sens qui gisait souvent sous l’enchevêtrement de
la psyché. Ce souvenir de soi-même, bien que fragile et fragmentaire, d’un côté
ne se réfère pas à la personnalité telle que nous avons l’habitude de la
considérer, et d’un autre côté, se rapporte au fait d’apercevoir peu à peu une
autre dimension du temps ; le temps mythique (ou la anamnesis telle que Platon
la considérait), beaucoup plus réel et effectif que ce calcul partiel de
l’avenir, qui sous ce nouvel éclairage nous apparaît alors comme un amorphe plus
ou moins illusoire. L’écoute de ces voix intérieures revient à écouter l’homme
intérieur hors de ses circonstances externes ; faire l’expérience de l’être, de
l’homme universel, à présent heureusement séparé de ses masques et de ses rôles
ainsi que de ses conduites et formes d’existence variées. L’on accède dès lors à
vivre une expérience beaucoup plus proche de soi-même, qui nous fait comprendre
une présence qui a toujours été là, comme une composante invisible de toute
individualité. Cette connaissance de l’unité de l’être, quel que soit le niveau
où elle se produit, peut être considérée comme une rupture de l’espace profane
où nous sommes généralement enfermés, et comme l’accès à un autre plan, ou zone,
ou monde, beaucoup plus subtil et de plus grande qualité, et donc d’une plus
grande richesse qualitative. L’on opère pour cela une rupture de niveau spatial,
à partir du temps pris comme un support de l’éternité, puisqu’il constitue une
manifestation réflexe, ou inversée, du non temps –ou d’un autre temps– qui est
appréhendé, sur la ligne de notre horizontalité historique, comme quelque chose
d’antérieur, alors qu’en réalité ce temps mythique vertical coexiste avec la
succession, raison pour laquelle l’on peut en dire que : « c’est une image
mobile de l’éternité ». Et ce temps courant, et cet espace où il se produit,
doivent avoir quelque chose de la qualité de ce qu’ils expriment ou symbolisent,
puisque, nous l’avons déjà dit, s’il n’en était pas ainsi, ils ne pourraient en
aucun cas le manifester.

S’il était licite de parler « d’histoire » à certaines magnitudes, le monde
tout entier a été un « œuf », puis un embryon, qui s’est manifesté par la suite
dans toutes ses espèces et avec elles –dont le développement a commencé de
manière indépendante et harmonique, en accord avec leur milieu, leur contexte–,
ou toutes ses parties, tel qu’un homme, un animal ou un arbre ; et tout comme
elles, il se régénère et se reproduit cycliquement aux niveaux où il se
manifeste. Ceci n’est en réalité qu’une façon de s’exprimer
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n10#n10> 11
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n11#n11> , car en fait,
ce qui est exprimé comme successif est simultané dans un autre ordre, et même
dans le même ordre spatio-temporel, car cela est pérenne et survient constamment
–par conséquent, en cet instant précis–, et s’exprime au moyen de lois
prototypes.

Nous avons l’habitude de voir la création sous une forme absolument
historique, alors qu’il ne s’agit en fait que d’un point de vue : car le fait
historique n’est pas seulement horizontal, sinon qu’il est fondamentalement
vertical, dans la mesure où l’origine présente dans toute forme substantielle
est extra-temporelle, non marquée par le temps et l’espace. Cette origine de
tous les cycles est le cycle prototype qui, par sa dimension incréée, existe
toujours. Il est faut observer que ce qui change, ce sont les formes indéfinies,
non les structures primaires prototypes, et jamais les archétypes, justement
qualifiés d’éternels. La totalité du temps se passe maintenant dans le cœur de
l’homme. Le créateur génère tout le cosmos et le fixe au moyen de la
polarisation sur un dieu conservateur, et sur un autre, destructeur et
transformateur.

