La Maison Brûlée Présente
« MAELSTRÖM EXCREMENTIEL »,
texte et spectacle de Catherine Gil Alcala
(Musique : "Jenzat Acoustic", Gilles Chabenat et Michel Pichon, duo de vielles à
roue)
Le jeudi 2 avril à 21 h (durée 1 heure)
au théâtre de l'Orme, 16 rue de l'Orme, 75019 Paris, métro Pré-saint-Gervais
Réservations : 01.43.71.64.42
– vous pouvez aussi réserver en répondant à
catherinegilalcala@...
Tarif plein : 13 €; tarif réduit : 10 €; groupes à partir de 6 personnes : 8 €
www.lamaisonbrulee.fr
J'ai voulu écrire un récit érotique onirique. Et cela a pris la forme d'un long
poème comme une bouffée délirante, un poème éternel tragicomique, « Boschien »,
avec des images sonores, mises en mots, à écouter.
On croit s'éveiller sans cesse, mais le rêve ouvre sur un autre rêve, c'est un
rêve de réveil. La réalité glisse inexorablement,… paysages hallucinés de la
jouissance dans ses débordements infinis, ses intrications fantasmatiques de
perversion et d'amour, de grossièreté et d'illumination, « joailleries
d'insanités», « obscénités absconses »…
Catherine Gil Alcala
Et voilà que le rêve matutinal refaisait surface, l'empoignait pour le suspendre
vertigineusement au-dessus de la pièce et de toutes ses bimbeloteries obscènes…
La salle se mua en temple tantrique, puis par glissement en bestiaire baisant
d'objets. Ses porcines porcelaines s'embobelinaient les unes dans les autres en
une forniquante farandole. Un teddy-bear se trempait la pine dans un
plum-pudding. L'obsessionnante Alice suçotait ses amanites phalloïdes qui tantôt
se brandissaient et tantôt rapetissaient à vue d'œil. Des bouquets d'orchidées
déployaient leurs efflorescences vulvaires, s'extasiant de leurs senteurs
luxurieuses. Les mouches, à l'enculage véloce voletant, zézayaient leurs
coprolalies. Sur les fresques du plafond, les angelots invertis s'accouplaient
en croupades sous la coruscante queue de Dieu. Des godemichés émergeaient dans
le prolongement des patères. Les napperons arboraient des broderies de priapées.
La salle toute entière semblait pulluler de copulations, cela jusqu'à
l'infinitésimal. Le silence et l'invisible dans l'air même fourmillaient de
coïts, de dandinements et de halètements érotomanes. Les murs suintaient de
sécrétions, dégoulinaient d'éjaculations et de déjections…
Il pressenti qu'il avait, lui-même homme phallus, pénétré in utero, que
c'était là l'explication à toute cette fantasmagorie ; cette pensée
l'obnubilait, le fatum s'ouvrait à lui sous la forme d'un fatras ordurier,
inscrivait dans une vapeur :
" ICI C'EST LE LIEU OÙ SE RESTAURER DE PERVERSITÉ. "
(Extrait de « Maelström Excrémentiel »)