http://www.cgagne.org/danse.htm
DANSE ET INITIATION
LE SYMBOLISME DU CORPS HUMAIN <http://www.cgagne.org/danse.htm#HUMAIN#HUMAIN>
LES PREMIERS GESTES ET PAS <http://www.cgagne.org/danse.htm#PREMIERS#PREMIERS>
LA GIRATION <http://www.cgagne.org/danse.htm#LA GIRATION#LA GIRATION> LE
CHAMANISME <http://www.cgagne.org/danse.htm#LE CHAMANISME#LE CHAMANISME>
DERVICHES TOURNEURS ET LE SOUFISME
<http://www.cgagne.org/danse.htm#DERVICHES#DERVICHES>
LES DANSES SACRÉES ORIENTALES
<http://www.cgagne.org/danse.htm#ORIENTALES#ORIENTALES> L'INDE
<http://www.cgagne.org/danse.htm#L'INDE#L'INDE> LES HÉBREUX
<http://www.cgagne.org/danse.htm#LES HÉBREUX#LES HÉBREUX> LA GRECE
<http://www.cgagne.org/danse.htm#GRECE#GRECE> LA DANSE DANS LA LITURGIE
CHRÉTIENNE <http://www.cgagne.org/danse.htm#LITURGIE CHRÉTIENNE#LITURGIE
CHRÉTIENNE> LE MOYEN-AGE <http://www.cgagne.org/danse.htm#MOYEN-AGE#MOYEN-AGE>
LE BAROQUE <http://www.cgagne.org/danse.htm#LE BAROQUE#LE BAROQUE>
LE SYSTEME CLASSIQUE <http://www.cgagne.org/danse.htm#CLASSIQUE#CLASSIQUE>
RETOUR à EDITO <http://www.cgagne.org/Edito.htm> RETOUR à COSMOS
<http://www.cgagne.org/index.htm>
La danse dit Xénophon n'est pas de ces sujets faciles et accessible à tous, elle
touche aux régions les plus élevées de toutes sciences rythmique, géométrie,
philosophie surtout, physique et morale puisqu'elle traduit les carctères et les
passions .Elle est encore moins étrangère à la peinture et à la plastique : les
actes de l'homme intéressent parfois le corps, parfois l'intelligence, tandis
que la danse occupe l'un et l'autre : elle affine l'esprit, exerce les membres,
instruit et charme les yeux, l'oreille et l'âme ...»
Cette difficulté qu'évoque le philosophe grec m'est apparue comme une vibrante
réalité dans l'étude de ce sujet. En effet, sa complexité, due à la multiplicité
de ses manifestations s'étendant sur plusieurs millénaires, diverses ethnies et
civilisations, la grande diversité de ses implantations géographiques ainsi que
la richesse de ses traditions offrent à notre investigation, notre réflexion et
nos méditations, une immensité et une plénitude digne des plus grandes oeuvres
de l'humanité.
La Mythologie nous rapporte que Terpsichore entraînait le cortège des Muses ...
Cette vision poétique nous suggère, peut-être, une reconnaissance de
l'antériorité de la danse par rapport aux autres formes d'expression de l'Art,
son universalité et, pourquoi pas, sa supériorité ! ... Cette conception
confirmerait la thèse de tous les grands spécialistes : ethnologues,
archéologues ou historiens de l'Antiquité, scientifiques, chercheurs et exégètes
des textes anciens, qui affirment que les origines de la danse remontent aux
sources les plus anciennes.
«Avec la création de l'Univers, disait le poète Lucien, naquit à son tour la
danse qui symbolise l'union des éléments : la ronde des étoiles, les
constellations des planètes reliées aux autres astres fixes, l'ordre et
l'harmonie de tous les éléments, reflètent la danse originelle du temps de la
création». On trouve les traces de la danse dès les premiers âges de l'Histoire,
et, bien sûr, de la Préhistoire, mais ici n'est pas le propos d'entrer dans le
détail de tous les vestiges qui témoignent de son existence, de sa pratique et
de sa pérennité.
La constante préoccupation de l'homme a toujours été de concilier la faveur des
forces mystérieuses dont il soupçonnait le pouvoir dans l'au-delà avec la
réalité concrète. Il se rendit bien vite à l'évidence qu'il était soumis à des
forces supérieures à la sienne et indépendantes de sa volonté : le soleil
l'éclairait, le chauffait, le feu le brûlait, le tonnerre l'effrayait, l'eau le
suffoquait, etc ... Tous ces éléments exerçant sur lui une action puissante et
irrésistible. Et nous trouvons là, les premiers gestes instinctifs, essentiels
et primordiaux de la vie courante.Le geste, langage muet, inscrit dans l'espace,
étant l'une des premières manifestations de l'homme, où se termine le geste et
où commence la danse ?
Je pense que la danse née de l'élan naturel, instinctif et raisonné d'exprimer
les divers sentiments et sensations de l'homme, commence réellement à partir du
moment où le geste est ordonné : elle est donc, au départ, une manifestation de
la volonté, elle nécessite, par conséquent, une participation de l'Esprit.«Un
mouvement du corps est donc une conséquence d'un mouvement de l'Ame».
