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Le Régime Ecossais Rectifié.doc
Le Rite Ecossais Rectifié
Ce Rite date de 1778, il comprend:
1. Les Loges symboliques de la Maçonnerie de Saint-Jean, avec trois degrés:
Apprentis, Compagnons, Maîtres.
2. Les Loges symboliques de Saint-André, formées par les Maitres Ecossais de
Saint-André.
3. Les Préfectures, avec les Ecuyers-Novices et les Chevaliers Bienfaisants de
la Cité Sainte (CBCS).
Ce Rite affirme son attachement à l'esprit du christianisme, au dévouement à la
patrie, au perfectionnement individuel par le travail, et à l'exercice d'une
bienfaisance active et éclairée envers tous les hommes.
Ce Rite est surtout pratiqué en Suisse où se trouve le Grand Chapitre Helvétique
qui a institué en France un Grand Prieuré des Gaules.
Vous trouverez ci-dessous :
* une présentation générale ;
* un historique ;
* des informations sur la Stricte Observance Templière ;
* et l'esprit du Rite Ecossais.
Les informations que vous trouverez ci-dessous ont été compilées par le
Vénérable de la loge Oriens en s'aidant des documents suivants :
* Le symbolisme maçonnique traditionnel, 2ème édition, par Jean-Pierre Bayard,
éd. Edimaf, Paris, 1981
* L'ésotérisme au XVIIIe siècle, par Antoine Faivre, éd. Seghers, Paris, 1973
* "Les origines du régime rectifié", par M. Ostabat, revue Le symbolisme,
septembre 1968, numéros 385-386, p.309
* "Le RER et les répétitions rituelles", par J. Tourniac et P. Le Sellier, revue
Le symbolisme, janvier-mars 1966, numéro 373.
Présentation
Le Rite Ecossais Rectifié, ou simplement rite rectifié, dérive de la Stricte
Observance (voir plus bas), et, à travers elle, des loges jacobites. Il a
conservé certains caractères rituéliques qui donnent aux initiations l'apparence
de cérémonies de musée, notamment dans les loges qui ont conservé strictement
les rituels en vigueur au XVIIIe siècle.
Deux exemples nous le feront comprendre :
* Le Vénérable, lors de l'ouverture des travaux, prononce les paroles suivantes
: "J'invite les Maîtres et Compagnons à s'asseoir." Et, selon le rituel, il
ajoute parfois, s'il le juge à propos : "Et je le permets aux Apprentis."
* A la fin des travaux, le Vénérable, s'il y a un banquet, formule l'invitation
suivante : "Je vous invite tous à un banquet frugal et fraternel ; venez y
goûter, dans une société de Frères, les charmes de l'égalité."
Il faut se replacer au XVIIIe siècle pour comprendre le sens de telles phrases.
A l'époque, la hiérarchie des Maîtres, Compagnons et Apprentis remplaçait en
loge, pour la durée d'un soir, celle des gentilshommes et des roturiers. La
première invitation pouvait contrandre, au nom de la seconde hiérarchie, des
gentilshommes à demeurer debout devant des roturiers conviés à s'asseoir. Quant
aux "charmes de l'égalité", c'étaient là ceux de ces aristocratiques disciples
de Rousseau, revenus pour une soirée à l'état de Nature, où, comme en loge, tous
les hommes étaient frères. Le rituel du RER abonde en prescriptions sur le port
en loge du chapeau ou de l'épée, qui, par respect pour un passé vénéré, ont été
scrupuleusement conservées. Qu'on regarde les estampes admirables de J.-Ph. Le
Bas, si fidèles qu'elles nous renseignent avec la même précision que si la
photographie avait alors existé. Si les personnages ne portaient pas perruques,
elles représenteraient presque exactement ce qui se passe aujourd'hui encore,
autour du tapis encadré de hauts chandeliers, dans certaines loges du RER. Celui
qui a pris part à certaines de ces cérémonies éprouve l'impression d'un voyage
dans le temps.
Les structures de ce Rite se ressentent de son histoire extrêmement complexe.
Ses trois grades "bleus" sont sous la juridiction de la Grande Loge Nationale
Française (G.L.N.F.), mais il comporte trois hauts grades :
* Maître écossais de Saint-André ;
* Ecuyer novice ;
* Chevalier bienfaisant de la Cité sainte (CBCS).
Ces derniers sont sous la juridiction d'un autre organisme, le Grand Prieuré des
Gaules, uni à la G.L.N.F. par un traité.
Le Rite est essentiellement chrétien. Le serment maçonnique, prêté sur
l'Evangile de saint Jean, comporte un engagement de fidélité "à la sainte
religion chrétienne", et c'est son nom de baptême, non son "prénom", qui est
demandé au candidat en même temps que son nom. En même temps, la "Règle
maçonnique" rédigée en 1782 par J.-B. Willermoz, souligne ce caractère en ces
termes : "Prosterne-toi devant le Verbe incarné, et bénis la Providence qui t'a
fait naître parmi les chrétiens. Professe en tous lieux la divine religion de
(sic) Christ, et ne rougis jamais de lui appartenir. L'Evangile est la base de
nos obligations ; si tu n'y croyais pas, tu cesserais d'être maçon." Ce
caractère chrétien s'accentue à chaque nouveau grade, et le grade suprême
comporte une agape rappelant la Cène, ainsi que la récitation du Pater.