Notre intérêt est de continuer de considérer la roue comme un espace, un
temps, et aussi un mouvement, c’est-à-dire en fonction de son action générée par
l’espace et le temps. Nous avons déjà fait référence aux quatre âges de
l’humanité, ou aux quatre étapes de la vie d’un être humain. Il serait également
intéressant de se pencher sur le cycle de la fonction respiratoire, qui se
divise de manière binaire : inspiration-expiration –valable aussi bien pour
l’homme que pour l’univers–, et pouvant être subdivisé en quatre temps –ou
mouvements spatiaux– dont le premier est la prise d’air, le second sa rétention,
suivi d’un troisième, l’expulsion complète –assimilable à une mort–, avant le
quatrième, un vide total. À ce stade, il doit inévitablement se produire une
nouvelle inspiration, indispensable à la régénération cyclique. Quant à la roue
en tant qu’espace, nous y avons déjà fait référence en la considérant comme un
mandala12 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n12#n12> ,
c’est-à-dire comme un espace significatif et sacré, en opposition avec n’importe
quel lieu indéterminé, chaotique ou profane. Autrement dit : la roue statique
associée à l’espace, en opposition avec la roue dynamique, liée au temps.
L’espace génère du temps. Le temps crée de l’espace. Et ils produisent à eux
deux le mouvement de la roue, qui constitue la ritualisation du mandala
cosmique, ou le passage à l’acte, l’entrée en fonction, des potentiels occultes
de l’immobile, qui prendront par la suite vie et forme substantielle. Et cette
vie et cette forme produites par le mouvement doivent être étudiées par rapport
à un autre cycle quaternaire. Nous nous référons au recyclage pérenne des
éléments ou composants de la vie qui forment la « matière » et qui, on le sait,
étaient appelés dans l’antiquité feu et eau, air et terre. En réalité, cette «
matière » en tant que telle n’existe pas, mais nous pouvons parler de certains
états de la « matière » par rapport au degré d’intervention du principe ou de
l’élément qui la compose. En supposant un état relativement stable de cette
matière, elle nous apparaît sous trois formes de base : solide, liquide ou
gazeuse, qui correspondent aux éléments terre, eau et air. Le quatrième élément
ou principe, le feu, et aussi appelé principe radiant de la matière. C’est par
l’intermédiaire de la chaleur, du feu, que les autres éléments ou états sont
transformés, les uns dans les autres, car le feu fond les solides, évapore les
liquides et les condense par son absence, en les solidifiant. Ainsi, la
libération ou l’absorption de la chaleur détermine en fait l’état de la matière.
En conséquence, un état relativement stable de matière ne se différencierait
d’un autre qu’en proportion de la chaleur, qui fait que les molécules d’un corps
se trouvent plus ou moins éloignées les unes des autres, ce qui permet de
libérer le mouvement possible entre elles. De toute manière, et revenant à notre
sujet de la proportion et de la mesure, si nous tenons compte que le soleil est
l’élément igné, ou radiant, par rapport aux états de la matière de notre
planète, il est logique de penser que cet astre est en parfaite harmonie,
coïncidence et équilibre avec la vie de ce monde, avec sa structure même –tout
comme avec celle de l’homme– étant tous deux placés sur une onde d’énergie
analogue, où deux éléments existent sous forme individualisée par l’action du
soleil, pouvant ainsi changer et se combiner constamment et continuer l’œuvre
créatrice à leur propre niveau. Si s’altéraient les proportions, les magnitudes,
les mesures de cet équilibre harmonique, si la terre s’éloignait ou se
rapprochait démesurément du soleil, la vie s’achèverait par congélation ou par
évaporation, pour l’excessive compression moléculaire du compact ou pour la
dispersion moléculaire du gazeux. Ce qui exprime parfaitement la relativité de
ce que nous voyons comme fixe, réel et inamovible, alors qu’à l’évidence c’est
tout le contraire. Surtout si nous considérons que ce recyclage permanent des
éléments se produit en l’homme à l’identique, avec les mêmes caractéristiques,
et que, au-delà du successif, il le fait de manière simultanée. Car en chacun
des états de la « matière » tous les éléments sont présents, interagissant entre
eux dans diverses proportions ; ce qui revient à dire que la « matière » de
l’univers est une seule.

Poursuivant avec la relativité des phénomènes et la mutabilité des choses,
nous signalerons que certaines des images qui nous paraissent fermes et nous
convainquent de notre propre individualité –et de l’assurance que nous offre
l’histoire–, sont en fait extrêmement banales et nous n’avons jamais médité
là-dessus. À titre de curiosité, au sujet de l’histoire, nous mettrons l’accent
sur le fait qu’un individu ne peut de bonne foi se souvenir que jusqu’à ses
grands-parents et leur époque, au maximum trois générations, qui sont celles qui
constituent « son monde » –bien qu’il croie le contraire– qui ne remonte pas
plus loin qu’un siècle, tout le reste demeurant dans un état de confusion
nébuleuse, tout comme s’il avait perdu la mémoire et doive se référer à des
contingences circonstancielles extérieures –« historico-scientifiques »– en leur
octroyant une catégorie réelle, objective, véritable ; car en s’y identifiant,
il acquiert immédiatement la sécurité de la possession d’un « moi »
hypothétique, qui devient alors rien de moins que son identité, son être présumé
dans le monde et la raison de son existence. Cette pauvre perspective, jamais
confessée intérieurement par peur de la désintégration, permet néanmoins à nos
contemporains de sentir qu’ils forment part de l’histoire mondiale, comme s’il
s’agissait d’une institution officielle et universellement objective pour tous
les peuples et les êtres, une chose substantielle et garantie avançant vers le
progrès et dictée par une loi immuable et scientifique, dont ils sont les
dépositaires et les arbitres. Nous n’oserons pas qualifier ces attitudes, que
certains raillent sans dissimuler, et que d’autres jugent avec un sérieux qui
n’admet pas d’excuses. Quant à l’idée humoristique de la possession
individualisée de la personnalité « à outrance » –qui nous donne la sensation
d’être uniques au monde–, elle constitue un paradoxe de la vérification
statistique, vu qu’en plus ou moins quatre siècles nous avons eu plus d’un
million d’ancêtres (quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, seize
trisaïeuls, etc.), ce qui revient à dire, par exemple, qu’au quinzième siècle
–époque de la découverte et du commencement de la conquête de l’Amérique–, il
est pratiquement sûr qu’existaient ici et là plus d’un million de nos ancêtres
directs, aussi propriétaires de leur ego que nous-mêmes
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n12#n12> 13
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n13#n13> . Cela nous
ramène au sujet de la proportion et de la mesure, c’est-à-dire celui de la
situation, intimement lié à l’équilibre et à l’harmonie des rythmes et des
cycles ainsi qu’au besoin d’encadrement et d’orientation.

