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RENAISSANCE ET RESURRECTION
Gildas Rouvillois
29/11/78 29/11/98
Maigre immortalité noire et dorée
Consolatrice affreusement laurée
Qui de la mort fais un sein maternel
Le beau mensonge et la pieuse ruse !
Qui ne connaît et qui ne les refuse
Ce crâne vide et ce rire éternel ?
Paul Valéry; Le cimetière marin.
INTRODUCTION.
Depuis les origines, le problème de la mort et le mystère de
l'au-delà ont hanté la méditation des hommes. Les réponses élaborées par les
différents systèmes religieux et philosophiques reflètent l'inconscient
collectif des peuples qui leur ont donné naissance. Nous avons par exemple
l'immortalité pharaonique professée par l'ancienne Egypte, où le monarque
passait de l'autre côté de la mort avec ses serviteurs et ses richesses,
reproduits en effigie placés auprès du sarcophage pour les besoins du rituel.
Nous avons aussi le schéma pythagoricien de la métempsycose, ou
transmigration des âmes, que l'on trouve également dans le bouddhisme avec la
notion de karma, ou dette existentielle, et qui détermine les circonstances
d'une existence future en fonction de celles qui la précèdent, jusqu'à ce que
l'homme gagne enfin sa libération pour accéder au nirvana.
Puis la conception judaïque de la résurrection de la chair (
vision d'Isaïe) reprise par le christianisme, pour qui les défunts attendent au
purgatoire le grand jour du jugement, où le Christ reviendra sur les nuées pour
juger les vivants et les morts, et les ressusciter avec un corps incorruptible,
à l'instar de celui qu'il revêtit lui-même lors de sa résurrection.
Nous avons par conséquent deux courants de pensée qui
s'opposent. Pour Platon et les platoniciens, l'âme est immortelle de plein droit
et par nature, parce qu'elle est de nature divine. Pour le christianisme, l'âme
n'est pas divine par nature: elle est divinisable par grâce, ce qui est très
différent. Nous n'envisagerons même pas le point de vue matérialiste, suivant
lequel l'existence de l'âme prend fin en même temps que celle du corps.
I LE POINT DE VUE CREATIONNISTE.
Nous entendons par là celui où l'on considère que l'âme est
créée en même temps que le corps. C'est le point de vue des églises chrétiennes.
Les Pères de l'Eglise ont élaboré une anthropologie où le dualisme pythagoricien
est remplacé par l'union de l'âme et du corps, constituant ensemble une seule
"forme". L'âme n'est point prélevée sur la substance divine; par le fait même,
elle ne bénéficie pas de la préexistence et ne subit pas la transmigration. Dieu
créant aussi bien l'âme que le corps, celui-ci, qui n'est pas mauvais en soi,
n'est plus le lieu d'une chute dont la mort devrait délivrer l'âme.Dans cette
lignée, nous trouvons Saint Thomas d'Aquin, Malebranche, Bergson, Teilhard de
Chardin.
Lorsque la mort fait disparaître l'âme hors du champ de notre
expérience, il ne reste pas un corps, il reste la matière qui avait été
organisée, informée et qui ne l'est plus- le cadavre- voué à la décomposition.
Tout organisme vivant est un psychisme. Or Saint Thomas, à la suite d'Aristote,
emploie le mot corps, tantôt pour désigner l'organisme composé de forme et de
matière, tantôt pour la matière seule. Lorsque les chrétiens, aujourd'hui et
depuis des siècles, parlent de la résurrection des corps, distingués des âmes
(supposées immortelles par ailleurs ), ils parlent le langage de Platon et de
Descartes, admettant qu'un corps puisse subsister sans âme, ce qui n'a aucun
sens. La véritable signification est la suivante: les âmes viendront réinformer
la matière pour constituer des corps nouveaux. Mais les écritures
judéo-chrétiennes, contrairement au Coran, nous affirment clairement que dans le
Royaume Céleste, il n'y aura plus de digestion et plus de vie sexuelle. En
conséquence de quoi les corps ressuscités auraient des organes sans usage, ou
bien seraient sans organes. Saint Jérôme et Saint Thomas d'Aquin penchent en
faveur des organes, qui joueraient alors un rôle purement décoratif ( "ad
ornamentum").
Un autre point qui mérite examen est le suivant: la théologie
professe qu'à leur mort les saints entrent dans la vie de Dieu et le
contemplent. Mais alors, en quoi peut bien consister pour eux la résurrection
promise pour la fin des temps ? que peut-elle ajouter à ce qu'ils possèdent et
connaissent maintenant, à savoir Dieu lui-même ?
