Message hors sujet mais étant donné le nombre de "posts" sur différents forums
et l'accueil plutôt réservé de la critique, j'ai le plaisir de partager avec
vous tous, une critique honnête de la soirée, vue pour ma part qu'à la
télévision (merci France 3)mais qui avait le mérite de renouer avec le vrai
opéra français.
Bonne lecture et en espérant revenir plus souvent sur ce site pour d'autres
nouvelles,
Ghislaine
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Source : les Echos
Date : 17 septembre 2009
Lien : http://www.lesechos.fr/info/rew_loisirs/020138451436.htm
MIREILLE de Charles Gounod
Pèlerine de l'amour
Pilier de l'Opéra-Comique, « Mireille » entre aujourd'hui au répertoire de
l'Opéra, entouré de manifestations diverses (exposition, conférence...) et se
trouve à son aise dans cette salle aux dimensions humaines. Certains comme
Nicolas Joel, le nouveau patron de la maison, le considèrent comme le
chef-d'oeuvre de Charles Gounod ; c'est, indéniablement, le plus touchant. Le
spectacle nourrira-t-il les polémiques ? Il est sobre, traditionnel, évitant le
folklore, le chromo et la carte postale, et sert avant tout les chanteurs. Joel,
qui a mis en scène, assume ses choix. Ses complices de longue date Ezio Frigerio
(décors) et Franca Squarciapino (costumes) lui ont mitonné un cadre très
dépouillé, à l'abri de la moindre faute de goût : ni pittoresque de mauvais aloi
ni bondieuserie saint-sulpicienne dans le tableau final. L'action, transposée
sans danger dans les toutes premières années du XX siècle, se déroule de
manière très linéaire. On aimerait parfois un peu plus d'animation - à force
d'éviter les effets, la mort d'Ourrias dans les flots du Rhône tombe à plat - et
d'imagination. Mais cette fidélité à la lettre est respectable.
Mélodies sentimentales
Au Capitole de Toulouse, Joel a maintes fois prouvé qu'il savait réunir des
distributions de haut vol. Une fois encore, il a eu la main heureuse, jusque
dans les rôles secondaires. Avec Amel Brahim-Djelloul (Clémence) et
Anne-Catherine Gillet (Vincenette), toutes deux exquises, Sébastien Droy,
charmant (Andrelou), les solides Alain Vernhes (Ramon) et Nicolas Cavallier
(Ambroise). Sylvie Brunet est une Taven au timbre relativement clair, au phrasé
généreux, et Franck Ferrari un Ourrias tout d'une pièce, à la voix insolente.
Charles Castronovo campe un Vincent séduisant, aux couleurs vocales parfois
étranges. Inva Mula affronte le rôle-titre, redoutable et long, avec vaillance,
sans faiblir, poussée vers ses extrémités dans l'air de la Crau ; contrôlant
sans cesse son élocution française, il lui arrive de perdre sa simplicité et sa
spontanéité, mais elle demeure une parfaite musicienne, constamment émouvante.
Marc Minkowski a toujours affirmé son amour pour cette musique ; ses tempos sont
mesurés, son lyrisme s'accorde à ces mélodies sentimentales qu'il déploie en se
gardant de toute mièvrerie. L'orchestre sonne fièrement et les choeurs,
désormais dirigés par Patrick Marie Aubert, lui emboîtent le pas. « Mireille » a
retrouvé sa place dans le cœur des Parisiens, qui ne rougissent pas d'avoir une
âme de midinette. Amplement fêté, par la biographie de Gérard Condé (Fayard),
par le numéro de « L'Avant-scène -Opéra » consacré à « Mireille », et par le
récent récital italo-français d'Inva Mula chez
Virgin, Gounod demeure l'une des figures tutélaires du XIX siècle musical.
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