http://www.atout-guadeloupe.com/Emeutes-du-25-26-27-mai-1967-en-Guadeloupe_a776.\
html
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_mai_1967_en_Guadeloupe
http://guadeloupe.blogs.liberation.fr/marina/2009/02/87-morts-en-mai.html
http://www.vosgesmatin.fr/fr/permalien/article.html?iurweb=322166
http://www.bakchich.info/La-Guadeloupe-n-a-pas-oublie-les.html
http://us-cgt-spp.org/evspc/pdf/echos_44/echos_44_5.pdf
http://jcdurbant.wordpress.com/2009/02/19/domtom-le-spectre-de-mai-67-reaping-wh\
at-was-sown-on-the-old-plantation/
----------------------------------------------------------
cette époque, la Guadeloupe se relève péniblement du passage du cyclone Inès,
qui a dévasté l'île en septembre 1966, laissant derrière lui un des morts et un
champ de ruine.
Dans les années 1960, la Guadeloupe est miséreuse. La situation sanitaire des
villes est catastrophique. On y crève la gueule ouverte. Les nègres se tuent au
travail dans les champs de canne pour un salaire minable. Pointe-à-Pitre est le
royaume de la débrouillardise: des milliers de djobeurs, de charoyeurs de sacs
de ciments, de vendeurs à la sauvette se débattent du pipirit chantant jusqu'au
couché du soleil, de la Darse à la Place de la Victoire.
Le climat social est tendu, et le 26 mai 1967, une foule se rassemble devant la
Chambre de Commerce, à Pointe-à-Pitre. Il s'agit principalement d'ouvriers du
bâtiment, en grève depuis le début du mois. Les négociations menées par le
syndicat CGTG sont au point mort, et ces solides gaillards sont venus soutenir
leurs représentants syndicaux. Leur demande? une augmentation des salaires de
2%. Parmi les manifestants, on peut noter la présence de militants du GONG,
(Groupe d'organisation nationaliste de la Guadeloupe), première organisation
indépendantiste de la Guadeloupe.
Sous le soleil de midi, les manifestants apprennent que les négociations sont
rompues. Pas d'augmentations, pas de journées moins longues, pas de protections
au travail. Rien! Pire encore, le représentant du patronat, Mr Brizzard, aurait
même dit: "Quand les nègres auront faims, ils reprendront le travail!".
La rumeur (ces paroles ont-elles vraiment été prononcées?) se répand dans
Pointe-à-Pitre aussi vite qu'un zandoli qui décampe. La tension monte d'un cran,
et les têtes nègres commencent à s'agiter: "qui est ce monsieur Brizzard? où
est-il? qu'il vienne négocier avec nous, han!.
Positionnées devant la Chambre de Commerce et sur la Place de la Victoire, les
forces de l'ordre chargent pour, semble-t-il, protéger la sortie du représentant
du patronat. Les bombes lacrymogènes pleuvent, et les coups de matraques, les
coups de crosses, cassent les têtes comme des cocos secs. Bim! Ouach! la colère
éclate du côté des manifestants, qui ripostent en lançant des pierres, des
bouteilles, des conques de lambi. Pointe-à-Pitre s'embrase peu à peu. Sans
sommations, les CRS alignent les manifestants et tirent. Les nègres tombent
comme des mouches, raides morts. Parmi les premiers touchés, on trouve Jacques
Nestor, militant du GONG très populaire à Pointe-à-Pitre. Salement touché au
dos, il meurt à l'hôpital.
A partir de là, la colère est incontrôlable; elle se déverse telle de la bile
dans les rues de la ville. De la Darse à la Place de la Victoire, en passant par
le rue Frébault, des groupes de forment, traqués par les CRS qui tabassent,
rossent et arrêtent tout ce qui ressemble à un nègre. Les voitures sont brulées,
les commerces de la ville sont mis à sac, les manifestants ont sorti leurs
armes: des lances-pierres, des coutelas, des fusils issus du pillage de
l'armurerie de Pointe-à-Pitre.
En fin d'après-midi, on compte déjà une quarantaine de blessés, dont les trois
quarts sont des civils. Les jeunes entrent également dans la danse.
Pendant trois jours, Pointe-à-Pitre se transforme en antichambre de l'enfer. On
tente de dresser des barricades en évitant les balles, on court, on se bat comme
des damnés. Les rues boivent le sang des hommes, blancs ou nègres, peu importe.
Solange Coudrieux, professeur de gymnastique reconnu et populaire à la jambe
arraché par une balle. On doit l'amputer.
Le sport pour lui, c'est fini. Les gens sont même tués pendant les lugubres, et
silencieuses veillées mortuaires de leurs camarades. Les mères et les femmes
pleurent les fils et les maris qui ne sont pas rentrés. Les cases de
Pointe-à-Pitre ressemblent à des tombeaux muets.
Peu à peu, le calme revient. Le 28 Mai, on ramasse les corps mutilés et criblés
de balles. On se rend compte que les CRS utilisaient des balles dum-dum, celles
qui explosent délicieusement après avoir pénétrés la chair tendre. Selon les
rapports officiels, on compte huit morts. Ce n'est qu'en 1985 que l'on su qu'il
y avait eu au moins 87 morts. Les jours qui suivirent donnèrent lieu à une vague
d'arrestation parmi les militants du GONG qui furent emprisonnés et envoyés en
France métropolitaine pour atteinte à l'intégrité du territoire national.
Maintenant, vous ne pouvez pas dire que vous ne savez pas.
Sonjé Mais 67!
www.fwiyapin.fr
source : http://www.netmassif.com/article-1099.html
-------------------------------------------------------
A écouter: http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1630