Traditionnellement, ce caractère chrétien a eu pour conséquence, assurément
logique, l'exclusion des membres d'autres religions, par exemple les israélites,
exclusion sans aucun caractère raciste, mais pour l'unique motif des termes du
serment. La plupart des Israélites, surtout ceux attachés à leur religion,
n'avaient pas, jusqu'à une date récente, disconvenu de ce que le RER n'était pas
fait pour eux. Mais dans certaines loges, des tendances nouvelles se sont
manifestées, au nom de l'universalisme maçonnique. Elles ont rencontré chez les
traditionnalistes une opposition où l'antisémitisme n'entrait pas, mais
inflexible. Il est trop tôt pour savoir si l'une ou l'autre des deux tendances
l'emportera sur l'autre, ou si, à longue échéance, un clivage du Rite ne sera
pas l'issue du débat, ajoutant un scisme de plus à la longue liste de ceux qui
ont marqué son passé.
Le Rite, à l'étranger, est pratiqué en Suisse, dans les Etats scandinaves et en
Allemagne. La Maçonnerie anglo-saxonne l'ignore. La Grande Loge de France et
même le Grand Orient de France comptent, assez paradoxalement, quelques loges
qui s'en réclament, mais dont les rituels ont été remaniés au point de rendre
méconnaissable leur physionomie d'origine.
Historique
Nous avons noté quelques traits sur le RER et le Grand Prieuré des Gaules. Il
nous paraît cependant indispensable, dans cette étude, de revenir tant sur
l'aspect historique que sur le symbolisme, ces deux aspects étant tributaires
l'un de l'autre.
Jean Tourniac, dans Principes et Problémes Spirituels du Rite Ecossais Rectifié,
a longuement évoqué la filiation templière, et même tout le canevas gnostique où
tous les rapprochements sont établis entre l'Ordre du Temple et les Teutoniques,
entre les Teutoniques et la Stricte Observance.
Comme l'a noté et développé Ostabat, le RER a puisé principalement dans quatre
courants Maçonniques:
* la Maçonnerie symbolique des trois premiers grades ;
* les systèmes Ecossais au sens large du terme ;
* l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus-Coëns de l'Univers propagé par Dom Martines
de Pasqually à partir de 1754, et qui eut une influence incontestable à
l'élaboration du Régime ;
* l'Ordre Germanique de la Stricte Observance, apporté d'Allemagne à Lyon en
1774 et qui fut le fondement même du RER.
On peut donc penser que le RER est un des Rites les plus anciens. René Guénon
dit que la "Rectification" désigne "les modifications que subirent les Loges de
la Stricte Observance, lorsque celles-ci cessa d'exister comme telle et fut
remplacée par ce qui précisément s'appella le RER, dans lequel Willermoz prit
une part prépondérante" .
Martines de Pasqually s'est énormément dépensé pour créer son Temple des
Elus-Coënes, un système de Hauts Grades copié sur les trois premiers grades
maçonniques. En 1766, il instruit Bacon de la Chevalerie qui ordonne Willermoz
comme Réau-Croix en 1768. Saint-Martin a été initié à son tour en 1765. Pierre
Fournier initié en 1768 subit les influences de Jacob Böhme, de Williame Law, de
Mme Guyon, de Swedenborg, de Mesmer, a eu une forte influence après la mort de
son maître en 1774.
Willermoz, épris de maçonnerie ésotérique, s'est mis en relation avec le Baron
de Hund en 1772. Dans "L'Esotérisme au XVIIe siècle", les Templiers français ne
se rattachent à la SOT que par un serment d'obédience prêté à Hund et à
Ferdinand de Brunswick. En échange de ce serment, les Français ont reçu les
rituels Allemands. En 1777-1778, Willermoz entreprend l'œuvre de sa vie. Avec
Jean Braun, Paganucci, Jean-André Périsse-Duluc, Frédéric-Rodolphe Salzmann,
Jean de Turckheim, il remanie tous les cahiers. Toutes ces élaborations, ces
préparations, auxquelles il se livre avec ses amis, sont généralement dénommées
"Réforme de Lyon".La section Française de la SOT se trouve pratiquement libérée
du contrôle allemand. Dès lors, le Système des CBCS va se développer
réguliérement.
Willermoz réunit les trois Directoires Templiers Français en un Convent, dit
Convent des Gaules, qui se tient à Lyon en 1778. Il enregistre officiellement la
naissance de cet Ordre qui comporte six grades : les trois bleus, celui de
Maître Ecossais de Saint-André, et deux dits de l'Intérieur (Ecuyer Novice et
Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte). Mais il en existe deux autres, très
discrets, destinés aux plus doués des CBCS: les grades de Profès et Grand
Profès. Même les titulaires des deux grades de l'intérieur ignorent leur
existences.