On dira justement que la résurrection permettra aux âmes de
reprendre "leur corps", ou du moins de ré-informer une matière pour reconstituer
un corps. Nous revenons alors aux difficultés précédentes. Saint Thomas professe
qu'en effet les âmes des saints jouissent actuellement de la vision béatifique,
mais il pense et enseigne que les âmes séparées de leur corps sont actuellement
dans un état violent, et qu'elles le reprendront à la fin des temps. Cette
doctrine de la résurrection finale est une survivance de la théologie juive
pharisienne à l'intérieur de la théologie chrétienne.
L'essentiel du Christianisme, comme aussi du Judaïsme et de
l'Islam, c'est l'affirmation selon laquelle l'âme qui subsiste après la mort est
invitée à prendre part personnellement à la vie divine. C'est cela qui semble
important, plutôt que la question de la reconstitution de l'organisme. Il n'en
reste pas moins que le postulat suivant lequel l'âme serait créée en même temps
que le corps nous conduit à des ambiguïtés peu satisfaisantes, avec le concept
d'un paradis et d'un enfer éternels: comment une existence de quelques dizaines
d'années en moyenne peut-elle conduire à une rétribution éternelle, en bien et
en mal? Et comment peut-on concevoir que l'âme ait un commencement dans le
temps, mais pas de fin ? Voilà de redoutables questions qui attendent une
réponse…
II LE POINT DE VUE EMANATIONNISTE
Dans la perspective platonicienne ( qui remonte en réalité à la
plus haute antiquité ), les germes d'esprit inconscients sont expulsés du sein
de la Divinité ( sans préciser davantage ) pour accomplir leur périple ans la
matière en suivant des cycles d'incarnation et de désincarnation. Etant divine
par nature, l'âme revient au sein de Dieu au terme de son parcours.
Au livre X de la République, Platon nous décrit la descente aux
enfers des âmes des défunts, en l'occurrence, celle du guerrier Er, le
pamphilien, laissé pour mort sur le champ de bataille. Sa mise en scène
grandiose sera utilisée plus tard par Dante dans la Divine Comédie, et par Ibn
'Arabî dans les Conquêtes Spirituelles .On y voit la manière dont les âmes sont
rétribuées selon le comportement qu'elles eurent dans leur vie terrestre, et
comment se fait le tirage au sort de l'incarnation suivante, dans laquelle l'âme
n'entre qu'après avoir bu l'eau du fleuve Léthé, qui lui donne un oubli
miséricordieux.
Des milliards d'hommes en Asie croient dans le processus de la
réincarnation, qu'ils soient bouddhistes ou hindouistes. La notion capitale est
celle de karma , ou dette vis-à-vis de la destinée, qui incorpore la valeur de
tous les actes, bons ou mauvais, commis lors des incarnations précédentes sous
l'impulsion du désir. Le but de l'homme religieux devient alors le rachat de la
dette karmique par le sacrifice, les bonnes œuvres, la méditation, ce qui permet
d'échapper au cycle des réincarnations et d'atteindre l'état de Nirvana ,
immortalité inconsciente où l'âme réalise la fusion avec le néant apophatique.
En effet, ces religions enseignent qu'il n'y a qu'un Principe
universel et éternel ( malgré la multiplicité apparente des divinités ), et qu'
Il est l'unique substance à l'exclusion de toute autre chose. Et comme Dieu est
par définition éternel, les parties dispersées seront tôt ou tard réabsorbées
par Lui.
La multiplicité des êtres n'est donc qu'une apparence trompeuse
dans laquelle nous sommes tombés, égarés par le désir d'une existence
personnelle. Tout ce qui nous renforce dans l'erreur d'une individualité
possible est de ce point de vue néfaste, et c'est de là que proviennent toutes
les douleurs de la vie humaine. La survie est certes assurée dans la vision
panthéiste, mais c'est une survie impersonnelle, une existence dissoute dans
l'immensité du Nirvana, terme qui signifie précisément extinction.
Les Transitions successives dans le processus de libération.
Nous allons examiner d'une manière plus approfondie ces
processus qui permettent au germe d'esprit incarné d'accomplir son périple à
travers les plans de la création. D'une manière générale, on peut dire qu'un
changement évolutionnaire, considéré d'en bas, nous apparaît comme une mort (
disparition d'un individu, voire d'une espèce ). Considéré d'en haut, il
apparaît au contraire comme la naissance à un plan supérieur d'évolution.
1er Ordre: séparation du corps physique.
