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Les trois rituels sont extraits du manuscrit intitulé «La vraie Massonnerie des
hommes et des femmes ou cours complet de l'adoption des femmes en trois grades
suivie d'un corps de massonnerie des hommes», comprenant, outre ceux présents
ci-dessus, des rituels féminins et des rituels de hauts grades.
Le manuscrit original appartient au musée de la Grande Loge de France et a été
édité par
les Éditions du Prieuré © 1997.
Les mots [ ] ont été rajoutés pour la bonne compréhension du texte et ne
figurent pas sur l'original. Les mots soulignés le sont également dans le texte.
Les tableaux de loge sont ceux inclus dans les rituels originaux.Les tableaux de
Loge sont ceux extraits du rituel des grades.
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1er grade d'Apprenti Maçon
adopté par la R.·. L.·. du Sme.·. G.·. M.·.
Duc de Chartres
Disposition de la L.·.
La L.·. sera tendue de bleu céleste parsemé d'étoiles d'or, le pavé sera
parqueté à la mosaique; à l'Orient sera un trône élevé de trois marches au fond
duquel sera une étoile flamboyante ; au pied du trône, un autel triangulaire
couvert d'un tapis bleu céleste où seront brodés les attributs de l'Ordre ; sur
l'autel, il doit y avoir une équerre, un compas, une bible, un maillet avec
trois flambeaux placés en triangle portant chacun une bougie. A la gauche de
l'autel, une table sur laquelle seront les registres, un écritoire et un
flambeau. Derrière cette table est la place du Secrétaire.
Les Survts.·. sont placés à l'Occident de la L.·. ; le 1er porte une équerre en
sautoir sur la poitrine ; le 2e un aplomb placé de même. La porte du temple sera
dessinée en perspective à l'Occident de la L:. ; il doit y avoir trois fenêtres
; savoir, une à l'Orient, une au Midi, et une au Septentrion. Le Soleil sera
figuré au Midi de la Lune et la Lune au Nord. La colonne (J) au Nord près du 2e
Survt.·. et la colonne (B) au Midi près du 1er Survt.·. Le tableau de la L.·.
sur le pavé qui sera éclairé de trois grandes lumières disposées 1 au Nord et 2
au Midi. Les Offers.·. sont placés à la droite et à la gauche du Vble,
l'Orateur, le 1er à droite et le Secrétaire, le 1er à gauche. Tous les FF.·. sur
les colonnes porteront un tablier de peau blanche et des gants de même. Les
grades supérieurs portent leurs cordons et leurs bijoux.
Ouverture de la L.·.
Tout ainsi disposé, les FF.·. assis et habillés, le T.·. V.·. frappe un coup sur
l'autel et dit au 1er Survt.·. :
D. F.·. 1er.·. Survt.·., quel est votre devoir ?
R. C'est de me faire assurer si la L.·. est couverte.
D. Faites-vous en assurer.
R. Tout est parfaitement couvert, nul profane ne peut nous surprendre.
D. Pourquoi vous tenez-vous à l'Occident ?
R. Pour vous aider à ouvrir la L.·., suivre l'ouvrage des ouvriers de ma colonne
et, après leurs travaux, les payer et les renvoyer contents.
D. Pourquoi le Vénérable se tient-il à l'Orient ?
R. Parce que le Soleil se levant à cette partie pour éclairer le monde, le Vble
s'y tient pour ouvrir la L.·., éclairer les ouvriers et les mettre en œuvre.
D. F.·. 1er Survt.·., quelle heure est-il ?
R. Midi plein, Très Vble, pour ouvrir la L.·..
Alors le Vble frappe un coup et dit aux 1er et 2e Survts.·. :
«FF.·. 1er et 2e Survts.·., puisqu'il est midi plein pour ouvrir la L.·. et
qu'elle est bien couverte, annoncez chacun sur vos colonnes que je vais ouvrir
la L.·. d'App.·..»
Alors les 2 Survts.·. frappent chacun et annoncent que le Vble va ouvrir la L.·.
Le Vble frappe un coup et dit : «A l'ordre M.·. FF.·..»
Tous se lèvent, se mettent à l'ordre et gardent le silence.
Instruction sur le grade et la réception d'app.·.
Pour parvenir à être reçu M.·., il faut le désir sincère d'acquérir de la vertu
et non le motif de curiosité. Le F.·. qui doit proposer le candidat étudiera
avec soin les motifs qui le déterminent à entrer dans l'Ordre. La proposition
s'en fera en L.·. et on assignera le jour de sa réception. Ce jour arrivé, on
mettra le Récipiendaire entre les mains du F.·. Tuileur qui le conduira assez
brusquement dans la chambre de réflexion où il doit rester une heure au moins.
Cette chambre doit être tapissée en noir avec les emblèmes de la mort et gardée
en dehors par un F.·.. Pendant ce temps, on ouvre la L.·. et le Vble dit : «Nous
voici assemblés pour la réception du profane N., consentez-vous [à ce] qu'il
soit initié ?...»
Le Vble prie le F.·. Terrible de se rendre au lieu destiné pour faire son devoir
et avant tout de quitter son tablier et ses bijoux. La chambre du F.·. Terrible
doit être obscure et éclairée par une faible lampe, on peut la rendre comme
l'intérieur d'un cachot. Il faut une table sur laquelle [sont] une épée et un
linge.
Le F.·. [Tuileur] qui va retirer le Récipiendaire de la chambre de réflexion se
saisit de lui et lui dit de le suivre et le conduit à l'appartement du F.·.
Terrible où il frappe en profane.
Le F.·. T.·. : «Qui frappe ?»
R. C'est un gentilhomme qui demande à être reçu M.·..
F. Terr.·. : «A-t-il la vocation et n'est-ce pas l'esprit de la curiosité qui
l'amène ici ?»
R. Non.
F.·. T.·. Brusquement : «Entrez !»
Le F.·., en livrant le Récipiendaire dit : «C'en est fait, je n'en réponds
plus.»
Après plusieurs questions faites d'un ton très dur, le F.·. T.·. le fait
dépouiller de ses habits, métaux, etc., lui [fait] mettre le genou droit
découvert ainsi que la mamelle gauche, et le pied gauche en pantoufle, lui met
une corde au col, lui bande les yeux et lui met la pointe de l'épée sur la
poitrine en lui disant : «Suivez-moi !»
Conduit ainsi à la porte de la L.·., il frappe à la porte trois grands coups
qui, répétés, sont annoncés au Vble qui fait informer et à qui on répond que
c'est un gentilhomme qui veut se faire recevoir M.·.. Le F.·. T.·. frappe une 2e
et 3e fois et dit que c'est un aveugle qui demande la lumière, un cadavre qui
demande la résurrection et un profane qui demande à être reçu M.·..
Le Vble fait informer de l'âge, du nom, de la qualité, de l'état, de la
condition, du lieu de la naissance, de la résidence et enfin de la religion du
proposé, et lui fait demander s'il se croit assez de force pour résister aux
épreuves qui lui restent encore à subir. Il lui fait encore demander s'il n'a
jamais mal parlé du roi et du sang royal, s'il n'a jamais erré dans le sentier
de la vertu et s'il persiste sincèrement à être reçu M.·., et le fait introduire
par le F.·. 1e Survt. Alors le F.·. T.·. pousse avec force le Récipiendaire au
1e Survt en disant : «C'en est fait, je n'en réponds plus !»
Alors le 1er Survt le place à l'Occident et le Vble dit :
«F.·. 1 Survt, qui me présentez-vous là ? A-t-il fait les réflexions sur les
épreuves auxquelles il va être livré ?»
«Oui, Vble, il consent à tout ce qu'on exigera de lui pour être reçu M.·.»
Le Vble dit au Récipiendaire :
«Monsieur, je ne dois pas vous laisser ignorer tous les risques que vous avez à
courir si la curiosité vous engage à pénétrer nos mystères, ni toute la peine et
l'inutilité que vous trouverez dans vos entreprises ; êtes-vous dans la ferme
résolution de continuer vos épreuves ?»
[R. «Oui»]
«M.·. FF.·., vous avez entendu ; croyez-vous le profane digne d'entreprendre et
finir avec fermeté les travaux longs et périlleux qui lui restent à courir et à
faire pour devenir membre de notre société ?»
Le signe d'approbation fait, le Vble dit :
«Monsieur, prenez garde à ce que vous allez faire, vous courez un grand danger ;
je tremble pour vous. Beaucoup ont succombé dans cette épreuve et il serait
fâcheux pour vous d'éprouver un pareil sort. Répondez enfin !»