C'est l'esprit qui commande la matière. Platon disait à peu près la même chose :
«Le mouvement est l'essence et l'idée même de l'Ame».
La danse, expression individuelle ou collective d'un état affectif, se manifeste
par des gestes du corps ordonnés, unissant le son, le rythme, et le mouvement.
Elle s'exprime dans le désir instinctif de libérer les tensions psychologiques
dans le jeu des jambes qui produit les mouvements rythmiques, dans les
battements de mains, les claquements de cuisses et les piétinements ; aux
premiers âges de la danse, le corps humain était lui-même l'instrument de
production des sons.
Tout, pour ces hommes, était occasion de danser : Joie, chagrin, amour, terreur,
aube, mort, naissance, etc ... le mouvement de la danse leur apportait un
approfondissement d'expérience. Dans cette danse, l'imitation des sons et des
mouvements observés autour d'eux, et, notamment, l'expression involontaire du
mouvement par le son et le geste, précédait toute combinaison consciente et
articulée de son et de danse.
Avant que la danse ne s'épanouisse en un rite religieux délibéré, elle est une
libération rythmique d'énergie, un acte d'extase, mais aussi, le moyen naturel
pour l'homme de se mettre au diapason des puissances du Cosmos. Ce n'est que
très progressivement, sous l'influence des cultes officiels, que la danse,
d'abord expression spontanée du mouvement, se transformera en un système fixe de
pas et d'attitudes. Et, pourtant, sous quelque forme qu'elle se présente, le but
de la danse est toujours d'approcher la divinité.
En tant qu'acte de sacrifice, par quoi l'homme s'en remet à Dieu, la danse est
abandon total de soi. Ainsi le corps, à travers tout l'éventail de ses
expériences, est l'instrument de la puissance transcendante ; et cette
puissance, la danse la saisit directement, instantanément et sans intermédiaire.
Le corps est ressenti, dans sa dimension spirituelle, comme le canal par où
s'opère la descente du Tout-Puissant. L'émancipation de l'homme par rapport à
son Dieu s'opère par l'imitation de celui-ci : «L'homme, s'identifiant aux Dieux
devient à son tour Créateur ...»
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LE SYMBOLISME DU CORPS HUMAIN
La danse est chose sérieuse, et, par certains aspects, chose très vénérable,
selon Paul Valéry. Toute époque qui a compris le corps humain ou qui a éprouvé,
du moins, le sentiment du mystère de cette organisation, de ses ressources, de
ses limites, des combinaisons d'énergie et de sensibilité qu'il contient, a
cultivé, vénéré la danse. C'est pourquoi il ne serait pasconcevable d'évoquer
quelque geste qui soit, sans approfondir le symbolisme de l'organisme dont il
est l'émanation : Le corps Humain dans sa dualité : matière-Esprit.
Et là, nous sommes encore dans le domaine du concret et du plus mystérieux à la
fois, du plus lié dans une fondamentale unité ; ce merveilleux instrument,
certainement la plus belle création du Grand Architecte de l'Univers, autour
duquel gravitent tous les efforts de pensée des savants, des philosophes et des
théologiens depuis toujours, pour tenter d'en percer le mystère.
Le corps humain, disait Léonard de Vinci, comme tous ceux qui ne se bornent pas
à ne considérer que l'extérieur des choses, est construit aussi rythmiquement
que l'est un monde ... Ceci est d'autant plus vrai que le rythme est dans tous
les mouvements. Lamenais, dans son livre sur «L'Art et le Beau», affirme que la
danse est le mouvement rythmique du corps ; Lamartine parlait d'harmonie. «A
travers le rythme, il y a le nombre, qui est l'expression intérieure du rythme
et c'est justement parce que le rythme est partie intégrante de la création et
lui a donné sa formule au sortir des mains de celui qui est, lui-même, le Nombre
et l'Harmonie, que tous les Grands Initiés, et plus particulièrement Pythagore,
ont étudié dans le Nombre tous les secrets du Monde, aussi bien intérieur
qu'extérieur».
Parmi les nombreuses interprétations symboliques du corps humain, il est certain
que le dessin de l'Arbre des Séphiroths est celui qui nous révèle le mieux la
structure spirituellement la plus élevée de l'être humain, chaque partie du
corps correspondant aux dix énergies divines qui nous sont révélées par le livre
du Zohar. Devant une voie aussi difficile, je me contenterai simplement
d'évoquer les grandes lignes du schéma traditionnel que l'on retrouve un peu
partout, à savoir : la verticalité et l'horizontalité, ces deux oppositions
complémentaires.
L'axe vertical est la voie par où monte et descend la puissance transcendante,
l'axe horizontal représente les forces créées à travers lesquelles elle se
manifeste. C'est la croix statique, point d'interaction du microcosme et du
macrocosme. L'anatomie humaine, avec sa sextuple orientation dans l'espace,
possède en son centre, un septième point situé à l'intersection des deux axes :
c'est la «caverne du coeur».
