Manuscrit Fondateurs de la FM
LE MANUSCRIT CHETWODE CRAWLEY
On peut se procurer la version française de ces manuscrits dans les cahiers de
"L'Herne" intitulés "la franc-maçonnerie : documents fondateurs", Edition de
l'Herne 1992. Le manuscrit Chetwode Crawley avec un grand K est à la page 253.
Je crois savoir que l'ouvrage est épuisé. On peut donc le trouver par le biais
de l'occasion. Sinon, pour débroussailler le terrain, on peut toujours s'essayer
à étudier le texte ci-après
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LE MANUSCRIT CHETWODE CRAWLEY
1700
traduit et commenté par Edmond MAZET
Ce manuscrit d'origine inconnue, fut acheté en 1904 par la Grande Loge Unie
d'Angleterre, dans la bibliothèque de laquelle il est conservé. Les érudits
anglais le datent d'environ 1700. Comme le manuscrit des Archives d'Édimbourg de
1696, il a été publié par Knoop, Jones et Hamer dans les Early Masonic
Catechisms. Etant très voisin du précédent il ne demande pas d'introduction
particulière, mais les deux textes doivent être lus en parallèle. J'ai
d'ailleurs déjà signalé que les deux manuscrits dérivent certainement d'une même
source.
LE MANUSCRIT
Le grand secret ou la manière de donner le mot du maçon.
Tout d'abord vous devez faire mettre à genoux la personne qui va recevoir le
mot, et après forces cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre
la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en
le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le
firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa
damnation, et qu'aussi bien ils (1) ne manqueront pas de le tuer. Puis, après
qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :
Les mots J et B (2).
Par Dieu lui-même, puisque vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez
nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous
allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit; vous ne le mettrez
jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun
instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est
avec un maçon entré ; ainsi que Dieu (vous) soit en aide.
Après qu'il a prêté ce serment, on l'emmène hors de la compagnie avec le plus
jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces
ridicules, il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre. ce
qui est le signe. les paroles et postures de son entrée et c'est comme suit :
Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par
Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au
service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en
garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la
langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes
marées, où nul ne saura (qu'est ma tombe).
Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la
g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.
Ensuite tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en
commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître-maçon, qui donne
le mot à l'apprenti entré.
Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé
jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour (être) (3) un maître-maçon
ou compagnon du métier. il y a plus à faire, comme il suit.
Tout d'abord tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et
il ne doit rester que des maîtres.
Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du
compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite
il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maître pour apprendre les
paroles et signes du compagnonnage, puis en rentrant, il fait le signe de maître
et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge
commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par
le plus jeune comme précédemment, après quoi le jeune maître doit avancer et
prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure (au plus
ancien maçon) (4): les dignes maçons et l'honorable compagnie d'où je viens (5)
vous saluent bien, vous saluent bien, (vous saluent bien) (3).
Alors, le maître-maçon lui donne le mot et lui serre la main et après lui tous
les maçons font de même (5), et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de
lui un parfait maçon.
Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui disent avoir
(5) le mot, avant de les reconnaître.
Question 1: Etes-vous maçon.
Réponse: Oui, en effet, je le suis.
Question 2 : Comment le connaîtrai-je ?
Réponse: Vous le connaîtrez en temps et lieu convenable.
NOTA : La dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont
pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devrez répondre : par signes
et autres conventions d'entrée.
Q. 3 : Quel est le premier point ?
R. : Dites-moi le premier et je vous dirai le second.
Le premier est de céler et cacher ; le second : sous une peine qui ne saurait
être moindre que d'avoir la gorge coupée. Mais vous devez faire le signe quand
vous dites cela.
Q. 4 : Où avez-vous été entré ?
R. : A l'honorable loge.
Q. 5 : Ou'est-ce qui fait une vraie loge parfaite ?
R. : Sept maîtres, cinq apprentis, à un jour de marche d'un bourg, là où on
n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter.
Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une vraie loge parfaite ?
R. : Quatre maîtres, trois apprentis entrés, et le reste comme précédemment.
Q. 7 : Et à moins (encore) ?
R. : Plus on est, plus on rit, et moins on est, meilleure est la chère.
Q. 8 : Quel est le nom de votre loge ?
R. : La loge de Kilwinning.
Q. 9 : Comment se tient votre loge ?
R. : Est et ouest, comme le temple de Jérusalem.
Q. l0 : Où se tient la première loge ?
R. : Dans le porche du temple de Salomon.
Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre loge ?
R. : Trois, le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première
désigne le maître maçon, la seconde [le surveillant] (6), et la troisième le
compagnon du métier.
Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?
R. : Trois, (un) parpaing, un pavé d'équerre, et un marteau bretté (7)
Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre loge ?
R. : A trois pieds et demi de la (porte de la) (3) loge, sous le parpaing et une
motte verte.
Q. 14 : Qu'entendez-vous par un parpaing et (une) motte verte ?
R. : J'entends non seulement sous un parpaing et (une) motte verte, mais sous le
replis de mon foie là où gisent cachés tous les secrets de mon cour.
Q. 15 : Qu'est la clé de votre loge ?
R. : Une langue bien pendue.
Q. 16 : Où se trouve la clé de votre loge ?
R. : Dans la boîte d'os.
Après que les maçons vous ont examiné par toutes ces questions ou par
quelques-uns d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait
le signe, ils vous reconnaîtront, non pour un maître- maçon ou compagnon du
métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils ajouteront :
Q. 17 : Je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous
avez été dans la salle.
R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.
Q. l 8 : Etes-vous compagnon du métier ?
R. : Oui.
Q. 19 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?
R. : Cinq, à savoir 1°) pied à pied, 2°) genou à genou 3°) cour à cour, 4°) main
à main, 5°) oreille à oreille.
Ce sont là les points du compagnonnage (8). Et, par une poignée de mains, vous
serez reconnu pour un vrai maçon.
Q. 20 : Où trouve-t-on les mots ?
R. : En I Rois, chap. 7e, verset 21, et II Chron. 3e chap. dernier verset.
NOTES
(I) Le manuscrit des Archives d'Edimbourg précise ici : «les maçons».
(2) Les mots sont en toutes lettres dans le manuscrit. Cela doit être une note
postérieure au reste du texte.
(3) Restituée d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg.
(4) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a
ici « à l'honorable compagnie», mais il s'agit certainement d'une erreur de
copiste, dont l'oil a été attiré par l' «honorable compagnie» de la ligne
suivante.
(5) Cette précision intéressante a disparu dans le manuscrit des Archives
d'Edimbourg.
(6) Corrigé d'après le manuscrit des Archives d'Edimbourg. Le Chetwode Crawley a
: «the words», les mots, mais il s'agit certainement d'une faute de copie :
«warden», mal écrit dans la source, aura été lu «words» par le copiste.
(7) Broked-mall. Le manuscrit des Archives d'Edimbourg a ici «broad ovall», qui
est absurde.
(8) Si on lit then au lieu de these, on doit traduire presque comme dans le
manuscrit des Archives d'Edimbourg : «Faites alors les signes du compagnonnage»
(cependant signes est ici au pluriel et non au singulier).
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