[R. «Oui»]
«Monsieur, qui répond de vous ici ?»
Le Récipiendaire nomme son parrain.
Le Vble dit : «Puisque le F.·. N.·. répond de vous, F.·. 1e Survt, faites
voyager Monsieur pour son 1er Voyage et ne le [livrez] pas à son courage, et
vous qui répondez de lui, tremblez de votre témérité.»
Alors, le 1e Survt lui fait faire à grands pas le tour de la L.·. en lui mettant
l'épée sur le cœur, et pendant ce temps, on peut lui opposer des obstacles. On
lui fait faire une inclination toutes les fois qu'il passe devant le Vble. Quand
le tour est fini, le 1e Survt rend compte du voyage, ce qui est répété trois
fois avec les mêmes formalités en observant d'augmenter les obstacles à chaque
tour. Les comptes rendus des trois voyages étant faits par le 1er Survt, le Vble
dit ensuite au Récipiendaire :
«Vous allez être livré, Monsieur, à d'autres plus fortes épreuves, et c'est par
elles qu'on reconnaîtra votre façon de penser. Beaucoup ont pu supporter les
épreuves que vous avez supportées, mais très peu ont pu supporter celles que
vous avez à subir. Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait celui de vous
retirer ; nous n'exigerons pas même le secret de vous sur tout ce que vous avez
vu et sur ce qu'on vous a fait.
«Vous êtes libre. Parlez ! Voulez-vous continuer ? Vous sentez-vous le courage
de surmonter les dangereuses épreuves qui vous restent à subir ? Je vous laisse
un moment de réflexion.»
Pendant ce temps, on demande à voix basse, de façon à être entendu, si le fer
est chaud.
Après que le Récipiendaire a répondu, le Vble lui dit de choisir sur toutes les
parties de son corps celle où il veut être marqué du sceau de la M.·., et on lui
fait spécifier l'endroit. Lorsqu'il l'a désigné, on y applique le sceau de la
L.·.. On lui fait d'autres épreuves à volonté. Ensuite, on le fait avancer vers
l'autel en App.·. et, y étant arrivé, on lui fait mettre le genou droit en
terre, la main droite sur l'Évangile et, de l'autre, il tient un compas sur le
cœur. Alors, le Vble lui dit :
«Monsieur, consentez-vous dans cette attitude de contracter un engagement
solennel qui n'a rien contre Dieu, contre aucun roi ni contre le prochain. C'est
une obligation que vous allez contracter devant le Grand Architecte de l'Univers
et cette assemblée respectable.»
Alors, l'Orateur dit :
«Monsieur, l'intrépidité que vous avez fait paraître à surmonter et à vaincre
tous les obstacles que vous avez rencontrés dans les voyages mystérieux que l'on
vous a fait faire, l'empressement que vous avez témoigné pour être admis dans
une société aussi ancienne que respectable, nous prouvent invinciblement que
vous avez foulé aux pieds tous les préjugés du profane vulgaire. Vous allez
contracter un engagement solennel qui va vous unir par les doux liens de
l'amitié à tous les membres d'un Ordre dans lequel les plus illustres personnes
n'ont point dédaigné de se faire initier. C'est au pied du tribunal de la
discrétion que vous allez promettre devant le Souverain Architecte de l'Univers
et la très respectable assemblée de garder inviolablement les mystères de la
M.·.. Vous ne devez avoir aucune répugnance à contracter cette obligation
puisqu'elle ne vous compromet en rien par rapport à la religion, à l'État, et à
ce que vous devez à Dieu et au roi... On vous laisse encore le temps de faire
vos réflexions. Surtout, prenez bien garde que, simplement guidé par l'esprit de
curiosité, vous ne sollicitiez la grâce qu'on va vous accorder qu'afin d'en
mesurer [...] en révélant nos mystères. Je vous en avertis, les peines les plus
terribles en seraient le juste châtiment, et ces tourments affreux, vous les
trouveriez dans votre cœur. Si, au contraire, vos dispositions sont pures,
répétez fidèlement l'obligation que le T.·. V.·. M.·. de cette L.·. va prononcer
avec vous.»
Obligation
«Je promets et m'engage, parole d'honneur, en présence du Grand Dieu Souverain
Architecte de l'Univers, de cette respectable assemblée, de ne jamais révéler à
aucun profane qui n'ait fait ce que j'ai fait, aucun secret de ceux qui vont
m'être révélés, de n'être cause directe ni indirecte que lesdits secrets soient
gravés, burinés ou sculptés en aucune langue que ce soit, d'être le protecteur
du pauvre, de la veuve et de l'orphelin, d'être juste, d'aimer mes frères et de
les secourir dans tout mon pouvoir... Si je devenais parjure, je consens d'avoir
la gorge coupée et de devenir l'exécration de mes frères et de la postérité.
Ainsi, Dieu me soit en aide et son Saint Évangile.»
Le Vble dit ensuite en frappant trois coups de maillet sur la tête du compas que
le Récipiendaire tient sur le cœur :
«Par le pouvoir que j'ai reçu de cette R.·. L.·., sous l'autorité et le bon
plaisir du S.·. G.·. M.·. [le] Duc de Chartres, je vous reçois et constitue
App.·. M.·..»
On conduit le Récipiendaire entre les deux Survts, les FF.·. mettent l'épée à la
main, la pointe tournée vers le nouvel initié. Le Vble ordonne aux Survts de lui
donner la lumière.
Le bandeau ôté, le Vble dit :
«Mon frère, toutes ces épées nues sont pour votre défense si vous êtes fidèle à
vos engagements. Mais si vous devenez parjure, elles sont pour votre punition et
seront toutes lavées dans votre sang. Habillez-vous... Approchez-vous du trône
et recevez ce tablier. C'est l'habit de l'Ordre sans lequel vous ne devez jamais
vous présenter en L.·.. Recevez ces gants, leur blancheur doit vous faire
ressouvenir que vos mœurs doivent être toujours pures. Voici une paire de gants
de femme, elle est destinée à celle que vous estimez le plus pour la faire
revenir des faux préjugés qu'elle pouvait avoir contre notre Ordre. Nous avons
des signes, des mots et des attouchements pour nous reconnaître entre nous, de
jour et de nuit dans le monde, ou en L.·.. Le mot sacré d'App.·. est Iakin, il
doit toujours s'épeler ; le mot de passe est Tubalkain. L'attouchement est trois
coups sur la 1re jointure de la main droite. Le signe est la main à la gorge
comme si on voulait la couper, et ensuite, laisser tomber le bras de toute sa
longueur.
«Allez, M.·. F.·., vous faire reconnaître aux FF.·. par les paroles et
attouchements que je viens de vous donner.»
Catéchisme d'App.·.
D. Etes-vous M.·. ?
R. Mes Frères me reconnaissent pour tel.
D. A quoi connaîtrais-je que vous êtes M.·. ?
R. A mes signes, paroles et attouchements et aux principaux points de ma
réception fidèlement rendus.
D. Qu'est-ce qu'un M.·. ?
R. C'est un homme libre, égal aux rois, amis des hommes et de la vertu.
D. Où se tient le Vble ?
R. A l'Orient.
D. Pourquoi se tient-il à l'Orient ?
R. Comme le Soleil se lève en cette partie du monde pour l'éclairer, de même le
Vble s'y tient pour ouvrir la L.·., mettre les ouvriers au travail et les
éclairer de ses sages conseils.
D. Qui vous a procuré l'avantage d'être M.·. ?
R. Un ami que j'ai ensuite reconnu pour F.·..
D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir M.·. ?
R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir la lumière.
D. Où avez-vous été reçu M.·. ?
R. Dans une L.·. juste et parfaite.
D. Qui rend une L.·. juste et parfaite ?
R. Trois M.·. la forment, cinq la composent et sept la rendent juste et
parfaite.
D. Qui sont les sept qui rendent la L.·. juste et parfaite ?
R. Un Vble M.·., un 1er et 2e Survt, un Secrétaire, un Orateur, un Trésorier et
un Introducteur.
D. Comment s'appelle votre L.·. ?
R. La L.·. de St-Jean.
D. Pourquoi la nommez-vous la L.·. de St-Jean ?
R. Parce que du temps des croisades dans la Palestine, les chevaliers M.·. se
réunirent aux chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem, tinrent leur première
assemblée dans l'église de St-Jean de sorte que, l'ayant choisi pour leur
patron, toutes les L.·. lui furent dédiées et portent son nom.
