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ETHIOPIA : Journalists are becoming increasingly unwelcome observers   Liste de messages  
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PRESS FREEDOM / LIBERTE DE LA PRESSE
8 June 2005 / 8 juin 2005

ETHIOPIA
Journalists are becoming increasingly unwelcome observers

Reporters Without Borders voiced alarm today about the mounting repression against journalists in Ethiopia, reporting that it has registered five cases of arbitrary punitive measures and 10 arrests during the past week, in which the country has been awaiting final results in the recent legislative elections.

"The government is riding roughshod over Ethiopia's democratic guarantees in full view of the international community, especially the African Union, which has its headquarters in Addis Ababa," the press freedom organisation said.

"Journalists are becoming increasingly unwelcome observers during this period of political unrest and the government is clearly unwilling to tolerate any criticism," the organisation added. "It is vital that foreign governments and international bodies with any influence over Prime Minister Meles Zenawi should intervene at once to try to stop this spiral of repression."

The editors and deputy editors of four privately-owned newspapers in Addis Ababa received summonses from the Central Federal Bureau of Investigation on 1 June to report to the police the next day. When they went, they were held throughout the day and were finally set free in the course of the night, without any explanation.

The eight editors concerned were Zelalem Gebre of Menilik and his deputy Serkalem Fassil, Abiye Gizaw of Netsanet and his deputy Dereje Abtewold, Mesfin Tesfaye of Abay and his deputy Fekadu Indrias, and Fassil Yenalem of Zena and his deputy Simret G. Mariam.

Two journalists with the US news agency, the Associated Press, photographer Boris Heger and reporter Anthony Mitchell, were arrested during deadly clashes on the campus of Addis Ababa university on 6 June and were held for seven hours. The memory card was confiscated from Heger's digital camera.

Finally, the public television station ETV last night broadcast an information ministry statement withdrawing the accreditation of five Ethiopian journalists working for the Amharic-language services of the German public radio, Deutsche Welle (DW), and the US government's Voice of America (VOA).

The five - Helen Mohamed, Bereket Teklu and Temam Aman of VOA, and Asegedech Yiberta and Tadesse Engdawde of DW - were accused in the statement of producing "irresponsible, baseless and invalid" reports.

Despite a government ban on demonstrations in the capital, hundreds of students have been protesting against provisional results issued by the electoral commission giving the ruling Ethiopian Peoples' Revolutionary Democratic Front (EPRDF) and its allies party a narrow victory in the 15 May legislative elections.

Polling has had to be reheld in various places because of fraud or irregularities. The two main opposition parties have challenged the results and have been accused by the authorities of encouraging the student protests.

Reporters Without Borders also noted that Shiferraw Insermu and Dhabassa Wakjira, two journalists who used to work for ETV's Oromo-language service, have been detained without any justification for more than a year in Addis Ababa. A former colleague now living in exile said they were arrested in Addis Ababa on 22 April 2004 along with other Oromo employees of ETV who have since been released.

Their arrests were apparently prompted by the broadcasting of a report about the violent dispersal of an Oromo student demonstration on the Addis Ababa university campus on 4 January 2004 in which many were arrested, especially members of the Macha Tulema social assistance group who were protesting against the government's decision to move Oromo regional bodies from Addis Ababa (called Finfinne by the Oromos) to Adama (also known as Nazret), 100 km east of the capital.

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ETHIOPIE
Les journalistes sont des témoins de plus en plus gênants pour le gouvernement

Reporters sans frontières condamne le comportement répressif des autorités éthiopiennes après avoir recensé, en moins d'une semaine, dans la période précédant la proclamation des résultats définitifs des élections législatives, cinq cas de mesures punitives arbitraires prises à l'encontre de journalistes, ainsi que dix arrestations