La Stricte Observance Templière
L'Ordre Germanique de la Stricte Observance Templière (SOT), importé
d'Allemagne, inscrit sa pensée dans le RER qui, au Congrès de Lyon (1774),
voudrait faire prévaloir cette vision.
Cependant le Congrès de Lyon de 1778 n'ose pas prendre de détermination trop
radicale. Il n'émet pas de réponse affirmative sur la filiation temporelle des
Templiers et des deux grades sacerdotaux de Profès et de Grand Profès. Mais on y
adopte les rituels préparés par Willermoz qui paraissent sous les titres de Code
Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, de Code Général des
Réglements des CBCS et même, en reprenant des idées de Pasqually, on retient les
Instructions Secrètes des Profès et Grands Profès.
Il faut revenir sur les Conférences des Elus-Coënes de Lyon (1774-1776). Ce
manuscrit capital, rédigé par Willermoz, a très certainement reçu les accords de
Duroy d'Hauterive et de Saint-Martin "qui ont exercé une influence déterminante
au cours de ces débats".
Ces textes nous apporte une connaissance plus approfondie du Temple de Salomon,
du Ternaire alchimique, de l'Axe Feu Central, des nombres et de l'Histoire
philosophique du genre humain; ils constituent le carrefour, la plaque tournante
où convergent aussi bien la doctrine, voire le testament spirituel de Martines
de Pasqually. On y retrouve aussi bien le Martinisme de Louis-Claude de
Saint-Martin que la Réforme Maçonnique de Lyon (grâce à la présence de Willermoz
qui présida à la rédaction de cet écrit) qui allait transformer une partie du
courant Germanique de la SOT en RER.
Pour plus de détails, se reporter à l'important ouvrage de René Le Forestier, La
Franc-Maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles.
L'esprit du Rite Ecossais Rectifié
A toute époque, il y a eu tentative de connaissances matérielles s'intégrant
dans une pensée religieuse, car dans la Nature tout est sacré, tout est Divin.
On peut penser que l'alchimiste Paracelse, qui est aussi un théosophe, fait
entrer toute la nature dans sa foi religieuse; la Mystique Chrétienne se teinte
d'une recherche scientifique que nous découvrons mieux encore avec les
Manifestes de la Rose-Croix, ceux établis par Andreae ou par ses amis.
Helvétius, Newton, Goethe associent la philosophie de la Nature à l'essor
scientifique. Ces savants reflétent cette préocupation constante qui en fait,
est de tout temps, de chaque époque, car elle est au cœur même de l'homme.
Avec cette soif de connaissance on recherche une clef universelle, applicable à
toutes les sciences; les mouvements spiritualistes sont fort nombreux et aspect
du Sacré.
Dès son premier degré, la caractéristique générale du RER est celle d'une pensée
fortement chrétienne. Le rituel d'initiation de 1778 fait prêter, sur l'Evangile
de saint Jean, le Serment suivant par le récipiendaire : "Je serais fidèle à la
Sainte Religion Chrétienne, à son Souverain et aux Lois de l'Etat ". Cette
attache johanniste sera mise en valeur, même de nos jours.
Le caractère chrétien du RER a bien été mis en valeur par Robert Amadou
(Dictionnaire Universel) et l'on a cherché à concilier cette position très
chrétienne, provenant de la Chevalerie, avec la tolérance Maçonnique. C'est
ainsi que d'après le Rituel de Wilhelmsbad, "L'Ordre est Chrétien; il est le
point de ralliement de celles du Christ, et il conduit à la Foi en ce Divin
Maître" A Zurich, on corrige légérement cette pensée : "L'Ordre est chrétien;
il doit l'être, et il ne peut admettre dans son sein que des chrétiens ou des
hommes bien disposés à le devenir de bonne foi, à profiter des conseils
fraternels par lesquels il peut les conduire à ce terme".
Enfin voici la déclaration solennelle de 1970 : "Le Grand Chapitre du Grand
Prieuré des Gaules dit à nouveau sa fidélité aux Traditions conjointes de
l'Ordre Maçonnique et aux Principes propres au Rite Rectifié. Considère que ce
dernier possède dans son patrimoine un appel à la Tradition Chrétienne et à
l'exploration de son ésotérisme qu'expriment entre autres le texte des prières
et la prestation de Serment sur l'Evangile de saint Jean. Déclare ces formes
intangibles. Dit que tous ceux qui, libres et de bonnes moeurs, voudraient
appartenir au Rite doivent s'y soumettre. Nécessaires, elles sont suffisantes à
constater les engagements. Les justifications d'un autre ordre ayant trait à
l'Etat Civil ou à l'apport confessionnel ne sauraient leur être substituées".
On peut aussi noter une technique rituelle beaucoup plus développée que dans le
REAA ; les rituels d'ouvertures et de fermetures des travaux sont répétés par
trois fois entre le Vénérable et les deux Surveillants.