D. Combien y a t-il de sortes de M.·. ?
R. De deux sortes ; ceux de théorie et ceux de pratique.
D. Quel est l'ouvrage du M.·. de théorie ?
R. C'est d'élever dans son cœur des temples à la vertu et des barrières au vice.
D. Quel est l'ouvrage du M.·. de pratique ?
R. C'est d'élever des perpendiculaires sur des bases.
D. Avez-vous des lumières fixes dans votre L.·. ?
R. Oui, T.·. Vble, trois, 1 à l'Orient, 1 au Midi et 1 à l'Occident.
D. Pourquoi point au Nord ?
R. Parce que le Soleil éclaire faiblement cette partie.
D. A quoi servent ces lumières ?
R. A éclairer ceux qui viennent à la L.·., ceux qui y travaillent et ceux qui
retournent dans les ténèbres.
D. Comment avez-vous été introduit en L.·. ?
R. Par trois grands coups.
D. Que signifient-[ils] ?
D. Trois paroles de l'Écriture : frappez, on vous ouvrira ; cherchez, vous
trouverez ; demandez et vous recevrez.
D. Expliquez cela.
R. J'ai frappé, on m'a ouvert ; j'ai cherché des amis, j'en ai trouvé ; j'ai
demandé la lumière et on me l'a donnée.
D. Qui vous a reçu à la porte de la L.·. ?
R. Un frère que j'ai reconnu pour le 2e Survt.
D. Qu'a fait de vous le 2e Survt ?
R. Il m'a remis entre les mains du ler qui m'a fait voyager de l'Orient à
l'Occident par la route du Nord.
D. Que cherchiez-vous dans le cours de vos voyages ?
R. La lumière.
D. L'avez-vous trouvée ?
R. Oui, Vble.
D. Qu'avez-vous aperçu en entrant en L.·. ?
R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.
D. Qu'a fait de vous ensuite le 1e Survt ?
R. Il m'a présenté au Vble.
D. Qu'a fait de vous le Vble ?
R. Avec le désir sincère que j'avais de voir la lumière et le consentement de la
L.·., il m'a reçu M.·. avec les formalités ordinaires.
D. Quelles sont ces formalités ?
R. J'avais le pied gauche en pantoufle, le genou droit plié en forme d'équerre,
le compas sur le cœur et la main droite sur le livre de vérité.
D. Qu'avez-vous fait dans cette attitude ?
R. J'ai contracté l'obligation de ne jamais révéler les secrets des M.·. et de
la M.·..
D. Pourriez-vous répéter votre obligation ?
R. Oui, T.·. Vble.
D. Répétez-la !
R. Je promets, parole d'honneur, devant le Grand Architecte de l'Univers, qui
est Dieu, etc.
D. Comment étiez-vous vêtu ?
R. Ni nu ni vêtu, mais d'une manière décente et dépourvu de tous métaux.
D. Pourquoi ni nu ni vêtu ?
R. Pour marquer que nous sommes tous égaux et que la vertu n'a pas besoin
d'ornement pour paraître avec éclat.
D. Pourquoi dépourvu de tous métaux ?
R. Pour trois raisons ; la 1re pour m'apprendre à taire les vices désignés par
les métaux ; la 2e pour me faire ressouvenir que je dois me dépouiller envers
mes FF.·. pour les soulager dans leurs besoins ; la 3e en mémoire du Temple de
Salomon qui fut bâti sans faire retentir le bruit de cognée, de marteaux ni
d'aucun instrument de métal.
D. Comment cela se put-il faire ?
R. Les pierres avaient été taillées dans les carrières avec une telle précision,
et les bois sur les chantiers, qu'il ne fut pas besoin d'aucun instrument de
métal pour les mettre en place.
D. Pourquoi vous avait-on privé de la lumière ?
R. Pour m'apprendre à marcher en aveugle dans le sentier de la vertu.
D. Quand on vous eut donné la lumière, que vîtes-vous ?
R. Trois grandes lumières.
D. Que signifient-elles ?
R. Le Soleil, la Lune et le Vble M.·. de la L.·..
D. Quel est leur usage ?
R. Le Soleil sert à éclairer les ouvriers pendant le jour, la Lune pendant la
nuit, et le Vble M.·. en tout temps dans la L.·..
D. Comment sont les FF.·. ?
R. Ils sont ornés d'un tablier de peau blanche, les mains gantées et l'épée nue.
D. Pourquoi ont-ils des gants et un tablier ?
R. En mémoire de ce que Salomon ordonna à ses ouvriers d'être ainsi pour ne
point souiller la beauté des pierres destinées à son temple.
D. Après avoir vu la lumière, qu'a-t-on fait de vous ?
R. Le 1er Survt m'a emmené au pied de l'autel et m'a fait marcher en App.·..
D. Comment marchent les App.·. de l'Ordre ?
R. Par trois grands pas en équerre de l'Occident à l'Orient pour aller chercher
les premiers rayons de la lumière.
D. Lorsque vous êtes arrivé à l'Orient, qu'avez-vous fait ?
R. On m'a fait ratifier mon obligation.
D. Quels sont les devoirs d'un M.·. ?
R. De fuir le vice et pratiquer la vertu.
D. Quels sont les secrets d'un M.·. ?
R. Des paroles, des signes et des attouchements.
D. Qu'avez-vous reçu après avoir reçu la lumière ?
R. Un tablier et des gants d'homme et de femme blancs.
D. Pourquoi un tablier ?
R. Pour marquer la candeur de nos mœurs.
D. Pourquoi des gants d'homme blancs ?
R. Pour nous apprendre que les M.·. ne doivent jamais tremper leurs mains dans
l'iniquité.
D. Pourquoi des gants de femme ?
R. Pour détruire le préjugé vulgaire sur la M.·..
D. Que vous a-t-on donné de plus ?
R. Un signe, un attouchement et une parole.
D. Qu'entendez-vous par signe ?
R. Tout équerre, niveau et perpendiculaire.
D. Donnez-moi le signe.
R.
D. Comment le nomme-t-on ?
R. Le guttural.
D. Que signifie-t-il ?
R. Que je dois préférer d'avoir la gorge coupée plutôt que de révéler les
secrets des M.·. et de la M.·..
D. Qu'entendez-vous pas attouchement ?
R. Certaines façons de prendre les doigts et les mains dont les M.·. ont convenu
pour se reconnaître.
D. Donnez moi l'attouchement.
R. .·.
D. Quel est le mot d'App.·. ?
R. C'est un mot que je ne sais qu'épeler. Donnez-moi la 1re lettre et je vous
donnerai la 2e.
D. Que signifie ce mot ?
R. Que sagesse est en Dieu.
D. Quel est le mot de passe d'App.·. ?
R. Tubalkain, qui est le nom du premier homme qui inventa l'art de mettre les
métaux en œuvre.
D. Où vous a-t-on placé après votre réception ?
R. Au Nord de la L.·..
D. Pourquoi ?
R. Comme le Nord est la partie la moins éclairée de la L.·., les App.·., qui
n'ont encore reçu qu'un faible rayon de lumière, doivent s'y tenir.
D. Que signifient les trois grands pas qui vous ont porté au pied du trône après
avoir reçu la lumière ?
R. Que le chemin de la vertu est épineux.
D. Que signifient les trois petits pas que vous faites en reculant ?
R. L'horreur que l'on doit avoir du vice.
D. Quelle est la forme de votre L.·. ?
R. Un carré long.
D. Quelle longueur ?
R. De l'Orient à l'Occident.
D. Sa largeur ?
R. Du Septentrion au Midi.
D. Sa profondeur ?
R. De la surface de la terre au centre.
D. Sa hauteur ?
R. Des pieds, des pouces, des coudées sans nombre.
D. Pourquoi répondez-vous ainsi ?
R. Pour faire connaître que les M.·. sont répandus sur la surface de la terre et
de la mer.
D. Quelle est la hauteur de la porte de votre L.·. ?
R. Si haute qu'aucun profane ne peut regarder par-dessus.
D. Où est située votre L.·. ?
R. Dans la vallée de Josaphat, au pied d'une haute montagne où jamais lion n'a
rugi, loup n'a hurlé ni femme jasé.
D. Pourquoi cela ?
R. Parce que les femmes et les animaux étant le symbole de l'indiscrétion, et la
vallée de Josaphat étant le lieu le plus reculé que l'on connaisse, nous sommes
éloignés de tout profane et de toute indiscrétion.