La subdivision de cette croix statique produit la croix dynamique, ou roue du
mouvement, qui symbolise le pouvoir que possède l'homme de s'orienter et de se
mouvoir dans l'espace, le mouvement cyclique étant rendu possible par
l'interaction des contraires.
L'homme, étant appelé à s'insérer et à agir dans les dimensions de l'espace et
du temps, a de nombreuses combinaisons possibles dans les positions du pied, du
bras, de la tête et du corps, à l'intérieur de ses coordonnées spatiales.
Cependant, malgré la multitude des potentialités, il s'avère que le nombre de
figures utilisées depuis le début de l'humanité, est relativement restreint. En
effet, en étudiant l'évolution de la danse et de son esthétique à travers les
âges, j'ai remarqué, entre autres exemples, une analogie incroyable entre deux
documents distants de plusieurs millénaires : Ci-dessous, une fresque égyptienne
de la Sixième Dynastie (vers 2 400 ans avant J.-Christ), représentant une danse
extatique en l'honneur de la déesse Hathor, et, le croirait-on, un tableau de
Seurat du début de notre siècle, illustrant des danseuses de Cancan ! ...(
L'attitude de leurlancer de jambe, pratiquement identique ayant pourtant une
signification et une connotation diamètralement opposée : la première étant une
représentation rituelle et sacrée les ethonologues assurent que le lancer de
jambe en l'air est l'antique figure d'un rite de fertilité accompli par les
femmes et qu'ont pratiqué maintes races), la seconde, totalement profane,
émanation d'une source de plaisir. Ceci prouve que l'usage, en réalité, n'a
retenu qu'un petit nombre de figures, parmi toutes celles proposées. L'on
pourrait aussi comparer un piétinement pesant et obstiné de certaines danses
Primitives à la démarche des danses d'Asie, d'un sourcil mobile à une hanche
flexible, d'une main éloquente à un orteil nu, chaque partie du corps est
vivante ...
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LES PREMIERS GESTES ET PAS : DÉPLACEMENT-GIRATION-SALTATION LA MARCHE EN ROND
(SYMBOLE DU CERCLE)
Une des particularités de l'homme, par rapport à l'espèce animale, réside en sa
verticalité. Ses premières aspirations dans le domaine du mouvement, furent le
déplacement, la saltation et la giration. Le principe essentiel du déplacement
est contenu dans la marche : nous la retrouvons partout et à toutes les époques
et civilisations qu'elles soient primitives ou évoluées, profanes ou rituelles.
Huit mille ans avant J.-C., une scène gravée dans la grotte d'Addaura, près de
Palerme, représente la plus ancienne figuration de danse en groupe : La marche
de sept personnages autour de deux centraux, formait une ronde allant de la
gauche vers la droite comme celle des astres : le Soleil et la Lune. Faut-il y
voir une danse cosmique ? C'est, en tous cas, une préfiguration de celle
qu'exécutaient les prêtres en Egypte, quatre millénaires plus tard. «Au moment
où la nuit commençait à pâlir et que s'éteignaient les astres dont la danse
céleste était l'image même de la nature, à l'aube, les Prêtres rangés autour de
l'Autel, dansaient majestueusement, et leur ronde simulait le Cercle du
Zodiaque. «Alors commençait la danse de l'Etoile du matin, et ce ballet
symbolique, contemporain de la naissance de l'astronomie, enseignait aux enfants
de l'homme, par le mouvement figuré des planètes, les lois qui régissent le
cycle harmonieux des jours et des saisons» ...
Cette danse astronomique, faisant partie de l'initiation aux Mystères d'Isis,
n'était pas la seule pratiquée par les Egyptiens : les prêtres de Memphis et de
Thèbes dansaient aussi autour du Boeuf Apis. L'on trouve bien d'autres
manifestations de danse en cercle, à des époques bien différentes. Citons, par
exemple : la danse Mystique des Druides, qu'ils interprétaient en nombre impair,
glorifiant les astres. Et puis, il y a toutes les marches en forme de
procession, avec des parties chorégraphiques : telles, les pleureuses, sorte de
coryphées, qui accompagnaient les funérailles, ou celles que les bas-reliefs des
temples nous retracent, comme à Louxor, où des danseurs à massue ou à boomerang
figuraient le cortège de la visite qu'accomplissait le Dieu Amon, venant de
Karnac, ou ces prêtres-danseurs, dits «Mouou» que l'on voit depuis l'Ancien
Empire, IIIème millénaire avant notre Ere, relayer les danseurs de cortèges
funèbres pour aider les morts dans leur initiation à la vie intemporelle. Plus
près de nous, les marches traditionnelles des pélerins étaient considérées, par
certains, comme des danses : Il suffit d'observer le chemin en forme de
labyrinthe comme il en existe dans certaines cathédrales, pour s'apercevoir,
comme à Chartres, qu'en suivant son tracé, avec ses angles droits et ses formes
géométriques, l'on obtient réellement des pas.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LA GIRATION : LE TOURNOIEMENT = L'EXTASE
Après avoir évoqué la marche comme premier élément du mouvement collectif, son
déplacement et sa signification à travers quelques exemples, son prolongement et
le symbolisme du sens giratoire, ceci nous amenant directement à explorer la
giration, en tant que technique particulière, amenant à l'extase.Saint-Ambroise,
Evêque de Milan au IVème Siècle, s'exprimait ainsi : «Et tout comme l'acte
physique de la danse dans le tournoiement éperdu des membres, donne au danseur
le droit de prendre part à la ronde sacrée, de même, le croyant qui s'abandonne
à l'extase de la danse Spirituelle, acquiert le droit d'entrer dans la ronde
universelle de la création».