Au RER il n'existe pas d'interrogatoire sous le bandeau pour le profane qui
désire entrer en Maçonnerie; cette sorte d'interrogatoire ne figure pas dans le
Compagnonnage, mais le rôle du ou des parrains y est primordial. On s'en remet
donc à l'appréciation de ce frére, un être qui a lui-même gravi les échelons et
qui est parvenu à la maîtrise; on laisse sa responsabilité s'épanouir alors
qu'avec l'interrogatoire sous le bandeau pratiqué au REAA, c'est la Loge - et
non plus un membre - qui est le garant de la venue d'un nouveau membre. Par
contre, on peut affirmer qu'au REAA, l'interrogatoire est la première épreuve
ressentie le plus souvent douloureusement par le postulant qui doit passer par
la porte basse et plier l'échine quelque soit son rang social.
Notons quelques petites différences entre les deux Rites soit:
* le Tableau du grade avec la colonne tronquée et la devise Adhuc stat ;
* ou le Tableau triangulaire situé à l'Orient et portant la mention : Et
tenebrae eam non coprehenderunt. Il y a des différences observées dans les
voyages et on évoque le symbolisme du miroir que l'on voit apparaître dès le 2e
grade du RER, ainsi que le symbolisme du triplement des lumières d'ordre au 3e
degré.
Le "christianisme transcendant" imaginé par Martines de Pasqually, fort apparent
dans les divers degrés de l'Ordre des Elus-Coëns, est bien passé dans le RER.
Mais encore faut-il ajouter l'influence de la Stricte Observance; c'est ce qu'a
cherché Willermoz, et cette combinaison des deux doctrines apparaît clairement
dans sa lettre adressée à Charles de Hesse le 12 Octobre 1781. Mais cependant,
"aucune pratique théurgique martinézienne" n' a été introduite dans le RER.
Par contre les Instructions Secrètes de la Grande Profession sont nettement
inspirées par la doctrine de la Réintégration, doctrine qui reste cependant en
harmonie avec doctrine chrétienne.
Les Rituels du RER montrent leurs filiations certaines avec ceux de la Stricte
Observance. Le lien du Régime avec les Ordres Chevaleresques, et plus
particuliérement avec celui du Temple, paraît indiscutable. C 'est ce que dit
le Préfet lorsqu'il exhorte le nouveau chevalier selon le Rituel de 1808 : "Le
trophée d'armes qui est devant vous, vous indique que l'Ordre des C B C S dérive
de l'ancien Ordre Général de la Chevalerie, duquel dérive aussi d'autres Ordres
qui furent à la fois religieux et militaires, et particulièrement celui du
Temple, avec lequel le nôtre a le plus d'affinités". Le thème général est celui
de la destruction du premier Temple et de sa reconstruction et se référant à la
tradition Templière, les croisés templiers portent l'épée d'une main et la
truelle de l'autre. Cette juxtaposition prépare le grade le grade des CBCS.
Ce qu'on peut appeler la synthèse du Rite Rectifiè n'a donc pas eu pour objectif
de modifier de quelque manière que ce soit les Rites eux-mêmes, mais plutôt de
les entourer de ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'était péjoratif, de
spéculations destinées à préparer le candidat et à la rendre apte à mieux
comprendre ces Rites, ou à lui fournir des indications quand à la conduite de sa
vie et de sa pensée, pour éviter toute discontinuité avec sa vie Maçonnique.
La recherche d'une efficacité véritable a donc conduit ceux qui - nolentes
volentes - eurent la mission d'achever cette synthèse à des travaux divers, dont
la portée leur échappa peut-être souvent, mais n'en apparaissent pas moins tous
orientés vers cette fin: confrontations de Rituels Maçonniques, rédactions
successives de textes patiemment repris, sans que les Rites soient altérés,
échanges de points de vues entre les Frères avant de recourir aux Assemblées
Générales de l'Ordre
Le Régime Ecossais Rectifié
ORIGINES HISTORIQUES DU REGIME ECOSSAIS RECTIFIE
Le Régime Écossais Rectifié a été organisé entre 1774 et 1782 par deux groupes
de Maçons lyonnais et strasbourgeois, parmi lesquels on peut citer Jean et
Bernard de TURKHEIM et Rodolphe SALTZMANN (Strasbourg) et surtout Jean-Baptiste
WILLERMOZ (Lyon 173O-1824) qui en fut l'âme pensante. L'architecture du Régime
fut son oeuvre,et c'est lui qui mit en forme la doctrine que celui-ci véhicule.
Du point de vue formel, le Régime Écossais Rectifié a trois origines du point de
vue spirituel, il a deux sources ou inspirations.
Pour ce qui est de la structure et de la symbolique tant maçonnique que
chevaleresque, les trois origines du Régime sont :
La Maçonnerie française de l'époque, avec sa prolifération de grades les plus
divers (WILLERMOZ les connaissait tous et en avait pratiqué beaucoup) et qui
épurée, devait être structurée vers 1786-1787 en un Système qui portera plus
tard le nom de "Rite français", avec ses trois grades et ses quatre ordres :
sans omettre les divers grades dont la combinaison constitue ce qu'on appelle "
l'écossisme " ont été également synthétisés par Jean-Baptiste WILLERMOZ.