D. Qui couvre votre L.·. ?
R. Un dais céleste parsemé d'étoiles d'or.
D. Qui la soutient ?
R. Trois grandes colonnes.
D. Qui sont-elles ?
R. Sagesse pour inventer, Force pour soutenir et Beauté pour orner.
D. Quels sont les ornements de votre L.·. ?
R. Il y en a trois : la houppe dentelée qui marque la circonférence de la L.·.
et l'union qui doit régner entre les frères, le pavé mosaique orne le seuil de
la porte, et l'étoile flamboyante en éclaire le centre.
D. Avez-vous des bijoux ?
R. Nous en avons six, trois muables et 3 immuables.
D. Quels sont les trois muables ?
R. L'équerre du Vble, le niveau du 1er Survt et la ligne d'aplomb du 2e Survt.
D. Quels sont les immuables ?
R. La pierre brute des App.·., la pierre cubique des Comp.·. et la planche à
tracer des M.·..
D. Pourquoi les FF.·. avaient-ils l'épée à la main lorsque vous avez reçu la
lumière ?
R. Pour marquer qu'ils étaient prêts à verser leur sang pour moi si j'étais
fidèle à mes engagements ou à me punir si [je] devenais parjure.
D. A quoi travaillent les App.·. ?
R. A la pierre brute.
D. Où sont-ils payés ?
R. A la colonne J.
D. Que signifient les trois coups sur le compas lors de la réception ?
R. Les trois âges de l'homme, l'enfance, la jeunesse et la vieillesse, ou
l'App.·., le Comp.·. et le M.·..
D. Quels sont les premiers devoirs d'un M.·. ?
R. Remplir l'état où la Providence l'a placé, fuir le vice et pratiquer la
vertu.
D. Où se tiennent les Survts en L.·. ?
R. A l'Occident.
D. Pourquoi ?
R. Comme le Soleil termine sa carrière par cette partie, de même les Survts s'y
tiennent pour aider le Vble à ouvrir [et] fermer la L.·., payer les ouvriers et
les renvoyer contents.
D. Quels sont les devoirs d'un App.·. ?
R. D'aider les Comp.·., travailler assidûment et garder le silence.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Trois ans et plus.
D. D'où venez-vous ?
R. De la L.·. St-Jean.
D. Qu'en apportez-vous ?
R. Joie, salut, bon accueil aux FF.·. et visiteurs qui composent cette R.·.
L.·..
D. N'en apportez-vous rien de plus ?
R. Le Vble de la L.·. St-Jean vous salue par trois fois trois.
D. Que venez-vous faire ici ?
R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés aux vôtres et faire de nouveaux
progrès dans la M.·..
D. Ne demandez-vous rien de plus ?
R. Une place parmi vous.
D. Quel est le dernier devoir d'un M.·. ?
R. Bénir l'Etre suprême et faire l'aumône aux pauvres.
Pour fermer la L.·.
D. F.·. 1er Survt, quelle heure est-il ?
R. Minuit plein, très Vble.
D. Il est donc temps de terminer nos travaux, de quitter l'ouvrage. FF.·. 1er et
2e Survts, demandez aux FF.·. de vos colonnes si quelqu'un a quelque chose pour
le bien de la L.·. et la [propagation] de l'Ordre.
Ensuite, les propositions faites, le Vble frappe trois coups et dit : «Puisqu'il
est minuit plein, avertissez les FF.·. de me prêter leurs secours pour m'aider à
fermer la L.·..»
Les 2 Survts répètent. Le Vble dit : «A l'ordre.»
Tous font le signe d'App.·., frappent trois fois trois coups dans leurs mains et
font les acclamations ordinaires. Ensuite le Vble dit : «Mes FF.·., la L.·. est
fermée.
2e grade de Comp.·. M.·.
Disposition de la L.·.
La L.·. est disposée comme dans l'App.·., le même tableau, le même M.·., les
mêmes Survts décorés de même. La L.·. s'ouvre et se ferme de même et, au lieu de
frapper trois coups, on en frappe cinq ayant soin de bien distinguer les 2
derniers.
Réception du Comp.·.
Le F.·. Introducteur, ayant disposé l'App.·. Récipiendaire, le présente à la
porte du temple et frappe en Comp.·.. Le Vble dit : «F.·. 1er Survt, faites voir
qui c'est.» Après s'être informé, le 1er Survt dit : «T.·. V.·., c'est un App.·.
qui demande à être reçu Comp.·.»
Le Vble dit : «F.·. 1er Survt, faites-lui demander son nom, surnom, son âge de
M.·., s'il a travaillé, si les maîtres sont contents de lui et s'il a fait son
temps.» La réponse faite, le Vble dit : «Faites-lui demander le mot de passe, le
signe et l'attouchement d'App.·..» Quand tout est rempli, le Vble dit :
«Faites-lui donner l'entrée et conduire à l'Occident entre les 2 Survts», où le
Vble lui fait encore demander la parole, le mot de passe, le signe et
l'attouchement d'App.·.. On le fait ensuite voyager cinq fois autour de la L.·.
par le Midi. Au 3e et [au] 5e tour, on le fait saluer le Vble qui lui fait des
questions du catéchisme d'App.·..
Quand les voyages sont faits, le 2e Survt frappe cinq coups et le 1er Surv dit :
«Vble, il a suffisamment voyagé, il demande à être reçu Comp.·.» Le Vble frappe
cinq coups et dit : «F.·. 1er Survt, placez-le en M.·., faites-lui monter les
cinq marches du temple et me l'emmenez par les 3 pas de Comp.·..»
Pour le 1er pas, il porte le pied droit au Midi en croisant sur le gauche ; le
2e, le pied gauche au Nord croisant le droit qu'il assemble en équerre ; le 3e
le droit à l'Orient auquel il joint également le gauche en équerre ; enfin on le
fait mettre à genoux de façon que son genou droit soit en équerre, et le Vble
lui fait prêter l'obligation suivante :
Obligation
Je promets devant le Grand Architecte de l'Univers et de cette R.·. L.·., sur la
foi du St Évangile que je tiens sous ma main, de ne jamais révéler directement
ni indirectement de quelque manière que ce puisse être et sans aucune réserve
mentale ce qui va m'être révélé des secrets de Comp.·. à aucun App.·., ni rien
de ce qui a rapport à la M.·. en particulier et en général à aucun profane. Je
m'oblige sous les mêmes peines que j'ai contractées et me soumettant de plus à
avoir le cœur arraché s'il m'arrive la moindre infidélité ; ainsi Dieu me soit
en aide et veuille bien me soutenir dans la droiture et l'équité...»
Il baise l'Évangile. Le Vble frappe cinq coups sur l'équerre que le
Récipiendaire doit tenir sur le cœur et dit : «Par le pouvoir qui m'a été donné
et confié par cette R.·. L.·., je vous reçois Comp.·. M.·..» Il le fait se lever
et passer à sa droite et l'habille en Comp.·., c'est-à-dire la bavette du
tablier abaissée. Ensuite le Vble dit : «Comme les App.·., les Comp.·. ont un
mot, une parole, un signe et un attouchement pour se reconnaître. Le signe est
de porter la main droite sur le cœur en équerre, de la tirer horizontalement et
de laisser tomber le bras du côté droit comme à l'App.·. pour faire ressouvenir
du second point de l'obligation, et que vous devez garder nos mystères dans le
cœur. L'attouchement ne diffère de celui d'App.·. qu'en ce qu'il faut frapper
deux coups de plus, fort distincts, sur le 2e doigt appelé médius. Le mot sacré
est B… s'épelle comme celui d'App.·.. Le mot de passe est Schibolleth qui
signifie "épi de blé sans barbe" ou épi de froment.» Ces signes dits et répétés,
le Récipiendaire va les porter aux Survts et aux FF.·. pour se faire
reconnaître.
Catéchisme de Comp.·.
D. Etes-vous Comp.·. M.·. ?
R. Oui, T.·. V.·., je le suis.
D. A quoi le connaîtrais-je ?
R. A mes signes, paroles et attouchements fidèlement rendus.
D. Comment êtes-vous parvenu à ce grade ?
R. Par l'aide de Dieu, par mon industrie et en passant de la lettre J à la
lettre B.
D. Donnez-moi le signe de Comp.·..
R.