Nous sommes d’accord sur le fait que l’époque où nous devons vivre est dure
et difficile en raison de sa situation dans le temps cyclique
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n13#n13> 14
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n14#n14> . L’on peut même
remarquer que nous sommes au crépuscule d’une culture et à la fin d’une période
qui se produit dans le monde entier. Divers avis, venus de traditions
distinctes, nous avertissent de ce fait –avec toujours plus d’insistance– depuis
déjà plusieurs années. Cela a même fomenté l’apparition de pseudo-prophètes et
spéculateurs, qui exploitent cette circonstance au moyen de ruses et tromperies
pour en tirer profit à nos dépens. Il est dit dans plusieurs livres sacrés que
ces personnages doivent se multiplier à notre époque. Cependant, même eux ne
sont rien d’autre qu’un symbole de la fin. Et cette fin n’est autre que le
second avènement, la libération. Certes, c’est une chose difficile d’imaginer,
et qui conserve peu de rapports, de proportions et de mesures avec les
paramètres auxquels nous sommes habitués à voir les choses. Il y a néanmoins une
promesse clairement exprimée dans toutes les traditions, appelée parousie par
les chrétiens. L’évangile lui-même nous dit que personne ne saura rien de ce
jour ni de cette heure, et que nous vaquerons à nos occupations habituelles, de
façon normale. Il y a des gens qui étudient ces thèmes en détail, d’après des
sources et données traditionnelles, et beaucoup d’entre eux signalent le «
millénaire » –à quelques décades près– comme date moyenne des limites de
l’actuel manvântara. Mais ce que l’on peut dire en toute sécurité, c’est que,
pour l’être individualisé, la fin d’une civilisation est parfaitement comparable
à la fin de ses jours, puisque tous les cycles sont analogues
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n14#n14> 15
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n15#n15> . Qui est passé
par la mort ne peut plus mourir. Et rien de cela ne sera plus ou moins
douloureux que cela a toujours été et que cela est, certes, en ce moment même
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n15#n15> 16
<http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#n16#n16> . D’un autre
côté, la fin des temps se réfère à la fin de notre conditionnement
spatio-temporel et à un retour à la fraîcheur virginale des origines
indéterminées, qui comprennent également la possibilité d’une renaissance. Dans
ce contexte, les mots liberté, égalité et fraternité prennent leur ultime
signification et nous désignent aussi une tâche à réaliser ou un destin à
accomplir.



NOTES

1 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#1#1>

Les civilisations sont des cycles qui ont un commencement, un développement et
une fin ; qui possèdent la vie, comme les hommes et les continents
géographiques. Elles sont générées de la même façon que les organismes vivants
et subissent le même sort.

2 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#2#2>

Il est intéressant de souligner, à titre de curiosité, que l’homme pose
seulement la plante des pieds, ou une autre petite surface de son corps, sur la
terre. La plus grande partie de son volume vit et transite dans l’espace à cette
vitesse énorme et est aérienne. Bien sûr, les habitants modernes des grandes
villes ne se rendent pas compte de ce fait –comme de presque aucun autre–, car
nous fixons nos propres limites en nous identifiant avec nos conceptions, et
nous nous sentons bien ancrés dans une hypothétique terre matérielle, absolument
solide, alors qu’il s’agit en réalité d’une superficie poreuse où l’air circule
librement, la pénétrant et la façonnant, ce qui de plus est notoire dans le
corps humain. D’un autre côté, la partie qui n’est pas aérienne est liquide, ce
dont témoigne aussi clairement l’ensemble des fluides du corps ainsi que la
constitution géographique et substantielle de la terre. Il faut en outre prendre
en compte que ces éléments instables sont constamment en mouvement et
interagissent entre eux.

