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lettre-melomane78 - 07/2007   Liste de messages  
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Mois consacré en grande partie à des ré-auditions d'oeuvres selon des
interprétations différentes. 2 CD qui me paraissent indispensables dans
une discothèque. Pièces pour guitare du 18e siècle de Diabelli, Mertz,
Weber, oeuvres concertantes pour piano de Litolff, Concerto-symphonique
n°2, Concerto-symphonique n°4. Pour ces oeuvres, une certaine
revalorisation encore pour ces oeuvres. Diabelli est génial,
prodigieusement génial (pour moi) tout autant que prodigieusement
négligé, je le savais. Ces pièces faciles pour guitare ne révèlent sans
doute pas - et même pas dans ce genre - l'étendue de ses possibilités
musicales. C'est cependant de loin suffisant pour que son génie éclate,
même dans l'ultrasimplicisme du style galant. On appréciera sans doute
mieux Diabelli, toujours dans le répertoire pour guitare, dans la
"Grande sonate brillante op 102", partie intégrante de ce CD avec Boris
Björn Bagger, Guitare et Kalle Randalu, Piano. Génial aussi Mertz, pas
l'ombre d'un doute aussi pour moi. Toujours dans le même style galant,
transcendé, mais non renié, à l'occasion de ce "Divertimento op 38".
Weber, le plus connu des trois, me paraît faire pâle figure et l'on
voudra, j'espère, considérer que je reste objectif - néanmoins par
rapport à ma propre subjectivité. Je ne vois vraiment rien d'original
dans ces pages qu'on pourrait qualifier cyniquement de "bienvenues" ou
d'"agréables", sans plus, euphémismes méprisants dont on gratifie plus
souvent des compositeurs comme Diabelli ou Mertz. Litolff, saluons le
compositeur qui fut (tout au moins d'après les sources musicales
disponibles) un de ceux, sinon celui, qui a le plus orienté l'oeuvre
concertante vers le lyrisme virtuose et romantique le plus accompli,
vers la plus grande maturité pianistique et orchestrale au milieu du 19e
siècle. Largement plus que Liszt à mon avis. Pas supérieur au "Concerto
n°3" ce "Cocnerto n°4", surtout en ce qui concerne la "spécialité" de
Litolff, le scherzo, mouvement supplémentaire qui est l'essence de ses
concertos-symphoniques, mais il en approche. Le concerto-symphonique,
une recette personnelle qui ne fit pas école, mais dont l'originalité ne
me paraît pas devoir être regrettée, fût-elle circonscrite à son
inventeur. En revanche, je revalorise le premier mouvement, plus solide
thématiquement que je ne pensais. Tout de même quel mouvement, qeulle
grandeur, quel lyrisme. je n'hésite pas à aller jusqu'à 4 étoiles. On
réécoutera sur ce même CD Hypérion The romantic piano concerto 14 (Peter
Donohoe piano Bournemouth Symphony Orchestra avec Andrew Litton) le
Concerto n°2 qui, à mon sens, vaut plus par son scherzo et son dernier
mouvement que pour ses autres mouvements, notamment le premier qui
accuse à mon avis des baisses d'intérêt sensibles. Au total, Litolff
signe certainement une des plus belles série d'oeuvres concertantes pour
piano avec Scharwenka et Saint-Saëns. Une remarque d'ordre biographique
- ce que je fais rarement, par principe - sur Litolff et Diabelli. Dans
le mépris qu'on leur voua entre certainement pour beaucoup les multiples
activités extra-musicales de ces deux compositeurs. En effet, Litolff
fut aussi, pendant une partie de sa vie, négociant en vin et Diabelli
fut éditeur de musique. Pourtant, de telles considérations
extra-musicales, auraient dû ne jamais avoir aucune incidence sur le
jugement concernant les oeuvres. Parfois, on se demande si "l'image"
d'un compositeur (qu'il se donne ou qu'on lui prête) n'a pas eu plus
d'importance pour établir sa notoriété que la valeur de ses
compositions. Ce mois-ci, donc, peu d'oeuvre nouvelles, mais en revanche
affinement des évaluations selon des interprétations différentes et
peut-être surtout par un approfondissement de l'audition. J'en profite
pour présenter ma "méthode de l'évaluation minutée" qui permet de mieux
cerner sa propre appréciation, chacun peut l'expérimenter. Il s'agit de
découper grossièrement l'oeuvre en minutes et d'affecter, au cours de
l'audition (à l'aide d'un chronomètre), une appréciation (en nombre
d'étoiles de 1 à 4) pour chaque minute. Une méthode qui permet d'éviter
le dispersement de l'attention et qui fait mieux apparaître les
variations d'intérêt au cours de chaque mouvement, et surtout leur
importance temporelle. Ainsi je note pour le premier mouvement du
Concerto n°2 une baisse d'intérêt (pour moi) de la 5e à la 8e minute (où
je descend à 0 ou 1 étoile) et une augmentation de l'intérêt (toujours
pour moi) entre la 11e et 13e minute. Pour le 1er mouvement du Concerto
n°4, très égal, pas de variation d'intérêt notable (toujours pour moi)
sinon entre 3 et 4 étoiles. Tout cela, bien sûr, reste subjectif. Il
serait cependant intéressant de comparer ces évaluations très topiques
chez différents mélomanes. Ce mois-ci, chronique consacrée justement à
la perception de la musique: l'importance des multiples auditions dans
l'établissement du jugement musical.

http://www.critique-musicale.com

A bientôt
Claude Fernandez




Samedi 30. Juin 2007  6:18

claudefernandez
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Mois consacré en grande partie à des ré-auditions d'oeuvres selon des interprétations différentes. 2 CD qui me paraissent indispensables dans une...
claude fernandez
claudefernandez
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30. Juin 2007
6:11
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