Dans la grotte dite des «Trois Frères», une figure gravée et peinte de l'époque
néolithique, situe la première manifestation d'un homme, indiscutablement en
action de danse, dont l'abbé Breuil, qui l'a découverte, a relevé les
particularités suivantes : La position de cet homme prouve qu'il exécute un
mouvement de giration sur lui-même, réalisé par un piétinement de plain-pied,
or, la constitution anatomique des hommes de cette époque étant, selon les
spécialistes, analogue à la nôtre, les effets psychosomatiques de ce
tournoiement sont ceux que chacun peut expérimenter : la perte du sens de la
localisation dans l'espace, le vertige, une sorte de dépossession de soi-même,
une extase au sens étymologique du mot.
Il faut remarquer, comme une analogie éloquente, que partout dans le monde et à
toute époque, y compris la nôtre, les danses sacrées par lesquelles les
exécutants veulent se mettre dans un état «second» où ils se croient en
communion directe avec un esprit, se font par tournoiement.
Les chamans, les lamas, les derviches tourneurs, les exorcistes musulmans, les
sorciers africains, tournent sur eux-mêmes dans leurs exercices religieux qui
les mènent à un état de transe provoquée par la danse comme «tournoie», le
danseur des Trois Frères.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LE CHAMANISME
Pour le chaman, c'est par une technique archaïque de l'extase pratique,
c'est-à-dire voulue, qu'il entre en transe, et c'est seulement à ce moment-là
qu'il peut entrer en communication avec les esprits et entreprendre son voyage
cosmique. Il ne le fait pas par souci métaphysique, ni par désir personnel ou
par amour de Dieu, mais par la volonté d'obtenir des résultats concrets, par
exemple : la guérison d'uchaman (à la fois chef, sorcier, médecin et premier
danseur), est la communion avec les forces qui animent la nature.
Le premier élément de la danse chamanique (le chamanisme n'étant pas une
religion), est un tournoiement autour d'un centre. Ce tournoiement permet de
s'identifier ou de s'intégrer au Cosmos et de reproduire le mouvement des corps
célestes.
Les circumambulations rituelles veulent imiter le cours apparent du soleil. Il
ne fait pas de doute que ces mouvements circulaires sont cosmiques, leur nombre
d'abord le prouverait : 3-7-9, chiffres sacrés chez les Altaïques se rapportent
aux 3-7-9 planètes et aux 3-7-9 étapes de l'Univers du Ciel.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
L'ISLAM : LES DERVICHES TOURNEURS ET LE SOUFISME
Quant aux derviches tourneurs, nous retrouvons les mêmes principes évoqués
précédemment. Pénétrant plus profondément dans l'étude du Soufisme, nous
découvrons qu'il existe de nombreuses analogies avec notre Ordre : Si l'on
regarde attentivement le plan schématique d'un Sama-Khana, c'est-à-dire le lieu
où se réunissent les Derviches, il y a bien des affinités avec nos Temples,
chaque officiant ayant une place bien déterminée et orientée, sous l'oeil
vigilant du Cheikh, leurs déplacements étant réglés d'une façon très précise.
Nous retrouvons les termes de Vénérable Maître, de daître, de Frères, etc ...,
il y a plusieurs étapes dans la vie du Derviche, avant et après son noviciat, il
y a aussi plusieurs degrés dans la pratique du Samâ. Le Samâ est interdit aux
hommes qui sont dominés par les passions de leur âme et c'est par l'ascèse
qu'ils parviendront à les maîtriser.
Pour le derviche, le fait de tourner indique l'adhésion de l'esprit à Dieu par
son mystère et son être. Le mouvement circulaire de son regard et de sa pensée,
ainsi que la pénétration par lui des degrés existants, sont autant d'éléments
qui constituent l'état d'un «Chercheur de Vérité». Ces sauts du derviche
indiquent qu'il est attiré du degré humain vers le degré unique et que les Etres
acquièrent de lui des effets spirituels et des appuis lumineux. Lorsque son
esprit a dépassé les voiles et atteint les degrés de la rectitude, il découvre
sa tête. Quant il est séparé de ce qui n'est pas Dieu et est arrivé à Dieu
Très-Haut, il retire une partie de ses vêtements ...