3 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#3#3>

Ces calculs ne sont cités qu’à titre d’exemple illustratif et sans prétention «
scientifiste ».

4 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#4#4>

Il est évident que les époques chronologiques de même durée ne correspondent pas
nécessairement à des temps équivalents. Le temps ne passe pas uniformément.

5 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#5#5>

Pour Alan Watts : « L’espace et ma connaissance de l’Univers sont la même chose.
»

6 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#6#6>

La symbolique et la géométrie sont des véhicules, des enseignements didactiques
pour comprendre le cosmos, mais non le cosmos en soi.

7 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#7#7>

Nous devons donc nous référer à un ordre, à un encadrement corrélatif et
proportionnel entre l’homme et le cosmos, laissant de côté les très grands
cycles, qui sont exclusivement cosmiques, et les très petits, qui n’ont plus de
rapport significatif avec l’être humain.

8 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#8#8>

Idem pour le nombre dix mille dans la tradition chinoise, pour le quatre cents
dans les méso-américaines, et aussi pour le millénaire ou d’autres
symboles-magnitude, dans différentes civilisations.

9 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#9#9>

Si l’on va encore plus loin dans cet exemple, l’on pourrait dire qu’à chaque
fois que l’on frotte une allumette un nouveau monde est produit, un système
complet ; ou qu’à chaque fois que nous battons des paupières nous assistons
inconsciemment à la création d’un champ, qui possédera en son intérieur la
possibilité d’en générer un autre, et ainsi de suite, en une série illimitée.
D’un autre côté, un millénaire n’est pas même une fraction de seconde de la vie
d’un dieu.

10 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#10#10>

Selon Platon, un mouvement ascendant se développe du nord au sud et, à partir de
là, retourne de nouveau vers le nord (de sa propre impulsion, abandonné à son
sort), parcourant en sens inverse sa route circulaire. Il est également
intéressant de rapprocher ce qui précède de la vie existentielle et historique
de l’être humain, ainsi que des cycles des diverses civilisations.

11 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#11#11>

Comme le serait aussi une référence à notre propre cycle existentiel humain
considéré comme indépendant du reste. C’est-à-dire examiné comme un circuit
fermé et autonome, uniforme et autosuffisant alors que la réalité nous indique
au contraire l’interdépendance, qui est possible grâce à ce que tout cycle
possède d’individuel, bien que cette individualité acquiert tout son sens dans
la vie de l’ensemble, comme en témoigne clairement l’exemple du cycle de la
cellule sanguine.

12 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#12#12>

Rappelons que la traduction de mandala est cercle.

13 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#13#13>

Cet exemple simple ne l’est pas tant que cela, si nous tenons compte que l’homme
en soi est la synthèse de tous ses ancêtres et le projet de tous ses
descendants. Si on le symbolisait graphiquement, ce serait sous forme de deux
triangles inversés, ou bien deux cônes, ou deux spirales, réunis en un point ou
sommet commun, qui représenterait l’homme dans sa fonction médiatrice.

14 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#14#14>

Encore que ce fait ne justifie pas les responsabilités individuelles. C’est
l’homme, en pleine faculté de son libre arbitre, qui a conduit le monde à la
situation dans laquelle il se trouve. L’être humain est autant le médiateur de
la construction que celui de la destruction.

15 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#15#15>

En raison de son accélération, le temps se contracte dans l’espace et raccourcit
les distances de telle façon qu’en réalité il se contracte en lui-même. Jusqu’à
ce que l’excès de vitesse avec lequel il réitère ses cycles l’amène au point de
se dévorer et d’être absorbé par la simultanéité de l’espace. Ce serait la fin
des temps, le retour à l’origine, où la roue cessera de tourner, où cessera le
mouvement. Et dans cette indifférenciation virginale, un nouvel espace sera
alors généré, un ciel et une terre nouveaux, et aussi un homme nouveau, ou une
humanité, un autre cycle ­dans le cas présent, un manvântara­ avec un temps
régénéré, comme le processus analogique de chaque nouvel an.

16 <http://www.geocities.com/symbolos_fg/roue7.htm?200610#16#16>

« Regardez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent et n'amassent
rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. » (Saint Matthieu,
VI, 26).



<http://www.geocities.com/symbolos_fg/index.html#laroue>







Vendredi 10. Novembre 2006  17:59

seguy_michel
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SEGUY Michel
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10. Novembre 2006
18:11
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