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Une pensée pour nos frères déportés
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«Alea jacta est». Les experts politiques l'attestent. La geste
putschiste ne sera plus de reste. Nos députés pestent. Ils protestent
pour le retour preste d'un régime vétuste et indigeste. Quitte à
rameuter les hordes putschistes aux avant-postes. Pour changer un
gouvernement qu'ils contestent. Et étouffer dans l'oeuf une
démocratie qu'ils détestent.
Face à la course poursuite de leurs faits et gestes, une seule
riposte : la dissolution de leur assemblée girouette. Ce labyrinthe
des conspirations fumistes. Confrontations frustes d'Est en Ouest.
Nordistes «pour et contre» sudistes. Panarabistes sans africanistes.
Légitimistes anti-puristes. Méthodistes contre arrivistes. Justes
versus injustes.
Sémiotique du vote
Après tout, les récentes élections législatives furent notoirement
contrefaites. Surfaites. Sauvages et bêtes. A l'image d'une
transition lèche-bottes. Ourdie à la hâte. Sans queue ni tête. En
butte au changement qu'elle porte. Qu'elle occulte quand elle ne le
réfute. Ce fut une foire électorale pour caméristes. Teinturiers et
coloristes (essebaq9at). Rien que voiles, t-shirts et casquettes.
Sans idéal ni programme en en-tête. Ebats et débats en retraite.
Enchères aux élites. Petites et grandes «tentes» de joutes en fête.
Indépendants...dépendants à tue-tête. A l'assaut des foules
soumises et analphabètes. Perdu dans une fulgurante tempête de
listes, l'électeur apprête sa peine... pour brader son vote. A la
sauvette. Au plus vite.
En effet, le scrutin législatif fut une farce mafieuse aux «élections
en kit». Un bulletin unique en forme de hydre aux innombrables
têtes...de listes. Municipales, régionales, nationales -
exclusivement partisanes ( ?) ou pseudo-indépendantes-, les
candidatures multidimensionnelles embrouillent la sémiotique du vote.
En tant que choix et en tant qu'acte. Est-il besoin d'en relever
l'insalubrité financière pour rendre le tableau d'ensemble : plutôt
illicite ?
Les sénatoriales participent du même contresens de la fête. Une
élection sur le modèle de la vente. La côte des élus qui monte en
crête. Vendues, achetées et revendues, les majorités enchaînent les
facettes. Belles de jour...sans suite. Au gré de la meilleure offre
ou requête.
Transformisme chronique
Pour engager les réformes publiques et enraciner l'idéal
démocratique, il faut une redistribution des cartes. Des urnes plus
représentatives et plus justes. Elire et asseoir une assemblée plus
réaliste. A même de contenir les meutes qui complotent. Une assemblée
capable de dompter les oppositions qui y cohabitent.
Un parlement girouette ne peut répondre à tels impératifs et
préceptes. Pour cause de transformisme chronique et jamais insolite.
Surtout quand sa majorité élue commence par en «perdre la tête». Face
à un gouvernement investi sur la base de promesses indépendantes et
très nettes. Contre les ambitions occultes d'un conservatisme qui
date.
De plus, l'assemblée actuelle ne compte pas des opinions que la
présidentielle légitime et atteste. D'abord ce mouvement populaire
«négromauritanien» qui fit un résultat plus que correct (8%). Dernier
lancé au premier tour, son prophète finit cinquième de l'interminable
liste d'athlètes. Puis le gouvernement politico-technocrate et le
centrisme qui le pilote. Et la masse importante d'électeurs qui les
accrédite (15%). Enfin, les diasporas et déportés qu'une transition
arbitraire a laissés sur le bas côté de sa séditieuse route.
Le peuple a montré sa volonté de changement et ses capacités de
révolte. Ses élus doivent en prendre et incarner la suite. Y
soumettre leurs luttes. L'action du gouvernement est tenue d'en faire
son but. Dans un projet refondateur et explicite. A l'abri des hordes
putschistes...
Cheikh Touré
Article paru dans la Tribune N°349 du 15/05/2007
http://contre-x.blogspot.com/