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Chevalerie et Franc-maçonnerie
Je suis persuadé, que la Franc-maçonnerie, comme Ordre Initiatique, peut être
le dernier sous cette forme en Occident ? Car qu’est ce que deux cents années
d’existence, face à la durée de l’Humanité ? a été le réceptacle
d’Ordres Initiatiques, en fin de Vie. Comme les Gnostiques, les Alchimistes,
les Moines initiés aux mystères chrétiens, la Chevalerie, et peut être ceux
que mon ignorance n’a pas su trouver.
Comme réceptacle, la Maçonnerie a pris tout ce qui pouvait être utile au
développement de ce nouvel Ordre Initiatique, comme par exemple, le Cabinet de
réflexion pour l’Alchimie, l’Alchimiste étant seul avec lui-même, pour
réaliser le Grand Å’uvre. Certains éléments de la Messe chrétienne, pour
élaborer ses rituels ? La Gnose connaissance totale de l’Univers, n’est
elle pas cette soif de connaître la Vérité globale, ou à défaut les
vérités que nous sommes censés acquérir, et ainsi de suite.
Pour construire le temple idéal, force a bien était de prendre les Pierres
disparates mais utiles, à l’élaboration de cette nouvelle approche de la
connaissance initiatique, qu’est la Franc-Maçonnerie.
La Chevalerie, fait son apparition aux environs du 10ème siècle, au même
moment que les cathédrales romanes. Elle est née partout à la fois et en
même temps, du fait des mêmes aspirations et des mêmes besoins des hommes de
cette période. La Chevalerie nous vient d’un. usage germain et nordique. Mais
l’Eglise prenant conscience de l’utilité de la Chevalerie, a idéalisé la
Chevalerie, pour ses propres desseins. D’idéal, l’Eglise en a fait une
institution, le chevalier est devenu le soldat chrétien. Il faut donc souligner
qu’à cette époque l’Eglise a récupéré, toutes les formes qui pouvaient
lui être utile, quant aux autres elle les a combattues férocement. Elle prit
racine dans l’esprit de l’époque grâce aux chansons de geste, dont la plus
connue par nous est certainement la fameuse chanson de Roland, glorifiant
l’héroïsme et l’esprit de sacrifice.
L’apparition de la Chevalerie, n’est pas le fait dans l’histoire d’un
homme providentiel, tout comme la Franc-maçonnerie, il est donc fallacieux de
vouloir donner une date précise, à sa création, mais on peut fantasmer ,
comme le font certains pour le début de la Franc-maçonnerie.
Voilà un point commun avec l’Ordre Maçonnique : imprécision quant au
début.
L’EGLISE malgré les contradictions du dogme soutient néanmoins la
Chevalerie, en effet ne dit elle pas ; que celui qui se servira de l’Epée,
périra par l’Epée .L’Eglise du 10ème siècle, ne tolère que les «
guerres justes ! ». Mais il faut quand même reconnaître que ce haut Moyen
Age, est très turbulent, et qu’un peu d’humanisme, n’était pas inutile.
Le code de la chevalerie propose comme mode de vie, de faire la guerre à nos
vices et la paix avec nos frères ; code que l’on mettre en parallèles avec
cette axiome socratique : Connais toi, toi-même et tu connaîtras les autres !
Pour devenir Chevalier, il faut être impérativement baptisé, comme en
Maçonnerie, il ne faut pas être ni un « libertin irrévérencieux, ni un
athée stupide ! ».
Voici un aperçu des articles figurant le Code de la Chevalerie, j’ai laissé
de côté, les articles qui font référence à la religion, afin de mieux
trouver les ressemblances avec la Maçonnerie.
Article 3 : Tu auras le respect de toutes les faiblesses et t’en constitueras
le défenseur
Article 4 : Tu aimeras le pays où tu es né. (Voir notre testament
philosophique et nos devoirs envers…)
Article 5 : Tu ne reculeras pas devant l’ennemi.