D. Donnez l'attouchement au 1er Survt.
R. Je l'ai donné...
D. Est-il juste, M.·. F.·. ?
R. Oui, T.·. V.·..
D. Donnez-moi la parole.
R. Je l'épellerai avec vous, T.·. V.·. ; donnez-moi la 1re lettre, je vous
donnerai la 2e .
D. B. R.
D. Pourquoi vous êtes-vous fait Comp.·. ?
R. Par rapport à la lettre G.
D. Que signifie la lettre G ?
R. Géométrie ou cinquième des sciences.
D. Pourquoi ce rapport à la géométrie ?
R. Parce qu'elle est la base de l'Art royal dont nous faisons profession.
D. Où est située la lettre G ?
R. Au milieu de l'étoile flamboyante.
D. Où est placée cette étoile ?
R. Au centre du tabernacle.
D. En qualité de Comp.·., où avez-vous travaillé ?
R. Au Midi.
D. Pourquoi ?
R. Parce que les travaux des Comp.·. étant moins rudes que ceux des App.·., ils
sont encore plus en état de supporter les ardeurs du Soleil et servent dans
cette partie pour renforcer la L.·..
D. Où avez-vous été payé comme Comp.·. ?
R. A la colonne B.
D. Que signifie B ?
R. Force du Très-Haut, ou mon espérance est en Dieu.
D. Dans quelle L.·. avez-vous été reçu ?
R. Dans une L.·. juste et parfaite.
D. N'avez-vous point de colonnes dans votre L.·. ?
R. Deux, J et B.
D. Ne renferment-elles que les trésors pour payer les ouvriers ?
R. Elles renferment les bijoux de la L.·..
D. Combien avez-vous de bijoux dans votre L.·. ?
R. Six, T.·. V.·., trois muables et trois immuables.
D. Quels sont les trois muables ?
R. L'équerre du V.·., le niveau du 1er Survt et la ligne d'aplomb du 2e Survt.
D. Quel est leur usage ?
R. L'équerre donne la forme à ce qui ne l'a pas, le niveau sert à niveler, la
ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur des bases.
D. Pourquoi les FF.·. MM.·., ne bâtissant point d'édifices extérieurs,
portent-ils des instruments de géométrie ?
R. C'est que l'équerre est le symbole des mœurs, le niveau celui de l'égalité
qui doit régner entre les FF.·., et la ligne d'aplomb nous désigne que tous les
biens nous viennent d'en haut.
D. Quels sont les trois immuables ?
R. La planche à tracer, la pierre cubique et la pierre brute.
D. Quels sont leur usage ?
R. La pierre brute sert aux App.·., la pierre cubique aux Comp.·., la planche à
tracer aux Maî.·. pour donner leurs dessins.
D. Avez-vous des marches dans votre temple ?
R. Nous en avons sept.
D. Que signifient-elles ?
R. Les sept péchés capitaux que tout M.·. doit éviter.
D. Qu'avez-vous trouvé à la cinquième marche du temple qui se soit opposé à
votre entrée ?
R. Un 1er Survt.
D. Qu'a-t-il exigé de vous ?
R. Un mot, un signe et un attouchement.
D. Que signifie le mot B ?
R. La persévérance du bien et le nom de la 2e colonne d'airain placée à la porte
du temple où les Comp.·. s'assemblaient pour recevoir leur salaire.
D. Donnez-moi le mot de passe.
R. Schibolleth.
D. Que signifie ce mot ?
R. «Épi de blé sans barbe», ou «épi de froment». C'était le mot des tribus qui
étaient en guerre avec la tribu d'Éphraim. Lorsque les sentinelles placées sur
le bord du Jourdain demandaient aux Éphraimites ce mot qu'ils ne pouvaient
prononcer comme eux, ils [les] reconnaissaient pour ennemis, les tuaient et les
précipitaient dans le fleuve.
D. Comment marchent les Comp.·. ?
R. Après avoir monté les cinq marches par trois grands pas en équerre de
l'Occident au Midi, du Midi au Nord, et du Nord à l'Orient.
D. Quand le Récipiendaire est à l'Orient, que fait-il ?
R. La main droite sur l'Évangile, il promet de garder le secret des Comp.·.
envers les App.·., comme celui des App.·. envers les profanes et reçoit le
second rayon de la lumière.
D. Comment voyagent les Comp.·. ?
R. De l'Occident au Midi, du Midi au Nord et du Nord à l'Orient.
D. Combien y a-t-il de principaux signes de la M.·. ?
R. Quatre, le guttural, le pectoral, le manuel et le pédestre.
D. Expliquez-les.
R. Le guttural sert à donner le signe d'App.·. et désigne qu'on mérite d'avoir
la gorge coupée lorsqu'on révèle les secrets de la M.·. ; le pectoral, signe de
Comp.·., désigne qu'on mérite d'avoir le cœur arraché si nous révélons le secret
et qu'on le porte dans le cœur ; le manuel pour l'attouchement, et le pédestre à
nous mettre en bons M.·. les pieds en équerre.
D. Combien y a-t-il de portes dans le temple ?
R. Trois.
D. Où sont-elles ?
R. A l'Orient, à l'Occident et au Midi.
D. Combien de fenêtres .
R. Trois placées au dessus des portes.
D. Avez-vous vu le Maître.·. ?
R. Oui, T.·. V.·..
D. Comment était-il habillé ?
R. D'or et d'azur.
D. Pourquoi ?
R. Parce que Salomon fut loué de Dieu par sa sagesse et ses richesses dont l'or
et l'azur sont les symboles.
D. Pendant quel temps servez-vous ?
R. Depuis lundi matin jusqu'au samedi soir.
D. Comment servez-vous ?
R. Avec zèle, ferveur et liberté.
D. Quel est le nom d'un M.·. ?
R. Gabaon.
D. Quel est le nom du fils d'un M.·. ?
R. Louveteau.
D. Quel privilège a-t-il en L.·. ?
R. Celui d'être reçu de préférence aux princes, etc.
D. Que doit observer un M.·. ?
R. Le silence, le secret, la prudence et la charité envers ses FF.·..
D. Que doit-il fuir ?
R. La médisance, la calomnie et l'intempérance.
D. Quel âge avez-vous comme Comp.·. M.·. ?
R. Cinq ans et plus, ou sept ans.
D. Pourquoi dites-vous sept ans ?
R. En mémoire de ce que le Temple de Salomon resta sept ans à être bâti.
Pour fermer la Lo.·.
D. Quelle heure est-il, F.·. 1er Survt ?
R. Minuit plein, T.·. V.·..
Le reste comme à l'App.·. en observant de frapper cinq coups au lieu de trois.
3e grade de Maître.·. Maçon.·.
Disposition de la L.·.
Elle doit représenter la chambre du milieu, ou le propitiatoire, où les Maî.·.
s'assemblaient pour recevoir leur salaire. Cette chambre doit être tendue de
noir avec toutes les marques de deuil en mémoire de la mort d'Hiram Abif, notre
R.·. M.·., des ossements, des tombeaux et les attributs M.·. doivent en faire
l'unique ornement.
Les FF.·. doivent porter un cordon bleu céleste en bandoulière de gauche à
droite, et un tablier de peau blanche sur la bavette duquel [doivent] être
représentés un compas, et une équerre, et sur le tablier qui sera bordé d'un
ruban bleu, il doit y avoir trois rosettes de ruban de même couleur.
Ouverture de la L.·.
Tous les Frères assis, le T.·. R. frappe un coup et dit :
D. F.·. 1e Survt, quel est votre devoir ?
R. C'est de me faire assurer si la L.·. est couverte, T.·. R.·..
D. Faites-vous-en assurer, T.·. C.·. F.·..
R. Tout est parfaitement à couvert, nul profane ne peut nous surprendre.
D. Etes-vous M.·. ?
R. Interrogez-moi, l'acacia m'est connu.
D. Comment connaîtrais-je que vous êtes M.·., F.·. 2e Survt ?
R. Par les cinq points parfaits de mon entrée.
D. D'où venez-vous, F.·. 1er Survt ?
R. De l'Occident, T.·. R.·..
D. Où allez-vous, F.·. 2e Survt ?
R. A l'Orient.
D. Qu'allez-vous y faire ?
R. Chercher ce qui a été perdu.
D. Qu'est-ce qui a été perdu, F.·. 1er Survt ?
R. Le mot de M.·..
D. Comment fut-il perdu, F.·. 2e Survt ?
R. Par l'assassinat du R.·. M.·. Hiram.
&emdash; Assurez-vous, FF.·. 1er et 2e Survts, si nous sommes tous M.·. avant
que j'ouvre la L.·. et exigez de tous les FF.·. le mot, le signe et
l'attouchement de M.·.