Le Système propre à MARTINEZ de PASQUALLY personnage énigmatique mais inspiré,
que WILLERMOZ, comme Louis-Claude de SAINT-MARTIN, reconnut toujours pour son
Maître, c'est-à-dire "l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coens de l'Univers".
La Stricte Observance, dite encore "Maçonnerie rectifiée" ou "réformée de
Dresde", Système allemand où l'aspect chevaleresque primait absolument sur
l'aspect maçonnique, car il se voulait non seulement l'héritier, mais le
restaurateur de l'ancien Ordre du Temple aboli en 1312.
Les deux sources spirituelles :
La doctrine ésotérique" de Martinez de Pasqually dont l'essentiel porte sur
l'origine première, la condition actuelle et la destination ultime de l'homme et
de l'univers.
- La Tradition chrétienne indivise, nourrie des enseignements des pères de
l'Église. Quoique certains aient affirmé, ces deux doctrines, non seulement ne
se contredisent pas. mais au contraire se corroborent l'une l'autre. Tous les
textes prouvent la parfaite orthodoxie, au regard de l'ensemble des confessions
chrétiennes, du Régime Rectifié, qui s'occupe, non de ce qui divise les
chrétiens. mais de ce qui les réunit.
Partant de là, WILLERMOZ a donné à son Système ou Régime une architecture
concentrique en l'organisant en trois " classes " successives de plus en plus
intérieures et en même temps de plus en plus secrètes, chaque classe étant
inconnue de celle qui lui était extérieure.
En outre, il a doublé le parcours initiatique de grade en grade par un
enseignement doctrinal progressivement de plus en plus précis et explicite, au
moyen " d'instructions " qui font partie intégrante du rituel de chaque grade.
Cette conception d'ensemble, architecture du Régime et doctrine, a été
officiellement approuvée en deux étapes. D'abord sur le plan national, par le
Convent des Gaules, à Lyon (novembre décembre 1778) lequel ratifia, entre
autres, le Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées et le code de l'Ordre
des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, qui demeurent les textes
constitutionnels, toujours en vigueur, du Régime.
Puis sur le plan européen, par le Convent de Wilhelmsbad. en AIlemagne (août
septembre 1782), tenu sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg
et du prince Charles de Hesse, principaux dirigeants de la Stricte Observance,
qui se rallièrent à ce qu'on appelait à l'époque la " Réforme de Lyon ".
Dans sa structure d'origine, le Régime Écossais Rectifié comportait trois
classes, deux ostensibles et une " secrète " :
1-La classe symbolique ou Ordre maçonnique, dans laquelle est conférée et
conduite à son terme l'initiation maçonnique.
Les trois grades pratiqués dans les Loges de Saint-Jean, dites Loges bleues à
cause de la couleur de leurs décors. Le grade de Maître Écossais de Saint-André
pratiqué dans les Loges de Saint-André ou Loges Écossaises, dites Loges vertes
pour les mêmes raisons.
Sans ce quatrième grade, l'initiation maçonnique demeure incomplète. La
cérémonie de réception à ce grade récapitule et parachève le contenu initiatique
et doctrinal des trois précédents, et le mène à son accomplissement, il est
donné au Maître Écossais de Saint-André de contempler tout ce qui l'attend
jusqu'à sa réintégration dans la Jérusalem Céleste, but de l'initiation
chrétienne.
Ces quatre grades sont axés sur la reconstruction intérieure de l'homme par
l'approfondissement de la Foi et la pratique assidue des vertus chrétiennes.
Lorsque le Maître Écossais de Saint-André a atteint le degré requis de
réalisation spirituelle prouvant qu'il a effectivement mis en oeuvre
l'initiation maçonnique, il peut avoir accès à l'Ordre intérieur.
2- L'Ordre intérieur est un Ordre de chevalerie chrétien qui n'est en aucune
façon assimilable ni à un système de hauts grades, ni à des grades
philosophiques.
Il comporte deux étapes :
* Une étape préparatoire et transitoire : I'Ecuyer novice. La qualité d'Ecuyer
novice est conférée par la cérémonie de la vestition. Cette qualité est
cependant révocable. En effet. l'Ecuyer novice a pour unique tâche de se
préparer, durant un an au moins, à devenir Chevalier, mais s'il s'y révèle
définitivement inapte, il peut, et même, selon la prescription du code des
C.B.C.S, il doit être rétrogradé et redevenir Maître Écossais de Saint-André.
* La seconde étape est celle de ChevaIier Bienfaisant de la Cité Sainte (en
abrégé C.B.C.S.). Ce n'est pas un grade, mais une qualité que confère la
cérémonie d'armement. Celle-ci est en principe célébrée par le Grand Maître
National et Grand Prieur en personne ou, à défaut, par un délégué nommé par lui
(le Chevalier a le devoir d'oeuvrer activement dans l'Ordre et dans le monde
pour mettre en pratique les enseignements moraux, religieux et doctrinaux reçus
dans les Loges de Saint-Jean et de Saint-André, qu'il n'abandonne pas pour
autant mais où il doit, au contraire, et plus que jamais, se vouer au service de
ses frères et de tous les hommes, en particulier par l'exercice de la
bienfaisance.