Ce n'est que par la mort que nous pouvons recueillir les fruits
de la vie. Nous paissons dans les champs de la terre et nous nous reposons dans
les champs du ciel pour ruminer. Si nous ne faisions que "vivre", toutes nos
expériences passeraient à travers la conscience et ne laisseraient que peu
d'impression ( les premières images remplissant tout l'espace disponible, tout
serait concret, isolé du reste, sans synthèse possible); dans la méditation que
constitue la mort, l'essence abstraite de la vie est distillée par la psyché,
conduisant aux concepts. Nous devons donc apprendre à aimer la mort, à lui faire
confiance, à pratiquer régulièrement l'exercice qui consiste à nous imaginer
dans l'au-delà. Ce n'est qu'ainsi que nous en viendrons à ne plus la craindre.
2ème Ordre: séparation ou combustion du corps astral ( mort de la personnalité )
Lorsque la mort la sépare du corps, la personnalité continue à
vivre et à fonctionner comme telle; l'homme n'est nullement changé et " répond
au nom qu'il portait dans la chair ". Dans le purgatoire, il brûle de désirs,
jusqu'à ce que les possibilités de désirs soient consumées; Le désir n'est plus
qu'une idée abstraite et devient une partie de l'individualité ( Entité qui
construit et gouverne la personnalité- nous intervertissons ici les
significations données par Guénon à l'individualité et à la personnalité. ).
L'homme meurt alors aux désirs inférieurs et continue à vivre
dans les désirs supérieurs. Mais il apprend peu à peu qu'ils sont finis et
mortels, eux aussi, et comprend qu'ils constituent une barrière entre lui et son
Père dont il voudrait contempler la face. Il voudrait se libérer de l'amour
personnel pour accéder à l'amour impersonnel, l'agapè, l'état de conscience dans
lequel tout est embrassé. C'est alors ce désir d'échapper à ce qui est fini qui
provoque la "seconde mort ", ou séparation du corps astral. L'Etre naît alors à
la conscience de l'Individualité. Il aperçoit la face de son Père qui est aux
cieux ( Reflet de Dieu dans le miroir du cœur ). Mais avec le réveil du désir
reviennent les rêves, entraînant dans leur cortège le rappel vers la matière,
l'esprit contemplant la face du Père jusqu'à ce que la conscience soit éblouie
par sa clarté, ferme les yeux et s'endorme. En dormant, il rêve de ses désirs
inassouvis et naît ainsi à nouveau, car au plan des désirs, un état de
conscience est un lieu. C'est ainsi que chaque homme construit son propre karma.
On se demandera sans doute comment il se fait que les hommes
créent eux-mêmes des souffrances et des limitations qu'ils ne peuvent pas
désirer. C'est qu'ils ne récoltent pas les fruits de la fantaisie, mais bien
ceux de la réalité. Ils reçoivent les résultats de ce qu'ils se sont permis de
désirer, et non pas les choses qu'ils désirent. Par exemple, l'homme qui désire
le pouvoir obtiendra la vanité. Pour obtenir le pouvoir, il devrait avoir désiré
les qualités qui confèrent le pouvoir, c'est-à-dire la force morale, la vision
et la sagesse. L'homme qui désire le pouvoir se construit la conscience d'un
égoïste vaniteux.
( c'est le cas typique des mauvais compagnons assassins d'Hiram) L'homme qui
désire la force morale, la vision et la sagesse, se construit la conscience du
pouvoir.
3ème ordre : la réalisation spirituelle (résorption du cœur
dans l'esprit).
Dans cette transition, la conscience se retire de la
personnalité et ne fait plus qu'une avec l'Individualité : l'homme contemple
alors toujours la face de son Père qui est aux cieux, même s'il séjourne sur la
terre. C'est en cela que l'adepte illuminé (réalisé) diffère des autres hommes :
l'initiation totale est une mort vivante.
Ceux qui désirent les biens de la terre et les vanités de
l'existence emploient ces mots de "mort vivante" pour signifier le sort le plus
terrible que puisse connaître un homme ; mais ceux qui savent sont conscients du
fait que la "mort vivante" signifie la libération de l'esprit obtenue, bien
qu'encore présent au plan matériel. Cela signifie la Conscience de la Présence
qui Demeure" au sein même de la conscience des sens. Cela signifie être
conscient de l'existence du ciel tout en demeurant sur la terre. C'est pourquoi
l'initié recherche la mort vivante qui est la libération tout en restant dans le
corps, car la mort annule les limitations et libère les potentialités de
l'esprit. Ce à quoi nous aspirons vraiment dans la vie, c'est dans la mort que
nous le réalisons.