Il est absolument impossible de traiter toutes les danses ayant un caractère
sacré, symbolique ou rituélique qui enrichissent l'histoire des peuples et il
faut comprendre que je fus obligé de faire un choix.Cependant, il est
intéressant de constater qu'il existe toujours, à la base de la recherche de
ceux qui les pratiquent, malgré une origine très différente et souvent fort
éloignée, les mêmes aspirations : le détachement des contingences humaines et
matérielles vers la spiritualité, l'évasion de la Terre pour le Cosmos, la
recherche du Divin, de l'Identité Suprême, l'Unité ... rejoignant ainsi en haut
de la Pyramide tout ce que nous apprenons en Maçonnerie au fil de notre
évolution dans le chemin de la Connaissance.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LES DANSES SACRÉES ORIENTALES : CAMBODGE ET CHINE
Les danses orientales, en ce sens, sont très significatives, ayant toujours à la
base un caractère sacré. C'est pourquoi, parallèlement, il faudrait étudier
aussi leurs religions, tellement ces deux entités sont indissociables. Que ce
soit en Chine, au Japon, à Bali, à Java, en Birmanie ou au Cambodge, elles sont,
pour nous européens, très hermétiques, et nous ne pouvons en saisir le véritable
sens.
Leur particularité, par rapport aux normes occidentales, réside en leur
caractère statique, dont les positions, à l'opposé des nôtres, sont
concentriques, c'est-à-dire repliées vers l'intérieur. Notons que, si les rondes
évoquées précédemment étaient toutes, en Occident, orientées dans le sens des
astres, allant de gauche à droite - comme c'est le cas en loge bleue, lorsque le
Vénérable Maître et les deux Surveillants procèdent à l'allumage des Trois
Colonnes, lors de l'ouverture des travaux, en Orient, elles tournent dans le
sens contraire. Statiques, mais pas figées, ces danses ont tout de même un
mouvement, bien qu'il se manifeste d'une manière inhabituelle pour notre oeil.
La danseuse animée d'une sorte de frisson dans le repos, semble craindre de
«déplacer les lignes» pour parler comme Baudelaire. Elle se déplace par
modulations discrètes, ces mouvements n'étant que des transitions pour passer
d'une pose à une autre. Je ne parle évidemment pas des danses de combat qui sont
des exceptions.
Si nos danses sont, par essence, exécutées par les pieds et avec les jambes,
chez l'asiatique, au contraire, les pieds n'assument pas un rôle prépondérant,
étant d'ordinaire nus et collés au sol. Par contre, les bras, les mains, la
tête, le buste entier, toujours en mouvement, même dans la station de repos,
prennent, ici, une part immense.La flexibilité des bras, des poignets et des
doigts, avec leurs multiples combinaisons, compose un aspect frappant du système
asiatique, dans un langage minutieusement fixé et codifié. Ce langage, sans
perdre son sens symbolique, devenant simplement messager d'une beauté décorative
pour le non-initié.
Ayant eu l'occasion de voir le Ballet Royal Cambodgien, je fus frappé par la
concentration de ces danseuses Kmères : Presque immobiles, telles des fresques
des Temples d'Angkor, expressives en des gestes savants, doigts retroussés,
genoux ployés, taille et cou doucement infléchis, l'extrême lenteur du
déroulement, l'extrême hiératisme des gestes, laissaient présumer un symbolisme
profond, totalement inconnu pour le profane que j'étais.
Pour arriver à ce degré de perfection, ces jeunes filles, choisies parmi
l'aristocratie, passaient par plusieurs phases d'évolution allant de
l'apprentissage jusqu'au jour de l'ultime cérémonie où elles subissaient une
véritable initiation. Présentées toutes jeunes aux monitrices, les petites
filles poudrées et fardées, munies de bouquets de fleurs tressées, étaient
soumises d'abord à l'approbation du Souverain, faisant devant lui le Salut
Ancien, l'Anjali Indien, les mains jointes à la hauteur du visage.
C'est un jeudi que commencera l'apprentissage, jour faste, placé sous la
protection du Génie de la danse. Dès lors, pendant des années, de longues
séances scandées par la baguette de rotin seront consacrées à des exercices
d'hypertension des bras, des mains et des jambes, dont la signification dépasse
de beaucoup la volonté d'assouplissement.
La désarticulation permet seule à la danseuse de s'évader des gestes humains et
d'accomplir des évolutions mythiques : coudes en dehors, mains retournées,
jambes dans la position de «l'envol», ce n'est pas acrobatie gratuite, mais
imitation des êtres surnaturels. Lorsque les monitrices jugent que leurs élèves
ont acquis l'habileté désirée, elles les préparent à l'importante cérémonie qui
feront d'elles de vraies «Lokhon», danseuses consacrées, danseuses
professionnelles.
Je passerai sur certains détails, pour aller vers l'essentiel.
D'abord par groupes restreints, elles dansent sous des masques. Chaque geste
ayant une signification codifiée, stéréotypée. Attitudes presque immobiles,
maintenues en suspens, équilibres difficiles, ici statique et dynamique
s'opposent, mesures, silences et points d'orgues s'enchaînent. Rien de plus
savant, de plus concerté que cette expression de la danse. Rien de plus
conventionnel que ce langage, quintessence du langage par le geste, et pour
cause : C'est la pantomine de l'Irréel et rien n'y doit être exprimé selon les
normes humaines ...