D. Quelle heure est-il ?
R. L'aurore du jour.
&emdash;Puisqu'il est l'aurore du jour et que nous sommes tous M.·., FF.·. 1er
et 2e Survts, avertissez que je vais ouvrir la L.·. de M.·..
Réception de M.·.
La L.·. tendue en noir, le tombeau d'Hiram au milieu, les FF.·., le chapeau
rabattu et dans l'attitude de la tristesse, le Récipiendaire préparé, la L.·.
très peu éclairée, on fera entrer à reculons le Récipiendaire et on le mettra
entre les deux Survts, le dos tourné au trône. Là on lui fait des reproches sur
son peu de zèle et son indiscrétion, on lui suppose des fautes. Enfin, on lui
fait faire trois fois le tour de la L.·. sans jamais lui laisser voir ce qui est
derrière lui, qui est le tombeau. On le ramène entre les deux Survts, on le
retourne, on le fait passer sur le tombeau et on l'amène au pied du trône où le
T.·. R.·. commence le discours suivant sur l'histoire d'Hiram Abif.·..
Discours
«David ne laissa à son successeur, Salomon, que les fleurs et les délices de la
royauté. La sagesse qu'il avait reçue du ciel se dévoilant tous les jours aux
yeux de l'univers par des prodiges, il s'attira l'admiration de tous les peuples
et on accourut de tout côté pour entendre ses oracles et voir les merveilles de
son règne. Cette sagesse céleste dont il était doué, sa prudence plus qu'humaine
et la vaste étendue de ses lumières, faisaient l'admiration générale.
«Il pensa à se faire bâtir un palais plus digne de la majesté royale que celui
que David avait occupé, sans cependant oublier que l'édifice du Temple était la
grande entreprise de son règne et que c'était surtout pour la consommer que le
Seigneur lui avait mis la couronne sur la tête. Aussi ne perdit-il pas de vue
depuis l'instant de son avènement au trône l'édification de ce grand ouvrage.
«Il fit assembler de nouveaux ouvriers et de nouveaux matériaux plus riches et
en plus grande abondance que n'avait fait David. Il les fit transporter à
Jérusalem pour les y employer. Il occupa à cet ouvrage cent cinquante mille
hommes dont soixante-dix mille servaient au transport des matériaux,
quatre-vingt mille taillaient les pierres dans [les] carrières, outre trois
mille six cents inspecteurs qui veillaient sur les travaux et trois cents qui
avaient la conduite de tout l'ouvrage.
«Les choses ainsi disposées, et Salomon ne trouvant pas dans son royaume des
maîtres assez habiles dans l'architecture et un assez grand nombre d'ouvriers
pour mettre en œuvre les cèdres du Liban, il tourna ses vues sur Hiram, roi de
Tyr, le constant ami et allié de son père qui avait renouvelé son alliance à son
avènement au trône d'Israël.
«Il lui écrivit donc une lettre pour le prévenir de l'édification du Temple de
l'Éternel et le prier de lui procurer un ouvrier qui sût travailler l'or,
l'argent, le cuivre, le fer, qui sût employer habilement la pourpre, l'écarlate
et la hyacinthe, et qui fût expérimenté dans la sculpture et l'architecture afin
qu'il pût l'établir maître et mettre sous sa direction les ouvriers que le roi
David et lui avaient eu soin de rassembler. Il lui demanda aussi des bois de
cèdre, de genièvre et de pin du mont Liban et lui offrit de payer ceux de ses
sujets qu'il voudrait employer à ses travaux, promettant de leur donner vingt
mille mesures de blé et autant d'orge, vingt mille pièces de vin et autant
d'huile, et le pria de lui faire savoir si cette proposition lui convenait et si
ses offres étaient suffisantes.
«Le roi Hiram se porta avec plaisir à servir son allié et lui répondit en ces
termes par son ambassadeur : "Je ferais ce que vous souhaitez de moi pour les
bois du Liban, et autres, qui vous sont nécessaires ; à l'égard du savant homme
que vous cherchez pour conduire votre ouvrage, je vous envoie ce qu'il vous
faut, très content de vous faire un si beau présent. C'est un de mes sujets
nommé Hiram Abif, né d'un père tyrien nommé Hur et d'une mère originaire de la
ville de Dan de votre tribu de Nephtali.
«"C'est d'ailleurs un homme très sage et un prodige d'habileté, d'adresse et de
prudence. Je l'honore, je l'aime comme mon propre père et vous le recommande
comme mon fils.
«"Il possède dans un degré éminent l'art de toutes les teintures de pourpre,
d[e] hyacinthe et d'écarlate. Mais ce qui vous fera encore plus de plaisir dans
la circonstance présente, et qui vous le rendra plus cher, c'est qu'il a un
génie rare pour l'invention et un goût exquis pour le dessin. Il va vous joindre
incessamment et je vais tout de suite mettre un nombre suffisant de mes sujets à
vous couper du bois dans mes forêts du mont Liban que je vous ferai transporter
au port de Joppé où vous pourrez les faire prendre et transporter jusqu'à
Jérusalem, acceptant pour mes sujets qui travailleront pour vous les conditions
que vous m'offrez."
«Tous les préparatifs étant faits et réglés par la sagesse de Salomon, et ayant
établi le sublime Hiram Abif pour chef de ses travaux, il fit le dénombrement
des prosélytes établis dans son royaume. On en compta cent cinquante-trois mille
six cents qui furent tous employés aux ouvrages intérieurs ou extérieurs du
Temple. On en marqua soixante et dix mille pour servir de manœuvres et pour
porter des fardeaux. C'est ce nombre, M.·. F.·., qui fait l'époque et l'histoire
des App.·. F.·. M.·., le premier grade symbolique que vous avez obtenu.
«Quatre-vingt mille furent envoyés dans les montagnes pour y tailler des pierres
qu'on ôtait des carrières. C'est l'époque de l'histoire des Comp.·. et le 2e
grade symbolique que vous avez reçu.
«Trois mille trois cents commandaient aux travailleurs et ils conduisaient
l'ouvrage, et trois cents autres, qui avaient une inspection plus générale,
présidaient à tout l'ouvrage sous les ordres d'Hiram, veillant avec zèle partout
où leur présence était nécessaire. Ceux-ci sont l'époque symbolique du grade de
M.·. que vous allez recevoir et dont je vais vous confier le secret et tout le
sublime qu'il renferme. Redoublez votre attention !
«Quand tous les matériaux furent préparés, on commença la superbe bâtisse du
Temple. Cette époque historique si célèbre pour les Hébreux, et plus encore pour
les F.·. M.·., fut la quatre cent quatre-vingtième [année] depuis le passage de
la mer Rouge, la quatrième du règne de Salomon et la première du jour du mois...
«Hiram, qui avait la direction de cette vaste entreprise, s'aperçut au bout de
quelque temps qu'il payait au-delà de ce que pouvait monter un pareil nombre
d'ouvriers, et cela par la voie de trois perfides Comp.·. qui faisaient, au
sixième jour établi pour le paiement, avancer un grand nombre d'étrangers pour
recevoir des salaires, comme s'ils eussent été réellement du nombre des
travailleurs, et partageaient ensemble leur vol et leur butin.
«Hiram alors assembla tous les ouvriers et leur fit prêter un serment qui
rendait inviolable le secret qu'il avait à leur confier. Cela fait, il les
divisa en trois classes, comme il avait déjà fait, et fit d'abord celle des
App.·. qui étaient au nombre de soixante et dix mille et leur donna un signe, un
mot, une marche et un attouchement, pareils à ceux que vous [avez] reçus dans ce
grade. Cela devait servir à les faire connaître quand ils viendraient le samedi
au soir recevoir leur salaire. Il leur défendit de divulguer ces choses à
personne et, pour les en empêcher, il leur fit faire la promesse que vous avez
faite vous-même et leur désigna la colonne J à gauche du Temple pour y recevoir
leur salaire.
«Il fit ensuite avancer les Comp.·., qui étaient au nombre de quatre-vingt
mille, auxquels il donna un signe, un mot, une marche et un attouchement
différents des premiers, pareils à ceux que vous avez reçu dans ce grade, sous
promesse de ne point les divulguer, et leur assigna la colonne B pour recevoir
leur salaire.