Article 7 : Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne
sont pas contraires à la loi de Dieu (que l’on peut remplacer, par s’ils ne
sont pas contraires à la loi de ton Pays)
Article 8 : Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donné
Article 9 : Tu seras libéral, et feras largesse à tous.
Article 10 : Tu seras, partout et toujours, le champion du Droit et du Bien
contre l’injustice et le Mal.
En Franc-maçonnerie, nous recommanderions d’élever des Temples à la Vertu.
Tout Chevalier a le droit de faire des Chevaliers, et ce principe domine tout le
fonctionnement de la Chevalerie, c’est l’esprit, la vie, l’essence de
cette ORDRE. De ce fait, la Chevalerie, est ouverte à tous, aussi bien aux
roturiers, qu’aux nobles, c’est très important cette égalité d’accès,
car n’oublions pas qu’au Moyen Age, le système social est rigoureusement
cloisonné, par la féodalité. « Sera chevalier qui voudra ! » c’est ce que
dit la chanson d’Aspremont.
Il me faut faire des comparaisons avec les Constitutions d’Anderson, pour
assurer ma démonstration.
Premier point de contact les deux textes font référence à la religion,
ensuite, il faut être respectueux du Magistrat civil, une maçon est un sujet
paisible à l’égard des Pouvoirs civils, dans l’article six, on précise la
conduite qu’un maçon doit avoir chez lui et dans son entourage, ne vous
conduisez pas de manière bouffonne ou ridicule …
Soyez particulièrement soucieux de votre propre honneur, repoussez toute
dispute et querelle, toute calomnie et médisance, ne permettez pas qu’un
Frère honnête soit calomnié, mais défendez sa Réputation… Et comme dans
le code de la Chevalerie le Maçon doit défendre la Veuve et l’Orphelin…
(Réf ; Les anciennes Obligations du Maçon)
IL n’est pas difficile de voir que les deux Ordres insistent sur les qualités
morales des adeptes.
Le Chevalier et le Maçon, tous deux sont soumis à une ascèse morale précise
et stricte. Tous deux doivent être des exemples dans la vie de tous les jours,
afin de donner aux yeux profanes, une bonne image de l’Ordre, afin de susciter
une saine émulation dans le monde profane.
L’adoubement
C’est le seul rit que nous connaissons, utilisé, pour passer du novice, de
l’écuyer au titre de Chevalier. La maçonnerie, elle procède par degrés, et
suivant les rits, il y a de sept à trente trois degrés, mais cela ne
signifiant pas, une moindre ou meilleure initiation, dès l’adoubement fait ,
le Chevalier est tout de suite « opérationnel »
L’adoubement commence la veille de la cérémonie, par une nuit de prière
dans une chapelle, là l’écuyer doit faire le point sur sa vie et doit entrer
en lui-même. Nuit passée à jeun.
Le lendemain, le plus haut seigneur, accueille l’écuyer à la sortie de la
chapelle, le fait mettre à genoux, et l’adoube avec l’Epée, l’épée,
est présentée sur la tête ainsi que sur les deux épaules de l’écuyer ;
pour conduire le cérémonial, il y a cinq « consécrateurs », qui vont aider
le futur chevalier. Comme toute cérémonie, au Moyen Age, le plus simple
n’existe pas, bien au contraire, il y a un rituel complexe, qui obéit à la
fois aux règlements de l’Eglise et aux contraintes féodales.
L’un des consécrateurs, chausse un éperon au futur chevalier,, le second
chausse l’autre éperon, un troisième (en général un haut seigneur) ceint
l’épée à la taille du chevalier en de venir,, un quatrième donne la «
paumée » ( je pense à la poignée de main, qui en ce temps, valait plus
qu’un signature, et engageait les hommes mieux qu’un contrat écrit), quant
au cinquième, il amène au nouvel adoubé un beau cheval, fougueux et plein de
vie.