Pour la conscience élargie, le sein maternel est une tombe et
la tombe est un sein maternel. L'âme qui évolue, à son entrée dans l'existence
corporelle, fait ses adieux à ses amis qui la pleurent, et rassemblant tout son
courage pour faire face à la grande épreuve et se soumettre aux souffrances,
entre dans la vie. Son premier acte dans cette vie est d'aspirer l'air. Avec
cette aspiration, son deuxième acte est d'émettre un cri de détresse, car elle a
entrepris avec regret cette tâche, et son but dans la vie est de rendre celle-ci
supportable.
Mais lorsqu'elle entre dans la tombe, l'âme passe un portail
conduisant à une plus grande activité de conscience, et l'initié passe de la
même façon à travers un portail symbolisant la mort (cf : le sublime.grade de
Maître, 3ème degré de l’initiation maçonnique). En mourant aux choses du désir,
il obtient sa liberté, et c'est comme un mort qu'il va parmi les hommes,
l'esprit libre au milieu des limitations de la chair. Etant mort, il se déplace,
détenteur de la puissance, parmi ceux qui sont enterrés dans la chair ; et
ceux-là, voyant la lumière briller à travers lui, savent qu'il est mort, car la
lumière ne peut briller au travers du voile de la chair. Si la conscience
désincarnée fait encore fonctionner son corps, alors la lumière se répand dans
le monde matériel et illumine les hommes, aidant ainsi ceux qui ne peuvent être
approchés autrement.
III DESTRUCTION ET RENOVATION :
LA NOTION DE CREATION RECURRENTE.
Nous venons d'examiner deux points de vue contradictoires – ou
complémentaires ? - : le point de vue créationniste, judéo-chrétien, et le point
de vue émanationniste (pythagoricien, platonicien, védantique, bouddhiste).
Chacun des deux présente ses limitations et ses dangers :
- le point de vue créationniste peut sembler choquant pour les âmes
sensibles à cause de son manichéisme dans la rétribution de la vie éternelle.
Par ailleurs, il peut sembler difficile d'admettre qu'une créature ayant son
origine en un point précis du temps puisse être douée d'une vie éternelle.
- Le point de vue émanationniste présente des risques de déviation vers
le panthéisme – où se dissolvent les notions de bien et de mal dans
l'indifférenciation et le désordre ou encore vers le gnosticisme et le
pélagianisme – tentation luciférienne contre lesquelles la notion d'un Dieu
Personnel devant qui sous sommes responsables est un rempart solide.
Il nous apparaît possible de tenter une passerelle entre le
créationnisme et l'émanationnisme , en invoquant la notion de création
récurrente, telle que la propose le maître soufi Ibn'Arabi. Comme le rapporte
Abdul Karim Jilî dans son commentaire sur le "Livre de la retraite spirituelle",
Ibn'Arabî déclare ce qui suit: "…et sache que le monde s'évanouit à chaque
instant dans la non-existence par la victoire écrasante de l'unité sur la
multiplicité; et le même monde est reproduit à l'instant d'après par l'autorité
de l'amour essentiel. Ainsi le manifesté impose sa manifestation sur la première
chose cachée, et le monde est produit. Puis le caché impose son état de
dissimulation sur la première manifestation, et le monde s'évanouit. Puis
l'autorité revient au manifesté, et ainsi de suite à perte de vue. Ce scénario
est appelé création récurrente. L'extension imaginaire qui semble résulter de ce
flux de similitude est le temps, et le mouvement est sa mesure".
La création est dans un état de vibration infiniment rapide ;
à chaque instant, elle est détruite et renouvelée par le passage du souffle
créateur (Chokmah) à travers la matière première, la substance-mère (Binah).
Cette notion nous la retrouvons dans le Vedanta avec la danse cosmique de Shiva,
le destructeur et rénovateur – qui danse sur un tambour – le pouvoir créateur du
son – en tenant dans ses mains un cercle de flammes – la destruction.
Nous rejoignons ainsi la notion de structure dissipative, élaborée
en thermodynamique statistique par Prigogine (Prix Nobel de Chimie en 1977) et
son école.
Dans cette perspective, les changements évolutionnaires, les
transformations, les morts, les résurrections, apparaissent tout naturellement
comme des réajustements de la structure pour accommoder le passage d'un flux
d'énergie – plus élevé ou plus faible suivant les cas. Le concept d'existence
matérielle tend alors à s'estomper au profit de celui de niveau énergétique de
la Conscience-force, plus familier sans doute dans le Vedanta que dans la pensée
occidentale. Nous en trouvons une anticipation dans la 1ère épître de Paul aux
Corinthiens : "Oui, je vais vous dire un mystère; nous ne mourrons pas tous,
mais tous nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la
trompette finale…".
