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LETTRE MÉLOMANE 83 - 12/2000   Liste de messages  
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LETTRE MÉLOMANE 83 - 12/2000

D'albert Concerto n°1, Concerto n°2 Piers Lane piano, BBC Scottish
Symphony Orchestra Bernhard Docherty Alun Francis. Déroutant d'Albert.
Oeuvre protéiforme, contradictoire. Du mélodisme facile dans la Suite
d'orchestre Aschenputtel op 33, de l'exubérance gratuite dans le
Concerto pour 2 pianos et orchestre. Bref, rien qui me portait aux nues
jusque là, mais le Concerto n°1: une révélation, un éblouissement, une
transfiguration. Reflet de l'évolution post-romantique: hypercomplexité
des effets de virtuosité aboutissant à ce qu'on pourrait nommer un
brouillard mélodique (plutôt qu'harmonique) ou plutôt une expansion
harmonico-mélodique indéfinissable et inséparable. Sur le plan affect:
l'accès à un état extatique de volupté supérieure. Surtout dans le 2e
mouvement lent. Oui, sublime, sublime, sublimissime, ce mouvement. Une
tension statique, une puissance suspendue, l'acmé, le paroxysme que peut
atteindre l'art musical. Cela par un approfondissement de la syntaxe
romantique, par une excroissance virtuose, mais virtuosité paradoxale,
feutrée, presque timide, des effets de dissolution thématique, de
demi-teinte... Le Concerto de Novak, référence qui vient à l'esprit,
mais peut-être encore plus le Massenet. Bien d'autres similitudes aussi
avec le Constantinescu, plus tardif. Donc, à auditionner absolument ce 1
de d'Albert. Et ne pas trop s'appesantir sur le 2 plus conforme, sinon à
la tendance moderniste, du moins à un abandon de l'expressivité. Passons
au CD Classica distribué généreusement par le magazine. Mozart, Brahms,
quintette pour cordes et clarinette. Esprits délicats s'abstenir pour la
critique de ces oeuvres qui va suivre. Par "esprits délicats",
j'entends, bien sûr, les adeptes du psittacisme idéologique, les
aplaventristes invétérés de la pensée musicale unique, les adorateurs
des "grands classiques". Le quintette de Brahms: pour moi une
confirmation de la médiocrité du compositeur dans le domaine de la
musique de chambre, si je me réfère aux duos pour piano et violon, au
Quintette en B m op 115 et au Quatuor à cordes n°3 en B b M op 67. Et
c'est là qu'il faudrait rappeler un "jugement de compositeur" succulent,
ces jugements que l'on allègue justement pour promouvoir cycliquement un
grand par un autre grand par une tautologie répétitive, celui de Wagner
qui considérait la musique de chambre de Sgambati comme plus élevée que
celle de Brahms. Scandaleux. Horresco referens. Comment Wagner a-t-il pu
manquer à ce point de clairvoyance en plaçant cet aussi insignifiant
compositeur qu'est Sgambati au-dessus de ce génie incontestable qu'est
Brahms! On se le demande. Ce qui est bizarre, c'est que ces "esprits
délicats" se déclarent choqués par la critique négative des oeuvres, en
général. Or, s'ils trouvent inconvenante la critique à l'égard de leurs
idoles, ils considèrent comme très convenable la boue déversée sur les
virtuoses-compositeurs. Ces "esprits délicats" m'étonneront toujours.
Mais c'est vrai, n'est-il pas normal que l'on encense les grands génies
et que l'on méprise les petits compositeurs sans génie. Cependant,
certains de ces "esprit délicats", sur une célèbre liste de diffusion
dans yahoogroups - que je m'abstiendrais de nommer - ont poussé la
subtilité beaucoup plus loin. Ils encensent les "petits compositeurs",
mais à la condition qu'ils restent sagement à leur place de petits
compositeurs et que l'on ne s'avise surtout pas de les comparer aux
"grands". J'avoue que cette manoeuvre dialectique est admirable. Pas
mieux sur ce CD pour les grands classiques avec ce quintette de Mozart,
assez pâle à mon avis, où, à ce qu'il me semble, le divin compositeur
affirme plus de métier que de sensibilité. Néanmoins, pour ceux qui
auraient la curiosité d'écouter ces pages: Quintette pour clarinette et
cordes en la majeur K581 Mozart - Quintette pour clarinette et cordes en
si mineur op 115 Brahms - Olivier Rey clarinette, Quatuor Sjaellands. Et
n'oubliez pas la chronique de ce mois-ci où je m'adonne à mon vice
favori: traquer les contradictions dans les ouvrages d'Histoire de la
musique. Jusque dans les moindres nuances syntaxiques et lexicales.



http://www.critique-musicale.com

A bientôt
Claude Fernandez




Mardi 4. Décembre 2007  18:39

claudefernandez
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LETTRE MÉLOMANE 83 - 12/2000 D'albert Concerto n°1, Concerto n°2 Piers Lane piano, BBC Scottish Symphony Orchestra Bernhard Docherty Alun Francis....
claude fernandez
claudefernandez
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4. Décembre 2007
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