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Les grands événements révèlent
les grands hommes. Le chef de file de l’opposition statutaire a incarné pendant
de longues années l’opposition tout court, expérimentant vexations,
humiliations et brimades. Plus que tout autre, il sait quel prix payer pour
accéder au club fermé des pays jouissant du privilège de désigner librement et
démocratiquement leurs représentants. C’est donc tout naturellement que les
regards se tournent vers lui quand l’avenir de la nation est tout entier
hypothéqué par la gravité des moments que vit notre chère Mauritanie.
L’élégance, la hauteur, le sens de l’Histoire et de l’Etat se liguent pour lui
commander de monter au rostre et de sauver ce qui est plus grand que lui et
que tous : la pérennité des institutions de Sidi Ould Cheikh Abdallahi porte certes une responsabilité importante dans le sort qui a finalement été réservé à notre démocratie, mais son interpellation ne pouvait-elle vraiment pas se dérouler dans le cadre défini par la constitution ? Il est peut être coupable. Admettons. Le seul combat à mener était alors de le contraindre à répondre de ses fautes devant les mécanismes constitutionnels : une haute cour de justice à lui imposer au besoin. Et si sa culpabilité est mise en évidence, on eut pu le démettre et laisser le président du Sénat assurer l’intérim le temps d’organiser de nouvelles élections. La procédure en eut gagné en clarté et en propreté et c’est le combat qui aurait dû être celui du leader de l’opposition. S’il croit vraiment aux règles du jeu démocratique, il se doit de défendre l’ordre constitutionnel ; et qu’il ne se berce pas d’illusions. La vie est impitoyable avec les rêveurs et le réveil risque d’être douloureux. Pourquoi ceux qui ont renversé Sidi après l’avoir fait roi épargneront-ils un autre qu’ils auront placé sur le capot de leur Jeep jusqu’au palais présidentiel ? C’est l’heure des choix : ou notre démocratie devient et demeure l’expression et le respect du choix souverain du peuple, à défendre au besoin par tous et par tous les moyens (si l’armée doit jouer un rôle dans la politique, puisqu’il ne peut en être autrement, ce doit être celui-là et celui-là seul) ou elle se place définitivement sous la tutelle de la caserne. Au garde-à-vous et en rangs serrés. Abdoulaye DIAGANA France abdouldiagana@... |
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