3 - La Profession
Au XVIIIème siècle, existait en outre une "classe secrète", celle de la
Profession. Les Chevaliers qui la composaient se répartissaient en deux
catégories : les Profès et les Grands Profès, réunis en un Collège
métropolitain. Tenus à un engagement total envers l'Ordre, sans exercer en tant
que tels des fonctions de responsabilité ou de direction administratives, ces
dernières incombant aux dignitaires de l'Ordre intérieur, Profés et les Grands
Profès se vouaient à l'approfondissement, par l'étude et la méditation, de la
doctrine posée dans les textes (instructions secrètes) conservées par le Collège
métropolitain, à charge pour eux de vivifier l'Ordre à la fois par leurs
connaissances et leur exemple de vie. Cette classe a apparemment disparu ou, si
elle existe encore, poursuit, comme d'ailleurs à l'origine, une existence très
discrète.
Selon les décisions prises au Convent des Gaules et confirmées au Convent de
Wilhelmsbad, le Régime Ecossais Rectifié se démarquant ainsi de la Stricte
Observance avait renoncé à une filiation historique avec l'Ordre du Temple, tout
en conservant avec lui une filiation spirituelle, illustrée par l'adoption, au
même Convent, de la dénomination "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte", de
façon à faire référence aux "pauvres chevaliers du Christ" des origines , et non
à l'Ordre riche et puissant que leurs successeurs étaient devenus dans la suite
des temps.
De par sa filiation spirituelle, le Régime Écossais Rectifié revendique, tout
comme l'Ordre du Temple, la double qualité chevaleresque et religieuse. Cette
double qualité, qui apparaît déjà en filigrane dans les grades maçonniques et
est conférée en plénitude par l'armement, est à mettre en oeuvre dans un monde
qui n'est plus ni celui du XIIème siècle, ni celui du XVIIIème siècle, mais
pourtant par des moyens dont la nature essentielle reste immuable puisqu'ils
consistent en la mise en pratique quotidienne et universelle des vertus
théologales de foi, d'espérance et de charité.
Cela s'exprime dans les devoirs posés, non seulement au C.B.C.S., mais aussi au
Maçon rectifié, dès le grade d'apprenti, de la défense de la sainte religion
chrétienne et de l'exercice de la bienfaisance envers tous et particulièrement
envers les plus faibles et les plus démunis.
LES STRUCTURES HIERARCHIQUES ET ADMINISTRATIVES DU REGIME
Lors de sa constitution, le Régime avait repris, moyennant adaptations décidées
au Convent des Gaules, puis au Convent de Wilhelmsbad, la division
administrative que la Stricte Observance avait instituée d'après celle de
l'ancien Ordre du Temple. Selon cette division, le territoire français était en
trois Provinces : la IIème Province, d'Auvergne, avec pour chef-lieu Lyon : la
IIIème Province, d'Occitanie, chef-lieu Bordeaux : la Vème Province, de
Bourgogne, chef-lieu Strasbourg.
Lors de sa reconstitution en 1935, le Grand Prieuré des Gaules se considéra,
ainsi qu'il a été dit plus haut, comme le successeur de la Province d'Auvergne
dont il reprit les armes et la devise. Il est également détenteur des droits de
la Province d'Occitanie. Quant à la Vème Province dite de Bourgogne dont le
siège, primitivement sis à Strasbourg et qui fut plus tard transféré à Besançon,
elle englobait une partie la Suisse, et Genève devint d'abord un sous-Prieuré de
cette Province avant de prendre son autonomie servant le titre de Vème province
avec sa devise : "MORS OMNIA AEQUAT".
Au XVIIIème siècle, coexistait une double hiérarchie, dirigée par les mêmes
dignitaires mais sous des appellations différentes, de façon à éviter toute
confusion entre la classe symbolique ou Ordre maçonnique et l'Ordre
chevaleresque. Cette distinction fondamentale subsiste toujours.
CONCLUSlON
Le Régime Ecossais Rectifié a pour but de maintenir et de fortifier, non
seulement dans l'ordre Intérieur, mais aussi dans les Loges maçonniques, les
principes qui sont à sa base :
. La fidélité à la religion chrétienne. fondée sur la foi en la Sainte la Sainte
Trinité.
L'attachement aux principes et traditions, tant maçonniques que chevaleresques
du Régime se traduisant par l'approfondissement de la foi chrétienne et l'étude
de la doctrine ésotérique chrétienne, enseignée dans l'ordre.
. Le perfectionnement de soi-même par la pratique des vertus chrétiennes afin de
vaincre ses passions, corriger ses défauts et progresser dans la voie de la
réalisation spirituelle.
Le dévouement à la patrie et le service d'autrui.
. La pratique constante d'une bienfaisance active et éclairée envers tous les
hommes, quelques soient leurs races, leurs nationalités, leurs situations, leurs
religions et leurs opinions politiques ou philosophiques.
Origine Documents : G.P.D.G.
Le Rite Français
Désigné aussi sous le nom de "Rite Moderne", il fit son apparition à la Grande
Loge Nationale Française le 15 Juin 1979 par la création des Loges "Les Anciens
Devoirs" et "Saint-Jean Chrysostome".
