L' Equitation de Travail , une autre discipline née du gardiennage des
troupeaux.
Pourquoi le gardiennage de troupeaux peut donner lieu à des formes d'équitation
traditionnelle aussi différentes que l'équitation western et l'équitation de
travail ?
En Europe, les grands propriétaires terriens issus de la noblesse ou de la
bourgeoisie grandissante unirent l'art équestre (bien inutile désormais sur
les champs de bataille mais porté au summum par l'Ecole de Versailles) à
l'équitation
traditionnelle de gardiennage des bovins telle qu'on la pratiquait dans les
pays du sud. Très vite pour asseoir leur prestige social, ils se mirent à
organiser joutes, spectacles ou combats de taureau faisant ressortir leur
qualité d'écuyer ou d'éleveur. Ainsi l'influence de l'Ecole de Versailles
et du goût du faste a abouti lors des concours d'équitation de travail à des
cavaliers en habits d'apparat typiques de leur pays, montant bien droits
comme dans les reprises de dressage classique sur des chevaux très
rassemblés.
Vers les années 90, quelques passionnés d'équitation traditionnelle
lancèrent l'idée d'un championnat d'Europe d'Equitation de Travail
comportant quatre épreuves (dressage, maniabilité, vélocité et tri du
bétail) où chaque équipe de quatre cavaliers devrait défendre son pays. En
2003 après avoir rêvé au Portugal, Luc Decafmeyer et Christophe Sergeant,
éleveurs belges de lusitaniens, importèrent cette discipline en Belgique en
créant ETAP (Equitation de Travail ArbeidsPaardrijden). Dès 2007, la
Belgique rejoignit les pays fondateurs (Italie, France et Espagne) et
quelques autres (Portugal et Angleterre) pour le Championnat d'Europe.
Pour en faire une discipline sportive, les gestes des vachers ont été
stylisés et codifiés afin de pouvoir les juger. Des « efforts » ont été
imaginés collant le plus possible à la réalité et exigeant les qualités d'un
cheval travaillant au sein du bétail (soumission, agilité, vivacité et
rythme).Tout le parcours s'effectue au pas ou au galop, le trot n'a pas sa
place dans l'équitation de travail. Les vachers tenant habituellement dans
la main droite une perche plus ou moins longue, toute la conduite du cheval
se fait avec les deux rênes dans la main gauche, seules la rêne d'appui et
l'assiette
viennent en aide pour diriger la monture. L'autre main, si elle ne tient
pas la garrucha (Espagne), la vara (Portugal) ou le trident (Camargue) est
posée sur la poitrine ou sur la cuisse.
Un concours type comporte du dressage où le cavalier menant sa monture d'une
main l'oblige par des exercices adéquats à se mettre sur les hanches, à
effectuer des transitions harmonieuses du galop au pas, des arrêts nets et
des départs fulgurants. Sont également travaillés tous les déplacements
latéraux, les pirouettes au pas et au galop, le galop très lent ou très
allongé. L'Ecole de Versailles oblige, rassembler du cheval et position
redressée du cavalier sont essentiels.
La maniabilité est améliorée en exécutant des « efforts ». Certains sont
similaires à ceux rencontrés en équitation western comme l'ouverture d'une
barrière d'une main sans la lâcher ou le reculer en ligne droite, en L ou en
slalom. Tout ceci doit être réalisé en gardant le rythme et sans hésitation.
On retrouve aussi les slaloms effectués autour de trois tonneaux en
triangle, le long d'une rangée de cônes ou de deux rangées en quinconce
nécessitant équilibre, changements de pied en l'air et tournants serrés. Le
calme et l'obéissance du cheval sont aussi travaillés au sein d' « efforts »
tels que la « cruche d'eau » (arriver au galop, arrêter au niveau du
support sur lequel se trouve la cruche, la prendre en gardant le cheval
immobile, rassemblé et attentif, la poser et repartir au galop).
En maniabilité, sur un parcours d'une quinzaine d'efforts, le facteur temps
jouant très peu, la beauté, la justesse et la fluidité du geste sont
primordiales. Lorsqu'ils tournent autour des tonneaux, cavalier et monture
doivent faire penser au picador titillant le taureau. Outre la qualité
d'exécution
sont aussi côtés l'allant du cheval et sa soumission.
