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Les déclarations de Rémy Schwartz ont de quoi inquiéter   Liste de messages  
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La notion d' "impartialité" a sans doute évolué dans les institutions de la
république française au cours des deux dernières décennies et, au delà de la
bonne foi subjective des personnes, le système qui s'est mis en place impose
sans doute certaines remarques.

En tout état de cause, Rémy Schwartz, rapporteur de la Commission Stasi,
incarne une fournée récente de juristes du Conseil d'Etat qui peuvent par
exemple juger ou évaluer des litiges des universités ou de la recherche
scientifique (c'est le cas de Rémy Schwarz en tant que Commissaire du
Gouvernement à la quatrième sous-section du Contentieux) tout en étant eux-
mêmes Professeurs associés des universités (c'est également le cas de Rémy
Schwartz à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, voir par
exemple:

http://www.efe.fr/FR/revue/ComitBjdcp.asp ou
http://www.archives.premier-
ministre.gouv.fr/jospin_version3/ressources/fichiers/rapportschwartz.pdf ).


Et, en ce qui concerne le rapport Stasi, il semble bien que ce soit un certain
consensus entre lobbies qui ait été recherché, plutôt qu'une véritable
séparation de l'Etat par rapport à ces lobbies.


Interviewé par Jean-Pierre Elkabbach, qui l'a présenté comme un "grand juriste
au Conseil d'Etat",

http://www.europe1.fr/infos/chroniques/chronique.jsp?idboitier=362514&chaine=0#

Rémy Schwartz présente la Commission Stasi comme composée de personnes
représentant notamment les "sensibilités spirituelles les plus diverses". La
république "laïque" reconnaît donc les "sensibilités spirituelles". Schwartz
insiste sur le "pluralisme" et la "diversité" de la commission, mais du coup
place tacitement l'Etat lui-même à l'intérieur de cette "diversité".

Pour Rémy Schwartz, "la France de 2003 n'est pas celle de 1905". Il parle
de "première communauté musulmane d'Europe", "première communauté juive
d'Europe", de "bouddhisme", et ne nie pas vraiment la notion de "réalité
multiculturelle et multicultuelle de la France" mise en avant par Elkabbach.
C'est surtout cela qui est très grave, que cette "multiplicité" de "culture" et
de "culte" s'impose à l'Etat et, devant Elkabbach, Schwartz ne le nie pas.
Tacitement, on admet l'existence d'un certain type de lien entre l'Eglise et
l'Etat et à présent on l'étend aux autres religions. Ne cherchons pas très
loin, ça s'appelle une américanisation de la France... et de l'Europe, qui est
le véritable moteur du phénomène.

La dénonciation des problèmes est également pour ainsi dire, sélective. Pour
Rémy Schwartz, le problème résiderait dans "le sexisme et l'antisémitisme",
pas un mot sauf méprise de ma part sur les discriminations raciales subies par
les personnes d'origine arabe ou africaine. Pas un mot, non plus, sur les
réseaux d'influence à col blanc qui ne sont pas forcément très "laïques".

Naturellement, on ne doit pas permettre le "prosélitisme de groupes politico-
religieux intégristes" pour "imposer un mode de vie". Mais Rémy Schwartz semble
oublier de dire que c'est le cas dans toutes les religions ou presque, et
depuis des siècles.

La Commission que défend Rémy Schwartz a également proposé que "dans le monde
du travail il y ait une logique de crédit de jours fériés" et que chacun
puisse "prendre un jour correspondant à la fête réligieuse de son choix". Il y
a là, à mon sens, un amalgame dangereux. Car on présente les jours fériés
français comme correspondant à des fêtes chrétiennes et on cherche donc, d'une
manière ou d'une autre, à amorcer une logique d'officialisation de fêtes
d'autres religions. C'est une véritable dérive, et très dangereuse.

Les fétes de la République n'obéissent pas à une logique religieuse, mais à
l'avancé sociale incontestable qu'a constitué le fait d'avoir un jour férié
pour tout le monde à la fois, un véritable jour de repos collectif. Le fait
qu'historiquement le dimache ait été une fête chrétienne et le samedi une fête
juive n'est pas déterminant de quoi que ce soit sur le plan républicain. C'est
aux religions de s'adapter à la république, et pas l'inverse. Rémy Schwartz
semble l'oublier et fait ainsi régresser le débat sur les fêtes à l'époque
d'avant 1789.


L'interview de Schwartz avec Elkabbach s'alourdit d'ailleurs sur la prétendue
nécessité d'une "prise en compte de la diversité spirituelle". Schwarz ne cesse
de dire que "la France est un pays pluriel sur le plan spirituel", tout en se
défend de "communautarisme". Sa logique est pourtant
clairement "communutariste" malgré ses déclarations de principe.

Et c'est contre des dérives très précises mais pas contre d'autres, qu'il est
fait appel à la "république laïque". "Il faut que la république soit
suffisamment ferme pour marquer un coup d'arrêt". "La question n'est pas la
liberté de conscience mais l'ordre public", etc. etc... Mais tout de même de
manière fort sélective.

Le tout, pour nous dire à la fin que "la France laïque, unitaire et
républicaine" serait mieux reçue sur le plan international si elle adoptait des
mesures pour "consacrer le respect de toutes ses options spirituelles". Et on
nous parle même de "saut", de "geste" comme si à présent ce n'était pas le cas.
Tiens donc...




Vendredi 19. Décembre 2003  5:07

luisgm_fr
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Transférer Message #513 sur 1838 |
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La notion d' "impartialité" a sans doute évolué dans les institutions de la république française au cours des deux dernières décennies et, au delà de...
Luis Gonzalez-Mestres
luisgm_fr
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19. Décembre 2003
5:07
Avancée

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