Pour des raisons de contraintes personnelles, j'ai dû limiter ma
prospection ce mois-ci à un seul CD. Et malheureusement rien qui puisse
justifier - à mon avis - un achat ou même une audition distraite dans
cet Hypérion présentant 2 concertos anglais d'Hubert Parry, Charles
Villiers Stanford (concerto n°1) (avec Martyn Brabbins direction et
Glasgow BBC Scottish Symphony Orchestra, au piano Piers Lane). Pas une
seule étoile pour l'ensemble, non que ces oeuvres m'apparaissent
détestables, loin de là, mais je ne vois pas le moindre effet qui puisse
prêter une originalité et un intérêt réel à ces oeuvres. 2 oeuvres
qui semblent sorties du même moule et semblent s'ingénier l'une plus que
l'autre à éviter tout lyrisme. Pourtant, je ne pense pas, en cette fin
du 19e siècle que l'école anglaise puisse se prévaloir d'un style
spécifique, positif ou négatif. Concertos prosaïques, pourrait-on dire,
bien loin de la conception du fameux "Grand concerto pour piano et
orchestre", selon l'appellation pompeuse du 19e siècle. Un piano pourtant
assez pétulant (surtout dans le Parry), mais dont la pétulance même
annihile toute velléité vers des effets d'une plus grande envergure. Des
oeuvres qu'on serait tenté de classer parmi les "morceaux de genre",
avec tout le mépris qui s'attache à ce terme. Du même Standford, je
connaissais le Concerto n°2 (écrit en 1915), que je ne conseillerais pas
plus. Certes, j'ai concédé une étoile pour le premier et le dernier
mouvement, mais ce n'est pas très significatif. Peut-être lui ai-je su
gré d'avoir tempérer sa tendance moderniste. Bref, rien de sérieux.
Certes, le 1 présente au moins l'avantage de bénéficier d'une
écriture très tonale et même mélodique par rapport au 2 qui s'enlise
vers une certaine tentative de modernisme, bien timide cependant, mais
le concerto n°1 ne date que de 1894 il est vrai. Puisque ces concertos
sont écrits autour de la décennie 1880-90, c'est l'occasion de rappeler
et de conseiller quelques oeuvres concertantes pour piano et orchestre
de cette période qui ont pu me marquer et que le mélomane peut
découvrir, s'il ne les connaît déjà. Nous trouvons la Ballade de Fauré
(1881), le Concerto n°2 de Tchaïkovsky, une oeuvre à mon sens
indispensable, le 1 de macDowell (1882), le
Concerto de Rimski-Korsakov (1882), celui d'Arensky (1883), le 2 de
macDowell (1885), c'est surtout celui-là que je conseillerais, celui de
Draeseke (1886), celui de Sinding, d'Albeniz... et bien d'autres... mais
j'en oublie un, en 1886, une année faste: le Concerto de Sgambati que
tout amateur de concerto pour piano se doit de connaître.
Chronique ce mois-ci consacrée à quelques manoeuvres dialectiques dans
la guerre de la musique atonale.
http://www.critique-musicale.com
Claude Fernandez
# Compositeur:
# Chef d'orchestre:
# Orchestre:
# CD audio (2 avril 2001)
# Nombre de disques: 1
# Label: Hyperion
# ASIN : B000002ZWP