En vélocité, le facteur temps devient déterminant. Les « efforts » sont
identiques mais réalisés à vive allure. La beauté de l'exécution devenant
secondaire, les fautes sont pénalisées en secondes ou en disqualification.
Le tri du bétail est la dernière épreuve du championnat et se joue par
équipe de quatre. En un minimum de temps et selon un ordre préétabli,
chaque cavalier doit isoler la vache qui lui a été désignée, la conduire
loin du troupeau et l'y maintenir. Le reste de l'équipe aide à contenir le
troupeau mais en aucun cas à isoler la bête. Isoler, surveiller et mener
une bête en modulant le rythme du cheval sur celui du bétail réclame un
nouvel apprentissage. Demander à certains cavaliers de simuler le bétail,
utiliser un cheval en liberté ou s'entraîner avec des vaches sont diverses
solutions. La dernière est de loin la meilleure mais pratiquement la plus
difficile à réaliser !
En Belgique en 2003, Luc Decafmeyer et Christophe Sergeant ont initié leurs
élèves et organisé des concours avec des moyens modestes, beaucoup de
bricolage et de créativité. Au début les chevaux étaient déconcertés par
ces « efforts » et les cavaliers désemparés malgré leurs instructeurs pleins
de bonne volonté mais tout aussi novices. Très rapidement tous ont compris
que cette discipline paraissant ludique et facile nécessitait une grande
maîtrise pour la mener au stade de compétition. Des stages de dressage, de
maniabilité ont été organisés et plus récemment de tri du bétail, l'un en
Belgique afin d'initier les participants aux règles et consolider les
acquis, l'autre en Bourgogne chez Denis Prieur, ancien champion de France
d'équitation
de travail.
Très rapidement, 4 concours (3 épreuves : dressage, maniabilité et vélocité)
sont organisés par saison dans différents centres équestres de Belgique.
En 2007, un cours de perfectionnement pour juges a été organisé au Portugal.
Monique De Pessemier y a assisté et passé brillamment les examens de juge
international en la matière.
Depuis 2008, les concours nationaux comprennent une épreuve « tri du bétail»
pratiquée en équipe et ne comptant pas pour le résultat final.
Au fil des ans, les juges ont pu apprécier les progrès immenses réalisés
aussi bien en dressage qu'en maniabilité.
Pour toutes informations complémentaires concernant ETAP :
Luc Decafmeyer tél ou fax : 02/366.94.23 - GSM : 0477/456.473
Christophe Sergeant via fax : 081/26.07.22
e-mail : etapmail@...
Calendrier des manifestations prévues :
Toute l'année :
Samedi 10h30 : initiation et entraînement ETAP débutants
Mercredi 17 h : entraînement ETAP confirmés
Cercle Equestre La Canardière
38 avenue beau Séjour, 1440 Braine-Le-Château
Tél : 0477/456 473 , Fax : 02/366.94.23
NB : cavaliers et montures n'appartenant pas au
Cercle la Canardière sont les bienvenus.
Juin :
26 au 28 juin, Championnat d'Europe Seniors (Ponte de Lima Portugal)
Août :
9 août, Concours national aux Ecuries du Mont,
Patricia du Bus de Warnaffe
Christophe Sergeant
rue du Mont, 189 à 1360 Perwez
Tél. : 081/ 26 04 22, Fax : 081/26.07.22
15 et 16 août, Concours national à Quincy Le Vicomte( France)
Dany et Denis PRIEUR
la Chassinel
21500 QUINCY LE VICOMTE
Tél 0380967906
deprieur@...
Septembre :
6 septembre,
Concours national à la Sablonnière,
Cindy Ouagne-Vanhove
rue de Tournai, 124 à 7740 Pecq.
tél. 0472/72.70.19
cindy.vanhove@lasablonnière.be
Octobre :
du 31 octobre au 8 novembre, démonstrations durant «Weken van 't Paard» à
Affligem.
Décembre :
du 1 au 6 décembre , démonstrations durant le salon Agribex
Heysel Bruxelles
|