« Les garanties démocratiques de l'Ethiopie sont malmenées par le gouvernement sous les yeux de la communauté internationale, et particulièrement de l'Union africaine (UA), dont le siège est à Addis-Abeba, a déclaré Reporters sans frontières. Les journalistes sont devenus des témoins de plus en plus gênants dans cette période de troubles politiques et le gouvernement ne tolère manifestement aucune voix discordante. Il est important que les gouvernements étrangers et les institutions internationales ayant quelque influence sur le Premier ministre Meles Zenawi interviennent maintenant pour que cette spirale de la répression soit endiguée. »

Le 1er juin 2005, les rédacteurs en chef et leurs adjoints de quatre publications privées d'Addis-Abeba ont reçu une convocation, signée par le Bureau fédéral central d'investigation. Celle-ci ordonnait à Zelalem Gebre, rédacteur en chef de Menilik, et son adjoint Serkalem Fassil, Abiye Gizaw, rédacteur en chef de Netsanet, et son adjoint Dereje Abtewold, Mesfin Tesfaye, rédacteur en chef de Abay, et son adjoint Fekadu Indrias, ainsi que Fassil Yenalem, rédacteur en chef de Zena, et son adjoint Simret G. Mariam, de se présenter le lendemain à la police. Ils ont été retenus toute la journée, puis relâchés dans le courant de la nuit, sans explication.

Le 6 juin, lors d'affrontements meurtriers sur le campus de l'université d'Addis-Abeba entre des étudiants et la police, un photographe et un reporter de l'agence américaine Associated press (AP), Boris Heger et Anthony Mitchell, ont été interpellés et détenus pendant sept heures. La carte mémoire du photographe a été confisquée.

Enfin, le 7 juin dans la soirée, la chaîne de télévision publique ETV a diffusé un communiqué du ministère de l'Information annulant les accréditations de cinq journalistes éthiopiens travaillant pour les services en amharique des radios publiques allemande Deutsche Welle (DW) et américaine Voice of America (VOA). Le texte du ministère accuse Helen Mohamed, Bereket Teklu et Temam Aman de VOA, ainsi que Asegedech Yiberta et Tadesse Engdawde de DW d'avoir effectué des reportages « irresponsables, sans fondement et incorrects ».

Malgré l'interdiction de manifester dans la capitale prononcée par le gouvernement, des centaines d'étudiants protestent depuis plus d'une semaine contre la victoire annoncée du parti au pouvoir lors des élections législatives du 15 mai. Même si les résultats définitifs ne seront proclamés que le 8 juillet prochain, le Front populaire démocratique révolutionnaire éthiopien (EPRDF) et ses alliés l'emporteraient en effet d'une courte majorité, selon les décomptes provisoires de la commission électorale. Plusieurs opérations de votes ont dû être réorganisées dans différentes localités, suite à des fraudes ou des irrégularités. Les deux principaux partis d'opposition contestent les résultats du scrutin et sont accusés par le pouvoir d'encourager le mouvement de protestation étudiant.

Reporters sans frontières rappelle également que Shiferraw Insermu et Dhabassa Wakjira, deux journalistes du service oromo de la chaîne de télévision publique ETV, sont détenus abusivement depuis plus d'un an à Addis-Abeba. Selon le témoignage d'un ancien collègue des deux journalistes, aujourd'hui en exil, ils ont été interpellés le 22 avril 2004, en compagnie d'autres employés oromos de ETV aujourd'hui libérés, suite à la diffusion d'un reportage sur la violente répression d'une manifestation d'étudiants oromos sur le campus de l'université d'Addis-Abeba, le 4 janvier 2004. L'intervention des forces de l'ordre avait donné lieu à des brutalités policières et à de nombreuses arrestations, notamment de membres de l'Association d'aide sociale Macha Tulama qui protestaient contre la décision du gouvernement éthiopien de déménager les institutions de la région oromo d'Addis-Abeba (appelée Finfinne par les Oromos) à Adama (également connue sous le nom de Nazret, à 100 km à l'est de la capitale).

-- 
Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@... / africa@...
Web : www.rsf.org


Mercredi 8. Juin 2005  14:29

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