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
L'INDE : LE BARAT-NATHYAM - CIVA ET KRISHNA
L'origine de la danse hindoue se perd dans la nuit des temps, mais elle était
toujours, depuis ses débuts, une forme de culte, un moyen de communiquer avec
l'Esprit Suprême, de s'unir à lui.
Que ce soit dans le Barat-Nathyam ou à travers les Dieux danseurs Civa ou
Krishna, dans toutes les danses de l'Inde, s'inscrit en filigrane l'idée que le
Manifesté n'est que le symbole du Non-Manifesté ; tout ce qui arrive dans le
temps a son équivalent dans l'éternel et l'initié seul peut distinguer ce qui
les joint l'un à l'autre.
Pour le profane, les mouvements du danseur peuvent être beaux et stylisés, mais
pour celui qui saisit la signification des «Mudras» et les secrets de
l'Abhinaya», les doigts effilés du danseur racontent l'histoire de la création :
les battements du tambour brisent le mur qui sépare le tangible du mystère et le
danseur devient réellement un «dévadàsa», un esclave de Dieu qui révèle à chacun
l'Ultime Réalité.
En Inde, lorsque la Fête est dédiée aux Dieux, la danse est prière. Pour les
Hindous «le corps qui danse est visité par Dieu», car, pour eux, «l'âme n'est
pas à distinguer du corps». Dans l'expression de l'unité organique de l'homme et
de la nature, l'Inde a fait de la danse de Civa, l'image la plus claire de
l'activité de Dieu. Rodin, voyant un jour une image du Nataraja la déclara la
plus haute conception sculpturale du corps en mouvement.
Pour délivrer les âmes humaines de l'illusion, la danse de Civa a lieu au Centre
du Monde, c'est-à-dire, le coeur de l'homme.
Civa, le Grand Yogi, le Seigneur du Monde est aussi Nataraja, le Roi de la
danse. La danse de Civa a pour thème l'activité cosmique qui crée et détruit
l'Univers.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LES HÉBREUX
Ayant analysé, trop succinctement, bien sûr, le symbolisme et le rituel des
danses sacrées orientales et extrême-orientales, il convient d'aborder
maintenant les danses des peuples qui sont à la source des origines liturgiques
et culturelles de notre monde occidental.
Pour nous, imprégnés de civilisation judéo-chrétienne, ce sont les Hébreux qui,
par les textes bibliques, nous transmettent les premières informations sur leurs
rites et leur gestuelle : accompagnement de la prière, adoration, louanges, etc
...
Contrairement aux civilisations environnantes où les représentations
iconographiques, par les fresques, les vases, et la statuaire, nous apportent la
preuve exacte des figures et mouvements utilisés dans leurs danses, nous
n'avons, en ce qui concerne les Hébreux, aucune attestation archéologique, la
loi religieuse hébraïque interdisant formellement toute représentation imagée.
Ce sont donc, par les écrits que nous pouvons nous faire une idée sur les danses
qui étaient pratiquées et dont il est souvent fait allusion dans la Bible :
Dans le livre de l'Exode (chapitre 15) relatant le passage de la Mer Rouge avec
les danses en files conduites par Myriam la Prophétesse ; au chapitre 32, les
rondes sont évoquées lorsque Moïse descend du Sinaï trouvant le peuple en train
de danser devant le Veau d'Or, et, surtout, la fameuse danse de David, quasi-nu,
devant l'Arche d'Alliance (Samuel chapitre 6- verset 5). L'on trouve aussi des
indications sur ce sujet dans les premiers livres de la littérature rabbinique
et dans le Talmud en particulier.
DEBUT <http://www.cgagne.org/danse.htm#DANSE#DANSE>
LA GRECE
Les Grecs ont toujours tenu la danse en grande estime puisqu'ils lui donnèrent
le nom de «Nomos» (règle, loi du corps, ou règle des mouvements du corps), et
qu'ils la qualifiaient d'Art Divin. De sa naissance à sa mort, la civilisation
grecque fut toute imprégnée de danse. A Athènes, à Sparte, à Lacédémone, elle
était regardée comme la science de tous les gestes, de tous les mouvements,
faisant partie intégrante de l'éducation. Les récits légendaires des Grecs
placent tous l'origine de leurs Danses et de leur art lyrique en Crète.
C'est dans «L'Ile Montueuse», selon le qualificatif homérique, que les Dieux ont
enseigné la danse aux mortels, et c'est là que furent réunis les premiers
«Thiases», groupes de célébrants en l'honneur de Dyonisos. Citons au passage que
le geste symbolique revêt en Crète une signification particulièrement importante
: en général, on représente la danseuse tendant le bras horizontalement, cassant
l'avant-bras au coude, en opposition, l'un vers le haut, l'autre vers le bas ;
dans le premier cas, la paume est ouverte vers le ciel, dans l'autre, vers la
terre.