Nous pouvons citer encore ces exhortations très stoïciennes aux pratiquants des
arts martiaux:
"Je n'ai pas de parents: je fais du ciel et de la terre mes parents
"Je n'ai pas d'amis: je fais de mon esprit mon ami
"Je n'ai pas d'ennemis: je fais de l'imprudence mon ennemie
"Je n'ai pas de principes: je fais de l'adaptation à tout mon principe
"Je n'ai pas de dessein: je fais de l'occasion mon dessein
"Je n'ai ni vie ni mort: je fais de l'AUM ma vie et ma mort.
(Les règles du Kiaï./ Extraits. )
CONCLUSION
Il est bien difficile de conclure en cette matière à moins que
d'avoir expérimenté par soi-même les différents états mystiques. En attendant la
dernière expérience qui nous plongera dans des conditions de survie en dehors de
la matière dense, nous pouvons nous préparer par la méditation et la prière au
franchissement du pont. L'essentiel est de garder la foi dans notre continuité
d' existence, et de rechercher en toute circonstance l'occasion d'un progrès
spirituel qui nous rapprochera de notre destinée ultime.
ANNEXE LINGUISTIQUE.
Pour servir de base à de futures discussions, je voudrais
donner ici une liste de mots en hébreu qui "convergent" vers la métaphysique de
la création récurrente:
BRIAH (Beth, Reisch, Iod, Aleph, Hé =2+20+10+1+5 =38) : création.
ABADDON (Aleph, Beth, Daleth, Vav, Noun final =1+2+4+6+25=38) : destruction.
RETET (Reisch, Teth, Teth =20+9+9 =38 ) : tremblement, vibration
ETH (Ayin, Tav =16+22 =38) : le temps.
SCHETAH' (Schin, Teth, H'eth =21+9+8=38) : l'espace, l'étendue.
MOTZA (Mem, Vav,Tsaddé, Aleph =13+6+18+1=38) : l'issue, la sortie, ce qui sort.
TSALAH' (Tsaddé, Lamed, H'eth =18+12+8=38) : traverser, passer
SHIVA (Schin, Iod, Beth, Hé =21+10+2+5=38) : le retour, ceux qui retournent
d'exil
(noter la rencontre phonétique amusante avec le nom sanscrit SHIVA.)
ZEKER (Zein, Kaph, Reisch =7+11+20=38) : le souvenir, la remémoration, le
rappel.
ANAKH ( Aleph, Noun, Kaph final =1+14+23=38) : le fil à plomb, la sonde;
Dieu sonde les reins et les cœurs.Noter la rencontre phonétique avec ANKH, la
croix de vie de l'ancienne Egypte.
H'EMLA ( H'eth, Mem, Lamed, Hé =8+13+12+5=38) : compassion, solidarité avec tous
les êtres vivants ( comme dans le Bouddhisme).
RAMA (Reisch, Mem, Hé =20+13+5 ) : tromper, piéger. Le substantif correspondant
est REMIYA (Reisch, Mem, Iod, Hé ), signifiant : relâchement, illusion,
tromperie. C'est l'équivalent hébraïque du sanscrit MAYA, qui a la même
signification.
GUIMEL ( Guimel, Iod, Mem, Lamed = 3+10+13+12 = 38 ) . 3ème lettre de l'alphabet
hébraïque. La mystérieuse lettre G, symbole de la vie.
DALETH ( Daleth, Lamed, Tav =4+12+22 =38 ) 4ème lettre de l'alphabet. La porte.
BIBLIOGRAPHIE
PLATON : La République – Livre X
SHRI AUROBINDO : Métaphysique et Psychologie (extraits traduits et rassemblés
par Jean HERBERT) ; Albin Michel / collection spiritualités vivantes.
René GUENON : L'homme et son devenir selon le Vedanta.
Les états multiples de l'être.
F. DUCLUZEAU : La mort dans tous ses états.( Dervy, 1998).
J.TRESCASES :La symbolique de la mort ou herméneutique de la résurrection
(Trédaniel, 1993 )
J.TOURNIAC: Vie posthume et résurrection dans le judéo-christianisme (Dervy,
1983).
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Mardi 4. Avril 2006 13:02
"SEGUY Michel" <seguy.michel@...>
seguy_michel
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