La Maison Brûlée Présente
« MAELSTRÖM EXCREMENTIEL »,
texte et spectacle de Catherine Gil Alcala
(Musique : "Jenzat Acoustic", Gilles Chabenat et Michel Pichon, duo de
vielles à roue)
Le samedi 9 mai à 17h (durée 1 heure)
Au Chat noir, 76 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris (métro
Couronnes)
Tarif : 8 euros
Vous pouvez réserver en répondant à
catherinegilalcala@... <mailto:
catherinegilalcala@...>
Accéder au site : www.lamaisonbrulee.fr
<
http://www.lamaisonbrulee.fr/>
Un article sur le spectacle :
www.rfi.fr/actues/articles/112/article_11647.asp
<
http://www.rfi.fr/actues/articles/112/article_11647.asp>
J'ai voulu écrire un récit érotique onirique. Et cela a
pris la forme d'un long poème comme une bouffée délirante,
un poème éternel tragicomique, « Boschien », avec des images
sonores, mises en mots, à écouter.
On croit s'éveiller sans cesse, mais le rêve ouvre sur un autre
rêve, c'est un rêve de réveil. La réalité glisse
inexorablement,… paysages hallucinés de la jouissance dans ses
débordements infinis, ses intrications fantasmatiques de perversion
et d'amour, de grossièreté et d'illumination, «
joailleries d'insanités», « obscénités absconses
»…
Catherine Gil Alcala
Et voilà que le rêve matutinal refaisait surface, l'empoignait
pour le suspendre vertigineusement au-dessus de la pièce et de toutes
ses bimbeloteries obscènes… La salle se mua en temple tantrique,
puis par glissement en bestiaire baisant d'objets. Ses porcines
porcelaines s'embobelinaient les unes dans les autres en une
forniquante farandole. Un teddy-bear se trempait la pine dans un
plum-pudding. L'obsessionnante Alice suçotait ses amanites
phalloïdes qui tantôt se brandissaient et tantôt rapetissaient
à vue d'œil. Des bouquets d'orchidées déployaient
leurs efflorescences vulvaires, s'extasiant de leurs senteurs
luxurieuses. Les mouches, à l'enculage véloce voletant,
zézayaient leurs coprolalies. Sur les fresques du plafond, les
angelots invertis s'accouplaient en croupades sous la coruscante
queue de Dieu. Des godemichés émergeaient dans le prolongement des
patères. Les napperons arboraient des broderies de priapées.
La salle toute entière semblait pulluler de copulations,
cela jusqu'à l'infinitésimal. Le silence et l'invisible
dans l'air même fourmillaient de coïts, de dandinements et de
halètements érotomanes. Les murs suintaient de sécrétions,
dégoulinaient d'éjaculations et de déjections…
Il pressenti qu'il avait, lui-même homme phallus,
pénétré in utero, que c'était là l'explication à
toute cette fantasmagorie ; cette pensée l'obnubilait, le fatum
s'ouvrait à lui sous la forme d'un fatras ordurier,
inscrivait dans une vapeur :
" ICI C'EST LE LIEU OÙ SE RESTAURER
DE PERVERSITÉ. "
(Extrait de « Maelström Excrémentiel »)
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]