Toujours cette relation Terre-Ciel, que l'on a remarquée chez les Egyptiens, que
l'on retrouvera chez les danseurs dyonisiaques, puis chez les Etrusques.
Précisons que le langage des gestes, la chironomie des Grecs était des
mouvements bien codifiés qui n'employaient pas que les mains, mais aussi tout le
corps et qu'il fallait toute une étude pour les déchiffrer. Les plus grands
auteurs ont écrit ou parlé sur la danse : Xénophon, Socrate et Platon, en
particulier. Pour les Grecs, la danse était principalement d'essence religieuse
et spirituelle, don des Immortels et moyen de communication.
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LA DANSE DANS LA LITURGIE CHRÉTIENNE
Dans la liturgie chrétienne et plus particulièrement dans les cérémonies
pontificales de l'Eglise Catholique, toute inspiration des rituels pour les
costumes et les mouvements du clergé découle du Temple de Jérusalem. Les
processions de l'introït, l'aspersion des fidèles, l'encensement de l'autel,
entre autres, sont réglés comme des chorégraphies.
A cet effet, nous pourrions rappeler que la prostration, lors de l'ordination
sacerdotale qui permet aux futurs impétrants de «dépouiller le vieil homme»,
selon l'expression consacrée, pour renaître à l'homme nouveau, n'est pas sans
évoquer la mort initiatique. Mais il ne s'agit là que d'une interprétation des
gestes symboliques et non de danses réelles.
Pourtant, elles ne manquent pas de s'illustrer tout au long de la chrétienté,
malgré l'interdiction du clergé condamnant, à de nombreuses reprises, les Danses
et les Caroles dans les églises : Par le Concile de Vannes en 465, puis de
Tolède en 587, par la Décrétale du Pape Zacharie, puis à Avignon en 1209, à la
Sorbonne en 1444, enfin le Concile de Trente en 1562, lors de la grande remise
en ordre de l'Eglise.
Toutefois, les Pères de l'Eglise Primitive ne semblaient pas, au départ,
hostiles à la danse, considérant même qu'elle existait au début du christianisme
comme faisant partie des rites. Citons : la Chronique de Saint-Martial de
Limoges, indiquant l'organisation d'une «Choréa» en 1205, puis une autre pour le
départ des Croisés. Carole encore à Sens, le soir de Pâques, autour du puits du
cloître : archevêque en tête, les dignitaires du Chapitre dansaient intercalés
avec les enfants du choeur, etc ...
Dans une optique un peu différente, évoquons aussi les danses des brandons, qui
avaient lieu le premier dimanche de Carême, autour de bûches enflammées et
celles de la Saint-Jean, nous concernant davantage, où les fidèles décrivaient
de grandes rondes autour des feux allumés en l'honneur de l'Apôtre ; ces deux
manifestations ayant une origine commune : les Palilies romaines, fêtes
purificatoires et le même symbole : celui du feu. danse du feu, encore, que
relate le Père de Charlevoix dans le journal de son voyage en Amérique
Septentrionale, interprétée par cinq ou six femmes, côte à côte sur la même
ligne, se tenant fort serrées, les bras pendants, qui dansaient et chantaient
jusqu'à l'extinction du feu.
Dans certains pays, et notamment l'Espagne, on danse encore dans les églises et
surtout autour d'elles, à l'occasion des fêtes traditionnelles. Qui n'a pas
entendu parler des Pénitents Blancs de Séville, des Confréries de Burgos ou de
Saragosse, dont les grandes exhibitions ont lieu au cours des processions de la
Semaine Sainte. Il y avait aussi la danse en chaîne ouverte, et celle en chaîne
fermée.
Autre survivance, l'étrange procession d'Echternach au Luxembourg, qui a lieu le
Mardi de Pentecôte. Païenne à son origine, cette Fête fut transformée par les
Bénédictins qui lui assignèrent un but précis : l'imploration de Saint-Willibrod
pour la guérison des épileptiques et des malades atteints de la danse de
Saint-Guy ! ..
C'est à partir du XIIème Siècle que la danse fut bannie de la liturgie ; elle ne
survivra que dans les Danses Macabres, danse de la Mort contre la mort, à une
époque de hantise de la famine, de la guerre et de la peste. Au temps de la
Peste Noire (1349), se multiplieront, avec des danses convulsives, les
phénomènes de transe et de possession, en dehors de quoi, ne se développeront
que des danses profanes.
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LE MOYEN-AGE
Au Moyen-Age, la danse est présente à tout moment : les moresques et momeries,
les mascarades, carnavals et défilés, le danseur y apparaissant sous diverses
formes : en saltimbanque, jongleur, et même montreur d'animaux savants, comme un
simple exécutant profane.
En fait, si l'on étudie plus profondément leurs mouvements et le contexte dans
lequel ils les exécutaient, l'on s'aperçoit que ces «gens du voyage», tels les
Compagnons Opératifs, étaient en possession d'un véritable savoir ésotérique et
initiatique. Ils se reconnaissaient par des signes, véritables mots de passe.
