Les panneaux de danger et d’interdiction qui jalonnent l’accès aux aérodromes ont toujours été un alibi irréfutable pour les aéro-clubs qui n’aiment pas être dérangés. Pas besoin de faire des efforts pour dissuader les badauds de venir pousser la porte du club-house. Ces mises en garde réglementaires constituent la meilleure garantie contre les importuns. Et pourtant, il y en a toujours un pour s’aventurer jusqu’au bureau et demander un renseignement. Les gens ne respectent rien…
Caricatural ? Pas si sûr.
Il existe aussi des clubs où les visiteurs sont accueillis avec le sourire. Où il y a toujours un membre pour leur proposer d’aller voir les avions.
Entre les deux règne l’indifférence.
L’accueil n’est pas la qualité première des aéro-clubs français. La plupart vivent repliés sur eux-mêmes et quand un étranger pousse la porte, il n’a pas spontanément l’impression d’être le bienvenu.
C’est dommage parce que dès qu’il fait beau, au printemps, les familles s’agglutinent derrière les grillages pour voir rouler, décoller et atterrir les Robin et les Cessna. Pas besoin de campagne nationale de communication. Ils sont fascinés comme s’il s’agissait de Stampe ou de Spitfire. Mais ils n’osent pas pousser jusqu’au club pour les admirer de plus près. En fait, ce n’est pas qu’ils n’osent pas, c’est qu’ils n’ont pas conscience qu’ils peuvent le faire. Ils ne savent pas qu’un aéro-club est ouvert à tous.
La communauté des pilotes privés qui se réduit comme une peau de chagrin aurait tout intérêt à s’ouvrir sur l’extérieur. Et si les aéro-clubs prolongeaient, chacun à leur niveau, la campagne fédérale, au mois de juin… Une fois que le plis sera pris, ce sera plus facile.
Gil Roy
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