SENEGAL-SOCIETE-FEMMES
Le ‘’Xeesal’’ événementiel, un subterfuge pour mettre la corde au cou à un homme
Par Boubacar Kanté (APS)
Dakar, 3 avr (APS) – S’est-on seulement interrogé sur ce qui maintient les femmes, sénégalaise notamment, dans la pratique de la dépigmentation, contre les avis médicaux les plus avisés, qui en ont établi depuis belle lurette le caractère nocif pour la santé humaine. Moins que le désir de se ‘’blanchir’’ la peau, cet entêtement à se blanchir la peau envers et contre tout est soutenue fondamentalement par ‘’la course au paraître’’, comme dirait Serigne Mor Mbaye.
‘’La femme, c’est le mensonge’’, explique pour sa part, dans un esprit très nietzschéen, le professeur Omar Diagne, anthropologue. ‘’Tout ce que fait la femme converge vers une logique de la séduction et non de mise à nu ou d’approche de la vérité. La femme est avant tout apparence, dehors, extériorité’’, indique celui qu’on peut nommer comme ‘’spécialiste’’ du corps pour avoir consacré une thèse à cette question.
Et pour paraître au sein de la communauté sous un jour éclatant – la formule est de Serigne Mor Mbaye -, les Sénégalaises n’ont trouvé autre chose que le ‘’xeesal’’, dépigmentation en wolof. Là où en France par exemple, prospère la chirurgie esthétique. Le lifting, une opération chirurgicale destinée à rendre la peau le plus lisse possible, est la pratique qui a le plus progressé ces dernières années dans l’Hexagone, selon un dossier de l’Hebdomadaire français ‘’L’Express’’. La variété de crème à la disposition des femmes va de la mélatonine au rétinol, ‘’promu crème anti- âge’’, en passant par la DHEA - ‘’baguette magique anti-vieillissement’’.
En comparaison, l’utilisation du ‘’xeesal’’ transcende tous les âges et toutes les catégories sociales. Par exemple, la classe aisée a, à sa disposition, toute une variété de produits dans les officines et les pharmacies. La Sénégalaise modeste dispose, elle, dans le ‘’laax bi’’, d’une mixture absolument détonnante disponible à peu de frais dans tous les marchés à l’échelle du pays.
Qu’en est–il alors de ce que Serigne Mor Mbaye appelle le ‘’xeesal’’ événementiel? Cette variété, indique le psychologue, n’a d’existence qu’en vue d’un événement ponctuel comme un mariage ou un baptême. Il faut tout faire pour paraître exactement ce jour-là, sous un jour éclatant. C’est que ces occasions sont des ‘’événements vitrines’’ pour s’exposer et trouver ‘’acquéreur’’. Simplement parce que le mariage constitue, encore aujourd’hui, une raison de vivre pour nombre de femmes, malgré l’évolution de la société et des mentalités. Pensons seulement au nombre de mariages qui se font et se défont par le seul moyen d’une image contenue dans une cassette vidéo envoyée à ‘’un bon parti’’ vivant en Italie ou aux Etats-Unis. Cela suffit pour se convaincre des ‘’vertus’’ de ce type de ‘’xeesal’’.
APS-
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