«Enfin, il fit la classe des M.·. qui étaient au nombre de trois mille six cents
auxquels il donna des signes, des mots et des attouchements et une marche pour
se reconnaître différents de ceux qu'avaient les App.·. et les Comp.·., leur fit
faire serment de ne point les révéler et leur assigna le propitiatoire pour
recevoir leur salaire qui était plus fort que ceux des deux autres classes.
«Tels furent les arrangements, mon F.·., que le grand homme, le premier Grand
M.·. symbolique de la F.·. M.·., avait pris pour les secrets des paiements.
C'est lui que représente dans nos L.·. le V.·. G.·. M.·.. Salomon lui donna deux
adjoints qui portaient le nom de Survts.
«L'un payait les Comp.·. à la colonne B, et l'autre les App.·. à la colonne J,
et sont représentés dans nos L.·. par les 1er et 2e Survts.
«Il arriva de cet arrangement que les trois Comp.·., ne pouvant plus voler
l'argent destiné au paiement des ouvriers, et peu contents de leur paie,
résolurent d'extorquer celle de M.·. en tâchant de se procurer le signe, le mot
et l'attouchement de ce grade en le demandant à Hiram, qui leur répondit qu'ils
n'étaient pas encore en état de travailler aux ouvrages de M.·., mais qu'ils
n'avaient qu'à s'appliquer, et qu'aussitôt qu'ils seraient en état, il les
ferait M.·. avec plaisir.
«Ces malheureux, mécontents de cette réponse, résolurent d'avoir de force ce
qu'ils étaient indignes d'avoir par leur mérite, et s'y prirent de cette
manière.
«Le T.·. R.·. M.·. Hiram était dans l'usage sur la fin du jour de faire la revue
générale des travaux du Temple qui, pour lors, étaient déjà forts avancés. Ces
trois scélérats attendirent que tous les ouvriers fussent sortis et se
postèrent, un à la porte de l'Orient, l'autre à celle de l'Occident et le
troisième à la porte du Midi.
«Hiram, seul ce soir-là, ayant fait la ronde à l'ordinaire et examiné les
travaux du jour, se retirait au palais du roi. Il trouva à la porte de
l'Occident un de ces scélérats qui l'attendait et qui, s'approchant de lui, en
exigea le signe, le mot et l'attouchement de M.·.. Hiram le lui refusa en lui
disant qu'il lui donnerait quand il en serait digne. L'infâme persista toujours
à les lui demander, mais voyant qu'il ne pouvait l'obtenir du vertueux Hiram, il
lui donna un coup de règle sur la tête qui l'étourdit. Mais, ayant repris ses
esprits, il fut pour sortir par la porte du Midi où il trouva un autre de ces
Comp.·. qui lui fit la même demande. Il reçut la même réponse du R.·. Hiram. Ce
misérable, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir, emporté par sa rage, lui donna
un coup de marteau sur l'épaule qui le meurtrit cruellement. Il eut encore la
force de se sauver à la porte de l'Orient, mais, y étant parvenu avec bien de la
peine, il y trouva le troisième de ces scélérats qui le menaça de le tuer s'il
ne lui donnait le mot, le signe et l'attouchement de M.·.. Hiram lui représenta
avec douceur qu'il ne pouvait [les] lui donner ainsi et que son application au
travail lui procurerait cet avantage un jour. Le forcené persista à le vouloir
de force et, enflammé de colère par le refus d'Hiram, il lui déchargea un
terrible coup de levier qui l'étendit mort à ses pieds.»
Ici, on étend le Récipiendaire sur le tombeau d'Hiram, on le couvre d'un drap
noir, on lui met sur la tête un linge blanc ensanglanté qui était sur la tête du
dernier M.·.. On allume neuf bougies autour du cercueil. Les FF.·. se placent
des deux côtés en silence et on n'entend que quelques gémissements: «il est
mort... il est tué», etc.
Alors le [T.·. R.·.] s'approche du cercueil et continue :
«Victime de son zèle et de son secret, exemple à jamais mémorable pour tous les
M.·., le R.·. Hiram aima mieux mourir que de trahir son [serment]. Soyons donc,
dans tous les temps, aussi fermes et aussi courageux que lui, à quelques
épreuves que nous soyons mis. Ainsi périt le plus Vble et le premier M.·. que
nous ayons eu.
«Dès qu'il fut mort, les trois assassins le cachèrent sous un escalier dérobé à
l'Orient du Temple, voulant le porter sans risque pendant la nuit sur le mont
Ebron, lieu qu'ils avaient choisi pour la sépulture.
«La nuit étant enfin venue, ils le transportèrent sur cette montagne. Comme ils
étaient à creuser la terre, [l'] un d'eux dit qu'on ne devait pas ignorer que le
roi Salomon ferait faire toutes les recherches possibles s'il ne voyait pas
Hiram, que cette montagne étant un lieu où les ouvriers travaillaient, on
découvrirait aisément leur crime. C'est pourquoi, ils marquèrent le lieu de la
sépulture d'une grosse branche d'un acacia pour reconnaître l'endroit où ils
mettaient le cadavre, dans l'intention de venir le prendre la nuit suivante et
le transporter dans un endroit plus éloigné, dans le cas que Salomon n'aurait
pas fait des recherches à cet égard.
«Hiram était dans l'usage d'aller tous les jours rendre compte à Salomon de ce
qui s'était passé dans la journée et prenait avec lui les arrangements
nécessaires pour la perfection du Temple. Le roi ne le voyant point paraître, et
ignorant l'accident qui lui était arrivé, ordonna des recherches les plus vives
pour avoir des nouvelles de son cher Hiram, voulant qu'on le trouvât mort ou
vif, et promit à cet effet des récompenses à ceux qui pourraient le découvrir.
«Il fit aussi un édit par lequel il déclarait que nul ouvrier ne serait payé
jusqu'à ce que l'on eût des nouvelles d'Hiram, et pour en avoir de promptes, il
députa neuf M.·. à qui il ordonna de ne point revenir qu'ils n'en eussent de
nouvelles.
«Ces neuf M.·. se donnèrent rendez-vous en se désignant l'endroit où ils
devaient se trouver le huitième jour. Ensuite, ils se dispersèrent et se
divisèrent en trois bandes. Trois sortirent par la porte de l'Occident, trois
par celle du Midi et trois par celle de l'Orient, dans le dessein de ne point
retourner s'ils n'en avaient point de nouvelles. Ils cherchèrent inutilement
pendant huit jours et ce ne fut que le soir du neuvième que, s'étant tous
rejoints à l'Orient du Temple, fort chagrins, ils firent leur prière, et comme
ils la finissaient, ils aperçurent dans le firmament une étoile qui, par son
éclat au-dessus des autres et les feux qu'elle jetait, ressemblait aux rayons du
Soleil. Ils la fixèrent avec étonnement et dirent qu'il y avait dans cette
apparition quelque chose de miraculeux. Ils montèrent sur le mont Ebron où l'un
d'eux, voulant considérer cette étoile flamboyante, s'appuya sur la branche
d'acacia plantée sur la fosse d'Hiram qui tomba. S'apercevant que la terre avait
été remuée à cet endroit, il appela ses compagnons qui présumèrent l'accident
arrivé à leur R.·. M.·. et convinrent que le premier signe qu'ils feraient en
découvrant son corps serait à l'avenir le signe de M.·., le premier signe
pouvant être connu des meurtriers leur devenant inutile. Ils convinrent de même
de l'attouchement et du mot et réformèrent ainsi le grade de M.·. en empêchant
l'abus que les meurtriers auraient pu faire du secret de la M.·., en supposant
qu'ils eussent réussi de lui arracher son secret avant sa mort.
«S'étant rangés autour de la fosse de sept pieds en longueur, trois en largeur
et cinq en profondeur, ayant découvert le corps d'Hiram qui était déjà corrompu,
ils firent tous le signe d'horreur qui est encore le signe de M.·.. (Tous les
M.·. font le signe.)
«Ensuite, l'un d'eux s'approchant de ce corps, lui prit un doigt de la main
droite en prononçant «J.·.», et le doigt se détacha du corps et lui resta dans
la main. Un second s'approcha, prit un autre doigt en prononçant «B.·.», qui se
détacha de même que le premier. Enfin, un troisième s'étant approché du cadavre,
lui mit pied contre pied, genou contre genou, son bras gauche derrière le corps,
appuyant son estomac contre son estomac, et lui ayant cramponné la main droite
au-dessus du poignet avec la sienne, il réussit à le relever en prononçant «M.·.
