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Une pensée pour nos frères déportés
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«Yewmoune 3adhimoune». «Un jour grandiose». Un cri de soulagement qui
enterre la transition. Avant, pendant et après l'investiture finale
d'un prodige électoral. Seule l'arrogance d'un processus brouillon en
limite l'expression. En réduisant ses horizons à un consensualisme
furibond. Fort heureusement, le choix final rend l'enthousiasme
facile. Sans incarner l'alternance, il suscite l'espérance. Un
président civil. «Formellement» élu et reconnu. Inespéré, non ?
Alors, pourquoi bouder un retour des vieilles illusions ? Après un
demi-siècle de servitudes et mourons !
«Régence électorale»
N'eussent été ces ombres chinoises en treillis qui camisolent la
démocratisation militaire. Leur marché de dupes prospères.
Colporteurs de désespoir et de misères. Motions. Commotions.
Promotions. Ralliés du grand jour. Sans changement à l'ordre du jour.
Ni mise à jour. L'espoir qui désespère de son grand soir. «Il ne faut
pas demander des oranges aux pommiers» dixit Flaubert !
Par contre, la féria d'investiture : Impayable ! Marginale sur le
plan international. Pour ne pas parler de désaveu collégial. Un
discrédit réel. Après tant de périples officiels. Rien qu'une poignée
de chefs d'états à l'appel. Un club régional de mal gouvernance à la
pelle. Un raté symbolique en toile.
A l'actif des organisateurs, un exploit pour leur grand oral : aucun
tyran de toute l'Arabie dictatoriale. Un régal. Non, leur modèle du
jour était plus habituel. Une transition locale. Incarnée par son
inspirateur initial. L'ex- putschiste et actuel président du Mali.
Encore en position. Toujours candidat à sa propre succession. Un cas
d'école pour la «régence électorale». Là où la relève présidentielle
est une image d'Epinal. Un redéploiement de personnels virtuel. Sous
le sceau officiel. Dans les palais exquis d'un peuple acquis.
Conquis. Reconquis. Toujours en retard d'un sacre providentiel. Ou
lendemain fatal ?
«Centrisme conquérant»
Les appétences dérivées de la transition ne sont pas bénignes. Les
cabales culminent. Elles combinent. Des architectes de malheur
s'animent. Pour ressusciter le défunt parti présidentiel. Toiletter
leurs fantômes. Rebaptiser leur majorité parlementaire. Légitimisme
conspirateur et glacial. Militantismes loosers et stériles. Divers et
pervers. Du démon ancestral aux diables de l'exil. En dépit du
verdict des urnes !
Pourtant tout sourit à ce président. Par sensibilité anthropologique
à son tempérament. Des renforts politiques lui apportent jeunesse et
militantisme qui manquaient à son indépendance d'avant. Le «centrisme
conquérant» qui préside à son ultime sacrement et son gouvernement.
L'Alliance populaire qui le rejoint après un premier tour retournant.
Même son opposition s'en ressent. Comme la majorité des inscrits
méfiants.
La transition laisse trois hommes… et un gagnant. Le rassurant. Le
conquérant. Le militant. Jusque-là, le perdant qui endosse une
défaite -qui n'est pas la sienne pour autant- reste le vrai gagnant.
C'est à lui que la démocratie devra son avènement. Ensemble, ce
quartet doit tenir les devants. Contenir ses courtisans. Maintenir
les libertés capitales. Adoucir la constitution impériale. Quitte à
dissoudre une assemblée caricaturale. Pour un gouvernement réel. Une
opposition à armes égales. Un succès garanti et unanime. Pluriel. En
Algérie, le régime civil s'est bien affranchi des tutelles Générales.
De façon plus ou moins cérémoniale. Pourquoi pas chez nous face aux
colonels et pour des raisons plus consensuelles ? Gare aux prophètes
du putschisme rebelle. Au delà du Qatar, le portail de l'Histoire
s'entrebâille pour un… Homme !
Cheikh Touré
Article paru dans la Tribune N°346 du 24 avril 2007,
http://contre-x.blogspot.com/