Dernier Rite à faire sont entrée dans l'obédience reconnue par la Grande Loge
Unie d'Angleterre, il retrouvait la régularité en France.
Se poser le problème des origines du Rite Français, c'est se poser celui de
l'origine des pratiques qui avaient cours dans la Maçonnerie française à ses
débuts.
Cette origine remonte à l'époque de l'introduction de la franc-maçonnerie en
France dans les années 1720-1730. Les textes qui, à partir de 1737 nous font
connaître cette première Maçonnerie française, montrent clairement que les
éléments de base du Rite Français tel que nous le pratiquons aujourd'hui y
étaient déjà présents, et que ce Rite n'est que le résultat d'un développement
de ces éléments de base, survenu au cours du XVIIIème siècle.
Selon D.LIGOU, "la création" ou plutôt la mise au point du Rite Français est un
des évènements capitaux de l'histoire de l'Ordre . Elle se situe en 1786 et nous
pouvons en suivre l'évolution jusqu'à nos jours aux Grades "bleus" et jusqu'au
milieu du XIXème siècle aux Hauts Grades. Si, toutes les Loges françaises ne
furent pas régularisées ou créées par la Grande Loge anglaise de 1717, il n'en
reste pas moins vrai que la Maçonnerie française primitive et cette Grande Loge
entretinrent des relations étroites.
La comparaison entre les textes français et les textes anglais de l'époque
montre que les rituels et catéchismes étaient semblables, ainsi que les
pratiques maçonniques. On peut donc attester que l'origine première du Rite
Français est anglaise et écossaise (au sens géographique).
Cette appellation de "Rite Français" ne remonte pas à la création de la
franc-maçonnerie en France mais apparaît à la fin du XVIIIe siècle ( le P.V.de
la délibération de la chambre d'administration du Grand Orient, alors régulier,
fait état d'une Ioge constituée à l'Orient de New-York sous le "Rit Français". A
cette époque, elle désigne spécifiquement le "systême" pratiqué par le G.O.D.F.
mais ne s'en prévaut que très rarement et il semble probable qu'elle lui fut
donnée, tout comme "Rite Moderne", par opposition aux noms de "Rite Ecossais"
puis "Rite Ancien" adoptés par le "Rite Ecossais Ancien et Accepté" au début du
XIXe siècle.
C'est là encore attester par ces appellations que le Rite Français est à
l'origine de la Maçonnerie en France puisque, la Grande Loge anglaise de 1717
fut plus tard appelée "Grande Loge des Modernes" par les adeptes de la Grande
Loge rivale fondée en 1751 qui s'intitulait elle-même "Grande Loge des Anciens"
Ce que nous pouvons dire alors, pour situer le "Rite Français" par rapport aux
autres (Hormis le "Rite Emulation" purement anglais), c'est qu'il n'a pas subi
d'influence étrangère et en restant très proche de la pratique générale des
loges françaises du XVIIIème siècle en est-il le meilleur représentant (ce qui
ne signifie pas qu'il prétende être supérieur aux autres Rites quant au contenu
traditionnel et initiatique).
Au cours du XVIIIème siècle, les rituels pratiqués en France se sont développés,
et de nouveaux éléments y sont introduits, lesquels ajoutés aux rituels
britanniques ont donné à la Maçonnerie française un caractère qui la distingue
très nettement des cérémonies anglaises, le cadre restant le même.
Ce développement a été facilité par le fait que la Grande Loge de France, puis
son successeur le Grand Orient de France à ses débuts, n'avaient pas de rituels
officiels. C'est pourquoi ce dernier, dans le but de rétablir l'uniformité,
s'occupe à partir de 1779 de la rédaction de rituels destinés à le devenir. Ce
travail aboutit en 1785, et la rédaction finale fut approuvée par l'assembl‚e
générale du G.O.D.F., prenant ainsi force de loi dans les Loges de sa
correspondance, qui étaient la grande majorité des Loges françaises. En 1801,
ils furent imprimés et désignés sous le nom de Régulateur du Maçon.
Nous pratiquons à la G.L.N.F. le Rite Français d'après ces rituels mais, pour
précieux qu'ils soient, ils ont dû être explicités en tenant compte, lorsque
cela a été nécessaire, des usages maçonniques et de documents anciens qui les
complètent sur certains points.
Au cours du XIXème siècle, la Maçonnerie Française connut une évolution qui
conduisit notamment en 1877 à l'abandon par le G.O.D.F. de l'obligation de la
croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, et à la chute dans
l'irrégularité.
En 1911, un groupe de Maçons de cette obédience souhaitèrent revenir à une
Maçonnerie plus traditionnelle et spirituelle. Le Rite Français dans sa forme
altérée de 1881 restant le rite officiel du G.O.D.F., ils se tournèrent vers le
R.E.R. et obtinrent l'autorisation de "réveiller" la Loge "Le Centre des Amis" .
Ils sortirent du G.O.D.F. en 1913 et, reconnus par la Grande Loge Unie
d'Angleterre, ils retrouvèrent la régularité et furent à l'origine de la
G.L.N.F.