L’adoubement ne pouvait ce faire que par des Chevaliers confirmés, car les
textes disent qu’il y a dans la main et dans l’épée de tout chevalier une
puissance (un fluide) qui est véritablement capable de créer d’autres
chevaliers
Maintenant, le chevalier, est accompli, et tous les jours de sa vie, il devra,
respecter son engagement, sans défaillir, sans fuir devant les
responsabilités. Comme il n’y a pas d’autres degrés dans l’Ordre de la
Chevalerie, son initiation sera pleine et complète après l’adoubement. Mais
c’est un engagement à vie, ne souffrant aucune faiblesse, n’acceptant aucun
compromis, (cela passerait pour un signe de faiblesse) mais n’excluant pas
pour autant, le mariage, et pourtant la vie de chevalier est rude et difficile,
souvent loin de chez lui, participant en premier à la défense de son seigneur
et du roi. Les modèles les plus connus, sont Roland de Roncevaux, le Chevalier
Bayard, Bertrand Du Guesclin, et dans le domaine de la littérature, Don
Quichotte, mais cette caricature de la Chevalerie, en fait marque la fin de la
Chevalerie Traditionnelle, l’Ordre va persister, mais son Idéal, sera
affaibli, affadi, et ne correspondant plus aux buts originelles. De nos jours,
il suffit de voir ce que peut représenter le titre de chevalier de la Légion
d’Honneur ; une médaille même pas symbolique, mais flatteuse pour les
récipiendaires. Et d’ailleurs, assujetti à une structure administrative
lourde, qui cloisonne rigoureusement l’admission à cette pseudo chevalerie.
Du côté de la Maçonnerie, la Chevalerie, continue d’exister faiblement, et
sans être vraiment comprise par les SSâ–² et les FFâ–² ne comprenant pas que
l’adoubement, ne relève pas du folklore, mais contribue, à renforcer la
haute valeur du Serment Maçonnique, l’épée que le VMâ–² frappe avec son
maillet, implique une longue filiation avec un Code Moral très exigeant, et
qu’à leur tour SSâ–²et FFâ–² devront défendre la Veuve et l’Orphelin, car
comme le Chevalier qui avait un rôle social dans la société féodale, la
Sâ–²comme le Fâ–², ont eux aussi un rôle à jouer dans la société de leur
époque.
De la même façon, les deux maçons, qui portent un épée en Loge, ont une
obligation pas seulement matérielle, mais surtout spirituelle, que l’on garde
la porte avec une épée, veut dire plus que du gardiennage, avant
l’interdiction de laisser entrer en Tenue, n’importe qui, c’est
l’interdiction de laisser entrer les métaux dans le Temple, mais aussi
n’importe une idée, qui pourrait sembler, généreuse mais qui deviendrait
vite pernicieuse, comme la Démocratie en Loge ; c’est pour cela que ce poste
est confié à un Passé Maître, afin de profiter de sa sagesse.(une Loge
fonctionne par cooptation) . Quant au second porteur d’épée, son rôle est
de maintenir les Maîtres Maçons, dans la droite ligne du rituel, des Principes
de l’Ordre, en leur rappelant le serment qu’ils ont prêté devant tous.
Quant est il de nos jours de la Chevalerie ? Ce n’est pas la Légion
d’Honneur, qui en décernant le titre de Chevalier à n’importe qui, peut se
prévaloir de l’héritage chevaleresque,
Ni l’Ordre de la Jarretière ; non il ne reste pas grand chose de l’Ordre,
quelques médailles qui flattent l’orgueil, mais n’engagent pas le
récipiendaire.
On dit que de nos jours, il y a encore des Hommes qui obéissent encore au Code
de la Chevalerie, mais pas de ces groupes fantoches ou folkloriques, non des
Hommes qui font leur quotidien des principes chevaleresques, probité, courage,
honneur et sens de la vie.
En Maçonnerie, les principes du Chevalier, sont encore vivants, dans le Rite
Ecossais Rectifié, et si ma mémoire est fidèle, l’ouverture des travaux, se
fait par le VM, épée en main.
D’ailleurs, il y a un grade qui s’appelle « Eques » (chevalier).
A la Veuve et l’Orphelin
P…L…
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Lundi 17. Juillet 2006 6:55
"SEGUY Michel" <seguy.michel@...>
seguy_michel
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