Cette gestuelle acquise de longue date était transmise par les Maîtres dans la
plus pure tradition orale, dans le même esprit que dans la Maçonnerie où le
cheminement initiatique est ponctué par des gestes rituels et symboliques
propres à chaque grade.
Quant aux danses compagnonniques, elles relèvent des mêmes principes.
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LE BAROQUE
Parti de l'Italie sous la Renaissance, le centre d'intérêt de la danse se
déploiera petit à petit vers la France, sous l'impulsion de Marie de Médicis. Le
baroque italien et français renferment une foule de détails qu'il serait
intéressant d'analyser, mais cela nous entraînerait trop loin.
Le premier chorégraphe de l'histoire du ballet, Balthazar de Beaujoyeux, réalisa
en 1581 le «Ballet Comique de la Reine», point de départ des ballets de cour. Il
définissait le ballet comme une combinaison géométrique de plusieurs personnes
dansant ensemble, dont le dessin des mouvements au sol, vu du haut des balcons,
loggias ou estrades, représentant cercles, carrés, losanges, rectangles ou
triangles. Ce symbolisme des formes et figures géométriques, allait donner
naissance, un peu plus tard, au système classique.
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LE SYSTEME CLASSIQUE
Le Système Classique, appelé également Système Occidental, en opposition avec
l'Oriental, vit le jour au XVIIème Siècle, sous le règne de Louis XIV.
C'est aux alentours de 1660 que furent codifiées les cinq positions
fondamentales et les pas de base de la danse classique, par Charles-Louis Pierre
de Beauchamp, Premier Maître à Danser du Roi, et compositeur des Ballets de sa
Majesté. La particularité de la danse classique, réside principalement dans son
principe d'en dehors, dont le grand théoricien Noverre disait qu'il avait été
dicté fondamentalement pour des raisons d'esthétique.
Une autre interprétation, plus intéressante, fait remarquer que Terpsichore a
son beau visage tourné vers l'extérieur, comme les cinq positions de pieds du
danseur académique. Ces positions forment l'élément de base de la grammaire
chorégraphique, point de départ et d'arrivée de n'importe quel pas ou mouvement.
Ainsi, le danseur doit se mouvoir et s'exprimer physiquement et techniquement au
rebours du commun des mortels.
L'élévation, but essentiel du système, se manifeste partout ; combinée avec
l'amplitude et le parcours, c'est l'âme de la danse classique.
Ce dessein de fuite, d'envol, tout le proclame à nos yeux. Non seulement les
grands temps en l'air, mais aussi les pas vifs et légers de la danse à terre. En
fait, c'est tout le psychisme qui est orienté vers le haut : l'immobilité même
fugitive, à la vérité, des positions de repos, parlent un langage identique : la
noblesse, le lyrisme des lignes déployées. L'élévation de la danseuse sur la
pointe (au XIXième Siècle, en plein Romantisme), qui hausse l'interprète vers le
ciel, la fluidité des ports de bras donnant l'impression de gestes allant vers
l'infini, sont autant d'images évoquant la même aspiration.
Abstraite combinaison de formes mouvantes, géométrie dans l'espace, architecture
animée, caractérisent ce système autonome et «parfait», qui, peu à peu, s'est
acquis une extrême précision, condition de sa beauté. Moins encore que les
autres arts, il n'admet la médiocrité, ni l'à-peu-près, car, la moindre
déviation ou bavure compromet immédiatement l'harmonieux ensemble.
Nous l'avons remarqué, lanNature a fourni à la danse et à l'homme lespPositions,
l'expérience lui a donné les règles. Goethe n'a-t-il pas dit «Personne n'ose
danser à la légère sans avoir appris selon les règles».
Cette description idéalisée, peut-être, prouve tout de même que cet art, devenu
par son évolution dépouillé de tout artifice inutile, monte vers l'abstraction
la plus pure et atteint l'esthétique parfaite de la Beauté, retrouvant l'Univers
de la Spiritualité et des forces qui dominent la Matière. Mais on ne peut y
parvenir qu'avec rigueur, méthode et connaissance, dont les exercices dans leur
langage codifié mais hermétique, forment un rituel que l'on ne cesse de répéter
quotidiennemen
Après ce long parcours, retraçant les diverses interprétations du symbolisme
«des Pas et des Gestes Rituels à la danse» dans l'histoire de l'humanité, il est
temps de conclure.
Définie par les philosophes comme étant «L'Art des Gestes» par excellence, la
danse est, selon Jean-Clarence Lambert :
«L'incorporation de la volonté de participer toujours plus activement à la Vie
de l'Univers et de la nostalgie de dépasser la condition humaine dans
l'accomplissement d'une métamorphose glorieuse ...»
- Moyen de communication et de communion entre les Hommes,
- Présence de l'esprit dans la chair et manifestation spirituelle,
- Expression spontanée des émotions et des langages humains,
- La danse est éternelle !
Gilbert MAYER.
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