L' absence du Rite Français de la Grande Loge Nationale Française apparaissait
comme une anomalie et c'est pourquoi, dans les années 70, un certain nombre de
frères en souhaitait l'entrée. En parallèle, le Frère René GUILLY ( 1921-1992)
entreprenait le rétablissement des Rituels originels du Rite Français au sein du
G.O.D.F. Il poursuivit ensuite son oeuvre à la "G.LN.F. Opéra" qu'il quitta en
1968 pour fonder sa propre "obédience".
Parmi les Frères qui y pratiquèrent le Rite Français, un certain nombre en vint
à penser que le trésor de connaissances maçonniques acquis auprès de ce grand
érudit que fut René GUILLY ne connaîtrait son plein rayonnement que dans le sein
de la Maçonnerie régulière.
C'est ainsi qu'en 1978 ils rallièrent la G.L.N.F. où ils furent accueillis par
le T.R.G.M. Auguste-Louis DEROSIERE et rencontrèrent ces Frères qui souhaitaient
le "réveil" du Rite Français dans la régularité, ce qui donna naissance aux
Loges "Les Anciens Devoirs" et "Saint-Jean Chrysostome" Aujourd'hui, plus de 100
Loges à ce Rite ont été créées à la G.L.N.F. et ainsi, plus de 2000 Frères
pratiquent une franc-maçonnerie proche de ce qu'elle fut en France à son
origine.
Notes :
G.L.N.F : Grande Loge Nationale Française.
G.O.D.F : Grand Orient de France.
T.R.G.M. : Très Respectable Grand Maître.
R.E.R. : Rite Ecossais Rectifié
Documentation :
"Le Rite Français" : Confé‚rence de Jean-François BLONDEL.
"Le Rite Français" : Conférence d'Edmond MAZET
"Rituels du Rite Français Moderne 1786" Daniel LIGOU et Guy VERVAL
"Introduction" Rituel en vigueur à la G.L.N.F.
Le Rite YORK
L'origine du RITE YORK est absolument sans aucun rapport avec les constitutions
d'YORK de l'an 926 sous le règne d'ATHELSTAN.
L'introduction de cette appellation d'YORK est liée à l'expansion de la Grande
Loge des Anciens au XVllle siècle dans le sens d'une origine mythique d'une
Maçonnerie de pure tradition, adhérente aux plus anciens " US et COUTUMES". Si,
aux premiers temps de la première Grande Loge de Londres (1717), les Loges qui
travaillaient en Amérique du Nord furent vraisemblablement des Loges ou des
Grandes Loges de Rite Moderne, dans la deuxième moitié du XVIlle et au début du
XIXe siècle, ce sont essentiellement des loges de la Grande Loge des Anciens,
dont le RITE YORK, qui se développent Outre-Mer. Les Irlandais y jouaient un
rôle important.
Le fondement essentiel du RITE YORK est le Volume de la Sainte Loi qui est LA
BIBLE. Par le biais des anciennes confréries, il est vraisemblable que pour des
Maçons ne sachant " ni lire ni écrire" et travaillant sur les chantiers
empreints de " RELIGIEUX ", il était enseigné une étude de LA BIBLE et de
l'économie du sacré. En effet, toutes les références des trois premiers degrés
proviennent de l' ANCIEN TESTAMENT et, l'ouverture de LA BIBLE se fait à chaque
degré à un verset différent directement en rapport avec la cérémonie pratiquée.
On notera aussi une référence constante au NOUVEAU TESTAMENT dans l'invocation "
A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers et en mémoire des Bienheureux
Saint-Jean". Par contre, il ne faut pas confondre le Volume de la Sainte Loi
avec le Volume du Serment qui, lui, doit correspondre à la Foi du candidat.
Au YORK, l'initiation complète n'est pleinement conférée au candidat qu'à son
élévation à la maîtrise. Il n'est pas dans les usages que les apprentis ou les
compagnons voyagent dans d'autres ateliers. Il n'est pas non plus demandé au
candidat d'évolution philosophique ni de travail intellectuel ou culturel. Pas
d'interprétation subjective, les critères sont très objectifs : on ne demande au
postulant que de savoir se présenter à son grade, connaître par coeur son
obligation, de bien savoir son instruction et enfin de présenter les
dispositions morales et civiques d'un " bon Franc-Maçon". Pour résumer, nous
soulignerons particulièrement que le fondement du RITE YORK est le troisième
degré, avec l'intégration de la notion " d'alliance entre DIEU et l'HOMME".
Extrait de "Le Rite York ou le Rite des Anciens Maçons Francs et Acceptés" de
Michel GORTCHAKOFF.
" L'UNION SINCERE ET CLEMENTE ", au centre de la BRETAGNE, pratique le Rite YORK
venant de La Grande Loge de New York. Le rituel employé est du type "texte
codé", et est légèrement différent du rituel conseillé par la Grande Loge
Nationale Française, dit du "type clair", l'objectif étant de pratiquer un seul
et même rite dans l'obédience.
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Jeudi 29. Décembre 2005 10:17
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