B.·.», qui est encore le mot sacré du M.·..»
Le T.·. R.·. relève de même le Récipiendaire de dessus le tombeau d'Hiram, le
fait avancer au trône, lui fait prêter l'obligation suivante..
Obligation
«Je promets, foi d'honnête homme, et devant cette R.·. assemblée, de ne jamais
révéler à aucun homme qui n'ait fait ce que j'ai fait, les secrets qui
concernent le titre sublime de Maître.·. Maçon.·..
«Je promets d'en remplir scrupuleusement les obligations en toute rencontre au
péril de mon sang, de tenir mes engagements, et consens que la mort la plus
affreuse soit la peine de mon parjure après que mes yeux auront été privés de la
lumière par le fer rouge, que mon corps devienne la proie des vautours et que ma
mémoire soit en exécration aux Enfants de la Veuve par toute la Terre. «Ainsi
soit-il.»
Le R:. donne le mot de passe :&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash; Giblim
Le mot sacré
:-&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdas\
h;&emdash; M.·. B.·.
L'attouchement et la marche, et l'envoie ensuite se faire reconnaître aux FF.·..
&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;
Le nom des meurtriers ne se dit point à la réception
[Vurinom]&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash\
;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash; Nom supposé
[Sterquin]
&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;\
&emdash;&emdash;&emdash; ou [Rouvel]
[Oferfut]&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash\
;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash; ou Gravelot
Hoben
&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;\
&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;&emdash; ou Abiram
&emdash;&emdash;&emdash;&emdash;
Le Récipiendaire retourné à sa place, ou entre les deux Survts, l'Orateur lui
adresse le discours suivant :
«Quel heureux moment, mes FF.·., que celui qui nous donne un condisciple et un
vrai M.·. tel que ce T.·. C.·. F.·. ! Quelle joie pour nous de le voir associé à
nos sublimes mystères comme la juste récompense de son zèle pour notre Ordre !
«En mon [nom] particulier, C.·. F.·., je me félicite de la faveur que cette R.·.
L.·. vous a faite en vous dévoilant les sublimes mystères de la maî.·., bien
persuadé que vous mériterez d'autant plus par votre sagesse, votre prudence,
votre application aux travaux de cet atelier, et par la pratique de toutes les
vertus, les bontés de cette R.·. L.·. et votre avancement dans les grades
supérieurs de l'Ordre. Jetez les yeux sur le tableau ; c'est la figure du
tombeau de notre M.·. ; les larmes qui l'environnent marquent la douleur de nos
cœurs ; cette branche nous rappelle l'assassinat et le crime des Comp.·.. Cette
mort [est] le tribut que nous devons à la nature. Ce mot gravé sur le tombeau
[est] l'ancien mot de M.·. qu'on a enseveli avec lui dans la crainte qu'il ne
fût connu des Comp.·.. Enfin, ces lettres initiales placées à la tête du tombeau
désignent le nouveau mot adopté pour ce grade. Vos oreilles l'ont entendu et je
ne dois plus vous le répéter [de] crainte de le profaner.
«Le T.·. R.·., en vous initiant dans nos sublimes mystères et en vous donnant le
grade de M.·., vous a dit la véritable histoire de ce grade et en même temps
celle de la F.·. M.·.. Je ne m'étendrai donc point sur ce sujet. Puissiez-vous,
à l'exemple du R.·. M.·. Hiram, être toujours un soutien ferme, courageux et
zélé, de la splendeur d'un Ordre dont vous devenez aujourd'hui un des principaux
membres. Puisse le Grand Architecte de l'Univers entendre favorablement la
prière que je vais lui adresser afin qu'il vous accorde la force nécessaire [à
un] Maçon pour être inébranlable dans ses principes, ses promesses et ses
devoirs, et ne jamais broncher dans le sentier de la vertu.»
Prière
«O Dieu de toute puissance et de toute bonté, Architecte sublime et immuable de
l'Univers que tu remplis de ta gloire, écoute du Saint des Saints la prière
sincère et fervente que t'adresse un des enfants de la Veuve, au nom des FF.·.
d'un Ordre dont tu diriges les travaux et que tu [daignes] de ta main
bienfaisante protéger et soutenir dans tous les temps ; écoute ma faible voix et
daigne accepter pour être à jamais béni de toi, le F.·. que nous venons
d'initier dans nos R.·. mystères ; daigne lui accorder toutes les vertus
nécessaires à un vrai M.·., et fais qu'il ne soit jamais pour ses FF.·. qu'un
modèle de sagesse, d'amitié et de prudence.»
Après ce discours, on donne au nouveau M.·. le grand signe dont il ne doit
jamais faire usage que dans le plus pressant besoin.
Les mots qui composent le grand cri sont : à moi les Enfants de la Veuve. Le
grand signe est de joindre les mains renversées sur la tête en prononçant les
paroles ci-dessus.
Après avoir fait applaudir à ce travail, on ferme la L.·. comme il est marqué
ci-dessous au catéchisme.
Catéchisme de M.·.
D. Quel est le mot de M.·. ?
R. Je ne puis le donner que comme je l'ai reçu.
D. Savez-vous lire ?
R. Je ne sais qu'épeler. Dites-moi la 1re lettre, je vous donnerai la 2e (on le
fait en se donnant l'accolade).
D. Que signifie ce mot ?
R. «La chair quitte les os» ; c'est le premier mot qui a été prononcé lorsque
Hiram fut trouvé par les neuf Maîtres députés pour sa recherche ; il a été
substitué à l'ancien qui était comme perdu par la mort d'Hiram.
D. Quel est le mot de passe des M.·. ?
R. Giblim.
D. Comment voyagent les M.·. ?
R. De l'Orient à l'Occident.
D. Pourquoi ?
R. Pour répandre la lumière.
D. Comment avez-vous passé à la Maî.·. ?
R. De l'équerre au compas.
D. Où avez-vous travaillé ?
R. Dans la chambre du Milieu.
D. Comment y êtes-vous monté ?
R. Par un escalier en forme de vis monté par 3.·. 5.·. 7.·.
D. Qu'avez-vous vu en entrant ?
R. Une grande étoile flamboyante au milieu de laquelle était la lettre G.
D. Que veut dire cette lettre ?
R. Géova [Jéhova], T.·. R.·., ou «plus grand que vous».
D. Connaissez-vous le temple ?
R. Oui.
D. Combien y a-t-il de marches ?
R. Sept.
D. Combien y a-t-il d'ornements ?
R. Trois.
D. Qui sont-ils ?
R. Le pavé mosaique, l'étoile flamboyante et la houppe dentelée.
D. Que signifie la houppe dentelée ?
R. La chaîne d'union formée par tous les FF.·. répandus sur la surface de la
Terre.
D. Que signifie l'étoile flamboyante ?
D. Elle représente celle qui guida les 9 Maîtres pour découvrir le corps
d'Hiram.
D. Sur quoi votre L.·. est-elle fondée ?
R. Sur trois colonnes.
D. Quelles sont-elles ?
R. Sagesse, Force et Beauté ; Sagesse pour entreprendre, Force pour exécuter,
Beauté pour orner.
D. A qui appartient la Force ?
D. A Dieu.
D. La Sagesse ?
R. A Salomon.
D. La Beauté ?
R. A tous les FF.·..
D. En quoi consiste le travail des FF.·. ?
R. A équarrer des pierres, les polir, les mettre de niveau et à tirer une
muraille au cordeau.
D. Avez-vous été payé ?
R. Je suis content.
D. Où avez-vous été payé ?
R. Dans la chambre du Milieu.
D. Qu'est-ce que la chambre du Milieu ?
R. Le propitiatoire où les M.·. recevaient leur salaire lors de la construction
du Temple.
D. Si un de vos frères était perdu, où le trouveriez-vous ?
R. Entre l'équerre et le compas qui ne peuvent égarer.
D. D'où venez-vous ?
R. De la L.·. de St-Jean-de-Jérusalem.
D. Qu'en apportez-vous ?
R. Le salut du G.·. M.·. pour tous les FF.·. de la L.·. par trois fois trois.
D. Quel âge avez-vous comme M.·. ?
R. Sept ans et plus.
Pour fermer la L.·. de M.·.
D. Quelle heure est-il ?
R. Deux heures du soir.
La L.·. se ferme comme aux grades précédents.
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Mardi 5. Juillet 2005 14:08
"SEGUY Michel" <seguy.michel@...>
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