Bonjour,
Merci d'avoir pris le temps de formuler vos questions, tout à fait
septiques et partagées...
Je me permettrai simplement de recadrer un peu vos propos, et
répondrai avec plaisir à vos nouvelles interrogations.
Le 4 juil. 09 à 15:18, <Walter.Henneau@...> <Walter.Henneau@ac-
nice.fr> a écrit :
>
> bonjour,
> nous avons lu le dépliant "Avis de recherche Diane, Prosperine et
> Aristoloches". Nous sommes vraiment septique par rapport à ce genre
> de campagne.
> Quel est vraiment l'utilité et le pouvoir d'une telle campage ? Ne
> s'agit-il pas d'une
> simple campage de communication de la part des financeurs ?
> (question un peu provocante mais "pragmatique" lorsqu'on est
> confronté à la dure réalité.
L'ONEM est une association qui a pour but de promouvoir une action de
grande ampleur, en réseau, de collecte, partage et diffusion des
connaissances naturalistes à l'échelle de la région méditerranéenne
(et plus à travers quelques enquêtes. Le travail réalisé est
ENTIEREMENT BENEVOLE ! C'est un frein au développement et à la
communication (qui a des défauts au vu de vos questionnements).
Vous avez sans doute remarqué une participation financière de la
fondation Nature et Découvertes : ce financement couvre exclusivement
la facture de l'imprimeur lorsque nous tirons les plaquettes
présentant les enquêtes. Conception, crédit photo, diffusion sont
assurés de façon entièrement bénévole, ou par des structures relais
de ces actions (je suis personnellement investi bénévolement dans
l'ONEM, mais salarié de l'association Gard Nature qui relaie les
actions du réseau...).
L'utilité de ces campagnes est flagrante avec l'enquête sur la
Magicienne dentelée : 71 mentions connues des scientifiques en
2003... Plus de 1500 en 2008 ! De quoi affiner, vous en conviendrez,
les connaissances sur cette espèce mythique réputée très rare.
Pour Diane et Proserpine le bilan est plus mitigé puisque de très
nombreuses informations colelctées en région PACA depuis 10 ans sont
à l'heure actuelle "bloquées", en attendant la publication d'un atlas
des papillons de PACA (assos Proserpine et OPIE). L'enquête permet de
dresser un certain nombre de constats, sur l'écologie de ces
papillons, affiner leur répartition. De nouvelles questions se posent
au fur-et-à mesure de l'avancée : où se cachent les chrysalides de
Diane ?
L'objectif de l'ONEM est un objectif affirmé de CONNAISSANCE.
A charge de chaque citoyen ou association d'utiliser au mieux cette
connaissance qui est LIBRE D'UTILISATION pour mener campagnes
d'études, de sensibilisation ou de protection, et de partager ses
expériences sur le sujet avec tout le monde.
C'est notre conception du fonctionnement du réseau et le
l'organisation géographique et thématique des structures existantes.
> En effet, une zone de 70 hectares de friche agricole va être mise
> en chantier pour être transformée en zone
> commerciale, gare de marchandise, entrepôt...Des animaux protégés
> comme la Diane y sont présents. Une étude d'impact à été réalisée
> par un bureau d'étude, rien concernant la Diane (pourtant présente)
> De toute façon, même si un bureau d'étude émet des recommandations
> l'aménageur n'est pas tenu de les respecter.
>
> henneau walter.
>
La Diane est une espèce protégée par la loi française et une espèce
de la Directive Habitats (donc protégée au niveau européen). Tout
projet d'aménagement doit prendre en compte la présence éventuelle de
cette espèce et proposer, si le projet se réalise, des mesures de
réduction des impacts, ou des mesures compensatoires. Contrairement à
ce que vous pensez, l'aménageur est tenu de suivre un certain nombre
de recommandations car sinon il se trouverait dans une position de
destruction d'espèces protégées et d'intérêt communautaire !
C'est là que les associations locales ont leur rôle à jouer, de
"vérifier" que l'étude a été correctement réalisée et les mesures
compensatoires adéquates.
Espérant avoir répondu à vos (premières) questions, je vous invite
d'une part à préciser vos observations de Diane (contribution à
l'enquête) et d'autre part à prendre contact avec une association
locale ou même vous manifester par courrier en tant que citoyen
auprès des services de la Préfecture ou de la Diren, pour demander
que la Diane soit bien prise en compte dans ce dossier qui vous
préoccupe. Plus nous serons nombreux à nous soucier du respect de
notre environnement à le DIRE, mieux cela ira. En tout cas ce ne peut
être que mieux que si tout le monde ferme les yeux.
Bien cordialement,
Jean-Laurent Hentz
Coordinateur enquête Diane-Proserpine
http://diane.onem-france.org